Archive | janvier 2014

Dans quel état se trouve l’Allemagne après les « réformes Hartz » ? Pauvreté record, précarité pour tous et méga-profits

Peter Hartz, conseiller de François Hollande pour les nouvelles réformes du travail ? En tout cas, notre président socialiste avait déclaré s’inspirer pendant sa campagne des réformes libérales du chancelier Schroder. Retour sur l’état de l’Allemagne dix ans après les fameuses « Réformes Hartz ».

Un rapport publié juste avant les Fêtes contredit les données du gouvernement allemand ainsi que le mythe du miracle allemand qui se révèle être un mirage patronal : la « compétitivité » allemand, ce sont les peuples européens qui la payent, et d’abord les travailleurs allemands.

C’est le constat alarmant de l’organisation de bienfaisance DPWV dans son rapport « Entre prospérité et pauvreté – l’Allemagne mise à l’épreuve » :

l’Allemagne compte plus de pauvres que jamais depuis la dite réunification, 15,2 % se trouve sous le seuil de pauvreté, 16 autres % sont menacés de pauvreté, soit 31 % de pauvres réels ou potentiels dans le pays le plus prospère d’Europe.

Le rapport est d’autant plus inquiétant que la croissance de la production et celle de la pauvreté sont allés dans des sens opposés. Entre 2005 et 2013, le PIB allemand a augmenté de 12 % malgré la crise, tandis que la pauvreté est passé de 14 % à 15,2 %.

Les données de l’ONG rentrent en contradiction avec celles vantées par le gouvernement, celles de l’Institut allemand pour la recherche économique (DIW), financé par l’Etat et défendant les thèses patronales.

Or, le DIW s’était tout simplement arrêté aux données de 2010 … seule année sur ces dix dernières où le taux de pauvreté avait connu un léger recul. Depuis la pauvreté est repartie à la hausse. Un simple mensonge par omission.

L’étude portant sur les inégalités régionales souligne que se creusent les disparités entre régions riches, plutôt au Sud, et pauvres, naturellement à l’Est mais aussi de plus en plus à l’ouest : c’est le cas de Brême (23,1 % de pauvres), Mecklembourg (22,9 %), Berlin (21,2 %), Saxe (18,9 %) et Brandebourg (18,3 %).

Un cas dramatique est celui de la Ruhr, vieille région industrielle, bastion ouvrier, pour la première fois classée dans les régions pauvres ravagées par la désindustrialisation, 19,2 % en 2012 avec des pics de 26,4 % à Dortmund et 25,1 % à Duisbourg.

Selon les auteurs du rapport : « il faut pointer du doigt les bas salaires, la précarité, les emplois atypiques (…) les bons résultats sur le marché du travail se produisent évidemment au prix d’une américanisation du marché du travail, avec le phénomène des travailleurs pauvres. »

Pour le travail – Bas salaires et précarité pour tous : le résultat des « réformes Hartz »

Sur quoi repose le soi-disant « miracle allemand » ?

D’abord sur les bas salaires. La politique menée par le social-démocrate Schroder – dont se revendique Hollande – entre 2003 et 2005 a contribué à la baisse des salaires, à la généralisation de la précarité avec son cortège de « mini-jobs » et de « travailleurs pauvres ».

En chiffres, le salaire moyen allemand a baissé de 4 % entre 2000 et 2010, soit 100 € de moins par mois. Après une légère relance après 2010, l’année 2013 a vu les salariés allemands perdre encore (officiellement, les chiffres étant sous-évalués) 0,2 % de pouvoir d’achat.

La part des salaires dans le partage de la valeur ajoutée a reculé entre 2000 et 2010 de 68 à 63 % du PIB. Les bas salaires (2/3 du revenu médian) touchent désormais 23 % de la population mais 57,5 % des 15-24 ans entrant sur le marché du travail.

Symbole de cette sous-prolétarisation du salariat allemand, les lois « Hartz IV ». Sous prétexte de lutte contre le chômage, on lance en fait une chasse aux chômeurs. Si le taux de chômage a baissé de 11,5 à 6,5 % entre 2005 et 2013, le nombre de « Hartzi » a explosé.

Selon les lois Hartz, l’allocation-chômage classique (Arbeitslosengeld I) est réduite à 12 mois, le chômeur est considéré ensuite de longue durée (Arbeitslosengeld II) et touche 350 € par mois. Une allocation conservée à condition d’accepter tout emploi proposé par l’agence pour l’emploi.

6,6 millions de personnes – dont 1,7 millions d’enfants – sont victimes d’Hartz IV. Ces 4,9 millions d’adultes (les « Hartzi ») sont en fait des chômeurs, des « quasi-chômeurs ».

C’est dans le cadre de ces lois que se sont développés les mini-jobs payés au maximum 400 € par mois, voire les « jobs à 1 € » … par jour !

La précarité devient de plus en plus la norme, surtout pour les jeunes. Sept ans après « Hartz IV », le nombre de contrats atypiques a explosé, de 47 % pour les contrats à temps partiel et de 131 % pour les intérim entre 1999 et 2009 !

Selon DESTATIS (l’INSEE allemande), si 8 millions de salariés subissent déjà un contrat précaire, il faut savoir que seules 15 % des nouvelles embauches se font en CDI, le reste en CDD (43%) ou en intérim (42% en CDD)

Pour le capital – Méga-profits et ‘avantage compétitif’ : la vraie raison derrière les « Réformes Hartz »

Les salaires perdus par les travailleurs passent directement dans la poche des patrons allemands. Entre 2000 et 2012, le taux de marge des entreprises allemandes est passé de 37 à 41 %, avec un pic de 45 % en 2007. En comparaison, les entreprises français oscillent entre 28 et 30 % !

2012 a été l’année d’euphorie pour le DAX, l’équivalent du CAC 40 réunissant les 30 entreprises côtées à la bourse de Francfort : 104 milliards d’€ de profit, en hausse de 8 % par rapport à 2011.

Le cas d’une entreprise Volkswagen donne le vertige et est emblématique du « capitalisme allemand » : 15 milliards de profits en 2011, 11 milliards en 2012 … et 17 millions de rémunérations pour le PDG de l’entreprise.

Le succès de Volkswagen (VW), la délocalisation. Ou plutôt la « division du travail » dans l’Union européenne au profit du capital allemand, au détriment des travailleurs allemands : la nouvelle « Up » est produite en Slovaquie, la « Polo » en Espagne.

Autre recette, le chantage patronal dont l’ANI marque le début en France. En 2004 VW avait menacé de délocaliser 30 000 postes si les salariés n’acceptaient pas le gel des salaires et le retour à la semaine de 40 h sans compensation. Une fois le deal accepté, VW a licencié 20 000 salariés en 2006 !

Naturellement, le pari du capital allemand, c’est de jouer l’intégration européenne : se construire une Mitteleuropa en Europe de l’est pour délocaliser, casser les concurrents industriels étrangers grâce à l’euro fort, enfin jouer le dumping social et salarial avec les plans d’austérité coordonnés.

L’Ukraine, avec sa réserve en matières premières et sa main d’œuvre bon marché et bien formée, constitue un enjeu majeur dans l’élargissement de cette Mitteleuropa, ce qui permet de comprendre l’enjeu de la lutte actuelle autour de cet Etat de 46 millions d’habitants.

Le pari d’une « industrie d’exportation compétitive » a aussi ses contradictions. Si les exportations ont tenu l’industrie allemande pendant la dernière décennie, à force de créer un désert autour d’elle, l’Allemagne voit ses exportations chuter et la croissance allemande ralentir fortement.

Désormais, les journaux économiques français comme allemands passent de la célébration du « miracle allemand » à l’inquiétude face à un « mirage » qui cache l’image d’une Europe saignée à vif.

En tout cas, bas salaires, chômage déguisé en précarité généralisée, travailleurs pauvres, régions industrielles sinistrées d’un côté, méga-profits, intégration européenne et mondialisation à sens unique de l’autre, il est temps de dénoncer le mirage allemand, agité en nos rangs pour nous imposer la politique du capital, celle de Hollande, le Schroder français !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

« Pacte de responsabilité » : rien à négocier, tout à rejeter ! Manifestons le 6 février, 14h00, République

Le cœur de François Hollande penche du côté du patronat, de la finance et de l’Union européenne. Ce n’est pas une découverte.

TVA anti-sociale, aides aux licencieurs, extension du travail du dimanche… : Sarkozy en a rêvé, Hollande et la « gauche » arrivent le faire. Pour l’instant. Les travailleurs, les familles le paient très cher. Pour 2014, la feuille de route du gouvernement et du patronat est très lourde comprenant la suppression du financement des allocations familiales, une étape gravissime de la casse de la SNCF, une super-austérité, notamment avec l’assèchement des finances des communes.

La droite parlementaire, dont les méfaits sont encore frais, n’arrive pas à se distinguer et se concentre déjà sur les élections de 2017 pour se refaire un visage d’alternance. Le pouvoir recourt à toutes les diversions politiques sans craindre de gonfler les extrêmes-droites. C’est très grave. On voit ce qui se passe dans d’autres pays.

On mesure à quel point les illusions semées sur un « changement » aux élections de 2012 ont été néfastes. Le gouvernement a pu réussir à faire passer tranquillement sa nouvelle contre-réforme des retraites, entérinant la fin de la retraite à 60 ans et éteignant le souvenir brûlant de l’immense mobilisation populaire de 2010. Etiqueté de « gauche », il escompte jouer bien plus efficacement, contre les travailleurs, de cette grande duperie qu’est le « dialogue social ».

Il peut compter, secteur par secteur, sur la complaisance des organisations syndicales de collaboration. On vient de le voir dans le cas du travail du dimanche, comme on l’a vu avec « l’Accord national interprofessionnelle » de casse du droit du travail. La multiplication des plans de suppressions d’emploi depuis son application à l’automne 2013 en est le sinistre résultat. PSA, La Redoute, Goodyear… malgré le cinéma de Montebourg.

Pour l’instant, ça roule pour le CAC 40 : 80 milliards d’euros de profits en 2013, 43 milliards de dividendes à distribuer. Ça roule pour les grandes fortunes, en forte hausse, 24 milliards pour Bettancourt, 11 pour Pineau, 13 pour Serge Dassault qui profite de la politique de guerre impérialiste en Afrique comme de ses influences dans le monde politique.

