Archive | avril 2013

La Grèce supprime 15 000 postes de fonctionnaires

15.000 postes de fonctionnaires seront supprimés d’ici à 2014. Le 1er mai, les syndicats grecs appellent à une forte mobilisation à Athènes.

L’emploi à vie pour les fonctionnaires, c’est fini. Pour obtenir la tranche de 8,8 milliards d’euros du prêt de l’Union  européenne et du FMI (2,8 milliards ont été débloqués ce lundi, les 6 autres doivent être approuvés le 13 mai), les députés grecs ont décidé que 15.000 fonctionnaires seront renvoyés d’ici à 2014, dont 4000 dans les prochains mois. Pour Giorgos Pagoulatos, professeur d’économie à l’Université d’Athènes, il faut relativiser la mesure. «Il s’agit, pour la plupart, d’employés d’État qui avaient commis des infractions ou qui ont été jugés pour corruption ou incompétence», explique-t-il. On ne peut que dénoncer cette stigmatisation et le risque de chasse aux sorcières qu’elle engendre.

Il n’empêche, cette décision s’accompagne de l’ouverture à la concurrence de nombreux secteurs ainsi que d’une nouvelle amputation du salaire minimum. Il passe de 528 à 490 euros par mois et 427 euros mensuels pour les jeunes de 25 ans. Dans tous les cas, le salaire quotidien ne pourra dépasser les 19,60 euros. Si cette mesure avait été proposée par l’Agence nationale pour l’emploi il y a trois mois pour faciliter l’embauche des chômeurs de longue durée, elle est largement contestée par les partis d’opposition. «Cela pourra peut-être aider à freiner l’envolée du chômage, qui touche plus de 27 % de la population active dont 60 % de jeunes, mais il faut du temps», renchérit Giorgos Pagoulatos. Avant d’ajouter: «Le pays a un excédent budgétaire primaire et la balance des comptes courant, les exportations, les importations ainsi que la compétitivité s’améliorent.» Comment la suppression d’autant de postes, soit plus de 15 millions d’euros par moi qui ne seront plus réinvestis dans l’économie, pourrait relancer celle-ci ? Tout cela alors que les profits des banques et les salaires de leurs dirigeants ne cessent d’augmenter.

Paupérisation

Mais trois ans après la mise sous tutelle de la Grèce par l’UE et le FMI, le bilan est mitigé. Des ­progrès ont été observés par les membres de la task force, mais la récession sévit toujours aussi fortement. Les PME, pilier de l’économie du pays, souffrent du manque cruel de liquidités sur le marché. La paupérisation de la société s’aggrave et les suicides augmentent. Certains cherchent à fuir le pays, alors que les syndicats appellent la communauté internationale à se dresser contre l’austérité. Pour la grève du 1er mai, l’intégralité des syndicats a décidé de motiver l’ensemble de la population et appelle à une forte mobilisation dans le centre d’Athènes.

source Le Figaro

L’urgence est à la formation de l’organisation capable de s’opposer concrètement et efficacement à cette politique européenne du capital. La situation en constante dégradation dans notre pays et l’exemple des pays qui nous entourent doivent éveiller nos consciences. Il ne s’agit plus uniquement de dénoncer les incohérences du système. La construction d’une réelle force de résistance doit être notre objectif prioritaire. Redonnons au Parti Communiste son sens premier, celui de l’union des masses et de son organisation dans le but d’imposer sa volonté aux puissants. Réapproprions-nous ce qui nous appartient. Prolétaires, unissez vous !

PCF section de Saint-Quentin

DROIT DE REPONSE D’UNE SALARIEE D’INTERMARCHE A L’ARTICLE SUR LE TRAVAIL DOMINICAL DE L’AISNE NOUVELLE DU SAMEDI 27 AVRIL 2013

Selon le Code du Travail, les établissements de commerce de détail à prédominance alimentaire sont autorisés de plein droit à occuper des salariés le dimanche matin jusqu’à 13 heures.

Cette loi comporte une faille dans laquelle mon employeur se faufile avec aisance. En effet, est considéré le pourcentage de chiffre d’affaires moyen du lundi au dimanche inclus.

Or, s’il s’agissait uniquement du chiffre d’affaires du dimanche, il pourrait être constaté que le chiffre d’affaires en « marchandises générales » non alimentaires est largement plus important que le chiffre d’affaires alimentaire.

Ce qu’il faut savoir, c’est que lorsque le magasin Intermarché de Gauchy a déménagé suite à son agrandissement, tous les salariés espéraient ne plus avoir à travailler le dimanche, c’était sans compter les bonnes relations de notre employeur avec le sous-préfet. Ce qu’il faut savoir également c’est qu’il est à la tête de 5 magasins Intermarché de la région axonaise.

Lorsque le directeur de magasin d’Intermarché Chauny dit « Mais si on n’a pas le dimanche, on baisse purement et simplement le rideau », sortez les mouchoirs !!! Le chiffre d’affaires fait le dimanche se reporterait, alors, sur les autres jours de la semaine ! En effet, l’hypermarché est sensé ouvrir pour la partie alimentaire. Une famille qui a besoin d’une livre de beurre, d’un litre de lait, ou tout autre aliment présent sur sa liste de courses, l’achètera un autre jour. D’autant que l’amplitude des horaires d’ouverture est adaptée au plus grand nombre (8h30-20h30). Les propos du directeur créditent les miens sur le pourcentage de chiffre d’affaires fait en marchandises non alimentaires le dimanche matin !!! C’est bien de ça dont il est question !

Lorsque je lis que «des étudiants ont été embauchés pour les samedi et dimanche. Pour les autres salariés c’est un roulement qui fait partie du contrat de travail, qui va du lundi au dimanche », mon poil s’hérisse !!! Oui, il y a quelques étudiants qui viennent renforcer l’effectif du dimanche. (On pourrait aussi débattre de l’effet du travail sur les études mais là n’est pas le sujet.) Mais la plupart de l’effectif du dimanche comprend des salariés autres qui n’ont pas le choix parce qu’en effet, c’est inscrit dans leur contrat de travail. De plus, lorsque le salarié n’est pas bien perçu par sa hiérarchie, la loi autorise l’employeur à le faire travailler 7 dimanches consécutifs avant de lui en accorder un en repos ! Technique fortement prisée et appliquée bien volontiers !!! «C’est juste une question de planning » dit un autre dirigeant, et oui !!! Le salarié n’a aucun pouvoir sur son planning, il ne fait que subir !!!

Comment mobiliser une équipe à agir pour obtenir des droits basiques du Code de Travail ? Actuellement, les chefs de rayon (agent de maîtrise) ne bénéficient pas du paiement double et de la récupération des jours fériés travaillés. L’employé, quant à lui, n’est pas rémunéré aux taux légal des heures supplémentaires faites à la demande express de l’employeur ou du supérieur très régulièrement.

En effet, la peur du licenciement en temps de crise est bien présente. Elle est entretenue savamment par les directeurs de magasin, bons petits lieutenants de notre adhérent, voire même par les chefs de rayon eux-mêmes. Leur argument favori face aux équipiers est : «je ne suis pas payé plus pourquoi le serais-tu ? ».

Chacun a sa maison à rembourser, une famille à charge, des factures à honorer. La menace de la suppression des primes aussi est un argument bien exploité.

L’organisation syndicale est inexistante et difficile à mettre en place. Les rares tentatives ont conduit à la stigmatisation des personnes voire à une procédure à leur encontre en vue d’un licenciement.

Quant au dimanche prétendument jour de repos faisant écho à la tradition chrétienne, notre calendrier n’y ferait-il pas référence dans son entièreté !?? Oui, le bien-être des salariés devrait être une préoccupation de l’employeur. Un salarié heureux en famille est meilleur travailleur. Le dimanche et les jours fériés sont des moments de repos dédiés aux activités personnelles et familiales indispensables au bien-être de chacun.

La loi devrait plutôt interdire le travail le dimanche (voire le samedi), à croire que la consommation est la seule distraction du quidam. Qu’en est-il des ballades en forêt, des repas familiaux, des relations avec nos enfants et nos conjoints,… ? La loi (d’autant plus celle du travail) est censée protéger le petit contre le gros, le faible contre le fort, le salarié contre son patron. Depuis quelques années la loi favorise les soi-disant intérêts collectifs contre l’individu, ces intérêts allant souvent (hasard ?) dans le sens du patron.

