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Logement à Paris : la situation a continué à se dégrader pour le plus grand nombre sous Delanoë/Hidalgo. Pour que ça change, il faut le reconnaître !

Logement à Paris : la situation a continué à se dégrader pour le plus grand nombre sous Delanoë/Hidalgo. Pour que ça change, il faut le reconnaître !

Se loger à Paris est de plus en plus dur pour les travailleurs, les retraités, les jeunes. Cette réalité s’est aggravée encore, année après année, depuis 2001, lors des deux mandatures de Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo. Il n’est pas question pour nous de leur faire porter la responsabilité entière du phénomène. Mais l’autoglorification de la municipalité sortante sur sa politique de logement est abusive, injustifiée, mensongère.  

A Paris, plus que partout ailleurs dans le pays, la spéculation immobilière fait rage et les habitants en font les frais. Loin de la combattre, la municipalité  l’a principalement accompagnée et aménagée.

Ne laissons pas le matraquage de la municipalité sortante de « gauche » masquer cette réalité et saper les luttes qui seront plus nécessaires que jamais dans les années à venir, localement et nationalement.

 

DEPUIS 2001, QUELQUES DONNEES. Le nombre de demandeurs de logement social à Paris est passé de 100.000 à 140.000, traduisant une extension générale du mal-logement. Les loyers dans le secteur « libre », pour les nouveaux baux, ont augmenté de 58% atteignant 23,9 euros en moyenne le m2. La part du budget des ménages parisiens consacrée au logement, a considérablement augmenté, sans amélioration notable de l’habitat. Cela vaut pour les locataires, comme pour les accédants à la propriété. Le « taux d’effort » est estimé à 24% en moyenne mais il dépasse souvent 40% dans les foyers aux salaires et retraites les plus faibles, même dans le parc social.

 

ENFUMAGE DE CAMPAGNE

Dans la campagne électorale des municipales, droite et gauche tiennent chacune leur posture en particulier sur le thème du logement.

La droite menée par Mme Koskiusko-Morizet traîne une réputation justifiée d’adversaire de l’extension du logement social et de connivence avec les profiteurs du marché immobilier. Dans les arrondissements, ses représentants entretiennent leur clientèle bourgeoise et petite-bourgeoise dans la peur des couches populaires criminogènes qui y afflueraient et dans la peur d’une baisse des prix du marché et de la valeur de leur patrimoine.

Face à cela, il n’en faut pas beaucoup à Mme Hidalgo et à la municipalité sortante pour sembler être de « gauche ». Ces derniers jours, l’annonce d’une piétonisation de la richissime avenue Foch, avec une pincée éventuelle de logements sociaux, a automatiquement déclenché l’hystérie des élus de droite du 16ème.

Hidalgo a choisi de mettre en avant le taux de logements sociaux comme argument principal de campagne à « gauche » en matière de logement. Dans son équipe, les candidats PCF (dont Ian Brossat, nommé récemment pdt de la Sempariseine par Delanoë, la plus importante société d’économie mixte de la Ville de Paris, responsable entre autres, des Halles et de Beaugrenelle), semblent avoir la mission de forcer le trait pour jouer la caution de « gauche ». Ils se targuent d’avoir obtenu une promesse de 30% de logements sociaux en 2030. Sauf que Hidalgo se présente pour un mandat allant jusqu’en 2020…

 

TAUX DE LOGEMENTS « SOCIAUX » : QUELLE SITUATION REELLE ?

La municipalité sortante se prévaut avant tout d’avoir porté de 14% à 19% la part des logements sociaux à Paris depuis 2001 (même 20% en comprenant les programmes non finalisés). Ce chiffre doit être largement relativisé, et ce faisant, on repère l’orientation réelle de la politique de Delanoë/Hidalgo.

De 2001 à 2012, ils prétendent avoir « produit » 61.000 logements sociaux.

Mais ce chiffre n’intègre pas la disparition de dizaines de milliers de logements à loyer modéré, « non conventionnés », faisant partie du « parc social de fait ». Depuis 2001, la moitié des 39.000 logements relevant de la loi de 1948 ont disparu ou ont vu leur loyer exploser. Les hôtels meublés sont détruits les uns après les autres. Les grandes entreprises publiques – La Poste, la SNCF etc. – ont activement liquidé leur patrimoine de foyers pour jeunes travailleurs. Avec les bailleurs dits « institutionnels », elles ont lourdement augmenté les loyers de leurs ensembles, non conventionnés, pour les rapprocher des prix du marché.

