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Nicolas Maduro élu président du Venezuela au 1er tour, avec 50,66% des voix! Après le défi démocratique, le nouveau défi socialiste.

Vivelepcf, 15 avril 2013

La bourgeoisie vénézuélienne n’a pas réussi à utiliser la mort d’Hugo Chavez pour renverser le cours de la Révolution bolivarienne.

Nicolas Maduro élu président du Venezuela au 1er tour, avec 50,66% des voix! Après le défi démocratique, le nouveau défi socialiste. dans Communisme-Histoire- Théorie 130415_maduroLa candidature de Nicolas Maduro, vice-président de Chavez, issu de son parti, le Parti socialiste unifié (PSUV), a emporté l’élection présidentielle du 14 avril 2013, au 1er tour, avec 50,66% des suffrages exprimés.

Ce résultat offre les conditions de la poursuite au Venezuela de la politique de justice sociale et d’approfondissement de la construction du socialisme entamée depuis l’arrivée de Hugo Chavez au pouvoir en 1999. Cette victoire constitue également un point d’appui fort pour tous les gouvernements et  organisations progressistes d’Amérique latine et du monde entier, en lutte contre l’impérialisme, à la mesure du rayonnement de l’expérience vénézuélienne ces dernières années, conjuguée à celle de Cuba.

Nous transmettons nos félicitations et remerciements chaleureux à nos camarades du Parti communiste du Venezuela, l’un des piliers politiques de la « Révolution bolivarienne ».

A nouveau, le pouvoir socialiste vénézuélien a relevé le défi démocratique. Il l’emporte, de façon incontestable, par les urnes,  malgré le poids des médias bourgeois, les pressions financières des oligarchies intérieures et extérieures. Ce n’est pas encore cette fois que les contempteurs de la « dictature chaviste », de là-bas comme de France (de droite ou de « gauche ») trouveront de quoi étayer leurs accusations diffamatoires.

Le principal candidat des partis bourgeois, Henrique Capriles, obtient 49,07% des voix, en progression de 4% sur les élections de l’an dernier. Ce résultat est potentiellement inquiétant. La bourgeoisie, et l’impérialisme américain avec elle, conservent une position économique prédominante. Au fil des années, ils ont affiné leur stratégie revancharde, renonçant au renversement brutal du régime. Le sabotage économique s’est fait plus insidieux, mais aussi redoutablement plus efficace. Faisant la part des choses, certains politiciens n’hésitent pas à reprendre à leur compte les avancées sociales arrachées avec Chavez. Chavez malade, puis Chavez mort, ils s’évertuent à personnifier sa politique pour mieux la dissocier du processus révolutionnaire qu’il a enclenché et qui doit continuer.

Nicolas Maduro n’est pas banquier mais chauffeur de bus. Il a accompagné toutes les étapes de l’action politique émancipatrice impulsée par Chavez. Avec l’appui populaire, avec le renforcement des partis politiques révolutionnaires, en coopération avec les expériences de résistance et de lutte des autres peuples de la région, nous ne doutons pas qu’il saura prolonger l’œuvre politique de son glorieux prédécesseur : Relever le défi du socialisme.

C’est l’avenir que nous souhaitons au peuple vénézuélien !

Pour les plus riches, nul besoin de frauder ou de s’exiler pour payer moins d’impôts.

http://www.monde-diplomatique.fr/2013/02/SPIRE/48761

Enquête derrière les guichets de l’administration fiscale

Comment contourner l’impôt sans s’exiler

Pour les plus riches, nul besoin de frauder ou de s’exiler pour payer moins d’impôts. dans Nous dénonçons imagescagy0abv Une enquête de plusieurs années derrière les guichets du Trésor public vient de dévoiler les mécanismes permettant aux contribuables les plus aisés de profiter soit de la mansuétude de certains agents du fisc, soit du manque de moyens de l’administration fiscale. L’auteur en résume ici les résultats.

par Alexis Spire, février 2013

Un centre des impôts dans le département du Nord. Une femme algérienne d’une cinquantaine d’années, parlant français avec un fort accent, se présente au guichet en brandissant sa taxe d’habitation : « Moi, j’ai 300 euros de RMI [revenu minimum d’insertion], et on me demande 269 euros de taxe d’habitation ! » Impassible, le contrôleur lui rétorque : « Là, c’est lié au fait que votre fille habite chez vous… Comme elle a perçu des revenus, vous perdez l’exonération de la taxe d’habitation que vous aviez l’année dernière. » L’incompréhension demeure : « Mais ça, c’est son salaire, je ne touche pas à son salaire [elle est médiatrice dans le métro]  ! Ma fille, c’est pour la dépanner, et moi, je n’ai pas l’argent pour payer. Déjà, j’ai plein de dettes, l’huissier qui vient chez moi… » « Au plan contentieux, vous n’avez plus droit à une exonération, mais vous pouvez demander un étalement des paiements », tranche le contrôleur (1).

