Archive | avril 2014

Alstom : mobiliser les salariés, le pays pour bloquer la vente, pour conquérir une nationalisation démocratique

Alstom : mobiliser les salariés, le pays pour bloquer la vente, pour conquérir une nationalisation démocratique dans Luttes, grèves, manifs 140428_alstom_turbine-300x200L’annonce des tentatives de prise de contrôle d’Alstom par les multinationales à base américaine, General Electric, ou allemande, Siemens, soulève des inquiétudes, justifiées par l’expérience, de démantèlement de l’industrie de l’énergie et des transports en France.

L’annonce précipitée de l’opération capitalistique prend de court l’opinion et les salariés. En quelques jours, toute leur vie, celle de leur famille, leur emploi apparaissent menacés.

La montée de la riposte est urgente face à ce coup de force.

A nouveau, comme contrefeu et diversion, resurgit la formule aberrante du « patriotisme économique ». Comme si les capitalistes avaient une patrie ! Les actionnaires français, Bouygues premier d’entre eux, le PDG Kron, ont préparé le terrain à la liquidation de l’entreprise. Ce qu’ils recherchent, comme tout capitaliste, c’est la plus-value, le taux de profit maximum, à l’opposé de la réponse aux besoins du pays. Comme les dirigeants de l’entreprise, les pouvoirs publics simulent la surprise après avoir accompagné la casse d’Alstom depuis des années.

Il est nécessaire de libérer le débat de toutes ces confusions, notamment quand il s’agit d’aborder la revendication nécessaire de la nationalisation.

La droite ose se prévaloir de la « nationalisation » partielle d’Alstom, opérée en 2004 sous le ministère de Sarkozy. Voilà même maintenant Mélenchon qui se revendique de l’ex-président! Non ! La « nationalisation » sous l’égide du MEDEF et de l’UE, a permis de renflouer l’entreprise, saignée par le versement de dividendes écrasants à ses anciens propriétaires, pour garantir les bénéfices des banques prêteuses. Elle a engagé le démantèlement d’Alstom en livrant les Chantiers navals de l’Atlantique à un groupe norvégien et à un avenir incertain, en désengageant Alstom de certaines industries situées au cœur de son activité – les turbines industrielles cédées à Siemens, la distribution d’énergie à Areva. Jospin avait amorcé le mouvement en 1999 en laissant faire la vente des turbines à gaz d’Alstom à General Electric.

La « nationalisation » version Sarkozy a tourné le dos aux attentes des salariés et aux besoins du pays. Elle n’a rien à voir avec les nationalisations démocratiques pour lesquelles communistes, nous militons. Nous ne laisserons pas dévaloriser cette revendication essentielle, combattue par le gouvernement actuel pour PSA ou pour Arcelor.

Après quelques années, de retards en retards d’investissements, après un passage concerté de l’actionnariat d’Etat à celui de Bouygues, la mariée Alstom est prête au dépeçage ! Comme Péchiney, comme Alcatel etc. Anticipant le mouvement, la plupart des régions de « gauche » ont préféré ces dernières années, pour stimuler la concurrence, malgré les déboires techniques et les surcoûts, commander des rames de TER et de RER au groupe canadien Bombardier…

Oui, il faut se mobiliser pour une mesure d’urgence pour obliger le gouvernement à bloquer l’opération. Il en a tous les moyens. Il a tous les moyens pour empêcher le groupe Bouygues, qui vit et prospère à ses dépens – pensons au chantier du siècle du Pentagone à la française-, de vendre ses actions.

A nouveau, après Florange et dans le même objectif d’enfumage, Montebourg et d’autres évoquent une possibilité de « nationalisation temporaire » pour mieux laisser passer le mauvais coup précipité et compromettre la mobilisation nationale pour défendre Alstom.

Exigeons que le gouvernement bloque la vente d’Alstom immédiatement ! Les carnets de commandes sont remplis pour trois ans.

Faisons monter avec les salariés d’Alstom, ceux de l’énergie, ceux du transport, au-delà dans le pays, l’exigence d’une nationalisation pleine et entière d’Alstom suivant un projet industriel de réponse aux besoins du pays dans ces activités cruciales, en partenariat notamment avec EDF, Areva, la SNCF, la RATP.

Vivelepcf, 28 avril 2014

Election des exécutifs des communautés urbaines: Les compromis et compromissions du 4ème tour des municipales – exemple d’élus PCF à Amiens

Des camarades du PCF d’Amiens ont exprimé leur vive condamnation avec la décision des maires, adhérents du PCF, de Camon et de Longueau, de rejoindre l’exécutif, comme vice-présidents, de la Communauté urbaine d’Amiens.

Nous reproduisons en bas de cet article pour information leur déclaration.

 

L’élection des présidents et exécutifs des communautés de communes, d’agglomération ou des communautés urbaines (future « métropoles ») constituent un véritable 4ème tour des élections municipales après les élections des maires.

Le fait que les conseillers communautaires aient été pour la première fois élus directement (par un « fléchage » peu compréhensible sur les bulletins de vote aux municipales) – et non plus par les conseils municipaux – ne change rien à l’éloignement de ces responsables vis-à-vis des populations et du suffrage universel.

Pourtant, les intercommunalités n’ont cessé de voir leurs prérogatives, leurs moyens, leur influence politique augmenter, jusqu’à devenir prédominants, au détriment de la démocratie communale.

Dans ce contexte de recul démocratique organisé, d’opacité, les tractations politiciennes vont bon train. Les collusions entre droite et « gauche », sur fond de large consensus voire d’interchangeabilité des équipes et des programmes, se réalisent.

Un « sans étiquette » a été élu à la tête de la Communauté urbaine de Lille avec l’aval d’une partie de la droite, majoritaire, et de Martine Aubry. Gérard Collomb (PS) garde la présidence de la Communauté urbaine de Lyon avec le soutien d’une large frange des élus de droite (avec aussi les félicitations du maire PCF de Givors mais pas celles des élus PCF de Vénissieux).

A Bordeaux, grand seigneur, Alain Juppé et sa large majorité de droite ont laissé des places de présidents au PS, aux Verts mais aussi une au PCF.

Election des exécutifs des communautés urbaines: Les compromis et compromissions du 4ème tour des municipales – exemple d’élus PCF à Amiens dans BREVES 140422_amiens-262x300A Amiens, Alain Gest, UMP, a été ravi d’octroyer à deux maires PCF une vice-présidence  de la Communauté urbaine dont il vient de prendre le contrôle.

Pourtant les exécutifs des communautés d’agglomération ne pas des institutions « techniques » (« au delà des clivages »), mais bien des gouvernements locaux ! Comment des élus PCF peuvent-ils concevoir une participation à l’application – loyale – de la politique de la droite (la question se pose aussi ailleurs pour la politique du PS) ? Qu’obtiennent-ils en échange ?

Notre parti, le PCF, vient de subir un lourd recul électoral en influence et en élus. Malgré ses militants, il a subi le vote sanction de la gauche au pouvoir. Il a certes payé les illusions semées par le Front de gauche sur un changement en 2012. Il continue de payer la perte d’identification de ses positions et de sa forme d’organisation historiques. Dans ce cadre, l’institutionnalisation de son appareil, les alliances sans principes auxquelles elle conduit (comme à Paris dès le 1er tour derrière les sociaux-libéraux Delanoë et Hidalgo) coûtent très cher.

Voilà maintenant que certains élus PCF sont prêts à gérer les institutions intercommunales avec la droite !

Nous comprenons et partageons l’indignation de nos camarades amiénois. Ces compromissions ne peuvent être ni tues, ni tolérées au sein du Parti!

 