Qu’on ne nous présente plus un président « mou et indécis » ! Encore une diversion ! Comme son prédécesseur, il est le serviteur zélé du pouvoir capitaliste.

Alors stop ou encore ?

Pour le pouvoir au service du Medef, c’est « toujours plus ». Le « Pacte de responsabilités » organise encore à 10 à 15 milliards d’euros de cadeaux au patronat, réalisant le rêve historique de celui-ci : se débarrasser de la solidarité envers les familles. D’autres mauvais coups sont sous-jacents, notamment en matière de fiscalité. Les syndicats de collaboration, en soignant les manières, rentrent dans le jeu du calcul de « contreparties ». Il convient de les démasquer, de démasquer leur adhésion profonde à la fatalité de la « concurrence libre et non faussée » organisée par l’Union européenne.

Communistes, nous militons pour le renforcement du point des travailleurs dans le rapport de force sur des positions de convergence, de résistance et de rupture.

Dans l’immédiat, nous nous battons et appelons à se battre pour

-          le retrait du « CICE – crédit d’impôts compétitivité » – 20 milliards d’euros au patronat par an sur les salaires – et l’annulation des hausses de TVA.

-          la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales, 35 milliards d’euros par an, aux dépens de la Sécu et les dépenses sociales de l’Etat, sans effet sur l’emploi.

-          l’abandon de la « réforme » ferroviaire, étape de l’éclatement et de la privatisation de la SNCF programmée pour ce semestre. Toutes les batailles pour le service public peuvent être reliées à cet objectif.

-          la nationalisation d’Arcelor-Mittal et de PSA. Il est inconcevable que l’Etat (Montebourg !) rentre à hauteur de 1,5 milliard d’euros dans le capital de PSA pour faciliter la casse de la production et l’arrivée de capitaux chinois.

-          la fin de l’application des traités et directives européens, pour la rupture avec l’euro, instrument destiné à imposer les politiques de destruction économique et sociale dans chaque pays.

Les prochaines élections municipales, au-delà des enjeux locaux, ne permettront pas d’exprimer cette exigence d’alternative politique. Le débat des élections européennes sera réduit à quelques semaines, tronqué, mis en scène cyniquement  par le système autour de sa composante d’extrême-droite.

C’est plus que jamais par les luttes sur ces objectifs de rupture, partant de la résistance au quotidien dans les entreprises, les quartiers et les campagnes, que peut s’organiser efficacement la colère.

Adhérez au PCF !    

article Pcf Paris 15, 28 janvier 2014

Logement à Paris : la situation a continué à se dégrader pour le plus grand nombre sous Delanoë/Hidalgo. Pour que ça change, il faut le reconnaître !

Se loger à Paris est de plus en plus dur pour les travailleurs, les retraités, les jeunes. Cette réalité s’est aggravée encore, année après année, depuis 2001, lors des deux mandatures de Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo. Il n’est pas question pour nous de leur faire porter la responsabilité entière du phénomène. Mais l’autoglorification de la municipalité sortante sur sa politique de logement est abusive, injustifiée, mensongère.  

A Paris, plus que partout ailleurs dans le pays, la spéculation immobilière fait rage et les habitants en font les frais. Loin de la combattre, la municipalité  l’a principalement accompagnée et aménagée.

Ne laissons pas le matraquage de la municipalité sortante de « gauche » masquer cette réalité et saper les luttes qui seront plus nécessaires que jamais dans les années à venir, localement et nationalement.

 

DEPUIS 2001, QUELQUES DONNEES. Le nombre de demandeurs de logement social à Paris est passé de 100.000 à 140.000, traduisant une extension générale du mal-logement. Les loyers dans le secteur « libre », pour les nouveaux baux, ont augmenté de 58% atteignant 23,9 euros en moyenne le m2. La part du budget des ménages parisiens consacrée au logement, a considérablement augmenté, sans amélioration notable de l’habitat. Cela vaut pour les locataires, comme pour les accédants à la propriété. Le « taux d’effort » est estimé à 24% en moyenne mais il dépasse souvent 40% dans les foyers aux salaires et retraites les plus faibles, même dans le parc social.

 

ENFUMAGE DE CAMPAGNE

Dans la campagne électorale des municipales, droite et gauche tiennent chacune leur posture en particulier sur le thème du logement.

La droite menée par Mme Koskiusko-Morizet traîne une réputation justifiée d’adversaire de l’extension du logement social et de connivence avec les profiteurs du marché immobilier. Dans les arrondissements, ses représentants entretiennent leur clientèle bourgeoise et petite-bourgeoise dans la peur des couches populaires criminogènes qui y afflueraient et dans la peur d’une baisse des prix du marché et de la valeur de leur patrimoine.

Face à cela, il n’en faut pas beaucoup à Mme Hidalgo et à la municipalité sortante pour sembler être de « gauche ». Ces derniers jours, l’annonce d’une piétonisation de la richissime avenue Foch, avec une pincée éventuelle de logements sociaux, a automatiquement déclenché l’hystérie des élus de droite du 16ème.

Hidalgo a choisi de mettre en avant le taux de logements sociaux comme argument principal de campagne à « gauche » en matière de logement. Dans son équipe, les candidats PCF (dont Ian Brossat, nommé récemment pdt de la Sempariseine par Delanoë, la plus importante société d’économie mixte de la Ville de Paris, responsable entre autres, des Halles et de Beaugrenelle), semblent avoir la mission de forcer le trait pour jouer la caution de « gauche ». Ils se targuent d’avoir obtenu une promesse de 30% de logements sociaux en 2030. Sauf que Hidalgo se présente pour un mandat allant jusqu’en 2020…

 

TAUX DE LOGEMENTS « SOCIAUX » : QUELLE SITUATION REELLE ?

La municipalité sortante se prévaut avant tout d’avoir porté de 14% à 19% la part des logements sociaux à Paris depuis 2001 (même 20% en comprenant les programmes non finalisés). Ce chiffre doit être largement relativisé, et ce faisant, on repère l’orientation réelle de la politique de Delanoë/Hidalgo.

De 2001 à 2012, ils prétendent avoir « produit » 61.000 logements sociaux.

Mais ce chiffre n’intègre pas la disparition de dizaines de milliers de logements à loyer modéré, « non conventionnés », faisant partie du « parc social de fait ». Depuis 2001, la moitié des 39.000 logements relevant de la loi de 1948 ont disparu ou ont vu leur loyer exploser. Les hôtels meublés sont détruits les uns après les autres. Les grandes entreprises publiques – La Poste, la SNCF etc. – ont activement liquidé leur patrimoine de foyers pour jeunes travailleurs. Avec les bailleurs dits « institutionnels », elles ont lourdement augmenté les loyers de leurs ensembles, non conventionnés, pour les rapprocher des prix du marché.

Dans un autre cadre, la relocation de logements occupés depuis longtemps donne lieu à des augmentations considérables.

Le solde réel des créations de logements à loyer modéré se révèle au mieux à peine positif : pas de quoi dégonfler la spéculation ! De surcroît, il convient d’observer la nature des 61.000 logements sociaux prétendument « produits », selon l’expression délibérément dénuée de signification juridique.

Dans le détail des opérations, on découvre que 17.000 des logements « produits » sont « à loyer intermédiaire » (prêts « PLS ») : 700 euros par mois le 2 pièces, nous ne considérons pas que cela constitue un loyer très modéré !

Ensuite, on relève que les « constructions » ne représentent même pas la moitié du total : 30.000 seulement. Et encore, sont comptabilisées dans les constructions des « réhabilitations lourdes ». Les autres programmes correspondent à des « acquisitions » d’immeubles existants selon des modalités bien diverses et des opportunités discutables.

 

EXEMPLES DANS LE 15EME (ET LE 14EME)

Quelques exemples dans le 15ème arrondissement aident à décrypter la réalité des chiffres. Selon Hidalgo, 6.800 logements sociaux auraient été « produits » depuis 2001.

Dans les soi-disant « constructions neuves », on trouve la « réhabilitation lourde » du foyer Adoma (ex-Saonacotra) de la rue de la Procession. De 420 chambres, on passera à 218 petits appartements, plus confortables certes, et conventionnés… Mais peut-on considérer qu’il y a création de logements sociaux ?

Rue Alphonse Bertillon, la direction de la SNCF a été heureuse de trouver des fonds publics complaisants pour rénover son foyer de travailleurs : ses chambres sont transformées en 211 petits appartements rénovés. Là encore, comment y voir une création de logements sociaux ?

Venons-en aux programmes d’« acquisitions » d’immeubles ou de logements existants. Sur ce procédé, nous n’avons pas de positions de principe : tout doit s’étudier au cas par cas.

Mais il nous est impossible d’admettre que l’argent destiné à financer la construction de logements sociaux (notamment les emprunts sur les fonds du livret A via la Caisse des dépôts) et les subventions de la Ville de Paris soient détournés pour racheter et conventionner des logements qui sont déjà « sociaux de faits ».

En 2006, 1200 logements, dans le 15ème et surtout dans le 14ème, à loyers très modérés mais non conventionnés (et non comptabilisés dans les 20%), sont achetés par la société HLM de la SNCF, La Sablière, avec mobilisation de prêts du logement social et d’argent de la Ville de Paris. Problème : ils appartenaient déjà à une société d’économie mixte contrôlée par la Ville ! Où est la création de HLM ? Nulle part ! Mais la contribution du contribuable n’est pas virtuelle !

En 2009, la Ville de Paris accepte complaisamment de faire racheter par Paris-Habitat 140 logements rue de Lourmel et avenue Emile Zola que la Caisse des Mines (retraite des mineurs) voulait liquider.

Dans le 14ème, rue de Gergovie, la municipalité a permis une opération particulièrement cynique des privatiseurs de la SNCF. 300 logements ont été construits à la fin des années 50 pour les cheminots et les personnes expulsées après le déplacement de la gare Montparnasse. Les loyers étaient modérés sans que l’immeuble soit « conventionné ». Dans les années 2000, la SNCF les a transférés vers sa filiale immobilière ICF-Novedis. Celle-ci a fortement augmenté les loyers d’une centaine de logements. En 2012, ICF-Novedis revend ces logements … à une autre filiale de la SNCF, La Sablière. Les 100 logements dont les loyers ont augmenté deviennent « à loyer intermédiaire ». Des fonds du Livret A et de la Ville sont mobilisés, notamment pour la réhabilitation. Non seulement, il n’y a pas de création de logements sociaux – seulement une manipulation administrative des chiffres – mais l’argent de l’épargnant et du contribuable est détourné pour alimenter une filiale spéculatrice de la SNCF.

