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Grève dans le rail confirmée en Belgique ce 30 juin pour défendre les acquis sociaux des cheminots

Repris de Vivelepcf

2005: dissolution de la Société nationale des chemins de fer belge, éclatement en trois entités, SNCB dédiée à l’exploitation, Infrabel aux infrastructures, SNCB-Holding pour donner l’apparence d’une unité du groupe et gérer l’évolution vers le privé de services communs. 2014: dissolution de SNCB-Holding, dont les activités sont majoritairement reprises par SNCB ou démantelées. Le schéma de privatisation de SNCB, sous le pilotage de l’Union européenne, est prêt de son terme, sans parler de la multiplication, déjà, des filiales de droit privé et des sous-traitants privés depuis 2005, dans toutes les activités. 2014: création de Human Ressources Rail, filiale commune de SNCB et Infrabel qui gère le personnel pour le compte des deux entités. Hors de l’activité ferroviaire, cet « employeur unique » s’applique, dans le cadre de plus en plus concurrentiel, à dégrader et éliminer les acquis sociaux restant du statut du cheminot belge. Les conséquences de cette politique pour le service rendu et pour les conditions sociales sont désastreuses. La grève du 30 juin 2014 le dénonce et va contribuer à essayer d’inverser le processus de casse.

Toute ressemblance avec la « réforme ferroviaire » française est tout sauf une pure coïncidence!

 

Nous reprenons l’article d’Anthony Crézégut publié sur le site de http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Grève dans le rail confirmée en Belgique ce 30 juin pour défendre les acquis sociaux des cheminots dans Europe 140626_greve_sncb-300x224Grève dans le rail confirmée en Belgique ce 30 juin pour défendre les acquis sociaux des cheminots

L’été sera chaud sur les rails, pas seulement en France mais aussi en Belgique où le principal syndicat cheminots, la CGSP, a lancé un appel à la grève nationale pour le 30 juin pour lutter contre la politique de casse du service public du rail SNCB.

Les cheminots français ne sont décidément pas seuls. Mais les travailleurs du rail belges ne se contentent pas de messages de solidarité, effectivement envoyés à leurs camarades français. Place à la solidarité de fait, avec une journée de grève générale dans le secteur pour le 30 juin.

36 jours de congé en retard par an et par cheminot en Belgique !

Un mouvement de grève lancé par la CGSP – la centrale des services publics de la FGTB (proche des socialistes historiquement) –, alors que la CSC Transcom et la SLFP, respectivement syndicats chrétiens et libéraux du secteur, ont réservé leur participation à l’action.

Si la direction de la SNCB, préoccupée à l’approche des vacances, a tenté une ultime conciliation ce vendredi par l’intermédiaire de son nouveau gestionnaire du personnel, HR-Rail, la CGSP a considéré qu’aucune concession n’avait été faite sur les revendications des salariés de la SNCB.

La revendication numéro un, souvent la seule relayée par la presse belge, c’est la régularisation des « jours de liberté », de repos, accumulés mais non octroyés aux salariés de la SNCB : en tout 1 million de jours pour les 35 000 cheminots, soit 36 jours de congé en retard par personne !

Les « réformes ferroviaires » depuis 2005 : précarisation du personnel, privatisation de la SNCB, dégradation du service

Toutefois, la colère des cheminots belges va au-delà de cette question. Elle remet en cause les « réformes ferroviaires » qui ont touché le secteur depuis 2005 et n’ont contribué qu’à précariser le personnel, dégrader le service public, et progressivement casser la SNCB.

Les craintes des syndicats cheminots portent avant tout sur le recrutement du personnel de la SNCB, tant en quantité qu’en qualité.

En quantité, car les effectifs de la SNCB fondent depuis une dizaine d’années, ce sont en moyenne 500 à 1 000 emplois qui sont perdus cette année. De 2004 à 2014, on est passé de 40 à 35 000 employés à la SNCB.

En qualité également, avec le développement des emplois non-statutaires dénoncés par les syndicats depuis des années, qui se sont nichés dans les filiales de la SNCB, et qui remettent en cause le statut unique du cheminot qui est la norme d’emploi dans l’entreprise publique.

Les secteurs pionniers de cette filialisation ont été, comme ailleurs : la logistique-l’entretien (« B-Logistics »), le fret (« B-Cargo »), sans oublier l’essor des activités de consulting liés aux projets informatiques (« Ypto »).

Or, ce processus de dégradation des conditions d’emploi est indissociable de la casse de la SNCB, but ultime des différentes « réformes ferroviaires » menées depuis 2005.

L’éclatement de la SNCB, un cas éclairant pour la France

Une réforme en deux phases.

En 2005, la SNCB a été éclatée en trois groupes, avec la séparation de l’infrastructure, coûteuse et confiée à l’entreprise publique « Infrabel », et de l’exploitation du réseau, laissée entre les mains de la SNCB, se préparant à l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs intérieur.

Trois groupes car une troisième entité avait été créée, chapeautant les deux autres, la « SNCB Holding », propriétaire du patrimoine immobilier, employeur de l’ensemble du personnel et chargée de coordonner les efforts entre les trois entités.

Cette troisième entité, « SNCB-Holding », avait été présentée comme une contre-partie aux syndicats, une façon de garantir le maintien d’un statut unique des cheminots, et d’une structure unifiée dans la nouvelle SNCB.

