Archive | 23 avril 2013

1er mai, fête des travailleurs, 10H30 devant la Bourse du Travail, Saint-Quentin 02

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Chargé d’histoire, de luttes et de sang versé, chargé de victoires, qu’il soit interdit ou férié. Le 1er mai est  le symbole du combat contre l’exploitation et la répression capitaliste. 

 

Mercredi 1er MAI 

 A Saint-Quentin

 BOURSE  DU TRAVAIL – 10H30

Continuons à faire monter les exigences  :

Le retrait de l’ANI, outil de casse du code du travail et de nos droits

· De renationalisation démocratique des grands services publics, avec reconquête des monopoles publics,

· De nationalisation du secteur financier, de l’industrie, de la métallurgie…             

· Du rétablissement d’une échelle mobile des salaires partant d’un SMIC à 1600 euros net,

· De la défense inflexible du financement de la Sécurité sociale par la cotisation sociale,

· De la sortie de l’OTAN.

· De la remise en cause de l’euro et de l’Europe du Capital.

Les mouvements émancipateurs dans le pays arabes montrent que les peuples peuvent reprendre la main mais aussi que les travailleurs ont besoin d’organisations révolutionnaires pour se battre.

En France, le PCF est l’organisation historique au service des travailleurs dans la lutte des classes.. ADHEREZ

arton765-111e8 dans BREVES

Pensez au muguet de la lutte

 

Le  1er MAI, c’est aussi la vente du muguet par le Parti Communiste, c’est un apport important  pour faire vivre  nos combats ! La lutte a un prix …

Des bons de commandes sont disponibles à la Section ou téléphoner au 06 26 09 26 48


Rappel des tarifs :

Bouquet de 2 brins :    2€

Pot de 3 brins :    5€50

Pot de 3 brins avec rose :    6€

Le mardifeste du Parti Communiste 3

Chaque mardi, un épisode du Manifeste

Épisode précédent

Le prolétariat passe par différentes phases d’évolution. Sa lutte contre la bourgeoisie commence avec son existence même.

La lutte est engagée d’abord par des ouvriers isolés, ensuite par les ouvriers d’une même fabrique, enfin par les ouvriers d’une même branche d’industrie, dans une même localité, contre le bourgeois qui les exploite directement. Ils ne dirigent pas seulement leurs attaques contre les rapports bourgeois de production : ils les dirigent contre les instruments de production eux-mêmes ; ils détruisent les marchandises étrangères qui leur font concurrence, brisent les machines, brûlent les fabriques et s’efforcent de reconquérir la position perdue de l’artisan du moyen âge.

À ce stade, le prolétariat forme une masse disséminée à travers le pays et émiettée par la concurrence. S’il arrive que les ouvriers se soutiennent par l’action de masse, ce n’est pas encore là le résultat de leur propre union, mais de celle de la bourgeoisie qui, pour atteindre ses fins politiques propres, doit mettre en branle le prolétariat tout entier, et qui possède encore provisoirement le pouvoir de le faire. Durant cette phase, les prolétaires ne combattent donc pas leurs propres ennemis, mais les ennemis de leurs ennemis, c’est-à-dire les vestiges de la monarchie absolue, propriétaires fonciers, bourgeois non industriels, petits bourgeois. Tout le mouvement historique est de la sorte concentré entre les mains de la bourgeoisie ; toute victoire remportée dans ces conditions est une victoire bourgeoise.

Or, le développement de l’industrie, non seulement accroît le nombre des prolétaires, mais les concentre en masses plus considérables ; la force des prolétaires augmente et ils en prennent mieux conscience. Les intérêts, les conditions d’existence au sein du prolétariat, s’égalisent de plus en plus, à mesure que la machine efface toute différence dans le travail et réduit presque partout le salaire à un niveau également bas. Par suite de la concurrence croissante des bourgeois entre eux et des crises commerciales qui en résultent, les salaires deviennent de plus en plus instables ; le perfectionnement constant et toujours plus rapide de la machine rend la condition de l’ouvrier de plus en plus précaire ; les collisions individuelles entre l’ouvrier et le bourgeois prennent de plus en plus le caractère de collisions entre deux classes. Les ouvriers commencent par former des coalitions contre les bourgeois pour la défense de leurs salaires. Ils vont jusqu’à constituer des associations permanentes pour être prêts en vue de rébellions éventuelles. Çà et là, la lutte éclate en émeute. Parfois, les ouvriers triomphent ; mais c’est un triomphe éphémère. Le résultat véritable de leurs luttes est moins le succès immédiat que l’union grandissante des travailleurs. Cette union est facilitée par l’accroissement des moyens de communication qui sont créés par une grande industrie et qui permettent aux ouvriers de localités différentes de prendre contact. Or, il suffit de cette prise de contact pour centraliser les nombreuses luttes locales, qui partout revêtent le même caractère, en une lutte nationale, en une lutte de classes. Mais toute lutte de classes est une lutte politique, et l’union que les bourgeois du moyen âge mettaient des siècles à établir avec leurs chemins vicinaux, les prolétaires modernes la réalisent en quelques années grâce aux chemins de fer.

Cette organisation du prolétariat en classe, et donc en parti politique, est sans cesse détruite de nouveau par la concurrence que se font les ouvriers entre eux. Mais elle renaît toujours, et toujours plus forte, plus ferme, plus puissante. Elle profite des dissensions intestines de la bourgeoisie pour l’obliger à reconnaître, sous forme de loi, certains intérêts de la classe ouvrière : par exemple le bill de dix heures en Angleterre.