Témoignage d’une sympathisante qui, pour des raisons évidentes, a souhaité garder l’anonymat

 

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Une analyse de Marx : l’analogie est toujours aussi surprenante

Elle avait conclu une alliance avec les chefs socialistes. En février 1849, on organisa des banquets de réconciliation.

On esquissa un programme commun, on créa des comités électoraux communs et l’on présenta des candidats communs. On enleva aux revendications sociales de la petite bourgeoisie. C’est ainsi que fut créée la social-démocratie

La nouvelle Montagne, qui fut le résultat de cette combinaison, comprenait, à part quelques figurants tirés de la classe ouvrière et quelques sectaires socialistes les mêmes éléments que l’ancienne Montagne, mais numériquement plus forts. A vrai dire, elle s’était modifiée, au cours du développement, de même que la classe qu’elle représentait.

Le caractère propre de la social-démocratie se résumait en ce qu’elle réclamait des institutions républicaines démocratiques comme moyen, non pas de supprimer les deux extrêmes, le capital et le salariat, mais d’atténuer leur antagonisme et de le transformer en harmonie.

Quelle que soit la diversité des mesures qu’on puisse proposer pour atteindre ce but, quel que soit le caractère plus ou moins révolutionnaire des conceptions dont il puisse être revêtu, le contenu reste le même. C’est la transformation de la société par voie démocratique, mais c’est une transformation dans le cadre petit-bourgeois.

Il ne faudrait pas partager cette conception bornée que la petite bourgeoisie a pour principe de vouloir faire triompher un intérêt égoïste de classe. Elle croit au contraire que les conditions générales en dehors desquelles la société moderne ne peut être sauvée et la lutte des classes évitée.

Il ne faut pas s’imaginer non plus que les représentants démocrates sont tous des shokeepers (boutiquiers) ou qu’ils s’enthousiasment pour ces derniers. Ils peuvent, par leur culture et leur situation personnelle, être séparés deux par un abîme.

Ce qui en fait les représentants de la petite bourgeoisie, c’est que leur cerveau ne peut dépasser les limites que le petit bourgeois ne dépasse pas lui-même dans sa vie, et que, par conséquent, ils sont théoriquement poussés aux mêmes problèmes et aux mêmes solutions auxquelles leur intérêt matériel et leur situation sociale poussent pratiquement les petits bourgeois.

Tel est, d’une façon générale, le rapport qui existe entre les représentants politiques et littéraires d’une classe et la classe qu’ils représentent.

Marx, Le 18 Brumaire de Louis Napoléon

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La lutte contre « l’ANI » doit amorcer une riposte globale. Elle doit compléter le rejet du « CISE » (surtout ne pas l’entériner !)

RETRAIT de l’ANI, RETRAIT du CICE,

riposte globale à la politique du pouvoir !  


Vivelepcf, 3 avril 2013

Le gouvernement a instauré ce qu’il a appelé dans sa langue de bois le « Crédit d’impôt compétitivité emploi », CISE. Il s’agit en réalité de rembourser chaque année aux patrons l’équivalent de 6% de tous les salaires jusqu’à 2,5 fois le SMIC, 4% dès 2013.

La presse progressiste est-elle condamnée à accepter la publicité d’Etat pour le CICE?

Au total, le coût pour les caisses de l’Etat, pour le contribuable, s’élèvera à 20 milliards d’euros par an, 13 milliards dès cette année.  Aucune mesure unique de Sarkozy n’a atteint un tel niveau. C’est le plus gros cadeau octroyé au patronat depuis… les 18 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales patronales accordés par la gauche plurielle au nom des « 35 heures ».

Comme celles-ci, elles ne créeront pas d’emploi mais consoliderons les profits et les dividendes des actionnaires. Et cela à une époque où les mêmes gouvernants ne cessent de fustiger les déficits publics !

La lutte contre « l’ANI » doit amorcer une riposte globale. Elle doit compléter le rejet du « CISE » (surtout ne pas l’entériner !) dans APPELS 130404_publicite_cice-300x202Le CISE a été adopté à la va-vite en décembre 2012, rencontrant peu d’opposition. Le débat public a été complètement escamoté. La mobilisation contre cette mesure scandaleuse n’a pas encore vraiment commencé à être organisée. C’est le moment !

Depuis quelques semaines, une mobilisation se construit contre ce que le pouvoir appelle, toujours dans sa langue de bois, « l’Accord national interprofessionnel » (ANI). Il s’agit en fait d’un projet de loi du gouvernement transcrivant dans la loi les dispositions de l’accord signé par le MEDEF, la CFDT, la CFTC et la CGC sur la flexibilisation du droit du travail, autrement dit de l’extension du droit à licencier (sur ce projet très grave, voir nos analyses antérieures).

A tous points de vue, cette mobilisation est très importante. Pour nous communistes, elle peut et doit marquer la reprise d’une riposte globale des salariés contre la politique au service du capital et de l’UE poursuivie par la gauche au pouvoir, maintenant que les illusions électorales sont retombées.

L’objectif pour nous est de reconstituer le rapport de forces, de la lutte contre les retraites par exemple en 2010, pour commencer à faire reculer immédiatement le pouvoir. Il ne saurait être d’accompagner le projet du gouvernement en les « amendant », de « marquer le coup » d’ici de futures et lointaines échéances électorales, d’entrer dans un scénario de recomposition politicienne. Place aux luttes !

Dans cet esprit, pour nous, l’exigence de retrait de l’ANI rejoint et complète entièrement celle du retrait du CISE, dont la dénonciation publique reste largement à faire.

Aussi, nous ne pouvons pas partager pas la logique de certaines personnalités politiques qui affichent leur opposition à l’ANI.

Une aile du PS adopte une posture critique envers le gouvernement, notamment sur l’ANI. Très bien. Mais quand la sénatrice PS, l’ancienne ministre Marie-Noëlle Lienemann déclare, reprise par l’Humanité (édition du 27 mars 2013) : « On n’était pas chaud pour les 20 milliards pour aider la compétitivité, mais à partir du moment où ils sont là, il faudrait les négocier ». Et à propos de l’ANI : « une marge de manœuvre existe pour le modifier ». Plus qu’un positionnement utile au succès de la lutte, cela s’apparente davantage à de l’accompagnement critique de la politique du pouvoir, même à de la pédagogie de la résignation.

Nous avons déjà exprimé notre critique fondamentale au concept de « licenciements boursiers » mis en avant par les parlementaires du Front de gauche. Nous renvoyons à notre analyse (Licenciements « boursiers » : une notion indéfinissable et dangereuse), illustrée depuis par le tripatouillage des comptes de PSA pour justifier la casse d’Aulnay.  La notion de « licenciements boursiers » représente une dangereuse négation réformiste de la fonction du chômage dans l’exploitation capitaliste.

Les députés Front de gauche reprennent leur proposition de loi « d’interdiction des licenciements boursiers » pour s’opposer de « façon constructive » à l’ANI. Cette initiative nous semble toujours malencontreuse. Dans le nouvel exposé des motifs, nous lisons : « lorsque le licenciement pour motif juridique aura été jugé sans cause réelle et sérieuse… l’entreprise perdra le cas échéant le bénéfice ou l’opportunité de bénéficier du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Le juge pourra ordonner le remboursement de tout ou partie du montant dont aura bénéficié l’entreprise au titre du CICE. »

Les députés du Front de gauche se montrent déjà résignés au CICE, jusqu’à en voir un moyen, complétement illusoire, de pression sur le patronat. Cette logique n’est pas de nature à encourager la détermination des salariés à lutter pour gagner.

RETRAIT de l’ANI, RETRAIT du CICE,

riposte globale à la politique du pouvoir !   

Notre journal de mai

Notre journal de mai dans Divers 1e-211x300

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1er mai, fête des travailleurs, 10H30 devant la Bourse du Travail, Saint-Quentin 02

1er mai, fête des travailleurs, 10H30 devant la Bourse du Travail, Saint-Quentin 02 dans APPELS 549646_365216770263661_1637724203_n

Chargé d’histoire, de luttes et de sang versé, chargé de victoires, qu’il soit interdit ou férié. Le 1er mai est  le symbole du combat contre l’exploitation et la répression capitaliste. 