Quelques mois plus tard, dans le même centre des impôts, qui couvre aussi un secteur huppé, le service de fiscalité immobilière reçoit un couple de contribuables au titre de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Les deux retraités se présentent spontanément. Ils sont munis de la déclaration qu’ils viennent de remplir, et qui comporte la liste de leurs biens immobiliers : une habitation principale de deux cent cinquante mètres carrés dans une ville cossue du Nord (325 000 euros) et deux résidences secondaires, de quatre-vingt-deux et soixante mètres carrés, évaluées respectivement à 50 000 et 15 000 euros. « Vous allez être étonnée du prix des maisons, mais c’est un très vieux village, justifie la dame face à la contrôleuse. Il y a des termites, c’est invendable parce que c’est inhabitable l’hiver, donc on l’a évalué en conséquence. » Son mari poursuit : « Avant, j’étais fonctionnaire dans l’administration forestière, ce qui explique que je possède aussi un groupement forestier de cent trente-quatre hectares, que j’ai évalué à 30 000 euros, et j’ai ajouté les quatre-vingt-quatre hectares de vignes que nous possédons en Bourgogne. C’est une vigne de cinquante ans que j’ai gardée car ça venait de la famille, mais ça ne vaut rien. Je ne trouverai aucun amateur pour l’acheter, donc je l’ai évaluée à 800 euros, à titre symbolique. » Après avoir tapé plusieurs opérations sur sa calculette, la contrôleuse relève le nez : « Je vais vous envoyer par écrit la notification de la somme totale, qui inclut les intérêts de retard et la majoration de 10 %. Ces pénalités sont dans le code général des impôts, on est obligés de vous les notifier, mais, en pratique, si vous faites un courrier de réclamation, on vous les enlèvera », explique-t-elle, conciliante.

Ces deux scènes invitent à considérer le problème de l’égalité sociale devant l’impôt sous un jour nouveau : les avantages dont jouissent les classes dominantes ne se mesurent pas seulement à l’aune de barèmes ou de taux d’imposition ; ils s’étendent aussi aux occasions dont disposent les plus fortunés de contourner la législation.

Pour les classes populaires, il n’y a que deux moyens d’échapper à la règle fiscale : la transgresser ou demander sa suspension de manière gracieuse. En haut de l’échelle sociale, on développe d’autres stratégies : la première consiste à adopter la nationalité d’un pays où la fiscalité est plus avantageuse et/ou à y résider ; la seconde, bien plus répandue, à subvertir le droit à son profit, tout en affichant sa loyauté à l’égard de l’Etat.

Il faut rompre avec la fausse opposition entre l’« optimisation » — le fait d’essayer de tirer le meilleur parti du droit fiscal — et les pratiques illégales. Comme pour le délit d’initié sur les marchés boursiers, il existe une continuité entre la dissimulation tolérée et le maquillage frauduleux, entre le bénéfice légal d’une disposition dérogatoire et l’irrégularité caractérisée. La particularité des classes dominantes réside précisément dans leur rapport relativiste à la règle. Elles partagent une double certitude : les règlements sont nécessaires au bon fonctionnement de la société, mais elles-mêmes doivent pouvoir s’en affranchir.