La direction du PCF de la Somme se compromet avec l’UMP! http://www.cedricmaisse.fr/
L’équipe de l’Aube nouvelle et les communistes de la cellule Jean Petit d’Amiens condamnent avec la plus grande fermeté la décision des maires PCF de Camon (Jean-Claude Renaux) et de Longueau (Colette Finet) de rejoindre l’exécutif UMP d’Amiens-Métropole.
Ainsi Jean-Claude Renaux a tenté de justifier l’injustifiable à la radio ce jour :
« - Camon, troisième commune de l’agglomération, Longueau, deuxième commune de l’agglomération, donc, de ce point de vue là, en dehors de tout critère politique, c’est normal qu’elles aient leur place dans l’exécutif de la métropole.  » (France bleu Picardie 18 avril 2014)
Jean-Claude Renaux fait partie de la direction départementale du PCF de la Somme mais il ne fait pas de politique. Pour lui, seuls les poids démographique et économique des communes détenues par des maires PCF comptent. Surtout pas de politique ! Participer à la gestion de notre agglomération sous la direction du député UMP, et maintenant président d’Amiens-Métropole, Alain Gest ne lui pose aucun problème ! Pour lui la gestion d’Amiens-Métropole ne relève que de décisions techniques. Pourquoi veut-il donc être élu dans ce cas ? Qu’il laisse faire les services qui appliquent bien sagement les directives européennes sur notre territoire…Par ailleurs a-t-il lu le programme politique de l’UMP ? Alain Gest a participé par exemple à la manif amiénoise s’opposant au mariage pour tous !
Mais Jean-Claude Renaux ne s’arrête pas là :
« - Quand on est dans un exécutif, c’est comme dans un conseil des ministres. Voilà on est partie prenante dans un travail d’équipe… » (France bleu Picardie 18 avril 2014)
Les ministres d’un gouvernement sont nommés de façon cohérente à l’issue de la définition d’une majorité par un vote aux élections présidentielles et législatives. Ce n’est pas pareil à amiens-Métropole ! Jean-Claude Renaux a fait un choix qui ne respecte pas les objectifs ni de son parti le PCF, ni du Front de gauche ! Colette Finet s’est présentée aux électeurs comme tête de liste d’un rassemblement de la gauche à Longueau. Peut-elle représenter ses électeurs tout en siégeant dans un exécutif de droite ? Nous pensons qu’elle va trahir, à coup sûr, leurs intérêts de par le fait même de la cogestion avec l’UMP !
« Lorsqu’on a des désaccords, on les exprime là où il faut les exprimer, poursuit Jean-Claude Renaux, et puis ensuite, évidemment, on porte la parole commune une fois que les débats sont tranchés, on se doit de les porter. » (France bleu Picardie 18 avril 2014)
Que vont peser 2 vice-présidents PCF en face de 13 de droite. Jean-Claude Renaux nous explique donc qu’il va devoir approuver, mettre en œuvre et justifier une politique de droite ! C’est tellement inacceptable que le PS par la voix de Thierry Bonté en arrive à dire :
« - Je ne dirais pas qu’ils se vendent mais au fond il va bien falloir évidemment qu’ils votent les budgets parfois sans doute en contradiction avec ce qu’ils ont voté lors de la mandature précédente.  » (France bleu Picardie 18 avril 2014)
Comme d’habitude, le PS n’ose pas dire franchement les choses. Les élections cantonales se préparent déjà avec un partage des candidatures entre le PCF et le PS, notamment en ce qui concerne le canton de Camon… Jean-Claude Renaux et Colette Finet font une politique de notables. Ils espèrent tirer des avantages de la majorité de droite pour leur commune respective. Ils veulent, au passage, continuer à toucher les indemnités de vice-président…
Les élus communistes et plus largement de la gauche à la métropole vont devoir entrer en contradiction avec ces vice-présidents s’ils veulent respecter leurs convictions notamment au moment du vote du budget. Ils n’en auront probablement pas le courage.
Tout cela est dans la continuité de la gestion du précédent président d’Amiens-Métropole, le « socialiste » Gilles Demailly. Colette Finet, qui reste donc vice-présidente à l’eau et assainissement, a augmenté les tarifs de l’eau chaque année (+ 8% sur 6 ans) et a supprimé une tournée de ramassage hebdomadaire des ordures ménagères. Elle a approuvé entre 2008 et 2014, avec Jean-Claude Renaux, toutes les privatisations, augmentations de tarifs, subventions aux entreprises… décidées par le PS.
À présent, ces deux dirigeants du PCF de la Somme vont pouvoir continuer la même politique d’austérité en compagnie de la droite. Pour eux, cette politique menée indifféremment par la gauche ou par la droite est la seule possible. Quelle imagination !
Nous avons dénoncé avec constance, entre 2008 et 2014, leurs options politiques antisociales. En acceptant d’entrer dans l’équipe d’Alain Gest, ils ne font que suivre leur pente naturelle.
Nous refusons donc d’être associés à cette hideuse dérive qui explique en partie pourquoi le Front de gauche ne parvient pas à convaincre les électeurs de le soutenir (car Jean-Claude Renaux et Colette Finet sont bien au front de gauche en tant que membre du PCF) Ce genre de compromission tend également à justifier le « tous pourris » tant entendu qui alimente une abstention grandissante ou même, malheureusement, le vote d’extrême-droite !
Brève, vivelepcf, 21 avril 2014

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Tiens revoilà «l’aile gauche» du PS. Les éternels multiples fers au feu de la social-démocratie…

Tiens,  voilà  « l’aile gauche » du PS qui refait surface !

Depuis la défaite des municipales, des parlementaires PS répandent leurs états d’âme, encore davantage depuis l’annonce par Manuel Valls des détails de son plan d’austérité de 50 milliards d’euros sur les dépenses publiques et sociales. Leur message en substance est : « C’est trop, c’est trop dur pour certains, c’est trop injuste ».

Tiens revoilà «l’aile gauche» du PS. Les éternels multiples fers au feu de la social-démocratie… dans BREVES 140422_aile_gauche-300x198Une force alternative se constituerait au PS, disponible pour « peser à gauche » du parti gouvernemental, pour porter un changement politique réel ? Quelle blague ! Il suffirait de reprendre quelques noms et curriculums pour dégonfler l’illusion.

L’apparatchik revenant Emmanuelli militait encore en 2012 pour l’allongement de la durée de cotisation pour la retraite. Parmi les députés qui ont appelé,  au lendemain des municipales,  à un nouveau « contrat de majorité », à « une réorientation européenne mettant fin aux politiques d’austérité », se trouve Christian Eckert, nommé depuis lors secrétaire d’Etat au budget… Parmi les signataires d’une lettre ouverte à Valls, datée du 17 avril, au ton qui se veut très critique, se trouve Jean-Marc Germain. M. Germain n’est autre que l’ancien rapporteur à l’Assemblée de la loi transposant l’ANI, l’accord Medef/CFDT de 2012 facilitant le droit à licencier (accessoirement, il est aussi M. Anne Hidalgo à la ville).

Ils ont tout soutenu, tout voté, jusqu’à, pour presque tous, la déclaration de politique générale de Valls. Maintenant, ils prétendent incarner une critique de gauche. Mais ce n’est que pour mieux accompagner la même politique antisociale dans l’immédiat, pour mieux la relayer plus tard, à l’approche de 2017!

Le PS est toujours fidèle à sa nature. Il a toujours plusieurs fers au feu.

UN FER AU FEU A DROITE :

La défaite électorale de la « gauche » des municipales était prévue. Il s’est confirmé qu’aucune alternative politique institutionnelle à l’austérité ne pouvait émerger du scrutin. C’est la droite qui a gagné par défaut.

Dans ces conditions, Hollande et ses commanditaires du Medef ont pu nommer Valls, non pour changer de politique mais pour changer d’image et de rythme, pour précipiter les contre-réformes les plus graves, à commencer le « pacte de responsabilité » et la « réforme ferroviaire ».

Mais, ce choix ne comble pas l’espace politique béant laissé à gauche. Ce vide fragilise le pouvoir. L’aile « gauche » du PS se charge naturellement de l’occuper  pour canaliser le mécontentement à gauche, sous des critiques aussi bruyantes que superficielles.

UN FER AU FEU A GAUCHE :

Dans l’immédiat, « l’aile gauche » s’applique à limiter la nouvelle débâcle électorale prévisible aux européennes. Trop cinglante, elle risquerait de couper court trop tôt à l’élan de Valls (malgré le rôle de contrefeu attribué au FN). Un gouvernement complètement illégitime pourrait avoir du mal à contenir une poussée des luttes en mai/juin.

L’aile « gauche » utilise aussi la campagne des européennes pour dédouaner la politique menée nationalement, en fustigeant « l’austérité de Bruxelles » – comme si les deux n’étaient pas menées de concert – et en promouvant le leurre de le « réorientation sociale » de l’UE.

Car, loin d’entraver l’application de la feuille de route de Valls, l’aile « gauche » la facilite vis-à-vis de l’opinion.

Dans la lettre du 17 avril des animateurs des courants de « gauche » du PS à Valls, on peut lire : « au-delà de 35 milliards d’euros d’économies, nous croyons que reculs sociaux et mise à mal des services publics seront inéluctables ».

Si l’on traduit bien : jusqu’à 35 milliards de coupes sombres, ça peut aller ! Pour « l’aile gauche », ce n’est pas le « remède » qui ne va pas, c’est simplement le dosage !

Mais justement, à la dose actuelle, le remède a échoué ! Valls propose un changement de rythme, une thérapie de choc. En ne contestant pas la politique gouvernementale sur le fond – puisqu’elle l’a approuvée – l’aile gauche accompagne et facilite, dans le débat idéologique, le passage en force des mesures du « Pacte de responsabilité ».

Loin de chercher réellement à infléchir la politique du gouvernement, « l’aile gauche » pose des jalons pour l’avenir, pour la fin du quinquennat de Hollande.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, Valls aura bientôt rejoint le Président dans les abysses de l’impopularité. Quand Valls aura accompli son contrat de mission – pacte de « responsabilité », « réforme ferroviaire » etc. -, il sera temps pour Hollande et la « gauche » de se repositionner dans le jeu de l’alternance avant 2017, de trouver un terrain d’opposition avec la droite.

Les vassaux de Martine Aubry sont particulièrement à la manœuvre. Celle qui incarnait plutôt l’aile droite du PS dans les années 90, cultive son image de recours éventuel « à gauche ». Le retrait des « écologistes » du gouvernement prépare parallèlement à constitution de cette « gauche de remplacement ».

Sur quel contenu politique ? Pas sur la remise en cause – jamais – des mauvais coups des prédécesseurs. Non, sur un vague accompagnement social et une « politique de relance » qui n’est autre que la poursuite, à la phase suivante, après les purges austéritaires, de la politique de soutien massif au profit capitaliste.

Communistes, nous n’avons pas à donner de crédit aux jeux de la « gauche du PS », à cultiver la perspective illusoire de « peser à gauche sur l’ensemble de la gauche », encore moins à concevoir une quelconque recomposition politique pour lui servir de force d’appoint (avec le Front de gauche, avec les précédentes « ailes gauche » du PS…).

La raison d’être de notre parti est de rassembler les travailleurs sur une base de classe dans un objectif de lutte. Oui, cet espace politique est béant et il serait dramatique que le PCF continue à ne pas l’occuper.

Si le but était de tirer la social-démocratie à gauche, l’histoire nous en a donné l’expérience : jamais, les socio-démocrates ne sont aussi « à gauche » que lorsqu’il faut contrecarrer le développement des positions et de l’organisation de classe des communistes… 

Vivelepcf, 21 avril 2014

Grève massive en Chine : 40 000 ouvriers paralysent la plus grande usine de chaussures au monde, fournisseur d’Adidas et Nike

Qui a dit que rien ne bougeait en Chine ? Depuis plusieurs mois une vague de grèves remet en cause la toute-puissance des multi-nationales, rendue possible par la connivence du gouvernement, et permet d’arracher certains droits, certaines revalorisations salariales.

 

Ce mercredi 16 avril, on attaque le troisième jour de grève dans les usines du groupe taiwanais « Yue Yuen » à Dongguan, dans la province de Guangdong, dans le sud-ouest de la Chine, aux portes de Hong-Kong.

 

Ce sont d’abord 10 000 salariés le lundi, puis plus de 40 000 ouvriers répartis sur les six sites du groupe qui ont arrêté le travail, dans ce qui constitue peut-être la plus grande grève de ces dernières années sur le territoire chinois.

 

La grève s’est accompagnée de sit-in, de manifestations aux abords des sites de production, la principale mobilisant lundi plusieurs milliers de salariés. La police a alors répondu par un assaut, et l’incarcération de ceux qui portaient des banderoles et pancartes de protestation.