Dans un autre cadre, la relocation de logements occupés depuis longtemps donne lieu à des augmentations considérables.

Le solde réel des créations de logements à loyer modéré se révèle au mieux à peine positif : pas de quoi dégonfler la spéculation ! De surcroît, il convient d’observer la nature des 61.000 logements sociaux prétendument « produits », selon l’expression délibérément dénuée de signification juridique.

Dans le détail des opérations, on découvre que 17.000 des logements « produits » sont « à loyer intermédiaire » (prêts « PLS ») : 700 euros par mois le 2 pièces, nous ne considérons pas que cela constitue un loyer très modéré !

Ensuite, on relève que les « constructions » ne représentent même pas la moitié du total : 30.000 seulement. Et encore, sont comptabilisées dans les constructions des « réhabilitations lourdes ». Les autres programmes correspondent à des « acquisitions » d’immeubles existants selon des modalités bien diverses et des opportunités discutables.

 

EXEMPLES DANS LE 15EME (ET LE 14EME)

Quelques exemples dans le 15ème arrondissement aident à décrypter la réalité des chiffres. Selon Hidalgo, 6.800 logements sociaux auraient été « produits » depuis 2001.

Dans les soi-disant « constructions neuves », on trouve la « réhabilitation lourde » du foyer Adoma (ex-Saonacotra) de la rue de la Procession. De 420 chambres, on passera à 218 petits appartements, plus confortables certes, et conventionnés… Mais peut-on considérer qu’il y a création de logements sociaux ?

Rue Alphonse Bertillon, la direction de la SNCF a été heureuse de trouver des fonds publics complaisants pour rénover son foyer de travailleurs : ses chambres sont transformées en 211 petits appartements rénovés. Là encore, comment y voir une création de logements sociaux ?

Venons-en aux programmes d’« acquisitions » d’immeubles ou de logements existants. Sur ce procédé, nous n’avons pas de positions de principe : tout doit s’étudier au cas par cas.

Mais il nous est impossible d’admettre que l’argent destiné à financer la construction de logements sociaux (notamment les emprunts sur les fonds du livret A via la Caisse des dépôts) et les subventions de la Ville de Paris soient détournés pour racheter et conventionner des logements qui sont déjà « sociaux de faits ».

En 2006, 1200 logements, dans le 15ème et surtout dans le 14ème, à loyers très modérés mais non conventionnés (et non comptabilisés dans les 20%), sont achetés par la société HLM de la SNCF, La Sablière, avec mobilisation de prêts du logement social et d’argent de la Ville de Paris. Problème : ils appartenaient déjà à une société d’économie mixte contrôlée par la Ville ! Où est la création de HLM ? Nulle part ! Mais la contribution du contribuable n’est pas virtuelle !

En 2009, la Ville de Paris accepte complaisamment de faire racheter par Paris-Habitat 140 logements rue de Lourmel et avenue Emile Zola que la Caisse des Mines (retraite des mineurs) voulait liquider.

Dans le 14ème, rue de Gergovie, la municipalité a permis une opération particulièrement cynique des privatiseurs de la SNCF. 300 logements ont été construits à la fin des années 50 pour les cheminots et les personnes expulsées après le déplacement de la gare Montparnasse. Les loyers étaient modérés sans que l’immeuble soit « conventionné ». Dans les années 2000, la SNCF les a transférés vers sa filiale immobilière ICF-Novedis. Celle-ci a fortement augmenté les loyers d’une centaine de logements. En 2012, ICF-Novedis revend ces logements … à une autre filiale de la SNCF, La Sablière. Les 100 logements dont les loyers ont augmenté deviennent « à loyer intermédiaire ». Des fonds du Livret A et de la Ville sont mobilisés, notamment pour la réhabilitation. Non seulement, il n’y a pas de création de logements sociaux – seulement une manipulation administrative des chiffres – mais l’argent de l’épargnant et du contribuable est détourné pour alimenter une filiale spéculatrice de la SNCF.