Partie de poker

S’agissant de la taxe d’habitation — dont le montant est fixé indépendamment des ressources —, le mode de calcul et de prélèvement laisse par exemple peu de place à d’éventuelles stratégies : chaque personne occupant un logement au 1er janvier de l’année concernée y est assujettie, qu’elle soit propriétaire, locataire ou hébergée à titre gratuit. Quant à la redevance audiovisuelle (passée de 125 euros en 2012 à 131 euros cette année), la seule possibilité d’y échapper est de déclarer n’avoir pas de téléviseur. Jusqu’en 2005, deux populations bien distinctes étaient concernées. D’un côté, des ménages possédant un appareil sans que l’administration en ait connaissance (11 % des fraudes) ; de l’autre, les propriétaires d’une résidence secondaire équipée d’un téléviseur, mais « omettant » de le déclarer (66 %) (2). En adossant le recouvrement de la redevance à celui de la taxe d’habitation, la loi du 30 décembre 2004 affichait comme objectif une « simplification du mode de perception ». Mais, sous couvert de rationalisation, les députés ont en fait choisi de redéployer la lutte contre la fraude en reformulant les priorités : ils ont supprimé purement et simplement l’obligation de paiement d’une deuxième redevance pour les propriétaires d’une résidence secondaire, et renforcé les contrôles sur les foyers n’ayant rien déclaré.

A l’inverse, les impôts qui frappent prioritairement les ménages les plus aisés offrent des possibilités beaucoup plus variées de contournement et de transgression. Ainsi, la fiscalité immobilière repose, pour une large part, sur des bases déclaratives que les agents ne peuvent contrôler de façon irréfutable. Cette impossibilité de connaître avec précision l’étendue des patrimoines les contraint à privilégier une gestion conciliante des illégalismes en matière d’ISF : « On ménage [les assujettis à l’ISF], nous expliquait une contrôleuse en fiscalité immobilière. On commence par leur téléphoner pour les prévenir, puis on leur envoie une relance amiable. Ensuite, s’ils ne nous répondent pas, on leur adresse une proposition de rectification, et, s’ils ne se manifestent toujours pas, on leur envoie une deuxième relance en recommandé avec accusé de réception… Mais on préfère éviter la procédure de taxation d’office, car sinon on est obligés de tout notifier, et ils vont tout de suite savoir ce qu’on sait et ce qu’on ne sait pas. »

Le choix de la conciliation ne résulte donc pas d’une quelconque mansuétude de la part de cette contrôleuse très attachée au principe de l’égalité devant l’impôt : sa propension à ménager ces contribuables tient davantage à l’insuffisance des moyens dont elle dispose. Ses collègues et elle comparent souvent leur activité à une partie de poker : lancer un contrôle revient à abattre leurs cartes et à dévoiler au contribuable tout ce que l’administration sait, mais aussi tout ce qu’elle ignore. Pour entretenir une certaine ambiguïté sur ce qu’ils connaissent de l’étendue des patrimoines, ils préfèrent le plus souvent s’en remettre aux déclarations. Une fois la liste des biens établie, ils doivent contrôler leur valeur, mais les moyens mis à leur disposition sont limités. Pour chaque bien sous-évalué, il leur faut trouver au moins trois termes de comparaison, ce qui suppose des investigations longues et fastidieuses.

A l’absence de référence fiable pour estimer la valeur d’un bien immobilier s’ajoute l’impossibilité d’y pénétrer, au nom du respect de la propriété privée. Dès lors, le contribuable peut facilement contester l’évaluation du contrôleur en arguant du caractère détérioré, voire délabré, de l’intérieur de sa propriété. En revanche, pour la redevance audiovisuelle, la contrainte sur l’assujetti est plus forte : le refus de laisser l’agent de l’administration constater de visu l’absence de téléviseur conduit à perdre l’exonération. Ainsi, tandis que les services de la redevance audiovisuelle se rendent régulièrement sur place pour vérifier la véracité des déclarations de ceux qui disent ne pas avoir de télévision, les contrôleurs de l’ISF renoncent la plupart du temps à se déplacer, considérant les éventuels redressements comme trop faibles par rapport au temps passé à les établir. Dans un cas, la pratique du contrôle revêt une dimension morale (« remettre les gens dans le droit chemin ») ; dans l’autre, le renoncement se justifie au nom de la rentabilité : lorsqu’il s’agit de contribuables aisés, le contrôle n’est engagé que si les sommes exigées sont plus élevées que le coût induit pour l’administration.