 

Mercredi 1er MAI 

 A Saint-Quentin

 BOURSE  DU TRAVAIL – 10H30

Continuons à faire monter les exigences  :

Le retrait de l’ANI, outil de casse du code du travail et de nos droits

· De renationalisation démocratique des grands services publics, avec reconquête des monopoles publics,

· De nationalisation du secteur financier, de l’industrie, de la métallurgie…             

· Du rétablissement d’une échelle mobile des salaires partant d’un SMIC à 1600 euros net,

· De la défense inflexible du financement de la Sécurité sociale par la cotisation sociale,

· De la sortie de l’OTAN.

· De la remise en cause de l’euro et de l’Europe du Capital.

Les mouvements émancipateurs dans le pays arabes montrent que les peuples peuvent reprendre la main mais aussi que les travailleurs ont besoin d’organisations révolutionnaires pour se battre.

En France, le PCF est l’organisation historique au service des travailleurs dans la lutte des classes.. ADHEREZ

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Pensez au muguet de la lutte

 

Le  1er MAI, c’est aussi la vente du muguet par le Parti Communiste, c’est un apport important  pour faire vivre  nos combats ! La lutte a un prix …

Des bons de commandes sont disponibles à la Section ou téléphoner au 06 26 09 26 48


Rappel des tarifs :

Bouquet de 2 brins :    2€

Pot de 3 brins :    5€50

Pot de 3 brins avec rose :    6€

Le mardifeste du Parti Communiste 3

Chaque mardi, un épisode du Manifeste

Épisode précédent

Le prolétariat passe par différentes phases d’évolution. Sa lutte contre la bourgeoisie commence avec son existence même.

La lutte est engagée d’abord par des ouvriers isolés, ensuite par les ouvriers d’une même fabrique, enfin par les ouvriers d’une même branche d’industrie, dans une même localité, contre le bourgeois qui les exploite directement. Ils ne dirigent pas seulement leurs attaques contre les rapports bourgeois de production : ils les dirigent contre les instruments de production eux-mêmes ; ils détruisent les marchandises étrangères qui leur font concurrence, brisent les machines, brûlent les fabriques et s’efforcent de reconquérir la position perdue de l’artisan du moyen âge.

À ce stade, le prolétariat forme une masse disséminée à travers le pays et émiettée par la concurrence. S’il arrive que les ouvriers se soutiennent par l’action de masse, ce n’est pas encore là le résultat de leur propre union, mais de celle de la bourgeoisie qui, pour atteindre ses fins politiques propres, doit mettre en branle le prolétariat tout entier, et qui possède encore provisoirement le pouvoir de le faire. Durant cette phase, les prolétaires ne combattent donc pas leurs propres ennemis, mais les ennemis de leurs ennemis, c’est-à-dire les vestiges de la monarchie absolue, propriétaires fonciers, bourgeois non industriels, petits bourgeois. Tout le mouvement historique est de la sorte concentré entre les mains de la bourgeoisie ; toute victoire remportée dans ces conditions est une victoire bourgeoise.

Or, le développement de l’industrie, non seulement accroît le nombre des prolétaires, mais les concentre en masses plus considérables ; la force des prolétaires augmente et ils en prennent mieux conscience. Les intérêts, les conditions d’existence au sein du prolétariat, s’égalisent de plus en plus, à mesure que la machine efface toute différence dans le travail et réduit presque partout le salaire à un niveau également bas. Par suite de la concurrence croissante des bourgeois entre eux et des crises commerciales qui en résultent, les salaires deviennent de plus en plus instables ; le perfectionnement constant et toujours plus rapide de la machine rend la condition de l’ouvrier de plus en plus précaire ; les collisions individuelles entre l’ouvrier et le bourgeois prennent de plus en plus le caractère de collisions entre deux classes. Les ouvriers commencent par former des coalitions contre les bourgeois pour la défense de leurs salaires. Ils vont jusqu’à constituer des associations permanentes pour être prêts en vue de rébellions éventuelles. Çà et là, la lutte éclate en émeute. Parfois, les ouvriers triomphent ; mais c’est un triomphe éphémère. Le résultat véritable de leurs luttes est moins le succès immédiat que l’union grandissante des travailleurs. Cette union est facilitée par l’accroissement des moyens de communication qui sont créés par une grande industrie et qui permettent aux ouvriers de localités différentes de prendre contact. Or, il suffit de cette prise de contact pour centraliser les nombreuses luttes locales, qui partout revêtent le même caractère, en une lutte nationale, en une lutte de classes. Mais toute lutte de classes est une lutte politique, et l’union que les bourgeois du moyen âge mettaient des siècles à établir avec leurs chemins vicinaux, les prolétaires modernes la réalisent en quelques années grâce aux chemins de fer.

Cette organisation du prolétariat en classe, et donc en parti politique, est sans cesse détruite de nouveau par la concurrence que se font les ouvriers entre eux. Mais elle renaît toujours, et toujours plus forte, plus ferme, plus puissante. Elle profite des dissensions intestines de la bourgeoisie pour l’obliger à reconnaître, sous forme de loi, certains intérêts de la classe ouvrière : par exemple le bill de dix heures en Angleterre.

En général, les collisions qui se produisent dans la vieille société favorisent de diverses manières le développement du prolétariat. La bourgeoisie vit dans un état de guerre perpétuel ; d’abord contre l’aristocratie, puis contre ces fractions de la bourgeoisie même dont les intérêts entrent en conflit avec le progrès de l’industrie, et toujours, enfin, contre la bourgeoisie de tous les pays étrangers. Dans toutes ces luttes, elle se voit obligée de faire appel au prolétariat, de revendiquer son aide et de l’entraîner ainsi dans le mouvement politique. Si bien que la bourgeoisie fournit aux prolétaires les éléments de sa propre éducation, c’est-à-dire des armes contre elle-même. De plus, ainsi que nous venons de le voir, des fractions entières de la classe dominante sont, par le progrès de l’industrie, précipitées dans le prolétariat, ou sont menacées, tout au moins, dans leurs conditions d’existence. Elles aussi apportent au prolétariat une foule d’éléments d’éducation.

Enfin, au moment où la lutte des classes approche de l’heure décisive, le processus de décomposition de la classe dominante, de la vieille société tout entière, prend un caractère si violent et si âpre qu’une petite fraction de la classe dominante se détache de celle-ci et se rallie à la classe révolutionnaire, à la classe qui porte en elle l’avenir. De même que, jadis, une partie de la noblesse passa à la bourgeoisie, de nos jours une partie de la bourgeoisie passe au prolétariat, et, notamment, cette partie des idéologues bourgeois qui se sont haussés jusqu’à la compréhension théorique de l’ensemble du mouvement historique. De toutes les classes qui, à l’heure présente, s’opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie ; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique.

Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu’elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices ; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l’envers la roue de l’histoire. Si elles sont révolutionnaires, c’est en considération de leur passage imminent au prolétariat : elles défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels ; elles abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat.

Quant au lumpenprolétariat, ce produit passif de la pourriture des couches inférieures de la vieille société, il peut se trouver, çà et là, entraîné dans le mouvement par une révolution prolétarienne ; cependant, ses conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre à la réaction. Les conditions d’existence de la vieille société sont déjà détruites dans les conditions d’existence du prolétariat. Le prolétaire est sans propriété ; ses relations avec sa femme et ses enfants n’ont plus rien de commun avec celles de la famille bourgeoise ; le travail industriel moderne, l’asservissement de l’ouvrier au capital, aussi bien en Angleterre qu’en France, en Amérique qu’en Allemagne, dépouillent le prolétaire de tout caractère national. Les lois, la morale, la religion sont à ses yeux autant de préjugés bourgeois derrière lesquels se cachent autant d’intérêts bourgeois.

Toutes les classes qui, dans le passé, se sont emparées du pouvoir essayaient de consolider leur situation acquise en soumettant la société aux conditions qui leur assuraient leurs revenus propres. Les prolétaires ne peuvent se rendre maîtres des forces productives sociales qu’en abolissant leur propre mode d’appropriation d’aujourd’hui et, par suite, tout le mode d’appropriation en vigueur jusqu’à nos jours. Les prolétaires n’ont rien à sauvegarder qui leur appartienne, ils ont à détruire toute garantie privée, toute sécurité privée antérieure.

