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EXTRAIT TEXTE D’ACCORD DU FRONT DE GAUCHE POUR LES PRESIDENTIELLES ET LEGISLATIVES : Un accord signé par l’exécutif nationaldu PCF, sans l’avis des communistes et du CN

« Les candidatures du Front de gauche que nous construisons pour les élections présidentielle et législatives vont incarner la démarche collective et partagée du Front de gauche.
Des collectifs de circonscription animés par nos candidats, et d’autres personnalités jugés nécessaires, permettront aux femmes et aux hommes qui le souhaitent d’être actrices et acteurs de la dynamique du Front de Gauche.
Un collectif national, présidé par une personnalité du Front de Gauche qui ne soit pas la ou le candidat(e) à la présidentielle, se mettra en place pour les deux élections. Il rassemblera des représentants de nos partis, des personnalités à l’image de la diversité de notre rassemblement et plusieurs des candidats et candidates aux législatives à qui il sera proposé d’être des porte-paroles nationaux de nos thèmes de campagne. Il sera chargé d’animer la campagne collective dans le respect de nos engagements et accords communs, la finalisation, la mise en débat et la popularisation de notre programme partagé
Ces candidat(e)s aux présidentielle et législatives porteront, ensemble, tout à la fois la démarche qui a présidé à la création du Front de Gauche, le programme partagé adopté par le Front de Gauche et la stratégie de changement voulue par notre Front.
Un accord national (à venir en annexe) fixera les modalités de désignation des candidat-e-s en tenant compte de leur aptitude à rassembler un maximum d’électeurs sur notre programme ainsi que d’une représentativité équitable des formations politiques actuelles et à venir du Front de Gauche. Il rappellera notre volonté commune de faire réélire les député-e-s sortant(e)s Front de Gauche et de réunir nos élu-e-s dans un même groupe à l’assemblée nationale. Il fixera également les modalités financières.
Nous aurons ainsi au total une campagne présidentielle et législative collective avec un programme partagé, des candidatures partagées, des temps de paroles partagés, des tribunes partagées, un matériel officiel partagé et une ambition partagée
Avec cet accord, nous voulons engager un véritable élargissement populaire et citoyen du Front de Gauche, en nous adressant largement aux électeurs et électrices socialistes, écologistes, républicain-ne-s, communistes, alternatifs mais plus largement à tous les hommes et les femmes qui veulent que ça change, au peuple qui n’en peut plus des oligarques qui l’étranglent ici comme làbas…
Paris, le 31 mars 2011

Cantonales 2011 : une analyse après le 2éme tour

1963341918321086137148532465021362947402616n.jpgRAPPEL: notre analyse détaillée après le 1er tour en lien

2nd tour des cantonales : confirmation des enseignements du 1er  

 

Les résultats du 2nd tour des élections cantonales, dimanche 27 mars 2011, confirment les tendances analysées à l’issue du 1er.

Malgré la médiatisation soudaine de certains enjeux du scrutin entre les deux tours, l’abstention, 55%, est restée presqu’aussi élevée.

Le désaveu de l’UMP et l’ensemble de la « majorité présidentielle » se vérifie : un tiers des suffrages exprimés, moins d’un sixième des électeurs inscrits. La droite résiste toutefois un peu mieux là où elle avait des positions locales à défendre, comme dans le Rhône, la Côte d’Or, la Sarthe, etc.

La gauche est gagnante en voix, en nombre d’élus et en conseils généraux gagnés. Mais c’est largement une victoire par défaut. Elle recule moins en voix que la droite mais n’obtient, avec 50% des suffrages exprimés, même pas le vote d’un électeur inscrit sur 4.

 

Dans un contexte de fort rejet de la politique gouvernemental, la gauche derrière le PS ne porte pas de véritable alternative politique. Le niveau de consensus avec la droite, traduit notamment au plan européen, est largement perçu.

L’absence de tout enthousiasme chez les électeurs a été accrue par le fait que la gauche gérait déjà la grande majorité des départements et que les enjeux locaux ont été largement occultés.

 

La nette progression du FN de Marine Le Pen se confirme également. Elle n’est ni à dramatiser, ni à sous-estimer mais à analyser précisément.

Certes au 1er tour, le FN a perdu, lui aussi, des voix par rapport à 2004, passant de 1,490 million à 1,380 million, tout en passant de 12 à 15% des suffrages exprimés. Mais en 2011, il a présenté 300 candidats de moins et les cantonales de 2004 suivaient de peu la présidentielle de 2002. Aux cantonales de 2008, le FN était tombé à 644.000 voix.

Au 2ème tour, le FN n’obtient que 2 élus dans tout le pays mais ses 400 candidats restants dépassent les 35% en moyenne et rassemblent plus large que jamais précédemment à un second tour. Ses résultats augmentent notamment, à nouveau, dans des secteurs très ouvriers.

Si ce n’est pas nouveau, on doit constater que le FN est revenu à son plus haut niveau, dans un contexte de crise sociale aggravée par rapport à 2002.

 

L’opération de promotion du FN s’est poursuivie entre les deux tours, à outrance, ponctuée par les déclarations successives du nouveau ministre de l’intérieur Guéant sur l’identité nationale et l’immigration.

Les tenants du système poussent le FN. C’est manifeste.

Ils cherchent à détourner la colère populaire vers lui, vers son discours de haine et sa démagogie sociale. C’est grave.

La désignation permanente, explicite ou implicite, des immigrés, des « musulmans » comme boucs émissaires, pour diviser les travailleurs, libère dangereusement la parole raciste.

La montée organisée du repoussoir FN, présenté comme l’adversaire du consensus « UMPS », écrase le débat politique dans la perspective des élections de 2012.

Contrer le danger FN conduit à rentrer dans le consensus UMP/PS dans la logique du « front républicain ». Au sein de la gauche, cela conduit à gommer certaines divergences fondamentales.  

 

Dans ce contexte, communistes, avec lucidité, nous ne saurions nous satisfaire des résultats des candidats de notre parti, le PCF dans la stratégie nationale du Front de gauche.

 

Malgré l’alliance avec les anciens socialistes du PG, au 1er tour, l’ensemble du « Front de gauche », toutes configurations confondues, perd 130.000 voix sur les candidats PCF et apparentés de 2004 (820.000 contre 950.000) malgré la quasi-absence de candidats d’extrême-gauche (350.000 voix en 2004). En 2008, les candidats PCF et apparentés avaient obtenu 1,150 million de voix et 8,82%.

 

Pour autant, nous ne boudons pas la satisfaction d’obtenir, à l’issue du 2nd tour, une dizaine de sièges en plus, quasiment tous gagnés sur le PS. En Seine-Saint-Denis notamment, malgré les taux d’abstention record (70%), nous nous félicitons que soient arrêtées la croisade anticommuniste de Bartolone (PS) et de Voynet (Europe-Ecologie).

Tout le travail militant des camarades et des organisations du Parti pour ces élections, qui ont porté presque toute la campagne du « Front de gauche », comptera aussi pour l’avenir. 

 

Face aux dégâts de la politique sarkozyste, face à l’absence de véritable alternative à gauche, face au danger du FN, roue de secours du capital, plusieurs défis se posent en particulier aux communistes, que nous entendons contribuer à relever.

 

Inlassablement, nous continuerons à démasquer la démagogie de l’extrême-droite, son choix de classe du côté des possédants. Nous dénoncerons toute dérive, toute complaisance pour les discours sécuritaires et identitaires, d’où qu’ils viennent.

 

L’urgence sociale, la perspective exigée par les luttes, de plus en plus larges ces dernières années, appellent une rupture, des ruptures immédiates avec la politique au service du patronat et de la finance.

Ces ruptures sont incompatibles avec les choix fondamentaux du PS pour le Traité de Lisbonne, ceux de son représentant Strauss-Kahn à la tête du FMI. L’alternative politique ne viendra pas d’une reconstitution de la « gauche plurielle » après 2012.

En 2011, comme en 2012, elle viendra du mouvement populaire lui-même.

Les forces existent – la bataille pour les retraites l’a encore montré – pour faire reculer tout de suite le gouvernement.

Face aux augmentations de tarifs du gaz et de l’électricité, au débat renouvelé sur le nucléaire, les forces existent pour gagner la renationalisation intégrale d’EDF et de GDF. Les manifestations pour l’école, pour l’hôpital publics s’intensifient tant la situation devient intenable. Les forces existent pour arrêter les suppressions d’emploi, rendre à l’école et à l’hôpital l’argent qui leur revient. Les profits du CAC 40 flambent et les salaires réels baissent : les forces existent pour gagner un relèvement général du SMIC et le rétablissement d’une échelle mobile des salaires. Etc.

 

Communistes, voilà la perspective de rupture que nous entendons porter dans les quartiers et les entreprises, dans l’action et les luttes quotidiennes, avec les travailleurs et la population. Les résultats des élections cantonales soulignent cette priorité.

Edgar Morin : 60 ans au service de l’idéologie dominante, 1er invité de l’université « populaire » de l’Humanité !

par EDT pour vivelepcf.fr

 Faut-il que notre parti le PCF soit à ce point dépourvu de penseurs, sinon de pensée propre, pour qu’il déroule le tapis « rouge » à l’un des parangons de l’idéologie dominante, en l’occurrence le « sociologue, philosophe, historien », Edgar Morin, présenté, vu son grand âge, comme un puits de sagesse ?

Maintenant avec le Front de gauche, il semble que certains dirigeants du PCF souhaitent s’intégrer dans le monde intellectuel de cette « gauche non communiste » qui a montré combien elle était anticommuniste.

 

Edgar Morin est ce 2 mars 2011 le 1er invité de la nouvelle « Université populaire de l’Humanité ». Deux pages d’interview lui ont été offertes hier dans le quotidien. Comme Stéphane Hessel, Edgar Morin ne doit plus savoir gérer son agenda tant il est sollicité par tous les médias, les clubs politiques, les associations culturelles…

La place de l’Huma n’est-elle pas de se situer à contre-courant ?  

 

Edgar Morin n’est pas invité en tant que spécialiste d’un domaine scientifique. Il vient présenter son dernier livre « La voie » qui suit les précédents dont « Ma gauche » (2010) et  expose son discours politique de propagandiste conséquent.

 

Allons tout de suite au plus significatif pour les camarades!

Depuis le départ, Edgar Morin met son image d’intellectuel entièrement au service de la cause de l’UE du capital. Dommage qu’aucune question ne lui ait été posée sur cet engagement fondamental dans l’interview de l’Huma.

En 1992, il est membre éminent du « Comité national pour le oui à Maastricht » présidé par Hélène Carrère d’Encausse.

En 2005, il multiplie les articles pour le Oui à la constitution européenne, se référant aux « pères fondateurs », regrettant la « distribution à profusion du texte qui ne va qu’accroître la confusion et la perplexité » (A quand une Europe visionnaire – Le Monde du 11 mai 2005).

 

Edgar Morin a en effet sa conception de la démocratie.

Il est un des développeurs du concept de « démocratie participative », dont il se félicite qu’il ait été repris notamment par Ségolène Royal (Rue 89 – 23/01/11).

Comme il le dit à l’Huma, « sans une part spontanée, il ne se passe rien ». « Mutuelles, coopératives, commerce équitable, rapports directs entre producteurs et consommateurs » seraient de nature à refouler le « capitalisme classique ».

Mais tout cela va pour lui de pair à une intervention active pour la disparition des acquis démocratiques nationaux, rapidement associés à du nationalisme, et à la promotion des instruments, constitution, traités, de la toute puissance de l’UE du capital.

Morin est bien l’un des meilleurs marchands hypocrites de l’UE à « gauche ». « Aller au-delà de l’euro » est son slogan (La Tribune – 02/05/10).

 

La « démocratie participative » pour mieux laisser la domination du capital supranational : cette idéologie a pour fondement chez Morin l’anticommunisme, résumé quand il le faut par l’antisoviétisme. Morin ne doit pas en revenir de pouvoir faire la leçon aujourd’hui à l’invitation de dirigeants du PCF !

 

Dans les 25 dernières années, l’écrasement de l’URSS est l’un des événements positifs qu’il voit, de même qu’il revendique la raison première de la création de l’UE du capital : l’opposition « nécessaire » à l’Union soviétique.

 

Les mots ont un sens. Morin le sait. L’histoire lui fait accepter ou refuser certains d’entre eux selon sa propre visée.

« Révolution » ? « J’ai abandonné ce terme parce qu’il est trop connoté à l’idée de violence… » répond-il à l’Huma. « Réforme » ? « J’emploie le mot réforme dans l’idée d’un chemin progressif qui transforme ».

« Socialisme » : « ce terme souffre de l’aplatissement et de la souillure et n’est plus tellement adéquat parce qu’il renvoie à des expériences qui, les unes et les autres, ont abouti à un relatif échec ».

« Communisme » : le converti repenti Morin, qui s’est fait exclure du PCF en 1951, répète combien le communisme aurait été une religion qui a failli à apporter l’idée du salut de l’Humanité.

L’idée que l’étiquette d’ex-communiste soit un gage de fiabilité politique est décidemment irrecevable.

 

Depuis les années 60, et notamment 1968, Morin, ami de Touraine et de Rocard, est à la pointe de toutes les perspectives alternatives à la lutte des classes et à l’organisation en parti de classe, lui pour qui Marx n’est qu’un penseur parmi d’autres. Aujourd’hui elles se nomment « commerce équitable, entreprises citoyennes, environnementales, développements associatifs, décroissance » (Le Monde 26/05/05) : l’idéologue Morin est évidemment toujours précurseur de ses idées de diversion. Bon pied, mauvais œil ! Mais pour lui, il s’agit bien de conférer à l’Europe un « rôle mondial », nécessairement impérialiste.

