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Valls a peur de la « coagulation » des luttes ! Ensemble, stoppons l’hémorragie sociale !

Cheminots, agents du pôle emploi, territoriaux, intermittents,…

Valls a peur de la « coagulation » des luttes !

Ensemble, stoppons l’hémorragie sociale !

 

140619 sncfN’en déplaise aux médias, si les cheminots poursuivent une grève longue, s’ils organisent leurs forces pour durer, ce n’est pas pour le plaisir, ce n’est pas pour battre un record. Ils savent la gravité de la « réforme ferroviaire ».

Ils savent que le pouvoir a intérêt à aller le plus vite possible pour enfumer l’opinion, pour éviter la conjonction avec les luttes contre la « réforme territoriale », le « pacte de responsabilité » etc. contre toute sa politique guidée par l’Union européenne du capital.

La basse opération reprise par Hollande et Valls sur l’organisation du baccalauréat a fini en eau de boudin. Elle a montré la grande fébrilité des plus hautes autorités de l’Etat.

Le pouvoir précipite et met en scène la discussion de l’Assemblée nationale. Acquis d’avance, avec l’opposition de complaisance d’une droite entièrement d’accord avec le démantèlement de la SNCF, le vote de l’Assemblée ne modifiera rien. Il ne pourra pas court-circuiter le développement du débat public que la force de la grève oblige.

Même avec de l’enrobage et de la pommade, le gouvernement et ses complices de la majorité ne pourront pas masquer qu’ils organisent la mise en concurrence et la privatisation du rail suivant les injonctions de Bruxelles, avec les conséquences désastreuses observées dans tous les autres pays.

Sous-estimant la mobilisation des cheminots et les capacités de compréhension des usagers, le gouvernement prétend « réunifier » RFF et SNCF, éviter à l’avenir le scandale – dont il est responsable – des TER trop larges pour les quais. En fait de « réunification », il divise le rail français en 3 au lieu de deux entités. En séparant complètement les infrastructures et le réseau de l’exploitation, il rend possible la privatisation de cette dernière. Le sigle SNCF est réduit, du nom d’une grande société nationale, à celui d’une future marque commerciale.

Tout le reste n’est que du pipeau ! Notamment les affirmations gratuites, même rajoutées, dans le texte de loi par des amendements téléphonés, sur les liens « impérissables » entre les nouvelles entités. On se souvient – entre autres – des grandes tirades sur le maintien des missions d’intérêt général des Caisses d’épargne avant leur privatisation par la « gauche plurielle ».

On peut observer et analyser en détail l’exemple du démantèlement de la SNCB, les chemins de fer nationaux belges.

Ils ont d’abord été éclatés en 3 comme en France avec une « holding de tête ». En janvier 2014, celle-ci a été dissoute. Ses fonctions communes, comme l’informatique, divisées et/ou privatisées. La propriété des gares est répartie. Restent « New-SNCB », l’exploitation privatisée et Infrabel, le réseau « public » au service de la concurrence ! Une filiale commune « HR Rail » gère les ressources humaines des deux entités restantes et imposent les reculs sociaux induits par le dumping de la concurrence…  L’unicité de la gestion du personnel, une fois le statut et l’entreprise nationale cassés, ne garantit rien !

 Voilà le modèle ! Les députés, qu’ils soient socialistes, « verts » ou même du « Front de gauche » qui acceptent de s’illusionner, qui cultivent ces illusions, se rendent collaborateurs d’une tromperie.

Même chose sur le plan social : la « réforme » abroge purement et simplement le statut historique, fruit de 74 années de lutte. Comment les mêmes députés de « gauche » peuvent-ils promettre de maintenir les conditions d’embauche à terme, du moins de limiter les reculs sociaux ? NON ! La « convention collective de branche » prévue par la « réforme » ne peut signifier qu’un nivellement par le bas, une remise en cause globale des acquis. 

Quant aux promesses sur le financement de la dette et des investissements, elles sont tout aussi gratuites puisque l’objet du texte est – répétons-le ! – la dissolution de la SNCF et l’abrogation du statut.

Le pouvoir veut aller le plus vite possible, dissimuler ses objectifs véritables car il sait qu’ils sont massivement rejetés. Hollande et Valls, faibles de leurs 14% aux dernières élections européennes – 6% des électeurs inscrits – ne tiennent pas à ce que l’opinion publique puisse se prononcer, en connaissance de cause, sur la « réforme ferroviaire ». Massivement, elle rejette l’application des directives européennes qui sabordent nos services publics, saignent les usagers, menacent leur sécurité pour le profit de multinationales comme Veolia ou Deutsche Bahn !

Hollande et Valls tentent de profiter du vide politique pour accélérer, malgré les désaveux électoraux, leur violente politique antisociale. La mobilisation des cheminots leur est intolérable par sa capacité fédératrice.

Les luttes, seules, peuvent déjouer les calculs politiciens et ouvrir une véritable alternative politique au peuple de France !

La droite UMP/UDI/Modem, en pleine crise de corruption, a du mal à masquer son accord intégral avec la politique de Hollande et Valls.

Dès que les luttes montent, le FN est discrédité dans son rôle de repoussoir au service du système. Il n’arrive pas à combiner sa démagogie « anti-européenne » et sa haine de classe des travailleurs et des syndicalistes.

Les Verts apparaissent pour ce qu’ils sont : des opportunistes. Les députés PS « indignés » ou « affligés » montrent que, suivant leurs leaders Aubry et Montebourg, ils ne sont que forces d’appoint et de diversion pour accompagner leurs camarades Hollande et Valls. Les députés Front de gauche, accrochés au PS, sont au pied du mur. Ils se dévoilent en décalage avec le soutien des communistes au mouvement des cheminots. Les luttes bouleversent le cadre politique sclérosé et mortifère. TANT MIEUX !

Dans les semaines qui viennent, en session « extraordinaire, le Parlement est appelé à voter, non seulement la casse de la SNCF, mais aussi les 41 milliards d’euros par an de cadeaux au capital, sur le dos de la sécurité sociale, de l’hôpital, des retraites, de l’école etc. que représente le « pacte de responsabilité », mais aussi la « réforme territoriale » destinée à démanteler les services publics locaux -l’emploi et les statuts qui vont avec – et à créer des euro-régions directement inféodées aux intérêts capitalistes européens.

Face à cela, des luttes se développent partout.

Les fonctionnaires et agents territoriaux entament une grève reconductible lundi 23 juin.

Le 26 juin, une journée d’action et de grève nationale – notamment à la RATP et dans les transports urbains est prévue.

Les agents du pôle emploi, les psychologues du travail rejoignent les cheminots dès le 19 juin dans la lutte, contre le même ennemi.