Tous les mouvements historiques ont été, jusqu’ici, accomplis par des minorités ou au profit des minorités. Le mouvement prolétarien est le mouvement spontané de l’immense majorité au profit de l’immense majorité. Le prolétariat, couche inférieure de la société actuelle, ne peut se soulever, se redresser, sans faire sauter toute la superstructure des couches qui constituent la société officielle.

La lutte du prolétariat contre la bourgeoisie, bien qu’elle ne soit pas, quant au fond, une lutte nationale, en revêt cependant tout d’abord la forme. Il va sans dire que le prolétariat de chaque pays doit en finir, avant tout, avec sa propre bourgeoisie.

En esquissant à grands traits les phases du développement du prolétariat, nous avons retracé l’histoire de la guerre civile, plus ou moins larvée, qui travaille la société actuelle jusqu’à l’heure où cette guerre éclate en révolution ouverte, et où le prolétariat fonde sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie.

Toutes les sociétés antérieures, nous l’avons vu, ont reposé sur l’antagonisme de classes oppressives et de classes opprimées. Mais, pour opprimer une classe, il faut pouvoir lui garantir des conditions d’existence qui lui permettent, au moins, de vivre dans la servitude. Le serf, en plein servage, est parvenu à devenir membre d’une commune, de même que le petit-bourgeois s’est élevé au rang de bourgeois, sous le joug de l’absolutisme féodal. L’ouvrier moderne au contraire, loin de s’élever avec le progrès de l’industrie, descend toujours plus bas, au-dessous même des conditions de vie de sa propre classe. Le travailleur devient un pauvre, et le paupérisme s’accroît plus rapidement encore que la population et la richesse. Il est donc manifeste que la bourgeoisie est incapable de remplir plus longtemps son rôle de classe dirigeante et d’imposer à la société, comme loi régulatrice, les conditions d’existence de sa classe.

Elle ne peut plus régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui. La société ne peut plus vivre sous sa domination, ce qui revient à dire que l’existence de la bourgeoisie n’est plus compatible avec celle de la société.

L’existence et la domination de la classe bourgeoise ont pour condition essentielle l’accumulation de la richesse aux mains des particuliers, la formation et l’accroissement du Capital ; la condition d’existence du capital, c’est le salariat. Le salariat repose exclusivement sur la concurrence des ouvriers entre eux. Le progrès de l’industrie, dont la bourgeoisie est l’agent sans volonté propre et sans résistance, substitue à l’isolement des ouvriers résultant de leur concurrence, leur union révolutionnaire par l’association. Ainsi, le développement de la grande industrie sape, sous les pieds de la bourgeoisie, le terrain même sur lequel elle a établi son système de production et d’appropriation. Avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables.

Explosion de la pauvreté en Allemagne

 

Explosion de la pauvreté en Allemagne dans Divers la-conference-nationale-de-lutte-contre-la-pauvrete_article_popin-300x167Les jeunes, les enfants et les mères seules au premier rang des miséreux dans le pays le plus riche d’Europe.

Le modèle économique allemand nous a été vanté sur tous les tons en France par les gouvernants, les « experts » et les médias. Or, la réalité est autre.

Le nombre de pauvres en Allemagne a augmenté dans les dix dernières années de 8 millions à 15 millions, une évolution qualifiée d’ « alarmante » par les auteurs de l’étude. Les conclusions de ce travail révèlent qu’une personne sur sept vit dans le pays le plus riche d’Europe avec moins du 60% du revenu médian.

Les couches les plus touchées  par la pauvreté sont « surtout  les jeunes adultes  et les enfants ». Le tableau est plus grave à l’Est du pays qu’à l’Ouest. Bien que vingt ans soient écoulés depuis l’intégration de la RDA, l’Est continue à être plus  touché par la pauvreté et le chômage avec 19% de la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté contre 13% à l’Ouest.

 « Un jeune sur quatre se trouve dans une situation de pauvreté » Sans ressources, les jeunes générations ont les plus grandes difficultés à terminer leurs études et à entrer ensuite sur le marché du travail.

Le chômage reste la principale cause de la pauvreté dans le pays, en raison de la difficulté de se réinsérer sur le marché du travail. Le faible taux d’emploi à temps plein des femmes avec enfants, dû au manque de places dans les crèches et dans les jardins d’enfants. En Allemagne, seulement  15% des enfants de moins de trois ans trouve une place dans une crèche. « Les familles monoparentales sont de loin les plus touchées, avec  40 % directement  menacées par la pauvreté. La pauvreté augmente avec le nombre d’enfants, malgré les aides accordées par l’Etat à partir du premier enfant.

Certains analystes établissent une comparaison avec la montée du chômage et de la misère dans les années 1930 ayant accouché du nazisme.

Les conditions de l’arrivée de Hitler au pouvoir, il y a 80 ans. « Donnez-moi quatre ans et vous ne reconnaîtrez plus l’Allemagne »

Nous reprenons ci-dessous l’analyse, remarquable synthèse, du camarade Herwig Lerouge, rédacteur en chef d’« Etudes marxistes », revue associée au Parti du travail de Belgique (extraite du n°101 – lien). vivelepcf.fr

Les conditions de l’arrivée de Hitler au pouvoir, il y a 80 ans. « Donnez-moi quatre ans et vous ne reconnaîtrez plus l’Allemagne » dans Communisme-Histoire- Théorie images180e anniversaire de la prise de pouvoir par Hitler

 

Le 30 janvier 1933, quand Hitler arrive au pouvoir, commence une ère de crimes contre l’humanité plus horribles les uns que les autres. En douze ans, les nazis ont mis sur pied une dictature sanglante, occasionné une guerre mondiale et la mort de 70 millions de personnes, planifié et exécuté un génocide à une échelle industrielle.

Dans sa déclaration gouvernementale du 1er février 1933, Hitler promettait au peuple allemand l’amélioration de la situation des travailleurs et des paysans ainsi que le maintien et la consolidation de la paix. « Donnez-moi quatre ans, et vous ne reconnaîtrez plus l’Allemagne », prophétisait-il (1). Après quatre ans de guerre, l’Allemagne, de même que l’Europe, ravagées, étaient en effet devenues méconnaissables.

On se demande comment le fascisme a pu arriver au pouvoir en Allemagne, qui en furent les responsables et comment empêcher son retour. Une connaissance scientifique des origines et de la nature profonde du fascisme renforce le combat d’aujourd’hui.

Un coup d’État légal

Le 30 janvier 1933, le président allemand Hindenburg nomme Premier ministre Adolf Hitler, le dirigeant du Parti national-socialiste allemand (nazi). Hindenburg était redevenu président en mars 1932. Les nazis proposaient Hitler. Le Parti du Centre soutenait le président sortant, le monarchiste Hindenburg. Le Parti socialiste allemand refusait de proposer un candidat commun avec le Parti communiste (KPD) et soutenait Hindenburg sous le mot d’ordre : « Battez Hitler — votez Hindenburg ». Le KPD menait campagne sous le mot d’ordre : « Voter Hindenburg, c’est voter Hitler. Voter Hitler, c’est voter pour la guerre ». Neuf mois plus tard, le président Hindenburg nommait Hitler. Même pas neuf ans plus tard, ce fut la guerre.

Le premier gouvernement de Hitler ne comptait que trois nazis, dont Hitler lui-même. Il n’était pas arrivé au pouvoir par une victoire électorale ni sur base d’une majorité parlementaire. Il n’osait même pas se présenter devant le Parlement, car il y était minoritaire. Il a préféré dissoudre le Parlement et organiser de nouvelles élections qui furent fixées au 5 mars.

Ce délai lui donna l’occasion de gouverner cinq semaines sans contrôle parlementaire. Il s’agissait d’un coup d’État légal, car la Constitution allemande de l’époque permettait au Président de dissoudre le Parlement ou de le suspendre temporairement.

Un régime de terreur

Le 4 février, Hindenburg prend une ordonnance d’urgence qui interdit toute critique du gouvernement, supprime la liberté de rassemblement et de presse du Parti communiste d’Allemagne (KPD) et d’autres organisations de gauche. Le KPD est alors engagé dans la campagne électorale.

