Solidarité internationale

Quand SYRIZA et Alexis Tsipras mettaient leurs espoirs dans l’élection de François Hollande pour « changer l’Europe » !

Quand SYRIZA et Alexis Tsipras mettaient leurs espoirs dans l’élection de François Hollande pour « changer l’Europe » !

En ce début février, M.Alexis Tsipras était présent à Paris pour présenter sa candidature à la Commission européenne. Il n’avait pas de mots pour décrire sa déception face à la politique de François Hollande. Il faut dire qu’il avait fait sa campagne en 2012 … en Grèce !

Ce 3 février, Tsipras rendait publique sa profession de foi à Paris. Dans son discours, sept reprises, il a exprimé sa déception, son indignation, sa rage face à la politique de François Hollande, celle « du défenseur de la politique la plus à la droite que l’Europe ait subi ».

« Si le gouvernement Hollande était différent, l’Europe d’aujourd’hui serait différente » ! Avec des si …

Pourtant, Alexis ne peut éviter de nourrir la nostalgie de son rêve avorté d’un « Grand soir » électoral : « Si le gouvernement Hollande était différent, toute l’Europe d’aujourd’hui serait différente ! ». Avec des « si », on refonderait l’Europe !

Au moment de la crise de l’Union européenne, instrument de domination du grand capital discrédité auprès des peuples, il ne propose encore dans son discours que de « réunifier l’Europe », « reconstruire l’Union européenne », « changer l’Europe ».

Le tout sur la base d’un « New Deal » européen, un « Plan Marshall » pour l’Europe, un allégement de la dette semblable à celui de la RFA en 1953. De drôle de références à la fois keynésiennes et atlantistes, pour un candidat présenté comme « radical » dans la presse dominante.

On sait que ces derniers mois Alexis Tsipras n’a pas manqué de rassurer les grands de ce monde : le ministre de l’Économie allemand à Berlin, les responsables du FMI à Washington, jusqu’à envoyer une lettre à Mario Draghi, à Herman van Rompuy et José Barroso avec le même discours : « Je ne suis pas dangereux, je veux sauver l’Euro et l’Europe, aidez-moi ».

Alors pourquoi – lui qui sème encore tant d’illusions – expriment ces illusions perdues face à Hollande ? Il faut revenir sur les déclarations de SYRIZA, en particulier, de M.Tsipras entre 2010 et 2012 pour comprendre cet acte d’apostasie.

Hollande, Tsipras et le « vent du changement » en Europe

 

SYRIZA, en particulier Alexis Tsipras, avait depuis longtemps préparé le terrain opposant l’ « Europe des Merkel-Sarkozy » au « vent du changement » que pouvait compter l’élection d’un président « de gauche » en France, pouvant faire basculer l’Europe à gauche.

Dès 2010, Tsipras disait qu’il « ne serait pas possible pour la Grèce d’avoir un gouvernement engagé dans le mémorandum si le ministre de l’Économie français déclarait que le pacte budgétaire devait être modifié ».

C’était le 17 mai 2010, devant le groupe parlementaire de SYRIZA. De quoi laisser un espoir de changer la situation en Grèce … si un gouvernement « progressiste » était élu en France !

Trois jours après, toujours en 2010, il ajoutait au Comité central de SYRIZA : « la volonté populaire est nécessaire pour sortir de la voie à sens unique des néo-libéraux ». Par néo-libéraux, il faut attendre Sarkozy-Markel. Par volonté populaire, vote bien sûr.

Si des doutes subsistaient, l’euphorie du côté de SYRIZA en 2012 – année électorale en Grèce comme en France – suffit à les dissiper. Pour Tsipras, l’élection de Hollande marquait le « vent du changement » capable de faire basculer l’Europe à gauche.