En général, les collisions qui se produisent dans la vieille société favorisent de diverses manières le développement du prolétariat. La bourgeoisie vit dans un état de guerre perpétuel ; d’abord contre l’aristocratie, puis contre ces fractions de la bourgeoisie même dont les intérêts entrent en conflit avec le progrès de l’industrie, et toujours, enfin, contre la bourgeoisie de tous les pays étrangers. Dans toutes ces luttes, elle se voit obligée de faire appel au prolétariat, de revendiquer son aide et de l’entraîner ainsi dans le mouvement politique. Si bien que la bourgeoisie fournit aux prolétaires les éléments de sa propre éducation, c’est-à-dire des armes contre elle-même. De plus, ainsi que nous venons de le voir, des fractions entières de la classe dominante sont, par le progrès de l’industrie, précipitées dans le prolétariat, ou sont menacées, tout au moins, dans leurs conditions d’existence. Elles aussi apportent au prolétariat une foule d’éléments d’éducation.

Enfin, au moment où la lutte des classes approche de l’heure décisive, le processus de décomposition de la classe dominante, de la vieille société tout entière, prend un caractère si violent et si âpre qu’une petite fraction de la classe dominante se détache de celle-ci et se rallie à la classe révolutionnaire, à la classe qui porte en elle l’avenir. De même que, jadis, une partie de la noblesse passa à la bourgeoisie, de nos jours une partie de la bourgeoisie passe au prolétariat, et, notamment, cette partie des idéologues bourgeois qui se sont haussés jusqu’à la compréhension théorique de l’ensemble du mouvement historique. De toutes les classes qui, à l’heure présente, s’opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie ; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique.

Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu’elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices ; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l’envers la roue de l’histoire. Si elles sont révolutionnaires, c’est en considération de leur passage imminent au prolétariat : elles défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels ; elles abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat.

Quant au lumpenprolétariat, ce produit passif de la pourriture des couches inférieures de la vieille société, il peut se trouver, çà et là, entraîné dans le mouvement par une révolution prolétarienne ; cependant, ses conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre à la réaction. Les conditions d’existence de la vieille société sont déjà détruites dans les conditions d’existence du prolétariat. Le prolétaire est sans propriété ; ses relations avec sa femme et ses enfants n’ont plus rien de commun avec celles de la famille bourgeoise ; le travail industriel moderne, l’asservissement de l’ouvrier au capital, aussi bien en Angleterre qu’en France, en Amérique qu’en Allemagne, dépouillent le prolétaire de tout caractère national. Les lois, la morale, la religion sont à ses yeux autant de préjugés bourgeois derrière lesquels se cachent autant d’intérêts bourgeois.

Toutes les classes qui, dans le passé, se sont emparées du pouvoir essayaient de consolider leur situation acquise en soumettant la société aux conditions qui leur assuraient leurs revenus propres. Les prolétaires ne peuvent se rendre maîtres des forces productives sociales qu’en abolissant leur propre mode d’appropriation d’aujourd’hui et, par suite, tout le mode d’appropriation en vigueur jusqu’à nos jours. Les prolétaires n’ont rien à sauvegarder qui leur appartienne, ils ont à détruire toute garantie privée, toute sécurité privée antérieure.

Tous les mouvements historiques ont été, jusqu’ici, accomplis par des minorités ou au profit des minorités. Le mouvement prolétarien est le mouvement spontané de l’immense majorité au profit de l’immense majorité. Le prolétariat, couche inférieure de la société actuelle, ne peut se soulever, se redresser, sans faire sauter toute la superstructure des couches qui constituent la société officielle.

La lutte du prolétariat contre la bourgeoisie, bien qu’elle ne soit pas, quant au fond, une lutte nationale, en revêt cependant tout d’abord la forme. Il va sans dire que le prolétariat de chaque pays doit en finir, avant tout, avec sa propre bourgeoisie.

En esquissant à grands traits les phases du développement du prolétariat, nous avons retracé l’histoire de la guerre civile, plus ou moins larvée, qui travaille la société actuelle jusqu’à l’heure où cette guerre éclate en révolution ouverte, et où le prolétariat fonde sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie.

Toutes les sociétés antérieures, nous l’avons vu, ont reposé sur l’antagonisme de classes oppressives et de classes opprimées. Mais, pour opprimer une classe, il faut pouvoir lui garantir des conditions d’existence qui lui permettent, au moins, de vivre dans la servitude. Le serf, en plein servage, est parvenu à devenir membre d’une commune, de même que le petit-bourgeois s’est élevé au rang de bourgeois, sous le joug de l’absolutisme féodal. L’ouvrier moderne au contraire, loin de s’élever avec le progrès de l’industrie, descend toujours plus bas, au-dessous même des conditions de vie de sa propre classe. Le travailleur devient un pauvre, et le paupérisme s’accroît plus rapidement encore que la population et la richesse. Il est donc manifeste que la bourgeoisie est incapable de remplir plus longtemps son rôle de classe dirigeante et d’imposer à la société, comme loi régulatrice, les conditions d’existence de sa classe.

Elle ne peut plus régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui. La société ne peut plus vivre sous sa domination, ce qui revient à dire que l’existence de la bourgeoisie n’est plus compatible avec celle de la société.

