Archive | 28 avril 2013

DROIT DE REPONSE D’UNE SALARIEE D’INTERMARCHE A L’ARTICLE SUR LE TRAVAIL DOMINICAL DE L’AISNE NOUVELLE DU SAMEDI 27 AVRIL 2013

Selon le Code du Travail, les établissements de commerce de détail à prédominance alimentaire sont autorisés de plein droit à occuper des salariés le dimanche matin jusqu’à 13 heures.

Cette loi comporte une faille dans laquelle mon employeur se faufile avec aisance. En effet, est considéré le pourcentage de chiffre d’affaires moyen du lundi au dimanche inclus.

Or, s’il s’agissait uniquement du chiffre d’affaires du dimanche, il pourrait être constaté que le chiffre d’affaires en « marchandises générales » non alimentaires est largement plus important que le chiffre d’affaires alimentaire.

Ce qu’il faut savoir, c’est que lorsque le magasin Intermarché de Gauchy a déménagé suite à son agrandissement, tous les salariés espéraient ne plus avoir à travailler le dimanche, c’était sans compter les bonnes relations de notre employeur avec le sous-préfet. Ce qu’il faut savoir également c’est qu’il est à la tête de 5 magasins Intermarché de la région axonaise.

Lorsque le directeur de magasin d’Intermarché Chauny dit « Mais si on n’a pas le dimanche, on baisse purement et simplement le rideau », sortez les mouchoirs !!! Le chiffre d’affaires fait le dimanche se reporterait, alors, sur les autres jours de la semaine ! En effet, l’hypermarché est sensé ouvrir pour la partie alimentaire. Une famille qui a besoin d’une livre de beurre, d’un litre de lait, ou tout autre aliment présent sur sa liste de courses, l’achètera un autre jour. D’autant que l’amplitude des horaires d’ouverture est adaptée au plus grand nombre (8h30-20h30). Les propos du directeur créditent les miens sur le pourcentage de chiffre d’affaires fait en marchandises non alimentaires le dimanche matin !!! C’est bien de ça dont il est question !

Lorsque je lis que «des étudiants ont été embauchés pour les samedi et dimanche. Pour les autres salariés c’est un roulement qui fait partie du contrat de travail, qui va du lundi au dimanche », mon poil s’hérisse !!! Oui, il y a quelques étudiants qui viennent renforcer l’effectif du dimanche. (On pourrait aussi débattre de l’effet du travail sur les études mais là n’est pas le sujet.) Mais la plupart de l’effectif du dimanche comprend des salariés autres qui n’ont pas le choix parce qu’en effet, c’est inscrit dans leur contrat de travail. De plus, lorsque le salarié n’est pas bien perçu par sa hiérarchie, la loi autorise l’employeur à le faire travailler 7 dimanches consécutifs avant de lui en accorder un en repos ! Technique fortement prisée et appliquée bien volontiers !!! «C’est juste une question de planning » dit un autre dirigeant, et oui !!! Le salarié n’a aucun pouvoir sur son planning, il ne fait que subir !!!

Comment mobiliser une équipe à agir pour obtenir des droits basiques du Code de Travail ? Actuellement, les chefs de rayon (agent de maîtrise) ne bénéficient pas du paiement double et de la récupération des jours fériés travaillés. L’employé, quant à lui, n’est pas rémunéré aux taux légal des heures supplémentaires faites à la demande express de l’employeur ou du supérieur très régulièrement.

En effet, la peur du licenciement en temps de crise est bien présente. Elle est entretenue savamment par les directeurs de magasin, bons petits lieutenants de notre adhérent, voire même par les chefs de rayon eux-mêmes. Leur argument favori face aux équipiers est : «je ne suis pas payé plus pourquoi le serais-tu ? ».

Chacun a sa maison à rembourser, une famille à charge, des factures à honorer. La menace de la suppression des primes aussi est un argument bien exploité.

L’organisation syndicale est inexistante et difficile à mettre en place. Les rares tentatives ont conduit à la stigmatisation des personnes voire à une procédure à leur encontre en vue d’un licenciement.