Autre entrave à l’activité de contrôle des agents : la diversité des ressources des classes dominantes. Leur fortune se compose le plus souvent de revenus salariaux, de revenus fonciers, de capitaux mobiliers et d’un patrimoine établi dans différents lieux. Or les services fiscaux peinent à se coordonner entre eux et à échanger des informations avec d’autres administrations. Tandis que l’intensification de la surveillance des allocataires de minima sociaux a donné lieu à un rapprochement des organismes de contrôle (lire « Du souci de la justice à la surveillance des pauvres »), la vérification des hauts revenus et des patrimoines reste en butte à la dispersion des informations et des outils permettant de les obtenir. Si les dossiers des plus fortunés doivent en principe être vérifiés tous les trois ans, il s’agit en pratique de procédures routinisées qui débouchent rarement sur d’importants redressements, faute de moyens d’investigation adaptés. On retrouve là un cas exemplaire de ce que le sociologue Pierre Bourdieu qualifie de « mauvaise foi de l’institution » (3) : par une sorte de « double jeu », l’Etat réaffirme en permanence sa vocation à être intransigeant envers les transgressions des plus fortunés, tout en acceptant que ses agents soient matériellement empêchés de poursuivre de tels objectifs.

Au sein de l’administration fiscale, la division de chaque structure locale entre le service des impôts des entreprises, celui des revenus des particuliers et celui de la fiscalité immobilière, de même que la séparation entre services locaux et directions nationales, sont sources de dispersion et de déperdition d’information. C’est ce qu’illustrent les allégements d’impôt accordés aux capitaux privés investis outre-mer : « Moi, ces investissements-là, je ne les regarde même plus, confie l’inspectrice des dossiers “à fort enjeu”. Pour les contrôler, il faudrait y aller, et on n’en a absolument pas les moyens. Les collègues sur place sont complètement débordés, donc ils renoncent ; il y en a trop, et ils ne sont pas assez nombreux. Dernièrement, on a repéré un immeuble dont on savait pertinemment qu’il avait servi à trois ou quatre déclarations différentes, mais on ne peut rien faire. Vous les appelez ou vous leur écrivez, et ils ne répondent pas. » Comme beaucoup de niches fiscales, les réductions d’impôt pour les investissements outre-mer sont discutées à l’Assemblée en fonction de leur efficacité économique ou de leur légitimité, jamais en fonction des possibilités d’illégalités qu’elles engendrent. On peut en outre se demander si l’absence de toute mesure prise par la haute administration pour mettre fin à une telle situation n’équivaut pas, là encore, à un consentement tacite à ce type de transgressions.

Les difficultés à contrôler les déclarations des contribuables qui résident en France, mais qui perçoivent des revenus ou possèdent un patrimoine à l’étranger, sont plus nombreuses encore. S’il existe de multiples conventions bilatérales destinées à éviter la double imposition, les mécanismes de coopération entre Etats visant à coordonner la surveillance des contribuables qui vivent un peu partout dans le monde s’avèrent beaucoup plus rares. Qu’il s’agisse des salaires, des revenus fonciers ou des patrimoines, l’administration française a très difficilement accès aux informations détenues par d’autres pays sur les contribuables domiciliés en France (4). Ce qui ouvre aux classes dominantes de nombreuses stratégies d’évitement de l’impôt.

Dans le cas de la Belgique, par exemple, la convention fiscale bilatérale liant ce pays à la France ne permet pas aux fonctionnaires hexagonaux d’enquêter sur l’existence de comptes bancaires. Or, comme les cessions de plus-values mobilières ne sont pas taxables dans ce pays, certains contribuables fortunés du Nord déclarent résider de l’autre côté de la frontière pour échapper au prélèvement en France. Dans bien des cas, ces expatriations sont fictives, mais les inspecteurs sont impuissants : « On a arrêté d’essayer de relocaliser ceux qui se domiciliaient de façon fictive à l’étranger. Ça ne sert à rien, on brasse du vent. On pourrait relocaliser un certain nombre de gens en France, en prouvant par exemple que leurs enfants y sont scolarisés, mais on se casse les dents, car on manque de moyens d’investigation », explique l’inspectrice chargée des dossiers « à fort enjeu ».