L’existence et la domination de la classe bourgeoise ont pour condition essentielle l’accumulation de la richesse aux mains des particuliers, la formation et l’accroissement du Capital ; la condition d’existence du capital, c’est le salariat. Le salariat repose exclusivement sur la concurrence des ouvriers entre eux. Le progrès de l’industrie, dont la bourgeoisie est l’agent sans volonté propre et sans résistance, substitue à l’isolement des ouvriers résultant de leur concurrence, leur union révolutionnaire par l’association. Ainsi, le développement de la grande industrie sape, sous les pieds de la bourgeoisie, le terrain même sur lequel elle a établi son système de production et d’appropriation. Avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables.

Explosion de la pauvreté en Allemagne

 

Explosion de la pauvreté en Allemagne dans Divers la-conference-nationale-de-lutte-contre-la-pauvrete_article_popin-300x167Les jeunes, les enfants et les mères seules au premier rang des miséreux dans le pays le plus riche d’Europe.

Le modèle économique allemand nous a été vanté sur tous les tons en France par les gouvernants, les « experts » et les médias. Or, la réalité est autre.

Le nombre de pauvres en Allemagne a augmenté dans les dix dernières années de 8 millions à 15 millions, une évolution qualifiée d’ « alarmante » par les auteurs de l’étude. Les conclusions de ce travail révèlent qu’une personne sur sept vit dans le pays le plus riche d’Europe avec moins du 60% du revenu médian.

Les couches les plus touchées  par la pauvreté sont « surtout  les jeunes adultes  et les enfants ». Le tableau est plus grave à l’Est du pays qu’à l’Ouest. Bien que vingt ans soient écoulés depuis l’intégration de la RDA, l’Est continue à être plus  touché par la pauvreté et le chômage avec 19% de la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté contre 13% à l’Ouest.

 « Un jeune sur quatre se trouve dans une situation de pauvreté » Sans ressources, les jeunes générations ont les plus grandes difficultés à terminer leurs études et à entrer ensuite sur le marché du travail.

Le chômage reste la principale cause de la pauvreté dans le pays, en raison de la difficulté de se réinsérer sur le marché du travail. Le faible taux d’emploi à temps plein des femmes avec enfants, dû au manque de places dans les crèches et dans les jardins d’enfants. En Allemagne, seulement  15% des enfants de moins de trois ans trouve une place dans une crèche. « Les familles monoparentales sont de loin les plus touchées, avec  40 % directement  menacées par la pauvreté. La pauvreté augmente avec le nombre d’enfants, malgré les aides accordées par l’Etat à partir du premier enfant.

Certains analystes établissent une comparaison avec la montée du chômage et de la misère dans les années 1930 ayant accouché du nazisme.

Les conditions de l’arrivée de Hitler au pouvoir, il y a 80 ans. « Donnez-moi quatre ans et vous ne reconnaîtrez plus l’Allemagne »

Nous reprenons ci-dessous l’analyse, remarquable synthèse, du camarade Herwig Lerouge, rédacteur en chef d’« Etudes marxistes », revue associée au Parti du travail de Belgique (extraite du n°101 – lien). vivelepcf.fr

Les conditions de l’arrivée de Hitler au pouvoir, il y a 80 ans. « Donnez-moi quatre ans et vous ne reconnaîtrez plus l’Allemagne » dans Communisme-Histoire- Théorie images180e anniversaire de la prise de pouvoir par Hitler

 

Le 30 janvier 1933, quand Hitler arrive au pouvoir, commence une ère de crimes contre l’humanité plus horribles les uns que les autres. En douze ans, les nazis ont mis sur pied une dictature sanglante, occasionné une guerre mondiale et la mort de 70 millions de personnes, planifié et exécuté un génocide à une échelle industrielle.

Dans sa déclaration gouvernementale du 1er février 1933, Hitler promettait au peuple allemand l’amélioration de la situation des travailleurs et des paysans ainsi que le maintien et la consolidation de la paix. « Donnez-moi quatre ans, et vous ne reconnaîtrez plus l’Allemagne », prophétisait-il (1). Après quatre ans de guerre, l’Allemagne, de même que l’Europe, ravagées, étaient en effet devenues méconnaissables.

On se demande comment le fascisme a pu arriver au pouvoir en Allemagne, qui en furent les responsables et comment empêcher son retour. Une connaissance scientifique des origines et de la nature profonde du fascisme renforce le combat d’aujourd’hui.

Un coup d’État légal

Le 30 janvier 1933, le président allemand Hindenburg nomme Premier ministre Adolf Hitler, le dirigeant du Parti national-socialiste allemand (nazi). Hindenburg était redevenu président en mars 1932. Les nazis proposaient Hitler. Le Parti du Centre soutenait le président sortant, le monarchiste Hindenburg. Le Parti socialiste allemand refusait de proposer un candidat commun avec le Parti communiste (KPD) et soutenait Hindenburg sous le mot d’ordre : « Battez Hitler — votez Hindenburg ». Le KPD menait campagne sous le mot d’ordre : « Voter Hindenburg, c’est voter Hitler. Voter Hitler, c’est voter pour la guerre ». Neuf mois plus tard, le président Hindenburg nommait Hitler. Même pas neuf ans plus tard, ce fut la guerre.

Le premier gouvernement de Hitler ne comptait que trois nazis, dont Hitler lui-même. Il n’était pas arrivé au pouvoir par une victoire électorale ni sur base d’une majorité parlementaire. Il n’osait même pas se présenter devant le Parlement, car il y était minoritaire. Il a préféré dissoudre le Parlement et organiser de nouvelles élections qui furent fixées au 5 mars.

