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Lettre ouverte de l’Assemblée Générale des cheminots grévistes de Versailles aux parlementaires

Versailles, le 19 juin 2014

Madame, Monsieur,

Les cheminots sont en grève dans tout le pays depuis 9 jours déjà, à l’appel national des fédérations CGT et Sud-Rail, auquel s’est joint FO, contre le passage en force au parlement d’un projet de loi portant réforme ferroviaire.

Ce projet est absolument néfaste aux intérêts des cheminots et des usagers, car il porte en lui le démembrement de la Société Nationale des Chemins de fer Français et une harmonisation sociale par le bas de nos conditions de travail, le tout, dans le but avoué de favoriser l’ouverture généralisée du réseau à la concurrence.

Le relevé de décision, remis le jeudi 12 juin dernier par le secrétaire d’Etat aux transports, Monsieur Cuvillier, aux organisations syndicales CGT et UNSA et signé vendredi 13 juin par la CFDT et l’UNSA, n’est pas de nature à calmer les cheminots, car il ne s’agit que d’une réécriture à la marge du projet de loi initial.

I. Sur le volet structuration de la SNCF

Malgré les effets de manche du gouvernement, les effets d’annonce, ce projet de loi ne dispose pas d’une réunification de la « roue et du rail », de RFF et de la SNCF.

C’est en vérité un renforcement de la division actuelle, avec le transfert de plus de 50 000 agents de l’actuelle SNCF vers RFF, rebaptisée « SNCF Réseau ».

Les incohérences de l’organisation actuelle et ses fameux doublons n’en seront évidemment que renforcées.

Les incohérences de ces doublons ne seront pas gommées par la mise en place d’un « EPIC de tête », simple paravent d’unicité… au sein d’un groupe de 3 entreprises distinctes !

Les engagements du ministre, dans le « relevé de décision » ne sont pas de nature à nous satisfaire : bien qu’il soit envisagé de créer un CCE commun aux 3 EPIC (ce qui ne paraît même pas légal en l’état actuel du droit) et de renforcer les prérogatives de l’EPIC de tête, l’éclatement de la SNCF en 3 entreprises distinctes demeure !

Pour nous, une véritable réunification de RFF et de la SNCF s’impose pour en finir avec la désorganisation du réseau issu de la création de RFF : il faut réintégrer RFF au sein de l’EPIC SNCF !

II. Sur le « cadre social harmonisé »

Le projet de loi vise l’abrogation du régime spécifique de travail des cheminots (nos actuels RH 77 et 677), auxquels se substituerait une convention collective de branche négociée par les organisations syndicales et le patronat de l’UTP.

Le gouvernement ne pouvant donner aucune garantie sur le niveau de cette convention collective, un décret socle devrait être produit pour en fixer les cadres minimums, qui tout naturellement devrait être les règlements actuellement en vigueur en matière d’organisation du travail à la SNCF, soit les RH 77 et 677.

En l’état, les modalités de négociation visée par l’article 14 de ce projet ne permettent pas une négociation sur une base équitable et sereine.
En effet, la date butoir d’existence du décret 99-116 figurant dans cet article met sous contrainte les organisations syndicales des salariés dans le cadre de la négociation et, inversement, met les organisations patronales dans une posture favorable.
La convention collective ne peut se discuter sur la base d’un terrain vierge de toute règlementation comme le provoque cette date butoir, mais sur l’existant à savoir le décret 99-116 s’appliquant à 95% des salariés du ferroviaires qui seront sensés dépendre de cette convention collective.

Si le projet de loi se voulait respectueux et équitable concernant la négociation de la convention collective, la date figurant à l’article 14 devrait être retirée pour que la phase transitoire d’application du décret 99-116 courre jusqu’à la finalisation de la convention collective ferroviaire.

Pour nous, les cheminots ne doivent pas voir leurs conditions de travail revues à la baisse sous prétexte d’ouverture à la concurrence, le gouvernement doit prendre ses responsabilités en matière de règlementation du travail en matière ferroviaire, car cela est la condition d’une sécurité ferroviaire de haut niveau : Il faut produire un décret-socle reprenant nos RH 77 et 677 comme base minimum et permettre ainsi, sans date butoir, des négociations équitables entre syndicats et UTP pour bâtir une convention collective de haut niveau.

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Les discussions à l’Assemblée Nationale et au Sénat qui précèdent le vote de cette loi auraient dû permettre à l’ensemble du pays de s’emparer de ce débat qui est une grande cause populaire, concernant autant les cheminots que les usagers, le gouvernement n’en a pas voulu, préférant le passage en force.

Il vous revient la responsabilité de la destruction de l’entreprise historique et structurante, la SNCF, ou de faire le choix d’une véritable réunification du rail au sein de l’EPIC SNCF.

De même, il vous revient la responsabilité de raser l’ensemble de l’organisation du travail à la SNCF, sans aucune garantie sociale claire dans les négociations, avec une date butoir au-delà de laquelle quoi qu’il puisse arriver, elle sera abrogée, où de pérenniser l’organisation du travail actuelle de la SNCF, en l’étendant à tous les cheminots en la fixant par un décret socle comme un cadre minimal à toute négociation.

Nous continuerons à utiliser tous les moyens à notre disposition pour porter ce débat en pleine lumière et mettre vos discussions et votre vote sous la surveillance des cheminots mobilisés.

Veuillez recevoir, Mesdames et Messieurs les parlementaires, nos salutations.

L’Assemblée Générale des cheminots grévistes de Versailles

Le pouvoir ne veut pas lâcher : Nous non plus !

tract avant les rencontres des syndicats avec le secrétaire d’Etat Cuvillier

La chape de plomb médiatique imposée par le pouvoir cède. Les médias avaient bassement ignoré les 22.000 cheminots manifestants du 22 mai, l’équivalent de 15% des effectifs de la SNCF. Maintenant, ils ne le peuvent plus avec le déclenchement de la grève reconductible le 10 juin. La direction de la SNCF minimise outrancièrement les taux de grévistes. C’est de bonne guerre. Mais en réalité, plus d’un cheminot sur deux est en grève. Beaucoup moins de trains circulent que les 13 juin et le 12 décembre 2013. Nous savons tout le mal que les directions ont éprouvé pour redéployer, par exemple, des personnels vers l’Eurostar ou le RER A, aux dépens de lignes moins « rentables ».

A nouveau, le constat s’impose : L’unité des syndicats sur une ligne de lutte rassemble davantage que l’unité sur une ligne ambigüe. L’UNSA, avec ses positionnements entre deux chaises, assimilables à un double-jeu, se discrédite. La CFDT est déjà totalement enfoncée dans la collaboration de classe.

La propagande du pouvoir se recentre sur l’intox : sa « réforme ferroviaire » signifierait la fin de la division du rail en France entre la SNCF et RFF. TER trop larges, accident de Brétigny : les prétextes de la pire mauvaise foi sont bons. Répondons : « chiche » ! Vous préconisez la réunification des chemins de fer ? Nous aussi ! Mais votre projet de loi prévoit l’inverse !