Pour les classes dominantes, le stade du contrôle n’est souvent que la première étape d’un processus qui laisse encore d’importantes possibilités de négociation avant une sanction effective. A la suite d’un contrôle sur place, le contribuable peut par exemple bénéficier d’une procédure contradictoire en saisissant la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires. Architecte de renom, M. Pierre C. y a fait appel au sujet d’un redressement portant sur des sommes versées sur un compte mixte (concernant à la fois son entreprise et sa vie privée). L’administration considère que ces sommes non déclarées (pour une valeur de 1 million d’euros) doivent être réintégrées dans son chiffre d’affaires, ce qu’il conteste. Vêtu d’un costume gris, cet homme d’une soixantaine d’années se présente accompagné de son avocat, un ancien inspecteur devenu conseiller fiscaliste. « Mon client a eu des difficultés professionnelles importantes, explique ce dernier, et il a eu recours à des prêts. (…) Nous sommes ici dans un cas de vérification de comptabilité, et pas en taxation d’office. Donc on est dans le cadre du contradictoire, où c’est à l’administration d’apporter la preuve, et pas au contribuable. Or, pour aucune des sommes en jeu l’administration ne prouve qu’il s’agit de revenus professionnels. » Le vérificateur des impôts s’interroge alors sur ces fameuses « difficultés » : « En 2005, vous avez vendu un immeuble pour un montant, si je me souviens bien, de 2 millions d’euros. Il semble bizarre d’emprunter de l’argent quand on a de telles rentrées. » L’avocat l’interrompt sur un ton menaçant : « Vous n’avez pas le droit de mentionner des faits qui n’ont rien à voir avec le dossier. Pour prouver qu’il s’agissait de revenus professionnels, vous auriez pu faire un droit de communication auprès des prêteurs. Maintenant, répondez à cette simple question : est-ce que, oui ou non, vous pouvez prouver qu’il s’agit de revenus professionnels ? »

Un contrôleur mué en conseiller

Cette stratégie consiste à tirer parti du flou de la frontière entre sphère professionnelle et sphère privée, et à entretenir la confusion entre prêt désintéressé et commission occulte. Pour défendre ses intérêts, le riche architecte a pris soin de faire appel à un ancien inspecteur des impôts qui connaît parfaitement les arcanes de la procédure de vérification de comptabilité, et qui en use d’ailleurs à plusieurs reprises. Tout son argumentaire consiste à opposer les règles de droit entre elles et à reporter la charge de la preuve (mais aussi la faute) sur l’administration. Le recours aux « comptables habiles » et aux « éminents avocats » (5) peut ainsi s’avérer déterminant pour aborder dans les meilleures conditions les arènes de négociation offertes par le droit.

Enfin, le traitement des contribuables varie d’un lieu à l’autre, en fonction des moyens matériels et humains affectés à chaque secteur d’habitation. Après les très importantes réductions d’effectifs opérées au sein de la direction générale des finances publiques, les écarts se sont considérablement creusés : entre 2003 et 2011, plus de vingt mille emplois ont été supprimés dans l’ensemble de l’administration des finances publiques, majoritairement parmi les agents subalternes. Si les brigades chargées de la vérification des entreprises ont pour l’instant été préservées, les services de programmation des contrôles et de suivi des professions libérales ont été plus touchés. Les équipes chargées de la réception du public sont plus directement encore concernées par ces suppressions de postes. Comme les besoins d’accueil physique à destination des classes populaires sont restés les mêmes, les inégalités s’accentuent d’un secteur géographique à l’autre.

En effet, en dépit des tentatives de simplification, les formulaires et courriers de l’administration sont rédigés dans une langue peu accessible au plus grand nombre. Les usagers peu diplômés sont ainsi, plus que les autres, enclins à se déplacer lorsqu’ils reçoivent une demande de précision, voire un simple avis d’imposition. Dans les centres des impôts fréquentés par les classes populaires, les agents sont donc très attentifs à limiter le temps qu’ils passent à traiter les réclamations ou les demandes d’information. Les interactions au guichet durent en général une dizaine de minutes. En revanche, dans les secteurs plus favorisés, les contribuables règlent beaucoup de leurs différends par courrier et ne se déplacent qu’en cas d’extrême nécessité. Les agents sont donc beaucoup moins accaparés par les tâches de réception et par le travail d’explicitation du langage fiscal. Lorsqu’un contribuable se déplace pour faire valoir son point de vue, il dispose du temps nécessaire pour exposer en détail sa situation.

Cette disponibilité laisse en outre aux agents du temps pour prodiguer des conseils. Ainsi, il n’est pas rare que l’inspecteur chargé du suivi des professions libérales soit sollicité par des contribuables souhaitant être aiguillés dans leur déclaration. « Il y en a qui me connaissent et qui n’hésitent pas à venir régulièrement me voir. Dès qu’ils modifient quelque chose dans leur portefeuille d’actions, qu’ils font des travaux dans leur maison, ils me sollicitent », raconte un agent du pôle inspection de contrôle et d’expertise. On retrouve ici une personnalisation du rapport au contribuable, renforcée par une tendance à la confiance réciproque.