Des postiers sont en grève partout en France contre les « réorganisations » et la sape du service public.

Le ministre Rebsamen charge la barque en essayant de supprimer « provisoirement » des comités d’entreprise pour les nouvelles PME: Dans le commerce, la colère monte. A PSA, à Alstom, dans les raffineries etc., chez les éleveurs, l’exaspération est à son comble devant le détournement de l’argent du travail vers les délocalisations et le profit capitaliste, devant l’exploitation accrue accompagnée par le pouvoir.

Communistes, de la SNCF, des entreprises, des quartiers et des villages, nous mettons nos analyses et nos actions au service du développement de ces luttes et de leur convergence.

L’été est la saison des vacances : heureusement !

Pourquoi ce ne serait pas la saison des luttes aussi ?

Un vieux camarade cheminot nous confiait qu’à peine entré à la SNCF, il a vécu les grandes grèves de 1953, d’août 1953 !

Retrait de la « réforme ferroviaire »!

 

Vivent les luttes, vive leur convergence !

PCF Paris 15, 19 juin 2014

SNCF, France 2 ou la haine du gréviste, Communiqué du syndicat CGT de France Télévisions

Communiqué du syndicat CGT de France Télévisions (siège – Paris 15ème), 17 juin 2014

140618_delahousse_intox.pngLe 13 juin 2014, les cheminots, majoritairement en conflit avec leur direction, décident la grève dont l’objectif à termes est le maintien de leur statut social dans la fonction publique.
Le commentaire à l’antenne ne s’attardera pas, bien sûr, sur l’ouverture du rail à la concurrence en 2002 exigée par l’Union Européenne, ni sur le fait que la réforme crée une entité supplémentaire au-dessus de la SNCF et de RFF, ouvrant la porte à la privatisation.
OUI ! Les salariés de la SNCF sont inquiets. Les exemples en matière de privatisation ne manquent pas qui ont donné les catastrophes que l’on sait comme le rail en Grande-Bretagne et les cascades d’accidents ferroviaires qui ont suivi. Ou encore comme « Orange » avec les dégâts humains qui ont fait la « Une » de nos éditions.
Le journal du 20H de France 2, au service du public, y consacre un reportage en longueur, mais pas sur le fond. Ce sont de multiples interviews sur le ressenti des usagers qui expriment, pour beaucoup, leur mécontentement. Pourtant…

Quel droit de réponse des salariés grévistes pour expliquer cette situation aux Français ? Quid de l’égalité du temps de parole ? Le motif de cette grève est peu expliqué par la rédaction de France 2. Est-ce à dessein ? On peut s’interroger.

Le vrai scandale, c’est que faute de négociation les cheminots soient contraints à la grève.
Plusieurs journées sans salaire pour un cheminot seraient sans aucune incidence ?
L’autre scandale, c’est l’attitude de la rédaction qui « omet » d’en exposer les motifs pour ne relever que la gêne sur les usagers ! Pourquoi aucun syndicaliste de la CGT, premier syndicat des cheminots, ou de SUD RAIL, n’est-il sollicité pour répondre à France 2 ?

Pourquoi un journaliste en « stand-up » sur le plateau parle-t-il des salaires des cheminots ? Quel est le rapport avec l’actualité ? Seraient-ils grassement payés ? Auraient-ils même la garantie de l’emploi ? Certains partiraient-ils à 60 ans, cet âge privilégié ?

S’il s’agissait d’autres pays récemment dans l’actualité, nous parlerions de propagande. Ici le jeu est plus subtil puisque c’est précisément à l’échelle d’une vaste interview collective « in vivo » où l’usager même donne son avis, presqu’en direct à la télévision, au journal de 20 H… Alors forcément, cela devient une vérité incontestable.

Quelle est cette méthode journalistique réductrice qui n’enquête pas et qui n’informe pas sur les tenants et les aboutissants ? Quelle est cette méthode journalistique populiste qui jette une partie des Français, les bons et légitimes, contre les autres, les mauvais ceux qui se battent non seulement pour leurs droits mais également pour un vrai service public ?

Pourquoi un tel parti pris antisocial dans le traitement de l’information sur le service public, qu’il s’agisse de faits de grève dans les transports en commun ou ailleurs ?

Cette vision tendancieuse et libérale du journalisme est choquante et devient malheureusement trop systématique à France 2 dès lors qu’elle relate des conflits

La CGT dénonce avec force cette information tronquée et orientée qui ne sert ni à la compréhension ni au décryptage de la réalité si indispensable aujourd’hui.

Paris, Le 17 juin 2014

CGT France Télévisions siège, 7 Esplanade Henri de France, 75907 Paris Cedex 15

Grève massivement suivie à la SNCF contre un projet ni négociable, ni amendable !

On peut déjà affirmer que la grève des cheminots contre la « réforme ferroviaire » est massivement suivie et largement majoritaire dans l’entreprise. La direction de l’entreprise reconnaît 46% de personnels annoncés grévistes dans les catégories qui doivent se signaler au préalable. C’est nettement plus en réalité car elle rapporte les grévistes à l’ensemble des effectifs et non à ceux qui doivent réellement travailler ce jour. Parmi les personnels ouvriers ou commerciaux, le chiffre s’annonce également très supérieur à 50%.

L’engagement dans ce premier jour de grève reconductible est nettement supérieur au taux de grévistes enregistrés les journées isolées des 13 juin et 12 décembre 2013, bien que l’UNSA, deuxième syndicat représentatif n’ait, cette fois ci, pas appelé au mouvement (initié par la CGT, Sud et FO).

La manifestation massive du 22 mai 2014 avait laissé voir l’ampleur de la mobilisation. 22.000 cheminots, plus de 15% des effectifs, ont défilé à Paris, en délégations, sans grève nationale. Le pouvoir et les médias ont scandaleusement ignoré cette manifestation.

Aujourd’hui, ils ne peuvent plus masquer l’ampleur du mouvement. Mais ils s’appliquent, suivant leur habitude, à le discréditer, montrant des usagers sélectionnés, excédés sur le vif, et à rendre confus ses enjeux.

Nos actions militantes depuis des semaines en direction des usagers et des populations montrent au contraire un fort rejet de la dégradation du service public ferroviaire, une compréhension certaine des préoccupations des cheminots mais aussi une méconnaissance très large de la « réforme ferroviaire » et de sa gravité.

Le gouvernement et les médias enfument méthodiquement l’opinion publique. Contrairement à la mobilisation cheminote, l’affaire, pourtant bien connue et dénoncée depuis longtemps par les syndicats, des rames de TER trop larges pour les quais est montée en épingle. Ils présentent la « réforme » comme une réunification du rail. C’est un mensonge grossier mais qu’il convient de démonter avec pédagogie.