 

Les ouvriers de « Yue Yuen » avaient déjà lancé une journée de grève le 5 avril dernier. Ils exigent le paiement d’arriérés de cotisations sociales patronales et donc de prestations sociales, ainsi que les subventions-logement auxquels ils ont droit selon la loi chinoise.

 

Or, l’entreprise taiwanaiseet les autorités publiques chinoises – locales ou nationales – se sont entendues pour dissimuler à une partie des travailleurs migrants leur droit à l’adhésion à un système de sécurité sociale, tandis que la majorité a bénéficié de taux de cotisations sensiblement inférieurs à la norme, profitant de l’opacité du système de protection sociale.

 

Le scandale a éclaté lorsqu’un salarié de l’entreprise, après 18 ans de service dans la boîte, s’est retrouvé avec une pension d’un niveau ridiculement bas. Selon certaines estimations, l’entreprise aurait en moyenne évité de payer les cotisations dues de 20 € (200 yuan) par mois depuis deux décennies.

 

« Yue Yuen » n’est pas n’importe quelle entreprise, elle se définit elle-même comme le « plus grand producteur de chaussures » du monde avec 300 millions d’unités à l’année, l’entreprise étant le fournisseur privilégié d’Adidas, Nike, Reebok, Asics, Converse ou encore Timberland.

 

Le principal site se trouve en Chine, mais l’entreprise a également d’autres lieux de production, Indonésie, Vietnam et même Mexique.

 

Des grèves dans tous les secteurs en Chine …

la classe ouvrière s’organise, les multi-nationales contraintes de reculer !

 

Il serait fastidieux de citer tous les cas de mouvements de grèves qui ont touché la Chine ces derniers mois. Selon le China Labour Bulletin, la Chine aurait connu 1 171 grèves entre juin 2011 et décembre 2013.

 

Sur les trois premiers mois de 2014, on compte déjà 202 mouvements de grève, 31 % de plus que l’an passé, dont 119 pour le seul mois de mars.

 

Des grèves concentrées pour 40 % dans l’industrie, et à plus de 60 % dans la province de Guangdong (Canton), où se trouve notamment la Zone économique spéciale (ZES) de Shenzhen. Les secteurs des transports, de la santé et de l’éducation ont également été touchés.

 

Parmi les entreprises concernées durant ces derniers mois par ces mobilisations, on retrouve quelques-unes des principales multi-nationales : Samsung, IBM, Wal-Mart, Nokia.

 

Dans ces mouvements de grève qui ont impliqué à chaque fois plusieurs milliers de travailleurs, on trouve les mêmes revendications : hausse des salaires mais aussi bataille pour les droits à la Sécurité sociale, le paiement des arriérés, pour garder les emplois, pour faire respecter leurs droits.

 

Toujours, selon le China Labour Bulletin, un tiers des grèves dans le secteur industriel ont trait au paiement d’arriérés de salaire, un quart au maintien d’emplois et à l’obtention d’indemnités en cas de plan social – ce qui révèle l’ampleur du phénomène de fermeture/relocalisation d’usines en Chine – et moins d’un dixième portent spécifiquement sur des hausses de salaire.

 

Des mouvements de grève avaient déjà frappé le secteur du textile, de la production de chaussures avec le mouvement dans l’usine de Ciyu, dans la ville de Shenzhen.

 

Ciyu fournit les marques américaines New Balance et Crocs. Lors d’un changement de donneur d’ordres, le salaire des ouvriers avait été brusquement divisé par deux en mars – passant de 600 à 300 $ – provoquant une grève de trois jours pour réclamer le maintien des salaires.

 

Les ouvriers sont soumis à des procédures d’intimidation, de division entre les salariés comme chez Wal-Mart qui a prévu de supprimer 20 de ses grands magasins en Chine, dont celui de Changde (province de Hunan, au sud-est du pays) occupé depuis un mois par une centaine de salariés.

 

A l’annonce du plan de licenciement le 4 mars, la direction laisse deux semaines aux salariés pour accepter le plan avec proposition de « mutation interne » sachant qu’il n’y a aucun Wal-Mart à moins de 150 km. Une proposition bien entendue refusée par les salariés.

 

Dès lors, la direction tente de déloger par la force les occupants, propose à certains de les acheter en leur proposant des primes de licenciement, mais les travailleurs tiennent bon unis derrière une structure syndicale forte.

 

La lutte a payé, elle a déjà fait reculer les multi-nationales. Ce fut le cas chez Samsung, réputée pour ses pratiques anti-syndicales.

 

Une grève a commencé le 27 mars, touchant d’abord les chaînes d’assemblage où les ouvriers sont soumis à des cadences inhumaines (4 secondes pour assembler un portable, 10 h par jour, 6 jours sur 7), elle s’est étendue à tous les départements après l’annonce de la décision de l’entreprise sud-coréenne de déduire les cotisations sociales patronales du salaire des travailleurs.

 

Finalement, face à l’ampleur d’un mouvement qui a uni les 5 000 salariés du site de Dongguan, toujours dans la province de Guangdong, la direction a reculé, acceptant de doubler les primes, de majorer le taux salarial des heures supplémentaires. Une victoire symbolique forte.

 

La Chine populaire … devenue paradis des milliardaires !

 

Pas facile de s’organiser dans un pays dirigé par un Parti communiste censé représenter les intérêts des ouvriers, des paysans, des salariés mais de plus en plus au service des grandes fortunes chinoises, et des multi-nationales.

 

La Chine est le pays où le développement des millionnaires et milliardaires est le plus spectaculaire. En dix ans, la Chine a vu son nombre de millionnaires multiplié par sept, passant de 147 000 en 2002 à 858 000 en 2012.

 

Le pays a vu son nombre de milliardaires doubler en deux ans, de 2010 à 2012, passant de 189 à 356, selon le classement chinois Hurun. La Chine est désormais le deuxième pays pour son nombre de milliardaires derrière les Etats-unis.

 

Plus frappant, le Congrès du peuple compte désormais 83 milliardaires, qui totalisent une fortune globale de 100 milliards de $, soit 15 fois plus que tous les membres du Congrès américain réunis !

 

Des milliardaires évidemment encartés au Parti communiste, tout comme un tiers des millionnaires qui ont leur carte au « parti des ouvriers et des paysans », au parti héritier de Mao.

 

Un tableau troublant, hélas confirmé par la répartition de la valeur ajoutée entre capital et travail, de plus en plus favorable au premier.

 

La part dévolue aux salaires est passée de 53 % en 1980 à 42 % en 2007, même si la courbe est depuis légèrement revenue à la hausse, effet des luttes menées par les travailleurs chinois essentiellement.

 

La Chine se caractérise également par des inégalités croissantes, entre riches et pauvres, espaces urbains et campagnes, capital et travail.

 

Même si la persistance d’une partie de l’héritage communiste, notamment certains filets de protection sociale, permet de les atténuer par rapport à certains autres pays dits « émergents », inscrits dans la trajectoire d’un système capitaliste permanent.

 

Ainsi, si ces grèves sont souvent déclenchées par le non-respect de la loi par ces entreprises, le paiement d’arriérés de cotisations sociales, la bataille pour des droits sociaux au logement ou à la santé, c’est souvent que ces droits existent en Chine, même si ils tombent en déshérence.

 

Les salaires qui sont l’objet d’âpres luttes entre employeurs et salariés se chiffrent souvent entre 200 et 600 $, là où au Bangladesh ou en Indonésie, les salaires tournent généralement autour du seuil de pauvreté absolue, soit 1 ou 2 $ par jour.

 

Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons qu’exprimer notre solidarité avec la lutte des ouvriers chinois dans l’ « atelier du monde » : ce sont les chaussures qu’ils fabriquent que nous portons, à nous de les soutenir pour qu’ils obtiennent la juste rémunération de leur travail !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

12 avril : 50.000 manifestants à la recherche d’une alternative politique introuvable hors des luttes

 Au moins 50.000 personnes de tout le pays ont participé le 12 avril à la marche nationale contre l’austérité à Paris. Le défilé a présenté un caractère plus « citoyen » qu’ouvrier. C’est logique pour un rassemblement organisé un samedi, à l’appel de « personnalités ».

Quelques jours après la nomination de Valls, quelques semaines après les municipales, ces 50.000 manifestants ont donné un signal de mobilisation contre la poursuite et l’aggravation de la politique au service du Medef, face à la résignation orchestrée par l’idéologie dominante. Ils ont exprimé aussi la volonté de combattre l’extrême-droite et de ne pas laisser le pavé aux ultraréactionnaires.

12 avril : 50.000 manifestants à la recherche d’une alternative politique introuvable hors des luttes dans Faire Vivre et Renforcer le PCF 140415_manif12-300x224La section du PCF Paris 15ème, avec les jeunes communistes du 15ème ont contribué à cette mobilisation et se félicitent de son résultat. Avec les délégations des sections du PCF de Saint-Quentin, de Mantes-la-Jolie et de Saint-Martin-d’Hères, avec des camarades de plusieurs autres départements, nous avons distribué largement notre tract intitulé « L’alternative politique ne pourra partir que de la montée des luttes ».

La question de l’alternative politique était bien au cœur des préoccupations des manifestants, comme elle l’est pour des millions de travailleurs.

Les municipales ont traduit, dans la situation présente, l’absence objective de perspective politique de rupture dans les institutions.

La manifestation du 12 avril l’a illustrée à nouveau. Les organisations qui se réclament « à la gauche du PS » viennent d’être sanctionnées par les électeurs, presqu’à l’égal du PS. Elles paient visiblement les illusions semées avant 2012 sur un changement avec Hollande, l’absence de positions de rupture franches notamment sur l’Union européenne.

La manifestation de samedi n’a malheureusement pas démenti leurs démarches politiciennes parallèles.

Mélenchon drague aussi bien les « écologistes », pourtant les plus pro-UE des politiciens, que le NPA. Après avoir tiré à boulets rouges sur le PCF pendant la campagne des municipales, il est en situation de continuer à le plumer aux européennes, puisque la direction du PCF continue à s’emprisonner dans sa stratégie du Front de gauche.

Besancenot, délaissé des media, fait réciproquement des offres à Mélenchon. Là, il a réussi à s’approprier médiatiquement l’initiative de la manifestation du 12 avril, qui pourtant revient à la direction du PCF.