 

L’admirateur invétéré de Lula et d’Obama (malgré tout), s’inscrit dans un projet de refonte de la « gauche », entre un PS « stérile », le « côté fermé et sectaire » des petits partis de gauche… et en prenant compte de « l’intérêt de l’écologie politique » (Cohn-Bendit est logiquement sa tasse de thé).

 

Pourquoi inviter Morin à la première université populaire de l’Humanité ? Pour confirmer que le projet partagé du Front de gauche se fait dans le rejet de ce que représente le PCF, dans l’acceptation du langage actuel de la « gauche » de collaboration de classe ?

 

C’est malheureusement ce l’on peut penser.

L’avenir de la Pensée communiste est ailleurs.  

Faire vivre et renforcer le PCF-Rencontre communiste internationale, Paris, le samedi 26 février

pcffaucillemarteau.gifFaire vivre et renforcer le PCF

  INVITATION

Rencontre communiste internationale

Paris, le 26 février 2011 

La crise capitaliste porte un coup important à l’idéologie dominante qui, il y a vingt ans de cela, proclamait la « fin du communisme » et avec lui « la fin de l’histoire ».

Un peu partout dans le monde, de grands mouvements de lutte se développent, porteurs d’une recherche de rupture avec le capitalisme.

En Tunisie, en Algérie, en Egypte, sur une base de classe, les peuples ébranlent les dictatures au service de l’impérialisme. En Amérique latine, des expériences d’édification du socialisme se poursuivent.

 

La question du socialisme revient au cœur de l’affrontement idéologique malgré le matraquage sur l’échec du « socialisme réel ».

Dans les pays d’Europe, sous l’égide de l’UE, la remise en cause, sans précédent depuis 1945 (à l’ouest), des acquis sociaux et démocratiques des travailleurs rencontre une large opposition, des mobilisations nombreuses.

L’existence et le renforcement des organisations politiques révolutionnaires, marxistes et léninistes, c’est-à-dire des partis communistes, sont plus que jamais essentiels.

 

Leur affaiblissement théorique et organisationnel des dernières décennies pèse très lourd sur l’issue des luttes, sur le mouvement syndical.

Nous faisons ces constats dans notre pays, au sortir des immenses manifestations de cet automne contre la casse du système de retraite.

Dans le même temps, parmi les travailleurs, dans la jeunesse se manifeste un intérêt plus grand pour le communisme pour tout ce que continue à représenter notre Parti dans l’histoire de notre pays. Le 90ème anniversaire du PCF a suscité une attention renouvelée, un grand nombre d’initiatives à travers le pays.

 

L’histoire et l’avenir des partis communistes sont devenus en eux-mêmes un enjeu majeur de la lutte des classes. La pression est très forte, à l’extérieur comme à l’intérieur, pour renier la raison d’être de nos partis, mener à bout les processus de transformation en partis réformistes, de « gauche ». Le Parti de la gauche européenne est l’instrument international de cette entreprise coordonnée en Europe, avec la Confédération européenne des syndicats.

 

Au sein du PCF, nous faisons partie de ceux qui combattent ce processus liquidateur depuis plusieurs congrès.

Nous observons avec grand intérêt ce qui se développe dans les autres partis communistes le travail de coordination dont la 12ème rencontre des partis communistes et ouvriers à Johannesburg en décembre 2010 a traduit les nouveaux progrès. Nous tâchons de faire connaître ces expériences dans nos publications, entre autres avec le site internet http://vivelepcf.over-blog.fr/ext/http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/.

 

Mais nous éprouvons la nécessité d’intensifier les échanges avec nos camarades d’autres partis.

C’est dans cet objectif que nous organisons une rencontre communiste internationale fin février 2011 à Paris.

 

Des représentants du Parti communiste grec (KKE), du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS), de l’Ambassade de Cuba, des camarades d’Italie, d’Espagne (PCE – La Republica), d’Autriche (KPÖ – Styrie), de Tunisie ont confirmé leur participation.

 

Nous vous invitons à participer aux deux débats prévus le samedi 26 février au Patronage laïque du 15ème, 72 avenue Félix Faure (métro Boucicaut)

De 9h00 à 12h00 : « Internationalisme ou intégration européenne ? – les PC face à la logique réformiste et liquidatrice du PGE ».

De 14h30 à 17h30 : « Luttes nationales et actualité du socialisme »

Une table de livres sera tenue à l’entrée. Le n°4 du journal Cahiers communistes rendra compte de cette rencontre.

La solidarité entre partis communistes de différents pays, la confrontation d’expériences de lutte et de résistance ne peuvent que nous aider communistes français.

Fraternellement,

Corinne Bécourt, Frédéric Bernabé, Emmanuel Dang Tran, Claude Fainzang, Eric Jalade, Dominique Negri, membres du Conseil national du PCF

 

A votre disposition pour toute information complémentaire :

Contact :  anthony.crezegut@wanadoo.fr ; pcf15@wanadoo.fr  

PCF: Tribune de 6 membres du CN publiée dans L’HUMANITE du 9 février 2011

untitled3.bmpSortir du débat faussé des présidentielles. Libérer le PCF du carcan du Front de gauche. Renforcer le Parti dans la lutte des classes.

 

Le PCF devrait prendre les choses dans l’ordre : d’abord les luttes de 2011, puis le programme communiste pour les mettre en cohérence dans une perspective de rupture, après seulement la question du candidat pour 2012.

 

Le mouvement pour les retraites vient de le montrer : un rapport de force existe pour mettre en échec, par les luttes, la politique au service du capital. Les communistes sont en droit d’attendre une analyse de la défaite sur les retraites, un bilan du Front de gauche, le lancement d’actions nationales que les élections cantonales pourraient contribuer à porter.

 

Rien de cela n’est sorti du CN du 7 janvier.

Suivant le choix de candidatures communes du Front de gauche, on empêtre les communistes dans des primaires pour 2012, loin des luttes, singeant les autres partis et la présidentialisation de la 5ème République. Le Congrès prévu en juin 2011 est reporté. 

Ainsi la bataille de personne esquive la discussion et la décision sur les contenus. La candidature fixée avant les objectifs politiques : c’est le monde à l’envers.

 

untitled.bmpD’un côté, Jean-Luc Mélenchon, maastrichien zélé et sénateur PS honoraire, reconverti dans une radicalité démagogique, est encouragé dans ses prétentions, dans son OPA sur le PCF. En allant le chercher en 2008, la direction du Parti en a fait le dépositaire du « Front de gauche ».

De l’autre, les communistes qui s’inquiètent pour le Parti sont incités à se raccrocher à André Chassaigne, « issu du PCF » mais candidat « individuel » à la candidature du FdG.

D’autres francs-tireurs font don de leur personne sur des positions « identitaires » incertaines.

En outre, la consultation de juin ne réglera rien puisqu’on ne sait pas comment le FdG désignera finalement son candidat. Comme les « collectifs antilibéraux » de 2006, ce scénario mène le parti dans le mur.

Quel que soit le candidat du Front de gauche, c’est le même programme. La direction du Parti a été claire au CN: le « programme partagé » est conçu pour être acceptable par toute la gauche. Il est « partagé » par une mouvance de « gauche » mais décidé hors des communistes.

Pendant que Mélenchon caricature les positions communistes historiques, les porte-parole du PCF assument le choix réformiste. La perspective, c’est une nouvelle « gauche plurielle » : Pierre Laurent commence à négocier le contenu d’un « contrat gouvernemental » avec le PS et les écologistes (Nouvel Obs du 6 janvier).

Le cadre, c’est acceptation du l’UE du capital. Maintenant à la tête du PGE, la direction s’aligne sur la CES, fer de lance du Oui au Traité de Lisbonne, plaide contre une remise en cause de l’existence de l’euro.

 

Tout cela ne peut pas se décider sans les communistes. Il faut remettre les choses à l’endroit !

 

1- Les communistes doivent pouvoir se libérer du carcan du Front de gauche, dont ils n’ont jamais décidé. Le FdG avec Mélenchon leur a été imposé en parallèle du 34ème congrès, les candidatures communes pour 2012 au « congrès » anti-statutaire de juin 2010. L’expérience a déjà démenti les illusions propagées : c’est une démarche structurante, électorale, qui supplante et affaiblit le Parti, qui poursuit l’alignement sur la gauche social-démocrate.

 

2- Lancer de grandes campagnes de lutte et travailler à un programme communiste.

La place du Parti est d’être au plus près des préoccupations des travailleurs sur une base de classe. Engageons des actions de masse notamment :

- pour les salaires, pensions et minima sociaux

- contre l’augmentation des tarifs du gaz et de l’électricité.

-pour l’annulation des décrets Chatel, des lois Boutin et Bachelot contre l’école, le logement social et l’hôpital.

- contre les déremboursements de médicaments, contre l’application de la loi Woerth

- pour le retrait des troupes d’Afghanistan

Des initiatives de cet ordre sont nécessaires pour renforcer le Parti, revitaliser les cellules, sections notamment à l’entreprise et dans les quartiers populaires.

Nous avons besoins d’un programme communiste qui les mette en cohérence, non d’un catalogue électoral à remiser dans les greniers d’une future « gauche plurielle ». Parmi les axes politiques de fond que nous devrions mettre en avant :

- la défense et la reconquête des grands monopoles publics (et non de vagues « pôles citoyens »)

- le rejet de l’application des directives et traités européens (et non leur aménagement)

- des (re)nationalisations, dont celle du secteur financier

- la remise en cause de l »euro, monnaie de domination du capital européen, aggravant la mise en concurrence des travailleurs, les délocalisations, entravant la capacité des peuples à disposer d’eux-mêmes.

- la défense sans concession du financement solidaire de la Sécurité sociale par la cotisation sociale

- la sortie de la France de l’OTAN

 

3- La stratégie pour les élections de 2012 doit seulement découler de ces actions et du programme communiste.

 

Dirigeants d’organisations du PCF, nous refusons de rentrer dans le débat piégé dans lequel les choix de la direction enferment les communistes. Pour nous, dans la situation actuelle, nous ne pouvons envisager qu’une candidature clairement présentée par le PCF, hors du Front de gauche.

 

Notre priorité est de faire vivre et de renforcer le PCF. Il doit retrouver toute sa raison d’être dans la lutte des classes. Le texte alternatif au 35ème « congrès », « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF », la revue « Cahiers communistes » que nous avons créée sont au service de cet objectif.

 

Les luttes, la crise du capitalisme amènent davantage de travailleurs, de jeunes, vers le communisme, vers le PCF. Réaffirmons l’actualité des choix fondamentaux du Congrès de Tours!

Stéphane Auriol (PCF RATP – CN de 2006-2008), Frédéric Bernabé (secr. PCF 70), Corinne Bécourt (Saint-Quentin), Emmanuel Dang Tran (secr. PCF Paris 15), Claude Fainzang (Paris 19ème), Eric Jalade (secr. PCF 81), Dominique Negri (secr. PCF Saint-Martin d’Hères), membres du Conseil national du PCF

 

Contact : vivelepcf@orange.fr  . Texte intégral : http://vivelepcf.over-blog.fr ou http://pcfsaintquentin.unblog.fr/2011/01/08/sortir-du-debat-fausse-des-presidentielles-liberer-le-pcf-du-carcan-du-front-de-gauche-renforcer-le-parti-dans-la-lutte-des-classes/

Conseil national du PCF du 7 janvier 2011 -Intervention de Claude FAINZANG, fédération de Paris

Voilà le Parti englué dans le débat politicien et pénible des présidentielles, comme les autres partis, avec une bataille des candidatures au sein du Front de gauche.

 

Le Front de gauche apparaît pour ce qu’il est : un accord perdant-perdant pour les communistes.

D’un côté Mélenchon en a besoin pour plumer la volaille communiste, de l’autre la direction du Parti a besoin de Mélenchon pour mieux poursuivre l’effacement du Parti et de ses positions.

Le programme « partagé », concocté en fait au sommet, un programme « pour toute la gauche », ne répondra pas aux exigences populaires.

 

Mélenchon ou Chassaigne, c’est de toute façon une candidature du Front de gauche, avec comme perspective une nouvelle gauche plurielle après 2012 (cela nous a déjà coûté si cher !).

Les adhérents du Parti vivent très mal cette OPA de Mélenchon et les invraisemblables prétentions des opportunistes du PG. Ils ne veulent pas que le Parti serve de rabatteur pour le PS d’ici 2012.

 

Ce dont le peuple a besoin, c’est de pouvoir s’exprimer pour un programme de rupture avec le consensus des forces politiques de l’alternance, pour le programme dont le mouvement social a besoin tout de suite pour mettre en échec la politique du pouvoir. Ce dont le peuple aura besoin, ce sera d’une candidature présentée par le PCF.

 

La direction du Parti fait tout pour priver les communistes de la possibilité de discuter et de décider de ce programme, en reportant le congrès, en imposant, en préalable, la bataille de candidatures.

Aucune proposition concrète de campagne d’action nationale n’est mise en débat.

 

Il serait pourtant urgent de s’emparer de plusieurs sujets. Entre autres, je propose :

 

- Une campagne contre les hausses des tarifs du gaz et de l’électricité, impliquant la défense et la reconquête du monopole public d’EDF et de GDF, leur renationalisation intégrale et la remise en cause des directives européennes. « Monopole public », « renationalisation », « refus de l’application des directives européennes » : il semble que la direction veuille nous faire faire le deuil de ces bases fondamentales pour rester compatible avec la gauche du consensus !

- Une campagne pour une forte augmentation des salaires, pensions et minima sociaux.

- Une campagne, continuant la bataille des retraites,  sur la place centrale de la cotisation sociale dans notre système de Sécurité sociale

 

L’application des lois structurelles de la droite s’abat gravement sur l’hôpital, l’école, le logement… Il faut demander leur abrogation.

 

Pour le logement, nous devons réclamer une nouvelle loi, supprimant le surloyer, la vente des HLM, allégeant le décret sur les charges pour les locataires (en retirant notamment le salaire des gardiens des charges, comme avant la loi Méhaignerie), une loi accompagnée d’un gel des loyers, de la fin des expulsions, des saisies, des coupures d’eau, de gaz et d’électricité.