Le projet de « réforme » ne porte pas réunification du rail mais un nouvel éclatement de la SNCF, cette fois-ci en trois entités. Le but, clairement exposé dans le projet de loi, est de préparer l’arrivée de groupes privés dans le transport des voyageurs, suivant la logique de mise en concurrence et de privatisation coordonnée par les directives de l’Union européenne « les paquets ferroviaires ».

La perspective de 10 compagnies privées faisant circuler des trains en France, ce n’est pas une « réunification » !

Du point de vue de la SNCF, il ne s’agit pas du tout de réunir à nouveau SNCF et RFF. Le projet de « réforme » vise en réalité à parachever la division de la SNCF, amorcée par le gouvernement en 1997, lors de la création de RFF.

L’infrastructure et la maintenance étaient restées à la SNCF qui l’effectue pour le compte de RFF. Demain, elles seraient totalement séparées de l’exploitation en étant regroupées avec RFF dans la nouvelle entité dénommée « SNCF-Réseau ». L’exploitation serait confiée à l’entité « SNCF mobilité ».

Les dénominations « SNCF-quelque-chose » ne doivent pas tromper : les deux entités sont organisées pour être étanches financièrement et juridiquement. L’une est destinée à faire peser sur la collectivité et les ses cheminots les activités « non rentables ». L’autre est destinée à faire peser sur la qualité du service public et ses cheminots la perspective de privatisation de l’exploitation.

La création d’une entité provisoire, un holding SNCF, parfois appelée « EPIC de tête », chapeautant le reste, est destinée à faire illusion. Ce gage d’unité ne vaut rien. C’est une création provisoire pour masquer l’éclatement de l’entreprise. Dès l’adoption du 4ème « paquet ferroviaire » européen, le futur gouvernement n’aura plus qu’à transférer ses prérogatives et activités vers l’Etat, les régions ou, pour certaines, vers des filiales.

Ces questions sont techniques, éloignées en apparence de la dégradation actuelle et programmée du service public ferroviaire qui préoccupe les usagers et la population. C’est bien pour cela que le gouvernement tente le passage en force et a esquivé tout débat public sur le fond. La grève qui commence montre qu’il n’est pas arrivé à tromper les cheminots mais il cherche à les isoler du reste de la population.

Son mensonge doit être absolument démenti. C’est une de nos priorités politiques. La perspective de marchandisation et ses sombres conséquences expérimentées dans les autres pays ou sur le fret en France sont bien réelles. La casse du statut et du cadre social SNCF serait lourd de conséquences aussi pour l’ensemble du monde du travail.

Tenir une position entre deux chaises, pire jouer un double jeu, n’est pas tenable. L’UNSA en fait l’expérience à ses dépens. On ne peut s’associer à la colère des cheminots mais vouloir limiter leurs objectifs à des modifications du projet de « réforme ».

La « réforme ferroviaire » n’est ni amendable, ni négociable. Elle doit être retirée pour permettre une véritable réforme tournant le dos au processus de privatisation qu’elle vise à mener à terme.

Il n’y a rien à négocier sur le social pour les cheminots. L’article 13 du projet de loi dissout purement et simplement le statut avec un prétexte inique (il serait issu d’une loi de 1940). La perspective de « convention collective de branche » implique la concurrence et de nouveaux reculs sur les conditions et le cadre du travail.On reprendrait tout à zéro : 74 ans de lutte effacés d’un coup de gomme parlementaire!

Le projet de « réforme » ne règle évidemment rien de la dette du ferroviaire public et du financement des investissements. Ce n’est pas son objet. Mais il est bien clair avec la mise en concurrence et la privatisation que ce sont, plus que jamais, les cheminots, les usagers, la qualité du service public, les contribuables régionaux et nationaux qui en feront les frais alors que les capitalistes profiteront. Rien à négocier là-dessus, ce n’est pas le lieu !

La holding SNCF, « l’EPIC de tête » est un fantoche, destiné à disparaître. Pour tromper l’opinion la « gauche » gouvernementale et la droite parlementaire jouent à s’opposer sur son sort, sa durée de vie. L’UMP est le seul parti à avoir voté contre le projet de loi en commission de l’Assemblée nationale… parce que « l’EPIC de tête » ne restera pas longtemps « euro-compatible ». Les socialistes font semblant de prétendre que si, tout en sachant le contraire.

De ces débats d’enfumage, les cheminots et usagers n’ont rien à faire. Le projet de la droite et celui de la « gauche » gouvernemental sont les mêmes : préparer la mise en concurrence et la privatisation.

Il n’y a rien à négocier sur le contenu et le rôle, de toute façon illusoires, de « l’EPIC de tête ».

La défense et le redéveloppement du service public ferroviaire intégré dans la société nationale SNCF, avec le maintien et le renforcement des statuts, le retour au monopole public, ne pourront jamais être compatibles avec l’Union européenne des multinationales et des capitalistes.

Elles sont incompatibles avec le projet de « réforme ferroviaire ».

La rencontre avec les syndicats que le ministre Cuvillier a pris soin de reporter au 12 juin ne pourra aboutir que s’il accepte l’exigence « d’une réelle réunification du système ferroviaire public par une unicité économique, sociale et technique autour d’une entreprise intégrée : la SNCF » comme le reprend l’appel unitaire à la grève.  

La montée en puissance de la lutte, seule, les fera plier !

Xavier Bertrand dit-il vrai sur les impôts dans la ville de Saint- Quentin ?

Le maire UMP de Saint-Quentin dans l’Aisne affirme qu’il faut « réduire les dépenses des collectivité locales […] A Saint-Quentin, ça fait sept ans que nous n’avons pas augmenté les impôts ». Vrai ou faux ? Réponse ici.

Faux

C’est faux dans la mesure où Saint-Quentin est classée parmi les villes où la taxe foncière a le plus grimpé ces dernières années. Entre 2007 et 2012 la taxe foncière, l’une des principales taxes locales (payée par les propriétaires), a augmenté d’un tiers à Saint-Quentin, selon une étude de l’Union nationale de la propriété immobilière, sortie en octobre 2013. Cette étude note que Saint-Quentin est 6eme dans le classement des villes où les impôts fonciers ont le plus augmenté.

Taxe d’habitation

Parmi les impôts locaux, il y a aussi la taxe d’habitation, dont taux qui n’a pas bougé entre 2007 et 2012 à Saint-Quentin. Il est de 22%. Sur cet indicateur, Xavier Bertrand est dans le vrai.  Reste que ce taux est assez élevé par rapport à celui des communes du département de l’Aisne (16% en moyenne).
Par ailleurs, le taux de la taxe d’habitation, c’est une chose. Ensuite, il faut savoir sur quelle base locative, il s’applique. Cela dépend de la taille du logement, du nombre de pièces, du confort et aussi de l’état du marché immobilier de la ville. 