A une dame âgée venue chercher un conseil pour sa déclaration de revenus, cet agent suggère par exemple de changer de régime foncier afin d’obtenir un abattement d’impôt de 71 %, et non de 40 % comme elle l’avait demandé initialement. Il l’encourage même à déposer une réclamation pour les deux années précédentes, de façon à obtenir un dégrèvement encore plus important. A une autre contribuable se présentant après un redressement pour n’avoir fourni aucun justificatif après une réduction d’impôt concernant des travaux d’isolation, il suggère de rédiger un courrier demandant le dégrèvement des pénalités et explique toutes les autres possibilités de réduction d’impôt dont elle pourrait bénéficier l’année suivante. Pour beaucoup de contrôleurs en poste dans les secteurs favorisés, le conseil et le contrôle sont les deux faces d’une même activité.

La mise en œuvre de la loi fiscale se caractérise ainsi par d’importantes disparités. Pourtant, les agents qui les induisent restent en majorité fermement attachés à l’égalité de traitement. Cette apparente contradiction tient en partie à l’organisation de l’administration fiscale : elle est à la fois très centralisée et très compartimentée dans ses diverses sphères d’intervention. Les dispositifs de collecte et de contrôle diffèrent d’un impôt à l’autre, et les pratiques qui en découlent varient selon le contexte local. Les fonctionnaires chargés du contrôle des plus fortunés n’ont guère l’occasion de comparer leurs pratiques avec celles de leurs collègues qui travaillent dans les milieux déshérités. Les uns et les autres peuvent donc se convaincre que, dans la limite de leurs prérogatives, ils appliquent la loi dans le sens de l’intérêt général.

Alexis Spire

Sociologue. Auteur de Faibles et puissants face à l’impôt, Raisons d’agir, Paris, 2012.

 

CAF, des dossiers à la trainent dont dépendent les familles, des personnels compressés et pour finalité la fermeture d’un service publique pendant une semaine

http://www.caf.fr/ma-caf/caf-de-l-aisne/actualitesCAF, des dossiers à la trainent dont dépendent les  familles, des personnels compressés et pour  finalité la fermeture d'un service publique pendant une semaine dans Le PCF à St Quentin fermeture_avril2013

la CAF réduit ses moyens – au point  de fermer une semaine pour « résorber les dossiers en souffrance ».

Dans l’Aisne, et surtout à Saint-Quentin, cela à des conséquences dramatiques

Régler le problème dans un premier temps, c’est donner les moyens à la CAF de pouvoir remplir sa mission de service public … en embauchant.

Dans toutes les branches de la Sécurité sociale – maladie, allocations familiales, vieillesse, recouvrement -, de vastes opérations de restructuration sont faites aux dépens du personnel et des assurés sociaux.

La privatisation d’activités est actée. Ainsi, dans des caisses d’allocations familiales (CAF), la campagne « déclarations de ressources » est confiée à un prestataire de service. Une entreprise privée édite, façonne et envoie aux allocataires les déclarations de ressources. Dans des CPAM, les archives sont confiées à des sous-traitants privés. Des appels d’offres auprès d’entreprises de scannérisation ont été lancés pour le traitement des feuilles de soins.

Dans ces cas, les objectifs d’économie sont oubliés, le but est tout autre… Les restrictions budgétaires frappent rudement les salariés des caisses. Ils sont regroupés dans des plateformes où la production des dossiers est industrialisée : La mobilité est imposée, les conditions de travail sont dégradées, les déroulements de carrières et les promotions limités.

Les caisses n’ont déjà pas les moyens d’accomplir correctement leur mission de service public, le non-remplacement des départs à la retraite  se fait à leur détriment. Les délais de traitement des dossiers s’allongent considérablement. Des activités comme le traitement des réclamations sont laissées à l’abandon

.En privilégiant la restriction des couts de gestion au détriment des conditions de travail, ce qui rejaillit irrémédiablement, sur la qualité du service rendu, l’Etat ne répond absolument plus aux besoins des bénéficiaires. Nous ne pouvons admettre  que les services de proximité disparaissent peu à peu au profit de structures hors échelle pour les familles.