L’évolution des conditions d’emploi à la SNCB a prouvé que ceci n’était que poudre aux yeux : l’éclatement de la SNCB en trois entités a été le point de départ de la casse du statut par la filialisation accélérée, concurrence intégrée au sein même de l’entreprise publique.

En 2014, ces trois entités ont été officiellement fusionnées en deux : la SNCB Holding était ré-intégrée à la SNCB, opérateur historique du réseau, tandis qu’Infrabel restait à la tête de l’infrastructure …

Ce qui n’empêche pas la création d’une nouvelle troisième entité, HR-Rail gérant l’ensemble du personnel. L’usine à gaz dénoncée avec l’éclatement de la SNCB en trois continue.

Le faux argument de la dette, prétexte à l’éclatement de la SNCB

L’argument avancé alors en 2005, et encore en 2014, pour la séparation de l’infrastructure et de l’opérateur est celui de la dette du ferroviaire : 4 milliards d’euros en 2014.

Là encore, un argument de la dette qui ne tient pas à l’analyse, même sommaire. Dernier scandale en date, le service de la SNCB dédié à la liaison avec l’aéroport de Bruxelles et construit en PPP (Partenariat public-privé) entre Infrabel et l’entreprise privée Diablo.

Diablo a financé 300 des 678 millions d’euros du projet en échange de la propriété du projet pendant 35 ans.

Entre la rente payée par Infrabel (9 millions par an), la taxe sur les billets versée par les voyageurs (4,40 € par ticket), et même un montant forfaitaire par billet vendu par la SNCB (0,5 % de tous les billets) : c’est 922 millions d’euros assurés pour Diablo, soit trois fois l’investissement initial !

Comble de cette chère politique de privatisation, Infrabel a intégré une clause qui lui permet de poursuivre la SNCB et de récolter 1 milliards de dommages si le nombre de voyageurs par an est inférieur à 4,5 millions. Actuellement, il peine à dépasser les 3,5 millions de voyageurs par an.

Un hold-up sur le dos du contribuable qui pourrait faire passer la dette du ferroviaire de 4 à 5 milliards par an.

« Plan transport 2014 » de la SNCB : les usagers, premiers pénalisés

Le prétexte de la dette légitime dans le « Plan de transport 2014 » de la SNCB une dégradation inédite du service public du rail.

C’est d’abord la suppression de centaines de trains – notamment les premiers et derniers, mais aussi la quantité de trains aux heures de pointe –, la hausse des tarifs et des trains aux trajets toujours plus longs. Un exemple, le Bruxelles-Namur mettait 48 minutes en 1938, contre 51 minutes aujourd’hui !

Les usagers sont les premiers pénalisés par les réformes ferroviaires et la casse de la SNCB : le taux de ponctualité des trains est passé de 93 % en 2004, contre 86 % en 2012.

Les cheminots belges, comme ceux français, se battent non seulement pour défendre leurs droits, leurs conditions de travail mais aussi le droit des usagers à un service public de qualité et accessibles.

UE : l’incertain « Traité transatlantique » fait de plus en plus parler. Bien ! Mais le sordide et imminent accord EU-Ukraine va-t-il être signé sans contestation ?

Vivelepcf, 26 juin 2014

Le Conseil européen se réunit à Ypres en Belgique les 26 et 27 juin avec un important ordre du jour.

Son président, M. Van Rompuy, a annoncé, entre autres, que le volet économique de l’accord « d’association » entre l’UE et l’Ukraine allait être signé le 27. Les préparatifs techniques sont finalisés. Les ministres des affaires étrangères ont déjà prévu une application partielle immédiate, notamment du « libre » échange, sans la ratification pourtant légalement nécessaire des 28 Etats-membres.

Doit-on rappeler que la tentative de l’UE d’imposer cet accord est à l’origine de la déstabilisation de l’Ukraine ?

Avec  cet accord, les impérialismes européens entendent, contre quelques prébendes à des oligarques, mettre la main sur le marché et les matières premières ukrainiens au nom du « libre échange », faire dominer les normes européennes, constituer une base arrière à des coûts défiant toute concurrence pour leurs trusts, disposer d’une main-d’œuvre importable à vil prix.

Pour l’industrie et l’agriculture ukrainiennes, confrontées à une concurrence infiniment plus forte, fixant ses propres règles, ce sera le coup de grâce, d’autant plus que l’accord est subordonné à l’application des « réformes » voulues par le FMI.

En définitive, il s’agit ni plus ni moins que d’une mise sous protectorat européen du pays.

La prise de contrôle économique totale de l’Ukraine se conjugue avec une attitude expansionniste et aggressive dirigée contre la Russie, l’OTAN étant aussitôt derrière l’UE et le FMI.

Même le président corrompu Ianoukovitch avait dû renoncer à signer un tel accord. Il est maintenant avéré qu’à la suite de ce revers, les impérialismes américains et européens ont fomenté une vraie-fausse « révolte populaire », dévoyant certaines aspirations réelles au changement, s’appuyant sur les forces les plus réactionnaires dont les néonazis. Ils ont ensuite organisé, le lendemain même de la signature d’un protocole de réconciliation nationale, un coup d’Etat à Kiev. Une nouvelle équipe de fantoches, contrôlée toujours par des « oligarques », sous l’influence grandissante des fascistes, occupe le pouvoir à Kiev sous la bénédiction des protecteurs occidentaux.