Classement de l’impôt moyen

Pour avoir une idée des impôts moyens payés par les habitants de Saint-Quentin, il est intéressant de scruter le palmarès des impôts locaux dressé par le magazine Capital. On y découvre que l’impôt moyen payé à Saint-Quentin (taxe foncière + taxe d’habitation) est chiffré à 2.230 euros, ce qui en fait la 27eme ville la plus chère de France. Entre 2001 et 2012, la pression fiscale a augmenté de 67% à Saint-Quentin, selon cet indicateur.
La période 2001-2012, ne correspond pas aux « sept dernières années » mises en avant par Xavier Bertrand. Reste qu’il s’agit d’une forte augmentation. Plus forte que la moyenne des 450 villes étudiées par le classement de Capital avec 44% de hausse.

source franceinfo.fr

Alstom : mobiliser les salariés, le pays pour bloquer la vente, pour conquérir une nationalisation démocratique

Alstom : mobiliser les salariés, le pays pour bloquer la vente, pour conquérir une nationalisation démocratique dans Luttes, grèves, manifs 140428_alstom_turbine-300x200L’annonce des tentatives de prise de contrôle d’Alstom par les multinationales à base américaine, General Electric, ou allemande, Siemens, soulève des inquiétudes, justifiées par l’expérience, de démantèlement de l’industrie de l’énergie et des transports en France.

L’annonce précipitée de l’opération capitalistique prend de court l’opinion et les salariés. En quelques jours, toute leur vie, celle de leur famille, leur emploi apparaissent menacés.

La montée de la riposte est urgente face à ce coup de force.

A nouveau, comme contrefeu et diversion, resurgit la formule aberrante du « patriotisme économique ». Comme si les capitalistes avaient une patrie ! Les actionnaires français, Bouygues premier d’entre eux, le PDG Kron, ont préparé le terrain à la liquidation de l’entreprise. Ce qu’ils recherchent, comme tout capitaliste, c’est la plus-value, le taux de profit maximum, à l’opposé de la réponse aux besoins du pays. Comme les dirigeants de l’entreprise, les pouvoirs publics simulent la surprise après avoir accompagné la casse d’Alstom depuis des années.

Il est nécessaire de libérer le débat de toutes ces confusions, notamment quand il s’agit d’aborder la revendication nécessaire de la nationalisation.

La droite ose se prévaloir de la « nationalisation » partielle d’Alstom, opérée en 2004 sous le ministère de Sarkozy. Voilà même maintenant Mélenchon qui se revendique de l’ex-président! Non ! La « nationalisation » sous l’égide du MEDEF et de l’UE, a permis de renflouer l’entreprise, saignée par le versement de dividendes écrasants à ses anciens propriétaires, pour garantir les bénéfices des banques prêteuses. Elle a engagé le démantèlement d’Alstom en livrant les Chantiers navals de l’Atlantique à un groupe norvégien et à un avenir incertain, en désengageant Alstom de certaines industries situées au cœur de son activité – les turbines industrielles cédées à Siemens, la distribution d’énergie à Areva. Jospin avait amorcé le mouvement en 1999 en laissant faire la vente des turbines à gaz d’Alstom à General Electric.

La « nationalisation » version Sarkozy a tourné le dos aux attentes des salariés et aux besoins du pays. Elle n’a rien à voir avec les nationalisations démocratiques pour lesquelles communistes, nous militons. Nous ne laisserons pas dévaloriser cette revendication essentielle, combattue par le gouvernement actuel pour PSA ou pour Arcelor.

Après quelques années, de retards en retards d’investissements, après un passage concerté de l’actionnariat d’Etat à celui de Bouygues, la mariée Alstom est prête au dépeçage ! Comme Péchiney, comme Alcatel etc. Anticipant le mouvement, la plupart des régions de « gauche » ont préféré ces dernières années, pour stimuler la concurrence, malgré les déboires techniques et les surcoûts, commander des rames de TER et de RER au groupe canadien Bombardier…

Oui, il faut se mobiliser pour une mesure d’urgence pour obliger le gouvernement à bloquer l’opération. Il en a tous les moyens. Il a tous les moyens pour empêcher le groupe Bouygues, qui vit et prospère à ses dépens – pensons au chantier du siècle du Pentagone à la française-, de vendre ses actions.

A nouveau, après Florange et dans le même objectif d’enfumage, Montebourg et d’autres évoquent une possibilité de « nationalisation temporaire » pour mieux laisser passer le mauvais coup précipité et compromettre la mobilisation nationale pour défendre Alstom.

Exigeons que le gouvernement bloque la vente d’Alstom immédiatement ! Les carnets de commandes sont remplis pour trois ans.

Faisons monter avec les salariés d’Alstom, ceux de l’énergie, ceux du transport, au-delà dans le pays, l’exigence d’une nationalisation pleine et entière d’Alstom suivant un projet industriel de réponse aux besoins du pays dans ces activités cruciales, en partenariat notamment avec EDF, Areva, la SNCF, la RATP.

Vivelepcf, 28 avril 2014

« Le Traité de Rome est passé inaperçu, c’est sans doute ce qui nous a permis d’aller aussi vite » – Maurice Faure, signataire pour la France

Maurice Faure, politicien radical sous la 4ème et la 5ème républiques, vient de mourir. Il était l’un des deux signataires pour la France du Traité de Rome, le 25 mars 1957, instituant ce qui allait être rebaptisé « l’Union européenne ».

A ce propos, Maurice Faure reconnaissait en 1989 : « L’événement que fut le Traité de Rome est passé inaperçu. C’est sans doute ce qui nous permis d’aller aussi vite ». « Le Traité de Rome est passé inaperçu, c’est sans doute ce qui nous a permis d’aller aussi vite » – Maurice Faure, signataire pour la France dans Europe 140308_faure-300x161

Le gouvernement du socialiste Guy Mollet enfonçait la France dans la guerre d’Algérie, lançait le pays dans une opération néocoloniale en Egypte à Suez. Cela a fait certes diversion dans l’opinion publique française à cette étape fondatrice de l’Europe du capital.

Au-delà, Maurice Faure avouait une permanence dans le processus d’intégration européenne : l’absence des peuples. Depuis l’origine, les serviteurs du capital en Europe avancent masqués.

Il n’est pas inutile de rappeler une autre permanence. Dès l’article 3 du Traité de Rome, figurait l’objectif d’établissement de la « concurrence libre et non faussée », mot à mot : « d’un régime assurant que la concurrence n’est pas faussée ». Cette formule qui est à juste titre, depuis le référendum de 2005, devenue la synthèse de l’UE du capital que les travailleurs de chaque pays rejettent et combattent. 