Continuons ! La Tour Beaugrenelle sur le Front de Seine est tombée dans l’escarcelle du promoteur Gecina en 2000. Les 192 logements, classés ILN (loyers normés), étaient également « sociaux de fait » sans rentrer dans le décompte des logements sociaux. Gecina a espéré vendre mais a échoué devant la mobilisation des riverains contre le centre commercial Beaugrenelle. En 2011, le promoteur a trouvé une aide sans pareille pour se débarrasser, sans effectuer les travaux d’entretien, de ce bâtiment : Anne Hidalgo et la municipalité. Gecina a pu revendre l’immeuble au prix fort à une société HLM grâce à une subvention de la Ville et à un pompage, là aussi, des crédits normalement consacrés à la construction de logements sociaux. Delanoë et Hidalgo rentrent l’opération comme création de 192 logements sociaux : en fait, les loyers vont augmenter et les contribuables sont saignés.

HEUREUX COMME UN SPECULATEUR A PARIS !

Dans le même temps, grâce à la municipalité et à Anne Hidalgo, Gecina s’apprête à enregistrer 300 millions d’euros de plus-value en vendant le centre commercial Beaugrenelle à un fonds chinois…

Les « foncières », ces entreprises spéculatrices parasitaires, comme Gecina, gagnent à tous les coups grâce à Hidalgo et à la Sempariseine. Dans les opérations publiques d’aménagement, la municipalité leur cède des emprises pour enregistrer les plus gros profits. Non loin de Beaugrenelle, le summum est atteint sur les terrains de l’ancien hôpital Laënnec où la Ville a permis à la Cogedim de commercialiser des appartements de luxe à … 23.500 euros du mètre carré. Ailleurs, les prédateurs pratiquent allègrement la « vente à la découpe », Gecina rue Pradier dans le 19ème, 191 rue Saint-Charles dans le 15ème. Et quand ils veulent se débarrasser d’un actif résidentiel peu intéressant pour eux, ils n’ont qu’à demander : la Ville leur rachète (à Gecina, rue Balard, rue Sébastien Mercier etc.). A votre service !  

ASSEZ !

Il y a vraiment de quoi relativiser la politique de rachat et conventionnement d’immeubles existants. En résumé, souvent, ce sont des immeubles déjà sociaux de fait. D’autres fois, l’investissement public est démesuré. Mais quand de « bonnes affaires » se présentent pour la collectivité, comme en 2004 la déshérence de la Tour Flathotel, rue du Théâtre, Hidalgo préfère les laisser au privé (Pierre et Vacances) malgré le droit de préemption de la Ville.

La même logique est à l’œuvre concernant l’immobilier de bureau.

La municipalité rachète au prix fort les bureaux dont les promoteurs ne veulent plus, les transforme éventuellement, aux frais de la collectivité en logements (seulement 4500 de 2001 à 2012). Mais dans le même temps, elle appuie la construction de bureaux spéculatifs comme la Tour Triangle (120.000 m2) à la Porte de Versailles. Depuis 2001, l’offre de bureaux et le nombre de bureaux vides a encore augmenté. Il y aurait 2 millions de mètres carrés vides intra-muros.

 

CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS DE LUTTE:

Nous n’acceptons pas que l’affichage « logement social », 20%, 30%, serve à masquer une dégradation de fait de la situation du logement à Paris. Il est inconcevable de laisser la municipalité de Paris de « gauche » cacher sa politique d’accompagnement des spéculateurs, tout en se lançant dans la compétition capitaliste entre capitales du monde. La transparence sur cette politique est nécessaire pour en changer, pour faire grandir, par la lutte, l’exigence d’une autre politique.

Nous demandons que les 100% des logements prévus dans les opérations publiques d’aménagement soient des logements sociaux.

Nous demandons que tous les logements sociaux, quel que soit l’arrondissement,  créés soient tous de véritable HLM et non des « logements intermédiaires ». Malgré le scandale de la Loi Boutin, 50% des Parisiens, 90% des demandeurs de logements sociaux ont des revenus inférieurs aux plafonds.

Nous demandons un vaste plan de transformation de bureaux en logements en même temps que l’arrêt du soutien de la municipalité aux constructions de bureaux comme à la Porte de Versailles.

Nous demandons une augmentation importante des taux des taxes et droits de mutations, dont les rendements devraient être entièrement consacrés au logement social.

Nous demandons à la Ville de Paris d’éliminer de ses partenaires les « foncières » et autres spéculateurs parasitaires.

Nous demandons aux élus parisiens d’intervenir pour le blocage des loyers à la relocation promis par Hollande et la ministre Duflot mais pas du tout mis en œuvre.

Une autre politique nationale du logement est possible. La municipalité de Paris pourrait y contribuer. Nos luttes, avec celles des habitants, les y contribueront !    

Pcf Paris 15, 21 janvier 2014

Belle réussite pour la soirée des voeux 2014 de la Section PCF de Saint Quentin

Discours introductif d’Olivier Tournay

2014-01-24 voeux PCF_01Le début d’année est traditionnellement le moment de la présentation des vœux. Le Gouvernement n’y fait pas exception et nous souhaite une bonne année. Mais bonne année pour qui ? Les coups anti-sociaux ne cessent de pleuvoir. L’an dernier, c’était la contre-réforme des retraites (en allant encore plus loin que Sarkozy). Cette année, c’est la hausse de la TVA, impôt le plus injuste qui soit. Voilà des étrennes dont nous nous serions bien passés, mais dont le MEDEF se délecte. Cette hausse va venir financer la baisse des « charges » (sic) patronales prévues dans le cadre de l’ANI. La France ne serait pas assez compétitive sur le marché mondial, mais on pourrait diviser encore par 10 les salaires que nous ne le serions toujours pas face à la Chine. Bref, ce coût du travail est un leurre pour s’attaquer (de manière systématique depuis 30 ans) aux acquis sociaux et se mettre en conformité avec le dogme des institutions européennes entièrement dévouées au capitalisme. Ce n’est pas le travail qui coûte cher mais la rémunération du capital.
Le maire de Saint-Quentin, Xavier Bertrand n’est pas en reste. Quelle tartufferie lors de ses vœux à la population ! Parlait-il vraiment de Saint-Quentin dans son discours tant nous avions du mal à reconnaître la ville ? Il évoque par exemple sans gêne l’installation d’une maison médicale au quartier Europe avant que le manque de médecin « ne se fasse sentir » ! La réalité, c’est 7000 habitants sans médecin des mois durant du fait de sa politique (la zone franche).  Sans oublier que l’ex ministre de la Santé qu’il fut, nous a gratifié des déremboursements de médicaments, instituant de fait une médecine à deux vitesses. Il évoque aussi durant son sermon une ville qui se relève, alors même que durant son dernier mandat, le chômage a augmenté de 51% à Saint-Quentin !
Pour ma part, je vous souhaite une année faite d’espoir, qui voit les Saint-Quentinois enfin écoutés, l’éducation de nos enfants enfin respectée, l’emploi et les salaires redevenir une priorité, notre droit à la santé reconquis, nos services publics préservés et développés.
Et pour que ces voeux se réalisent , qu’il ne soient pas que des voeux pieux, souhaitons que  2014 soit aussi une année de luttes, que les Saint-Quentionois expriment  haut et fort leur colére et agissent avec nous.

Michel Barbaux, Président du comité de soutien des Voix de la Colère pour les élections municipales, a pris la parole pour le lancement officiel de celui-ci.

Benoît Roger, secrétaire fédéral du PCF, est venu apporter le soutien de la fédération PCF de l’Aisne à la Section, à la liste les Voix de la Colère et à Olivier Tournay.

Intervention d’Aurélien Jan

Il y a maintenant un peu plus d’un an, je rejoignais le bureau de Section.
J’étais encore loin d’imaginer à quel point nos idées pouvaient représenter une force face au pouvoir en place.
Je n’imaginais pas à quel point il y a avait des ressources en chacun de nous mais aussi dans la Section, ses relations, ses connaissances, ses moyens et son savoir. J’ai constaté aussi l’attente pour une grande partie de la population d’une organisation solide, d’une alternative, d’un moyen de s’unir face aux attaques perpétuelles de la bourgeoisie, bref, d’un parti combatif, indépendant, fort et sur des positions de classe.
Cette année fut riche en vie et en apprentissage. Les rencontres, les combats et le travail de fond lui ont apporté un goût de fraternité et de convivialité.
Les municipales qui arrivent ne sont qu’une étape de plus dont nous devons sortir renforcés.
L’aventure est longue et seule notre persévérance et notre rigueur peuvent permettre d’aboutir à une fin heureuse.
Ce Parti communiste indispensable, à travers la Section de Saint Quentin, c’est nous tous qui le construisons.
Je vais donc conclure ces vœux par un mot adressé à tous ceux qui font vivre le Parti à Saint Quentin.
Je tiens à rappeler le rôle indispensable de tous les camarades qui se sont engagés l’année passée dans la vie de la Section, tous ceux qui contribuent à son développement. Et ils sont nombreux, militants de terrain, à faire ce travail quotidien de diffusion de nos idées, distribuant les tracts et les journaux dans leur entourage, sur les marchés, aux entreprises ; collant des affiches, les réalisant ; participant aux débats, aux soirées, à la mise en place de nos repas, de la fête des libertés, de la fête de l’huma ; les militants syndicaux qui continuent de défendre nos postions pour le bien des salariés et de la société ; les donateurs ; tous les adhérents qui sont venus grossir nos rangs, ceux qui ont rejoint le comité de Section et le bureau ; Jean-Luc, Serge, William, Paulette, Roger, tous ceux qui continue de nous apporter leur expérience de lutte ; et enfin, Corinne pour avoir, entre autre, sût préserver la Section, son indépendance et ses positions communistes qui ont toujours fait la force du parti.
Pour 2014, je n’aurais qu’un vœu, que notre organisation continue de se développer et de se structurer, que les cellules de quartier existantes continuent de progresser, que d’autres se créent partout, que nous réinvestissions les entreprises et tous les endroits où la population a besoin d’une organisation communiste. Et tout ceci, non pas dans un but opportuniste et purement électoraliste mais bien pour apporter à chacun la seule perspective crédible à ce système, celle d’une révolution socialiste.
Vive les luttes ! Vive le PCF ! Et Vive la Section de Saint Quentin !