La direction du PCF, Pierre Laurent, le lui ont permis en préférant s’effacer derrière une affiche anonyme et un appel de « personnalités » diverses. Son objectif prioritaire semble avoir été, quitte à se placer au second rang, de racoler une partie l’autoproclamée « aile gauche » du PS, un peu présente en tête de cortège…

La confrontation de ces préoccupations politiciennes a conduit à abandonner l’idée d’un meeting en fin de manif à la Nation de peur que l’un ou l’autre prenne l’avantage.

Comme on est loin des attentes des manifestants, de l’exigence populaire d’alternative politique !

Les uns et les autres dirigeants de la « gauche radicale » n’ont réussi à s’entendre que pour mettre en avant la personne du politicien grec Alexis Tsipras.

Tsipras est candidat à la présidence de la Commission européenne pour le Parti de la gauche européenne (PGE). Lui et ses soutiens français ne pourraient mieux légitimer l’UE du capital, prétexte et instrument de l’écrasement des acquis sociaux et démocratiques de chaque peuple. Sa priorité principale est d’ailleurs la sauvegarde de l’euro. Ses inspirateurs sont ouvertement Obama et Roosevelt.

Pouah !

Le changement politique en France ne réside évidemment pas dans une perspective illusoire et trompeuse de renversement des coalitions au Parlement européen. Il n’est évidemment pas à attendre d’un changement de gouvernement de Hollande. Après les sales coups confiés à Valls, Hollande pourrait miser sur équipe de remplacement, moins « social-libéral ». Et alors !

Plus que jamais, nous continuons, comme dans la manif du 12, de mettre en avant les luttes, leur renforcement, leur convergence. C’est la seule voie vers le changement politique dans la période actuelle. C’est la seule façon de repousser le consensus droite/PS, de rejeter la diversion mortifère du FN, organisé pour le compte du système.

La mobilisation contre le « pacte de responsabilité » est passée à un niveau supérieur avec la manifestation du 18 mars, notamment dans les organisations de la CGT. L’opposition au Pacte ne saurait se réduire à des slogans vagues contre l’austérité. Pour rassembler, nous devons traduire la gravité du « pacte », les cadeaux d’un montant inégalé au patronat, en luttes immédiates et concrètes, contre la TVA, la casse de la santé et de l’hôpital publics, celle des allocations familiales…

La lutte des cheminots contre la réforme ferroviaire, avec la grève du 22 mai, celles des fonctionnaires contre l’austérité, avec la grève du 15 mai, les mouvements à la Poste, à EDF, à la RATP possèdent un fort potentiel d’entraînement chez les usagers. Partout en France, on se bat contre la casse de l’industrie.

C’est tout cela que nous avons mis au centre de notre expression à la manifestation du 12 avril, pour la convergence des luttes, passant par la rupture avec l’UE du capital, loin des préoccupations politiciennes, qui ne sauraient enfermer la détermination des manifestants, des travailleurs qui luttent et lutteront.

Prochain rendez-vous pour la mobilisation générale : le 1er mai !

Repris de EDT – Pcf Paris 15, 14 avril 2014

Didier Porte…. à droite ! Mardi 13 mai 20h30à la MCL Gauchy..un petit coup de pub

Didier Porte.... à droite !
Mardi 13 mai 20h30
MCL Gauchy

Attention : spectacle tout neuf, pétri de causticité cinglante et truffé de sketches incandescents d’intelligence et de bonhomie.Conscient qu’un 
humoriste ne saurait s’abstraire des tendances lourdes de la société, Didier Porte a décidé de changer son fusil d’épaule et de mettre sa 
verve légendaire au service du juste combat contre le calamiteux pouvoir socialo-pas-communiste-du-tout et ses alliés  écolo-gauchisto-fumeurs-de-shit. Sus à l’oppression fiscale ! Haro sur 
la bien-pensance et le politiquement correct ! Mort à l’assistanat ! 

Vive le darwinisme social dans la bonne humeur, la xénophobie joyeuse et la brutalité policière souriante ! Désormais, Didier Porte est de droite !

Mise en scène : Marion Ciblat

Création lumière et régie : Elsa Fournet

Affiche : Mathieu Colloghan.

Installation du Conseil de la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin (intervention d’Olivier TOURNAY – PCF)

Conseil communautaire du 11 avril 2014

Intervention d’Olivier TOURNAY (PCF) – Conseiller communautaire de Saint-Quentin
olivier conseil
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers communautaires.

La nouvelle réglementation électorale permet désormais aux oppositions municipales de Saint-quentin de siéger à la Communauté d’Agglomération, ce que vous avez refusez durant trois mandats. Aussi, cette assemblée a fonctionné, jusqu’à présent, sans véritable représentativité. Il parait que l’on pouvait y faire de la gestion sans faire de politique. Balivernes !

Lorsque vous privatisez le réseau de bus, c’est politique et la population en subit les conséquences : 30% d’augmentation du ticket pour un service rendu peu pertinent : pas de service en soirée, ni le dimanche matin.
Lorsque vous bradez les services publics en les offrant au privé, c’est politique.
Lorsque l’on paie une eau très chère, c’est politique. Surtout lorsque l’on sait qu’un quart de l’eau acheminée dans la communauté d’agglomération est perdue dans des fuites. L’an prochain, le contrat privé du traitement de l’eau arrivera à échéance, et je peux vous assurer que là aussi, la question sera politique !

Cette assemblée, de par l’étendue des ces compétences,  est éminemment politique. Et à ce titre, en tant que conseiller communautaire d’une opposition, car ce sont désormais plusieurs oppositions qui sont représentées et qu’il ne peut y avoir de confusion avec l’extrême droite ici présente, je ferai de la politique pour proposer une autre orientation des budgets et pour m’opposer à toutes politiques allant à l’encontre des intérêts de la population.
Merci de votre attention.

Encore des fermetures de classes à Saint-Quentin (Conseil municipal du 14 avril 2014 – intervention d’Olivier TOURNAY – PCF)

Conseil municipal du 14 avril 2014

 

Intervention d’Olivier TOURNAY (PCF)

 

olivier conseil

 

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux.

 

Je souhaitais interpeller le conseil municipal sur l’arrêté portant décisions d’implantation et de retrait d’emplois d’enseignant du 1er degré pour la rentrée 2014, plus communément appelé « mesures de carte scolaire ».

 

Pour Saint-Quentin, voilà l’état des lieux.

Pour les postes classes, 2 fermetures en préélémentaires (Camille Desmoulins et Alfred Clin),  1 fermeture en primaire à Lyon Jumentier. Il y aura deux ouvertures[1], auxquelles je souscris. Pour être complet, la fusion des Patriotes et d’Ozenfant (je n’aimerai pas y être directeur en cas d’accident, les deux écoles étant éloignées de 150 m !) la fermeture d’un demi poste en établissement spécialisé et 2 postes en plus en surnuméraire[2].

Au final, pour Saint-Quentin, c’est un demi poste en plus pour l’an prochain mais c’est encore 3 classes qui ferment, et au plan comptable, 1 classe de moins. Avoir des postes supplémentaires (du surnuméraire), c’est très bien, sauf qu’ils sont pris sur les effectifs classes. Se retrouver avec des cas où il y a 30 élèves par classe, cela n’a aucun sens, surtout que les professeurs des écoles ont pour mission de personnaliser et de différencier leurs enseignements.

Au lieu de se donner une chance d’avoir des classes moins chargées, on préfère se dire que 30 élèves en primaire ou en maternelle hors ZEP par classe, permettent d’enseigner dans de bonnes conditions. Alors oui, on peut feindre d’ignorer que la réussite scolaire est aussi fonction du nombre d’élèves par classe. Théorie sûrement pour vous, aussi je vous en renvoie aux travaux de l’économiste Thomas Piketty[3], dont les conclusions de cette étude sont accessibles sur le site de l’Education Nationale). Moins d’élèves par classe pour de meilleurs acquis, ce n’est pas une vue de l’esprit. Si l’on regarde le classement PISA (Programme International de Suivi des Acquis), qui émane de l’OCDE, organisme peu révolutionnaire vous me l’accorderez, la Finlande (bien mieux classée que la France) est un des pays où les inégalités sont le mieux corrigées par l’éducation : chez les 3-6 ans, c’est 21 enfants maximum par classe, avec 2 professeurs. Et en primaire, la norme est de 20 élèves par classe.

Qu’on le veuille ou non, Saint-Quentin est une ville qui se paupérise, où en moyenne 20% de la population est sortie du système scolaire avant la 3e. Cela doit nous alarmer. Il faut en finir avec la logique comptable qui ne fait qu’augmenter le nombre d’élèves par classe. Pour mémoire, à Saint-Quentin, c’est une trentaine de postes supprimés et 3 écoles fermées depuis 2007, s’inscrivant dans les mesures du quinquennat de Nicolas Sarkozy : 77 000 postes en moins dans l’éducation nationale, mesures que vous avez votées monsieur le Maire. Le compte n’y est pas pour autant avec les gouvernements Ayrault-Valls. On s’éloigne de plus en plus de la promesse d’embauche de 60 000 enseignants, à peine 7000 depuis 2012. En plus du pacte de responsabilité et du CICE, on s’apprête à tailler 50 milliards dans le Service Public pour mieux défiscaliser les entreprises.

 

A Saint-Quentin, comme ailleurs, au lieu de fermer des postes, qu’est-il nécessaire de faire ?
- Faire en sorte que l’école maternelle soit de nouveau accessible à tous dès deux ans, comme le dispose le Code de l’Education[4]  qui prévoit que « l’accueil des enfant de deux ans [soit] étendu en priorité dans les écoles situées dans un environnement social défavorisée », la démonstration a été faite que c’est largement le cas à Saint-Quentin.

Code de l’éducation qui prévoit aussi que »les enfants qui ont atteint l’âge de  deux ans au jour de la rentrée scolaire peuvent être admis dans les écoles et les classes maternelles dans la limite des places disponibles ». En fermant des postes, on fait tout le contraire. Le taux de scolarisation des moins de 3 ans est extrêmement faible alors qu’elle permet justement d’éviter les redoublements à l’école primaire, surtout pour les milieux défavorisés. En définitive, plus on ferme en maternelle, moins on peut scolariser les enfants de moins de 3 ans.