Plus que jamais, nous devons exiger un engagement financier de l’Etat qui permette de satisfaire les besoins en construction de logements sociaux et en réhabilitations. Le rétablissement de l’aide à la pierre, l’abrogation de la loi Barre de 1977, sont complètement d’actualité pour la construction de HLM comme pour soulager les quittances.

 

Sujet par sujet, lutte par lutte, en vue d’une perspective de rupture, voilà ce que devrait être notre démarche.

 

Pour finir, un petit mot sur les propos très médiatisés de Pierre Laurent s’opposant farouchement à la sortie de l’euro.

Comment peut-on laisser croire que la monnaie unique de l’UE du capital, sur laquelle les peuples n’ont aucune prise, pourrait se transformer en monnaie commune de coopération ? Communistes, nous avons mené des batailles essentielles, fondamentales, contre Maastricht, contre l’intégration européenne, contre la monnaie unique, contre la Constitution européenne. Le nouveau président du PGE juge-t-il que nous avons eu tort ?

 

Voilà qui aurait dû être débattu en congrès et qui doit être débattu de toute façon.

Déclaration de membres du CN du PCF, 8 janvier 2011 : Sortir du débat faussé des présidentielles. Libérer le PCF du carcan du Front de gauche. Renforcer le Parti dans la lutte des classes

Déclaration de membres du CN du PCF, 8 janvier 2011 Il y a quelques semaines à peine, le mouvement pour les retraites faisait la démonstration que les forces existent, susceptibles de mettre en échec, par les luttes et leur convergence, la politique menée au service du capital.

Pourtant pour 2011, le pouvoir programme une nouvelle aggravation de cette politique. Il place le pays sous la menace d’une hyper-austérité, à la merci de la finance mondialisée pour faire payer encore plus cher au peuple la crise capitaliste.

Dans le même temps, les profits réalisés et les dividendes versés par les entreprises du CAC 40 atteignent de nouveaux records.
Dans cette situation, les travailleurs sont en droit d’attendre de notre parti, comme ils l’ont souvent manifesté lors des dernières mobilisations, des positions politiques de rupture, des initiatives d’action.

Pour leur part, les communistes sont en droit d’attendre une analyse des raisons de la défaite sur les retraites, un examen des insuffisances de la ligne nationale du Parti inscrite dans la stratégie du Front de gauche, le lancement de grandes campagnes de lutte dès maintenant, en 2011. Les élections cantonales pourraient les porter au-delà des enjeux purement départementaux.

Rien de cela n’est sorti des décisions ratifiées au Conseil national du 7 janvier 2011.

La marche forcée vers une recomposition politique à « gauche », intégrant le PCF et ce qu’il représente dans un « Front de gauche » réformiste continue.

Aux communistes, pendant les mois qui viennent, on propose de s’empêtrer dans des primaires pour la candidature aux présidentielles de 2012, comme les autres partis en offrent le lamentable spectacle.

Ce n’est pas une fatalité. Le parti pourrait aller à contre-courant de ces pratiques politiciennes. C’est le résultat du choix politique de l’équipe dirigeante de présenter des candidatures communes du Front de gauche en 2012.

Maintenant, elle veut enfermer les communistes dans un choix de personne. On reproduit dans le parti exactement la présidentialisation de la 5ème République que nous dénonçons.

Pour les communistes, ce processus est déroutant, paralysant. Il les détourne des luttes en faisant de l’échéance institutionnelle de 2012 l’objectif prioritaire. Il leur rappelle le douloureux souvenir des « collectifs antilibéraux » de 2006 et le résultat qui s’ensuivit.

D’un côté, Jean-Luc Mélenchon, maastrichien zélé et sénateur PS honoraire, reconverti dans une radicalité démagogique, est encouragé dans ses prétentions. Il ne cache pas sa volonté de faire une OPA sur le PCF et n’hésite à reprendre superficiellement certaines de nos positions historiques.

De l’autre, les communistes qui s’en inquiètent pour le Parti, sont incités à se ranger derrière la candidature « individuelle » du député André Chassaigne, « issue du PCF » mais non du PCF.

Des francs-tireurs rentreront sans doute dans la compétition, sur des positions incertaines.

La bataille de personne permet d’esquiver toute discussion et toute prise de position collective des communistes sur les contenus. La direction a reporté la tenue du Congrès initialement prévu en juin 2011.

La candidature décidée avant les objectifs politiques : c’est le monde à l’envers.

Mélenchon ou Chassaigne, dans les deux cas, ce sera la poursuite du processus du Front de gauche, ce sera le même programme. Ce programme « partagé » est conçu ouvertement pour être acceptable par toute la gauche. Il sera « partagé » par une mouvance de « gauche » mais décidé hors des communistes, sans qu’ils aient eux-mêmes au préalable défini leurs positions.

Les positions structurantes sont déjà adoptées, semble-t-il.

Pierre Laurent commence à négocier le contenu d’un « contrat gouvernemental » avec le PS et les écologistes (Nouvel Observateur du 6 janvier).

La direction du Parti, maintenant à la tête du PGE, s’aligne sur la Confédération européenne des syndicats, fer de lance du Oui au traité de Lisbonne.

A toutes les étapes, la stratégie du Front de gauche a été imposée aux communistes. Le Front a été constitué avec Mélenchon en parallèle du 34ème congrès (où il était question de fronts de lutte). Les candidatures communes pour 2012 ont été actées sans que communistes aient la possibilité de se prononcer dans le cadre du « congrès » anti-statutaire de juin 2010.

Les communistes sont en droit de remettre en cause le choix du Front de gauche.

Il est temps de libérer le Parti du carcan du Front de gauche qui poursuit la stratégie d’effacement du PCF et de ses positions.

L’expérience a déjà démenti les illusions propagées sur le Front. C’est une démarche électoraliste, des européennes aux présidentielles en passant par les régionales. C’est une démarche structurante qui supplante et affaiblit le Parti. C’est une démarche qui poursuit l’alignement sur la gauche social-démocrate. Pendant la bataille des retraites, le Front a empêché le Parti d’être clair nationalement sur le retrait de la loi Woerth ou le nombre d’annuités.

C’est un contresens au moment où la crise du capitalisme, on l’a vu dans les luttes et dans la célébration du 90ème anniversaire du Congrès de Tours, amène davantage de travailleurs vers le PCF et le communisme.

Dans cette situation, dirigeants de fédération, de section du PCF, membres de Conseil national, nous assumons nos responsabilités. Nous affirmons notre volonté de faire vivre et de renforcer les organisations du PCF. Il doit retrouver toute sa raison d’être dans la lutte des classes.

Il faut remettre les choses à l’endroit.

Lancer de grandes campagnes communistes d’action mettant en avant des choix de rupture est la première nécessité pour le pays et pour le Parti.

Nous proposons pour les prochains mois, soumettons aux communistes et aux organisations du Parti, du matériel militant et des analyses notamment :

- pour une campagne contre l’augmentation des tarifs du gaz et de l’électricité, posant les questions du rétablissement des monopoles publics, acquis à la Libération, de la renationalisation intégrale d’EDF et de GDF, du rejet de l’application des directives européennes de marchandisation.

- pour la nationalisation du secteur financier

- pour l’annulation des décrets Chatel, des lois Boutin et Bachelot contre l’école, le logement social et l’hôpital.

- pour la défense du financement solidaire de la Sécurité sociale par la cotisation sociale, la suppression des exonérations patronales, des déremboursements, contre l’application de la loi Woerth

- pour la sortie de la France de l’OTAN et le retrait immédiat des troupes françaises d’Afghanistan.

- pour la remise en cause de l’euro, monnaie de domination du capital européen, facilitant la mise en concurrence des travailleurs des différents pays, les délocalisations, la remise en cause du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à résister.

De telles initiatives sont nécessaires pour renforcer le Parti, faire des adhésions, revitaliser les cellules, sections notamment à l’entreprise et dans les quartiers populaires.

Ensuite il faut un programme communiste, qui mette en cohérence nos positions dans les luttes de 2011, et non un « programme partagé » qui sera remisé dans les greniers de la future « gauche plurielle ».

Nous voulons y contribuer.

Nous sommes à l’initiative du texte alternatif pour le 35ème « congrès », intitulé, « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF ». Nous complétons et actualisons ce texte et le mettons à la disposition des communistes.

Le journal « Cahiers communistes » que nous avons créé est au service de cette ambition.

La question de stratégie électorale pour les présidentielles et les législatives de 2012 devrait seulement en découler.

La situation devrait amener une candidature, clairement présentée par le PCF, hors du Front de gauche. C’est la position que nous défendrons dans le cadre d’urgence qui est imposé.

Réapproprions-nous notre parti en le faisant vivre et en le renforçant! Les choix fondamentaux adoptés au Congrès de Tours sont plus d’actualité que jamais !

Rédigé après le CN du PCF du 7 janvier 2011,

Frédéric Bernabé (secrétaire de la fédération de la Haute-Saône), Corinne Bécourt (section Saint-Quentin), Emmanuel Dang Tran (secrétaire de la section de Paris 15ème), Claude Fainzang (section Paris 19ème), Eric Jalade (secrétaire de la fédération du Tarn), Dominique Negri (secrétaire de la section de Saint-Martin d’Hères), membres du Conseil national du PCF

1 jour avant le CN du PCF, 2 jours avant l’assemblée des représentants des sections : personne n’a le projet « d’offre politique » sur les présidentielles

 

Le Conseil national du PCF se réunira vendredi 7 janvier de 9h30 à 18h00.

Son ordre du jour est laconique :

« Nos tâches en 2011 et le processus de préparation et de décision pour les échéances de 2012. Rapporteur : Jacques Chabalier. »

Dans son rapport au CN du 26 novembre 2010, Pierre Laurent avait indiqué que le CN du janvier allait adopter un texte, dont il avait déjà une idée bien précise, sur les présidentielles de 2012.

« Je pense donc que nous devrions engager la discussion à partir d’un texte adopté par le Conseil national qui dirait les principes à partir desquels, pour ce qui nous concerne, nous envisageons une candidature du Front de gauche. Ce texte devrait probablement proposer une définition de l’ambition politique visée en 2012, énoncer les grands thèmes structurants du travail sur le programme partagé, proposer des modes et des formes de déploiement populaire de notre démarche, ainsi qu’un dispositif et un style collectif de campagne associée à la candidature. Ce texte devra également engager notre réflexion sur la manière dont nous combinerons les deux échéances de 2012, présidentielle et législatives…

Un Conseil national pourrait se tenir le 7 janvier pour adopter ce texte, ce qui laisse le temps d’y travailler, après la discussion que nous aurons aujourd’hui. » (souligné par nous – NdlR).

L’ordre du jour de la réunion des représentants de section, le 8 janvier, à Villejuif le confirme :

09h45-10h00 : Introduction de la rencontre (Jacques Chabalier)

10h00-11h30 : La campagne des élections cantonales

11h30-12h00 : Rapport sur l’offre politique adoptée au CN du 7 janvier

                        (Pierre Laurent)

12h00-13h15 : Travail en ruches sur cette offre politique

                       (Groupes de 10 personnes)

14h30-16h00 : Restitution des ruches et débat général

A ce jour, jeudi 6 janvier 2011, les membres du CN n’ont pas en main le projet « d’offre politique ».

Les représentants des sections le découvriront encore plus tard, samedi. Et ils auront 75 minutes pour en discuter « en ruches » (une méthode de gestion des « ressources humaines » qui vise à donner l’illusion d’une participation des présents). 

Ce dispositif n’aura laissé aucun temps pour travailler et échanger dans les fédérations et les sections sur les orientations précises.

Le coup de force continue.

Au « congrès » non statutaire de juin 2010, l’équipe dirigeante du Parti a décidé, unilatéralement, le principe de candidatures communes du Front de gauche aux présidentielles et législatives.

Ce faisant, elle a plongé les communistes dans le débat stérile et lamentable, digne des primaires du PS, entre Mélenchon et d’autres prétendants.

Mais, comme sur le « Front de gauche », tout est ficelé en dehors des communistes quant à l’orientation politique.

Aux communistes de refuser ce carcan, de poser les vraies questions, celle du renforcement du PCF dans le cadre de la lutte des classes en 2011 !

1 Commentaire

Anniversaire : Rester fidèles aux choix fondamentaux de Tours, assumer l’histoire du Parti.

pcffaucillemarteau.gifIl y a tout juste 90 ans, le 25 décembre 1920, s’ouvrait à Tours le Congrès qui allait voir l’adhésion du Parti socialiste à l’Internationale communiste donnant naissance au Parti communiste français. 

Le 90ème anniversaire du Congrès de Tours donne lieu à de nombreuses initiatives dans le Parti et suscite aussi des commentaires, des publications, en quantité relativement importante, dans les media et les milieux « intellectuels ».

On pourrait s’en étonner. 90, ce n’est pas vraiment un chiffre rond. Le 75ème ou le 80ème anniversaire n’ont pas donné lieu à tant d’égards.

Je vois dans ce regain d’intérêt une recherche vis-à-vis du PCF et de ce qu’il continue à représenter, le signe aussi que le vent de l’histoire commence à tourner.  

Militants, nous venons de le vivre pendant la lutte des retraites.

Dans les entreprises, dans les quartiers, dans les manifestations – c’est une réalité expérimentée pendant ces semaines depuis la rentrée – l’attention a été beaucoup plus forte pour ce que nous disons. On est venu même nous solliciter pour aider à organiser des initiatives de lutte.

De la politique, les salariés en lutte éprouvent le besoin d’autre chose que les combines politiciennes pour les élections. L’attente d’un parti d’avant-garde, porteur de propositions de rupture, d’une perspective de rupture avec le capitalisme est plus forte que depuis bien longtemps. La crise permanente et le discrédit du capitalisme, comme système susceptible de répondre aux besoins, sont au plus haut. Pensons à ce qui se passe ces jours-ci en Irlande.