Certains, même dans une gauche qui aime à se présenter contestatrice, vantent une « idée européenne » d’origine, qui aurait été humaniste avant d’être déviée, vers laquelle il faudrait retourner. N’importe quoi !

L’Union européenne a toujours été entièrement conçue dans l’intérêt des groupes monopolistes capitalistes, sans et contre les peuples !

Prochaine citation d’un ancêtre de l’Union européenne à commenter : « L’Europe n’est qu’un mot employé par les puissances qui exigent des autres ce qu’elles n’osent pas réclamer en leur nom », Otto von Bismarck.

Brève, vivelepcf, 8 mars 2014

Les communistes de Saint-Quentin accueillent Vincent Peillon et continuent leur combat contre la réforme des rythmes scolaires

Lundi 10 mars, Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, était en visite dans le département.

Nous avons profité de son passage à Saint-Quentin pour continuer de dénoncer la réforme des rythmes scolaires qu’il tente de mettre en place malgré l’opposition de toute la communauté éducative, des parents d’élèves et de la majorité de la population.

Vous pouvez retrouver le tract que nous avons diffuser ici

Extrait de l’article du Courrier Picard :

 

Conseil municipal (3-3-2014) – vidéosurveillance : mythe technologique de 4 millions d’euros à Saint-Quentin – intervention d’Olivier TOURNAY (PCF)

Conseil municipal du 3 mars 2014

 

Intervention d’Olivier TOURNAY (PCF)

 

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(crédit photo : aisne nouvelle)

 

 

Monsieur le Maire, mesdames et messieurs les conseillers municipaux.

 

Il nous est demandé de voter une demande de subvention en faveur du déploiement de la vidéosurveillance. Aussi, il est peut être temps d’en tirer quelques conclusions après 5 ans de mise en service.

Et comme depuis le début, je n’aborderai pas la question sous un angle philosophique, est-ce bien ou mal d’être en permanence sous l’œil des caméras. J’en reste à un positionnement politique sur l’impact et le coût de la vidéosurveillance pour la commune, car nous ne pouvons pas nous contenter de ce poncif de votre cru « Qui n’a rien à se reprocher, n’a pas à craindre la vidéosurveillance ».

 

 

En effet, alors que les études scientifiques non inféodées à des lobbys sécuritaires prouvent à la fois le peu d’efficacité et le coût exorbitant de la vidéosurveillance, des communes, comme Saint-Quentin, continuent de s’équiper. Quelle est la motivation? Faire de la démagogie auprès des électeurs.

 

Car :

  1. C’est un enjeu national : ça a été sous la présidence de Nicolas Sarkozy une injonction de l’Etat. Et cela continue de l’être aujourd’hui. En 2013, Manuel Valls a imposé que le fond de l’Etat reste stable.

 

Car :

  1. C’est un enjeu local, Comment est perçue la vidéosurveillance pour le moment ? Une partie de la population est en demande, celle en particulier qui ressent le plus le sentiment d’insécurité, qui n’est pas forcement liée à l’expérience réelle de l’insécurité. Cette population se dit rassurée (personnes âgées, commerçants de centre ville). Une autre partie de la population y est indifférente. Aussi, dans les villes où la vidéosurveillance est mise en place, les élus ne rencontrent pas de résistance et s’en servent activement auprès des électeurs.

C’est exactement ce qu’il se passe à Saint-Quentin.

 

 

Concrètement, la vidéosurveillance à Saint-Quentin, c’est :

 

- Un budget de plus de 4 millions d’euros d’argent public dépensés depuis 2009 (estimation basse – matériel, réparation, local, personnel)

- Des dotations qui émanent l’Etat pour son installation tandis que l’on fait des coupes sombres dans les effectifs de la Police Nationale (2002 : 150 000 policiers en France, 2010 : 144 000, et à Saint-Quentin : c’est 18% de policiers en moins entre 2002 et 2011[1]. Vous a-t-on entendu sur le sujet ? Non. Tout comme pour la casse de la Protection Juridique de la Jeunesse, de  l’éducation nationale. On n’éduque plus, on réprime.

- Du personnel qui est censé   visionner ce que filment près d’une centaine caméras, alors qu’ils n’ont que 20 écrans à leur disposition.

- Du personnel, humainement incapable de se concentrer des heures durant sur ces écrans.

- Des caméras que personne ne visionne après 1h du matin en semaine.

Cela n’a pas de sens.

 

La vidéosurveillance, c’est aussi :

- Une délinquance qui se déplace hors du champ des caméras (l’effet plumeau)

- Un effet dissuasif qui reste nul. Cela n’a pas de sens ! La délinquance, un coup ça monte, un coup ça baisse. Globalement, comme l’an dernier la délinquance générale baisse. Tant mieux. Mais comme l’an dernier, il faut s’intéresser à ce qui est potentiellement du ressort de la vidéosurveillance.

L’atteinte aux biens baisse légèrement[2] : -0.36% (2211 cas en 2013 contre 2219 en 2012, avec un taux d’élucidation de 17%)

L’atteinte volontaire à l’intégrité physique augmente : +3,4%[3]

Le trafic de stupéfiant, en hausse !

 

Au final, ce qui est potentiellement du ressort de la vidéosurveillance, l’atteinte aux biens et l’atteinte aux personnes restent en cumulé stable alors que ce qui fait une fois de plus baisser la statistique de la délinquance générale, ce sont les infractions économiques et financières, qui n’ont aucun lien avec la vidéosurveillance !

 

Je ne suis pas le seul à pointer la quasi nullité des effets de la vidéosurveillance sur la délinquance. La Cour de comptes pointe elle aussi « des modalités contestables d’installation et d’exploitation ». Elle estime qu’ “aucune étude d’impact, réalisée selon une méthode scientifiquement reconnue, n’a encore été publiée[4]

 

 

Et c’est bien ce que je demande depuis 5 ans, ce sont des preuves par le biais d’une véritable étude scientifique à Saint-Quentin. Cette étude,  vous la refusez systématiquement et allez me faire du sensationnel en listant un certain nombre de faits divers que la vidéosurveillance aura filmé. Sauf qu’il y a une différence majeure entre des faits divers, aussi dramatiques soient-ils et une étude scientifique, par définition chiffrée pour être la plus objective possible. Des faits spectaculaires, ici comme ailleurs ils en existent. Mais un cas ne prouve pas l’intérêt de dépenser des millions d’euros d’argent public. L’étude scientifique a pour but de dépasser les faits divers, de dépasser le mythe technologique que vous entretenez.