Le gouvernement veut aller vite avant que son mensonge apparaisse aux yeux du peuple. NON, le projet de loi ne réunifie pas le rail français ! Il parachève la division entre l’exploitation et le réseau. Il crée une entité fantoche, « Epic de tête », destinée provisoirement à donner le change, en attendant les prochaines directives européennes de mise en concurrence et de privatisation.

Pour nous le démantèlement de la SNCF, société nationale créée en 1937, est absolument non négociable ! Le point nodal de la « réforme » est purement et simplement inacceptable. Nous prenons le pouvoir au mot en réclamant, avec les syndicats qui appellent à la grève, le maintien de la SNCF comme entreprise ferroviaire intégrée et la réintégration de RFF dans la SNCF. C’est clair aussi pour l’opinion publique.

Avec le démantèlement de la SNCF, le projet de loi du gouvernement abroge le statut des cheminots de 1940 – en osant cyniquement prétendre qu’il est issu de Vichy ! – et remet à plat toutes ses dispositions, fruits de 74 ans de lutte. Rien n’est négociable là-dessus non plus, y compris dans l’intérêt de l’ensemble du monde du travail !

Tant que le gouvernement ne cèdera pas sur les points fondamentaux – ceux qui lèvent les derniers obstacles à la poursuite et l’achèvement du processus de marchandisation et de privatisation -, aucune négociation, aucun amendement, aucun compromis n’est imaginable.

Parce que tout ce qu’ils avanceront, sans cela, de plus ou moins « technique », ne sera que du vent !

Que ce soit le renforcement de « l’EPIC de tête », de toute façon destiné à disparaître, à être intégré à l’Etat, aux régions, certains services à être filialisés, une fois que la mise en concurrence pourra être imposée.

Que ce soit l’illusoire « harmonisation », temporaire, des droits sociaux des travailleurs du rail. La perspective de « convention collective de branche » accompagne la mise en concurrence. Elle pose dès le départ le principe du nivellement par le bas, une fois que le statut sera cassé juridiquement avec la « réforme ». Les agents des éventuels SNCF-mobilité et SNCF-Infra seront logés à la même enseigne au nom de l’austérité des moyens publics. Pour nous, il ne conçoit qu’une seule harmonisation : le maintien et la reconquête des acquis du statut des cheminots SNCF, comme repère pour tous, et la perspective d’intégration à la SNCF de tous les salariés des sous-traitants, et filiales.

Donc, pas d’enfumage !

Pas d’enfumage non plus sur la « dette ». Le projet de loi ne s’y attaque pas. Cela n’est pas son objet. Après son adoption, les pressions sur le service public, les salariés et les contribuables seront encore favorisées au nom de la « concurrence », dans l’intérêt du profit privé.

Il n’est pas vrai non plus que les usagers, les populations, qui sont aussi des salariés, des retraités, des jeunes, durement frappés par les politiques antisociales des gouvernements successifs, sont coupés des cheminots. Ils vivent la dégradation du service public, les hausses de tarifs. Ils connaissent les exemples dramatiques de la libéralisation du rail en Grande-Bretagne par exemple.

Des convergences de lutte, avec les postiers, les agents des hôpitaux, du nettoiement, des autres transports se développent.

Le rejet de l’Union européenne du capital est massif et cherche une issue. L’idée d’une résistance à la politique d’austérité par les luttes fait son chemin.

L’examen en commission de l’Assemblée nationale du projet de loi a été un peu une répétition du débat parlementaire. On a pu constater un profond consensus entre la gauche gouvernementale et la droite, même si cette dernière, par posture, s’est opposée. Seule l’UMP a voté contre le projet du ministre Cuvillier mais cela ne veut pas dire qu’ils ne soient pas d’accord. Au contraire, tous supportent le projet européen de mise en concurrence. Pour tous, la  loi doit se soumettre à « l’euro-compatibilité ». La seule divergence tient au calendrier. Aucune voix ne s’est élevée contre l’abrogation du statut historique…

Communistes, nous continuons à penser, plus que jamais, que le monopole public constitue la meilleure organisation possible d’un service public de réseau. C’est pourquoi nous nous opposons à l’application en France des directives, des « paquets », européens, illégitimes. C’est une des raisons pour lesquelles, nous exigeons le retrait du projet de loi. Mais sans aller jusque-là, nous prenons au mot le gouvernement et sa prétention (hypocrite) à réunifier SNCF et RFF.

Il ne faut surtout pas laisser le gouvernement, discrédité, et les parlementaires seuls ! La lutte, considérable, qui ne fait encore que se développer à la SNCF, peut et doit changer le scénario prévu.

La preuve en est la peur que le pouvoir en a.

Plus que jamais, notre objectif et notre slogan immédiats sont : NON à l’éclatement de la SNCF, réintégration de RFF, maintien et extension du statut des cheminots SNCF !

Les cheminots donnent le signal de la riposte à la politique du gouvernement et de l’Union européenne

Jeudi 22 mai 2014, des cheminots de tout le pays, par milliers, manifestent à l’appel de trois organisations syndicales contre la « réforme ferroviaire ».

Si le gouvernement s’obstine à vouloir faire passer, à la sauvette, son projet de loi au cœur de l’été, il prendra la responsabilité du recours à d’autres formes d’action. Parce que là, c’est trop grave pour la SNCF, pour les cheminots, pour les usagers, pour l’ensemble du pays.

La « réforme ferroviaire » vise à faire éclater la SNCF pour livrer le transport par rail à la concurrence. Il s’agit de lever les obstacles restants à la privatisation des activités ferroviaires profitables pour les groupes privés – l’exploitation – de ponctionner encore davantage les cheminots, les usagers et les contribuables pour les infrastructures et la maintenance. 

L’exaspération est déjà à son comble devant les conséquences du processus de privatisation : les conditions de service dégradées, les hausses de tarifs, les retards, les trains et lignes supprimées, les dizaines de milliers d’emplois détruits.

En lien avec l’Union européenne et ses directives, le pouvoir veut faire bien pire, détruire tout ce qui reste du service public nationalisé. Les exemples étrangers sont affligeants parfois dramatiques, comme les privatisations déjà engagées en France (ex : l’envolée des prix de l’énergie).

La casse des services publics nationalisés est au cœur de la politique antisociale que Hollande et Valls poursuivent : supprimer les statuts et le droit du travail, faire pression sur les salaires pour gaver les patrons, les banques et les actionnaires. Le démantèlement de la SNCF et la remise en cause de l’égalité des territoires et de la démocratie locale, avec la suppression annoncée des départements et la constitution d’eurorégions vont de pair aussi.

La mobilisation des cheminots peut être une locomotive dans la riposte pour commencer à gagner, par la lutte, la rupture avec la politique au service du Medef et avec l’Union européenne des capitalistes.

Dans l’immédiat, elle porte nos intérêts d’usagers, de salariés et de contribuables.