« Il y a une forte exigence de renverser les talibans du néo-libéralisme, je souhaite que cela vienne d’une victoire de Hollande en France »

L’égérie des plateaux télé, la députée Rena Dourou, responsable de SYRIZA aux Affaires étrangères, allait plus loin en mars 2012 quand elle disait de François Hollande :

« que le degré de son engagement à renégocier (le pacte d’austérité) dépendra en fin de compte du pourcentage du candidat du Front de gauche (…) qui permettra de peser de façon efficace sur Hollande (…) Si le résultat des urnes confirme les bons sondages, ce sera la preuve que l’unité de la gauche peut changer la donne – une leçon que n’a pas apprise le KKE chez nous ! »

Un autre dirigeant de premier plan de SYRIZA, Papadimoulis, pouvait rajouter une couche sur les ondes de Radio FM, le 4 mai, entre les deux tours : « il y a une forte exigence de renverser les talibans du néo-libéralisme, et je souhaite que cela vienne d’une victoire de Hollande en France ».

Si on continue dans l’image, Hollande est aux talibans du néo-libéralisme ce que Bush est à Ben Laden : son alter ego.

« Si j’étais Français, je ferais comme Mélenchon : je voterai Hollande au deuxième tour, sans conditions »

Et Tsipras lui-même, Qu’en pensait-il ?

Il défend Mélenchon dans un entretien avec le site protagon.gr le 4 mai, quand celui-ci annonçait qu’il voterait pour Hollande sans conditions au deuxième tour. « Je ferais pareil si j’étais Français »disait-il, « sans illusions ». Ces illusions, il les gardait pour le peuple grec !

Après la première place de Hollande au 1er tour, Tsipras criait au triomphalisme en conférence de presse, le 29 avril : « la mobilisation des peuples européennes devient une force de changement qui vient renverser les politiques destructrices de Sarkozy-Merkel ». Le changement, c’est maintenant !

Lors de sa rencontre avec Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 21 mai, juste après l’élection de Hollande, le sourire aux lèvres, Alexis Tsipras pouvait prophétiser :

« Il y a un vent de changement, une ambiance de rupture en Europe »… même si il conseillait amicalement à Hollande de « faire attention à ne pas devenir ‘Hollandreou’ ».

On était alors en Grèce dans la campagne pour les secondes élections législatives, qui virent SYRIZA faire un bond électoral de 4,5 % en 2009 à 26,9 % en 2012, à grand renfort de couverture médiatique et de transfuges du navire PASOK en train de prendre l’eau !

Tsipras pouvait conclure un meeting électoral place Omonia à Athènes, le 14 juin 2012 : « oui, l’Europe de Juin est bien différente de celle de Mai. L’atmosphère politique a changé ».

Que s’est-il passé entre mai et juin ? L’élection de François Hollande, porteur d’un « vent du changement », devait changer la France, changer l’Europe, offrir des perspectives au peuple grec. Deux ans après, que reste-t-il de ces illusions semées par Tsipras ?

Les modèles de Tsipras : Soares, Papandreou, Mitterrand, les fossoyeurs de l’alternative !

 

Le peuple grec continue à mourir sous les coups de l’austérité coordonnée par Merkel et Hollande – qui est venu en février 2013 pour encourager la poursuite des coupes sociales, des privatisations dont les monopoles français espèrent tirer profit.

Ce 3 février, M.Tsipras peut bien pester contre Hollande. Quelle est sa référence pour changer l’Europe ?

Lisons sa déclaration : l’Union de la gauche de 1981, menée par des « vrais socialistes » qui avaient pour nom Soares au Portugal, Papandreou en Grèce, Mitterrand en France : les fossoyeurs de l’espoir,les tueurs d’alternative en Europe.

Méfiance, face aux fausses alternatives, « veillons et armons-nous en pensée », comme disait le révolutionnaire allemand Georg Buchner !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ * 

* nous avons puisé dans les propos tenus par les dirigeants de SYRIZA dans les médias grecs, et nous remercions en cela nos camarades grecs de nous avoir indiqué certaines des déclarations citées ci-dessus.

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