Pourquoi la ville de Saint-Quentin ferait elle exception en matière d’impact de la vidéosurveillance  sur la délinquance ? Même la Grande-Bretagne, précurseur en la matière, en est revenue, Scotland Yard qualifiant l’expérience de « véritable fiasco »[5].

Dernier point, ce qui m’a fortement surpris ce matin en récupérant les données que vos services ont mis à ma disposition, ce que vous n’aviez pas l’évolution de la délinquance par quartier (bien que les statistiques existent). Comment appréhendez-vous ce si coûteux système si vous n’avez rien en interne pour comparer les zones qui sont vidéosurveillées et celles qui ne le sont pas. C’est incroyable d’agir ainsi à l’aveugle !

 

Avec tout ce que coûte cette vidéosurveillance au contribuable, on pourrait en faire des choses nettement plus intéressantes pour le bien-être de la population et en termes de prévention. A Saint-Quentin, ce choix pourrait représenter des emplois municipaux de proximité (que ce soit des gardiens d’immeubles, des éducateurs de rue, des agents de médiation), en mesure de réguler les conflits de la vie quotidienne de manière autrement plus efficace. Une présence humaine de la part de personnes qui connaissent le terrain et la population.

Tout en laissant à la Police Nationale ce qui entre dans ses prérogatives, les crimes et délits.

 

Vous l’aurez compris, ce que je préconise, c’est une autre utilisation de l’argent public, sans escroquer la population sur le sentiment d’insécurité !

 

 

 

Annexe :

 

  1. critères méthodologiques pour étudier la vidéosurveillance (Sébastien Roché, directeur de recherche au CNRS)

-          Se restreindre à quelques délits bien précis.

-          Choisir des « morceaux de ville » (l’analyse de l’impact ne peut être basé sur les individus mais sur des territoires, similaires, qu’il faut comparer avec l’utilisation u non de la VS)

-          Contrôler les fluctuations générales (la délinquance est toujours sujette à des fluctuations contextuelles)

-          Comparer des zones témoins (avant et après l’installation de la VS, avec un recul d’au moins deux ans dans chaque cas ; tout en la comparant avec des zones sans VS. Mais attention aux déplacements de la délinquance).

-          Tenir compte des effets concurrents (comme le fait que des zones soient éclairées, ce qui rend plus difficile le passage à l’acte, et n’est pas forcement le fruit de la VS)

 


[1] Source Police Nationale : 2002 environ 151, 2007 : 138, 2011 : 124 fonctionnaires en poste

[2] 2211 cas en 2013 contre 2219 en 2012, source Direction Départementale de la Sécurité Publique de l’Aisne.

[3] 2012 : 736, 2013 : 761, source Direction Départementale de la Sécurité Publique de l’Aisne.

[4] Source :  Cour des Comptes , novembre 2010 http://www.ccomptes.fr/index.php/content/download/37262/603805/version/2/file/PAR201023.pdf

[5] http://www.dailymail.co.uk/news/article-564240/Billions-spent-CCTV-failed-cut-crime-led-utter-fiasco-says-Scotland-Yard-surveillance-chief.html

Quand SYRIZA et Alexis Tsipras mettaient leurs espoirs dans l’élection de François Hollande pour « changer l’Europe » !

En ce début février, M.Alexis Tsipras était présent à Paris pour présenter sa candidature à la Commission européenne. Il n’avait pas de mots pour décrire sa déception face à la politique de François Hollande. Il faut dire qu’il avait fait sa campagne en 2012 … en Grèce !

Ce 3 février, Tsipras rendait publique sa profession de foi à Paris. Dans son discours, sept reprises, il a exprimé sa déception, son indignation, sa rage face à la politique de François Hollande, celle « du défenseur de la politique la plus à la droite que l’Europe ait subi ».

« Si le gouvernement Hollande était différent, l’Europe d’aujourd’hui serait différente » ! Avec des si …

Pourtant, Alexis ne peut éviter de nourrir la nostalgie de son rêve avorté d’un « Grand soir » électoral : « Si le gouvernement Hollande était différent, toute l’Europe d’aujourd’hui serait différente ! ». Avec des « si », on refonderait l’Europe !

Au moment de la crise de l’Union européenne, instrument de domination du grand capital discrédité auprès des peuples, il ne propose encore dans son discours que de « réunifier l’Europe », « reconstruire l’Union européenne », « changer l’Europe ».

Le tout sur la base d’un « New Deal » européen, un « Plan Marshall » pour l’Europe, un allégement de la dette semblable à celui de la RFA en 1953. De drôle de références à la fois keynésiennes et atlantistes, pour un candidat présenté comme « radical » dans la presse dominante.

On sait que ces derniers mois Alexis Tsipras n’a pas manqué de rassurer les grands de ce monde : le ministre de l’Économie allemand à Berlin, les responsables du FMI à Washington, jusqu’à envoyer une lettre à Mario Draghi, à Herman van Rompuy et José Barroso avec le même discours : « Je ne suis pas dangereux, je veux sauver l’Euro et l’Europe, aidez-moi ».

Alors pourquoi – lui qui sème encore tant d’illusions – expriment ces illusions perdues face à Hollande ? Il faut revenir sur les déclarations de SYRIZA, en particulier, de M.Tsipras entre 2010 et 2012 pour comprendre cet acte d’apostasie.

Hollande, Tsipras et le « vent du changement » en Europe

 

SYRIZA, en particulier Alexis Tsipras, avait depuis longtemps préparé le terrain opposant l’ « Europe des Merkel-Sarkozy » au « vent du changement » que pouvait compter l’élection d’un président « de gauche » en France, pouvant faire basculer l’Europe à gauche.

Dès 2010, Tsipras disait qu’il « ne serait pas possible pour la Grèce d’avoir un gouvernement engagé dans le mémorandum si le ministre de l’Économie français déclarait que le pacte budgétaire devait être modifié ».

C’était le 17 mai 2010, devant le groupe parlementaire de SYRIZA. De quoi laisser un espoir de changer la situation en Grèce … si un gouvernement « progressiste » était élu en France !

Trois jours après, toujours en 2010, il ajoutait au Comité central de SYRIZA : « la volonté populaire est nécessaire pour sortir de la voie à sens unique des néo-libéraux ». Par néo-libéraux, il faut attendre Sarkozy-Markel. Par volonté populaire, vote bien sûr.

Si des doutes subsistaient, l’euphorie du côté de SYRIZA en 2012 – année électorale en Grèce comme en France – suffit à les dissiper. Pour Tsipras, l’élection de Hollande marquait le « vent du changement » capable de faire basculer l’Europe à gauche.