UE : l’incertain « Traité transatlantique » fait de plus en plus parler. Bien ! Mais le sordide et imminent accord EU-Ukraine va-t-il être signé sans contestation ? dans Europe 140626_porochenko_bhl

Directement visé, le concurrent russe a réagi en rattachant à son territoire la région autonome de Crimée, peuplée majoritairement de nationaux russes et en apportant une forme de soutien à des forces dans l’est de l’Ukraine qui refusent l’évolution de Kiev. Les populations ukrainiennes russophones de ces régions ont toutes les raisons de redouter l’oppression politique et culturelle du nouveau régime et la ruine économique avec l’accord avec l’UE.

Des drames humains ont eu lieu et une menace de guerre continue à planer. Voilà l’œuvre actuelle de l’UE et des Etats-Unis !

Avec l’adoption de l’accord d’association, les impérialismes occidentaux continuent à avancer leurs pions dans l’épreuve de force engagée contre la Russie, aux dépens des populations ukrainiennes. Les élections présidentielles irrégulières du 25 mai ont amené au pouvoir nominal un autre oligarque, un baron de la confiserie, inféodé aux intérêts occidentaux.

Depuis le départ, tout a été fait pour que jamais les Ukrainiens ne puissent se prononcer sur la question essentielle que représente la signature de l’accord d’association avec l’UE. Le Parti communiste ukrainien, l’un des plus importants du pays, a soutenu l’organisation d’un référendum. Il est frappé d’une répression jamais vue en Europe depuis des décennies. Avec les partis communistes et progressistes de tous les pays, nous leur apportons à nouveau tout notre soutien.

Dans ce contexte très grave, plus que jamais, nos voix doivent s’élever le plus fortement contre la signature et l’application imminentes de « l’accord d’association économique » entre l’UE et l’Ukraine.

La France, dans l’intérêt des populations ukrainiennes, de la paix, du peuple et des travailleurs français, ne doit pas signer et ratifier cet « accord » !

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Jusqu’où avec Tsipras ? Jusqu’à appeler à voter, comme lui, pour Jean-Claude Juncker ?

Le Parti de la gauche européenne (PGE) a fait du leader grec de Syriza, Alexis Tsipras son héraut pour les élections européennes. Il a porté sa candidature à la présidence de la Commission européenne.

Communistes français, nous faisons partie de ceux qui ont dénoncé ce choix qui légitime l’institution la plus antidémocratique de l’Union européenne et qui valide la logique d’intégration dans l’UE du capital. Nous avons donné tous les éléments sur les orientations réelles de Tsipras et de Syriza, parti qui sert à recycler la social-démocratie grecque, dont les références sont, entre autres, Roosevelt et le Plan Marshall… (voir notre article en lien).

Tsipras a joué un temps une partition de « gauche radicale ». Il est encore présenté comme « radical » par une partie de la presse de droite. Il l’a été en France avec insistance, pendant la campagne électorale, par le Front de gauche, par Mélenchon, par Pierre Laurent. Mais derrière le gauchiste, le social-démocrate s’est déjà largement réveillé en donnant des gages à Obama par exemple, ou en faisant de la défense de l’euro en Grèce sa priorité.

Mais Tsipras est largement passé à l’étape suivante : celle du leader d’un parti d’alternance, aspirant à la gestion loyale des affaires du capital en Grèce.

Voilà donc que Tsipras, dans une déclaration du 3 juin, appelle les députés européens à soutenir la candidature à la présidence de la Commission européenne du politicien luxembourgeois de droite, Jean-Claude Juncker. Il pousse sa logique d’adhésion à l’intégration européenne jusqu’au bout. Il justifie sa défense de Juncker au nom du respect du vote européen et des prérogatives nouvelles du Parlement européen, qu’il invite à parler d’une seule voix.

Extraits du communiqué de Tsipras: « «Pendant la campagne, j’étais candidat pour la gauche européenne. Je me tenais vigoureusement en désaccord avec les orientations politiques du Parti populaire européen et de son candidat, M. Jean-Claude Juncker. Ces désaccords persistent. » «Néanmoins, le Parti populaire européen a remporté l’élection. Par conséquent, il revient à M. Jean-Claude Juncker d’être le premier à tenter de rassembler la majorité requise, en négociant avec les autres groupes politiques ». « C’est une obligation morale du Conseil européen de porter la candidature qui est arrivée en tête aux élections ».

La plupart des partis du PGE, confrontés à d’autres situations nationales, sont pris à contrepied. La présidente sortante du groupe GUE-NGL, l’Allemande de Die Linke, Gabi Zimmer, se range derrière la position de Tsipras. Mais la direction de Die Linke ne la suit pas et annonce, comme Mélenchon, qu’elle n’appelle pas à voter pour Juncker mais … pour Tsipras lui-même !

Jusqu’où avec Tsipras ? Jusqu’à appeler à voter, comme lui, pour Jean-Claude Juncker ? dans ELECTIONS: Un moyen pas un objectif 140608_commission_tsipras-300x150

C’est le crétinisme parlementaire à la puissance européenne !

La stratégie du Front de gauche a réduit la représentation du PCF à un seul député européen (nous en avions 20 entre 1979 et 1984).