Continuons ! La Tour Beaugrenelle sur le Front de Seine est tombée dans l’escarcelle du promoteur Gecina en 2000. Les 192 logements, classés ILN (loyers normés), étaient également « sociaux de fait » sans rentrer dans le décompte des logements sociaux. Gecina a espéré vendre mais a échoué devant la mobilisation des riverains contre le centre commercial Beaugrenelle. En 2011, le promoteur a trouvé une aide sans pareille pour se débarrasser, sans effectuer les travaux d’entretien, de ce bâtiment : Anne Hidalgo et la municipalité. Gecina a pu revendre l’immeuble au prix fort à une société HLM grâce à une subvention de la Ville et à un pompage, là aussi, des crédits normalement consacrés à la construction de logements sociaux. Delanoë et Hidalgo rentrent l’opération comme création de 192 logements sociaux : en fait, les loyers vont augmenter et les contribuables sont saignés.

HEUREUX COMME UN SPECULATEUR A PARIS !

Dans le même temps, grâce à la municipalité et à Anne Hidalgo, Gecina s’apprête à enregistrer 300 millions d’euros de plus-value en vendant le centre commercial Beaugrenelle à un fonds chinois…

Les « foncières », ces entreprises spéculatrices parasitaires, comme Gecina, gagnent à tous les coups grâce à Hidalgo et à la Sempariseine. Dans les opérations publiques d’aménagement, la municipalité leur cède des emprises pour enregistrer les plus gros profits. Non loin de Beaugrenelle, le summum est atteint sur les terrains de l’ancien hôpital Laënnec où la Ville a permis à la Cogedim de commercialiser des appartements de luxe à … 23.500 euros du mètre carré. Ailleurs, les prédateurs pratiquent allègrement la « vente à la découpe », Gecina rue Pradier dans le 19ème, 191 rue Saint-Charles dans le 15ème. Et quand ils veulent se débarrasser d’un actif résidentiel peu intéressant pour eux, ils n’ont qu’à demander : la Ville leur rachète (à Gecina, rue Balard, rue Sébastien Mercier etc.). A votre service !  

ASSEZ !

Il y a vraiment de quoi relativiser la politique de rachat et conventionnement d’immeubles existants. En résumé, souvent, ce sont des immeubles déjà sociaux de fait. D’autres fois, l’investissement public est démesuré. Mais quand de « bonnes affaires » se présentent pour la collectivité, comme en 2004 la déshérence de la Tour Flathotel, rue du Théâtre, Hidalgo préfère les laisser au privé (Pierre et Vacances) malgré le droit de préemption de la Ville.

La même logique est à l’œuvre concernant l’immobilier de bureau.

La municipalité rachète au prix fort les bureaux dont les promoteurs ne veulent plus, les transforme éventuellement, aux frais de la collectivité en logements (seulement 4500 de 2001 à 2012). Mais dans le même temps, elle appuie la construction de bureaux spéculatifs comme la Tour Triangle (120.000 m2) à la Porte de Versailles. Depuis 2001, l’offre de bureaux et le nombre de bureaux vides a encore augmenté. Il y aurait 2 millions de mètres carrés vides intra-muros.

 

CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS DE LUTTE:

Nous n’acceptons pas que l’affichage « logement social », 20%, 30%, serve à masquer une dégradation de fait de la situation du logement à Paris. Il est inconcevable de laisser la municipalité de Paris de « gauche » cacher sa politique d’accompagnement des spéculateurs, tout en se lançant dans la compétition capitaliste entre capitales du monde. La transparence sur cette politique est nécessaire pour en changer, pour faire grandir, par la lutte, l’exigence d’une autre politique.

Nous demandons que les 100% des logements prévus dans les opérations publiques d’aménagement soient des logements sociaux.

Nous demandons que tous les logements sociaux, quel que soit l’arrondissement,  créés soient tous de véritable HLM et non des « logements intermédiaires ». Malgré le scandale de la Loi Boutin, 50% des Parisiens, 90% des demandeurs de logements sociaux ont des revenus inférieurs aux plafonds.

Nous demandons un vaste plan de transformation de bureaux en logements en même temps que l’arrêt du soutien de la municipalité aux constructions de bureaux comme à la Porte de Versailles.

Nous demandons une augmentation importante des taux des taxes et droits de mutations, dont les rendements devraient être entièrement consacrés au logement social.

Nous demandons à la Ville de Paris d’éliminer de ses partenaires les « foncières » et autres spéculateurs parasitaires.

Nous demandons aux élus parisiens d’intervenir pour le blocage des loyers à la relocation promis par Hollande et la ministre Duflot mais pas du tout mis en œuvre.

Une autre politique nationale du logement est possible. La municipalité de Paris pourrait y contribuer. Nos luttes, avec celles des habitants, les y contribueront !    

Pcf Paris 15, 21 janvier 2014

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