Ce délai lui donna l’occasion de gouverner cinq semaines sans contrôle parlementaire. Il s’agissait d’un coup d’État légal, car la Constitution allemande de l’époque permettait au Président de dissoudre le Parlement ou de le suspendre temporairement.

Un régime de terreur

Le 4 février, Hindenburg prend une ordonnance d’urgence qui interdit toute critique du gouvernement, supprime la liberté de rassemblement et de presse du Parti communiste d’Allemagne (KPD) et d’autres organisations de gauche. Le KPD est alors engagé dans la campagne électorale.

Le 27 février, un anarchiste hollandais déséquilibré met le feu au Reichstag, le Parlement allemand. De nombreux historiens sont convaincus que l’incendie a en fait été provoqué par un détachement des Sections d’assaut (SA) nazies. Ce qui suit confirme la thèse de la provocation planifiée. Avant tout début d’enquête, la radio affirme que les communistes sont coupables. La même nuit, sur base de listes préparées à l’avance, plus de 10 000 communistes, socialistes, progressistes sont arrêtés. Toute la presse communiste et plusieurs journaux socialistes sont interdits. La liberté de la presse et de réunion sont suspendues.

Malgré cette répression, les élections ne donnent pas une majorité aux nazis ni une majorité des deux tiers au gouvernement de coalition dirigé par Hitler. Pour l’obtenir, le gouvernement radie les 81 mandats du KPD, sans qu’aucun parti ne proteste, même pas le Parti socialiste. Cela étant réglé, le Parlement vote la confiance et autorise ensuite le gouvernement Hitler à décréter des lois sans son autorisation. C’est en fait une autodissolution. Les socialistes votent contre la déclaration gouvernementale, mais jugent démocratiques les élections malgré la répression.

En deux ans, les nazis ont interdit les partis politiques, tué plus de 4 200 personnes, arrêté 317 800 opposants dont 218 600 ont été blessés et torturés. Le 20 mars 1933, le commissaire nazi à la police de Munich, Himmler, crée, dans les locaux d’une ancienne usine de poudre à Dachau, le premier camp de concentration destiné aux prisonniers politiques. Quarante autres suivront dans la même année.

J’ai des millions derrière moi

Hitler n’a donc pas été élu démocratiquement comme on l’entend souvent dire. En réalité, la décision de le nommer chancelier a été prise quelques semaines auparavant, le 3 janvier, dans la villa du banquier von Schröder. Jusque-là, les grands industriels et banquiers étaient divisés à son sujet.

À plusieurs reprises entre 1918 et 1923, les cercles les plus à droite de la classe dirigeante avaient tenté, par des coups d’État et une dictature militaire (le putsch de Kapp en 1920), de se débarrasser du système parlementaire, de supprimer les droits importants acquis par les travailleurs lors de révolution de novembre 1918 pour prendre ainsi leur revanche pour ce qu’ils y avaient perdu. Ces cercles s’appuyaient sur une partie de l’armée et sur les nombreuses organisations réactionnaires. L’une d’entre elles, le NSDAP (Parti national-socialiste des travailleurs allemands), avait en Bavière une influence locale certaine. Hitler avait été envoyé par l’armée comme informateur au sein de ce parti alors qu’il était encore militaire. De nombreux industriels voyaient déjà à cette époque dans le NSDAP une des organisations qui valaient la peine d’être soutenues. Ils l’ont financé.

Les hommes politiques de la bourgeoisie allemande avaient tiré les leçons de l’échec du putsch de Kapp de 1920 et de toutes les tentatives de mettre fin de manière violente à la république de Weimar. Vu l’organisation et la puissance du mouvement ouvrier allemand, il ne fallait plus tolérer à l’avenir de tentative de putsch. En 1923, le patron sidérurgiste Stinnes disait à l’ambassadeur américain : « Il faut trouver un dictateur qui aurait le pouvoir de faire tout ce qui est nécessaire. Un tel homme doit parler la langue du peuple et être lui-même un civil ; nous avons un tel homme (2). »

Avec la crise économique de 1929, ces mêmes cercles ont décidé de miser sur le parti de Hitler qui a reçu de leur part un soutien accru. Sans leurs millions, Hitler ne serait jamais devenu aussi important. Ils ont mis à sa disposition leurs hangars désaffectés qu’il a transformés en une version nazie de l’Armée du Salut. Des malheureux sans travail pouvaient s’y retrouver pour une assiette de soupe et un lit pour la nuit. Avant qu’ils s’en rendent compte, on leur avait collé sur le dos un uniforme et ils défilaient au pas de l’oie derrière le drapeau nazi. Durant la campagne présidentielle de 1932, les nazis ont collé des millions d’affiches, imprimé douze millions de numéros spéciaux de leur torchon de journal et organisé 3 000 meetings. Pour la première fois, ils ont fait usage de films et de disques. Hitler utilisait un avion privé pour se rendre d’un meeting à l’autre. En 1932, le parti nazi comptait des milliers de permanents et l’entretien des SA (sections d’assaut), à lui seul, coûtait deux millions de marks par semaine. Qui payait tout cela ? Certainement pas les membres sans travail du parti nazi…

Aux élections fédérales de septembre 1930, le NSDAP devient le deuxième parti avec plus de 6 millions de voix. Des représentants de premier ordre de la classe dirigeante s’expriment en faveur de la formation d’un gouvernement avec lui. Hitler est invité à exposer ses idées devant des cercles de grands capitalistes et plusieurs d’entre eux adhèrent au parti. Le directeur de la firme Siemens, Carl Friedrich von Siemens, prononce le 27 octobre 1931 un discours devant des membres importants de la finance américaine, pour dissiper les craintes que suscite une éventuelle montée au gouvernement des nazis. Il insiste surtout sur la volonté des nazis d’éradiquer le socialisme en Allemagne. Le 26 janvier 1932 au Düsseldorfer Industrieklub, Fritz Thyssen, le magnat de la sidérurgie, organise devant plus de cent grands patrons une conférence de Hitler, durant laquelle celui-ci assure que son mouvement voit dans la propriété privée le fondement de l’économie allemande et que son but principal est d’éradiquer jusqu’à la racine le marxisme en Allemagne.