Notre parti ne peut pas continuer à suivre les Mélenchon ou les Tsipras dans la course, même par étape, à la validation de l’intégration dans l’UE. Il ne peut pas continuer à renier les positions historiques de notre parti, de combat contre l’Europe supranationale du capital, sur une base de classe, donnant au rejet de classe de l’Union européenne par les travailleurs une perspective de rupture progressiste.

Vivelepcf, 8 juin 2014

Les communistes portugais au plus haut, à près de 13 %, troisième force du pays loin devant un Bloc de gauche en faillite

 Les sondages le laissaient pressentir, mais l’annonce des résultats offre un fait saillant au Portugal : pendant que les communistes du PCP (dans la coalition de la CDU) continuent à voir leurs résultats progresser, le Bloc de gauche se révèle en pleine décrépitude.

 

En attendant l’ensemble des résultats européens, le cas du Portugal est sans doute le plus intéressant et le plus clair pour étudier ce qui différencie les communistes porteurs d’une ligne de rupture avec le capitalisme et l’UE du Capital et la « gauche européenne » d’accompagnement.

 

L’analyse des résultats globaux montre tout d’abord une déroute historique pour la droite portugaise. Loin des discours optimistes dans la presse portugaise sur la soi-disant reprise économique au Portugal, le peuple portugais a sanctionné les artisans de l’austérité depuis 2011.

 

Le Parti populaire (PP)/Centre démocratique et social (CDS) ainsi que le Parti social-démocrate – les trois formations de droite traditionnelles – n’obtiennent que 27,8 % des voix en 2014, contre 40 % en 2009.

 

Une parte partiellement compensée par l’émergence du Parti écologiste de droite, libéral « Mouvement pour notre terre », crédité de 7 % des voix, obtenant un député européen.

 

Le Parti socialiste, lui, profite de l’impopularité de la droite : avec 31,5 % des voix, il gagne 5 points par rapport à 2009 et redevient la première force politique du pays.

 

Frappant également de constater l’absence d’extrême-droite organisée au Portugal, frappant de le lier à la « gauche de la gauche » avec la vigueur de la force organisée des communistes du PCP, réunis dans la coalition de rassemblement de la CDU, avec les Verts et des candidats indépendants.

 

Fortement ancré dans le monde ouvrier, bénéficiant de ses liens avec la CGTP, dans les quartiers populaires, les « terres rouges » de l’Alentejo, le Parti communiste continue son irrésistible progression.

 

En 2009, le Parti communiste et le Bloc de gauche étaient au coude-à-coude, chacun frôlant les 11 %. C’était alors le Bloc de gauche qui avait gagné ce duel d’une courte tête, avec 10,73 % contre 10,66 % pour le PCP … empochant à l’occasion un troisième siège dont sont privés les communistes.

 

En 2014, c’est la grande divergence. D’abord par l’écroulement du Bloc de gauche qui passe donc d’un score à deux chiffres à 4,5 %. Sur ces trois députés, le Bloc de gauche ne devrait en sauver qu’un seul.

 

Ironie de l’histoire, le Bloc de gauche a subi les effets dramatiques du départ en plein mandat d’un député européen élu sur ses listes, Rui Tavares, débauché par Daniel Cohn-Bendit et les Verts Européens.

 

Le parti « Libre » fondé par Tavares se revendique d’une « gauche libre », libertaire, écologiste et profondément européiste. Sans faire de miracles, ce parti a obtenu toutefois 2 % des voix, puisant dans l’électorat traditionnel du Bloc.

 

Pour les communistes du PCP, le passage de 10,6 à 12,7 % constitue un résultat historique : il s’agit tout simplement du meilleur score du Parti depuis 20 ans, dépassant les 11,2 % réalisées en 1994 par la coalition de la CDU.

 

La conquête d’une troisième place de député est encore incertaine, mais elle se dessinerait. Une victoire qu’on ne peut pas minimiser quand on sait que le Portugal a encore perdu un député avec l’entrée de la Croatie dans l’UE.

 

La CDU s’ancre incontestablement comme troisième force du pays, le succès aussi d’une campagne ancrée sur le rejet de la politique de la « troika » à la fois européenne (FMI, BCE, UE) et nationale (les trois partis dominants : PSD, CDS-PP, PS).

 

Une campagne qui a posé la question de la sortie de l’euro, sans pour autant évacuer la complexité des modalités pratiques, et tout en la liant à la construction d’une alternative patriotique et de gauche.

 

Face à cette ligne cohérente, portée par les communistes depuis l’adhésion du Portugal à la CEE, le Traité de Maastricht, l’adhésion à la monnaie unique, le Bloc de gauche s’est empêtré dans ses contradictions, révélant un européisme de fond de moins en moins compatible avec l’esprit du peuple portugais.

 

La tête de liste pour les européennes, Joao Ferreira, a salué ce soir : « un des meilleurs résultats de l’histoire du parti dans un scrutin européen », tout en soulignant « la lourde défaite des partis du gouvernement (de droite, qui atteignent un minimum historique » et en mettant dans le même sac le PS puisque « les partis de la droite enregistrent un recul de ses performances électorales ».

 

Le secrétaire-général du PCP, Jeronimo de Sousa a insisté sur l’importance de ce vote pour les luttes à venir au Portugal :

 

« Nous sortons plus forts de ces élections, cette force croissante, tous pourront compter sur elle pour être de son côté pour défendre leurs intérêts, pour ouvrir une fenêtre de confiance, pour que oui nous puissions mettre en échec cette politique.