La soirée s’est terminée par une réception conviviale.

L’album photos de la soirée

 

85 grandes fortunes aussi riches que 3,5 milliards d’êtres humains, selon l’ONG Oxfam

Après la dissolution de l’URSS et du socialisme réel, le camp occidental mené par les Etats-unis avaient promis la paix, la démocratie, la prospérité pour tous. Vingt ans après, la guerre est partout, la démocratie nulle part et la prospérité est réservée à une minorité.

Le rapport de l’ONG OXFAM « Travailler pour une minorité » n’est pas une surprise, hélas : les 85 individus les plus riches du monde concentrent entre leurs mains autant de richesse que 3,5 milliards de personnes, soit la moitié de la planète.

Les 1 % les plus riches concentrent plus d’argent que la moitié des habitants de la planète, la somme de 110 000 milliards de $ est avancée par l’ONG, soit 65 fois plus que les 50 % les plus pauvres.

Les milliardaires toujours plus nombreux : une richesse supérieure à celle de 147 pays du monde réunis !

210 personnes entrèrent dans le club des milliardaires en 2013, soit une hausse de 15 % de leur nombre en pleine crise.

Les 1 426 milliardaires que compte le monde possèdent un patrimoine net commun de 5 400 milliards de $, soit le PIB de la France et l’Allemagne réunis, ou encore celle de 147 pays du globe !

Pays émergents, cœur capitaliste : « Enrichissez-vous » … par les privatisations et les exemptions fiscales !

C’est dans les pays émergents (« nouveaux capitalismes ») que le nombre de milliardaires explose : ils sont passés de 6 à 61 en Inde depuis 2000, mais de 0 à 110 en Russie, de 0 également à 122 en Chine.

Ces deux derniers pays occupent respectivement la 3 ème et la 2 ème place pour le nombre de milliardaires, illustrant les conséquences désastreuses du passage du socialisme réel à un capitalisme débridé.

La tendance est la même dans les « anciens pays capitalistes ». Aux Etats-unis, la part des 1 % les plus riches est passée de 7 % de la richesse nationale en 1980 à 21 % aujourd’hui. Dans 24 des 26 pays étudiés, la part des 1 % les plus riches dans le revenu national a progressé.

Depuis l’élection d’Obama en 2008, aux Etats-unis, la croissance post-crise a été absorbée à 95 % par les 1 % les plus riches tandis que 90 % de la population s’est appauvrie.

OXFAM dénonce que ces dernières décennies de nombreuses lois aient été votées en faveur des plus riches « qui ont pris le pouvoir » : baisse du taux d’impôts sur les sociétés, sur la fortune, déréglementation financière, privatisation des services publics, restriction des dépenses sociales.

Depuis les années 1970, le taux d’imposition des plus riches a baissé dans 29 des 30 pays étudiés par OXFAM.

Le mythe du capitalisme démocratique face à la conscience populaire d’un Etat au service des plus riches

La conscience que ce système capitaliste ne favorise que les plus riches, et que l’État sert leurs intérêts privés plutôt que ceux généraux croît également dans des proportions inédites.

Une étude menée dans six pays (Etats-unis, Royaume-Uni, Espagne, Brésil, Inde, Afrique du sud) montre que la majorité des gens croit que les lois sont dans les intérêts des plus riches.

A l’affirmation « les riches ont trop d’influence sur l’orientation prise par votre pays », 80 % des Espagnols, 75 % des Indiens et des Brésiliens, et 65 % des Américains, Britanniques et Sud-Africains affirment qu’ils sont d’accord.

Le mythe du « capitalisme démocratique » vole en éclats. Quand moins de 100 personnes contrôlent la majorité des richesses, sont riches que la majorité des États, quelle démocratie peut-il subsister ?

Le rapport évoque brièvement, mais de manière assez pertinente, comme la déréglementation du secteur financier a servi à l’enrichissement d’une minorité aux Etats-unis.

Comment la privatisation des télécoms au Mexique a fait la plus grande fortune du monde (Carlos Slim) au détriment de la majorité, comment en Inde les milliardaires ont construit leur richesse sur des « rentes de monopole » concédés par un pouvoir politique corrompu, au service des puissants.

Le rapport cite ce mot de l’ancien juge de la Cour suprême des Etats-unis, le rooseveltien Louis Brandeis : « Nous pouvons ou bien avoir la démocratie, ou bien avoir de grandes richesses concentrées entre les mains de quelqu’uns, nous ne pouvons pas avoir les deux à la fois ».

Des solutions utopiques d’OXFAM à l’exemple concret de l’Amérique latine : des contradictions à résoudre dans la lutte !

Nous pourrions plutôt citer Rousseau, qui a les plus belles phrases sur l’incompatibilité entre argent et démocratie : « La richesse est l’inégalité à laquelle les autres se réduisent à la fin car on s’en sert aisément pour acheter tout le reste(…)

Si l’on voit une poignée de puissants et de riches au faîte de leur grandeurs et de la fortune, tandis que la foule rampe dans l’obscurité et dans la misère, c’est que les premiers n’estiment les choses dont ils jouissent qu’autant que les autres en sont privés », dit-il dans le Second discours.

Dans le Contrat social, dans son chapitre XV de son livre III, il oppose plutocratie et démocratie, dénonce ceux qui cèdent « une partie de leur profit pour l’augmenter à leur aise. Donnez de l’argent, et bientôt vous aurez des fers. Ce mot de Financeest un mot d’esclave, il est inconnu dans la cité ».

Des paroles critiques toujours éclairantes deux siècles et demi plus tard, toutefois les solutions d’OXFAM sont aujourd’hui tout aussi utopiques que celles de Rousseau en 1760.

Comme le philosophe genevois, elle rêve d’un retour en arrière. Rousseau rêvait un retour à une démocratie grecque idéalisée, OXFAM rêve d’un retour au compromis « keynésiano-fordiste » entre capital et travail, celui des Trente Glorieuses, tout aussi mythifié. Ni l’un ni l’autre ne sont possibles.

OXFAM indique comme solution concrète, actuellement, l’exemple de l’Amérique latine où 14 des 17 pays ont vu les inégalités de revenu baisser sur la dernière décennie grâce à des politiques fiscales progressives, des investissements massifs dans les services publics.

Ce processus, comme nous l’analysons, est plein de contradictions dans des pays qui battaient des records d’inégalité, mettant en péril jusqu’au développement même du capitalisme local.

Dans des processus différenciés, un nouveau compromis capital-travail a permis de relancer une croissance profitant, plus ou moins également, aux deux forces antagonistes. Toutefois, au Brésil, en Argentine, y compris au Vénézuela et en Equateur, les contradictions s’aiguisent désormais, dans des processus aux formes fort différentes.

OXFAM encourage à taxer les plus riches et les grandes entreprises et à « utiliser l’argent public pour offrir des soins médicaux universels, une éducation et une protection sociale à tous les citoyens ».

Un objectif qu’on ne peut que partager mais qui ne résout pas la question : quel rapport de force, quelle organisation, quelle alternative pour imposer ces choix ? Autant de questions qui se résoudront dans la lutte pratique des peuples !

En tout cas, bien au-delà des solutions pour sortir de cette situation, ce rapport a un mérite : celui de montrer l’hypocrisie d’une restauration capitaliste depuis vingt ans qui piétine la démocratie, les droits humains, la vie de millions d’êtres humains.

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Résultats de l’enquête sur la catastrophe de Brétigny : L’urgence de stopper le processus de privatisation de la SNCF, de mettre en échec la « réforme ferroviaire »

Le 12 juillet dernier, le déraillement du Paris-Limoges tuait 7 passagers et en blessait 32 autres. Ce drame a eu lieu en gare de Brétigny-sur-Orge, sur les voies qu’emprunte le RER C.

Le premier rapport du « Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre » vient d’être rendu public. Il exclut les hypothèses de l’acte de malveillance et de l’erreur humaine. Mais il pointe l’insuffisance des règles générales de maintenance, notamment de la surveillance des rails et de la boulonnerie, les effets désorganisateurs du développement de la sous-traitance.

Il y aurait pu, il pourrait y avoir d’autres Brétigny. Dans tout le pays, en 2012,  il s’est produit 211 déraillements, heureusement la plupart sans conséquences graves. En novembre, une autre catastrophe ferroviaire est évitée de justesse : une équipe de cheminots a découvert in extremis qu’un tronçon de rail de plus d’un mètre manquait.

Il impossible de ne pas faire le lien avec la politique de privatisation décidée par les gouvernements successifs et mise en œuvre par les directions de la SNCF et de RFF. Dans le secteur de Brétigny, depuis 2005, les effectifs de la brigade SNCF chargée du contrôle des voies ont été ramenés de 19 à seulement 9 cheminots.

On est passé d’une sécurisation maximale des infrastructures à la politique du « risque calculé », une forme de calcul de probabilités, faisant la balance entre le critère de sécurité et celui du profit. La direction de la SNCF a supprimé 7750 emplois à l’équipement. Elle fait appel à des sociétés extérieures, des filiales ou des sous-traitants privés, encadrées par un minimum de personnels statutaires qualifiés.  

L’accident de Brétigny tombe mal pour le PDG de la SNCF Pépy et le ministre des transports Cuvillier. Ils voudraient justement faire passer au Parlement leur « réforme ferroviaire », nouvelle étape de la privatisation du rail sous l’égide de l’Union européenne. L’éclatement de la SNCF – avec le détachement d’une filiale « infrastructures » de l’exploitation –  en est l’un des points clés. Mais, en difficultés, le ministre a déjà dû reporter l’examen de la « réforme » de 6 mois.

Les objectifs de ce schéma politique sont connus. On isole l’exploitation des trains les plus rentables, destinée à être livrée au privé et à ses actionnaires. On laisse à la collectivité, notamment aux régions au nom de la « décentralisation », le soin de payer pour les lignes les moins rentables et pour les infrastructures.