Pour finir, assez des délibérations sur l’enseignement pour se donner bonne conscience. Les tableaux numériques, les tablettes en classe, pourquoi pas. Mais cela ne résout rien, pour preuve, il y a une quinzaine d’années, a été votée une délibération ici même permettant l’achat d’un parc informatique très important à destination des écoles et qui devait être déterminant pour l’avenir des élèves. Ce n’est pas le cas !

Ce dont Saint-Quentin a besoin, c’est de classes qui ne ferment pas. Et c’était d’ailleurs la position de votre majorité jusqu’en 2002, qui s’opposait systématiquement à toute fermeture.

Exemple du compte rendu de la séance du 25 février 2002 : « les difficultés des enfants […] justifient non seulement le maintien de tous les postes mais plus encore des créations de postes en faveur […] des élèves en difficultés. C’est ainsi et seulement ainsi que le retard scolaire de la Picardie, par rapport à la moyenne nationale, sera comblé.

C’est pourquoi le Conseil Municipal se prononce contre la fermeture de postes proposée par l’Inspecteur d’Académie et demande la création de postes de soutien supplémentaires pour assurer l’indispensable rééquilibre national. »

Délibération votée à l’époque à l’unanimité.

 

Je vous propose donc ce soir de mettre au vote cette motion.

Motion :

A l’adresse de Monsieur l’Inspecteur d’Académie, de Monsieur le Recteur et de Monsieur le Ministre de l’Education Nationale.

 

Vous n’êtes pas sans connaître les conséquences scolaires des difficultés sociales des élèves. La situation à Saint-Quentin est de ce point de vue particulièrement alarmante. C’est pourquoi, nous attirons votre attention sur les mesures de carte scolaire qui risquent de compromettre l’avenir de nos enfants.

Les élèves de deux ans doivent être accueillis à l’école maternelle dans des conditions acceptables.

Les effectifs de classe doivent permettre la réussite de tous les élèves.

 

Nous vous demandons par conséquent de réexaminer l’ensemble des mesures de carte scolaire à Saint-Quentin, de ne pas fermer de classe lorsqu’elles sont nécessaires à l’accueil des 2 ans et de donner tous les moyens nécessaires en terme de postes à Saint-Quentin.

En d’autres termes, aucune fermeture de classe à Saint-Quentin.

 

Merci de votre attention.

 


[1] 1 ouverture à Ernest Lavisse en élémentaire, 1 ouverture en primaire à Pierre Laroche

[2] 2 implantations de postes « plus de maîtres que de classes », 3 retraits de postes d’enseignants en appui, 3 implantations de postes REP +

[3] L’impact de la taille des classes sur la réussite scolaire dans les écoles, collèges et lycées français -
Les dossiers évaluations et statistiques - Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire (École des hautes études en sciences sociales) - N°173 – mars 2006

 

[4] art L113-1

Le tract que nous avons diffusé à la manif du 12 avril 2014

 L’alternative politique ne pourra partir que de la montée des luttes

Hollande et ses commanditaires du Medef ont entendu le message, prévisible, des urnes. La politique que le pouvoir de « gauche » poursuit depuis 2012 est massivement rejetée dans le pays mais aucune alternative politique institutionnelle n’existe aujourd’hui. Ils l’aggravent!

En effet, le vote sanction des municipales a profité à la droite qui réclame plus d’austérité. C’est par défaut, vu l’abstention, mais la résignation à l’idéologie dominante progresse. Le système réussit à faire monter le FN pour détourner des luttes la colère populaire et le rejet de classe de l’Union européenne. L’épouvantail fonctionne et le danger d’extrême-droite est réel d’autant que les ultra-réacs occupent le pavé.

Toute la gauche qui a entretenu des illusions sur un changement réel avec Hollande est sanctionnée, malheureusement également notre parti le PCF, malgré le travail des militants. Cela ne changera pas tant qu’elle s’engluera dans des perspectives politiciennes de recomposition politique.

Dans cette situation, Valls vient de se voir confier un contrat de mission : précipiter et assumer les contre-réformes structurelles antisociales, à commencer par le « pacte de responsabilité », la « réforme ferroviaire », la casse des territoires dans le cadre de l’Union européenne du capital. Salariés, retraités, jeunes, le plus grand nombre va payer encore plus lourdement les cadeaux au patronat et au profit capitaliste, sur leurs revenus, les conditions de travail, les services publics, la santé, les allocations familiales. Une course de vitesse est engagée. Le pouvoir espère étouffer la montée des luttes sociales, aujourd’hui seules porteuses de l’alternative politique.

Communistes, suivant la raison d’être de notre parti, nous faisons résolument le choix de la lutte des classes, de contribuer au développement, en nombre, en conscience et en organisation des luttes, à commencer par les batailles contre le « pacte de responsabilité » et la « réforme ferroviaire », pour la défense de l’industrie, notamment par des nationalisations (automobile, sidérurgie…). Nous mettons plus que jamais en avant des positions de rupture en France, en particulier face à l’Union européenne.

 

 

Le sens de notre participation à la manifestation du 12 avril, initiée par notre parti.

Ce qui nous importe avant tout, c’est de contribuer à redonner confiance au mouvement social, aux luttes, dans leur force, dans leur capacité à porter le changement politique, en l’absence aujourd’hui de toute perspective de changement politique institutionnel. En 2010 pour défendre les retraites, nous étions le nombre pour battre Sarkozy. Nous pourrions l’être à nouveau face à la poursuite de sa politique par Hollande et Valls. Revenons sur les dégâts causés par les illusions électorales semées avant 2012 !

Ce qui nous importe, c’est de soutenir et d’alimenter les luttes décisives en cours, en premier lieu celles pour le retrait du « pacte de responsabilité », précisé et aggravé par Valls et celui de la « réforme ferroviaire », fer de lance de la casse des services publics, que le pouvoir espère faire passer en catimini au cœur de l’été.

Ce qui nous importe, c’est de combattre et démasquer le FN et le rôle que le système lui confie pour détourner des luttes – vers sa logique de haine –  et stériliser la colère populaire et l’opposition à l’Union européenne du capital. 

Ce qui nous importe, à quelques semaines des élections européennes, c’est bien de faire le lien entre le rejet de classe de l’UE et les luttes nationales décisives. Refuser les prétendus « diktats » de Bruxelles, cela ne peut se faire, pour les travailleurs de France, qu’en repoussant en France – dans une perspective internationaliste – l’application des traités et directives européens illégitimes.

Nous réaffirmons la nécessité de la rupture avec toute intégration dans l’UE du capital, l’illégitimité de ses institutions. Il est inadmissible que l’UE puisse encore servir de prétexte idéologique à la résignation des travailleurs français devant l’austérité. La remise en cause de l’euro, son instrument de mise en concurrence des peuples et de contrôle des économies nationales doit être mise en débat dans notre pays.

A ce titre, nous exprimons notre désaccord total avec les positions politiques de la Confédération européenne des syndicats (CES – avec son relai en France, la CFDT), qui après avoir défendu la Constitution européenne et le Traité de Lisbonne, s’efforce de faire vivre l’illusion de « l’Europe sociale » pour mieux légitimer l’ordre de l’UE du capital. Nous exprimons notre désaccord total avec le politicien grec Tsipras, dirigeant du Parti de la gauche européenne (PGE), qui se présente à la présidence de la Commission européenne, légitimant la dictature de la principale institution du capitalisme européen. L’UE DU CAPITAL N’EST PAS REFORMABLE ! 

Nous souhaitons aussi écarter et remettre à leur place, aussi bien la supercherie du « dialogue social » avec les syndicats de collaboration comme la CFDT, que les calculs et projets de recomposition politique de certains politiciens français de « gauche ». Certains passent allègrement du rose, au vert, au jaune, voire au rouge (pour la cravate) s’efforcent maintenant de constituer une « gauche de rechange » avant des élections, quand Valls aura commis ses méfaits.

Nous voulons aussi marquer que les militants de ce parti – loin des calculs politiciens – se battent, vont au contact des travailleurs et des populations pour leur proposer d’organiser politiquement leurs luttes et leurs colères, ensemble, pour mettre en échec, en commençant tout de suite, la politique au service du capital.

Ce qui nous importe au contraire, c’est de montrer la nécessité d’un parti de classe révolutionnaire, intransigeant dans la lutte des classes du côté des travailleurs. Ce parti en France, historiquement, c’est le PCF, avec ses symboles, faucille et marteau.

 

 

Faire converger les luttes pour le retrait du « pacte de responsabilité ».

Ces dernières semaines, le mouvement a connu une progression importante avec les manifestations du 18 mars. Les prétextes sur les créations d’emploi et la nécessité d’obtempérer à l’UE commencent à tomber. La comédie du « dialogue social » et la collaboration de la CFDT sont démasqués.  

Valls décide d’accélérer l’adoption des mesures du pacte, de gonfler encore les cadeaux au patronat : « crédit d’impôt compétitivité », exonérations de cotisations sociales, baisse d’impôt. Le prétexte de la « baisse des déficits publics » tombe d’autant plus. Le pouvoir espère passer en force avant que les conséquences du pacte sur le pouvoir d’achat, la protection sociale ne soient trop sensibles. Dans la continuité de la lutte contre les hausses de TVA, dénonçons et combattons le démantèlement de l’offre de soins et de l’hôpital publics, la remise en cause des allocations familiales, l’explosion des tarifs des services publics ! Voilà la contrepartie réelle du pacte de solidarité !

Les journées d’action déjà programmées des fonctionnaires contre l’austérité le 15 mai, des cheminots contre la « réforme ferroviaire » le 22 mai seront des étapes importantes dans la convergence des luttes. Le 1er mai peut et doit être une grande journée de mobilisation générale contre le « pacte de responsabilité ».      

 

 

Faire capoter la « réforme ferroviaire », c’est possible !

La « réforme ferroviaire » est un projet de loi d’une extrême gravité. Il prépare l’éclatement de la SNCF et la casse du statut des cheminots.