 

Oui, nous sortons plus forts, et plus forte est la confiance qu’il est possible d’avancer vers la rupture avec les politiques de droite, et de construire une politique alternative patriotique et de gauche.

 

Oui, nous sortons déterminés pour que la voix renforcée de la CDU au Parlement européen donne plus de force à la défense des intérêts du peuple et du pays, contre les diktats du grand capital, de l’euro et de l’Union européenne.

 

Oui, nous apporterons avec ce résultat, une expression plus authentique des multiples raisons de lutte et de protestation des travailleurs et du peuple, et l’expression conséquente de tous ceux qui ont voulu ajouter leur vote à ce courant d’action, de militantisme, une fort élan pour que les travailleurs, le peuple, le pays récupèrent leurs salaires, leurs revenus, leurs droits et leur souveraineté confisqués. »

 

Au moment où la plus grande confusion règne au sein des forces héritières de la famille communiste, où le PGE (Parti de la gauche européenne) essaie de faire passer ses poulains européistes et réformistes – aux réussites très inégales – comme une alternative :

 

le cas du Portugal est définitivement à méditer et à saluer pour les communistes décidés à porter la ligne de la rupture avec cette Union européenne du capital, et avec cet Euro, mécanisme destiné à broyer les peuples.

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le 6 juin : L’Europe en question – Vendredi camarade

Après les élections européennes, l’abandon de l’Euro et la rupture avec l’Union européenne sont plus que jamais d’actualité.

Dans le cadre des vendredis camarades, nous consacrerons la soirée du 6 juin à un débat sur le thème : l’Europe en question.
Nous recevrons, pour l’animer, Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF et Dominique Nowak, auteur du livre : analyse marxiste de la crise de l’Union européenne.

La soirée se terminera autour du verre de l’amitié et de quelques fajitas (sur réservation).

Rendez-vous à 18h

Près de deux-tiers des citoyens européens déclarent ne pas être intéressés par les élections européennes du 25 mai

Voilà un sondage qui ne fera pas la une de nos médias qui tentent désespérément de susciter un intérêt pour le prochain scrutin européen du 25 mai : une large majorité des citoyens européens ne trouvent guère d’intérêt dans ces élections, simulacre de démocratie.

Les panneaux publicitaires fleurissent dans la rue, les transports, nos écrans pour tenter de nous impliquer : « Il va décider qui gouvernera l’Europe, et vous ? ». Qui y croit aujourd’hui, près de dix ans après le désaveu imposé aux « Non » hollandais, français et irlandais ?

Les peuples européens ne sont pas dupes : 62 % pas intéressés par le scrutin

Dans une Union européenne de plus en plus anti-démocratique, où le pouvoir est concentré entre les mains de la BCE et de la Commission – avec leur instrument privilégié l’Euro – au service des banques et des industriels, le Parlement européen sert d’alibi démocratique.

Mais qui peut croire que l’élection des députés européens peut permettre aux peuples européens de décider qui gouvernera de l’Europe ?

Les peuples ne sont pas dupes. Le sondage IPSOS, conduit entre le 1 er et le 25 avril, dans 12 pays de l’Union européenne révèle cette indifférence, qui est aussi une défiance envers cette Europe-là.

Selon ces chiffres, 62 % des citoyens de ces pays participant à l’enquête ne sont pas intéressés par ces élections – dans des pays tels que la Belgique, la Croatie, la France, la Grande-Bretagne, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, les Pays-bas, la Pologne, l’Espagne et la Suède.

Dans aucun pays, une majorité de citoyens n’est sûre de se déplacer

Dans aucun pays les élections européennes ne suscitent un intérêt dans la majorité de la population.

Ce scrutin éveille un intérêt chez 48 % des Polonais, 47 % des Français et 46 % des Italiens, descendant ensuite sous la barre des 40 % : en Hongrie (40 %), Grande-Bretagne (39 %), Irlande (38 %), Belgique et Allemagne (37 %), Espagne et Croatie (33%), Suède (32%), Pays-bas (20 %).

Cet intérêt faible se manifeste dans le fait que seules 35 % des personnes interrogées sont certaines d’aller voter le 25 mai prochain, tandis que si 30 % pensent pouvoir aller voter, 35 % affirment qu’ils ne se déplaceront pas dans deux semaines.

Hormis en Belgique – où le vote est obligatoire – dans aucun pays une majorité de citoyens n’est certaine de se déplacer pour cette échéance électorale. Les scores les plus élevés d’intention de vote se trouvent en France (44%), Pays-Bas (41%), Italie (39 %), les plus faibles en Espagne (30%), Irlande (30%), Grande-Bretagne (27%) et la Pologne (20%).

Marine Le Pen, la plus populaire des candidats à la Commission européenne … très loin devant Alexis Tsipras

Si c’est une anecdote, elle est révélatrice d’un certain état d’esprit dans l’Europe de 2014. Les enquêteurs ont demandé aux citoyens de ces 12 pays si ils connaissaient les différents candidats à la Commission européenne.

Parmi les candidats les plus célèbres au sein de l’UE : Marine Le Pen, candidate de l’extrême-droite européenne, arrive en tête. 53 % des citoyens des 12 pays européens la connaissent.

Elle arrive très loin devant le candidat socialiste européen, l’allemand Martin Schulz (40 %) et le candidat de la droite européenne, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker (39%), au coude-à-coude avec José Bové, le candidat des verts européens (39%).