Retrait de la réforme ferroviaire !

Soutien à la manifestation des cheminots du 22 mai (Bastille 13h30)!

 

D’année en année, la situation est devenue insupportable. Les trains sont de plus en plus souvent en retard. Des horaires ont été supprimés. Les rames sont bondées. Les accidents se multiplient jusqu’au drame, non-élucidé, de Brétigny sur des lignes que nous empruntons chaque jour.  Les guichets ferment, les automates tombent en panne. Il n’y a plus personne pour nous conseiller. Derrière, de moins en moins de cheminots pour entretenir les voies, les aiguillages.

Dans le même temps, les tarifs s’envolent. Ils sont devenus incompréhensibles. Partir en week-end en train devient un luxe.

Ces 30 ans de dégradation du service public ne doivent rien à la fatalité ! C’est le résultat d’une politique, poursuivie par les gouvernements successifs, avec l’Union européenne. Son but est d’utiliser notre besoin de transport public pour détourner notre argent vers la finance, vers le privé.

La nouvelle étape de cette politique de casse, c’est la « réforme ferroviaire ».  Le gouvernement veut la faire passer au Parlement au beau milieu des vacances. Massivement, les cheminots avec leurs organisations syndicales s’y opposent et préparent la lutte. Usagers, ils défendent notre intérêt, notre droit à la mobilité.

Cette « réforme » n’a qu’un but : préparer la mise en concurrence prévue par l’Union européenne en 2019 du transport de voyageurs. Peu importe qu’elle ait conduit partout, dramatiquement en Grande-Bretagne, à des catastrophes économiques et humaines. Pour les capitalistes, il faut faire éclater la SNCF, nationalisée par le Front populaire. Il faut casser le statut des personnels et l’emploi. Il faut endetter la SNCF, les régions, sur les marchés financiers, pour enrichir les spéculateurs.

L’éclatement de la SNCF permettra de sous-traiter et d’externaliser à des entreprises privées un maximum d’opérations immédiatement profitables pendant que la collectivité paiera les investissements à long terme. Privatisation des profits, nationalisation des pertes : voilà ce que souhaitent le gouvernement et la commission européenne !

Communistes, nous entendons contribuer à ce combat.  Nous rejetons l’ensemble de la politique antisociale du gouvernement : « pacte de responsabilité », casse du droit du travail… Le démantèlement de la SNCF et du service public nationalisé est au centre cette politique.

Au nom des directives européennes, Hollande et Valls ne font que continuer la même politique que leurs prédécesseurs, pour casser nos acquis sociaux et démocratiques, au profit des capitalistes.

Le « changement », la rupture avec cette politique et l’UE ne peut partir que des luttes! avec les cheminots, battons-nous jusqu’au retrait de la réforme ferroviaire  

Militons pour :

· Le GEL DES TARIFS NATIONAUX ET REGIONAUX, l’augmentation du versement transports des entreprises, le financement des investissements par L’ETAT avec appel à l’épargne populaire.

· Le rejet des directives européennes de liberalisation et de casse du service public — La politique de l’Union européenne est massivement rejetée par les peuples, elle n’a aucune légitimité à être appliquée en France.

· La défense et la reconquete du monopole public de la sncf – C’est la seule garantie d’un service public de qualité, avec des tarifs réglementés et des garanties de sécurité.

· LE RETABLISSEMENT DES LIGNES ET ARRETS SUPPRIMES CES DERNIERES ANNEES — La fermeture de lignes de TER provoque la mort des territoires non desservis, impossibles à rejoindre sans voiture.

repris de PCF Paris 15

Près de deux-tiers des citoyens européens déclarent ne pas être intéressés par les élections européennes du 25 mai

Voilà un sondage qui ne fera pas la une de nos médias qui tentent désespérément de susciter un intérêt pour le prochain scrutin européen du 25 mai : une large majorité des citoyens européens ne trouvent guère d’intérêt dans ces élections, simulacre de démocratie.

Les panneaux publicitaires fleurissent dans la rue, les transports, nos écrans pour tenter de nous impliquer : « Il va décider qui gouvernera l’Europe, et vous ? ». Qui y croit aujourd’hui, près de dix ans après le désaveu imposé aux « Non » hollandais, français et irlandais ?

Les peuples européens ne sont pas dupes : 62 % pas intéressés par le scrutin

Dans une Union européenne de plus en plus anti-démocratique, où le pouvoir est concentré entre les mains de la BCE et de la Commission – avec leur instrument privilégié l’Euro – au service des banques et des industriels, le Parlement européen sert d’alibi démocratique.

Mais qui peut croire que l’élection des députés européens peut permettre aux peuples européens de décider qui gouvernera de l’Europe ?

Les peuples ne sont pas dupes. Le sondage IPSOS, conduit entre le 1 er et le 25 avril, dans 12 pays de l’Union européenne révèle cette indifférence, qui est aussi une défiance envers cette Europe-là.

Selon ces chiffres, 62 % des citoyens de ces pays participant à l’enquête ne sont pas intéressés par ces élections – dans des pays tels que la Belgique, la Croatie, la France, la Grande-Bretagne, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, les Pays-bas, la Pologne, l’Espagne et la Suède.

Dans aucun pays, une majorité de citoyens n’est sûre de se déplacer

Dans aucun pays les élections européennes ne suscitent un intérêt dans la majorité de la population.

Ce scrutin éveille un intérêt chez 48 % des Polonais, 47 % des Français et 46 % des Italiens, descendant ensuite sous la barre des 40 % : en Hongrie (40 %), Grande-Bretagne (39 %), Irlande (38 %), Belgique et Allemagne (37 %), Espagne et Croatie (33%), Suède (32%), Pays-bas (20 %).

Cet intérêt faible se manifeste dans le fait que seules 35 % des personnes interrogées sont certaines d’aller voter le 25 mai prochain, tandis que si 30 % pensent pouvoir aller voter, 35 % affirment qu’ils ne se déplaceront pas dans deux semaines.

Hormis en Belgique – où le vote est obligatoire – dans aucun pays une majorité de citoyens n’est certaine de se déplacer pour cette échéance électorale. Les scores les plus élevés d’intention de vote se trouvent en France (44%), Pays-Bas (41%), Italie (39 %), les plus faibles en Espagne (30%), Irlande (30%), Grande-Bretagne (27%) et la Pologne (20%).

Marine Le Pen, la plus populaire des candidats à la Commission européenne … très loin devant Alexis Tsipras

Si c’est une anecdote, elle est révélatrice d’un certain état d’esprit dans l’Europe de 2014. Les enquêteurs ont demandé aux citoyens de ces 12 pays si ils connaissaient les différents candidats à la Commission européenne.

Parmi les candidats les plus célèbres au sein de l’UE : Marine Le Pen, candidate de l’extrême-droite européenne, arrive en tête. 53 % des citoyens des 12 pays européens la connaissent.