Le 27 février, un anarchiste hollandais déséquilibré met le feu au Reichstag, le Parlement allemand. De nombreux historiens sont convaincus que l’incendie a en fait été provoqué par un détachement des Sections d’assaut (SA) nazies. Ce qui suit confirme la thèse de la provocation planifiée. Avant tout début d’enquête, la radio affirme que les communistes sont coupables. La même nuit, sur base de listes préparées à l’avance, plus de 10 000 communistes, socialistes, progressistes sont arrêtés. Toute la presse communiste et plusieurs journaux socialistes sont interdits. La liberté de la presse et de réunion sont suspendues.

Malgré cette répression, les élections ne donnent pas une majorité aux nazis ni une majorité des deux tiers au gouvernement de coalition dirigé par Hitler. Pour l’obtenir, le gouvernement radie les 81 mandats du KPD, sans qu’aucun parti ne proteste, même pas le Parti socialiste. Cela étant réglé, le Parlement vote la confiance et autorise ensuite le gouvernement Hitler à décréter des lois sans son autorisation. C’est en fait une autodissolution. Les socialistes votent contre la déclaration gouvernementale, mais jugent démocratiques les élections malgré la répression.

En deux ans, les nazis ont interdit les partis politiques, tué plus de 4 200 personnes, arrêté 317 800 opposants dont 218 600 ont été blessés et torturés. Le 20 mars 1933, le commissaire nazi à la police de Munich, Himmler, crée, dans les locaux d’une ancienne usine de poudre à Dachau, le premier camp de concentration destiné aux prisonniers politiques. Quarante autres suivront dans la même année.

J’ai des millions derrière moi

Hitler n’a donc pas été élu démocratiquement comme on l’entend souvent dire. En réalité, la décision de le nommer chancelier a été prise quelques semaines auparavant, le 3 janvier, dans la villa du banquier von Schröder. Jusque-là, les grands industriels et banquiers étaient divisés à son sujet.

À plusieurs reprises entre 1918 et 1923, les cercles les plus à droite de la classe dirigeante avaient tenté, par des coups d’État et une dictature militaire (le putsch de Kapp en 1920), de se débarrasser du système parlementaire, de supprimer les droits importants acquis par les travailleurs lors de révolution de novembre 1918 pour prendre ainsi leur revanche pour ce qu’ils y avaient perdu. Ces cercles s’appuyaient sur une partie de l’armée et sur les nombreuses organisations réactionnaires. L’une d’entre elles, le NSDAP (Parti national-socialiste des travailleurs allemands), avait en Bavière une influence locale certaine. Hitler avait été envoyé par l’armée comme informateur au sein de ce parti alors qu’il était encore militaire. De nombreux industriels voyaient déjà à cette époque dans le NSDAP une des organisations qui valaient la peine d’être soutenues. Ils l’ont financé.

Les hommes politiques de la bourgeoisie allemande avaient tiré les leçons de l’échec du putsch de Kapp de 1920 et de toutes les tentatives de mettre fin de manière violente à la république de Weimar. Vu l’organisation et la puissance du mouvement ouvrier allemand, il ne fallait plus tolérer à l’avenir de tentative de putsch. En 1923, le patron sidérurgiste Stinnes disait à l’ambassadeur américain : « Il faut trouver un dictateur qui aurait le pouvoir de faire tout ce qui est nécessaire. Un tel homme doit parler la langue du peuple et être lui-même un civil ; nous avons un tel homme (2). »

Avec la crise économique de 1929, ces mêmes cercles ont décidé de miser sur le parti de Hitler qui a reçu de leur part un soutien accru. Sans leurs millions, Hitler ne serait jamais devenu aussi important. Ils ont mis à sa disposition leurs hangars désaffectés qu’il a transformés en une version nazie de l’Armée du Salut. Des malheureux sans travail pouvaient s’y retrouver pour une assiette de soupe et un lit pour la nuit. Avant qu’ils s’en rendent compte, on leur avait collé sur le dos un uniforme et ils défilaient au pas de l’oie derrière le drapeau nazi. Durant la campagne présidentielle de 1932, les nazis ont collé des millions d’affiches, imprimé douze millions de numéros spéciaux de leur torchon de journal et organisé 3 000 meetings. Pour la première fois, ils ont fait usage de films et de disques. Hitler utilisait un avion privé pour se rendre d’un meeting à l’autre. En 1932, le parti nazi comptait des milliers de permanents et l’entretien des SA (sections d’assaut), à lui seul, coûtait deux millions de marks par semaine. Qui payait tout cela ? Certainement pas les membres sans travail du parti nazi…

Aux élections fédérales de septembre 1930, le NSDAP devient le deuxième parti avec plus de 6 millions de voix. Des représentants de premier ordre de la classe dirigeante s’expriment en faveur de la formation d’un gouvernement avec lui. Hitler est invité à exposer ses idées devant des cercles de grands capitalistes et plusieurs d’entre eux adhèrent au parti. Le directeur de la firme Siemens, Carl Friedrich von Siemens, prononce le 27 octobre 1931 un discours devant des membres importants de la finance américaine, pour dissiper les craintes que suscite une éventuelle montée au gouvernement des nazis. Il insiste surtout sur la volonté des nazis d’éradiquer le socialisme en Allemagne. Le 26 janvier 1932 au Düsseldorfer Industrieklub, Fritz Thyssen, le magnat de la sidérurgie, organise devant plus de cent grands patrons une conférence de Hitler, durant laquelle celui-ci assure que son mouvement voit dans la propriété privée le fondement de l’économie allemande et que son but principal est d’éradiquer jusqu’à la racine le marxisme en Allemagne.

Vite avant qu’il ne soit trop tard

Mais il faudra encore une année avant que ces patrons confient la chancellerie à Hitler. Ils avaient peur de la réaction du mouvement ouvrier. De plus, ils se livraient de violentes luttes de pouvoir, chacun voulant prendre la direction de la dictature en devenir.

Mais lors des élections fédérales du 6 novembre 1932, le Parti communiste d’Allemagne accroît fortement son influence parmi les travailleurs au détriment du Parti socialiste qui perd de plus en plus son emprise sur la classe ouvrière. Le capital craint un soulèvement révolutionnaire. Le NSDAP perd deux millions de voix. Un déclin plus important du parti risque de ruiner tous les espoirs du grand patronat. Ils mettent leurs querelles internes au vestiaire et décident de confier plus rapidement le pouvoir au parti de Hitler.

Le 19 novembre, des banquiers, de grands industriels et de grands propriétaires terriens demandent au président Hindenburg de nommer Hitler à la chancellerie. La rencontre entre le Premier ministre en exercice von Papen et Hitler dans la villa du banquier von Schröder le 4 janvier 1933 a scellé les arrangements qui ont conduit au 30 janvier 1933.

Certains patrons ont encore des doutes sur la capacité d’Hitler à contrôler son arrière-ban, chauffé par des discours démagogiques contre le grand capital. Mais Hitler les rassure. Le 20 février 1933, il reçoit le gratin du grand capital allemand. L’aile dite anticapitaliste du parti, qui avait cru à la démagogie de Hitler et pensait que les nazis prendraient aussi des mesures contre le grand capital, est éliminée. Pendant la nuit des longs couteaux, le 30 juin 1934, Hitler fait assassiner 1 000 cadres de ses propres sections d’assaut (SA).

Ce sont les Thyssen, Krupp, Siemens et autres qui ont déterminé la politique économique de Hitler. Il suffit de voir la composition du Haut comité économique sous le gouvernement nazi. Nous y trouvons Gustav Krupp von Bohlen, roi de l’industrie d’armement, Fritz Thyssen, baron de l’acier, C. von Siemens, roi de l’électricité, Karl Bosch, de l’industrie des colorants.

Le gouvernement Hitler bloque les salaires au niveau très bas de 1932, où ils étaient arrivés en raison de la crise. Les travailleurs sont privés de tous leurs droits et menacés d’emprisonnement dans un camp de concentration en cas de grève.

La loi nazie du 15 mai 1934 limite la liberté de changer d’employeur. Un livret de travail est introduit en février 1935. Sans ce document, aucun travailleur ne peut être engagé. Tout comme en Belgique au 19e siècle, un ouvrier qui désire travailler ailleurs peut en être empêché par son patron si celui-ci détient son livret de travail.