Au-delà de la suppression d’une caisse sur les deux qui existaient dans l’Aisne, nous devons redouter la remise en question des prestations offertes dans nos communes. Aujourd’hui, les allocataires bénéficient de la présence de la CAF dans quelques  villes du département. Le but affiché de la réforme étant de réduire les coûts, qu’en sera-t-il demain ?

Le gouvernement doit abrogés cette réforme pour un service publique de qualité pour tous

FUSION DES CAF / DEPARTEMENTALISATION , De nombreux conseils d’administrations de CAF en France se sont prononcés contre  ces fusions qui  conduit à remettre en cause la fonction de proximité de la CAF tant vis à vis des usagers que des partenaires de l’action en direction des familles,

Il avaient raison!

 

Article du Courrier Picard http://www.courrier-picard.fr/region/debordee-la-caf-de-l-aisne-ferme-ses-portes-ia195b0n54255

« Mon dossier n’avance pas depuis plusieurs semaines, alors s’ils ferment pour rattraper leur retard ça ne peut être que bon pour nous », lance Laurence, allocataire, qui vient d’apprendre la nouvelle. Tous les services d’accueil physique ferment leurs portes du 15 au 19 avril.

En cause, un retard accumulé de dossiers. « Nous avons près de 14 jours de retard. Soit 20 000 dossiers en souffrance. Nous avons déjà tout essayé : heures supplémentaires, entraide avec les autres services. On ne peut pas faire autrement que fermer », regrette le directeur de la Caf de l’Aisne, Michel Dazin.

Avec près de 90 000 allocataires dans l’Aisne, la soixantaine d’agents répartis sur le département croule sous le travail. Chaque jour près de 2000 dossiers sont traités, mais ils en rentrent encore davantage.

Pour expliquer cette situation, le directeur ne cache pas un manque de moyens : « Avec la lutte contre la fraude fiscale nous avons une surcharge de travail. Après, il est clair que les dossiers sont aussi de plus en plus complexes. Les gens sont plus mobiles, dès qu’ils arrêtent ou commencent un nouvel emploi, c’est un changement de situation qui doit être effectué. »

La semaine du 15 au 19 avril devrait permettre de combler trois à quatre jours de retard. « Les minima sociaux et les dossiers les plus anciens passent en priorité. »

Huit agents supplémentaires viendront donner main forte et l’accueil téléphonique restera ouvert. Mais le directeur alerte les allocataires : « Il faut que les personnes n’appellent qu’en cas de réelle nécessité, pour un changement de situation par exemple. Et ne pas hésiter à passer par le site internet caf.fr. Sinon, nous ne pourrons pas combler le retard. »

V. G.

 

 

 

 

Pour Mélenchon, la guerre d’Algérie n’a été qu’une « guerre civile »

Pour Mélenchon, la guerre d’Algérie n’a été qu’une « guerre civile » dans Communisme-Histoire- Théorie 1313331-la_guerre_dalgerie_vue_par_le_pcf-298x300

Vivelepcf, 12 avril 2013

En recourant à Mélenchon, la direction de notre parti, le PCF, en a fait, malgré nous (malgré elle ?) son porte-parole, le porte-parole du Front de gauche dans les media. C’est un fait. Est-ce une raison pour oblitérer toutes les positions douteuses du personnage, lambertiste et mitterrandien ? D’autant plus quand elles heurtent frontalement le cœur de notre engagement communiste ?

Mélenchon était en voyage à Alger et a tenu une conférence le 12 février 2013. Ses propos, relatés par plusieurs journaux algériens, dont Liberté, ont choqué les progressistes algériens comme ils nous choquent.

Mélenchon s’est solidarisé avec Hollande qui l’avait précédé en décembre pour faire des affaires pour le compte des multinationales françaises.  A ce propos, il a déclaré : « La vie des nations est aussi faite de contrats. Si les Algériens ne sont pas contents des contrats, ils n’ont qu’à en signer avec d’autres pays ». On est loin des coopérations mutuellement avantageuses entre les peuples que, communistes, nous défendons. « Patriote », « républicain », Mélenchon défend la « patrie » des trusts à base française.

Interrogé sur la guerre au Mali, confirmant sa pratique du double discours, il refuse de qualifier « d’erreur » l’expédition militaire française.