C’est l’étape nécessaire pour poursuivre et finaliser le processus de marchandisation et de privatisation du rail dont des conséquences se font déjà durement sentir sur les salariés, les usagers, les territoires. Les journées d’action ont été très fortes en juin et en décembre derniers. Le pouvoir redoute la résistance des cheminots. Le spectre des luttes victorieuses de novembre/décembre 1995 le hante toujours.

L’un des objectifs de la « réforme » est aussi d’abattre la « locomotive » du mouvement social que représentent les cheminots dans l’intérêt de tous les travailleurs.

Pour faire passer la réforme, le gouvernement choisit d’en minimiser l’objet. Pas un mot dans le discours de Valls. L’examen du projet de loi est reporté au cœur de l’été… Pendant ce temps, avec l’aide des syndicats de collaboration, la direction s’efforce de diviser les cheminots, d’instaurer des négociations sur des protections catégorielles, temporaires et illusoires devant la perspective de privatisation. Le pouvoir s’appuie au maximum sur l’Union européenne et ses directives de mise en concurrence. Tout se passerait à Bruxelles et il faudrait s’en accommoder plus ou moins mal. NON ! La résistance à la casse des services publics en Europe se joue dans chaque pays !

Le 22 mai, la journée de grève des cheminots peut amorcer un mouvement large et déterminé. Communistes, nous contribuons à le préparer, à faire converger les luttes de tout le service public, la défense des intérêts des usagers derrière cette lutte pour mettre un point d’arrêt à la privatisation de la SNCF.  

 

 

Les communistes qui vous distribuent ce tract sont des militants, des responsables de section et de fédération du PCF  qui jugent nécessaire de faire vivre et de renforcer leur Parti, de renouer avec sa perspective révolutionnaire, le socialisme, avec sa théorie marxiste et léniniste, avec son organisation de classe dans le monde du travail, les quartiers populaires, les campagnes, a contrario du processus d’effacement poursuivi avec le Front de gauche. REMETTONS LE PCF SUR LES RAILS DE LA LUTTE DES CLASSES! 

Nous manifesterons le 12 avril pour contribuer au développement des luttes sociales, décisives pour mettre en échec la politique au service du capital

Le PCF a initié depuis plusieurs semaines la « marche nationale contre l’austérité » samedi 12 avril à Paris (14h République). Il a été rejoint par d’autres organisations. Un appel est finalement sorti, signé par des personnalités aux fonctions et perspectives politiques très diverses.

Ce texte général porte le rejet des politiques d’austérité, la défense de la Sécurité sociale et des services publics, la nécessité du retrait du « pacte de responsabilité », la condamnation de l’extrême-droite.

Nous manifesterons le 12 et appelons à manifester.

Ce qui nous importe avant tout, c’est de contribuer à redonner confiance au mouvement social, aux luttes, dans leur force, dans leur capacité à porter le changement politique alors que les élections municipales viennent de confirmer, sans surprise, l’absence, aujourd’hui de toute perspective de changement politique institutionnel. En 2010 pour défendre les retraites, nous étions le nombre pour battre Sarkozy. Nous pourrions l’être à nouveau face à la poursuite de sa politique par Hollande et Valls. Revenons sur les dégâts causés par les illusions électorales semées avant 2012 !

Ce qui nous importe, c’est de soutenir et d’alimenter les luttes décisives en cours, en premier lieu celles pour le retrait du « pacte de responsabilité », précisé et aggravé par Valls et celui de la « réforme ferroviaire », fer de lance de la casse des services publics, que le pouvoir espère faire passer en catimini au cœur de l’été.

Ce qui nous importe, c’est de combattre et démasquer le FN et le rôle que le système lui confie pour détourner des luttes – vers sa logique de haine –  et stériliser la colère populaire et l’opposition à l’Union européenne du capital.

Ce qui nous importe, à quelques semaines des élections européennes, c’est bien de faire le lien entre le rejet de classe de l’UE et les luttes nationales décisives. Refuser les « diktats » de Bruxelles, refuser les traités et directives européens illégitimes, cela ne peut se faire, pour les travailleurs de France, qu’en repoussant en France – dans une perspective internationaliste – le « pacte de solidarité » ou la « réforme ferroviaire ».  

Nous réaffirmons la nécessité de la rupture avec toute intégration dans l’UE du capital, l’illégitimité de ses institutions. Il est inadmissible que l’UE puisse encore servir de prétexte idéologique à la résignation des travailleurs français devant l’austérité. La remise en cause de l’euro, son instrument de mise en concurrence des peuples et de contrôle des économies nationales doit être mise en débat dans notre pays.

A ce titre, nous exprimons notre désaccord total avec les positions politiques de la Confédération européenne des syndicats (CES – avec son relai en France, la CFDT), qui après avoir défendu la Constitution européenne et le Traité de Lisbonne, s’efforce de faire vivre l’illusion de « l’Europe sociale » pour mieux légitimer l’ordre de l’UE du capital. Nous exprimons notre désaccord total avec le politicien grec Tsipras, dirigeant du Parti de la gauche européenne (PGE), qui se présente à la présidence de la Commission européenne, légitimant la dictature de la principale institution du capitalisme européen.  

Nous souhaitons aussi écarter et remettre à leur place, aussi bien la supercherie du « dialogue social » avec les syndicats de collaboration comme la CFDT, que les calculs et projets de recomposition politique de certains politiciens français de « gauche ». Certains passent allègrement du rose, au vert, au jaune, voire au rouge (pour la cravate) s’efforcent maintenant de constituer une « gauche de rechange » avant des élections, quand Valls aura commis ses méfaits.

Ce qui nous importe au contraire, c’est de montrer la nécessité d’un parti de classe révolutionnaire, intransigeant dans la lutte des classes du côté des travailleurs. Ce parti en France, historiquement, c’est le PCF, avec ses symboles, faucille et marteau.

Le 12 avril, nous voulons aussi marquer que les militants de ce parti – loin des calculs politiciens pour des places dans les institutions – se battent, vont au contact des travailleurs et des populations pour leur proposer d’organiser politiquement leurs luttes et leurs colères, ensemble, pour mettre en échec, en commençant tout de suite, la politique au service du capital.

Retrouvons-nous le 12 avril place de la République !

Nomination de Manuel Valls, remaniement : La course est engagée contre le mouvement social et les luttes.

Un sondage indique que 69% des Français pensent que le nouveau gouvernement va mener la même politique que le précédent, 4% seulement qu’il puisse faire pire. Ils ont tous raison : ce sera la même politique et donc ce sera pire.

Hollande a parfaitement entendu le message, prévisible, des élections municipales. La politique qu’il poursuit depuis deux ans est massivement désavouée. Mais aucune alternative politique n’apparaît. La sanction de la « gauche » au pouvoir n’a, pour beaucoup, trouvé pour s’exprimer que l’abstention qui atteint un nouveau record. La droite est la grande gagnante en termes de mairies, même s’il on doit y voir largement une victoire par défaut. Mais que réclame la droite ? Que le gouvernement accélère sa politique d’austérité. La montée orchestrée du FN fournit au pouvoir un épouvantail utile pour détourner le rejet de l’Union européenne capitaliste et la colère populaire des luttes.

Hollande, suivant ses commanditaires du Medef, peut donc décider d’aller plus vite, d’engager la course de vitesse face à l’organisation possible du mécontentement populaire et la montée des luttes des travailleurs. Elles constituent la seule perspective politique susceptible de mettre un coup d’arrêt à sa politique antisociale. Dans les mois qui viennent, les batailles contre le « pacte de responsabilité » et contre la « réforme ferroviaire » sont les plus cruciales.

Ambitieux pressé, classé parmi les plus « libéraux » du PS, Manuel Valls est l’homme de cette précipitation. L’équipe gouvernementale est à peine modifiée, sinon avec l’entrée de François Rebsamen et Ségolène Royal connus également pour leurs positionnements droitiers. On notera l’arrivée comme secrétaire général de l’Elysée de Jean-Pierre Jouyet, ancien membre du gouvernement sous Sarkozy, chargé en 2007/2008 de faire passer le traité européen de Lisbonne. Décidément le personnel de l’UMP et celui du PS sont interchangeables. EELV quitte le gouvernement mais continue de le soutenir. Les écologistes, comme une frange du PS et de la « gauche de la gauche » se préparent à constituer une social-démocratie de rechange pour quand le fusible Valls sautera.

La même chose en pire : c’est exactement ce qui ressort de la déclaration de politique générale de Valls devant le Parlement.

Le « Pacte de responsabilité », un cadeau sans précédent récent au patronat et à la finance, est confirmé. Le « Crédit d’impôt compétitivité », en réalité le remboursement au patronat par la collectivité de 6% des salaires, atteindra bien 20 milliards d’euros par an dès 2015. La suppression totale des cotisations patronales au niveau du SMIC coûtera 1 milliard d’euros par an à la branche accidents du travail/maladies professionnelles de la sécurité sociale et au logement social. L’abaissement de 1,8% du taux des cotisations patronales familles coûtera 4,5 milliards par an aux allocations familiales. L’aggravation des exonérations de cotisations patronales sur les bas salaires, coûtera 4,5 milliards d’euros à l’assurance maladie et aux retraites.

Evidemment tout cela creuse le déficit que l’on prétend résorber, sans créer d’emploi et en faisant pression sur les salaires. N’oublions pas non plus que les Français payent déjà 6 milliards d’euros par an de hausses de TVA au nom du « Pacte de responsabilité ». Valls résume les nouveaux « sacrifices des Français » auxquels ses prédécesseurs n’auraient pas « donné assez de sens ».

D’ici 2017, les dépenses publiques et sociales de l’Etat seront amputées de 19 milliards d’euros par ans, celles de la sécurité sociale de 21 milliards et celles des collectivités locales de 10 milliards, soit 15% de leurs investissements annuels. Nous venons d’élire des municipalités qui seront immédiatement privées d’une large part de leurs moyens d’intervention…

Le « pacte de responsabilité » est détaillé mais Valls va aussitôt plus loin ! Il ajoute la suppression d’ici 2017, pour 6 milliards d’euros par an, de la contribution sociale de solidarité que les grandes entreprises versent pour la sécurité sociale des artisans et indépendants (que le premier ministre prétend choyer).