Comme contribuables et usagers, nous sommes doublement ponctionnés, sur nos impôts et avec les augmentations considérables des tarifs. Pendant ce temps la finance prospère sur la « dette » fabriquée de la SNCF et de RFF. Le service rendu ne cesse de se dégrader : horaires, accueil en gare et aux guichets, sécurité. L’emploi et les conditions de travail sont sacrifiés. Voilà le capitalisme européen ! Usagers des transports, nous le subissons tous les jours, comme nous subissons la soumission des gouvernants français à ce modèle.

Il est temps de dire STOP ! Partout en France, des collectifs d’usagers se mobilisent contre les fermetures de gare, de ligne, le ralentissement des trains locaux, les tarifs prohibitifs. Partout en France, des cheminots, avec leurs organisations syndicales, luttent pour défendre leur travail et le service public, parfois même simplement leur sécurité et leur santé.

Maintenant, ça suffit comme ça ! Refusons d’être exposés au risque Brétigny ! Refusons la casse du service public !

Exigeons les moyens pour l’entretien des voies et des infrastructures, pour le maintien et l’extension du réseau !

Exigeons le retrait de la Réforme ferroviaire et la réunification du transport ferroviaire dans le monopole public intégré SNCF !

Refusons l’application en France des traités et directives de l’Europe de l’argent !

Soutenons les mouvements à venir des cheminots !

 

Hausse de la TVA sur les transports : scandaleux !

Depuis le 1er janvier, les tarifs des billets SNCF/RATP et de la plupart des abonnements ont été augmentés de 3%, correspondant à la hausse du taux de TVA intermédiaire. La ponction est de 24 euros par an pour un titulaire du Pass Navigo 2 zones. En 2011, la TVA sur les transports en commun avait déjà été élevée de 5,5% à 7%. C’est inacceptable. Les hausses de TVA « antisociales » accordées par le gouvernement (Hollande suivant Sarkozy) au nom de la « compétitivité » ne servent qu’à gonfler les profits du grand patronat, de ceux qui exploitent et délocalisent. Continuons à protester contre les hausses de TVA !       

 article Pcf Paris 15, 21 janvier 2014

21 janvier 1924/2014 : « Lénine, théoricien de la pratique » par Georg Lukacs

 Extrait de la post-face de Georg Lukacs de 1967 à son ouvrage de 1924: « Lénine, une étude de l’unité de sa pensée ».

Dans la chaîne des révolutions démocratiques des temps modernes deux types de leaders, aux antipodes l’un de l’autre, firent leur apparition, incarnés par des hommes tels que Danton et Robespierre, à la fois dans la réalité et dans la grande littérature (on peut penser à Georg Buchner).

 

 

Même les grands orateurs des révolutions ouvrières, par exemple Lassalle et Trotsky, dénotent certains traits Dantonistes.

 

 

Lénine est le premier représentant d’un type entièrement neuf, d’un tertium datur, opposé à ces deux extrêmes. Jusque dans ses instincts spontanés, Lénine garde cette fidélité aux principes des grands ascètes révolutionnaires – bien qu’il n’y ait pas une once d’ascétisme dans la personnalité de Lénine.

 

 

Il était débordant de vie, avec un cetain sens de l’humour, il pouvait jouir de tout ce que la vie avait lui à offrir, de la chasse à la pêche en passant par une partie d’échecs ou encore la lecture de Pouchkine et Tolstoi; et il pouvait se dévouer et s’identifier à des hommes concrets.

 

 

Sa fidélité aux principes s’est mue en une dureté implacable pendant la guerre civile, mais sans haine. Il luttait contre des institutions et naturellement les hommes qui les représentaient, si nécessaire jusqu’à leur annihilation.

 

Mais il l’a toujours considéré comme une nécessité objective, inéluctable humainement regrettable mais à la quelle on ne pouvait pas échapper dans la lutte concrète. Gorki se rappelait de ses mots symptomatiques de Lénine, après avoir écouté la sonate Appassionata de Beethoven:

 

 

« L’Appassionata est la plus belle chose que je connaisse, je pourrais l’écouter tous les jours. C’est une musique divine, magnifique. Je pense toujours avec fierté, peut-être est-ce naif de ma part, Regarde ce que les êtres humains peuvent faire ».

 

 

Il fait ensuite un clin d’oeil, sourit et ajoute avec regret : « Mais je ne peux pas écouter de la musique, cela me tape tellement sur les nerfs que je pourrais dire des bêtises, susurrer des mots doux à l’oreille de ceux capables de produire de telles choses sublimes dans l’enfer abominable dans lequel ils vivent. Cependant, aujourd’hui plus question de susurrer des mots doux – on vous mordrait la main. Nous devons frapper les gens sans pitié sur la tête bien que théoriquement nous soyons contre tout type de violence entre les hommes. Oh, nôtre tâche est diablement difficile ! »

 

 

Il est clair que même une telle démonstration spontanée d’émotions n’est pas une révolte des instincts contre sa « façon de vivre », mais qu’il est ici aussi strictement fidèle aux impératifs de sa conception du monde.

 

 

Des décennies avant cet épisode, le jeune Lénine polémiquait contre les Naordniks et leurs critiques marxistes légaux.

 

 

En analysant ces derniers, il soulignait que l’objectivisme de leur démonstration de la nécessité d’une série donnée de faits, et combien il était facile de tomber dans la « position d’un apologiste de ces faits ».

 

 

Pour lui, la seule solution c’était la plus grande cohérence du Marxisme sans sa capacité à saisir la réalité objective, à dévoiler les véritables racines sociales de ces faits eux-mêmes.

 

 

La supériorité du Marxiste sur le simple objectiviste résiste dans sa cohérence ; il applique son objectivisme plus profondément et plus rigoureusement.

 

 

Seule cet objectivité supérieure peut être la source de ce que Lénine appelait l’engagement, « s’engager, quand on analyse un événement, c’est adopter directement et ouvertement la position d’une classe sociale particulière. »

 

 

L’attitude subjective découle toujours d’une réalité objective et y revient.

 

 

Cela peut produire des conflits si les contradictions de la réalité atteignent un point d’opposition mutuellement exclusive, et chaque homme engagé doit traiter lui-même ce type de conflits.

 

 

Mais il y a une différence fondamentale entre le conflit de convictions et de sentiments ancrés dans la réalité – dans les rapports d’un individu – et l’homme en conflit qui ressent sa propre existence en tant qu’être humain comme mise en danger. Ce dernier cas n’est jamais vrai pour Lénine.

 

 

Le plus grand hommage que rend Hamlet à Horace est le suivant : « Bienheureux ceux chez qui le tempérament et le jugement sont si bien d’accord ! / Ils ne sont pas sous les doigts de la fortune une flûte qui sonne par le trou qu’elle veut ».

 

 

Le tempérament et le jugement : leur opposition comme comme leur unité ne découlent que de la sphère biologique comme base générale et immédiate de l’existence humaine. Concrètement, les deux expriment l’harmonie ou la dissonance d’un être humain social avec un certain moment historique, en théorie et en pratique.

 

 

Tempérament et jugement se mariaient bien en Lénine car il orientait sa connaissance de la société à tout moment vers l’action qui était socialement nécessaire à ce moment-là, et car sa pratique suivait toujours nécessairement la somme et le système des idées vraies accumulées jusqu’alors.

 

 

Il n’y avait donc chez Lénine pas la moindre trace de ce qui aurait pu apparaître comme de l’auto-satisfaction. Le succès ne l’a jamais rendu vaniteux, tout comme l’échec ne l’a jamais déprimé. Il insistait sur le fait qu’il n’y avait aucune situation à laquelle un homme ne pouvait apporter une réponse pratique.

 

 

Il était un de ces grands hommes qui – précisément dans la pratique de leur vie – avaient réalisé beaucoup de choses, y compris les plus essentielles. Néanmoins – ou peut-être par conséquent – presque personne n’a jamais écrit aussi durement, avec aussi peu de pathos sur ses propres échecs, réels ou potentiels :

 

 

« L’homme intelligent n’est pas celui qui ne fait pas d’erreurs. Ces hommes n’existent pas, ils ne pourraient pas exister. L’homme intelligent est celui qui ne fait pas d’erreurs fondamentales et qui sait comment les corriger rapidement et sans conséquences ».

 

 

Ce commentaire si prosaïque sur l’art de l’action exprime plus clairement le fond de son attitude que toute profession de foi grandiloquente.

 

 

Sa vie fut perpétuellement dans l’action, la lutte ininterrompue dans un monde où il était profondément convaincu qu’il n’y avait pas de situation sans une solution, pour lui ou ses opposants. Le leitmotiv de sa vie était, logiquement, toujours être prêt pour l’action – l’action juste.

 

 

La sobre simplicité de Lénine eut donc un effet énorme sur les masses.Encore en opposition avec le premier type de grand révolutionnaire, il était un tribun du peuple sans égal, sans la moindre trace de rhétorique (pensons à ce sujet à des Lassalle et Trotsky).

 

 

Tant dans sa vie privée comme publique il avait une aversion profonde pour les beaux parleurs, pour tout ce qui était grandiloquent et exagéré. Il est encore significatif qu’il ait donné à ce mépris politique et humain de tout ce qui était « exagéré » une base philosophique objective :

 

 

« Toute la vérité, si elle est exagérée, ou si elle s’étend au-delà des limites de sa réalisation concrète peut devenir une absurdité, et elle tendra dans de telles conditions à devenir une absurdité ».

 

 

Cela signifie que, pour Lénine, même les catégories philosophiques les plus générales n’étaient jamais une généralité contemplative abstraite, elles étaient constamment tournées vers la pratique, comme les moyens de la préparation théorique pour la pratique.

 

 

Dans le débat sur les syndicats, il s’opposa à la position équivoque, éclectique et de conciliation de Boukharine en s’appuyant sur la catégorie de totalité. La façon dont Lénine appliquait une catégorie philosophique est symptomatique :

 

 

« Si nous devons avoir une véritable connaissance d’un objet, nous devons le regarder et mettre à l’épreuve toutes ses facettes, ses connections et ses ‘médiations’. C’est quelque chose que l’on ne peut réaliser intégralement, mais la règle de la totalité nous préserve de bien des erreurs et rigidités ».

 

 

Il est instructif de voir comment une catégorie philosophique abstraite, renforcée par des réserves épistémologiques quant à son application, sert directement comme un impératif pour une pratique juste.