Vite avant qu’il ne soit trop tard

Mais il faudra encore une année avant que ces patrons confient la chancellerie à Hitler. Ils avaient peur de la réaction du mouvement ouvrier. De plus, ils se livraient de violentes luttes de pouvoir, chacun voulant prendre la direction de la dictature en devenir.

Mais lors des élections fédérales du 6 novembre 1932, le Parti communiste d’Allemagne accroît fortement son influence parmi les travailleurs au détriment du Parti socialiste qui perd de plus en plus son emprise sur la classe ouvrière. Le capital craint un soulèvement révolutionnaire. Le NSDAP perd deux millions de voix. Un déclin plus important du parti risque de ruiner tous les espoirs du grand patronat. Ils mettent leurs querelles internes au vestiaire et décident de confier plus rapidement le pouvoir au parti de Hitler.

Le 19 novembre, des banquiers, de grands industriels et de grands propriétaires terriens demandent au président Hindenburg de nommer Hitler à la chancellerie. La rencontre entre le Premier ministre en exercice von Papen et Hitler dans la villa du banquier von Schröder le 4 janvier 1933 a scellé les arrangements qui ont conduit au 30 janvier 1933.

Certains patrons ont encore des doutes sur la capacité d’Hitler à contrôler son arrière-ban, chauffé par des discours démagogiques contre le grand capital. Mais Hitler les rassure. Le 20 février 1933, il reçoit le gratin du grand capital allemand. L’aile dite anticapitaliste du parti, qui avait cru à la démagogie de Hitler et pensait que les nazis prendraient aussi des mesures contre le grand capital, est éliminée. Pendant la nuit des longs couteaux, le 30 juin 1934, Hitler fait assassiner 1 000 cadres de ses propres sections d’assaut (SA).

Ce sont les Thyssen, Krupp, Siemens et autres qui ont déterminé la politique économique de Hitler. Il suffit de voir la composition du Haut comité économique sous le gouvernement nazi. Nous y trouvons Gustav Krupp von Bohlen, roi de l’industrie d’armement, Fritz Thyssen, baron de l’acier, C. von Siemens, roi de l’électricité, Karl Bosch, de l’industrie des colorants.

Le gouvernement Hitler bloque les salaires au niveau très bas de 1932, où ils étaient arrivés en raison de la crise. Les travailleurs sont privés de tous leurs droits et menacés d’emprisonnement dans un camp de concentration en cas de grève.

La loi nazie du 15 mai 1934 limite la liberté de changer d’employeur. Un livret de travail est introduit en février 1935. Sans ce document, aucun travailleur ne peut être engagé. Tout comme en Belgique au 19e siècle, un ouvrier qui désire travailler ailleurs peut en être empêché par son patron si celui-ci détient son livret de travail.

Le fascisme a porté la logique du capitalisme jusqu’à sa pire extrémité. La recherche de la compétitivité mène à une spirale descendante des salaires et des acquis sociaux. Le fascisme a porté la compétitivité des usines allemandes à des sommets jamais atteints. Dans les camps de travail, le coût salarial et les charges sociales sont quasiment réduits à zéro. Parmi les entreprises qui rivalisent pour obtenir la plus grande quantité possible de main-d’œuvre en provenance des camps de concentration, on retrouve le gratin du grand capital. Afin d’épargner leurs frais de transport, plusieurs firmes construisent leurs usines dans les environs immédiats des camps.

Le problème du chômage est résolu en envoyant une partie des chômeurs dans l’armée, une autre dans les usines d’armement. Les deux parties sont ainsi obligées de préparer leur propre mort et celle de dizaines de millions d’autres.

Une catastrophe évitable

Parler de la « facilité » avec laquelle le fascisme a gagné la victoire en 1933 est faux. Le combat que la classe ouvrière d’Allemagne a livré à l’extrême droite en marche a duré quinze années avant que la dictature fasciste ne puisse être instaurée ; dans cette lutte, des dizaines de milliers d’ouvriers ont perdu la vie sous les balles de l’ennemi et, si finalement ils n’ont pas pu empêcher l’établissement de la dictature fasciste, ce ne fut pas par suite de la supériorité du fascisme, mais bien seulement parce que l’action des travailleurs a été paralysée par certains de leurs dirigeants. Selon le grand historien allemand, Kurt Gossweiler, spécialiste du fascisme, cette catastrophe aurait pu être enrayée, mais seulement par le mouvement ouvrier en front uni, par le combat de masse uni de tous les antifascistes, y compris par des luttes extraparlementaires.

Le Parti communiste allemand était la seule force politique à opposer au fascisme une hostilité irréconciliable. Il a sans doute sous-estimé trop longtemps le danger, mais une fois qu’il en a pris conscience, il était prêt à mobiliser tous les moyens et toutes les forces nécessaires pour empêcher la prise de pouvoir des fascistes. Mais il n’était pas assez fort pour soulever seul les travailleurs, sans et contre la direction socialiste. Sans doute aurait-il pu faire plus d’efforts et plus tôt pour créer un front avec les travailleurs socialistes. Mais il est fort douteux que la réponse de la direction du Parti socialiste à cet effort aurait été positive.

