Solidarité internationale

85 grandes fortunes aussi riches que 3,5 milliards d’êtres humains, selon l’ONG Oxfam

85 grandes fortunes aussi riches que 3,5 milliards d’êtres humains, selon l’ONG Oxfam

Après la dissolution de l’URSS et du socialisme réel, le camp occidental mené par les Etats-unis avaient promis la paix, la démocratie, la prospérité pour tous. Vingt ans après, la guerre est partout, la démocratie nulle part et la prospérité est réservée à une minorité.

Le rapport de l’ONG OXFAM « Travailler pour une minorité » n’est pas une surprise, hélas : les 85 individus les plus riches du monde concentrent entre leurs mains autant de richesse que 3,5 milliards de personnes, soit la moitié de la planète.

Les 1 % les plus riches concentrent plus d’argent que la moitié des habitants de la planète, la somme de 110 000 milliards de $ est avancée par l’ONG, soit 65 fois plus que les 50 % les plus pauvres.

Les milliardaires toujours plus nombreux : une richesse supérieure à celle de 147 pays du monde réunis !

210 personnes entrèrent dans le club des milliardaires en 2013, soit une hausse de 15 % de leur nombre en pleine crise.

Les 1 426 milliardaires que compte le monde possèdent un patrimoine net commun de 5 400 milliards de $, soit le PIB de la France et l’Allemagne réunis, ou encore celle de 147 pays du globe !

Pays émergents, cœur capitaliste : « Enrichissez-vous » … par les privatisations et les exemptions fiscales !

C’est dans les pays émergents (« nouveaux capitalismes ») que le nombre de milliardaires explose : ils sont passés de 6 à 61 en Inde depuis 2000, mais de 0 à 110 en Russie, de 0 également à 122 en Chine.

Ces deux derniers pays occupent respectivement la 3 ème et la 2 ème place pour le nombre de milliardaires, illustrant les conséquences désastreuses du passage du socialisme réel à un capitalisme débridé.

La tendance est la même dans les « anciens pays capitalistes ». Aux Etats-unis, la part des 1 % les plus riches est passée de 7 % de la richesse nationale en 1980 à 21 % aujourd’hui. Dans 24 des 26 pays étudiés, la part des 1 % les plus riches dans le revenu national a progressé.

Depuis l’élection d’Obama en 2008, aux Etats-unis, la croissance post-crise a été absorbée à 95 % par les 1 % les plus riches tandis que 90 % de la population s’est appauvrie.

OXFAM dénonce que ces dernières décennies de nombreuses lois aient été votées en faveur des plus riches « qui ont pris le pouvoir » : baisse du taux d’impôts sur les sociétés, sur la fortune, déréglementation financière, privatisation des services publics, restriction des dépenses sociales.

Depuis les années 1970, le taux d’imposition des plus riches a baissé dans 29 des 30 pays étudiés par OXFAM.

Le mythe du capitalisme démocratique face à la conscience populaire d’un Etat au service des plus riches

La conscience que ce système capitaliste ne favorise que les plus riches, et que l’État sert leurs intérêts privés plutôt que ceux généraux croît également dans des proportions inédites.

Une étude menée dans six pays (Etats-unis, Royaume-Uni, Espagne, Brésil, Inde, Afrique du sud) montre que la majorité des gens croit que les lois sont dans les intérêts des plus riches.

A l’affirmation « les riches ont trop d’influence sur l’orientation prise par votre pays », 80 % des Espagnols, 75 % des Indiens et des Brésiliens, et 65 % des Américains, Britanniques et Sud-Africains affirment qu’ils sont d’accord.

Le mythe du « capitalisme démocratique » vole en éclats. Quand moins de 100 personnes contrôlent la majorité des richesses, sont riches que la majorité des États, quelle démocratie peut-il subsister ?

Le rapport évoque brièvement, mais de manière assez pertinente, comme la déréglementation du secteur financier a servi à l’enrichissement d’une minorité aux Etats-unis.

Comment la privatisation des télécoms au Mexique a fait la plus grande fortune du monde (Carlos Slim) au détriment de la majorité, comment en Inde les milliardaires ont construit leur richesse sur des « rentes de monopole » concédés par un pouvoir politique corrompu, au service des puissants.

Le rapport cite ce mot de l’ancien juge de la Cour suprême des Etats-unis, le rooseveltien Louis Brandeis : « Nous pouvons ou bien avoir la démocratie, ou bien avoir de grandes richesses concentrées entre les mains de quelqu’uns, nous ne pouvons pas avoir les deux à la fois ».

Des solutions utopiques d’OXFAM à l’exemple concret de l’Amérique latine : des contradictions à résoudre dans la lutte !

Nous pourrions plutôt citer Rousseau, qui a les plus belles phrases sur l’incompatibilité entre argent et démocratie : « La richesse est l’inégalité à laquelle les autres se réduisent à la fin car on s’en sert aisément pour acheter tout le reste(…)

Si l’on voit une poignée de puissants et de riches au faîte de leur grandeurs et de la fortune, tandis que la foule rampe dans l’obscurité et dans la misère, c’est que les premiers n’estiment les choses dont ils jouissent qu’autant que les autres en sont privés », dit-il dans le Second discours.

Dans le Contrat social, dans son chapitre XV de son livre III, il oppose plutocratie et démocratie, dénonce ceux qui cèdent « une partie de leur profit pour l’augmenter à leur aise. Donnez de l’argent, et bientôt vous aurez des fers. Ce mot de Financeest un mot d’esclave, il est inconnu dans la cité ».

Des paroles critiques toujours éclairantes deux siècles et demi plus tard, toutefois les solutions d’OXFAM sont aujourd’hui tout aussi utopiques que celles de Rousseau en 1760.

Comme le philosophe genevois, elle rêve d’un retour en arrière. Rousseau rêvait un retour à une démocratie grecque idéalisée, OXFAM rêve d’un retour au compromis « keynésiano-fordiste » entre capital et travail, celui des Trente Glorieuses, tout aussi mythifié. Ni l’un ni l’autre ne sont possibles.

OXFAM indique comme solution concrète, actuellement, l’exemple de l’Amérique latine où 14 des 17 pays ont vu les inégalités de revenu baisser sur la dernière décennie grâce à des politiques fiscales progressives, des investissements massifs dans les services publics.

Ce processus, comme nous l’analysons, est plein de contradictions dans des pays qui battaient des records d’inégalité, mettant en péril jusqu’au développement même du capitalisme local.

Dans des processus différenciés, un nouveau compromis capital-travail a permis de relancer une croissance profitant, plus ou moins également, aux deux forces antagonistes. Toutefois, au Brésil, en Argentine, y compris au Vénézuela et en Equateur, les contradictions s’aiguisent désormais, dans des processus aux formes fort différentes.

OXFAM encourage à taxer les plus riches et les grandes entreprises et à « utiliser l’argent public pour offrir des soins médicaux universels, une éducation et une protection sociale à tous les citoyens ».

Un objectif qu’on ne peut que partager mais qui ne résout pas la question : quel rapport de force, quelle organisation, quelle alternative pour imposer ces choix ? Autant de questions qui se résoudront dans la lutte pratique des peuples !

En tout cas, bien au-delà des solutions pour sortir de cette situation, ce rapport a un mérite : celui de montrer l’hypocrisie d’une restauration capitaliste depuis vingt ans qui piétine la démocratie, les droits humains, la vie de millions d’êtres humains.

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

A propos de Parti Communiste Français-St-Quentin 02

" Face au capital, aujourd'hui, plus que jamais, le peuple a besoin du PCF"

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