« Il y a une forte exigence de renverser les talibans du néo-libéralisme, je souhaite que cela vienne d’une victoire de Hollande en France »

L’égérie des plateaux télé, la députée Rena Dourou, responsable de SYRIZA aux Affaires étrangères, allait plus loin en mars 2012 quand elle disait de François Hollande :

« que le degré de son engagement à renégocier (le pacte d’austérité) dépendra en fin de compte du pourcentage du candidat du Front de gauche (…) qui permettra de peser de façon efficace sur Hollande (…) Si le résultat des urnes confirme les bons sondages, ce sera la preuve que l’unité de la gauche peut changer la donne – une leçon que n’a pas apprise le KKE chez nous ! »

Un autre dirigeant de premier plan de SYRIZA, Papadimoulis, pouvait rajouter une couche sur les ondes de Radio FM, le 4 mai, entre les deux tours : « il y a une forte exigence de renverser les talibans du néo-libéralisme, et je souhaite que cela vienne d’une victoire de Hollande en France ».

Si on continue dans l’image, Hollande est aux talibans du néo-libéralisme ce que Bush est à Ben Laden : son alter ego.

« Si j’étais Français, je ferais comme Mélenchon : je voterai Hollande au deuxième tour, sans conditions »

Et Tsipras lui-même, Qu’en pensait-il ?

Il défend Mélenchon dans un entretien avec le site protagon.gr le 4 mai, quand celui-ci annonçait qu’il voterait pour Hollande sans conditions au deuxième tour. « Je ferais pareil si j’étais Français »disait-il, « sans illusions ». Ces illusions, il les gardait pour le peuple grec !

Après la première place de Hollande au 1er tour, Tsipras criait au triomphalisme en conférence de presse, le 29 avril : « la mobilisation des peuples européennes devient une force de changement qui vient renverser les politiques destructrices de Sarkozy-Merkel ». Le changement, c’est maintenant !

Lors de sa rencontre avec Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 21 mai, juste après l’élection de Hollande, le sourire aux lèvres, Alexis Tsipras pouvait prophétiser :

« Il y a un vent de changement, une ambiance de rupture en Europe »… même si il conseillait amicalement à Hollande de « faire attention à ne pas devenir ‘Hollandreou’ ».

On était alors en Grèce dans la campagne pour les secondes élections législatives, qui virent SYRIZA faire un bond électoral de 4,5 % en 2009 à 26,9 % en 2012, à grand renfort de couverture médiatique et de transfuges du navire PASOK en train de prendre l’eau !

Tsipras pouvait conclure un meeting électoral place Omonia à Athènes, le 14 juin 2012 : « oui, l’Europe de Juin est bien différente de celle de Mai. L’atmosphère politique a changé ».

Que s’est-il passé entre mai et juin ? L’élection de François Hollande, porteur d’un « vent du changement », devait changer la France, changer l’Europe, offrir des perspectives au peuple grec. Deux ans après, que reste-t-il de ces illusions semées par Tsipras ?

Les modèles de Tsipras : Soares, Papandreou, Mitterrand, les fossoyeurs de l’alternative !

 

Le peuple grec continue à mourir sous les coups de l’austérité coordonnée par Merkel et Hollande – qui est venu en février 2013 pour encourager la poursuite des coupes sociales, des privatisations dont les monopoles français espèrent tirer profit.

Ce 3 février, M.Tsipras peut bien pester contre Hollande. Quelle est sa référence pour changer l’Europe ?

Lisons sa déclaration : l’Union de la gauche de 1981, menée par des « vrais socialistes » qui avaient pour nom Soares au Portugal, Papandreou en Grèce, Mitterrand en France : les fossoyeurs de l’espoir,les tueurs d’alternative en Europe.

Méfiance, face aux fausses alternatives, « veillons et armons-nous en pensée », comme disait le révolutionnaire allemand Georg Buchner !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ * 

* nous avons puisé dans les propos tenus par les dirigeants de SYRIZA dans les médias grecs, et nous remercions en cela nos camarades grecs de nous avoir indiqué certaines des déclarations citées ci-dessus.

Les fermetures (et ouvertures) de classe de septembre seront annoncées … après les municipales !

Il vaut mieux mettre certains problèmes au réfrigérateur avant les élections municipales pour mieux les réchauffer au micro-ondes après, à la puissance maximale.

C’est l’état d’esprit que traduisent les instructions données par le ministre Vincent Peillon à plusieurs recteurs d’académie en vue de reporter les opérations de carte scolaire, c’est-à-dire les annonces de fermeture (et très éventuellement d’ouverture…) de classes pour la rentrée 2014.

140203_fermeture_classe.jpg Il serait regrettable – devons-nous comprendre – de laisser s’échauffer les esprits des enseignants et des parents d’élèves pendant la campagne électorale et de mettre les candidats en difficulté. D’autant plus que l’application des nouveaux « rythmes scolaires », généralisée à la prochaine rentrée, ne manquera pas, comme aujourd’hui à Paris et dans d’autres villes, de bouleverser l’organisation des classes.

Courage, reportons ! Peillon lui-même s’assure une rente de député européen et pourrait bien laisser à un successeur le soin de gérer carte et rythmes scolaires 2014/2015.

Cela ne peux qu’inciter à interpeler dès maintenant responsables administratifs, élus et candidats pour les engager, autant que possible, autant que cela pourra servir pour les luttes à venir, pour la défense des moyens de l’éducation nationale. École par école.

Dans l’Aisne, pour la rentrée 2014, on nous gratifie de 4 postes pour tout le département. Autant dire que les fermetures de classes seront toujours d’actualité et les baisses des effectifs dans les classes toujours pas au goût du jour.

Bertrand tentant de faire oublier les 3 fermetures d’écoles et les 30 suppressions de postes d’enseignants dans notre ville lors de son mandat de maire et par le gouvernement dont il faisait partie ; le PS local feintant un intérêt pour nos enfants sans revenir concrètement sur les mesures de l’UMP et soutenant une réforme des rythmes scolaires décriées de tous les professionnels et parents ; tous deux ne font, en réalité, que se servir de l’école et de l’avenir de nos enfants pour leur ambition personnelle, prêts à sacrifier notre service public d’éducation.

Le débat sur la nécessité de lancer une campagne communiste pour l’abandon de l’euro et la rupture avec l’UE est devenu incontournable

En 2011, responsables d’organisations du PCF, nous avons lancé un appel rendu public, intitulé : « Le PCF doit lancer une campagne pour la sortie de l’euro et la rupture avec l’Union européenne ».

Malgré les milliers de signatures, dont celle de notre regretté Henri Alleg, malgré l’acuité de la question, la direction du PCF a pris soin d’éviter toute discussion sur le sujet. Nous avons obtenu trois petites lignes dans l’Huma et quelques soupirs au Conseil national. Seuls des nationalistes ont vu leur tribune contestant l’euro publiée dans le journal.