Enfin, le moins connu des candidats se trouve être le grec Alexis Tsipras (31%) présenté par le Parti de la gauche européenne (PGE).

Ce sondage n’apprend dans le fond rien de neuf à ceux qui ne suivent pas l’ « europtimisme » béat de nos commentateurs médiatiques, du consensus politique dominant, jusqu’à certains dirigeants de partis de gauche dite radicale membres du PGE.

Même si pour la frange la plus consciente des travailleurs, il s’agira de trouver si possible le vote de dénonciation, sur des positions de gauche, de l’UE du capital, les peuples n’ont rien à attendre du scrutin du 25 mai, et ce sondage montre qu’ils n’en attendent rien.

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

La Grèce, de la « faillite sanitaire » organisée par l’Union européenne à la « crise humanitaire »

La Grèce, laboratoire de la barbarie de l’Union européenne du capital. En 2004, Giscard louait les origines « grecques » de la civilisation démocratique européenne pour faire passer sa constitution anti-démocratique. Dix ans après, l’Europe détruit la civilisation grecque, ce qu’il pouvait en rester de démocratique.

 

Le rapport publié dans la prestigieuse revue médicale britannique « The Lancet », impliquant des chercheurs de Londres, Cambridge et Oxford ne nous apprend hélas pas de scoops, elle ne fait que confirmer, synthétiser l’ampleur du désastre humanitaire, de la crise sanitaire que vit la Grcèe.

 

« Greece’s health crisis: from austerity to denialism », ce rapport publié en février dernier, ne permet plus le déni (denialism) face au développement de maladies que l’on croyait éradiquées, l’explosion des troubles psychologiques, des épidémies, de la mortalité infantile.

 

On a peine à croire que l’OMS classait encore au début des années 2000 le système de santé public grec parmi les 15 plus performants au monde, devant celui allemand ou britannique. Aujourd’hui, le système de santé grec est en « tiers-mondisation », résultat d’un choix politique.

 

Saigné par les mesures de rigueur imposées par la « Troïka », le gouvernement grec a réduit le budget de la santé grecque de près de 40 % depuis 2009. Pour la seule année 2014, le budget de la santé subit une baisse de 19 %, celui de la Sécurité sociale de 30 % !

 

Pour l’hôpital public, la saignée

 

Les premières victimes, les hôpitaux grecs dont le budget a baissé de 26 % entre 2009 et 2011, et qui va connaître une réduction de 32 % seulement en 2014. Ils manquent de tout : lits, médicaments, matériels de base – y compris seringues, compresses, gants – et personnel.

 

Sur les 132 hôpitaux que compte le pays, 50 sont menacés de fermeture d’ici l’an prochain. 12 hôpitaux publics ont déjà fermé leurs portes à Athènes et Salonique au nom des « restructurations-fusions ». L’intégralité des hôpitaux psychiatriques devrait être démantelés en 2015.

 

En termes de lits, 10 000 ont été supprimés depuis le début de la crise.

 

Seconde victime, les travailleurs de la santé, dont l’embauche en contrat permanent est gelé.

 

On estime que 35 000 travailleurs de la santé, infirmières, docteurs ont perdu leur emploi depuis le début de la politique d’austérité, en premier lieu les travailleurs en CDD. Selon l’OMS, 26 000 travailleurs de la santé, dont 9 000 médecins, pourraient être licenciés dans les prochaines années.

 

En quatre ans, le salaire des personnels de santé – médecins, infirmiers, aides – a subi des baisses allant de 30 à 100 %. Désormais, le recrutement des médecins hospitaliers se réalise à 1 000 € pour des horaires extensibles jusqu’à 48 h ou plus.

 

Troisième victime, les patients bien sûr. Selon le rapport de la revue « The Lancet », 800 000 Grecs seraient privés de toute couverture médicale. Le chiffre serait en réalité beaucoup plus élevé, sachant qu’en Grèce l’accès aux soins médicaux est conditionné au travail.

 

Selon le président de l’EOPYY (Instiut de sécurité sociale grec), Dimitris Kontos, ce seraient 3,1 millions de Grecs qui auraient perdu toute couverture médicale publique, soit près de 30 % de la population. Selon lui, 3,3 millions de personnes – notamment les commerçants au bord de la faillite – seraient sur le point de la perdre également.

 

Désormais, comme dans les pays du Tiers-monde, ce sont les ONG – tant locales qu’internationales – ainsi que les centres de santé communautaires qui constituent la seule alternative à cette faillite organisée du système public de santé.

 

au profit du privé, vive le serment d’Hypocrite !

 

A qui profite le crime ? On serait tenté de dire que le secteur privé subit la crise autant que le public, voire plus dans un pays où en 2010 près de 40 % des dépenses de santé étaient assurés par un secteur privé bien implanté dans les cliniques privées, centres de diagnostic, médecins libéraux.

 

En fait, l’emprise du secteur privé sur la santé grecque tend à se renforcer. D’une part, car le gouvernement – tout en diminuant les moyens accordés à l’hôpital public – continue de favoriser l’expansion des cliniques privées.

 

Ainsi, en 2012, comble du cynisme, le gouvernement grec parie encore sur le « tourisme médical », la marchandisation d’opérations cosmétiques ou bénignes (ex : chrirurgie esthétique), espérant faire venir en Grèce 100 000 touristes en cinq ans, attirés par l’expertise médicale grecque.