Quant au dimanche prétendument jour de repos faisant écho à la tradition chrétienne, notre calendrier n’y ferait-il pas référence dans son entièreté !?? Oui, le bien-être des salariés devrait être une préoccupation de l’employeur. Un salarié heureux en famille est meilleur travailleur. Le dimanche et les jours fériés sont des moments de repos dédiés aux activités personnelles et familiales indispensables au bien-être de chacun.

La loi devrait plutôt interdire le travail le dimanche (voire le samedi), à croire que la consommation est la seule distraction du quidam. Qu’en est-il des ballades en forêt, des repas familiaux, des relations avec nos enfants et nos conjoints,… ? La loi (d’autant plus celle du travail) est censée protéger le petit contre le gros, le faible contre le fort, le salarié contre son patron. Depuis quelques années la loi favorise les soi-disant intérêts collectifs contre l’individu, ces intérêts allant souvent (hasard ?) dans le sens du patron.

Témoignage d’une sympathisante qui, pour des raisons évidentes, a souhaité garder l’anonymat

 

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Une analyse de Marx : l’analogie est toujours aussi surprenante

Elle avait conclu une alliance avec les chefs socialistes. En février 1849, on organisa des banquets de réconciliation.

On esquissa un programme commun, on créa des comités électoraux communs et l’on présenta des candidats communs. On enleva aux revendications sociales de la petite bourgeoisie. C’est ainsi que fut créée la social-démocratie

La nouvelle Montagne, qui fut le résultat de cette combinaison, comprenait, à part quelques figurants tirés de la classe ouvrière et quelques sectaires socialistes les mêmes éléments que l’ancienne Montagne, mais numériquement plus forts. A vrai dire, elle s’était modifiée, au cours du développement, de même que la classe qu’elle représentait.

Le caractère propre de la social-démocratie se résumait en ce qu’elle réclamait des institutions républicaines démocratiques comme moyen, non pas de supprimer les deux extrêmes, le capital et le salariat, mais d’atténuer leur antagonisme et de le transformer en harmonie.

Quelle que soit la diversité des mesures qu’on puisse proposer pour atteindre ce but, quel que soit le caractère plus ou moins révolutionnaire des conceptions dont il puisse être revêtu, le contenu reste le même. C’est la transformation de la société par voie démocratique, mais c’est une transformation dans le cadre petit-bourgeois.

Il ne faudrait pas partager cette conception bornée que la petite bourgeoisie a pour principe de vouloir faire triompher un intérêt égoïste de classe. Elle croit au contraire que les conditions générales en dehors desquelles la société moderne ne peut être sauvée et la lutte des classes évitée.

Il ne faut pas s’imaginer non plus que les représentants démocrates sont tous des shokeepers (boutiquiers) ou qu’ils s’enthousiasment pour ces derniers. Ils peuvent, par leur culture et leur situation personnelle, être séparés deux par un abîme.

Ce qui en fait les représentants de la petite bourgeoisie, c’est que leur cerveau ne peut dépasser les limites que le petit bourgeois ne dépasse pas lui-même dans sa vie, et que, par conséquent, ils sont théoriquement poussés aux mêmes problèmes et aux mêmes solutions auxquelles leur intérêt matériel et leur situation sociale poussent pratiquement les petits bourgeois.

Tel est, d’une façon générale, le rapport qui existe entre les représentants politiques et littéraires d’une classe et la classe qu’ils représentent.

Marx, Le 18 Brumaire de Louis Napoléon

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La lutte contre « l’ANI » doit amorcer une riposte globale. Elle doit compléter le rejet du « CISE » (surtout ne pas l’entériner !)

RETRAIT de l’ANI, RETRAIT du CICE,

riposte globale à la politique du pouvoir !  


Vivelepcf, 3 avril 2013

Le gouvernement a instauré ce qu’il a appelé dans sa langue de bois le « Crédit d’impôt compétitivité emploi », CISE. Il s’agit en réalité de rembourser chaque année aux patrons l’équivalent de 6% de tous les salaires jusqu’à 2,5 fois le SMIC, 4% dès 2013.

La presse progressiste est-elle condamnée à accepter la publicité d’Etat pour le CICE?

Au total, le coût pour les caisses de l’Etat, pour le contribuable, s’élèvera à 20 milliards d’euros par an, 13 milliards dès cette année.  Aucune mesure unique de Sarkozy n’a atteint un tel niveau. C’est le plus gros cadeau octroyé au patronat depuis… les 18 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales patronales accordés par la gauche plurielle au nom des « 35 heures ».