Dans la période de préparation de la dictature fasciste, les dirigeants de l’aile droite de la social-démocratie ont joué un rôle très négatif. La classe ouvrière est précipitée dans une misère indescriptible. Le gouvernement du socialiste Müller a mis en œuvre dès le début de la crise de 1929 une politique antiouvrière et procapitaliste draconienne : en 1929, les capitalistes obtiennent 1,37 milliard de marks de diminutions d’impôts. Les impôts (indirects surtout) et les taxes qui frappent la masse de la population augmentent : les taxes sur les produits de première nécessité augmentent de 2 milliards de marks en 1929. Ce gouvernement a voté un plan qui supprime ou diminue les allocations de chômage pour 1,2 million de chômeurs. Le nombre d’exclus des allocations de chômage augmente de 500 000 en 1927 à plus d’un million en 1930. En janvier 1930, 80 % des sans-travail bénéficient de l’allocation de chômage. En décembre de la même année, ils ne seront plus que 57 %.

De « moindre mal » en « moindre mal » jusqu’à Hitler

En mars 1930, la droite fait exclure les socialistes du gouvernement national. Arrive le gouvernement Brüning du Parti du centre, qui fait de « l’assainissement des finances publiques » son point de programme principal. Au nom du « moindre mal », c’est-à-dire pour « éviter le fascisme », la social-démocratie abandonne son opposition parlementaire au gouvernement Brüning. Elle décide de « tolérer » le gouvernement et de voter contre toute motion de méfiance au parlement.

En novembre 1931, le gouvernement décide même une diminution de 10 à 15 % des revenus, l’annulation des conventions collectives existantes, le retour des salaires au niveau du 10 janvier 1927, la suppression du droit de grève, la diminution des allocations sociales et l’augmentation des cotisations, le report d’un an des élections sociales et la proclamation de l’état d’exception. Dans les faits, cette ordonnance signifiait une diminution réelle des revenus de 27 à 29 % et elle conduisait pratiquement à la suppression des droits démocratiques des travailleurs. Tout en la dénonçant dans sa presse, le PSA permet par l’abstention de ses députés le vote de cette ordonnance.

Les dirigeants socialistes s’en prennent plus souvent aux communistes qu’aux fascistes. Le premier mai 1929, le chef socialiste de la police de Berlin interdit les manifestations et fait tirer sur les 200 000 ouvriers qui manifestent quand même. Il tue 33 manifestants. Il interdit le journal du KPD et le 3 mai le ministre socialiste de l’Intérieur de Prusse interdit le Front rouge des combattants, l’organisation d’autodéfense antifasciste du KPD.

Au cours de 1930, plus de 80 antifascistes sont assassinés par les SA, les troupes de choc des nazis. Un climat de violence s’étend sur toute l’Allemagne. Mais Hitler joue le politicien respectable, soucieux de la légalité. Le PSA est tout prêt à le croire. Le journal socialiste Vorwärts du 3 décembre 1931 écrit : « Si on était sûr qu’une fois en place les nationaux-socialistes observeront les règles du jeu démocratique qu’ils prétendent suivre pour accéder au pouvoir, alors nous serions tout prêts à les laisser entrer au gouvernement et aujourd’hui plutôt que demain. »

Même face à la menace directe du fascisme, ils ont refusé de s’allier aux communistes. Quand en mai 1932 la droite au pouvoir à Berlin a destitué le gouvernement socialiste minoritaire de Prusse, le seul gouvernement régional socialiste restant, la direction du PSA a protesté verbalement, mais s’est soumise. Elle a taxé de « provocation » la proposition communiste d’appeler ensemble à la grève générale.

Pourtant, la droite et les fascistes n’étaient pas de taille à affronter une résistance active du PSA, de son organisation de lutte Reichsbanner, du syndicat, du KPD et du FRC (3). Juillet 1932 était probablement la dernière chance d’empêcher le fascisme d’arriver au pouvoir. Le nazi Goebbels disait à ce moment : « Les rouges ont laissé passer la grande occasion. Elle ne reviendra plus (4). »

Le 30 janvier 1933, les dirigeants socialistes rejettent à nouveau l’offre de grève générale du KPD. Aussi longtemps que Hitler « ne violait pas la constitution », ils ne voulaient pas se battre. Il fallait attendre les élections du 5 mars. Même la terreur contre les communistes et certains socialistes après l’incendie du Reichstag n’a pas changé leur position.

Encore en mars 1933, le chef des syndicats socialistes, Leipart, offre sa collaboration à Hitler : « Les syndicats sont prêts… à entrer en collaboration permanente avec des organisations patronales. Le contrôle par l’État (fasciste, ndlr) d’une telle collaboration, pourrait en certaines circonstances, en augmenter la valeur et en faciliter le fonctionnement… », dit-il (5).

Le 1er mai 1933, les nazis et les patrons appellent les ouvriers à participer en masse aux manifestations organisées par le régime. Les dirigeants syndicaux boivent le calice de la honte jusqu’à la lie et se joignent à cet appel. Cela ne leur sert à rien. Le lendemain, les principaux dirigeants syndicaux sont arrêtés et les biens des syndicats confisqués.