Elle arrive très loin devant le candidat socialiste européen, l’allemand Martin Schulz (40 %) et le candidat de la droite européenne, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker (39%), au coude-à-coude avec José Bové, le candidat des verts européens (39%).

Enfin, le moins connu des candidats se trouve être le grec Alexis Tsipras (31%) présenté par le Parti de la gauche européenne (PGE).

Ce sondage n’apprend dans le fond rien de neuf à ceux qui ne suivent pas l’ « europtimisme » béat de nos commentateurs médiatiques, du consensus politique dominant, jusqu’à certains dirigeants de partis de gauche dite radicale membres du PGE.

Même si pour la frange la plus consciente des travailleurs, il s’agira de trouver si possible le vote de dénonciation, sur des positions de gauche, de l’UE du capital, les peuples n’ont rien à attendre du scrutin du 25 mai, et ce sondage montre qu’ils n’en attendent rien.

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

Le tract que nous avons diffusé à la manif du 12 avril 2014

 L’alternative politique ne pourra partir que de la montée des luttes

Hollande et ses commanditaires du Medef ont entendu le message, prévisible, des urnes. La politique que le pouvoir de « gauche » poursuit depuis 2012 est massivement rejetée dans le pays mais aucune alternative politique institutionnelle n’existe aujourd’hui. Ils l’aggravent!

En effet, le vote sanction des municipales a profité à la droite qui réclame plus d’austérité. C’est par défaut, vu l’abstention, mais la résignation à l’idéologie dominante progresse. Le système réussit à faire monter le FN pour détourner des luttes la colère populaire et le rejet de classe de l’Union européenne. L’épouvantail fonctionne et le danger d’extrême-droite est réel d’autant que les ultra-réacs occupent le pavé.

Toute la gauche qui a entretenu des illusions sur un changement réel avec Hollande est sanctionnée, malheureusement également notre parti le PCF, malgré le travail des militants. Cela ne changera pas tant qu’elle s’engluera dans des perspectives politiciennes de recomposition politique.

Dans cette situation, Valls vient de se voir confier un contrat de mission : précipiter et assumer les contre-réformes structurelles antisociales, à commencer par le « pacte de responsabilité », la « réforme ferroviaire », la casse des territoires dans le cadre de l’Union européenne du capital. Salariés, retraités, jeunes, le plus grand nombre va payer encore plus lourdement les cadeaux au patronat et au profit capitaliste, sur leurs revenus, les conditions de travail, les services publics, la santé, les allocations familiales. Une course de vitesse est engagée. Le pouvoir espère étouffer la montée des luttes sociales, aujourd’hui seules porteuses de l’alternative politique.

Communistes, suivant la raison d’être de notre parti, nous faisons résolument le choix de la lutte des classes, de contribuer au développement, en nombre, en conscience et en organisation des luttes, à commencer par les batailles contre le « pacte de responsabilité » et la « réforme ferroviaire », pour la défense de l’industrie, notamment par des nationalisations (automobile, sidérurgie…). Nous mettons plus que jamais en avant des positions de rupture en France, en particulier face à l’Union européenne.

 

 

Le sens de notre participation à la manifestation du 12 avril, initiée par notre parti.

Ce qui nous importe avant tout, c’est de contribuer à redonner confiance au mouvement social, aux luttes, dans leur force, dans leur capacité à porter le changement politique, en l’absence aujourd’hui de toute perspective de changement politique institutionnel. En 2010 pour défendre les retraites, nous étions le nombre pour battre Sarkozy. Nous pourrions l’être à nouveau face à la poursuite de sa politique par Hollande et Valls. Revenons sur les dégâts causés par les illusions électorales semées avant 2012 !

Ce qui nous importe, c’est de soutenir et d’alimenter les luttes décisives en cours, en premier lieu celles pour le retrait du « pacte de responsabilité », précisé et aggravé par Valls et celui de la « réforme ferroviaire », fer de lance de la casse des services publics, que le pouvoir espère faire passer en catimini au cœur de l’été.

Ce qui nous importe, c’est de combattre et démasquer le FN et le rôle que le système lui confie pour détourner des luttes – vers sa logique de haine –  et stériliser la colère populaire et l’opposition à l’Union européenne du capital. 

Ce qui nous importe, à quelques semaines des élections européennes, c’est bien de faire le lien entre le rejet de classe de l’UE et les luttes nationales décisives. Refuser les prétendus « diktats » de Bruxelles, cela ne peut se faire, pour les travailleurs de France, qu’en repoussant en France – dans une perspective internationaliste – l’application des traités et directives européens illégitimes.

Nous réaffirmons la nécessité de la rupture avec toute intégration dans l’UE du capital, l’illégitimité de ses institutions. Il est inadmissible que l’UE puisse encore servir de prétexte idéologique à la résignation des travailleurs français devant l’austérité. La remise en cause de l’euro, son instrument de mise en concurrence des peuples et de contrôle des économies nationales doit être mise en débat dans notre pays.

A ce titre, nous exprimons notre désaccord total avec les positions politiques de la Confédération européenne des syndicats (CES – avec son relai en France, la CFDT), qui après avoir défendu la Constitution européenne et le Traité de Lisbonne, s’efforce de faire vivre l’illusion de « l’Europe sociale » pour mieux légitimer l’ordre de l’UE du capital. Nous exprimons notre désaccord total avec le politicien grec Tsipras, dirigeant du Parti de la gauche européenne (PGE), qui se présente à la présidence de la Commission européenne, légitimant la dictature de la principale institution du capitalisme européen. L’UE DU CAPITAL N’EST PAS REFORMABLE ! 

Nous souhaitons aussi écarter et remettre à leur place, aussi bien la supercherie du « dialogue social » avec les syndicats de collaboration comme la CFDT, que les calculs et projets de recomposition politique de certains politiciens français de « gauche ». Certains passent allègrement du rose, au vert, au jaune, voire au rouge (pour la cravate) s’efforcent maintenant de constituer une « gauche de rechange » avant des élections, quand Valls aura commis ses méfaits.

Nous voulons aussi marquer que les militants de ce parti – loin des calculs politiciens – se battent, vont au contact des travailleurs et des populations pour leur proposer d’organiser politiquement leurs luttes et leurs colères, ensemble, pour mettre en échec, en commençant tout de suite, la politique au service du capital.

Ce qui nous importe au contraire, c’est de montrer la nécessité d’un parti de classe révolutionnaire, intransigeant dans la lutte des classes du côté des travailleurs. Ce parti en France, historiquement, c’est le PCF, avec ses symboles, faucille et marteau.

 

 

Faire converger les luttes pour le retrait du « pacte de responsabilité ».

Ces dernières semaines, le mouvement a connu une progression importante avec les manifestations du 18 mars. Les prétextes sur les créations d’emploi et la nécessité d’obtempérer à l’UE commencent à tomber. La comédie du « dialogue social » et la collaboration de la CFDT sont démasqués.  