 

 

Cette attitude chez Lénine, on peut la voir encore plus clairement exprimée dans le débat sur la paix de Brest-Litovsk.

 

C’est devenu un lieu commun historique que de dire qu’en termes de Realpolitik, Lénine avait raison contre les communistes gauchistesqui, sur des bases internationalistes, défendaient le soutien à la révolution allemande qui s’annonçait par une guerre révolutionnaire, risquant l’existence même de la République soviétique russe.

 

 

Mais la pratique correcte de Lénine reposa sur une analyse théorique profonde de la particularité du développement de la révolution dans son ensemble.

 

 

La priorité à la révolution mondiale sur un seul événement mondial, disait-il, était une vérité authentique (donc pratique), « si on n’ignorait pas le chemin difficile et long vers la victoire totale du socialisme ».

 

 

Mais, par rapport à la particularité théorique de cette situation concrète, il ajoutait : « Toute vérité abstraite devient un mot creux si elle est appliquée à chaque situation concrète ».

 

 

La différence entre la vérité et la phraséologie révolutionnaire comme base de la pratique est, donc, que tandis que la première découle de l’état exact de la lutte révolutionnaire nécessaire et possible à ce moment précis, le dernier non.

 

 

Les sentiments les plus nobles, et l’engagement le plus désintéressé, ne deviennent que paroles creuses si l’essence théorique de la situation (sa particularité) ne permettent aucune pratique révolutionnaire authentique.

 

 

Une telle pratique n’est pas nécessairement un succès. Lors de la révolution de 1905, Lénine s’opposa vigoureusement au jugement de Plekhanov sur la défaite du soulèvement armé à Moscou, pour lui, il « n’aurait pas fallu prendre les armes ». Pour Lénine, cette défaite a fait avancer le processus révolutionnaire dans son ensemble.

 

 

Toute analogie, toute confusion de l’abstrait avec le concret, de l’universel avec le réel, conduit immédiatement à des mots creux ; par exemple la comparaison entre la France de 1792-93 et la Russie en 1918, souvent employée dans le débat sur Brest-Litovsk.

 

 

De la même façon, quand les communistes allemands dressèrent des thèses très intelligentes, auto-critiques après le putsch de Kapp en 1920, comme principes directeurs si jamais un tel putsch devait se reproduire, Lénine leur aurait dit : Comment savez-vous que la réaction allemande refera un tel coup ?

 

 

De telles réponses portent avec elles l’auto-éducation permanente de Lénine. En 1914, après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, à la suite de démêlés avec la police, il se réfugia en Suisse.

 

 

Une fois arrivé, il décida que la première tâche à faire était de profiter pleinement de ses « vacances » en étudiant la Logiquede Hegel.

 

 

De la même façon, quand il vivait clandestinement dans la maison d’un ouvrier après les événements de Juillet 1917, il remarqua comment ce dernier louait le pain du midi : « Alors, ils n’osent même plus nous donner du pain de mauvaise qualité, maintenant ! ».

 

 

Lénine fut frappé et enchanté par cette « analyse de classe des journées de Juillet ». Il réfléchit sur ses propres analyses complexes de cet événements et les tâches qui en découlaient : « Le pain, moi qui n’ai pas connu le besoin, je n’y avais pas pensé (…) l’esprit approche le fondement de tout chose, la lutte de classe pour le pain, par une analyse politique qui passe par des chemins extrêmement complexes et tortueux. »

 

 

Pendant toute sa vie, Lénine était toujours en train d’apprendre ; que ce soit de la Logique de Hegel ou de l’opinion d’un travailleur sur le pain.

 

 

L’auto-éducation permanente, l’ouverture constante à de nouvelles leçons de l’expérience, est une des dimensions essentielles de la priorité absolue de la pratique dans la vie de Lénine. Cela – et surtout la forme de son auto-éducation – créa un fossé insurmontable entre lui et tous les empiristes ou politiciens au pouvoir.

 

 

Il ne rappelait pas seulement l’importance de la catégorie de la totalité, comme base et mesure de la politique sur le plan polémique et pédagogique. Les exigences qu’il s’imposait étaient bien plus dures que celles qu’il imposait à ses plus estimés collaborateurs.

 

 

Universalité, totalité et la singularité du concret étaient les traits décisifs de la réalité dans laquelle l’action devait être entreprise ; dans quelle mesure elles devaient être comprises est donc la mesure de la véritable efficacité de toute pratique.

 

Bien sûr, l’histoire fait naître des situations qui contredisent les théories connues. Il y a même des situations où il est impossible d’agir selon des principes vrais et reconnus comme vrais.

 

 

Par exemple, avant Octobre 1917, Lénine avait prédit avec justesse que dans une Russie économiquement arriérée, une forme de transition, ce qui allait plus tard la NEP, serait indispensable.

 

 

Mais la guerre civile et l’intervention étrangère imposèrent à l’État soviétique ce qu’on appela le communisme de guerre.

 

 

Lénine céda à cette nécessité factuelle mais sans abandonner sa conviction théorique. Il conduisit aussi efficacement que possible ce qui était imposé par le communisme de guerre, sans – contrairement à la majorité de ses contemporains – à aucun moment considérer que le communisme de guerre était la forme authentique de transition vers le socialisme.

 

 

Il était absolument déterminé à revenir à la ligne théoriquement juste de la NEP dès que la guerre civile et l’intervention étrangère arrivèrent à leur terme. Dans les deux cas, il ne fut jamais ni un empiriste ni un dogmatique, mais un théoricien de la pratique, un praticien de la théorie.

 

 

Tout comme « Que faire ? » est un titre symbolique de l’ensemble de sa production écrite, la base théorique de son ouvrage est une thèse préliminaire de l’ensemble de sa conception du monde (Weltanschauung).

 

 

Il affirmait que la lutte de classe spontanée incarnée dans les grèves, même si elles sont bien organisées, ne produisent que les germes de la conscience de classe au sein du prolétariat.

 

 

Il manque encore aux travailleurs « la conscience de l’opposition irréductible de leurs intérêts avec ceux du système social et politique actuel dans son ensemble ». Encore une fois, c’est la totalité qui détermine la bonne voie à la conscience de classe tendant vers la pratique révolutionnaire.

 

 

Sans une orientation vers la totalité, il ne peut y avoir de pratique historiquement vraie. Mais la connaissance de la totalité n’est jamais spontanée, elle doit toujours être introduite « de l’extérieur », c’est-à-dire théoriquement.

 

 

La prédominance de la pratique ne peut donc être réalisée que sur la base d’une théorie qui doit viser à la totalité. Mais, comme Lénine le savait bien, la totalité de l’étant tel qu’il se déploie objectivement est infini, et elle ne peut donc jamais être adéquatement saisie.

 

 

Un cercle vicieux semble se mettre en place entre l’infinité du savoir et les impératifs toujours actuels d’une action concrète, immédiate. Mais cette insolubilité théorico-abstraite peut – comme le nœud gordien – être tranchée par la pratique.

 

 

La seule épée valable, c’est l’attitude humaine pour laquelle nous devons encore faire référence à Shakespeare : « The readiness is all », le tout c’est d’être prêt.

 

 

Un des traits les plus caractéristiques et les plus créatifs de Lénine est qu’il n’a jamais cessé d’apprendre théoriquement de la réalité, tout en restant toujours prêt pour l’action.

 

 

Cela détermine un des attributs les plus frappants et les plus paradoxaux en apparence de son style théorique : il ne voyait jamais les leçons tirées de la réalité comme achevées, mais ce qu’il en avait appris était organisé et dirigé en lui vers l’action possible à chaque moment donné.

 

 

J’eus la chance d’être témoin de l’attitude de Lénine lors de ces innombrables moments. C’était en 1921. Il y avait une session du comité tchécoslovaque du III ème Congrès du Komintern.

 

 

Les questions étaient extrêmement complexes, les opinions inconciliables. Soudainement, Lénine fit son apparition. Tout le monde lui demanda son opinion sur les problèmes tchèques.

 

 

Il refusa de répondre. Il disait qu’il avait essayé d’étudier les dossiers mais que des affaires politiques urgentes avaient fait irruption et qu’il avait juste jeté un coup d’oeil à deux journaux qu’il avait emporté avec lui dans sa veste.

 

 

C’est seulement après avoir été interrogé à plusieurs reprises qu’il accepta de donner ses impressions sur les deux journaux. Il les tira de sa poche et livra une analyse non-méthodique, improvisée en commençant par l’article principal et en finissant par les nouvelles du jour.

 

 

Cette analyse impromptue fut l’analyse la plus profonde de la situation en Tchécoslovaquie et des tâches du Parti communiste.

 

 

Évidemment, homme caractérisé par sa préparation à l’action et sa cohérence, dans la relation réciproque entre théorie et pratique, Lénine choisit toujours de donner la priorité à la pratique. Il le fit de façon frappante à la fin de son principal ouvrage théorique, Etat et Révolution.

 

 

Il l’écrivit dans la clandestinité après les journées de Juillet, et il ne put jamais finir le dernier chapitre sur les expériences des Révolutions de 1905 et 1917. Le cours de la Révolution ne lui permit pas.

 

 

Dans un post-scriptum, il écrivait : « Il est plus plaisant et utile de vivre l’expérience de la révolution que d’écrire sur elle ». Il dit cela avec une profonde sincérité. Nous savons qu’il a toujours voulu pallier à ce qu’il n’avait pu faire. Ce n’est pas lui mais le cours des événements qui le rendit impossible.

 

 

Il y eut un changement important dans les attitudes humaines ces derniers siècles : l’idéal du « sage » stoico-épicurien a eu une très forte influence sur nos opinions éthiques, politiques et sociales, bien au-delà des limites de la philosophie académique.

 

 

Mais cette influence fut tout aussi une transformation interne : l‘élément pratique-actif dans ce prototype se renforça par rapport à l’époque classique. La préparation permanente à l’action de Lénine est le dernier, et jusqu’à présent le plus grand et le plus important, stade de ce développement.

 

 

Le fait qu’aujourd’hui la manipulation absorbe la pratique et que la « fin des idéologies » absorbe la théorie, cet idéal ne pèse pas lourd aux yeux des « experts », ceci n’est qu’un épisode, allant contre la marche de l’histoire mondiale.