En France, cette organisation historique a existé. C’est le PCF, auquel les travailleurs doivent principalement les acquis sociaux et démocratiques que le pouvoir s’applique maintenant à détruire. Dans le monde, la seule expérience moderne de victoire sur le capitalisme est le résultat de l’action des communistes.

Cette histoire est présente dans les mémoires, au moins dans l’inconscient collectif du pays, même chez nos adversaires. 

Ce n’est pas qu’une anecdote, nos symboles, faucille et marteau sur des autocollants ou drapeaux rouges, ont véritablement été des points de ralliement pendant ce dernier mouvement.

Dans le même temps, nous sommes réalistes. L’avenir de notre parti reste incertain, même si une jeunesse, plus nombreuse, se tourne vers le communisme.

Il s’est structurellement et politiquement très affaibli, notamment depuis la fin des années 90. Le repère qu’il représente est devenu plus flou.

De « mutation », en « métamorphose », maintenant en « transformations », l’équipe dirigeante de notre parti a montré elle-même qu’elle doutait de la raison d’être du PCF. Suivant les exemples italiens ou espagnols, la ligne du Parti de la gauche européenne, elle est tentée de fondre notre parti dans un « ensemble de gauche », réformiste, à contre-courant des nécessités de notre époque, qui plus que jamais est celle du capitalisme et de la lutte des classes.

Nous avons toujours refusé cette dérive. La période nous encourage à continuer.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de trinquer entre nous à l’anniversaire du parti

Il ne s’agit surtout pas d’évoquer, la larme à l’œil, un passé qui serait révolu.

Il s’agit encore moins de célébrer dignement les obsèques du PCF pour mieux en faire le deuil en bon ordre comme le proposent notamment certains « ex »-communistes pour passer à autre chose.

Non ! Nous sommes toujours communistes ! Nous voulons, à cette occasion, souligner toute l’actualité des choix fondamentaux qui sont à l’origine de la transformation en 1920 de la SFIO social-démocrate en Parti communiste français, la nécessité de faire vivre et renforcer le PCF.

L’histoire du PCF est un enjeu de lutte en elle-même.

Comme le communisme, l’anticommunisme n’est pas mort. Le révisionnisme historique est toujours une de ses armes privilégiées.

Il se déploie toujours sous sa forme la plus virulente. La criminalisation du communisme est ainsi quasiment un fondement existentiel de l’Union européenne. À une immense majorité, il y a quelques mois, droite et « gauche » confondues, le Parlement européen faisait du 23 août la journée des victimes du fascisme, du nazisme et du communisme, assimilés.

Mais l’anticommunisme primaire ne marche plus si bien – l’échec patent des mises en scène du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin l’a montré – notamment dans les pays où les Partis communistes ont été puissants, ont eu un rôle reconnu par les masses.

Faute de pouvoir la criminaliser, l’idéologie dominante en France essaie récupérer, de « décommuniser » l’histoire du PCF et des communistes.

Cela vous a peut-être frappés le 22 octobre dernier, en pleine lutte pour les retraites. Les recteurs d’académie, les media n’ont pas relancé la lecture de la lettre de Guy Môquet prescrite par Sarkozy en 2007 ! Il faut dire que cela aurait coïncidé avec la superbe mobilisation de dizaines de milliers de lycéens, paraît-il immatures et manipulés, contre sa politique de casse des acquis de la Libération !

 

À « gauche », des intellectuels s’appliquent à décrire, même à célébrer, les parcours d’anciens militants communistes mais en les renvoyant vers des circonstances historiques, sociologiques dépassées. Ainsi, le PCF aurait été le moyen de leur émancipation individuelle, notamment pour les ouvriers, à un moment donné de l’histoire. Mais en fait, ils auraient été communistes comme ils seraient autre chose aujourd’hui que tout a changé, notamment qu’il n’y aurait plus d’ouvriers.

Des livres, des thèses pour montrer cela, il s’en compte des dizaines qui arrivent tous à la conclusion que la forme Parti communiste est dépassée, sinon la lutte des classes elle-même.

Et naturellement, en conséquence, le résultat du Congrès de Tours, l’existence du PCF n’aurait plus lieu d’être.

Alors un Congrès de Tours à l’envers ?

Une réunification du PCF et du PS n’est à l’ordre du jour pour presque personne, même si, dans les faits, la satellisation du PCF autour du PS n’a cessé de préciser.

Rappelons que le Congrès de Tours, ce n’est pas d’abord une scission, c’est le choix, de 3208 mandats de délégués, contre 1022 et 397 abstentions que le Parti socialiste adhère à l’internationale communiste et devienne le Parti communiste. Les minoritaires droitiers sont partis constituer un autre parti, reprenant le nom de l’ancienne SFIO. Aussi, un « Congrès de Tours à l’envers », ce ne serait pas directement la fusion avec le PS.

Le « Congrès de Tours à l’envers », ce serait le retour du PCF au réformisme, à la social-démocratie, le changement de nom, ou l’effacement de ce que signifie « PCF ».

Cette option a beaucoup de partisans au sein de l’équipe dirigeante du Parti. Nous le savons. Après la « Mutation », « Bouge l’Europe », la « gauche plurielle », les « collectifs antilibéraux », la « métamorphose », le « Front de gauche » et les « transformations du PCF » poursuivent l’entreprise de dilution du PCF, de ce qu’il représente, de ses fondements.

En juin 2008, Marie-George Buffet déclarait à Tours : « Nous sommes au 21ème siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre Congrès qu’une seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure. »

Et bien NON ! Du Congrès de Tours, de l’histoire souvent glorieuse du PCF qu’il a permis, nous devons, nous voulons retenir les acquis fondamentaux, toujours aussi essentiels face à la domination d’un capitalisme qui ne s’est pas « écroulé ». Aujourd’hui comme en 1920, nous approuvons le sens 21 conditions de l’adhésion à la IIIème internationale, prises dans leur ensemble, sinon leur lettre.

De Tours, nous voulons, nous devons retenir la rupture avec la social-démocratie, le réformisme et la collaboration de classe qui sont ses pratiques. (Condition n°7 : « Les partis désireux d’appartenir à l’Internationale communiste ont pour devoir de reconnaître la nécessité d’une rupture complète et définitive avec le réformisme … L’action communiste n’est possible qu’à ce prix »).

En 1920, les congressistes sortaient de la boucherie de 14/18 qu’avaient approuvée dans « l’Union sacrée » les principaux dirigeants de la SFIO jusqu’à rentrer au gouvernement. Aujourd’hui, la social-démocratie est à la tête du FMI qui coordonne la casse sociale et les conditions d’exploitation dans le monde…

En aucun cas, la nécessité de la rupture avec la social-démocratie, n’est contradictoire avec la recherche d’alliances, mais pour des objectifs précis et selon les conditions et les rapports de force. 

Remarquons que la social-démocratie a toujours entretenu un courant plus « radical ». Mélenchon n’est vraiment pas un inédit historique !

À Tours, les congressistes avaient tiré les enseignements de la trahison de la plupart des élus et de la capacité de la démocratie bourgeoise à corrompre dans ses institutions.(Condition 11 : « Les partis désireux d’appartenir à l’Internationale communiste ont pour devoir de réviser la composition de leur fraction parlementaire, d’en écarter les éléments douteux, de les soumettre, non en paroles mais en fait, au comité central du Parti, d’exiger de tout député communiste la subordination de toute son activité aux intérêts véritables de la propagande révolutionnaire et de l’agitation ».) Après 1920, il ne se trouva que 10 députés socialistes sur plus de 70 à suivre la majorité des militants…

Le PCF doit être toujours, de nouveau, le parti qui refuse la « lutte des places » au nom de la lutte des classes, qui se démarque du spectacle lamentable des « primaires » pour les élections de 2012, qui refuse les compromissions électorales qui dégoûtent et démoralisent les travailleurs.

 

À Tours, les congressistes prenant la résolution d’agir en tant que communistes dans les syndicats (condition n°9) et de « combattre avec énergie et ténacité « l’Internationale » des syndicats jaunes fondée à Amsterdam ». Communistes, nous réaffirmons aujourd’hui la nécessité de l’action politique au centre de l’affrontement de classe, à l’entreprise. Elle ne s’arrête pas à la porte de nos syndicats, d’abord la CGT, menacés par les « jaunes » d’aujourd’hui, dans le respect de la fonction de chaque organisation. La Confédération européenne des syndicats, la CES, est l’héritière directe de l’Internationale jaune d’Amsterdam. Elle collabore avec les institutions européennes pour faire passer les traités et directives de l’UE du capital. Elle a fait campagne, pays par pays, pour la « Constitution » européenne et le traité de Lisbonne. Son président John Monks ne voulait pas voir en 2005 « remettre en cause les rêves de Monnet, Schumann, Mitterrand, Delors ». Il est inconcevable que l’équipe dirigeante du PCF et le Front de gauche fassent de la CES leur partenaire privilégié. Restons plutôt fidèles à Tours !

Le congrès de Tours a ouvert la voie au combat internationaliste et anticolonialiste du PCF qui est toujours le nôtre.

La 8ème condition indique notamment : « … Tout Parti appartenant à la IIIème Internationale a pour devoir de dévoiler impitoyablement les prouesses de « ses » impérialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d’émancipation dans les colonies… ». On se souvient de l’intervention d’Hô Chi Minh au congrès de Tours et de l’accueil enthousiaste qu’elle reçut. Cet engagement essentiel des communistes français s’est traduit en actes dès l’opposition à la guerre du Rif en 1923. Combattre le colonialisme, l’impérialisme, sous toutes leurs formes, d’où qu’ils viennent sont plus que jamais une priorité pour les communistes d’aujourd’hui. D’où qu’ils viennent, c’est-à-dire aussi de « nos » impérialistes qui se parent de plus en plus souvent aujourd’hui du couvert de l’Union européenne.

 

Le Congrès de Tours a ouvert la voie à la constitution d’un parti « de type nouveau », un parti de classe, toujours basé sur le marxisme, complété du léninisme, structuré plus rigoureusement selon les besoins de la lutte, impliquant l’intervention directe de ceux qui ont le plus intérêt à combattre le capitalisme. L’évolution a été progressive (constitution des cellules, des cellules d’entreprise…).

Elle a conduit à ce que le PCF soit réellement un parti de classe et de masse, permettant à des millions de travailleurs de s’approprier les armes du combat politique contre les capitalistes, à tous les niveaux, du local au national, à l’international. Cette réalité, inscrite dans l’affrontement de classe, issue de la forme d’organisation du parti communiste, a été d’un très grand apport démocratique, pour le parti, pour le pays (sans même revenir sur les pages de la résistance).

Elles peuvent et doivent l’être encore à l’heure où la sclérose de la démocratie bourgeoise ou les caricatures de « démocratie participative » pourraient préparer le terrain aux pires reculs des libertés politiques.

Comme sur tous les autres aspects, on peut et il faut étudier de façon critique l’histoire du Parti, comment les principes de Tours ont été appliqués en France et dans le monde. Il n’est pas possible pour les communistes d’en faire l’impasse, sous peine de jeter le bébé avec l’eau du bain, voire de ne garder que l’eau du bain.

Le léninisme et la révolution russe ont permis au mouvement ouvrier français de passer à l’étape supérieure à laquelle il aspirait. L’expérience soviétique a ensuite marqué, accompagné le développement du PCF, souvent pour le meilleur, parfois non. La défaite du camp socialiste demande une analyse critique communiste qui n’est toujours pas réellement entreprise. Elle ne signifie en rien la fin de notre Parti.

Cette démarche est une nécessité justement parce que nous pensons que le PCF a toute sa raison d’être, de se renforcer aujourd’hui, dans la fidélité aux choix de Tours.

Je voudrais finir par la lecture de la condition n°17 : « Conformément à tout ce qui précède, tous les Partis adhérant à l’Internationale Communiste doivent modifier leur appellation. Tout Parti désireux d’adhérer à l’Internationale Communiste doit s’intituler Parti Communiste de… (section de la IIIème Internationale Communiste). Cette question d’appellation n’est pas une simple formalité ; elle a aussi une importance politique considérable. L’Internationale Communiste a déclaré une guerre sans merci au vieux monde bourgeois tout entier et à tous les vieux Partis social-démocrates jaunes. Il importe que la différence entre les Partis Communistes et les vieux Partis « social-démocrates » ou « socialistes » officiels qui ont vendu le drapeau de la classe ouvrière soit plus nette aux yeux de tout travailleur. »

Le nom de notre parti est indissociablement lié aux principes de sa création, comme à 90 ans d’histoire du communisme en France et dans le monde.

La 17ème condition est ainsi également toujours d’une grande actualité.

Les directions des partis communistes qui veulent se transformer en autre chose ont besoin de changer le nom. On l’a vu en Italie, en Suède, dans plusieurs pays de l’est.

En France, l’action des communistes, ce que représente le Parti dans le pays, l’ont rendu impossible jusqu’à présent. Il n’est pas question d’accepter maintenant que le nom du Parti soit dilué dans une « gauche », un « front de gauche » ou je ne sais quelle combinaison, ni qu’il soit dévalorisé.

Plus que jamais, face au capital, le peuple a besoin du PCF, d’un PCF fidèle à sa raison d’être, aux choix fondamentaux du Congrès de Tours.

Emmanuel Dang Tran

Conseil National du PCF

Municipales de Noisy-le-Sec : un échec à méditer

La déception est immense à Noisy-le-Sec.

Aux municipales partielles des 5 et 12 décembre 2010, la gauche a perdu la mairie. Pour les communistes, la perspective de reprendre, défendre et développer l’œuvre de la municipalité communiste, longtemps dirigée par Roger Gouhier, s’éloigne encore.