Comme celles-ci, elles ne créeront pas d’emploi mais consoliderons les profits et les dividendes des actionnaires. Et cela à une époque où les mêmes gouvernants ne cessent de fustiger les déficits publics !

La lutte contre « l’ANI » doit amorcer une riposte globale. Elle doit compléter le rejet du « CISE » (surtout ne pas l’entériner !) dans APPELS 130404_publicite_cice-300x202Le CISE a été adopté à la va-vite en décembre 2012, rencontrant peu d’opposition. Le débat public a été complètement escamoté. La mobilisation contre cette mesure scandaleuse n’a pas encore vraiment commencé à être organisée. C’est le moment !

Depuis quelques semaines, une mobilisation se construit contre ce que le pouvoir appelle, toujours dans sa langue de bois, « l’Accord national interprofessionnel » (ANI). Il s’agit en fait d’un projet de loi du gouvernement transcrivant dans la loi les dispositions de l’accord signé par le MEDEF, la CFDT, la CFTC et la CGC sur la flexibilisation du droit du travail, autrement dit de l’extension du droit à licencier (sur ce projet très grave, voir nos analyses antérieures).

A tous points de vue, cette mobilisation est très importante. Pour nous communistes, elle peut et doit marquer la reprise d’une riposte globale des salariés contre la politique au service du capital et de l’UE poursuivie par la gauche au pouvoir, maintenant que les illusions électorales sont retombées.

L’objectif pour nous est de reconstituer le rapport de forces, de la lutte contre les retraites par exemple en 2010, pour commencer à faire reculer immédiatement le pouvoir. Il ne saurait être d’accompagner le projet du gouvernement en les « amendant », de « marquer le coup » d’ici de futures et lointaines échéances électorales, d’entrer dans un scénario de recomposition politicienne. Place aux luttes !

Dans cet esprit, pour nous, l’exigence de retrait de l’ANI rejoint et complète entièrement celle du retrait du CISE, dont la dénonciation publique reste largement à faire.

Aussi, nous ne pouvons pas partager pas la logique de certaines personnalités politiques qui affichent leur opposition à l’ANI.

Une aile du PS adopte une posture critique envers le gouvernement, notamment sur l’ANI. Très bien. Mais quand la sénatrice PS, l’ancienne ministre Marie-Noëlle Lienemann déclare, reprise par l’Humanité (édition du 27 mars 2013) : « On n’était pas chaud pour les 20 milliards pour aider la compétitivité, mais à partir du moment où ils sont là, il faudrait les négocier ». Et à propos de l’ANI : « une marge de manœuvre existe pour le modifier ». Plus qu’un positionnement utile au succès de la lutte, cela s’apparente davantage à de l’accompagnement critique de la politique du pouvoir, même à de la pédagogie de la résignation.

Nous avons déjà exprimé notre critique fondamentale au concept de « licenciements boursiers » mis en avant par les parlementaires du Front de gauche. Nous renvoyons à notre analyse (Licenciements « boursiers » : une notion indéfinissable et dangereuse), illustrée depuis par le tripatouillage des comptes de PSA pour justifier la casse d’Aulnay.  La notion de « licenciements boursiers » représente une dangereuse négation réformiste de la fonction du chômage dans l’exploitation capitaliste.

Les députés Front de gauche reprennent leur proposition de loi « d’interdiction des licenciements boursiers » pour s’opposer de « façon constructive » à l’ANI. Cette initiative nous semble toujours malencontreuse. Dans le nouvel exposé des motifs, nous lisons : « lorsque le licenciement pour motif juridique aura été jugé sans cause réelle et sérieuse… l’entreprise perdra le cas échéant le bénéfice ou l’opportunité de bénéficier du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Le juge pourra ordonner le remboursement de tout ou partie du montant dont aura bénéficié l’entreprise au titre du CICE. »

Les députés du Front de gauche se montrent déjà résignés au CICE, jusqu’à en voir un moyen, complétement illusoire, de pression sur le patronat. Cette logique n’est pas de nature à encourager la détermination des salariés à lutter pour gagner.

RETRAIT de l’ANI, RETRAIT du CICE,

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