 

Par-delà le sens de ses actions et écrits, la figure de Lénine comme incarnation de la préparation permanente à l’action représente une valeur ineffaçable : une nouvelle forme d’attitude exemplaire face à la réalité.

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Les Voix de la Colère et la Section de Saint-Quentin vous invitent à la présentation de leurs voeux vendredi 24 janvier à 19h

La politique gouvernementale sous l’égide de l’Union Européenne continue ses ravages. Localement, elle est représentée par Xavier Bertrand, fidèle serviteur des grands patrons, fossoyeur de la sécurité sociale et des retraites. La perspective d’avenir ne viendra pas d’un sauveur ou d’une institution mais bien de notre organisation à tous dans un seul but : renverser le système capitaliste.

Voilà déjà un an que nous annoncions le renouvellement du bureau de Section. L’heure est maintenant au bilan de cette année passée, mais aussi aux projets et visions futures. Les élections municipales des 23 et 30 mars 2014 seront aussi un moment important pour les saint quentinois pour l’année 2014. Cette soirée sera l’occasion d’aborder ensemble tous ces sujets et d’entamer cette année sur une base de lutte pour un meilleur avenir.

Les Voix de la Colère et la Section PCF de Saint Quentin vous convie à la :

présentation des vœux

vendredi 24 janvier

à 19h

au 22, rue de la Pomme Rouge

nous terminerons par une réception conviviale et fraternelle

Nouvelle année : même politique antisociale ! Une seule voie pour la riposte : la lutte !

Les allocations familiales, ce qu’il en restera, demain, les familles se les paieront elles-mêmes !

 Voilà en substance ce que François Hollande vient d’annoncer dans sa conférence de presse du 14 janvier. Le patronat va être entièrement exempté des cotisations sociales familles : 35 milliards d’euros qui iront gonfler les profits et les grosses fortunes comme tous les cadeaux précédents accordés au capital. Plus ils en touchent, plus ils suppriment des emplois ! Les faits sont là ! Une grève est lancée à Sanofi, le géant pharmaceutique qui réalise 5 milliards de profits par an, investit en Chine et en Amérique, mais veut liquider encore 2000 postes qualifiés en France.

 En ce début d’année, la note est salée pour le plus grand nombre.

Les hausses de TVA vont prélever en moyenne 200 euros par an sur chaque ménage. Les transports SNCF/RATP ont déjà augmenté de 3%. Tout cela pour alimenter le CICE, « crédit d’impôt compétitivité » : 10 milliards de cadeaux au patronat en 2014 pour … peut-être 30.000 emplois créés selon l’Insee (330.000 euros par emploi !). 

Les tarifs de l’électricité ont discrètement augmenté également de 2,5% après les 5% d’août dernier, avec l’augmentation de la taxe hypocritement dénommée « Contribution au service publique de l’énergie » pour alimenter les profits d’EDF et des banques et leurs investissements à l’étranger. Les loyers continuent d’augmenter bien plus vite que les salaires et pensions. Le pouvoir entretient la pénurie de logements. Depuis septembre, 734 grandes entreprises ont engagé des plans de licenciement profitant de la casse du code du travail (ANI) votée en 2013.

A l’autre bout de l’échelle, les grandes fortunes enflent.

Celle de Liliane Bettancourt a atteint 24 milliards d’euros, celle de François Pineau, responsable de la casse de La Redoute, 11 milliards. A 13 milliards d’euros on retrouve celle de Serge Dassault qui profite d’une rente d’Etat pour les avions Rafale non vendus, des guerres françaises en Libye au Mali ou ailleurs, et qui profite aussi de la protection des politiciens qui viennent scandaleusement de voter au Sénat le maintien de son immunité parlementaire.

Pour 2014, la feuille de route de Hollande est la même : austérité des dépenses publiques et sociales, démantèlement des droits sociaux, privatisations, asservissement à l’Europe des monopoles, guerres dans le monde. Le tout avec un recours annoncé aux ordonnances pour esquiver même le débat parlementaire. La réalité est très différente de l’image cultivée par les media d’un président impuissant et maladroit. Comme Sarkozy, Hollande est un agent zélé et docile des intérêts capitalistes.

La colère explose dans le pays dans les milieux les plus différents. Le pouvoir est discrédité avec 22% de bonnes opinions. Il ne se passe pas une semaine sans que se développent des dizaines de lutte dans l’industrie, les services. La question est plus que jamais posée : sur quoi bute le mouvement social pour mettre en échec cette politique ?

L’impasse politicienne est flagrante. Elle a été soigneusement organisée. Communistes, nous ne faisons pas partie de ceux, y compris syndicalistes, qui ont semé des illusions sur un « changement » aux élections de 2012, comme nous ne voyons pas de « tournant libéral » en 2014. Ces illusions nourrissent la résignation d’aujourd’hui. Le gouvernement de « gauche » a ainsi réussi en 2013 à enterrer, avec sa nouvelle contre-réforme des retraites, le puissant mouvement de lutte de 2010. A côté du consensus droite/PS, le système monte en épingle le FN pour détourner la colère populaire des luttes.

En 2014 auront lieu deux élections, les municipales et les européennes. Nationalement, il n’y a pas de « changement » à en attendre.

La situation à Paris est exemplaire. D’un côté, Hidalgo et Delanoë, très proches lieutenants et amis de Hollande mènent une politique social-libérale depuis 12 ans. L’équipe compte être reconduite pour continuer. Dans le 15ème, Hidalgo a désigné à côté d’elle Mme Dominique Versini, ancien ministre UMP, chiraquienne revendiquée ! Quelques « cautions » de gauche sont appontées en places pour masquer cette réalité. Quelques ex-PS sont chargés de canaliser le mécontentement de gauche au 1er tour pour aider Hidalgo au second. A droite, Kosciusko-Morizet a bien du mal à trouver des critiques de fond à faire à Hidalgo tant leurs visions sont proches. Elle s’efforce assez lamentablement de séduire la bourgeoisie branchée et influente. Le système joue du FN pour maintenir le statu quo.

La campagne des européennes est réduite au minimum, quelques semaines. Le FN, mis en avant, est chargé de détourner l’attention, de détourner la protestation contre l’UE des luttes, de disqualifier l’opposition à L’UE et l’euro pour le compte des forces du consensus.

En 2013, certains syndicats ont ouvertement confirmé leur choix d’accompagner la politique du gouvernement et de rentrer dans le jeu du « compromis social » avec le Medef. D’autres de rechercher l’unité syndicale à tout prix. ANI, retraites : la bataille s’est réduite à un témoignage avant réconciliation avec la CFDT, partisan de ces contre-réformes. Contre le CICE, la TVA : il n’y pas eu de mouvement national. Le décalage est de plus en plus marqué entre le rejet des travailleurs de l’UE et l’alignement des directions syndicales sur la Confédération européenne des syndicats.   

Pour nous communistes, plus que jamais dans cette période, l’alternative politique ne peut venir que des luttes et de leur convergence sur des positions de ruptures pour commencer à faire reculer la politique du pouvoir.

Partout dans le pays, montent chez les usagers et chez les cheminots le refus de la dégradation du service public SNCF. La catastrophe de Brétigny montre à quoi mène la politique de privatisation. La « réforme » ferroviaire, qui en est la prochaine étape décisive, est programmée d’ici juin. Le rejet de la réforme ferroviaire peut et doit faire l’objet d’une lutte nationale et rassembleuse.

Peugeot-Citroën a réussi à liquider, finalement sans véritable encombre, l’usine d’Aulnay et 6000 emplois dans le pays. Voilà que l’on apprend que l’Etat va faire son entrée en force dans le capital pour faciliter l’alliance (la prise de contrôle ?) par le groupe chinois Dong Feng! Pour la même somme, il pourrait nationaliser dans l’intérêt de l’emploi et de la réponse aux besoins. Plus que jamais, exigeons la nationalisation !

Voilà deux exemples des positions de rupture que, communistes, nous voulons porter en débat avec vous, avec le mouvement social, avec ceux qui luttent et lutteront cette année.

De façon fondamentale, conscients du brouillage médiatique, nous défendrons aussi avec force cette année la nécessité de la rupture avec l’UE du capital, à la décliner concrètement dans les luttes avec le refus de l’application des traités et directives européennes, à nous battre pour l’abandon de l’euro, l’instrument économique mais surtout politique de la domination sur les peuples et leur expression démocratique de l’Europe des monopoles.

N’hésitez pas à nous rejoindre !

Bonne année 2014 de résistance et de luttes !   

35 commentaires

Distribution du tract « Parking payant de l’hôpital : quand l’argent prime sur le bien être de la population »

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 2014-01-16 (14)

En 2006, la mairie UMP de Saint-Quentin fait le choix de confier la gestion d’un parking pour l’hôpital à un groupe privé.

 

Dans une logique de rendement, le parking sera payant. Xavier Bertrand, alors ministre du travail, soutient le projet.

L’indignation de tous les usagers est immédiate. Il devient très compliqué de trouver une place rue Michel de l’hôpital. Les rares places rue Henriette Cabot sont trop éloignés. Les habitants de la cité Cépy sont rapidement gênés par l’afflux de véhicules stationnant. Le parking du collège Hanotaux et de l’école Ferdinand Buisson est pris d’assaut, entrainant de grandes difficultés aux heures d’entrées et de sorties des établissements scolaires.

Les étudiants hospitaliers sont aussi les victimes de ce choix politique, ils sont environs 500, auxquels il faut ajouter les familles et amis des malades, les patients, … L’hôpital nécessitait un réel projet urbain et non une mascarade visant, encore une fois à remplir les poches de quelques uns.

 

Le choix d’un parking privé payant pour l’hôpital a tout de suite posé dans des problèmes d’ordres moraux : comment faire payer des patients et leur famille pour l’accès à un service public ?

Mais d’autres problèmes se soulèvent depuis : la circulation et le stationnement aux abords des établissements scolaires avoisinants, la gêne au voisinage, le stationnement des étudiants à l’hôpital, …

Tous ces « dommages » conséquents à ce choix démontrent avec quelle légèreté la mairie a pris sa décision, son manque de réflexion ou plutôt son manque d’intérêt vis-à-vis de la population. Il ne manquerait plus que la Mairie finance les places des étudiants sur nos impôts, offrant ainsi un joli marché au privé sur notre dos.