 

Le résultat est sévère. La droite « centriste » du notaire Laurent Rivoire obtient 54,72% au second tour. Pourtant la gauche était sortante et avait repris la municipalité en 2008. Pourtant, nous sortons d’un mouvement national pour les retraites contre le pouvoir de droite auquel les Noiséens ont participé au moins autant, sinon plus, que le reste du pays. Pourtant en 2005, ils avaient voté à 63,06% (avec 65% de participation) contre la constitution européenne défendue par la municipalité de droite d’alors.

untitled.bmpDes explications immédiates apparaissent.

 

L’élection partielle a été provoquée par la démission en bloc des élus Europe-écologie-Les-Verts suivie de celle des élus PCF et apparentés.

Une liste s’est constituée contre la maire sortante PS, conduite par Gilles Garnier, membre de l’équipe dirigeante nationale du PCF et par Anne Deo (EEV) qui figurait sur la liste PS en 2008. Des meetings communs PCF-Europe-écologie sont organisés avec notamment Dominique Voynet, la dirigeante « verte » qui se félicite d’avoir débarrassé Montreuil de sa municipalité communiste. Il n’y avait en outre que sept adhérents du PCF sur la liste, Garnier compris. Le Parti de gauche a pu placer des candidats et a gagné finalement une élue.

Pas sûr dans ces conditions que les raisons de la division à gauche aient pu être comprises par tous.    

Au premier tour, la liste PCF-Europe-écolos devance largement la liste de liste de la maire sortante PS. Au second tour, il manque une centaine de voix sur 3400. Les traces de la division, la volonté récurrente de l’appareil PS en Seine-Saint-Denis, conduit par le président du Conseil général Bartolone, d’éradiquer le PCF de son ancien bastion, ont certainement pesé.

La droite, au contraire, réussit parfaitement la fusion entre la liste « Nouveau centre » et la liste UMP. Elle gagne 750 voix entre les deux tours. Sans atteindre les niveaux de Dassault à Corbeil, où avait lieu le même jour une élection partielle, la droite sait rassembler les catégories qui lui sont plus favorables et pratiquer un clientélisme habile, sur fond de résignation à tout changement, même dans les quartiers les plus pauvres.

Les experts en la matière du 9.3. étaient les premiers à applaudir dimanche soir : le populiste racisant maire du Raincy Eric Raoult (rapporteur sur la Burqa), le pseudo-social centriste Lagarde, maire de Drancy.

 

Mais il est nécessaire de rechercher des explications plus profondes. Un chiffres, entre tous, doit attirer notre attention, celui de l’abstention : 63,51% au 1er tour, 59,89% au second tour, un niveau, même pour des élections partielles, très élevé pour des municipales, par nature plus proches des gens.

 

Depuis des années l’organisation du PCF à Noisy comme ailleurs, est laissée en déshérence, malgré l’effort de quelques uns. La période de la Mutation réformiste depuis la fin des années 90 a été fatale aux cellules, si essentielles dans les quartiers. Bien sûr, c’était difficile de les faire vivre mais c’est devenu impossible sans impulsion des directions et sur la ligne de la « gauche plurielle ».

Les travailleurs, les pauvres à Noisy comme ailleurs attendent manifestement autre chose que le discours sociétal-bobo de Mme Voynet, ne comprennent rien aux calculs politiciens, se moquent de la démocratie « participative » bidon.

 

Depuis des années à Noisy comme ailleurs, le PCF, certes attaqué et affaibli, ne fait plus le choix avant tout de la lutte des classes, partant des préoccupations immédiates des populations.

Le Front de gauche, avec ou sans les écolos, les spéculations sur les élections de 2012, ne peuvent pas constituer un point de repère pour elles, même pas pour les communistes qui ne demanderaient qu’à « reprendre du service », ce que certains ont fait pendant cette dernière campagne.

 

Une ligne de classe, un parti communiste foncièrement rivé sur elle, voilà le besoin qui vient de s’exprimer à Noisy-le-Sec, du moins en négatif, pour résister dans la ville et la reconquérir dans l’intérêt du plus grand nombre en 2014, contre la politique au service du capital et ses effets

Pierre Laurent élu président du PGE, désigné par le Front de gauche et Mélenchon.

Le dernier congrès du Parti de la Gauche Européenne a élu son nouveau président : Pierre Laurent, secrétaire général du PCF.

 Sa candidature n’a été nullement proposée et discutée dans le PCF, ni même au Conseil national qui a seulement ratifié une délégation de 12 représentants du parti. Pourtant son élection a un sens politique fort, celui d’associer encore un plus le PCF à la logique d’accompagnement de la « construction » européenne.

De qui Pierre Laurent était-il donc candidat ? Nous l’apprenons sur le blog de Jean-Luc Mélenchon, dont le PG a envoyé également 12 délégués, à parité avec le PCF.

« C’était notre premier congrès en tant que membre à part entière du PGE. Et nous avons pu tout tenir sur trois jours. C’est-à-dire participer aux débats de la session plénière, à ceux de la rédaction de la résolution politique, aux conférences des présidents qui ont mis en place la nouvelle direction … Le Front de gauche français était candidat à la présidence du parti. Nous avons donc porté la candidature de Pierre Laurent pendant ces trois jours. ( … ) Nous étions les mieux placés. D’abord parce que la nature composite du Front de Gauche, alliant un parti communiste et deux autres formations écolo-républicain-socialiste (Le Parti de gauche) et trotskiste (la gauche unitaire), est à l’image du PGE lui-même. » 

Le communiqué de la direction du PCF va dans le même sens :

« Pierre Laurent, secrétaire national du PCF a été élu président pour deux ans et demi. Son élection témoigne de l’influence grandissante en France – et reconnu comme telle par ses partenaires européens – du Front de Gauche, qui rassemble, outre le PCF, le Parti de Gauche et la Gauche Unitaire ».

Front de gauche, PGE même logique ! Le PGE coordonne l’effacement des traditions et des organisations communistes des pays d’Europe dans une gauche réformiste, intégrée au consensus européen. 

Un autre choix est possible, celui qu’ont adopté les partis communistes grec ou portugais par exemple, celui du renforcement des partis communistes, de la lutte contre les politiques nationales coordonnées par l’UE du capital, celui l’internationalisme.

Forçons le débat dans le PCF : remettons en cause l’adhésion au PGE !

 

REPOSER LA QUESTION DE L’ADHESION DU PCF AU PGE

 Le 3ème congrès de « European Left » (Parti de la gauche européenne – PGE) se déroule jusqu’au 5 décembre 2010 à Paris La Défense.

La direction du PCF y a mandaté 12 délégués, le même nombre que le Parti de gauche de Mélenchon.

A l’issue du congrès, Pierre Laurent devrait être désigné président du PGE.

Le « Bloc des gauches » portugais et le « Synapsismos » grec ont également revendiqué la présidence. Dans leur pays, ils espéraient bénéficier encore davantage de soutien face aux partis communistes, le PCP et le KKE, qui ont refusé d’adhérer au PGE.

Rappelons que le PGE est un parti « européen », financé par la Commission européenne, dont les statuts stipulent l’adhésion à la « construction » européenne. Son projet, actualisé à ce 3ème congrès, est donc logiquement de relégitimer l’UE et ses institutions au nom d’une Europe sociale.

Sa vocation à développer des partis socio-démocrates de « gauche », à pousser à la transformation des partis communistes pays par pays pour les intégrer au consensus européen, n’a cessé de se vérifier.

La question de l’adhésion du PCF au PGE doit rester une question ouverte. Le texte alternatif (extraits ci-dessous) « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF » l’a reposée en juin 2010 à l’occasion du « congrès » extraordinaire.

Nous reproduisons aussi ci-dessous un argumentaire de 2004 s’informer d’informer les camarades sur le PGE à l’occasion du vote bidon organisé alors par la direction du PCF.

 

 

PGE : Extrait du texte alternatif du 35ème « congrès » « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF.

 

 

« Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait d’approuver le Traité d’Amsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de l’UE, allant dans le sens de « l’Europe sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. L’adhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable à Lisbonne), a accentué cette évolution. »

 

« En parallèle avec ces changements d’orientation, doit se reposer la question de l’adhésion de notre parti au Parti de la gauche européenne.

La crise grecque oblige les media à mettre en avant une réalité : le rôle crucial joué par le Parti communiste grec dans l’intervention des masses. Le KKE a refusé d’adhérer au PGE.

L’adhésion du PCF s’est faite dans la précipitation et la confusion en 2004, avec l’avis de moins d’un quart des communistes français. Le Parti communiste portugais a également exclu d’adhérer au PGE pendant que le Parti tchèque ne souhaite pas en devenir membre à part entière.

Les communistes français doivent disposer de tous les éléments. Le PGE est un « parti européen », parrainé et financé par la Commission européenne. Au Portugal, en Grèce et ailleurs, il soutient structurellement des organisations ouvertement anticommunistes. Son adhésion à la « construction » européenne est originelle. Est-ce le meilleur cadre de coopération international pour le PCF, alors qu’il existe déjà un groupe au Parlement européen beaucoup plus ouvert, GUE-NGL, et que d’autres formes de travail communiste international se font jour ?

Depuis plusieurs années, les partis communistes de plusieurs pays d’Europe (dont le KKE et le PCP) et d’ailleurs développent des cadres d’échange et diffusent des déclarations communes sur les sujets les plus importants. La direction du PCF, sauf exception, a choisi de boycotter ce cadre sans s’en expliquer. Il est temps de réviser cette position, eu égard au développement rapide de la « crise ».

 

 

NON A L’ADHESION DU PCF AU PGE : UNE ARGUMENTATION DE 2004 TOUJOURS ACTUELLE

 

Nous nous battons pour le NON au projet de « Constitution européenne »

Nous nous opposons à l’adhésion du PCF au Parti de la Gauche européenne, PGE !

Déclaration de la section du PCF du 15ème arrondissement de Paris,

5 octobre 2004

 

Au printemps dernier, le projet de création du « Parti de la gauche européenne » avait rencontré une forte opposition des camarades dans toute la France.

 

La direction du PCF n’en a pas moins décidé, sans consultation des communistes, d’apposer la signature du PCF comme membre fondateur du PGE au « congrès » de Rome, organisé symboliquement le 9 mai à la date de la « Journée de l’Europe » reprise par le projet de « Constitution » européenne.

 Six mois plus tard, elle vient demander aux adhérents de ratifier le fait accompli à l’occasion d’une consultation bâclée où l’essentiel des enjeux sont dissimulés aux communistes.
Le texte unilatéral accompagnant le « bulletin » de vote (dans l’Huma du 22 septembre, expédié à tous les communistes) n’éclaire pas les véritables objectifs et les conditions de la création du PGE.
Les communistes français ont plus que jamais besoin de revivifier l’engagement internationaliste fondamental du PCF. Le renforcement d’échanges et de coopérations entre partis communistes ou progressistes de différents pays, européens est une exigence pour renforcer la solidarité entre les peuples.

 

L’opération PGE est à l’opposé de cela.


1)- Le PGE, un outil au service de « l’intégration » européenne

Le PGE s’inscrit ouvertement dans le cadre dicté par le « règlement définissant le statut et le financement des partis politiques européens », adopté en juin 2003 par le Conseil européen et le Parlement européen et repris dans le projet de « constitution » de Giscard (article III-331). Ces « partis européens » ont pour mission de « promouvoir l’intégration européenne », en récompense de quoi l’Union européenne leur gratifie une subvention annuelle conséquente.
C’est à quoi se conforment strictement les statuts du PGE. A l’article 5 sur les objectifs du PGE, on lit : « promouvoir un travail de relations publiques européen qui soutienne activement la formation d’une entité européenne ».
La loi européenne est claire. Pour être « qualifié » comme « parti politique au niveau européen », il faut accepter dans ses statuts les principes fondateurs de l’Union européenne. Le PGE et avec lui les dirigeants du PCF s’apprêtent ainsi à prêter allégeance à « la concurrence libre et non faussée », principe fondamental de la (pseudo)-construction européenne repris par le projet de « constitution »

2)- L’adhésion au PGE est contradictoire avec l’engagement des communistes dans la campagne pour le NON au projet de « constitution » européenne
Le PGE s’inscrit dans le schéma de l’Europe fédérale et dans l’acceptation d’une constitution européenne. Plusieurs « membres fondateurs » du PGE ont d’ailleurs des positions très ambiguës sur la « Constitution européenne ». Plusieurs avaient approuvé le Traité de Maastricht. Certains de leurs dirigeants se sont même prononcés pour le projet de Giscard, dont la tête de liste du PDS allemand aux dernières élections européennes, Mme Sylvia-Yvonne Kauffmann (3 députés européens de la « gauche unie espagnole » se sont abstenus, le 4ème a voté pour…).
Nous remarquons que le PGE n’a pas encore pris position sur le « traité constitutionnel » et ne le fera que fin-octobre.

3)- Le PGE destiné à supplanter les partis nationaux et notamment le PCF ?
Le PGE est très loin d’être un simple « espace commun d’initiative politique ».
La première phrase de ses statuts du PGE indique qu’il vise à « unifier les partis » qui y adhèrent. Ses structures sont calquées sur celles des institutions européennes, avec un « président européen », un « conseil des présidents » auxquels les statuts donnent les moyens de contrôler le PGE. Comme l’Union européenne elle-même, le PGE est une structure pyramidale, antidémocratique dont les positions conditionneront celles des partis membres.
C’est une atteinte inacceptable à l’indépendance des communistes français.

4)- Le PGE, à l’opposé du rassemblement des communistes et des Partis communistes
Le « manifeste du PGE» est si vague que n’importe quel parti social-démocrate peut le signer et évite toute référence au communisme.