Il prévoit aussi une baisse de l’impôt sur les sociétés de 5% d’ici 2020, avec une première étape d’ici 2017.     

Où iront tous ces nouveaux sacrifices des Français : comme les précédents vers les profits, les délocalisations, les grandes fortunes !

Valls assène bruyamment les mauvais coups financiers. Il est beaucoup plus discret – prudent – sur la poursuite du démantèlement des services publics comme s’il redoutait les mobilisations des salariés et des usagers. La marchandisation de l’électricité est pudiquement cachée derrière la « transition énergétique » qui prépare une augmentation des tarifs de 15 à 20% et la poursuite de la privatisation d’EDF. Valls ne dit pas un mot de la gravissime « réforme ferroviaire » qui prépare l’éclatement et la privatisation de la SNCF : elle doit être adoptée en catimini cet été par le Parlement.

Prudent, Valls l’est aussi sur l’Europe et l’euro, tant il sait qu’ils sont rejetés par le peuple. A l’approche des élections européennes. Il se place parmi ceux qui demandent aux « partenaires » une inflexion de la politique de la Banque centrale européenne et une politique européenne de grands investissements (d’aide aux multinationales ?). Laisser imaginer que l’on peut changer l’UE pour mieux la légitimer !

Le schéma européen de destruction des acquis démocratiques nationaux, Valls entend bien le mettre en œuvre ! Il reprend – et c’est une annonce importante et grave – les propositions de Balladur de suppression des conseils départementaux (d’ici 2021) et de constitutions de « 13 grandes régions », directement soumises à l’UE, court-circuitant la démocratie nationale.

Dans le reste du sinistre inventaire du nouveau premier ministre, nous relevons encore le maintien de la « réforme » des rythmes scolaires, la nouvelle étape de la casse du code de l’urbanisme, au nom de la construction, en fait en faveur des promoteurs immobiliers.

Egalement, la réaffirmation de l’action impérialiste, ruineuse, de la France en Afrique. S’il n’en a dit mot dans ce discours, le soutien personnel forcené de Valls à la politique israélienne laisse craindre une nouvelle inflexion de la politique extérieure de la France vers l’alignement derrière l’impérialisme à dominante américaine.

Quelle opposition réelle à cette feuille de route? Communistes, plus que jamais, nous accordons la priorité politique au développement des luttes sociales. Nous ne cessons de mesurer la gravité des illusions électorales semées avant 2012.

Aujourd’hui, moins que jamais, nous ne rentrons pas dans les jeux de recomposition politique préparant une « gauche de recours » avec les deuxièmes fers au feu de la social-démocratie. On a pu lire ici ou là que 88 parlementaires PS étaient réticents à voter la confiance au gouvernement Valls. Dans les faits, après calculs, ils n’ont plus été que 11 à adopter cette posture en s’abstenant, parmi lesquels le vétéran notable Henri Emmanuelli qui s’est distingué en 2013 en réclamant l’allongement de la durée de cotisation pour la retraite… Ce sont les mêmes qui réclament des « contreparties » patronales pour mieux accompagner le « pacte de responsabilité », les mêmes qui propagent l’illusion d’une « réorientation » de l’UE.

Hollande a été assez habile politicien pour promettre un vote global sur le « Pacte de responsabilité » et pour ne pas tenir sa promesse. Valls a expliqué comment le vote de confiance en tenait lieu. Les « gauchistes » du PS n’ont pas à se démasquer tout de suite.

Non, la rupture avec les politiques d’austérité coordonnées par l’Union européenne ne peut partir aujourd’hui que des luttes et de leurs convergences.

Des dates importantes ont déjà été prises. Le 22 mai, les cheminots feront grève et manifesteront pour le retrait de la « réforme ferroviaire ». Le 15 mai, les fonctionnaires feront de même contre l’austérité et pour les salaires. Le 1er mai peut et doit être une étape de la préparation d’un mouvement d’ensemble contre le « pacte de responsabilité » dans la suite de la réussite de la journée d’action du 18 mars.

Ce samedi 12 avril, nous appelons à participer à la manifestation nationale à Paris, initiée par notre parti, rejoint par des organisations et personnalités diverses, contre les politiques d’austérité, contre le « pacte de responsabilité », pour la rupture avec l’UE du capital, contre les diversions et les menaces de l’extrême-droite, pour soutenir et renforcer le développement des luttes sociales.

Travailleurs, marchons plus vite que Valls !  

PCF Paris 15, 9 avril 2014

35 fermetures de classes à la rentrée 2014 dans l’Aisne à l’étude – carte scoalaire

 

Le gouvernement Hollande avait promis de remettre 60 000 postes d’enseignants sur les 77 000 supprimés par les années Sarkozy. Trois rentrées plus tard, nous sommes loin du compte et les fermetures de classes continuent.

Dans l’Aisne, pour 15 ouvertures potentielles, 35 fermetures sont prévues. Mais où sont donc passés les 3 postes supplémentaires dans le département ? En y regardant de plus près, on s’aperçoit que les ouvertures de postes concernent des dispositifs particuliers (plus de maîtres que de classes, …). Des mesures pansements et à effet d’annonce, à l’instar de la réforme des rythmes, qui ne peuvent combler les véritables manques de l’Education Nationale.

Sur Saint-Quentin, 3 écoles sont visées : Camille Desmoulins, Alfred Clin et Lyon-Jumentier

Dans les environs, Gauchy Pierre Sémard est aussi touché, tout comme Savy où l’objectif est à terme la fermeture complète de l’école (reste 3 classes aujourd’hui).

La résistance des parents et des enseignants à ces tentatives de fermetures doit s’organiser dès aujourd’hui.

 

Ouvertures : 15 dont 4 conditionnelles

  1. Guignicourt Mat : ouverture conditionnelle
  2. St Erme Outre et Ramecourt
  3. St Gobain Mat
  4. Chacrise primaire
  5. RPID Epagny Morsain Vezaponin
  6. Laon Ile de France Mat
  7. Laon Chmapfleurey prim
  8. Flavy le martel prim
  9. RPID Tupigny, Lesquielles st Germain : ouverture conditionnelle
  10. Crouy Prim
  11. Etreillers Prim : ouverture conditionnelle
  12. Soissons Tour de Ville Mendes France prim
  13. St Quentin Lavisse Elem
  14. St Quentin Laroche prim
  15. St Quentin Girondins : ouverture conditionnelle

fermetures : 35

  1. Liez
  2. RPID Concevreux – Maizy
  3. Laon Moulin Roux Mat
  4. La Fère Mermoz Elem
  5. St Quentin Clin Mat
  6. Savy
  7. RPID Estrées Joncourt
  8. Roucy Prim
  9. Guachy Pierre Semard prim
  10. Guise Cnetre Elem
  11. St Quentin Desmoulins mat
  12. RPID amifontaine La Malmaison
  13. Coucy le Chateau Mat
  14. RPID Braye chavonne….
  15. Guise Godin prim
  16. Oulchy le Chateau Prim
  17. Laon ZAC ile de France elem
  18. CHauny renan elem
  19. Bourg et Comin prim
  20. RPID Chaudun vierzy
  21. RPID Morcourt Omissy
  22. RPID Parcy et Tigny – Hartennes et Taux
  23. St Quentin Lyon Jumentier prim
  24. RPID Montigny Lengrain – Ressons le long
  25. Villers Cotterêts Jean Zay mat
  26. Braine Gaston Costeaux prim
  27. Folembray prim
  28. Sinceny des nécreux élém
  29. La ferté Milon Jean Racine Elem
  30. Viry Noureuil Centre prim
  31. Blerancourt prim
  32. Laon st Exupéry élem
  33. Charly élem
  34. Villers Cotterêts Moncond’Huy élem
  35. Soissons gare Prim

fusions : 5

  • Hirson Jean Zay Elem et Mat
  • Hirson Centre Elem et Mat
  • Laon Ile de France mat et Zac ile de France élem
  • Soissons fiolet mat et Elem
  • St Quentin Ozenfant élem et patriotes mat

regroupements : 1

  1. Besme-Cmaelin avec Blérancourt

Autres Situations

favoriser l’acceuil des 2 ans

  1. Alaincourt Mezieres
  2. Bucilly Landouzy la Hérie
  3. Chamouille prim
  4. Condé en Brie mat
  5. Condé sur suippe prim
  6. Laon Cité mat
  7. Laon moulin Roux mat
  8. Laon Macaut mat
  9. Nesles la Montagne prim
  10. St Erme prim
  11. Tavaux et Ponséricourt prim
  12. Tergnier Boulloche mat
  13. Vivaise prim

Ouvertures De Postes : 24,5

  • unité d’enseignement : 4.5 postes
  • postes rep + : 6 postes
  • plus de maitres que de classes : 7 postes
  • rased g : 1 poste
  • réajustements rased et postes gelés : 3 postes
  • conseiller pédagogique départemental TUIC : 1 poste
  • BDI : 1 poste
  • référent : 1 poste

Fermetures : 16

  • ITEP CPJE CMP : 7 postes
  • postes surnuméraires (enseignants en appui) : 7 postes
  • rased E : 1 poste
  • conseiller pédagogique IENA : 1 poste

source SNUipp 02

La Grèce, de la « faillite sanitaire » organisée par l’Union européenne à la « crise humanitaire »

La Grèce, laboratoire de la barbarie de l’Union européenne du capital. En 2004, Giscard louait les origines « grecques » de la civilisation démocratique européenne pour faire passer sa constitution anti-démocratique. Dix ans après, l’Europe détruit la civilisation grecque, ce qu’il pouvait en rester de démocratique.

 

Le rapport publié dans la prestigieuse revue médicale britannique « The Lancet », impliquant des chercheurs de Londres, Cambridge et Oxford ne nous apprend hélas pas de scoops, elle ne fait que confirmer, synthétiser l’ampleur du désastre humanitaire, de la crise sanitaire que vit la Grcèe.

 

« Greece’s health crisis: from austerity to denialism », ce rapport publié en février dernier, ne permet plus le déni (denialism) face au développement de maladies que l’on croyait éradiquées, l’explosion des troubles psychologiques, des épidémies, de la mortalité infantile.