 

D’autre part, les cliniques privées ont affirmé, en octobre 2013, refuser désormais tous les « clients » assurés par l’organisme public de Sécurité sociale (l’EOPYY), pour la raison que l’EOPYY devait 800 millions de $ aux institutions de santé privées.

 

La marchandisation devient la norme, comme aux Etats-unis, présenter la carte bleue devient le passe pour espérer un traitement des pathologies les plus lourdes tels les cancers.

 

On se rappelle que le ministre de la Santé grec avait osé déclarer en 2013 que « les maladies comme le cancer ne sont pas considérées comme urgentes, sauf si vous êtes dans la phase avancée. » Avec un tel ministre de la Santé, vive le serment d’hypocrite!

 

Les déremboursements ont explosé depuis 2011, les patients devant prendre à leur charge en moyenne 25 % de leurs médicaments – plus 50 autres % si il n’est pas dans la liste de la Sécurité sociale.

 

Toutefois, la dette de l’organisme de Sécurité sociale envers les pharmaciens a poussé ces derniers à exiger des patients à « avancer » la somme intégrale de leur traitement. Ceux qui le peuvent, le font espérant un remboursement ultérieur, les autres qui ne peuvent pas payer se privent de traitement.

 

En 2011, le gouvernement avait augmenté le coût des consultations externes de 3 à 5 $. En 2014, il devait augmenter le coût de toute consultation médicale de 1 $, tout en faisant payer un forfait hospitalier de 25 $ par jour.

 

La responsabilité des grands laboratoires pharmaceutiques multi-nationaux ne peut non plus être minimisée, eux qui sont à l’origine d’une pénurie de médicaments en Grèce, aux conséquences désastreuses pour la santé des Grecs.

 

Les Roche, Pfizer, Sanofi, GSK fuient tous la Grèce, déclarée insolvable, empêchant la livraison de 200 médicaments parfois vitaux, ceux contre l’arthrose, l’hépatite C, le choléstérol, les anti-psychotiques, les anti-biotiques ou les produits anésthésiques.

 

Ces entreprises ont reconnu ne plus livrer de médicaments aux hôpitaux publics, aux pharmacies conventionnées en raison d’une dette de 2 milliards de $ contractée à partir de 2011, surtout face à la faible profitabilité du marché grec, la nécessité objective de casser les prix.

Enfin, la logique du privé s’impose de plus en plus dans les hôpitaux publics, celle de la tarification à l’activité, du « coût-profit » y compris au détriment de la vie humaine.

Le bilan, un « désastre humanitaire et sanitaire »

 

C’est le constat dressé dans l’article publié dans « The Lancet », il fait froid dans le dos, encore il s’appuie essentiellement sur les chiffres portant sur la période 2008-2011, et non sur la période maximale des coupes budgétaires, depuis 2011.

 

Ainsi, le nombre de personnes infectées par le virus du SIDA a doublé depuis 2008, passant de plus de 650 malades à 1 200 en 2012. Parmi les consommateurs de drogue, le chiffre a explosé, passant de 9 à 484.

 

En effet, les distributions de préservatifs, de seringues aux personnes dépendantes de la drogue – dans le cadre de travail de rue réalisé par les personnels de santé – ont chuté respectivement de 25 et 10 %, pour la seule année 2010.

 

Des maladies que l’on croyait disparues refont leur apparition. La malaria, que l’on imaginait éradiquée depuis 40 ans, se développe à nouveau en Grèce, avec la réduction des budgets locaux pour les dispositifs de prévention anti-moustiques.

 

Le virus du Nil occidental a également refait son apparition – pour les mêmes raisons. En 2011, il avait fait un retour foudroyant, contaminant une centaine de personnes, causant le décès de 9 résidents grecs.

 

L’indicateur souvent pris pour mesurer le degré de « développement » d’un pays peut nous aider à mesurer le degré de civilisation :le taux de mortalité infantile a grimpé de 43 % entre 2008 et 2010, après avoir connu une tendance séculaire à la baisse.

 

Le nombre de bébés souffrant d’un poids insuffisant à la naissance a augmenté de 19 % entre 2008 et 2010. On sait que le nombre d’enfants, par la suite, se rendant à l’école dans une situation de « précarité alimentaire » approche les deux-tiers, des chiffres bien supérieurs à ceux de pays africains comme le Malawi ou le Zimbabwe.

 

Enfin, la santé mentale des Grecs en pâtit, le taux de dépression dans la population a quasiment triplé, passant de 3 à 8 % entre 2008 et 2011. Le nombre de personnes ayant commis un suicide a augmenté de 45 % entre 2007 et 2011.

 

Au moment où la demande pour des aides psychologiques a augmenté de 120 % depuis le début de la crise, le gouvernement a déjà divisé par deux le soutien aux institutions publiques consacrées à la santé mentale.

 

Se souvenir du désastre sanitaire dans la transition au capitalisme en Russie

 

Le « traitement de choc » consacré à la Grèce n’est pas le premier. Nombre de pays africains, sud-américains, asiatiques ont connu les recettes miracles du FMI, elles l’ont payé par des tragédies humaines.

