Archive | 5 avril 2013

Allocations familiales : Témoignage d’un éducateur

Témoignage d’un éducateur Saint-Quentinois

 

Parole d’éducateurs

Le sénat a adopté, le 27 mars dernier, une loi visant à restreindre les allocations familiales des familles dont les enfants font l’objet d’un placement et ceci à la quasi unanimité.

D’une part, cette loi stygmatise des familles déjà en grande précarité. En effet, en tant que travailleur social nous rencontrons quotidiennement des situations où les problématiques sont engendrées par un contexte socio-économique, la plupart des placement étant alors prononcé suite aux dérives que cela engendrent : alcoolisation, carences affectives et ou éducatives…. Le placement intervient à un moment donné afin de donner la possibilité aux familles de se restructurer et aux enfants d’être préservés des difficultés des parents. Celui-ci est dans la majeure partie des cas, prononcé pour 6 mois avant réexamen. Le juge décide alors des mesures devant être prise et pose des exigences aux parents afin de pouvoir ré-accueillir leurs enfants. La famille est alors accompagnée par des professionnels afin de mener à bien cet objectif. Le but du juge est bien alors, de ne pas prolonger le placement dans le temps. Comment une famille, déjà en grande difficulté économique, peut elle se donner les moyens de retrouver une stabilité sans les aides financières qu’elle pourrait percevoir ?

Cette loi ne fera que les enfoncer encore plus dans la souffrance et par là même prolonger la mesure.

De plus le placement est un déchirement pour les parents comme pour l’enfant. Il est vécu comme une sanction des deux côtés. Le plus souvent il sert d’électro-choc pour la famille qui va chercher à s’en sortir.

D’autre part en tant qu’éducateur spécialisé j’ai pu travailler en M.E.C.S. (maison d’enfants à caractère social) qui sont les foyers où les enfants sont placés. Nous gérons alors le quotidien de ces jeunes. Nous travaillons, bien sûr, en étroite collaboration avec les parents et ceci, quelles que soient les raisons du placement.

Concrètement, tous les documents et toutes les décisions sont soumis à l’avis des parents et à leur accord, ceux ci continuant à bénéficier de l’autorité parentale, ce qui paraît plus que légitime. Nous leur demandons aussi lorsque cela est possible de participer aux frais relatifs à la vie quotidienne des enfants. Par exemple, il m’est déjà arrivé de demander aux parents de participer aux achats de rentrée scolaire ceux ci venant de percevoir des allocations. Tous ces éléments font partie d’un processus d’accompagnement et nous envoyons un rapport au juge, lorsque l’échéance du placement se rapproche, en précisant le travail que nous avons pu mener avec la famille. Les allocations, et d’autres éléments, permettent aux parents de reprendre des automatismes de l’exercice parentale qui ont été mis à mal à un moment donné. Je conçois mal de demander à des parents de participer à certaines dépenses en sachant qu’ils ne perçoivent plus aucune aide.

Du point de vue du professionnel, le législateur nous supprime donc, par cette loi, des outils de travail favorisant le retour dans la famille des enfants.

 

Benjamin

 

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