 

On a peine à croire que l’OMS classait encore au début des années 2000 le système de santé public grec parmi les 15 plus performants au monde, devant celui allemand ou britannique. Aujourd’hui, le système de santé grec est en « tiers-mondisation », résultat d’un choix politique.

 

Saigné par les mesures de rigueur imposées par la « Troïka », le gouvernement grec a réduit le budget de la santé grecque de près de 40 % depuis 2009. Pour la seule année 2014, le budget de la santé subit une baisse de 19 %, celui de la Sécurité sociale de 30 % !

 

Pour l’hôpital public, la saignée

 

Les premières victimes, les hôpitaux grecs dont le budget a baissé de 26 % entre 2009 et 2011, et qui va connaître une réduction de 32 % seulement en 2014. Ils manquent de tout : lits, médicaments, matériels de base – y compris seringues, compresses, gants – et personnel.

 

Sur les 132 hôpitaux que compte le pays, 50 sont menacés de fermeture d’ici l’an prochain. 12 hôpitaux publics ont déjà fermé leurs portes à Athènes et Salonique au nom des « restructurations-fusions ». L’intégralité des hôpitaux psychiatriques devrait être démantelés en 2015.

 

En termes de lits, 10 000 ont été supprimés depuis le début de la crise.

 

Seconde victime, les travailleurs de la santé, dont l’embauche en contrat permanent est gelé.

 

On estime que 35 000 travailleurs de la santé, infirmières, docteurs ont perdu leur emploi depuis le début de la politique d’austérité, en premier lieu les travailleurs en CDD. Selon l’OMS, 26 000 travailleurs de la santé, dont 9 000 médecins, pourraient être licenciés dans les prochaines années.

 

En quatre ans, le salaire des personnels de santé – médecins, infirmiers, aides – a subi des baisses allant de 30 à 100 %. Désormais, le recrutement des médecins hospitaliers se réalise à 1 000 € pour des horaires extensibles jusqu’à 48 h ou plus.

 

Troisième victime, les patients bien sûr. Selon le rapport de la revue « The Lancet », 800 000 Grecs seraient privés de toute couverture médicale. Le chiffre serait en réalité beaucoup plus élevé, sachant qu’en Grèce l’accès aux soins médicaux est conditionné au travail.

 

Selon le président de l’EOPYY (Instiut de sécurité sociale grec), Dimitris Kontos, ce seraient 3,1 millions de Grecs qui auraient perdu toute couverture médicale publique, soit près de 30 % de la population. Selon lui, 3,3 millions de personnes – notamment les commerçants au bord de la faillite – seraient sur le point de la perdre également.

 

Désormais, comme dans les pays du Tiers-monde, ce sont les ONG – tant locales qu’internationales – ainsi que les centres de santé communautaires qui constituent la seule alternative à cette faillite organisée du système public de santé.

 

au profit du privé, vive le serment d’Hypocrite !

 

A qui profite le crime ? On serait tenté de dire que le secteur privé subit la crise autant que le public, voire plus dans un pays où en 2010 près de 40 % des dépenses de santé étaient assurés par un secteur privé bien implanté dans les cliniques privées, centres de diagnostic, médecins libéraux.

 

En fait, l’emprise du secteur privé sur la santé grecque tend à se renforcer. D’une part, car le gouvernement – tout en diminuant les moyens accordés à l’hôpital public – continue de favoriser l’expansion des cliniques privées.

 

Ainsi, en 2012, comble du cynisme, le gouvernement grec parie encore sur le « tourisme médical », la marchandisation d’opérations cosmétiques ou bénignes (ex : chrirurgie esthétique), espérant faire venir en Grèce 100 000 touristes en cinq ans, attirés par l’expertise médicale grecque.

 

D’autre part, les cliniques privées ont affirmé, en octobre 2013, refuser désormais tous les « clients » assurés par l’organisme public de Sécurité sociale (l’EOPYY), pour la raison que l’EOPYY devait 800 millions de $ aux institutions de santé privées.

 

La marchandisation devient la norme, comme aux Etats-unis, présenter la carte bleue devient le passe pour espérer un traitement des pathologies les plus lourdes tels les cancers.

 

On se rappelle que le ministre de la Santé grec avait osé déclarer en 2013 que « les maladies comme le cancer ne sont pas considérées comme urgentes, sauf si vous êtes dans la phase avancée. » Avec un tel ministre de la Santé, vive le serment d’hypocrite!

 

Les déremboursements ont explosé depuis 2011, les patients devant prendre à leur charge en moyenne 25 % de leurs médicaments – plus 50 autres % si il n’est pas dans la liste de la Sécurité sociale.

 

Toutefois, la dette de l’organisme de Sécurité sociale envers les pharmaciens a poussé ces derniers à exiger des patients à « avancer » la somme intégrale de leur traitement. Ceux qui le peuvent, le font espérant un remboursement ultérieur, les autres qui ne peuvent pas payer se privent de traitement.

 

En 2011, le gouvernement avait augmenté le coût des consultations externes de 3 à 5 $. En 2014, il devait augmenter le coût de toute consultation médicale de 1 $, tout en faisant payer un forfait hospitalier de 25 $ par jour.

 

La responsabilité des grands laboratoires pharmaceutiques multi-nationaux ne peut non plus être minimisée, eux qui sont à l’origine d’une pénurie de médicaments en Grèce, aux conséquences désastreuses pour la santé des Grecs.

 

Les Roche, Pfizer, Sanofi, GSK fuient tous la Grèce, déclarée insolvable, empêchant la livraison de 200 médicaments parfois vitaux, ceux contre l’arthrose, l’hépatite C, le choléstérol, les anti-psychotiques, les anti-biotiques ou les produits anésthésiques.

 

Ces entreprises ont reconnu ne plus livrer de médicaments aux hôpitaux publics, aux pharmacies conventionnées en raison d’une dette de 2 milliards de $ contractée à partir de 2011, surtout face à la faible profitabilité du marché grec, la nécessité objective de casser les prix.

Enfin, la logique du privé s’impose de plus en plus dans les hôpitaux publics, celle de la tarification à l’activité, du « coût-profit » y compris au détriment de la vie humaine.

Le bilan, un « désastre humanitaire et sanitaire »

 

C’est le constat dressé dans l’article publié dans « The Lancet », il fait froid dans le dos, encore il s’appuie essentiellement sur les chiffres portant sur la période 2008-2011, et non sur la période maximale des coupes budgétaires, depuis 2011.

 

Ainsi, le nombre de personnes infectées par le virus du SIDA a doublé depuis 2008, passant de plus de 650 malades à 1 200 en 2012. Parmi les consommateurs de drogue, le chiffre a explosé, passant de 9 à 484.

 

En effet, les distributions de préservatifs, de seringues aux personnes dépendantes de la drogue – dans le cadre de travail de rue réalisé par les personnels de santé – ont chuté respectivement de 25 et 10 %, pour la seule année 2010.

 

Des maladies que l’on croyait disparues refont leur apparition. La malaria, que l’on imaginait éradiquée depuis 40 ans, se développe à nouveau en Grèce, avec la réduction des budgets locaux pour les dispositifs de prévention anti-moustiques.

 

Le virus du Nil occidental a également refait son apparition – pour les mêmes raisons. En 2011, il avait fait un retour foudroyant, contaminant une centaine de personnes, causant le décès de 9 résidents grecs.

 

L’indicateur souvent pris pour mesurer le degré de « développement » d’un pays peut nous aider à mesurer le degré de civilisation :le taux de mortalité infantile a grimpé de 43 % entre 2008 et 2010, après avoir connu une tendance séculaire à la baisse.

 

Le nombre de bébés souffrant d’un poids insuffisant à la naissance a augmenté de 19 % entre 2008 et 2010. On sait que le nombre d’enfants, par la suite, se rendant à l’école dans une situation de « précarité alimentaire » approche les deux-tiers, des chiffres bien supérieurs à ceux de pays africains comme le Malawi ou le Zimbabwe.

 

Enfin, la santé mentale des Grecs en pâtit, le taux de dépression dans la population a quasiment triplé, passant de 3 à 8 % entre 2008 et 2011. Le nombre de personnes ayant commis un suicide a augmenté de 45 % entre 2007 et 2011.

 

Au moment où la demande pour des aides psychologiques a augmenté de 120 % depuis le début de la crise, le gouvernement a déjà divisé par deux le soutien aux institutions publiques consacrées à la santé mentale.

 

Se souvenir du désastre sanitaire dans la transition au capitalisme en Russie

 

Le « traitement de choc » consacré à la Grèce n’est pas le premier. Nombre de pays africains, sud-américains, asiatiques ont connu les recettes miracles du FMI, elles l’ont payé par des tragédies humaines.

 

Comparaison adaptée, le traitement réservé à la Russie après la dissolution de l’URSS, le renversement du régime communiste, qui avait causé la vie à une million de personnes, selon une autre étude réalisée par la revue médicale « The Lancet » (voir ici : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-1-million-de-morts-imputables-directement-aux-politiques-de-privatisation-en-europe-de-l-est-apres-1989-39087819.html)

 

Une analyse extrêmement prudente, cherchant une corrélation directe entre privatisation de la santé et mortalité restreinte ici aux hommes en âge de travailler.

 

La conclusion du million de mort causé directement par la privatisation de la santé en Russie post-sovétique est donc sans doute sous-estimée. Certaines agences de l’ONU ont parlé de trois millions de morts. Où sont les pourfendeurs des « millions de morts » du communisme ?

 

En tout cas, le peuple grec, tout comme le peuple français, n’a qu’à regarder le sort tragique du peuple russe.

 

Les médecins, infirmières, personnels de santé, tout comme les usagers grecs ne s’y trompent pas. Eux qui mènent la lutte depuis quatre ans contre les fermetures d’hôpitaux, les licenciements dans la santé, les déremboursements.

 

Ce 27 mars, les pharmaciens ont lancé une grève de 24 heure contre le projet de la « Troika » d’accorder des licences à des chaînes de pharmacie privées, ou à des points de vente dans les supermarchés du pays.

 

La lutte continue en Grèce pour redonner au « serment d’Hippocrate » sa raison d’être, en repoussant toute logique de marchandisation de ce besoin inaliénable de l’homme, la santé !

 Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Source du rapport publié dans la revue « The Lancet » : http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2813%2962291-6/abstract

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