Le fascisme a porté la logique du capitalisme jusqu’à sa pire extrémité. La recherche de la compétitivité mène à une spirale descendante des salaires et des acquis sociaux. Le fascisme a porté la compétitivité des usines allemandes à des sommets jamais atteints. Dans les camps de travail, le coût salarial et les charges sociales sont quasiment réduits à zéro. Parmi les entreprises qui rivalisent pour obtenir la plus grande quantité possible de main-d’œuvre en provenance des camps de concentration, on retrouve le gratin du grand capital. Afin d’épargner leurs frais de transport, plusieurs firmes construisent leurs usines dans les environs immédiats des camps.

Le problème du chômage est résolu en envoyant une partie des chômeurs dans l’armée, une autre dans les usines d’armement. Les deux parties sont ainsi obligées de préparer leur propre mort et celle de dizaines de millions d’autres.

Une catastrophe évitable

Parler de la « facilité » avec laquelle le fascisme a gagné la victoire en 1933 est faux. Le combat que la classe ouvrière d’Allemagne a livré à l’extrême droite en marche a duré quinze années avant que la dictature fasciste ne puisse être instaurée ; dans cette lutte, des dizaines de milliers d’ouvriers ont perdu la vie sous les balles de l’ennemi et, si finalement ils n’ont pas pu empêcher l’établissement de la dictature fasciste, ce ne fut pas par suite de la supériorité du fascisme, mais bien seulement parce que l’action des travailleurs a été paralysée par certains de leurs dirigeants. Selon le grand historien allemand, Kurt Gossweiler, spécialiste du fascisme, cette catastrophe aurait pu être enrayée, mais seulement par le mouvement ouvrier en front uni, par le combat de masse uni de tous les antifascistes, y compris par des luttes extraparlementaires.

Le Parti communiste allemand était la seule force politique à opposer au fascisme une hostilité irréconciliable. Il a sans doute sous-estimé trop longtemps le danger, mais une fois qu’il en a pris conscience, il était prêt à mobiliser tous les moyens et toutes les forces nécessaires pour empêcher la prise de pouvoir des fascistes. Mais il n’était pas assez fort pour soulever seul les travailleurs, sans et contre la direction socialiste. Sans doute aurait-il pu faire plus d’efforts et plus tôt pour créer un front avec les travailleurs socialistes. Mais il est fort douteux que la réponse de la direction du Parti socialiste à cet effort aurait été positive.

Dans la période de préparation de la dictature fasciste, les dirigeants de l’aile droite de la social-démocratie ont joué un rôle très négatif. La classe ouvrière est précipitée dans une misère indescriptible. Le gouvernement du socialiste Müller a mis en œuvre dès le début de la crise de 1929 une politique antiouvrière et procapitaliste draconienne : en 1929, les capitalistes obtiennent 1,37 milliard de marks de diminutions d’impôts. Les impôts (indirects surtout) et les taxes qui frappent la masse de la population augmentent : les taxes sur les produits de première nécessité augmentent de 2 milliards de marks en 1929. Ce gouvernement a voté un plan qui supprime ou diminue les allocations de chômage pour 1,2 million de chômeurs. Le nombre d’exclus des allocations de chômage augmente de 500 000 en 1927 à plus d’un million en 1930. En janvier 1930, 80 % des sans-travail bénéficient de l’allocation de chômage. En décembre de la même année, ils ne seront plus que 57 %.

De « moindre mal » en « moindre mal » jusqu’à Hitler

En mars 1930, la droite fait exclure les socialistes du gouvernement national. Arrive le gouvernement Brüning du Parti du centre, qui fait de « l’assainissement des finances publiques » son point de programme principal. Au nom du « moindre mal », c’est-à-dire pour « éviter le fascisme », la social-démocratie abandonne son opposition parlementaire au gouvernement Brüning. Elle décide de « tolérer » le gouvernement et de voter contre toute motion de méfiance au parlement.

En novembre 1931, le gouvernement décide même une diminution de 10 à 15 % des revenus, l’annulation des conventions collectives existantes, le retour des salaires au niveau du 10 janvier 1927, la suppression du droit de grève, la diminution des allocations sociales et l’augmentation des cotisations, le report d’un an des élections sociales et la proclamation de l’état d’exception. Dans les faits, cette ordonnance signifiait une diminution réelle des revenus de 27 à 29 % et elle conduisait pratiquement à la suppression des droits démocratiques des travailleurs. Tout en la dénonçant dans sa presse, le PSA permet par l’abstention de ses députés le vote de cette ordonnance.

Les dirigeants socialistes s’en prennent plus souvent aux communistes qu’aux fascistes. Le premier mai 1929, le chef socialiste de la police de Berlin interdit les manifestations et fait tirer sur les 200 000 ouvriers qui manifestent quand même. Il tue 33 manifestants. Il interdit le journal du KPD et le 3 mai le ministre socialiste de l’Intérieur de Prusse interdit le Front rouge des combattants, l’organisation d’autodéfense antifasciste du KPD.

Au cours de 1930, plus de 80 antifascistes sont assassinés par les SA, les troupes de choc des nazis. Un climat de violence s’étend sur toute l’Allemagne. Mais Hitler joue le politicien respectable, soucieux de la légalité. Le PSA est tout prêt à le croire. Le journal socialiste Vorwärts du 3 décembre 1931 écrit : « Si on était sûr qu’une fois en place les nationaux-socialistes observeront les règles du jeu démocratique qu’ils prétendent suivre pour accéder au pouvoir, alors nous serions tout prêts à les laisser entrer au gouvernement et aujourd’hui plutôt que demain. »

Même face à la menace directe du fascisme, ils ont refusé de s’allier aux communistes. Quand en mai 1932 la droite au pouvoir à Berlin a destitué le gouvernement socialiste minoritaire de Prusse, le seul gouvernement régional socialiste restant, la direction du PSA a protesté verbalement, mais s’est soumise. Elle a taxé de « provocation » la proposition communiste d’appeler ensemble à la grève générale.

Pourtant, la droite et les fascistes n’étaient pas de taille à affronter une résistance active du PSA, de son organisation de lutte Reichsbanner, du syndicat, du KPD et du FRC (3). Juillet 1932 était probablement la dernière chance d’empêcher le fascisme d’arriver au pouvoir. Le nazi Goebbels disait à ce moment : « Les rouges ont laissé passer la grande occasion. Elle ne reviendra plus (4). »

Le 30 janvier 1933, les dirigeants socialistes rejettent à nouveau l’offre de grève générale du KPD. Aussi longtemps que Hitler « ne violait pas la constitution », ils ne voulaient pas se battre. Il fallait attendre les élections du 5 mars. Même la terreur contre les communistes et certains socialistes après l’incendie du Reichstag n’a pas changé leur position.

Encore en mars 1933, le chef des syndicats socialistes, Leipart, offre sa collaboration à Hitler : « Les syndicats sont prêts… à entrer en collaboration permanente avec des organisations patronales. Le contrôle par l’État (fasciste, ndlr) d’une telle collaboration, pourrait en certaines circonstances, en augmenter la valeur et en faciliter le fonctionnement… », dit-il (5).

Le 1er mai 1933, les nazis et les patrons appellent les ouvriers à participer en masse aux manifestations organisées par le régime. Les dirigeants syndicaux boivent le calice de la honte jusqu’à la lie et se joignent à cet appel. Cela ne leur sert à rien. Le lendemain, les principaux dirigeants syndicaux sont arrêtés et les biens des syndicats confisqués.

Mais le PSA va encore plus loin. Le 17 mai, les députés sociaux-démocrates votent pour la « révolution pacifique » de Hitler au Reichstag. Il s’agissait d’une exigence de révision du Traité de Versailles visant à lever toute barrière aux visées expansionnistes allemandes. Cette servilité ne rapporte rien non plus au PSA. Le 22 juin 1933, le gouvernement de Hitler interdit toute activité politique au PSA. Un nombre considérable de fonctionnaires socialistes et syndicaux, dont le tristement célèbre ministre de l’Intérieur de Prusse, Severing, n’hésitent pas à passer aux nazis.

En 1935, Georges Dimitrov, le dirigeant de l’Internationale communiste dira : « La victoire du fascisme était-elle inévitable en Allemagne ? Non, la classe ouvrière allemande pouvait la conjurer. Mais, pour cela, elle aurait dû obliger les chefs de la social-démocratie à cesser leur campagne contre les communistes et à accepter les propositions répétées du Parti communiste sur l’unité d’action contre le fascisme. Elle aurait dû répondre par une véritable lutte de masse, qui eût entravé les plans fascistes de la bourgeoisie allemande (6). »

Pour en savoir plus sur les origines du fascisme, sur les forces qui l’ont porté au pouvoir, sur la résistance, voici quelques sources :

Kurt Gossweiler, « Hitler, l’irrésistible ascension ? », Études marxistes, 67-68/2004.