Mais le PSA va encore plus loin. Le 17 mai, les députés sociaux-démocrates votent pour la « révolution pacifique » de Hitler au Reichstag. Il s’agissait d’une exigence de révision du Traité de Versailles visant à lever toute barrière aux visées expansionnistes allemandes. Cette servilité ne rapporte rien non plus au PSA. Le 22 juin 1933, le gouvernement de Hitler interdit toute activité politique au PSA. Un nombre considérable de fonctionnaires socialistes et syndicaux, dont le tristement célèbre ministre de l’Intérieur de Prusse, Severing, n’hésitent pas à passer aux nazis.

En 1935, Georges Dimitrov, le dirigeant de l’Internationale communiste dira : « La victoire du fascisme était-elle inévitable en Allemagne ? Non, la classe ouvrière allemande pouvait la conjurer. Mais, pour cela, elle aurait dû obliger les chefs de la social-démocratie à cesser leur campagne contre les communistes et à accepter les propositions répétées du Parti communiste sur l’unité d’action contre le fascisme. Elle aurait dû répondre par une véritable lutte de masse, qui eût entravé les plans fascistes de la bourgeoisie allemande (6). »

Pour en savoir plus sur les origines du fascisme, sur les forces qui l’ont porté au pouvoir, sur la résistance, voici quelques sources :

Kurt Gossweiler, « Hitler, l’irrésistible ascension ? », Études marxistes, 67-68/2004.

Kurt Gossweiler, « L’économie allemande en 1933-1934 : De la crise mondiale au redressement », Études marxistes, 65/2006.

Herwig Lerouge, « Sans la trahison du parti socialiste allemand, le fascisme n’aurait jamais triomphé en Allemagne », Études marxistes, 15/1992.


1 – Voir notamment Thierry Feral, Le nazisme en dates (novembre 1918-novembre 1945), Éditions L’Harmattan, 2010, p. 173

2 – Kurt Gossweiler, « De Weimar à Hitler : les causes de l’avènement de la dictature fasciste », Études marxistes, no 67-68, p. 18

3 – Front rouge des combattants, l’organisation de lutte du KPD

4- Baay, « Der andere 20 Juli », Die Zeit, no 29, 21 juillet 1972

5- Françoise Knopper, Gilbert Merliop, Alain Ruiz, Le National socialisme, une révolution ?, Presses Universitaires du Miral, p. 156.

6 – Georges Dimitrov, « Le fascisme et la classe ouvrière », Œuvres choisies, Éditions sociales, 1972, p. 48

Raffinerie Pétroplus : l’exigence de nationalisation monte !

Article Vivelepcf, 18 avril 2013

Raffinerie Pétroplus : l’exigence de nationalisation monte ! dans APPELS index1Aucune des offres de reprise, certaines improbables (Libye…), n’a été retenue par le Tribunal de commerce de Rouen (NB : les juges des tribunaux de commerce sont des patrons élus par des patrons…).

Doit-on se résigner à ce que la raffinerie Pétroplus de Petit-Couronne soit démantelée, les 470 emplois supprimés ? Pour Arnaud Montebourg, la réponse est OUI : « l’Etat ne fait pas des miracles » (RTL, 18/04/2013). Pour la CGT de Petit-Couronne, comme pour nous communistes, la réponse est NON : « Il faut nationaliser ».

En 2010, Total liquidait sa raffinerie de Dunkerque. En 2011, Pétroplus déjà liquidait la raffinerie de Reichstett dans le Bas-Rhin. En fait, à Petit-Couronne comme à Reichstett, le modeste groupe suisse effectue la sale besogne pour le compte de la puissante multinationale Shell qui s’est désengagée de France en 2008. A Berre-l’Etang dans les Bouches-du-Rhône, une autre ancienne raffinerie de Shell est en arrêt, menacée de fermeture définitive par son repreneur américain Lyondell Basell.

La suppression en l’espace de 4 ans de 30% de capacité de raffinerie française correspondrait-elle à une fatalité économique ? Tout au contraire !

Le pays se retrouve incapable de satisfaire ses propres besoins dans nombre de produits dont le gazole, encore moins de fournir des pays dépourvus de cette industrie. Au total la capacité de raffinerie, après la fermeture de Grand-Couronne et de Berre, est tombée à 70,5 millions de tonnes pour une consommation nationale de pétrole brut de 83 millions de tonnes en 2011 (77,3 de produits raffinés).

Et il ne s’agit pas « canards boiteux » dont se débarrassent les grands trusts pétroliers mais d’usines de pointe dotées d’un personnel hautement qualifié. Leur seul objectif, c’est de se reconcentrer sur des activités plus rentables encore, de laisser le raffinage à des sous-traitants, si possible dans certains pays étrangers où existent des conditions financières avantageuses, à divers titres.

Considérant tous ces éléments, pour éviter ce gâchis humain et économique, la CGT de Petit-Couronne a raison d’interpeler directement le gouvernement : « il faut nationaliser ».

L’intervention de l’Etat a déjà été massive, mais dans le mauvais sens.

Le ministre Montebourg n’a pas lésiné dans les déplacements et les discours pour en définitive faire accepter au pays la casse de Petit-Couronne.

Depuis des années, les gouvernements successifs font le jeu des trusts pétroliers. La privatisation d’Elf, le désengagement de l’Etat de Total, au fil des années 90, ont fait de l’ensemble unifié la première pompe à dividendes du CAC 40. Sur 8 à 12 milliards d’euros de profits annuels, Total ne paie même pas le tiers du taux normal d’impôt sur les sociétés avec ses montages à l’étranger. Autant dire que de l’argent, il y en a !