En revanche, la majorité des partis communistes européens (qui ont gardé ce nom) rejettent le PGE: les PC de Grèce, du Portugal, de République Tchèque, le Parti des communistes italiens… Parmi les autres composantes du groupe au Parlement européen dont font partie les 2 députés du PCF, tous les partis scandinaves, le Parti socialiste (non socio-démocrate) des Pays Bas,…  ont aussi dénoncé et combattu la création du PGE.

En Italie, la consultation de « Refondation communiste » a donné 47% de votes contre.
Contrairement à ce que le texte accompagnant le « bulletin » de vote dans l’Huma veut laisser croire, les partis communistes portugais et tchèque (Bohême-Moravie) ne sont pas « membres observateurs ».

Que signifie l’empressement des dirigeants du PCF pour imposer la fusion du PCF dans le PGE ? Au-delà de l’intérêt de la carotte financière, il est difficile de ne pas voir une nouvelle étape du ralliement de la direction du PCF, déjà manifeste en 1999 avec « Bouge l’Europe », à l’intégration européenne.

Les communistes se trouvent confrontés à une nouvelle tentative de coup de force pour effacer l’identité, les valeurs, les combats de toujours de leur parti. Il s’agit de faire franchir un pas nouveau à la « Mutation », au reniement de la raison d’être du PCF et même à terme de son nom, dilué dans le PGE.

La discussion sur le fond de l’adhésion au PGE est esquivée de même que la discussion pour ou contre le principe d’une constitution européenne.

Pour nous, la bataille au plan international pour une voie anticapitaliste est indissociable de la bataille pour préserver la souveraineté nationale, intrinsèquement liée à la souveraineté populaire. De même, notre combat internationaliste exige le maintien de l’indépendance du PCF (et son retour sur les rails de la lutte des classes !).

Comme plusieurs sections et fédérations en France, nous appelons les communistes à s’opposer et à voter contre l’adhésion du PCF au Parti de la gauche européenne, nouvelle tentative pour saborder le PCF, son originalité, son histoire.

Conseil national du PCF du 26 novembre 2010, Eric JALADE, membre du CN et secrétaire fédéral du Tarn

ericjalade.jpgIl y a un grand absent dans le rapport, le rôle et les objectifs d’action du PCF, alors que nous sortons d’un mouvement social, à bien des égards exceptionnel, dans l’implication, dans tout le pays, de millions de Françaises et de Français, notamment de jeunes, de salariés, alors que nous vivons et subissons une crise très grave du capitalisme, crise qui frappe très durement notre peuple dans son immense majorité.

 

L’opinion demeure toujours très largement opposée à la fin de la retraite à 60 ans et le niveau de mécontentement par rapport à la politique gouvernementale demeure très élevé. Le problème, c’est bien aujourd’hui celui de la perspective politique et qu’il y a eu, au moins à l’heure actuelle, victoire provisoire du pouvoir et du MEDEF sur ce dossier des retraites. 

Cela dit, la combativité demeure et les luttes ne se sont pas arrêtées (ainsi, les salariés de Pôle emploi ont mené récemment une grève nationale).

 

Quelques exemples très rapides :

Localement, nous avons eu, encore, mardi 23 septembre, plus de 2000 personnes dans les rues de Castres – chiffre donné par la presse – ce qui témoigne d’une combativité persistante, au-delà des cercles militants traditionnels ; de même, en l’espace de deux manifestations dans la seule ville de Castres, les militants communistes ont collecté près de 2.200 euros, remis par une délégation de notre parti aux cheminots grévistes et à leur organisation syndicale.

 

Nous avons pris notre place dans ce mouvement, avec une expression régulière de notre parti, appréciée très largement, avec des adhésions de salariés, de syndicalistes, de jeunes… qui ont bien vu la différence au quotidien et sur le terrain, entre la pratique politique des communistes et celle des autres formations.

 

L’enjeu, c’est de prouver, sur le terrain, notre utilité politique dans la situation actuelle, qui est terrible pour notre peuple, ce qui est directement la conséquence de la politique du capital, ici comme ailleurs en Europe.

 

J’ai à l’esprit les mots de Denis Kessler, vice-président et l’un des principaux idéologues du Medef, qui décrivait ce qu’était l’objectif réel de Nicolas Sarkozy, quelques moius après l’élection présidentielle de 2007. Les forces du capital mènent la lutte des classes avec cet objectif en tête : « en finir avec 1945 ».

 

Sur les retraites, sur la Sécu, sur les services publics, nous sommes engagés dans un affrontement de grande ampleur entre le capital et le travail.

 

Je suis étonné de ne pas avoir entendu un mot dans le rapport sur la publication – gravissime – ces derniers jours du décret qui, prolongeant la loi sur la mobilité de 2009, permet et va faciliter le licenciement des fonctionnaires – ce qui est clairement « un cheval de Troie » pour démanteler le statut de la fonction publique.

 

Nous devrions mener une bataille politique d’ampleur sur ce sujet.

 

De même, nous devrions être à l’initiative, partout, pour exiger l’arrêt des hausses de tarif de gaz et d’électricité ( et revenir sur les hausses scandaleuses de ces derniers mois), qui vont encore être aggravées par la loi NOME, adoptée récemment au Parlement.

 

Une telle bataille permettrait à la fois de répondre à la souffrance et aux difficultés quotidiennes de notre peuple et de porter concrètement l’exigence d’en finir avec la déréglementation et la concurrence tous azimut, de revenir à un service public unifié de l’énergie, tel qu’a pu être EDF-GDF à la Libération : c’est aussi une exigence d’une grande actualité.

 

Les questions de l’emploi, notamment de l’emploi industriel, devraient être au cœur de nos préoccupations, avec le niveau de chômage qui demeure très élevé dans nos villes et sur nos territoires. Quelles initiatives à ce propos ?

 

A partir des luttes et des aspirations populaires, nous devons travailler :

- à reconstruire une cohérence idéologique qui puisse nous permettre d’agir sur les contradictions actuelles.

- à mener des batailles structurantes qui répondent à l’urgence sociale et portent notre ambition d’une rupture avec le capitalisme. Il me semble nécessaire de réfléchir à nouveau sérieusement sur la question du socialisme.

 

J’ai le sentiment que nous continuons à confondre, avec la stratégie du front de gauche, le rassemblement – nécessaire, impérieux – et un processus de « fusion-dilution ». On prend, en particulier depuis le dernier congrès, cette question du rassemblement de manière finalement politicienne, par le haut, « petit bras », alors que nous devrions porter l’ambition d’un rassemblement populaire majoritaire pour lequel un PCF plus fort, plus influent, est nécessaire et indispensable. 

 

On a survalorisé les résultats électoraux et le bilan du Front de gauche, notamment lors du dernier congrès, alors qu’en réalité, nous ne sommes pas parvenus à rassembler réellement avec cette stratégie.

 

Aujourd’hui, nous sommes devant le piège des élections présidentielles et des institutions de la 5ème République (conséquence aussi du quinquennat et de la subordination des législatives aux présidentielles), face à une candidature, celle de Jean-Luc Mélenchon, portée par sa formation, mais aussi et surtout choisie et promue très largement par les médias et les instituts de sondages.

 

Je ne suis pas d’accord avec le calendrier proposé – notamment entre le 7 janvier, date proposée pour le CN et le 8 janvier, assemblée des secrétaires de section : alors qu’il n’y a toujours pas d’ordre du jour pour cette réunion.

 

Dernier point, nous aurions intérêt à regarder ce qui se passe aussi ailleurs en Europe, et à ce propos, le succès de nos camarades du Parti communiste grec (le KKE) lors des dernières élections locales et régionales doit aussi nous faire réfléchir à la fois au plan stratégique et sur nos relations à l’échelle européenne notamment avec le PGE.

 

En Grèce, le KKE réussit, progresse, se renforce, là où le parti soutenu et promu par le Parti de la gauche européenne (auquel adhère le PCF…) se divise et en échec sur un plan électoral, malgré son opportunisme.

 

L’enjeu de la commémoration du 90ème anniversaire du PCF et du Congrès de Tours ne revêt pas simplement une dimension culturelle ou mémorielle, mais il porte sur la nécessité pour nous de mener – aussi sur le terrain de l’histoire – la bataille idéologique sur la portée et la signification de la création de notre parti lors du Congrès de Tours et sur son actualité dans la France du 21ème siècle.

 

L’heure est bien, en France comme ailleurs en Europe, au déploiement de l’activité des communistes, dans un esprit de résistance et de contre-offensive, à l’opposé d’une stratégie d’effacement décidée à marche forcée et souvent sans les communistes, avec tous les risques que cela comporte quant aux divisions dans notre parti.

Conseil national du PCF du 26 novembre 2010 -Intervention de Corinne BECOURT, Fédération de l’Aisne-

corinnebecourt.jpgIntervention de Corinne BECOURT, fédération de l’Aisne  
Dans un premier temps, je tiens à alerter le CN sur la tentative de mainmise du pouvoir sur les bourses du travail. C’est le cas en particulier dans notre ville de Saint-Quentin dont le maire n’est autre que le ministre Xavier Bertrand. Engageons-nous entièrement avec les syndicats (la CGT à Saint-Quentin) pour défendre cet acquis d’un siècle de lutte ouvrière!

 

Avec le choix du Front de gauche, toute notre discussion est captée par les élections et les présidentielles en particulier, alors que nous venons de vivre une mobilisation exceptionnelle pour défendre les retraites.

 

Les spectres des collectifs antilibéraux et de la gauche plurielle réapparaissent.

 

Au 35ème congrès, non statutaire, sans que les communistes puissent se prononcer sur un texte amendable, la direction nationale a imposé le principe de candidatures communes pour 2012. Ce choix est lourd de conséquences aujourd’hui.

 

Les communistes n’ont jamais décidé que le Front de gauche devait supplanter notre Parti. Pourtant, même au cœur du mouvement, il n’y a pratiquement pas eu d’expression PCF en propre mais seulement des expressions, peu satisfaisante, estampillée « Front de gauche » avec notre logo noyé.

 

La méthode du coup de force, du fait accompli se confirme pour imposer le Front de gauche. On nous dit aujourd’hui que le CN du 7 janvier va adopter un texte que la rencontre nationale des animateurs de sections, le 8 janvier, n’aura plus qu’à entériner sans avoir pu en discuter dans le Parti.

De même, il est convenu avec Mélenchon de choisir le candidat « au printemps » au plus tard. Le congrès du PCF n’aura plus qu’à entériner, là aussi.

 

Membre du CN, je ne peux pas l’accepter.

 

A mesure que la démarche du Front de gauche se traduit dans la réalité, les illusions tombent sur l’indépendance vis-à-vis de la social-démocratie. Aller trouver des groupuscules qui n’existent pas pour faire « unitaire », ça n’a pas de sens. Les menaces sur l’avenir du Parti se précisent. Les projets de « mutation/métamorphose » que les communistes ont rejetés reviennent par la fenêtre. Le décalage est complet par rapport à ce que nous vivons sur le terrain

 

Les camarades se sont investis à fond dans la lutte pour les retraites. Nous avons fait l’expérience, au-delà même de notre propre attente, de combien les salariés attendent de nous des propositions, une perspective de rupture. Ils sont venus aussi vers nous, vers leurs collègues communistes, vers les cellules, la section à la recherche d’organisation de leur lutte.

 

Donc plutôt qu’un « projet partagé » pour justifier le Front de gauche et sa candidature présidentielle, je pense qu’il est nécessaire d’actualiser, de clarifier un programme communiste.

Après, il sera temps de le partager ! Le PG, lui, a rédigé son projet !

 

Nous ne partons pas de rien ! Le PCF a des fondements, une histoire, une grande histoire. Samedi 11 décembre, nous organisons un rencontre-débat pour le 90ème anniversaire du Congrès de Tours.

 

La rupture avec la social-démocratie, la collaboration de classe, est toujours d’actualité.

La constitution d’un parti de type nouveau, ancré dans le monde du travail, est toujours d’actualité.

 

A ceux qui disent que PCF traine des « boulets » [Cohen-Seat ici], je réponds que le PCF est plus moderne que jamais face au capitalisme.

Conseil national du PCF du 26 novembre 2010 -Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

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Nous devons analyser le mouvement que nous venons de vivre avec précision et lucidité. Je regrette que le rapport de Pierre [Laurent] plaque une auto-validation de la stratégie du Front de gauche qui n’a pas lieu d’être. 

 

D’un côté, le pouvoir n’a pas gagné la bataille des idées. Mais de l’autre, la loi Woerth a fini par être promulguée et le gouvernement s’est mis en ordre de bataille pour accélérer encore sa politique.

La mobilisation a été exceptionnellement nombreuse, témoignant de l’existence d’un rapport de force susceptible de gagner contre cette politique. Mais, après 2003, 2007 (régimes spéciaux), 2009, le mouvement fait à nouveau l’expérience de l’échec. Les relativement faibles taux de grévistes, notamment dans les entreprises en pointe les années précédentes, doivent nous interroger.

 

Le maintien d’une unité des organisations ne saurait représenter une victoire en soi. La recherche, comme préalable obligé, de l’unité des organisations a créé un décalage avec une lutte qui a explicitement accusé le capitalisme.

 

Quand j’entends ici se réjouir que Chérèque déclare dans l’Express que « la crise financière l’a changé », je tombe des nues. Il a fait expressément voter au congrès de la CFDT de juin l’acceptation de l’allongement sans fin de la durée de cotisation, ce qui a plombé le mouvement, et renvoie maintenant la question des retraites à une nouvelle contre-réforme structurelle en 2013.

Même double jeu de la CES : Son secrétaire, Mr John Monks peut bien aller essayer de chapeauter les manifestations au Portugal, c’est le même qui félicite Mme Merkel pour sa politique de l’emploi.

 

Du côté des organisations politiques, faute de clarification, notamment venant de notre parti, le PS a également lesté, vidé la revendication de la défense de la retraite à 60 ans. Sa mouvance s’est appliquée à déplacer l’objet de la bataille de la convergence des luttes contre la loi Woerth à un vague anti-sarkozysme renvoyant à 2012.