Kurt Gossweiler, « L’économie allemande en 1933-1934 : De la crise mondiale au redressement », Études marxistes, 65/2006.

Herwig Lerouge, « Sans la trahison du parti socialiste allemand, le fascisme n’aurait jamais triomphé en Allemagne », Études marxistes, 15/1992.


1 – Voir notamment Thierry Feral, Le nazisme en dates (novembre 1918-novembre 1945), Éditions L’Harmattan, 2010, p. 173

2 – Kurt Gossweiler, « De Weimar à Hitler : les causes de l’avènement de la dictature fasciste », Études marxistes, no 67-68, p. 18

3 – Front rouge des combattants, l’organisation de lutte du KPD

4- Baay, « Der andere 20 Juli », Die Zeit, no 29, 21 juillet 1972

5- Françoise Knopper, Gilbert Merliop, Alain Ruiz, Le National socialisme, une révolution ?, Presses Universitaires du Miral, p. 156.

6 – Georges Dimitrov, « Le fascisme et la classe ouvrière », Œuvres choisies, Éditions sociales, 1972, p. 48

Raffinerie Pétroplus : l’exigence de nationalisation monte !

Article Vivelepcf, 18 avril 2013

Raffinerie Pétroplus : l’exigence de nationalisation monte ! dans APPELS index1Aucune des offres de reprise, certaines improbables (Libye…), n’a été retenue par le Tribunal de commerce de Rouen (NB : les juges des tribunaux de commerce sont des patrons élus par des patrons…).

Doit-on se résigner à ce que la raffinerie Pétroplus de Petit-Couronne soit démantelée, les 470 emplois supprimés ? Pour Arnaud Montebourg, la réponse est OUI : « l’Etat ne fait pas des miracles » (RTL, 18/04/2013). Pour la CGT de Petit-Couronne, comme pour nous communistes, la réponse est NON : « Il faut nationaliser ».

En 2010, Total liquidait sa raffinerie de Dunkerque. En 2011, Pétroplus déjà liquidait la raffinerie de Reichstett dans le Bas-Rhin. En fait, à Petit-Couronne comme à Reichstett, le modeste groupe suisse effectue la sale besogne pour le compte de la puissante multinationale Shell qui s’est désengagée de France en 2008. A Berre-l’Etang dans les Bouches-du-Rhône, une autre ancienne raffinerie de Shell est en arrêt, menacée de fermeture définitive par son repreneur américain Lyondell Basell.

La suppression en l’espace de 4 ans de 30% de capacité de raffinerie française correspondrait-elle à une fatalité économique ? Tout au contraire !

Le pays se retrouve incapable de satisfaire ses propres besoins dans nombre de produits dont le gazole, encore moins de fournir des pays dépourvus de cette industrie. Au total la capacité de raffinerie, après la fermeture de Grand-Couronne et de Berre, est tombée à 70,5 millions de tonnes pour une consommation nationale de pétrole brut de 83 millions de tonnes en 2011 (77,3 de produits raffinés).

Et il ne s’agit pas « canards boiteux » dont se débarrassent les grands trusts pétroliers mais d’usines de pointe dotées d’un personnel hautement qualifié. Leur seul objectif, c’est de se reconcentrer sur des activités plus rentables encore, de laisser le raffinage à des sous-traitants, si possible dans certains pays étrangers où existent des conditions financières avantageuses, à divers titres.

Considérant tous ces éléments, pour éviter ce gâchis humain et économique, la CGT de Petit-Couronne a raison d’interpeler directement le gouvernement : « il faut nationaliser ».

L’intervention de l’Etat a déjà été massive, mais dans le mauvais sens.

Le ministre Montebourg n’a pas lésiné dans les déplacements et les discours pour en définitive faire accepter au pays la casse de Petit-Couronne.

Depuis des années, les gouvernements successifs font le jeu des trusts pétroliers. La privatisation d’Elf, le désengagement de l’Etat de Total, au fil des années 90, ont fait de l’ensemble unifié la première pompe à dividendes du CAC 40. Sur 8 à 12 milliards d’euros de profits annuels, Total ne paie même pas le tiers du taux normal d’impôt sur les sociétés avec ses montages à l’étranger. Autant dire que de l’argent, il y en a !

Petit-Couronne, Berre : les capitalistes préfèrent saccager l’outil industriel pour maximiser leur profit. On ne peut pas laisser faire ! Il appartient aux ouvriers, au pays.

Dans le secteur clé de l’économie qu’est l’énergie, la nationalisation (sans indemnisation puisqu’il s’agit quasiment de biens vacants) s’impose, d’abord immédiatement celle de ces deux sites, ensuite de l’ensemble de l’activité de raffinerie, passage obligé de toute l’activité pétrolière, ensuite encore, de toute l’énergie.

PSA prêt à racheter 10% de ses propres actions : plus que jamais nationaliser !

Article Vivelepcf, 20 avril 2013

PSA prêt à racheter 10% de ses propres actions : plus que jamais nationaliser ! dans APPELS cgtaulnayLa direction du groupe PSA Peugeot-Citroën a mis à l’ordre du jour de l’assemblée annuelle des actionnaires, le 24 avril prochain, le rachat de 10% des actions de son propre capital.

Soi-disant dans le « rouge », PSA trouve 340 millions d’euros, non pas pour maintenir l’appareil de production en France, encore moins pour investir, mais pour enrichir les actionnaires et faire remonter à terme le cours en bourse.

C’est proprement scandaleux, alors que 8.000 salariés doivent être mis sur le carreau !

Entre 1999 et 2011, PSA avait déjà distribué au total 3 milliards d’euros à ses actionnaires sous forme de rachats d’actions et autant en dividendes, dont 450 millions en 2011, pourtant année de « crise ».

La vérité éclate encore un peu plus nettement :

PSA utilise et exagère la crise pour accélérer aujourd’hui les restructurations, les suppressions de site industriel et d’emploi en France, les délocalisations, pour maximiser ses profits de demain.

Pour 2012, son bilan comptable affiché, « catastrophique », révèle de manipulations comptables grossières. Sur 5,0 milliards d’euros de pertes affichées, 4,7 sont le résultat de « dépréciations d’actifs ».

Les ventes mondiales de PSA ont certes reculé en 2012, à 3 millions de véhicules contre 3,4 millions en 2007, mais partant de niveau record depuis plusieurs années. Et l’essentiel du recul est dû au désengagement politique du marché iranien, suite à l’accord avec le groupe américain General Motors : 300.000 véhicules vendus en moins entre 2011 et 2012. Peu le savent, le marché iranien était le premier marché étranger de PSA.

Notons que PSA retarde aussi la sortie de nouveaux modèles.

Les forces existent pour empêcher cette politique de casse industrielle.

Avec courage et détermination, des centaines d’ouvriers de l’usine Citroën d’Aulnay, sous la conduite de la CGT, poursuivent une grève depuis plusieurs semaines pour « qu’aucun PSA ne se retrouve au pôle emploi ». Pour limiter l’incendie, la direction réprime d’un côté et négocie de l’autre des reclassements avec les syndicats d’accompagnement « majoritaires » (CFDT et syndicat maison). Ceux-ci tentent de récupérer à leur compte le résultat de l’action des grévistes.

Le gouvernement déploie toute son énergie dans le même sens d’aménagement du plan de suppressions d’emploi, par exemple en réservant des embauches dans les entreprises publiques aux ex-Citroën. Ce n’est pas cela qui diminuera le chômage !

Pendant ce temps, la direction de Renault profite du climat instauré avec le plan de PSA pour faire passer, en collaboration avec les syndicats d’accompagnement (CGC, FO, CFDT), son propre nouveau plan de « compétitivité », en réalité de suppressions de 7500 postes d’ici 2016 (sans licenciement) et d’augmentation de 6,5% du temps de travail, contre des promesses de maintien d’un niveau minimum de production en France. Le ministre Montebourg donne sa bénédiction à cet accord.

Partout, le rapport de force est tangent.