 

Les Voix de la Colère et la section du PCF de Saint-Quentin apportent leur soutien à toute action dénonçant l’opportunisme de la mairie UMP, dirigée par Xavier Bertrand. Nous accusons cette politique qui préfère déléguée au privé et faire payer la population plutôt que de se saisir réellement du problème et de fournir à chacun une utilisation des services publics (hospitalier et d’éducation entre autre) dans les meilleures conditions. Nous nous engageons à mettre tout en œuvre pour soutenir toutes oppositions à ces politiques qui vont à l’encontre de l’intérêt de la population.

 

Exigeons pour tous:

- La possibilité de se rendre à l’hôpital public sans subir le raquette d’une société privé

- La sécurité de nos enfants aux abords des établissements scolaires

- La possibilité pour les parents d’aller chercher leurs enfants dans de bonnes conditions

Pour continuer à lutter contre les injustices, organisons-nous ! 

Rejoignez-nous !

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L’avortement légal, gratuit et fait service public : la première fois, c’était en Union Soviétique !

En ces temps de réaction obscurantiste en Espagne, il est bon de rétablir certaines vérités historiques. Le premier pays à instaurer le droit à l’avortement est l’Union soviétique, au moment où la France criminalisait ce même droit fondamental de la Femme.

Face à la propagande pernicieuse à l’égard des révolutions socialistes du XX ème siècle, les faits sont têtus : les droits qu’a accordé la jeune Union soviétique aux femmes en 1917, les femmes se battent encore partout dans le monde pour les conquérir ou les conserver.

Sous le tsarisme, la femme était légalement inégale, dans les faits réduite à l’exploitation la plus éhontée au travail comme dans le foyer. Avec la révolution socialiste, elle accède à la pleine égalité légale, elle devient comme ouvrière, paysanne, intellectuelle, actrice de la révolution.

En 1917, en URSS, les femmes obtiennent l’égalité intégrale. Et en France, c’est quand ?

Concrètement, les femmes conquièrent notamment par le nouveau « Code sur le mariage, la famille et la tutelle » de 1918 : la libération de la tutelle des hommes sur les épouses et les filles, le droit au divorce après mariage civil.

Lénine disait que « l’expérience de tout mouvement d’émancipation a montré que le succès d’une révolution dépend du degré de participation des femmes ».

Dès 1917, est adopté dans les républiques soviétiques le suffrage universel, ce n’est alors que le quatrième pays au monde. Dans la foulée, plusieurs pays se trouvent contraints de suivre l’exemple soviétique, dont les États-Unis ou l’Allemagne.

L’URSS premier pays à légaliser l’avortement

Quant à l’avortement, en 1920, le gouvernement soviétique annule par décret la criminalisation de l’avortement et offre aux mères la possibilité d’un avortement légal, gratuit et pris en charge par les pouvoirs publics :

« l’avortement, l’interruption de grossesse par moyens artificiels, sera conduit gratuitement dans les hôpitaux publics, où les femmes jouissent de la plus grande sécurité dans l’opération ».

L’Union soviétique est le premier État à légaliser l’avortement, au moment où c’est un crime dans les pays dits « civilisés ». En France, c’était alors le cas. Il faut attendre 1975 pour la dépénalisation et 1982 pour sa prise en charge par la Sécurité sociale.

La liberté d’être femme en URSS : pas un droit formel, mais une réalité concrète !

Le code de la famille de 1918 est proprement révolutionnaire dans sa conception même. D’une part parce qu’il est perçu comme un « code de transition vers la société socialiste », visant d’abord à réglémenter la vie en famille, avant de viser à l’extinction du famille et du mariage.

Ce n’est pas le mariage pour tous, mais à terme l’abolition du mariage, voilà une loi révolutionnaire !

D’autre part, le Code de la famille consiste aussi en un respect absolu de la vie privée et du choix des individus quant à leur mode d’existence :

« est déclarée l’absolue non-ingérence de l’État et la société dans les affaires sexuelles, personne ne sera lésé, personne ne s’immiscera dans les affaires d’autrui ».

Contrairement aux Etats capitalistes, la liberté d’être une femme n’est pas seulement formelle, elle est rendue réelle, notamment grâce à la volonté de Lénine et d’Alexandra Kollontai.

Le Code du travail de 1918 garantit aux mères des pauses payées pour alimenter leurs enfants, restreint fortement le travail nocturne et les heures supplémentaires, développe les crèches sur les lieux de travail, tout comme les cantines plus tard dans les lieux d’étude.

Le programme de congé maternité en 1918, sous l’impulsion de Kollontai, accorde aux femmes un congé maternité de huit semaines, payé, tandis que dans les entreprises les femmes bénéficiaient d’horaires de travail aménagés, d’installations sanitaires de suivi.

Certes, il y eut des reculs au plus fort du raidissement stalinien – mais pas une remise en cause intégrale – toutefois dès les années 1950, l’égalité intégrale entre hommes et femmes, le droit à un avortement assisté par le service public étaient à nouveau pleins et entiers.

« Le degré de l’émancipation féminine est la mesure naturelle du degré de l’émancipation générale »

Dans la Sainte famille,Karl Marx reprend les propos de Fourier : « Le changement d’une époque historique se laisse toujours déterminer en fonction du progrès des femmes vers la liberté (…) Le degré de l’émancipation féminine est la mesure naturelle du degré de l’émancipation générale ».

Dans ce cas, il ne fait aucun doute que – contrairement à ce que veut nous faire croire l’idéologie dominante – l’URSS de 1920 était bien plus moderne, émancipatrice que ne l’est la monarchie espagnole de 2014 !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Une majorité de Lettons contre l’entrée de leur pays dans l’Euro

Les médias européens tentent de refonder le mythe d’un élan irréstitible vers l’intégration européenne. On l’invente en Ukraine, à coups de financements occidentaux. Pour les pays d’ex-URSS déjà désintégrés dans l’Union européenne, le temps des illusions est passé.

 

On a parlé de l’entrée de la Lettonie dans la zone euro, peu de l’attitude de la population lettone à ce sujet. Pourquoi, aujourd’hui, plus de 60 % des Lettons s’opposent à l’entrée de leur pays dans la monnaie unique européenne, malgré les promesses de leurs dirigeants ?

 

L’effondrement du « tigre balte », du modèle ultra-libéral de l’UE à la cure d’austérité brutale

 

La Lettonie était pourtant le modèle tant recherché en ex-URSS par l’Union européenne.

Une région prospère (Riga était la « perle de l’URSS ») captée par des élites nationalistes, à la xénophobie sélective, anti-russe mais prêtes à vendre leur pays aux capitaux allemands, suédois, à les intégrer à l’Europe, tout en cultivant la nostalgie du temps béni de la Wehrmacht.

On a même parlé de « tigre baltique » à coups de flat tax (taux d’imposition unique favorisant les riches et grandes entreprises), de zones économiques spéciales (ZES), de bulles spéculatives dans l’immobilier alimentées par un crédit facile assuré par les banques suédoises ou allemandes.

Alimenté par l’entrée de la Lettonie dans l’UE, en 2008, ce modèle a explosé en plein vol : en deux ans (2009-2010), le PIB a chuté de 30 %, le chômage atteignant un pic de 22 % en 2010.

Les bases de ce château de sable, on les connaît : le démantèlement de l’industrie héritée de l’ère soviétique (on est encore en-dessous de la production de 1991!), de l’agriculture locale (30 % des terres sont passées entre les mains de capitaux étrangers).

C’est aussi une bulle spéculative qui a conduit à l’explosion du prix des loyers, mais aussi des produits de base avec des prix plus élevés qu’à Londres pour les vêtements, la nourriture !

Un décalage qui n’a tenu que par l’endettement massif des ménages d’abord, puis l’endettement public ensuite qui a été multiplié par sept depuis 2008 (de 7 à 50 % du PIB).

La piqûre d’austérité imposée par l’Union européenne, la BCE (en vue de l’entrée dans l’Euro) et le FMI a été d’une brutalité extrême pour le peuple letton :

baisse des salaires du public de 20 à 50 % (pour les enseignants), du public de 20 à 30 % en moyenne, baisse des retraites de 10 à 70 %, augmentation des impôts indirects les plus régressifs, comme la TVA de 19 à 21 %.

Les lettons contre l’intégration européenne

 

Que pensent aujourd’hui les Lettons de la construction européenne, qu’on leur a présenté comme un « faiseur de miracles », aujourd’hui mirage universel ?

 

Il suffit de voir les derniers résultats électoraux. Tous les partis, sauf un, adhèrent au consensus libéral-européen-nationaliste. Le fait qu’ils changent de nom tous les deux-trois ans révèlent autant leur insignifiance que leur manque de confiance dont ils bénéficient auprès des Lettons.

Le seul à refuser le consensus dominant, c’est le « Centre de l’Harmonie » dont les communistes jouent un rôle moteur, sous le nom du Parti socialiste letton. Rappelons qu’il est interdit de se dire communistes en Lettonie, pays membre de l’Union européenne.

Le « Centre de l’Harmonie », généralement catalogué comme le parti de la minorité russe, rassemble désormais tous les mécontents du « mirage letton », du mirage de l’intégration européenne.

En 2011, lors des dernières élections législatives, il est devenu le premier parti du pays avec 28,36 % des voix et 31 sièges (sur 100). Seule une « Sainte-alliance » des partis réactionnaires l’a empêché de prendre le pouvoir.

En juin 2013, aux élections locales, il remportait une victoire éclatante dans la capitale Riga, tout en emportant la tête dans la deuxième ville du pays, Daugavpils.

Ce qui convainc de plus en plus de Lettons, c’est le discours de refus de l’austérité prônée par l’UE, le refus d’une intégration européenne dans les intérêts d’une minorité, ce discours porté par les communistes et progressistes lettons.

Ainsi, en dépit d’un battage médiatique massif, des paroles gouvernementales sur l’Euro comme « rempart » face à Moscou, 60 % des Lettons s’opposent à l’entrée de leur pays dans l’Euro ce 1er janvier 2014. Ils étaient même 65% dans un précédent sondage, au printemps 2013.

 

Le refus de cette intégration européenne dans les intérêts du capital monte dans toute l’Europe. Quand les forces communistes, de gauche, ne refusent pas de mener ce combat, ce sont elles qui le mènent. Bravo à nos camarades lettons dans un contexte hostile !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

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