 

Le mouvement social continue de buter sur une perspective politique bloquée sur 2012, le schéma institutionnel.      

 

Loin de contribuer à la dégager, la poursuite de la stratégie du « Front de gauche » y enfonce le PCF, au moment où l’attente, la recherche d’un PCF qui joue son rôle dans la lutte des classes se manifestent comme jamais depuis des années.

 

Mélenchon ou Chassaigne, Chassaigne ou Mélenchon, les deux ensemble dans un ticket, un troisième suivant les sondages : nous voilà dans les mêmes turpitudes que les autres, aussi loin de l’exigence émise par les luttes !

Tout a été dit sur le politicien Mélenchon.

Je m’interroge sur le sens de la candidature d’André [Chassaigne - absent] : une candidature individuelle, mais poussée par la direction nationale à la Fête de l’Huma ou au meeting de Japy. Est-elle destinée à rabattre les communistes vers le Front de gauche, à donner l’image d’un PCF encore plus inféodé au PS que le Pg ?

 

Cette situation est le résultat absolument prévisible du choix imposé aux communistes, au faux congrès de juin, du principe de candidatures communes du Front en 2012.

Une solution pour sortir de ce piège, y couper court, c’est d’enfin donner aux communistes la possibilité de se prononcer sur une candidature présentée par le PCF. C’est indissociable d’une démarche de définition d’un programme communiste, sur la base duquel, ensuite, des alliances sont imaginables.

 

Le Front de gauche est à l’opposé de cette démarche.

Il porte en préalable le choix de l’effacement du PCF dans une mouvance de « gauche », « social-démocrate de gauche », avec comme objectif de tirer à gauche le reste de la social-démocratie dans une perspective de nouvelle gauche « plurielle » après 2012. Prétendre « tirer le PS à gauche » : on sait ce que cette stratégie a déjà coûté !

 

C’est pourtant le but qui est assigné au « programme partagé ».

J’ai été frappé, dans la rencontre suivant le dernier CN, avec des « personnalités » de la gauche associative et syndicale, par le rôle auquel on réduit le Parti : celui de prestataire de service en organisation de réunion et en interventions d’élu.

On laisse le beau rôle aux partenaires qui savent, tel Mélenchon, manier la radicalité, superficiellement, pour mieux rabattre vers la social-démocratie quand certains de nos élus se montrent enfermés dans leur compromis avec le PS.

 

Prenons les choses dans le bon ordre ! Nous avons besoin d’un programme communiste, partagé par les communistes, d’un programme communiste à partager. Et ce n’est pas un jeu de mots !

Il est notamment fondamental que nous remettions la perspective du socialisme à l’ordre du jour. Ne laissons pas le concept être repris et dénaturé par exemple par le Pg ! J’invite le CN à utiliser le dernier livre de Léo Figuères « Capitalisme, socialisme(s), communisme ».

 

Les choix de ceux qui considèrent que l’histoire du Parti est un « boulet » [ex : Cohen-Séat au CN même], que le PCF n’a plus de raison d’être, qu’il doit être métamorphosé, les choix de ceux qui l’ont quitté sur cette position pour mieux revenir dans le Front de gauche [les « refondateurs - la FASE], menacent toujours l’avenir du Parti.

Donnons-nous les moyens de faire vivre et de renforcer le PCF, ses organisations, sur des bases de luttes !

 

Je rejoins ceux qui ont déjà dit combien il n’est pas acceptable que le CN adopte une déclaration le 7 janvier sur les présidentielles la veille de l’assemblée nationale des délégués de section.

Je demande que notre CN d’aujourd’hui définisse l’ordre du jour de la rencontre du 8 pour que les sections puissent en discuter avant les Fêtes.

[Ce ne sera pas fait !]

Mélenchon, présidentielles, PCF :Pourquoi a-t-on imposé aux communistes Jean-Luc Mélenchon et des « primaires » du Front de gauche pour 2012 ?

untitled3.bmpMélenchon est égal à lui-même et aucun ne peut en être surpris. Ce politicien social-démocrate, formé par le trotskysme lambertiste de l’OCI (comme Jospin), se délecte de jouer le bateleur, maintenant avec une plus grande exposition. Tour à tour, selon le media qui l’interroge, il met en avant son « populisme » ou des prises de position radicalement de gauche.

Mais derrière le brouillage, deux positionnements fondamentaux demeurent.

En 2005, comme Fabius, il s’est posé en leader du « non de gauche » à la constitution européenne, seulement à ce projet là. Car en 1992, chantre zélé de Maastricht, qu’il qualifiait au Sénat de « bon compromis de gauche », Mélenchon révélait son adhésion profonde à l’UE du capital.

Depuis 2008, il a la dent dure pour ses camarades de sa maison-mère le PS qu’il a quittée et qui l’a nourri grassement. Mais il s’applique à tout ramener aux échéances institutionnelles de 2012 (la « révolution par les urnes ! ») et à la gauche unie, forcément avec ses anciens amis.

 

On comprend que les media valorisent autant le personnage depuis quelques mois. Lui et son groupe de transfuges sont la meilleure voiture balais à « gauche » que le PS et les forces de l’alternance peuvent imaginer. Ce sont aussi de bons instruments pour étouffer toute remontée de la grande organisation politique, historiquement au service du monde du travail, le PCF.

 

Mais pourquoi la direction du PCF a-t-elle choisi de rendre possible cette opération en le propulsant avec le « Front de gauche » ?

Mélenchon n’a pas caché son jeu. Il veut faire une OPA sur le PCF. Son projet est de constituer un parti de gauche, façon Linke, ou, à défaut, une coalition de gauche qui effacerait progressivement le PCF. Admirateur inconditionnel de Mitterrand, celui qui annonçait qu’il prendrait trois millions de voix aux communistes, Mélenchon est maintenant prêt à dire une messe en mémoire de Georges Marchais. Pour faire peuple, il donne dans la grossièreté, ce qui montre combien, à l’opposé de Georges, il méprise profondément les travailleurs.

En contribuant à faire perdre au PCF la moitié de ses conseillers régionaux en 2009, il a bien commencé avec le « Front de gauche ».

 

La direction du PCF semble en redemander. La direction, pas les communistes.

Rappelons que la constitution du « Front de gauche » s’est faite en conciliabule avec Mélenchon, sans contenu ni projet, en novembre 2008, parallèlement au 34ème congrès du Parti. La plupart des congrès départementaux était déjà passée. La proposition de résolution parlait de « constructions unitaires avec des cadres, des fronts, des alliances adaptés aux contenus portés et aux échéances affrontées », pas de « Front de gauche ».

Le « congrès » extraordinaire de juin 2010, anti-statutaire, en évitant de soumettre un texte à l’amendement des communistes, a confirmé ce choix et a décidé d’aller plus loin encore en adoptant le principe de candidatures communes aux élections de 2012.

 

Voilà maintenant les communistes enfermés dans une sorte de primaire pour les présidentielles, aussi lamentable que dans les autres partis, dans une resucée de l’épisode des Collectifs antilibéraux, alors que s’exprime si fortement dans les luttes le besoin du PCF.

 

Au « congrès » de juin, André Chassaigne était le plus opposé à une candidature présentée par le PCF et même ce que l’on fixe une date pour la désignation par les communistes d’un « candidat du PCF à la candidature ».

A la fête de l’Huma, il se porte candidat lui-même. Il le fait en son nom propre sans que le CN du PCF donne son avis. Mais il est invité à parler en vedette au meeting de Japy le 8 novembre et est poussé par les premiers dirigeants. Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

Mélenchon ou Chassaigne, Chassaigne ou Mélenchon, un « ticket » avec les deux dans le cadre d’un accord combinant présidentielle et législatives ?

 

Dans tous les cas, c’est le « Front de gauche » à la place du PCF.

Dans tous les cas, c’est l’alignement sur la gauche social-démocrate préparant une nouvelle gauche plurielle. Chassaigne est connu (et le revendique, comme à Japy) pour être un partisan de l’alliance de toute la « gauche » derrière le PS. Depuis 30 ans, on a pu mesurer à quoi conduisait la stratégie prétendant « tirer le PS à gauche ». 

Dans tous les cas, c’est prendre les choses à l’envers et concentrer l’attention des communistes non sur les luttes, non sur les propositions communistes mais sur l’échéance institutionnelle. Le programme « partagé », partagé avec la mouvance de la « gauche non communiste », habille la chose.

 

Le « Front de gauche », c’est bien l’alignement derrière le PS, l’effacement des positions communistes, la dilution du PCF avant sa transmutation. Les refondateurs, qui la souhaitent depuis longtemps, ne s’y trompent pas en se préparant à le rejoindre. Mélenchon est l’instrument efficace, même s’il demande beaucoup en échange, de cette opération qui se situe dans la droite ligne de la « mutation » et de la « métamorphose » du Parti voulues par les directions depuis au moins le Congrès de Martigues.

 

Nombreux sont les communistes qui sentent le danger et voient les pièges, notamment pour les présidentielles.

 

Au « congrès » extraordinaire, le texte alternatif « Face au capital, le peuple a besoin du PCF » a posé la nécessité, dans les conditions précises, d’une candidature présentée par le PCF sur des positions communistes, élaborées par les communistes.

Aujourd’hui, continuons à prendre les choses dans l’ordre et à rester sur le fond. Il ne s’agit de rentrer dans le jeu et de dénicher un moindre mal, un sauveur qui se présenterait, en dehors du Parti, sur quelques affirmations identitaires doublées de positions ambiguës.

Il s’agit de porter les positions communistes qu’appellent les luttes, de continuer à faire vivre et renforcer les organisations du PCF sur ces bases, de faire monter le plus largement l’exigence de la candidature y correspondant pour ces moments du combat que sont les élections.

 

Et, dans la période, ce peut difficilement en être d’autres qu’une candidature PCF.

 

 

Présidentielles – Mélenchon – PCF: analyse du texte alternatif de congrès

Nous reproduisons ci-dessous l’analyse portée par le texte alternatif pour le « congrès » extraordinaire de juin 2010, « Face au capital, plus que jamais notre peuple a besoin du PCF » sur la question des élections. L’opération Mélenchon, les choix de la direction du PCF renforcent son actualité.

un point d’appui irremplaçable pour les luttes : le vote communiste 

Des élections cantonales auront lieu dans la moitié du pays en mars 2011. Après notre congrès de juin 2011, des élections sénatoriales se tiendront en septembre, puis les présidentielles et législatives en avril et juin 2012.

Pour les communistes, les luttes sociales ne s’opposent pas au moment électoral, les élections étant une étape dans le combat politique. Le développement des luttes doit pouvoir trouver un débouché politique, c’est tout le sens et la spécificité du vote communiste. Le mouvement populaire et toutes celles et ceux qui luttent aujourd’hui seraient plus forts avec un PCF plus influent, avec davantage d’élus communistes. Ils sont un point d’appui incontournable pour le développement des luttes et leur convergence.

Ne pas semer d’illusions pour 2012 !

L’établissement du quinquennat en 2000 a renforcé la polarisation de la vie politique autour de l’élection présidentielle. Le premier objectif recherché par les partis de l’alternance était de laisser des périodes de 5 ans aux gouvernements sans sanction populaire possible par les urnes. Le second était de réduire la vie politique à une élection bipolarisée et biaisée par le choix d’un individu.

Adversaire depuis l’origine de l’élection du Président de la République au suffrage universel, le PCF doit continuer à dénoncer avec force ce système dans le cadre de ses propositions de réformes des institutions.

La personnification du pouvoir et de sa politique est mise en scène à outrance derrière la figure de Nicolas Sarkozy. Ses méthodes personnelles y contribuent.

Mais nous devons nous opposer à ce que l’aspiration au changement de politique se réduise à l’objectif de battre Sarkozy en 2012et même à celui de battre la droite. C’est nécessaire mais loin d’être suffisant.

Ne renvoyons pas tout au rendez-vous électoral de 2012 ! L’alternative politique part des luttes de 2010 et de 2011.

Ne cultivons pas d’illusion sur la « nouvelle ère politique, sociale et démocratique » qui pourrait s’ouvrir en 2012 ! Elle est inimaginable à partir de l’unité derrière le PS des formations de gauche et des Verts.

L’idée prétendant peser pour « tirer à gauche » la social-démocratie en allant avec elle a montré qu’elle aboutissait au contraire à notre alignement sur elle comme caution de gauche et à notre décrédibilisation. Nous nous souvenons de la période 1997-2002 et de l’état dans lequel en est ressorti le Parti.

Aussi préparer un « projet de gouvernement » pour l’après 2012 avec le « Front de gauche », c’est aller dans la même impasse. Bien sûr, le PCF a besoin d’un programme qui mette en cohérence ses axes de lutte, ses propositions et son projet révolutionnaire.

Mais nous avons tiré les enseignements du programme commun de gouvernement, combien il avait favorisé le PS et détourné les travailleurs du premier lieu de la bataille politique, les luttes.

De surcroît, il ne s’agit plus d’ici 2012 avec le projet du Front de gauche, de jouer un rôle majeur dans un futur gouvernement, comme on l’imaginait dans les années 70, mais celui d’une force d’appoint. Cette démarche reproduit donc l’expérience en pire en canalisant électoralement à gauche vers le PS et en faisant le jeu au sein du Front des éléments non communistes, Mélenchon en tête.

Annoncer dès maintenant une candidature présentée par le PCF

C’est dans l’ensemble de ce contexte, à côté de notre action prioritaire dans les luttes, que nous devons envisager la candidature que nous soutiendrons aux présidentielles. Même malgré nous, la question est déjà posée, omniprésente. Nous n’y échapperons pas, d’autant moins que la démarche du « Front de gauche » a déjà placé Mélenchon dans l’orbite de 2012 et qu’il ne manquera pas un instant de nous le rappeler.