Cette réaction de la direction du PCF reflète une gêne profonde, devant l’actualité de plus en plus criante des analyses dénonçant la nature capitaliste et impérialiste de l’Union européenne, que l’ensemble du Parti a continué à porter jusqu’aux années 90 contre Maastricht et la monnaie unique. Elles continuent à imprégner le pays, à nourrir une opposition anticapitaliste à l’UE, bien loin des « souverainistes », bien loin aussi de la conversion réformiste à l’intégration européenne conduite sous l’égide du Parti de la gauche européenne. Au 36ème congrès, bâclé, la direction a esquivé cette question de fond comme les autres.

Ce n’est plus possible aujourd’hui. L’absence de la position et de l’action communistes n’est plus tenable.

La « crise de la zone euro », la « sauvegarde de l’euro » servent de prétextes et d’instruments aux plus importants reculs sociaux et démocratiques de l’après-guerre. Frappés les uns après les autres, les peuples combattent la politique guidée par l’UE et l’euro. En France, le rejet de l’UE est de plus en plus massif et c’est plus que jamais un rejet de classe, émanant des ouvriers, des travailleurs, des couches les plus pauvres de notre société. Tout cela est indéniable.

La crise a accéléré le rôle et les conséquences de l’euro que le PCF avait justement dénoncés : la casse des acquis sociaux et démocratiques, la concurrence de tous contre tous, l’accroissement de la domination des trusts dominants, aussi les vagues xénophobes traversant le continent.

La contestation de l’euro – cette contradiction pourrait être utile pour nous – gagne certains milieux capitalistes dominés, ou craignant l’essor des luttes sociales dans leur pays. Il n’est pas dit qu’en Grèce la nouvelle social-démocratie, repeinte aux couleurs de Syriza (voir page 19), parvienne à contenir les progrès des organisations prolétariennes.

Le dirigeant du parti allemand Linke, Oskar Lafontaine, pourtant l’un des pères fondateurs de l’euro en tant qu’ancien ministre de l’économie se prononce maintenant pour son abandon (sur les bases économistes fumeuses). Celui qui se veut son alter ego en France, Mélenchon, se fait ambigu. Le Maastrichien d’hier n’est ni pour, ni contre l’euro. Il attend de voir s’il peut subsister (émission TV « Arrêts sur image » de juillet). Ceci dit, cela ne l’empêche pas de promouvoir une « révolution citoyenne » avec une « 6ème République » sans jamais contester l’irruption des contraintes européennes dans la Constitution française. Mélenchon sait trop bien qu’il ne doit pas raviver l’opposition communiste, la seule conséquente, à l’UE.

Toujours est-il que la direction du PCF ne peut plus tenir dans son autisme. La question de l’abandon de l’euro s’impose comme jamais.

Un temps, les seules réponses que nous obtenions au Conseil national étaient d’insultantes assimilations de nos positions à celles des nationalistes. Cela même renforce l’actualité de la question. Le FN sert de repoussoir pour légitimer la poursuite des choix européens, comme Hollande l’a montré le 14 juillet dernier. Mais, communistes, nous ne pouvons pas laisser dévoyer le refus de classe de l’UE par le nationalisme et le racisme. Nous ne pouvons pas non plus le laisser être déconnecté, par le FN et d’autres, comme une fatalité extérieure, des luttes immédiates contre les politiques nationales inspirées des traités, directives et règlements européens.

Nous remercions les dirigeants du secteur « économie » de la direction du PCF d’enfin rentrer dans le débat sur la sortie de l’euro dans une tribune parue dans l’Huma du 13 juin 2013, intitulée : « Contre l’austérité, luttons pour un autre euro ».

Nous notons leur fidélité dans le temps aux mêmes analyses, malgré les évolutions historiques. En avril 1992, quand l’immense majorité des communistes se préparaient à s’opposer à Maastricht, ils signaient un appel intitulé : « Renégocions Maastricht, pour construire une Europe ouverte, démocratique et sociale ». Refusant « d’être amalgamés, dans la confusion, à un cartel des non », ils estimaient que « renégociation » était « le seul mot d’ordre » qui « pouvait préserver l’avenir ». Avec Paul Boccara, Yves Dimicoli se retrouvaient parmi les signataires Charles Fiterman, passé au PS, Jean-Pierre Brard ou Philippe Herzog passés dans le cercle patronal européen « Confrontations ».

Les arguments de ces économistes sont aussi peu convaincants qu’hier, encore moins au vu de l’expérience. Ils sont trop économistes et pas assez politiques. Sur l’avenir de la dette publique en cas de retour au franc, il y a erreur manifeste puisque 85% de cette dette, libellée en monnaie du pays emprunteur, passerait au franc et pourrait être ainsi minorée. Rien de sérieux ne permet d’estimer, comme le fait la presse bourgeoise dans ses annonces alarmistes, le niveau d’une dévaluation et ses conséquences commerciales. Une dévaluation par rapport à quoi ?

Voyons les moyens mis en œuvre par l’UE et le FMI pour empêcher la Grèce et même Chypre de quitter la zone euro ! La défection d’un seul pays, si petit soit-il, serait un séisme politique fécondant les luttes des autres pays. Si le rapport de forces permet de gagner en France, il n’y aura plus d’euro et ce sera une défaite politique majeure du capitalisme français et européen.

Il n’est pas question pour nous d’alimenter l’illusion d’une souveraineté monétaire populaire, sans révolution. La Banque de France reste dans les mains des possédants. Mais, c’est bien dans le cadre national, dont l’euro a dépossédé un élément principal de la politique économique, que s’exprime d’abord la lutte des classes. Tous les plans sur la comète au sujet d’une « réorientation des statuts et missions de la Banque centrale européenne », la naïveté, plutôt la démagogie d’appareils bureaucratiques réformistes européens comme le PGE et la CES au sujet d’une prétendue « Europe sociale » n’aboutissent qu’à légitimer l’instrument de l’ordre capitaliste européen.

Nous entendons approfondir le débat. Dans la suite des positions historiques de notre parti, nous associons à la condamnation de la monnaie unique la nécessité d’une nationalisation démocratique du secteur financier, d’un rejet de l’application des règlements, directives et traités européens refusés à 55% en 2005 par notre peuple.

Pour que ce débat s’élargisse dans la classe ouvrière, dans le pays, nous serons de ceux qui lanceront un appel communiste pour l’abandon de l’euro et la rupture avec l’Union européenne. Parallèle aux actions d’autres partis communistes européens, cette initiative sera au cœur de notre engagement internationaliste.

Emmanuel Dang Tran, Dominique Negri

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