Valls décide d’accélérer l’adoption des mesures du pacte, de gonfler encore les cadeaux au patronat : « crédit d’impôt compétitivité », exonérations de cotisations sociales, baisse d’impôt. Le prétexte de la « baisse des déficits publics » tombe d’autant plus. Le pouvoir espère passer en force avant que les conséquences du pacte sur le pouvoir d’achat, la protection sociale ne soient trop sensibles. Dans la continuité de la lutte contre les hausses de TVA, dénonçons et combattons le démantèlement de l’offre de soins et de l’hôpital publics, la remise en cause des allocations familiales, l’explosion des tarifs des services publics ! Voilà la contrepartie réelle du pacte de solidarité !

Les journées d’action déjà programmées des fonctionnaires contre l’austérité le 15 mai, des cheminots contre la « réforme ferroviaire » le 22 mai seront des étapes importantes dans la convergence des luttes. Le 1er mai peut et doit être une grande journée de mobilisation générale contre le « pacte de responsabilité ».      

 

 

Faire capoter la « réforme ferroviaire », c’est possible !

La « réforme ferroviaire » est un projet de loi d’une extrême gravité. Il prépare l’éclatement de la SNCF et la casse du statut des cheminots.

C’est l’étape nécessaire pour poursuivre et finaliser le processus de marchandisation et de privatisation du rail dont des conséquences se font déjà durement sentir sur les salariés, les usagers, les territoires. Les journées d’action ont été très fortes en juin et en décembre derniers. Le pouvoir redoute la résistance des cheminots. Le spectre des luttes victorieuses de novembre/décembre 1995 le hante toujours.

L’un des objectifs de la « réforme » est aussi d’abattre la « locomotive » du mouvement social que représentent les cheminots dans l’intérêt de tous les travailleurs.

Pour faire passer la réforme, le gouvernement choisit d’en minimiser l’objet. Pas un mot dans le discours de Valls. L’examen du projet de loi est reporté au cœur de l’été… Pendant ce temps, avec l’aide des syndicats de collaboration, la direction s’efforce de diviser les cheminots, d’instaurer des négociations sur des protections catégorielles, temporaires et illusoires devant la perspective de privatisation. Le pouvoir s’appuie au maximum sur l’Union européenne et ses directives de mise en concurrence. Tout se passerait à Bruxelles et il faudrait s’en accommoder plus ou moins mal. NON ! La résistance à la casse des services publics en Europe se joue dans chaque pays !

Le 22 mai, la journée de grève des cheminots peut amorcer un mouvement large et déterminé. Communistes, nous contribuons à le préparer, à faire converger les luttes de tout le service public, la défense des intérêts des usagers derrière cette lutte pour mettre un point d’arrêt à la privatisation de la SNCF.  

 

 

Les communistes qui vous distribuent ce tract sont des militants, des responsables de section et de fédération du PCF  qui jugent nécessaire de faire vivre et de renforcer leur Parti, de renouer avec sa perspective révolutionnaire, le socialisme, avec sa théorie marxiste et léniniste, avec son organisation de classe dans le monde du travail, les quartiers populaires, les campagnes, a contrario du processus d’effacement poursuivi avec le Front de gauche. REMETTONS LE PCF SUR LES RAILS DE LA LUTTE DES CLASSES! 

Cadeau d’entrée dans le « bloc européen » pour le peuple ukrainien : une hausse des tarifs du gaz de 50 % !

Dans quoi les intérêts égoïstes de l’UE et des États-Unis vont-ils plonger l’Ukraine ? Ce 27 mars, le FMI a annoncé son « plan d’aide » à l’Ukraine, sa première mesure : l’augmentation de 50 % des tarifs du gaz.

 

Le nouveau premier ministre ukrainien, le banquier Iasteniouk l’avait dit ouvertement :

 

« Les caisses sont vides, on fera tout pour éviter la faillite. Si on peut avoir un soutien financier du FMI, des Etats-unis, on le fera. Je suis prêt à être le premier ministre le plus impopulaire de l’histoire de mon pays ».

 

L’annonce du plan du FMI de 15 milliards de $ – préliminaire aux prêts accordés par l’UE et les Etats-unis, pour la même somme – montre le vrai visage des « indignés de Maidan ». La baisse du pouvoir d’achat sera terrible dans un pays où le salaire moyen est de 270 $ par mois.

D’abord, parce que le gouvernement a décidé de proclamer le gel des salaires et des retraites pour les fonctionnaires, et le salaire minimum qui s’élève à 85 $. Dans un pays où l’inflation devrait tourner entre 12 et 14 % en 2014, c’est autant de pouvoir d’achat en moins.

Ensuite,une hausse de presque toutes les taxes : taxes sur les voitures consommatrices d’énergie (celles des pauvres!) ; augmentation de l’impôt sur le revenu ; taxes sur les retraites ; enfin taxes sur le tabac ( + 30 %) et sur l’alcool ( + 40 %) qui toucheront les familles les plus vulnérables.

Enfin, la hausse des tarifs du gaz de 50 % par la suppression des subventions qui permettent aujourd’hui à des millions d’Ukrainiens de pouvoir se chauffer, se nourrir, qui leur permettent de ne pas sombrer dans la pauvreté.

Ianoukovitch avait refusé d’augmenter les tarifs : la raison du « coup d’Etat » ?

Pourquoi Viktor Ianoukovitch qui avait été loué pour sa position pro-européenne, ses dispositions envers les projets du FMI – à tel point que les européens l’ont soutenu en 2010 … face à Timochenko, appuyé soudain par les Russes – a-t-il soudain été voué aux gémonies ?

C’est que Ianoukovitch, politicien corrompu mais conscient des rapports de force, avait refusé cette mesure qui aurait tout simplement menacé sa position à la tête de l’Etat.

Ainsi, en 2011, Ianoukovitch annonçait son intention d’augmenter les tarifs du gaz en échange déjà d’un prêt du FMI de 15 milliards de $. Il acceptait alors l’intégralité du plan de réformes libérales.

Par la suite, face à l’impopularité d’une telle mesure, Ianoukovitch a reculé. En mars 2012, il qualifiait « l’exigence du FMI d’augmenter les prix de 50 % d’inacceptable. Nous ne sommes pas d’accord, et nous ne le serons jamais ».

Enfin après la nouvelle pression réalisée par le FMI en août 2013 pour l’octroi d’un nouveau plan, Ianoukovitch persistait, creusant son tombeau politique : « Les exigences du FMI, l’augmentation des tarifs du gaz pour les ménages ne seront pas acceptées. On ne laissera jamais passer une telle mesure qui aura un impact si négatif pour les Ukrainiens ».

Cela n’empêchait pas le président de réclamer un plan d’aide du FMI, en septembre 2013, il confiait : « On négocie avec le FMI depuis quatre ans, on est confiant pour arriver à un accord … on a rempli toutes les conditions, sauf une : l’augmentation des tarifs pour les ménages. Or, ce n’est pas possible ».