En premier lieu, notre réflexion n’a de sens qu’en relation avec nos axes de luttes que l’élection doit prolonger et avec la perspective politique que nous portons.

Cela implique déjà d’écarter toute hypothèse de candidature unique de la gauche, derrière la social-démocratie.

Les méfaits du système présidentiel s’étendent à toute la vie politique. A la « gauche de la gauche », nous avons déjà vécu avant 2007 la concurrence lamentable que se sont livrée plusieurs « personnalités ». Pour 2012, Mélenchon n’est pas le seul prétendant sur les rangs.

Cette logique de « concours de miss » rabaisse le combat politique à des combines politiciennes et laisse en définitive la décision aux sondages et à la complaisance des media.

Après l’échec interminable et paralysant des « Collectifs antilibéraux », la candidature tardive, presque à contre cœur de Marie-George Buffet, candidate de la « gauche populaire antilibérale », alors en congé de direction du PCF, en 2007, a abouti au désastre que l’on sait.

On l’a vu aussi plus haut, la question de l’affirmation du PCF, en tant que tel, est également une question majeure, contre le processus d’effacement. Nous refusons que des élections servent de moyen pour forcer un processus de recomposition politique effaçant et affaiblissant le PCF et son expression.

Pour toutes ces raisons, dans cette situation précise, notre parti doit annoncer la présence d’une candidature du PCF, de rassemblement, aux présidentielles de 2012, dont il choisira le nom au congrès ordinaire de juin 2011.

Pour les mêmes raisons, pour les élections cantonales et législatives, dans le respect des prérogatives statutaires des organisations du Parti, nous nous prononçons pour des candidatures de rassemblement, communistes ou apparentées, présentées par le PCF.

L’existence d’un groupe communiste à l’Assemblée nationale est un enjeu primordial. Le nouveau règlement a ramené à 15 le nombre d’élus nécessaire pour constituer un groupe. Il n’y a plus aucun prétexte possible pour que le groupe où siègent actuellement les députés communistes ignore toute référence communiste et fasse la part belle aux Verts.

 

 

Message de félicitation au Parti communiste grec (KKE)

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Chers camarades,

 

Prenant connaissance des résultats des élections locales en Grèce, nous voulons particulièrement saluer l’action de votre Parti dans votre pays comme au plan international.

 

Le monde du travail, l’ensemble du peuple grec sont la proie d’une offensive du capital sans précédent depuis des décennies dans un pays de l’Europe dite occidentale.

Au nom de la dette publique, fabriquée par les gouvernants successifs au service des banques et des groupes capitalistes, les acquis sociaux et démocratiques sont violemment mis à mal, l’exploitation accrue, le développement économique lourdement compromis.

L’euro est un instrument de cette entreprise de démolition.

La Grèce s’est transformée en laboratoire des politiques de casse sociale en Europe.

 

Les élections locales des 7 et 14 novembre viennent de montrer le niveau de discrédit des partis de gouvernement, la droite libérale et la social-démocratie qui alternent au pouvoir pour mener cette politique pour le compte des possédants. Dans un contexte d’abstention et de vote nul record, jusqu’à 70% à Athènes au second tour, ils n’obtiennent, ensemble, que le soutien d’un électeur sur trois.

 

Une seule formation politique obtient un résultat faisant écho aux immenses mobilisations populaires. C’est le KKE qui passe de 7,5% à 11% des suffrages exprimés de 2009 à 2010, seule formation à gagner des voix.

 

Nous savons quelle est l’action du KKE dans les luttes, à l’opposé de toute ligne électoraliste et opportuniste, fût-elle présentée de « gauche ».

Le KKE, ses militants animent inlassablement les batailles contre les projets antisociaux, en même temps qu’ils démontent la logique du capitalisme.

 

Nous observons avec le plus grand intérêt les avancées enregistrées par vos camarades dans les organisations de masse, syndicales parmi les salariés avec le PAME, parmi les agriculteurs, parmi les travailleurs dits « indépendants ».

Nous savons, camarades, comment vous savez rejeter toutes les illusions vendues aux peuples par les impérialismes nationaux, européens, extra-européens.

 

Nous apprécions aussi au plus haut point la priorité que vous consentez à la reconstitution d’une coordination internationale des partis communistes, se nourrissant, sur la base du marxisme et du léninisme, des luttes de chacun. Pour nous aussi, les luttes nationales et internationalistes sont inséparables.

La participation de plusieurs membres éminents de votre parti à des initiatives en France récemment nous ont aidés et nous voulons vous en remercier aussi.

 

Dans ces conditions, votre résultat électoral s’avère hautement encourageant pour nous aussi, communistes français, confrontés en France au carcan de l’alternance à gauche, au blocage du Parti de la gauche européenne, aux hésitations théoriques de notre propre parti.

 

Vous pouvez comptez sur nous pour valoriser les expériences communistes grecques.

Le renforcement des organisations communistes en France, en Grèce comme ailleurs est la condition pour les classes ouvrières de nos pays, les peuples de trouver une perspective politique émancipatrice, révolutionnaire.

 

Vive le Parti communiste grec (KKE) !

 

Corinne BECOURT, Frédéric BERNABE, Emmanuel DANG TRAN, Fabienne DEBEAUVAIS, Claude FAINZANG, Eric JALADE, Dominique NEGRI, membres du Conseil national du PCF

CN du PCF des 22 et 23 octobre 2010 – Intervention d’Emmanuel DANG TRAN (réaction sur les 37,5 annuités)

manu96ppp.gifIntervention d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris
 
En réaction à ce que vient de dire le camarade, je veux souligner combien la proposition du retour aux 37,5 annuités est non seulement juste, crédible mais essentielle dans la défense du système solidaire par répartition. Nous portons l’exigence de l’abrogation de la loi Balladur depuis 1993 mais elle est anormalement délaissée dans la campagne nationale aujourd’hui.

 

Nous devons vraiment avoir ce débat. La contradiction profonde avec le PS qui choisit l’allongement de la durée de cotisation pour affaiblir notre système de retraites ne doit pas le bloquer.

 

La durée moyenne des carrières de ceux qui font valoir leurs droits à la retraite en 2010 est de 36 ans, sans compter les années de bonification. Le Conseil d’orientation des retraites, lui-même, prévoit qu’elle sera de 37 ans pour ceux qui liquideront leur retraite dans les années 2020, cette estimation avec un taux de chômage envisagé à 4,5%.

Donc 37,5 années, cela correspond à une réalité. 37,5 ans de travail dans une vie, c’est déjà long en termes de choix de société.

 

Revenir aux 37,5 annuités, c’est une proposition que redonne sa crédibilité au droit à la retraite à 60 ans pour tous.  

Je trouve l’argument complètement spécieux qui consiste à dire que pour certains cela ne suffira pas pour bénéficier du taux « plein » à 60 ans. C’est une réalité. Mais avec 40,5 annuités comme aujourd’hui, 41,5 voire 43 dans quelques années, les conditions seront évidemment bien pires, inaccessibles pour le plus grand nombre.

 

L’âge d’entrée sur le marché du travail n’est pas de 27 ou 30 ans comme on l’entend. Il est en réalité de 21 ans. Les trois-quarts des étudiants sont aussi salariés. Peu étudient plus de 4 ou 5 ans.

27 ans, c’est l’âge moyen d’accès au premier emploi stable. C’est là qu’est le problème. Nous ne pouvons pas accepter cet état de fait. Notre bataille doit être dirigée contre le chômage, l’emploi précaire, les stages pratiquement pas rémunérés que le patronat impose en particulier aux jeunes, mais aussi de plus en plus aux salariés les plus âgés.

 

Le retour aux 37,5 annuités est une condition pour défendre la légitimité du système par répartition auprès des salariés.

La déconnexion entre la durée réelle des carrières et la durée de cotisation demandée pour une retraite à taux « plein » remet en cause la conception de la retraite comme prolongation du salaire, la légitimité du financement solidaire des retraites par la cotisation sociale, partie socialisée du salaire.

 

Le patronat, le capital ne demandent que ça depuis toujours, depuis 1945, pouvoir mettre la main sur le financement solidaire. Les gouvernements successifs ne cesse d’en saper l’efficacité, également pour que les salariés cessent de le défendre.

 

Or il n’y a pas de prélèvement sur la création de richesse, sur les profits, plus direct, sans gâchis financier, que le salaire dans sa partie nette et sa partie socialisée.

Notre parti, qui est à l’origine de l’établissement de ce système à la Libération, doit être le plus déterminé à le défendre.

PCF-Conseil national des 22 et 23 octobre 2010 – Intervention de Corinne Bécourt, fédération de l’Aisne

corinnebecourt.jpgConseil national des 22 et 23 octobre 2010 

Intervention de Corinne Bécourt, fédération de l’Aisne

 

La situation est inédite depuis des années, très encourageante. Le besoin du PCF s’exprime fortement d’un PCF qui reste fidèle à sa raison d’être.

A Saint-Quentin, nous constatons, comme ailleurs, l’engagement dans la lutte d’un grand nombre de salariés, de jeunes, qui n’ont pas l’habitude de se mobiliser.

La résignation recule. L’acceptation que nous avions constatée du discours « travailler plus pour gagner plus » a disparu.

Dans leur recherche d’action et de perspectives, ils se dirigent vers les syndicats mais aussi spontanément vers le Parti. Les 40.000 tracts que nous venons de diffuser dans la période à la porte des boîtes et dans les quartiers sont lus, discutés. La banderole de la section rassemble largement au-delà de nous-mêmes dans les manifestations. Nous sommes comme des poissons dans l’eau dans les initiatives interprofessionnelles (avec forte participation des cheminots). Ce n’est vraiment pas le cas du PS.

 

Après ces semaines de lutte, ici, je me sens un peu déconnectée.

L’essentiel, c’est de peser de toutes nos forces dans la victoire possible et déterminante de la lutte présente pour les retraites, non d’envisager de nouvelles formes de recomposition politique de la gauche d’ici les présidentielles.

Commençons par défendre de façon claire et offensive les positions communistes avant de s’inscrire dans un processus de « programme partagé » aux contours « unitaires » incertains.

Méfions-nous aussi de tomber dans la personnification contre Sarkozy qui tend à faire diversion et à déplacer la perspective vers 2012 ! Mettons en évidence la place du Medef !

 

De ce que j’entends sur les cantonales, je comprends que l’on va enfin pouvoir avoir des candidats PCF localement. Cela me convient. Mais, il ne faudrait pas que le résultat national soit crédité au compte du Front de gauche.

Faire vivre et renforcer le PCF : Un nouveau journal à votre disposition « Cahiers Communistes »

cahierscommunistes@orange.fr

Un nouvel outil pour les communistes.

Vous pouvez lire ci dessous la lettre d’accompagnement envoyée à de nombreux communistes en France ainsi que le journal N°1.

Nous avons également quelques exemplaires de ce journal à la Section ainsi que des bulletins d’abonnements .

 Objectifs :

 - réaffirmer l’actualité des fondamentaux théoriques, marxistes du PCF ainsi que l’importance cruciale de l’organisation communiste dans la lutte des classes.

- proposer de redonner son nom à la perspective que doit porter notre parti : le socialisme.

 - aider à la revitalisation de cellules, de sections, notamment à l’entreprise et dans les quartiers populaires et les campagnes.

 - promouvoir l’adhésion au PCF.

 

 Le montant de l’abonnement est de 15€ pour 5 exemplaires, 30€ pour 10, ou plus pour la souscription

infos :  cahierscommunistes@orange.fr  ou corinnebecourt@hotmail.fr

Je suis à ta disposition pour toute info complémentaire .

Fraternellement

Corinne BECOURT

 

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CAHIERS COMMUNISTES

 Pour faire vivre et renforcer le PCF 

cahierscommunistes@orange.fr

Cher(e) camarade, Tu trouveras dans ce courrier le numéro 1 du journal « Cahiers communistes pour faire vivre et renforcer le PCF » tel que nous l’avons lancé à la Fête de l’Humanité.

Cet outil nouveau, dont le nom fait référence à la revue qui nous a tant aidés jusqu’à sa liquidation en 1999, vise à développer l’échange, la mutualisation d’analyses et d’expériences de lutte pour aider à l’activité militante des organisations du PCF sur une base de classe.

Il se situe dans la démarche que nous avons impulsée depuis plusieurs congrès et dernièrement au « congrès » extraordinaire de juin 2010 avec le texte « Aujourd’hui plus que jamais, face au capital, notre peuple a besoin du PCF » ou bien avec la déclaration « Faire vivre et renforcer le PCF » de Malakoff du 21 mars 2009.

Face à la poursuite du processus d’effacement de notre parti et de son identité révolutionnaire, maintenant au nom du « Front de gauche » et des « transformations », cette nouvelle publication reprend les objectifs de:

 - réaffirmer l’actualité des fondamentaux théoriques, marxistes du PCF ainsi que l’importance cruciale de l’organisation communiste dans la lutte des classes.

- proposer de redonner son nom à la perspective que doit porter notre parti : le socialisme.

 - aider à la revitalisation de cellules, de sections, notamment à l’entreprise et dans les quartiers populaires et les campagnes.

- promouvoir l’adhésion au PCF.

 Nous voulons aussi diffuser des informations et des analyses sur le mouvement communiste international, utiles pour notre propre combat.

Le numéro 2 d’octobre contiendra un compte-rendu de la Fête de l’Huma et des débats que nous y avons organisés.

 

 Salutations fraternelles,

 

Corine Bécourt (section de Saint-Quentin – CN) ; Frédéric Bernabé (Fédération de la Haute-Saône – CN), Emmanuel Dang Tran (Section de Paris 15ème – CN), Claude Fainzang (Paris 19ème – CN) ; Eric Jalade (Fédération du Tarn-CN), Dominique Negri (section de Saint-Martin d’Hères – CN)

Pour les camarades qui ont pris la décision de lancer le journal le 10 avril

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