130412_Alger_monument dans Solidarité internationale

Alger, monument aux martyrs

Mais là où l’auditoire est tombé des nues, même le mieux intentionné à l’égard du patron du Front de gauche, abusivement présenté comme l’héritier des communistes, des anticolonialistes, c’est lorsque Mélenchon a commencé à exposer sa conception de la mémoire. Même si cela se discute, il a grossièrement rejeté le concept de « repentance ». Mais surtout, il a osé qualifier la guerre d’indépendance du peuple algérien, la Révolution algérienne, de « guerre civile ».

Son nationalisme « républicain » n’a décidément pas de limite de Dunkerque à Tamanrasset, de Mitterrand qui laissa guillotiner Audin à Sarkozy et Hollande avides de « contrats ».

Mélenchon, quand tu laisses aller ton franc-parler, vraiment, les communistes n’ont rien à faire avec toi !

Le « mariage pour tous » n’est ni de gauche, ni de droite. Qu’il soit enfin voté !

Vivelepcf, 15 avril 2013

Le « mariage pour tous » n’est ni de gauche, ni de droite. Qu’il soit enfin voté ! dans Nous dénonçons 130415_cameron_gayQu’il soit enfin voté et qu’on n’en parle plus ! Les agitations autour du « mariage pour tous » polluent gravement le débat politique, détournent des questions principales.

En Grande-Bretagne, c’est le premier ministre conservateur Cameron qui fait voter le droit au mariage des homosexuels. Aux Etats-Unis, c’est Obama. En Espagne, le très réactionnaire Mariano Rajoy n’est pas revenu sur la loi de son prédécesseur socialiste. Avant les élections de 2007, Sarkozy avait également songé à l’inclure dans son programme.

Le « mariage pour tous » n’est ni de gauche, ni de droite. Les débats philosophiques, moraux sur cette question de société sont transversaux, notamment sur la défense ou la remise en cause de l’institution du mariage. Celle-ci a objectivement évolué et continue d’évoluer dans la société depuis des décennies. Intellectuels, associations, groupes d’intérêt, groupes religieux se sont abondamment exprimés. C’est peut-être passionnant mais cela ne peut pas être mis au premier plan pendant tout un quinquennat !

Le « mariage pour tous » n’est ni de gauche, ni de droite. Mais la gauche et la droite gouvernementales ont trouvé là une opportunité de monter entre elles un sujet de clivage. Elles voudraient faire oublier qu’elles viennent de se succéder pour continuer et aggraver la même politique d’austérité européenne au service du capital.

A ce jeu, il s’avère, logiquement, que c’est la droite, maintenant dans l’opposition qui y gagne le plus : raison supplémentaire de clore au plus vite le débat.

L’opération de diversion de Hollande a rapidement été interprétée comme telle par l’opinion publique au point même de réduire l’indifférence plutôt favorable au « mariage ». La campagne d’une certaine gauche pour associer la question du mariage homosexuel à des causes progressistes historiques, comme la défense de l’école laïque, se retournent dangereusement. Le retour de boomerang frappe non seulement le gouvernement, englué de surcroît dans l’affaire Cahuzac, mais aussi tout le mouvement progressiste. L’opération de diversion devient de plus en plus lourde de conséquences.

degage-mon-corps-m-appartient-300x181 dans Nous dénonçonsUne improbable « Frigide Barjot » réussit à rabaisser encore le débat politique, « surfant » sur les tartes à la crème comme la « 6ème république », reprenant à son compte la proposition de référendum d’initiative populaire. Songeons avec gravité à la situation de l’Italie où deux sinistres clowns Grillo et Berlusconi rassemblent 55% des voix pendant que la « gauche » enfonce le peuple dans l’austérité et la pauvreté.

Prenons conscience, toujours avec gravité, que l’affaire du « mariage pour tous » a permis à la droite, battue de justesse en 2012, de rassembler à plusieurs reprises, plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues.

Maintenant, il est urgent d’aller vite. Que le projet de loi soit voté le plus tôt possible, sans écueil « constitutionnel » ! Il est important de mettre en évidence l’accord réel très large dans le monde politique en faveur du mariage homosexuel. Cela ne doit même plus être une question. Dans les autres pays, comme en France déjà le PACS, à peine 2% des unions sont signées entre partenaires du même sexe.

Remettons, nous communistes en avant-garde, au centre du combat politique la transformation du rejet de la politique d’austérité en luttes victorieuses !

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