Ianoukovitch, enfant modèle du FMI ? Et pourtant, oui …

Car on ne peut reprocher à Ianoukovitch son zèle dans l’application des réformes libérales du FMI. Ce sont ces réformes qui ont aussi été à l’origine des déstabilisations, du mécontentement populaire, du manque de soutien des classes populaires à ce gouvernement corrompu mais élu.

En effet, il ne faut pas oublier que, depuis 2010, Ianoukovitch s’était considérablement rapproché de l’Union européenne, jusqu’à envisager la signature de l’Accord d’association ( = de libre-échange) avec l’UE, et du FMI.

Ianoukovitch avait adopté en 2010 un plan de réformes structurelles pour la période 2010/2014 sous le nom « Société prospère, économie compétitive, Etat efficace ». Tout un programme. Voici la liste des mesures qui n’ont pas satisfaites (!) le FMI. Les dieux de la finance ont toujours plus soif.

Première mesure : « réforme fiscale » avec une baisse de l’impôt sur les société de 25 à 21 % entre 2010 et 2012, il devait être réduit à 16 % en 2014. Dans le même temps, les taxes sur les PME, les taxes à la consommation et l’impôt sur le revenu devaient être relevés.

Deuxième mesure : la « réforme des retraites » qui prévoyait l’alignement de l’âge de départ de retraite des femmes sur celui des hommes, passant de 55 à 60 ans, et surtout le relèvement de 10 ans du nombre d’annuités de cotisations (de 20 à 30 ans pour les hommes, de 25 à 35 pour les femmes).

Troisième mesure : la « réforme de la santé » passant par l’autonomie des centres de santé, hôpitaux, par une « rationalisation » de l’offre hospitalière, l’introduction de la logique du chiffre. Ultimement, cette mesure devait permettre l’introduction de « prestataires de service » privés dans la santé, le début de la privatisation du secteur.

Quatrième mesure : une « réforme de l’énergie » qui prévoyait la libéralisation du secteur, contrôlé dans le gaz par Naftogaz. En accord avec les dispositions européennes, Ianoukovitch avait accepté de séparer Naftogaz d’une entité chargée du réseau (Ukrtranshaz) et une autre de l’extraction (Ukrgazvydobuvannya).

Ianoukovitch avait fait rentrer l’Ukraine en 2012 dans la « Communauté énergétique » avec l’UE – ce qui nécessitait la fin du monopole public dans l’énergie, l’introduction de la concurrence – il a mis fin la même année au monopole de Naftogaz sur les importations de gaz ukrainien.

C’est sous Ianukovitch qu’ont été signés des contrats juteux pour les multi-nationales : Chevron pour extraire du gaz à l’ouest du pays, l’anglo-hollandais Shell pour l’extraction de gaz de schiste, enfin l’américain Exxon pour le gaz de la Mer noire.

On pourrait également rajouter les intérêts allemands naissants. Profitant du changement de régime, RWE propose désormais de fournir du gaz (importé des Pays-Bas et de Norvège) à l’Ukraine. En 2013, les entreprises allemandes Siemens, FerroStahl et Deutsche Bank avaient formé un consortium pour rénover le gazoduc ukrainien « Soyouz ».

La libéralisation totale du secteur énergétique ukrainien, entamé par Ianoukovitch, sans doute achevé par le gouvernement actuel, devrait permettre aux géants de l’industrie gazo-pétrolière de faire main basse sur le gaz ukrainien.

Cinquième mesure : la « réforme du travail », ce fut un des rares échecs de Ianoukovitch. La réforme du Code du travail proposé en 2012, toute conçue dans les intérêts du patronat, n’a pas pu être adoptée, laissant le pays avec un code protecteur … hérité du code soviétique de 1971 !

Sixième mesure : la « réforme agraire », deuxième gros morceau avec la réforme énergétique. Le projet de loi de 2011 a permis de légaliser les acquisitions de terres faites par les grands fermiers après 1991 (les 20 plus gros propriétaires détiennent l’équivalent de la Belgique!).

Un projet de loi qui permettait surtout d’acheter et de vendre librement une des terres les plus fertiles d’Europe, source de convoitises pour les géants de l’industrie agro-alimentaire française ou allemande, tout comme les adeptes extra-européens du « land grabbing ».

Alors, Iankouvitch avait-il raison de se présenter comme un « élève modèle du pays », qui avait accompli « toutes les réformes sauf une » ?

Assurément, comme Kaddafi, Assad et d’autres qui ont pensé pouvoir monnayer leur position de pouvoir en échange de la soumission aux diktats du FMI, de l’appauvrissement de leur peuple, le retour de bâton est immédiat : les plans du FMI comme instrument pour déstabiliser le pays et favoriser le changement du régime.

On pourrait dresser une autre comparaison, toutes choses égales par ailleurs. Celle avec l’Italie. Berlusconi était l’incarnation du capitalisme italien au pouvoir – quoique divisant la classe dominante italienne – mais incapable de mener à bien les « réformes structurelles ».

Le FMI, l’UE, en lien avec des fractions dominantes de la classe bourgeoise italienne, l’ont éjecté, remplacé par leur Iasteniouk – Mario Monti – qui a commencé le travail, aujourd’hui achevé par le Tony Blair italien (qui sera-t-il en Ukraine?), M.Matteo Renzi.

En tout cas, pour le peuple ukrainien, avec de telles mesures, le pays qui vient en tête c’est la Grèce, réduite en quatre ans à l’état d’un pays du tiers-monde : « Bienvenue dans l’Union européenne » !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Quand Hollande faisait allégeance à l’ambassadeur américain, en 2006 : « Nous serons plus pro-européens et pro-américains que Chirac »

La visite de François Hollande aux Etats-unis en février marquait, au-delà des échanges d’amabilités, l’affirmation d’une convergence totale de vues sur une politique étrangère impérialiste. Rien de surprenant si on lit des documents secrets publiés par Wikileaks.

 

Rien de top secret dans les deux dépêches publiées par l’ambassade américaine et révélées par Wikileaks, deux rapports à un an d’intervalle – juillet 2005, juin 2006 – dans la foulée du « Non » à la Constitution européenne de 2005, dans la préparation des présidentielles de 2007.

 

L’ambassadeur américain décrit la prestation de François Hollande, le 30 juin 2005, comme impressionnante, son analyse « raisonnée et éclairante ».

 

Qu’a dit François Hollande lors de ces rencontres ? Il évoque ses manœuvres de politicien roué au sein du PS, ses prédictions plutôt justes sur l’issue des primaires puis des présidentielles, le besoin de « changement » et de difficiles « réformes » du pays (déjà!), enfin, surtout, son adhésion pleine et entière à l’intégration européenne, ainsi que sa foi dans l’avenir de la relation atlantique.

 

Sa conception de la politique n’est guidée que par un objectif, le pouvoir, un moyen les manœuvres politiciennes. L’ambassadeur américain raconte comment Hollande tout à coup devient « enjoué » lorsqu’il évoque sa tactique électorale.