 

Comparaison adaptée, le traitement réservé à la Russie après la dissolution de l’URSS, le renversement du régime communiste, qui avait causé la vie à une million de personnes, selon une autre étude réalisée par la revue médicale « The Lancet » (voir ici : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-1-million-de-morts-imputables-directement-aux-politiques-de-privatisation-en-europe-de-l-est-apres-1989-39087819.html)

 

Une analyse extrêmement prudente, cherchant une corrélation directe entre privatisation de la santé et mortalité restreinte ici aux hommes en âge de travailler.

 

La conclusion du million de mort causé directement par la privatisation de la santé en Russie post-sovétique est donc sans doute sous-estimée. Certaines agences de l’ONU ont parlé de trois millions de morts. Où sont les pourfendeurs des « millions de morts » du communisme ?

 

En tout cas, le peuple grec, tout comme le peuple français, n’a qu’à regarder le sort tragique du peuple russe.

 

Les médecins, infirmières, personnels de santé, tout comme les usagers grecs ne s’y trompent pas. Eux qui mènent la lutte depuis quatre ans contre les fermetures d’hôpitaux, les licenciements dans la santé, les déremboursements.

 

Ce 27 mars, les pharmaciens ont lancé une grève de 24 heure contre le projet de la « Troika » d’accorder des licences à des chaînes de pharmacie privées, ou à des points de vente dans les supermarchés du pays.

 

La lutte continue en Grèce pour redonner au « serment d’Hippocrate » sa raison d’être, en repoussant toute logique de marchandisation de ce besoin inaliénable de l’homme, la santé !

 Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Source du rapport publié dans la revue « The Lancet » : http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2813%2962291-6/abstract

« Je l’espère, un grand nombre de socialistes européens seront élus », Bernadette Ségol (Confédération européenne des syndicats -CES)

Il est plus facile de faire passer une vessie pour une lanterne que la Confédération européenne des syndicats (CES) pour une force de contestation de l’Europe du capital. Il y a peu de temps encore, ce conglomérat d’appareils syndicaux réformistes se lançait dans une croisade pour le traité de Lisbonne, contre toute dissidence nationale, notamment en Irlande.

Aujourd’hui, le rejet par les travailleurs et les peuples de l’Union européenne, sa perte de légitimité, atteignent des niveaux inédits après le massacre des droits sociaux dans les pays avec l’euro, au nom de la crise.

Les technocrates de la CES ont adapté leur discours de promotion de « l’Europe sociale ». Ils critiquent maintenant « l’austérité aveugle », appellent à un « plan de croissance » européen (donc capitaliste), au développement du « dialogue social européen ». Ces formules n’ont qu’un but : venir à la rescousse de l’UE et de ses institutions, précisément elles qui coordonnent l’austérité avec l’euro, qui appuient les gouvernements nationaux de droite ou de « gauche » dans leur politique de casse sociale.

Le « modèle social européen » que défend la CES n’existe pas hors de la « concurrence libre et non faussée » énoncée priorité dès le traité de Rome de 1957. Rappelons-le !

La CES, comme d’autres acteurs, entend faire de la campagne des élections européennes un moment de propagande majeur pour réhabiliter l’UE. Le repoussoir des « populismes anti-européens », le mythe de la « paix avec l’Europe » sont repris en boucle.

La CES, lobbyiste professionnelle, promeut particulièrement le Parlement européen, la démocratie à l’échelon supranational où elle ne peut pas exister, même en caricature… Elle insiste sur son nouveau rôle factice et trompeur : le PE devra approuver la désignation du futur président de la Commission européenne (les autres membres sont nommés par le Conseil européen, c’est-à-dire les gouvernements).

« Je l’espère, un grand nombre de socialistes européens seront élus », Bernadette Ségol (Confédération européenne des syndicats -CES) dans Europe 140307_s%C3%A9gol_schultz-300x264

Le 3 mars 2014, Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES (une technocrate française qui n’a jamais appartenu à un syndicat de salariés français…) est ainsi venue apporter le soutien de la CES au congrès électoral du Parti socialiste européen, le PSE qui regroupe le PS de François Hollande et ses alter ego des autres pays.

« Fin mai, je l’espère, un grand nombre de socialistes européens seront élus » dit-elle avant de conclure par un message : « Nous attendons des actes politiques courageux pour inverser les tendances actuelles. Martin, je suis certaine que tu as compris ce message. Nous continuerons alors comme nous l’avons fait jusqu’ici à travailler avec vous ». Quelle audace !

Martin ? C’est Martin Schulz, président social-démocrate allemand, du groupe PSE au PE et candidat à la présidence de la Commission européenne.

Les connivences de la CES avec la social-démocratie, comme avec les eurocrates, ne représentent guère un scoop. Mais il n’est pas inutile de les rappeler quand en France, les dirigeants du Parti de la gauche européenne (PGE), et certains leaders syndicalistes CGT, nous invitent systématiquement à nous aligner sur les initiatives de la CES.

Pour la présidence du la Commission, le PGE porte un autre héraut que Martin Schultz, le Grec Alexis Tsipras. La direction du PCF et Mélenchon en ont déjà fait le chef de file supranational de la campagne du Front de gauche en France (sans consulter les communistes).

Défendre une candidature à la présidence de la Commission européenne : on ne peut mieux collaborer à la mascarade et à la tentative de réhabilitation des institutions européennes ! Nous ne cessons de le dénoncer.

Soutenir Tsipras démarque-t-il malgré tout le PGE, Mélenchon et la direction du PCF de la CES social-démocrate ?

Que non ! Bernadette Ségol était invitée d’honneur du