Solidarité internationale

Le Parti communiste d’Ukraine bientôt interdit ?

Le Parti communiste d’Ukraine bientôt interdit ?

Le projet de loi est déposé au Parlement, solidarité avec nos camarades !

Nos camarades ukrainiens subissent des attaques sans précédent depuis plusieurs semaines. La dernière en date, la proposition déposée au Parlement du député de l’ « opposition » européiste, Oleg Lyashko, d’interdire le Parti communiste d’Ukraine.

Ce 23 février, un pas de plus a été franchi dans la chasse aux sorcières anti-communistes. Le projet de loi n° 4201, enregistré à la Rada (parlement ukrainien), propose l’interdiction du Parti communiste d’Ukraine.

Un Parti déjà dans la semi-clandestinité à l’ouest, maintenant le projet est porté au niveau national !

Ces dernières semaines, les communistes ont tout connu.

Les démolitions de monument en hommage à Lénine, à la lutte anti-fasciste de l’Armée rouge ; les interdictions dans plusieurs régions ; les attaques contre les sièges locaux et le siège national ; enfin, attaque armée contre le lieu présumé de résidence du secrétaire du Parti, heureusement erroné.

Cette fois, la proposition votée officiellement dans trois régions d’Ukraine sous contrôle de forces pro-européennes ‘radicales’, fascisantes, de fait une réalité dans tout l’Ouest du pays, où les communistes sont soumis à la terreur de rue, cette proposition est avancée au niveau national.

Son instigateur, M.Oleg Lyashko, est connu pour son populisme à tout crin, son européisme assumé qu’il a conduit à être en première ligne des manifestations pro-européennes, son désir d’exister, y compris dans des provocations parlementaires finissant en bagarre générale.

Interdire le Parti communiste : une preuve de conformité avec l’Union européenne ?

Officiellement, il fait partie d’un petit parti, le « Parti radical » dont il est le seul député. Toutefois, il avait déjà été élu député en 2006 pour le « bloc Timochenko » … bien qu’il en avait été exclu pour « collaboration avec la majorité (pro-Yanoukovitch!) ».

Une vraie girouette politique, dont la boussole reste l’adhésion à l’Union européenne, la collusion avec les différents clans oligarques, camouflés derrière une rhétorique populiste !

Le seul parti avec lequel il n’a pas flirté, c’est le Parti communiste. Lyashko s’était notamment fait connaître pour en être venu au poings en 2011 avec le député communiste Adam Martynuk, après que Lyasko a insulté le parlementaire.

Si dans l’immédiat, cette proposition risque de ne pas être acceptée, elle brise un tabou. Aucun des partis en compétition ces dernières semaines, liés à un clan oligarchique, à un bloc de puissance, n’a exprimé sa solidarité avec le Parti communiste face à ce déni de démocratie.

L’interdiction du Parti communiste est déjà une réalité dans plusieurs pays d’Europe – Lituanie, Lettonie, Hongrie –, d’autres mesures du même type ayant déjà été entreprise ailleurs, comme en Pologne ou en République tchèque.

Un Parti qui dérange : la vraie « opposition » de masse aux régimes des oligarques

Le secrétaire-général du KPU, Petro Simonenko, a posé une position ferme de refus de l’intimidation fascisante :

« On ne va pas se laisser intimider, cette proposition montrent qu’ils ne veulent pas entendre des opinions différentes, comprendre que l’Ukraine est diverse ».

« En 1991, ils ont interdit le Parti communiste. Après l’interdiction, le pays a été détruit, l’Ukraine a perdu presque toute souveraineté politique. Et maintenant ils essaient de le refaire, parce que nous disons la vérité. Le Parti communiste a un programme clair, donc ils essaient de l’éjecter de la scène politique ».

Ce programme politique, le KPU l’a réaffirmé ces derniers jours : il ne participera pas au gouvernement et sera le premier, et seul, parti d’opposition à cette « union sacrée », trêve entre clans oligarques dans leur lutte pour se partager le gâteau.

Un parti d’opposition constructifpour le maintien de l’unité et l’intégrité de l’Ukraine, la défense des intérêts nationaux de l’Ukraine, assimilés à ceux des travailleurs ukrainiens.

Mais un parti d’opposition inflexiblequi demande dès maintenant le retrait des réformes libérales précédents de Yanoukovitch – notamment dans la santé, sur les retraites – ; le refus de tout agenda décidé par l’Union européenne, la Russie ou le FMI ; enfin, une enquête sur les actes de violence, violation de lois, brutalités non-nécessaires commis par les divers camps ces dernières semaines.

On comprend mieux, qu’avec un tel programme, le Parti communiste se soit fait beaucoup d’ennemis en Ukraine dans les clans dirigeants … mais aussi beaucoup d’amis, au sein du peuple, des travailleurs de ce pays.

Seul pays à défendre l’unité et l’indépendance nationale, les intérêts des travailleurs, le KPU a survécu à la tentative de Yanoukitch de « plumer la volaille communiste » – cet électorat ouvrier de l’est du pays, russophone – feignant de récupérer certaines positions du parti.

Il avait fait le tour de force de passer en 2012 de 5,3 à 13,4 % des voix, doublant son nombre de voix (de 1,3 à 2,6 millions de voix), devenant la première force d’opposition à la « lutte de clans » entre oligarques pro-russes et pro-européens.

Les avertissements que nous faisons monter ces derniers mois nous montrent que nous ne sommes pas des Cassandre, la menace est bien réelle en Ukraine. Il est temps maintenant de faire monter la solidarité avec nos camarades ukrainiens : le fascisme ne passera pas !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

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