 

« Les réformes en France sont difficiles à mettre en oeuvre »

 

Pourtant, Sarkozy estime la bataille serrée pour 2007 et surtout la possibilité de mettre en œuvre les réformes nécessaires : « le vainqueur de 2007 n’aura pas un mandat pour réformer la France », a confié Hollande à l’ambassadeur … ce qui explique que l’homme de pouvoir Hollande ne semble pas affecté plus que cela par sa prédiction que Royal serait la candidate aux présidentielles.

 

Réformes ? Le mot revient dans les deux rencontres affublé des termes « difficiles », « nécessaires ». Selon Hollande, au vu de la division de la France en 2007 sur la question (dans la France post-Non de 2005), c’est trop tôt.

 

Ainsi, en 2005, Hollande dénonce le fait que « les réformes en France sont difficiles à mettre en œuvre, car elles sont imposées par le parti majoritaire et ne sont pas l’objet d’un compromis entre les partenaires – un système qu’il a caractérisé comme inefficace ».

 

Vive le dialogue social, l’union sacrée, on connaît …

 

En 2006, Hollande, à l’approche des présidentielles, se disait inquiet que les « réformes ne soient introduites que très lentement, si ce n’est pas du tout » dans le mandat 2007-2012.

 

Sur le contenu de ces réformes, Hollande reste évasif pour la plus grande frustration de l’ambassadeur américain qui confie qu’il n’est pas sûr qu’Hollande « soit l’homme du changement » qu’il prétend être, notant qu’Hollande fait systématiquement référence au gouvernement Jospin.

 

A noter qu’en 2006, Hollande est présent à l’Ambassade avec un autre habitué visiblement, un certain Pierre Moscovici.

 

« Chirac parle de modèle social français, moi je parle de modèle social européen : ce modèle social français, personne n’en veut »

 

Un sujet sur lequel Hollande n’est pas évasif, c’est l’intégration européenne, vue par Hollande comme la seule voie pour l’avenir de la France.

 

Ainsi, sur le « Non » à la Constitution européenne, Hollande évoque un « déficit dans l’explication du traité » (vieille rengaine), le repli nationaliste, la peur de la mondialisation, et donc la nécessité de « relancer la construction européenne ».

 

Pour lui, il ne faut pas proposer un nouveau référendum sur la Constitution, on ne peut pas non plus la faire passer au Parlement (or, c’est ce qu’a fait Sarkozy avec le soutien des députés socialistes  !).

 

Moscovici garantit à l’ambassadeur qu’un gouvernement socialiste serait « plus pro-européen que ceux de Chirac ou Villepin ».

 

Hollande rajoute que lui, contrairement à Chirac ne parle pas de « modèle social français » mais de « modèle social européen ». En effet, selon le dirigeant socialiste d’alors, « ce modèle social français, personne n’en veut ailleurs » (sic).

 

« Avec les Etats-unis, les divergences doivent devenir l’exception » (Moscovici)

 

Et quelle politique étrangère pour la France ?

 

D’abord, Hollande ancre sa future politique dans l’Europe bien sûr, mais surtout en Afrique  : « la France a une responsabilité unique sur ce continent ». On l’a vu depuis, même si l’ambassadeur américain souligne que Hollande voit dans l’UE la « panacée » à tous les problèmes.

 

Sur l’Asie, Hollande souligne le malaise au sein du peuple français : « on peut pas dire aux travailleurs de plus travailler » (ce qu’il fait maintenant!), donc il faut des protections … mais surtout pas du protectionnisme, « juste que tout le monde joue les mêmes règles », donc le protectionnisme hypocrites à coups de normes sociales, environnementales, classique.

 

Enfin, sur la relation franco-américaine, le couple Hollande-Moscovici a de quoi séduire l’ambassadeur qui note que « on entend avec lui un ton singulièrement différent », évoquant l’intervention américaine en Irak.

 

Hollande critique alors Chirac, en 2006, sur son bras de fer avec les Etats-unis, comme un an auparavant, en 2005 il avait qualifié sa future politique étrangère de « ni Blair, ni Chirac », pas de soutien acritique, mais surtout pas d’obstruction gratuite à la politique américaine.

 

En 2006, on est plus proche de Blair que de Chirac en effet, Hollande affirmant la nécessité d’une «  politique étrangère ancrée plus fermement dans des valeurs universelles, tel le soutien à la démocratie, que dans une approche personnaliste comme celle de Chirac ».

 

Cela veut dire soutien aux interventions impérialistes américaines futures, avec sa propre politique.

 

Moscovici conclut par la nécessité de ne jamais aller au conflit avec les Etats-unis : « quand il y a des divergences, il faut ouvrir un dialogue, les différences doivent être l’exception, non la règle ».

 

Le commentaire fait par l’Ambassade révèle qu’ils ont été alors séduits par la prestation de François Hollande, bien que dubitatif sur sa capacité à incarner le changement en 2007. Sept ans après, le programme tracé par Hollande, évoqué plutôt à l’ambassade américaine que devant le peuple, est appliqué avec zèle.

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Les stages poubelles pour tous, c’est la politique du gouvernement

Non à ce « Contrat première embauche » à 350 € déguisé !

Le stage, c’est devenu la norme pour rentrer dans le marché du travail : la précarité pour les jeunes travailleurs, une main d’œuvre bon marché pour les patrons. Ce que fait le gouvernement, c’est légaliser, légitimer, généraliser cette pratique qu’il faudrait abolir.

 

Nous sommes deux millions de stagiaires, deux millions à subir cette forme ultime de la précarité : temps de travail extensible, rémunération minime ou nulle, contrat temporaire.

 

Pour les patrons, c’est tout bénéfice. Ils peuvent ne pas payer leurs stagiaires, bénéficient d’exonérations de cotisations, faire effectuer toutes les tâches les plus ingrates (le fameux stage « standard-photocopieuse ») à une main d’œuvre docile, peu chère et plutôt qualifiée.

 

Le gouvernement légalise et généralise les stages poubelles

 

Comme toujours, il y a les annonces gouvernementales : des stages limités à six mois, une rémunération obligatoire après deux mois de stage, l’interdiction de remplacer des postes permanents par des stagiaires.

 

Merci patron … sauf que ces dispositions existent souvent déjà mais ne sont pas appliquées !

 

Est-ce que le seront maintenant ? Bien sûr que non. La loi prévoit les décrets d’application, qui ne sont pas encore publiés et ne le seront sans doute jamais. Et si il y a un doute, la loi prévoit « des dérogations » accordées avec générosité aux patrons.

 

Mais cette loi, ce n’est pas le statu quo, c’est un danger : c’est un « Contrat première embauche » généralisé à 400 €, sans aucune garantie sur le plan du Code du travail.

 

Un « contrat première embauche » à 350 € pour tous

 

Ce que la loi prévoit, c’est légaliser l’injuste : une rémunération obligatoire après deux mois à 30 % du SMIC, soit 350 €, sans cotisations sociales pour l’employeur, donc sans droits à la Sécurité sociale pour le stagiaire.