Petit-Couronne, Berre : les capitalistes préfèrent saccager l’outil industriel pour maximiser leur profit. On ne peut pas laisser faire ! Il appartient aux ouvriers, au pays.

Dans le secteur clé de l’économie qu’est l’énergie, la nationalisation (sans indemnisation puisqu’il s’agit quasiment de biens vacants) s’impose, d’abord immédiatement celle de ces deux sites, ensuite de l’ensemble de l’activité de raffinerie, passage obligé de toute l’activité pétrolière, ensuite encore, de toute l’énergie.

PSA prêt à racheter 10% de ses propres actions : plus que jamais nationaliser !

Article Vivelepcf, 20 avril 2013

PSA prêt à racheter 10% de ses propres actions : plus que jamais nationaliser ! dans APPELS cgtaulnayLa direction du groupe PSA Peugeot-Citroën a mis à l’ordre du jour de l’assemblée annuelle des actionnaires, le 24 avril prochain, le rachat de 10% des actions de son propre capital.

Soi-disant dans le « rouge », PSA trouve 340 millions d’euros, non pas pour maintenir l’appareil de production en France, encore moins pour investir, mais pour enrichir les actionnaires et faire remonter à terme le cours en bourse.

C’est proprement scandaleux, alors que 8.000 salariés doivent être mis sur le carreau !

Entre 1999 et 2011, PSA avait déjà distribué au total 3 milliards d’euros à ses actionnaires sous forme de rachats d’actions et autant en dividendes, dont 450 millions en 2011, pourtant année de « crise ».

La vérité éclate encore un peu plus nettement :

PSA utilise et exagère la crise pour accélérer aujourd’hui les restructurations, les suppressions de site industriel et d’emploi en France, les délocalisations, pour maximiser ses profits de demain.

Pour 2012, son bilan comptable affiché, « catastrophique », révèle de manipulations comptables grossières. Sur 5,0 milliards d’euros de pertes affichées, 4,7 sont le résultat de « dépréciations d’actifs ».

Les ventes mondiales de PSA ont certes reculé en 2012, à 3 millions de véhicules contre 3,4 millions en 2007, mais partant de niveau record depuis plusieurs années. Et l’essentiel du recul est dû au désengagement politique du marché iranien, suite à l’accord avec le groupe américain General Motors : 300.000 véhicules vendus en moins entre 2011 et 2012. Peu le savent, le marché iranien était le premier marché étranger de PSA.

Notons que PSA retarde aussi la sortie de nouveaux modèles.

Les forces existent pour empêcher cette politique de casse industrielle.

Avec courage et détermination, des centaines d’ouvriers de l’usine Citroën d’Aulnay, sous la conduite de la CGT, poursuivent une grève depuis plusieurs semaines pour « qu’aucun PSA ne se retrouve au pôle emploi ». Pour limiter l’incendie, la direction réprime d’un côté et négocie de l’autre des reclassements avec les syndicats d’accompagnement « majoritaires » (CFDT et syndicat maison). Ceux-ci tentent de récupérer à leur compte le résultat de l’action des grévistes.

Le gouvernement déploie toute son énergie dans le même sens d’aménagement du plan de suppressions d’emploi, par exemple en réservant des embauches dans les entreprises publiques aux ex-Citroën. Ce n’est pas cela qui diminuera le chômage !

Pendant ce temps, la direction de Renault profite du climat instauré avec le plan de PSA pour faire passer, en collaboration avec les syndicats d’accompagnement (CGC, FO, CFDT), son propre nouveau plan de « compétitivité », en réalité de suppressions de 7500 postes d’ici 2016 (sans licenciement) et d’augmentation de 6,5% du temps de travail, contre des promesses de maintien d’un niveau minimum de production en France. Le ministre Montebourg donne sa bénédiction à cet accord.

Partout, le rapport de force est tangent.

D’un côté, les grévistes de PSA reçoivent une large solidarité. La colère et la mobilisation des ouvriers de Citroën-Rennes ou de Renault Flins ne se démentent pas. Les manifestations contre les accords gouvernement/Medef/CFDT de flexibilisation du marché du travail ont marqué l’amorce d’une reprise des grandes mobilisations de 2009 et 2010, de convergences de lutte.

Mais de l’autre côté, les voies de l’accompagnement et de la résignation continuent de l’emporter.  Le gouvernement met toute son action politique et économique, des numéros de bateleur de Montebourg aux nouvelles aides financières directes, pour les faire prévaloir.

La nécessité d’une perspective alternative à la hauteur de l’attaque globale contre l’industrie automobile en France, de mots d’ordre d’ensemble, justes et réalistes, s’impose de plus en plus.

La nationalisation de PSA et la renationalisation intégrale de Renault, entreprises structurantes du secteur, devraient d’autant plus être à l’ordre du jour que l’intervention du gouvernement est massive. Les aides publiques attribués aux licencieurs se multiplient depuis des années, des milliards d’euros. Le gouvernement a accordé une garantie financière à la banque du groupe PSA à hauteur de 7 milliards d’euros en octobre 2012 (normalement en échange de l’absence de versement de dividendes ou de rachats d’actions – on va voir…).

La direction de PSA, avec son projet de rachat de 10% de ses propres actions finit de se disqualifier aux yeux du pays. Actuellement, la valeur boursière de PSA est au plus bas, 3,4 milliards d’euros. C’est bien moins que ce que représenterait la restitution des aides publiques détournées vers les actionnaires.

La revendication de la nationalisation de PSA et RENAULT! Oui tout de suite !

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