 

Et le patron n’a pas intérêt à payer plus … ou sinon il paiera des cotisations. La même logique que les « exonérations de cotisations » pour les bas salaires : de quoi pousser le patron à payer des bas salaires !

 

Pour les stagiaires en milieu hospitalier, par ailleurs, la rémunération n’est toujours pas obligatoire.

 

Ce que la loi prévoit, c’est légitimer l’arbitraire : la loi dépend du Code de l’Education, pas du Code du travail. Cela veut dire que le stagiaire peut travailler jusqu’à 48 h par semaine, 13 h par jour, la nuit, le dimanche, les jours fériés, sans rémunération des heures sup.

 

Ce que la loi prévoit, c’est généraliser le précaire : cette loi rend formel ce qui était informel, il crée donc un « Contrat de stage » qui ressemble aux fameux « contrats doctoraux » des universités créés en 2008, qui ont légalisé pour les étudiants très qualifiés le CDD de 3 ans à 1 300 €.

 

Lycéens, le « stage de découverte », c’est la découverte de l’exploitation !

 

Le « stage de découverte », on le connaît depuis longtemps en 3 ème, une semaine pour découvrir un métier. Depuis 2011, il y a désormais un autre « stage en entreprise » à la fin de la Seconde.

 

La loi prévoit que la scolarité peut comporter des « périodes de formation dans les entreprises », facultatives en filière générale, obligatoires en filières technologiques ou professionnelles.

 

En 2011, on a ajouté qu’il s’agissait de découvrir « l’engagement volontaire et bénévole … à travers un stage obligatoire en fin de seconde dans une association à but social ou humanitaire ».

 

Depuis 2011, des milliers de jeunes lycéens ont fait l’expérience de « l’engagement bénévole » dans ces « associations à but humanitaire », en fait des entreprises qui ne les paient pas pendant 2 à 4 semaines (la rémunération est obligatoire après 2 mois!), et leur font faire les tâches ingrates.

 

En lycée professionnel, ce sont de 16 semaines (pour les CAP) à 22 semaines (pour les Bac pro) en entreprise, souvent fractionnés en période de moins de deux mois.

 

Cela peut parfois être une expérience professionnelle enrichissante, c’est souvent une dure confrontation au monde du travail, c’est toujours un moyen pour le patron d’exploiter au maximum une main d’œuvre motivée et gratuite.

 

Fioraso dit qu’il « faut ouvrir les universités aux entreprises ». Peillon déclarait, lui voir « introduire l’entreprise dans nos collèges et lycées ». Ce que la droite la plus libérale n’a pas osé faire, vendre notre éducation aux marchands de lessive et de canons, c’est le PS qui va le faire !

 

Dans la « Loi Fioraso », il est indiqué que « le transfert des résultats de la recherche publique vers le monde économique ». Cela veut dire des chercheurs précaires en CDD, à 1 300 € payés par l’Etat pour les profits de l’Oréal, Total ou Sanofi. Recherche publique, profits privés !

 

Dans la« Loi sur la refondation de l’école », on lit :

 

« l’école doit s’ouvrir : témoignages de professionnels, initiatives avec des associations et représentants d’entreprises, visites, stages et découverte des métiers et de l’entreprise, et projets pour développer l’esprit d’initiative et d’entreprise ».

 

On croyait que l’école devait apprendre l’ « esprit critique », la « citoyenneté », le lycée et la fac devaient nous offrir une « qualification », une « formation » … on apprend que le but, c’est d’avoir une main d’œuvre docile, dans le « moule de l’entreprise », prête aux stages poubelles !

 

STOP ! C’est faux de dire que la loi votée par le gouvernement « ne va pas assez loin », « porte des avancées ». Elle va dans le même sens, c’est un nouveau recul gravissime. Nous avons le droit à des emplois stables, salaires dignes. Nous réclamons dès maintenant :

 

  • La rémunération des stages au SMIC : si les stages deviennent la première embauche la plus fréquente, que l’on respecte la loi : le SMIC comme rémunération minimum !

     

  • Le respect du code du Travail dans les « contrats de stage » : durée de temps de travail limitée à 35 h par semaine, stage réellement limité à 6 mois, interdiction du travail le dimanche, la nuit, les jours fériés ;

     

  • L’interdiction des stages en entreprise non-rémunérés ;

     

  • La transformation en CDI des contrats précaires ; notre but n’est pas de réglementer les contrats précaires mais de les abolir : tous les CDD, intérim doivent devenir des CDI. Les « stages de découverte », exceptionnels, doivent déboucher sur un contrat stable ;

 

En 2006, nous avions dit non au CPE (Contrat Première embauche) de la droite comme une forme de sous-contrat précaire pour toute la jeunesse Aujourd’hui le PS nous le remet sur la table, sous la forme du stage à 400 € pour tous, c’est toujours non.

 

Rejoins les Jeunes communistes, rejoins-nous dans notre combat pour construire une autre société, libérée de l’exploitation !

 

Les stages poubelles pour tous, c’est maintenant !

 

  • Il y a aujourd’hui entre 1,5 et 2 millions de stagiaire, le chiffre a triplé depuis quatre ans ;

     

  • 55 % des jeunes entrés sur le marché du travail ont fait au moins un stage (en 2007) ;

     

  • La durée moyenne d’un stage est de deux mois ;

     

  • 30 % des stages sont rémunérés ;

     

  • 20 % des stages débouchent sur un recrutement, à 66 % en CDD ;

     

  • La rémunération, quand elle existe, est en moyenne de 480 € ;

 

Les « mini-jobs » à 1 € de l’Allemagne, c’est ça notre modèle ?

 

L’herbe est toujours plus verte ailleurs, à écouter nos dirigeants. François Hollande vient d’inviter Peter Hartz pour prendre conseil sur sa « réforme du travail » adoptée en 2003 par un gouvernement socialiste (sic).

 

Grâce aux « réformes Hartz », aujourd’hui en Allemagne, les jeunes de moins de 30 ans ont à 55 % un emploi précaire, à 28 % un stage (non-rémunéré pour moitié), 27 % un contrat temporaire. Seuls 9 % ont un emploi dépassant les 800 € par mois.

 

Parmi les nouvelles embauches, 43% sont en contrat intérimaire, 42% en CDD. Seules 15% sont des CDI.

 

5 millions de personnes – souvent de moins de 30 ans – tombent sous les lois Hartz qui imposent à tout chômeur de travailler 10-15 heures par semaine (pour faire baisser les chiffres du chômage, pardi!) pour un salaire maximum de 400 €, souvent plus proches de 200-250 €.

 

On parle même de ces « mini-jobs » à 1 € de l’heure, contrats-poubelles soi-disant d’intérêt général, en fait un véritable travail forcé.

 

Résultat, derrière le taux de chômage officiellement à 9 % … 20 à 25 % des jeunes Allemands vivent sous le seuil de pauvreté. Est-cela notre avenir ?

Article-Tract pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/

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