D’un côté, les grévistes de PSA reçoivent une large solidarité. La colère et la mobilisation des ouvriers de Citroën-Rennes ou de Renault Flins ne se démentent pas. Les manifestations contre les accords gouvernement/Medef/CFDT de flexibilisation du marché du travail ont marqué l’amorce d’une reprise des grandes mobilisations de 2009 et 2010, de convergences de lutte.

Mais de l’autre côté, les voies de l’accompagnement et de la résignation continuent de l’emporter.  Le gouvernement met toute son action politique et économique, des numéros de bateleur de Montebourg aux nouvelles aides financières directes, pour les faire prévaloir.

La nécessité d’une perspective alternative à la hauteur de l’attaque globale contre l’industrie automobile en France, de mots d’ordre d’ensemble, justes et réalistes, s’impose de plus en plus.

La nationalisation de PSA et la renationalisation intégrale de Renault, entreprises structurantes du secteur, devraient d’autant plus être à l’ordre du jour que l’intervention du gouvernement est massive. Les aides publiques attribués aux licencieurs se multiplient depuis des années, des milliards d’euros. Le gouvernement a accordé une garantie financière à la banque du groupe PSA à hauteur de 7 milliards d’euros en octobre 2012 (normalement en échange de l’absence de versement de dividendes ou de rachats d’actions – on va voir…).

La direction de PSA, avec son projet de rachat de 10% de ses propres actions finit de se disqualifier aux yeux du pays. Actuellement, la valeur boursière de PSA est au plus bas, 3,4 milliards d’euros. C’est bien moins que ce que représenterait la restitution des aides publiques détournées vers les actionnaires.

La revendication de la nationalisation de PSA et RENAULT! Oui tout de suite !

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Lettre ouverte pour Ardisson à propos de son invité Onfray

Lettre ouverte pour Ardisson, Société de production de l’émission (salut les terriens) du 2 mars dernier où était invité Onfray

                                                                                                       Bagneux le 25 mars 2013

Lettre          ouverte à    Teleparis
4 bis,rue     Descombes
75017 Paris


Pour Ardisson, Société de production de l’émission (salut les terriens) du 2 mars dernier où était invité Onfray.

Monsieur,

C’est avec retard que nous avons pris connaissance de votre émission, dans laquelle vous permettez au sieur Onfray, de vomir son anticommunisme, mettant en cause les FTP-MOI (Franc-Tireur et Partisans de la Main d’Œuvre Immigrée) et en offensant les communistes que nous sommes.

Cet individu, affirme que les communistes français (dont les FTP-MOI étaient un des bras armé) ne sont entrés en Résistance qu’après l’attaque allemande contre l’Union Soviétique et que pendant deux ans ils ont collaboré avec les nazis et qu’ils étaient anti-juifs. Et cette crapule ose ajouter : « Nous leur accorderons tout de même le bénéfice du doute sur les horreurs de la Shoah. En avaient-ils connaissance ? Les idolâtres les plus fanatisés vous diront que non …. ».

Oser prétendre, comme il l’a dit, que peu ou prou nous aurions participé à la Shoah, relève  de la diffamation. Il est intolérable que vous rendiez ces vilénies publiques et cela ne vous honore pas de permettre à cet histrion de se donner en spectacle dans votre émission.

Pendant la guerre, même les collaborateurs les plus pourris n’ont jamais  accusé les communistes et les FTP-MOI d’être anti-juifs, bien au contraire, ils nous désignaient sous l’appellation de judéo-communistes. D’après Onfray, ceux qui nieraient ses fausses révélations ne seraient que « des idolâtres les plus fanatisés ». En ce qui nous concerne, nous anciens FTP-MOI faisons partie de « ces fanatisés là » qu’il ait donc le courage de venir raconter ces saloperies dans une de nos réunions  et il pourra constater à loisir que des vieillards fanatisés de 90 ans seront encore capables de lui faire avaler ces insanités.

Il convient de rappeler, que les combattants FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté (unité que des historiens désignent aujourd’hui comme « Le fer de lance de la Résistance armée française») ont été créés à l’initiative du Parti Communiste.

Les premiers engagés dans ces unités étaient des anciens des Brigades Internationales en Espagne et la majorité des dirigeants de la M.O.I. ainsi qu’une partie de ses combattants étaient d’origine juive, comme le prouve le nom des  fusillés de l’Affiche Rouge.

Dans les cinq premiers créateurs de Carmagnole, il y avait, trois anciens des Brigades Internationales, mais tous les cinq étaient d’origine juive. Nous accuser  de porter une part de responsabilité dans la Shoah, c’est nous accuser d’avoir participé à la déportation de nos propres familles, car à la libération combien d’entre nous se sont retrouvés tout seuls, leurs familles ayant totalement disparu dans les fours crématoires d’Auschwitz

Ces affirmations sont innommables et tous les mots orduriers figurant sur les dictionnaires sont encore faibles pour dire ce que nous pensons de votre hôte parasite.

Afin que vous sachiez, afin que vous connaissiez les falsifications historiques et les vilénies que vous avez permis de rendre publiques à l’odieux Onfray, nous allons  vous démontrer par des preuves incontestables, que les communistes sont entrés les premiers en Résistance contre les nazis. Oui ! Nous disons bien les premiers ! Et ci-dessous nous allons vous le démontrer.

Voici quelques unes des prises de position et d’opérations militaires effectuées bien avant l’attaque avant l’attaque contre  l’Union Soviétique.

Commençons par le début.

Dès 1936 beaucoup de communistes Français à l’appel de leur Parti, s’engagèrent comme volontaires dans les Brigades Internationales afin de porter secours au peuple espagnol agressé par le général Franco, qui s’était insurgé contre son propre gouvernement.

Ce général renégat, était aidé dans ses combats contre la République espagnole, par les nazis et les fascistes italiens venus lui prêter main forte.

Bien des années après, le gouvernement français reconnaissait que ceux qui s’étaient engagés et battus dans les Brigades Internationales, n’avaient pas seulement combattu pour défendre la République espagnole, mais qu’ils avaient également été les premiers à  prendre les armes pour la défense de la  liberté de notre pays.

En reconnaissance des services rendus à leur Patrie, le gouvernement Français leur a attribué la  Carte de Combattant.

Le 6  Juin 1940 : Le Parti Communiste Français, charge le philosophe Georges Politzer (qui sera fusillé par les nazis) de remettre au ministre Anatole de Monzie un texte en cinq points rédigé par Benoît Frachon. Le dernier point est ainsi libellé : « Il faut armer le peuple et faire de Paris une citadelle inexpugnable ». Il s’agit en fait du premier appel à la Résistance ouverte alors que la France n’a pas encore été envahie. On retrouve l’esprit et parfois la lettre de ce texte dans les tracts clandestins qui seront plus tard diffusés par les militants communistes. (Il en existe des exemplaires au Musée de la Résistance Nationale à Champigny).

Le 16 juin 1940 Les communistes brestois constituent leur premier dépôt d’armes au Bouguen, provenant d’armes abandonnées par l’armée anglaise.

Le 17 juin 1940 : Charles Tillon, Responsable National du PCF et futur commandant en chef de tous les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) était chargé par la direction du PCF, de réorganiser le Parti Communiste dans le Sud-ouest après les nombreuses arrestations, opérées dans les rangs de PCF.  Il lance, un véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien.   Voici quelques phrases de cet appel : « Mais le peuple français ne veut pas d’esclavage, de la misère et du fascisme …. Nous sommes pour un gouvernement, rétablissant la légalité du Parti Communiste, luttant contre le fascisme hitlérien. Nous sommes le nombre nous seront la force.  Peuple des usines, des champs, des magasins et des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins et aviateurs encore sous les armes, unissez vous dans l’action ». Il s’agit bien là du premier véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien lancé après l’occupation de notre pays. Il est utile d’ajouter  que des milliers de tracts reproduisant cet appel, furent distribués dans les rues de Bordeaux par des militants communistes.

En Juillet 1940 : A Nantes une famille d’instituteurs communistes nommée Leroy, à saboté une centrale électrique et participé à une distribution de tracts appelant à la Résistance.

Le 10 juillet 1940 : L’appel de Maurice Thorez et de Jacques Duclos qui déclare : « Un peuple comme le notre ne sera jamais un peuple d’esclaves ».

En août 1940 : « Dans le Nord, les communistes, Eusebio Ferrari, les frères Martel, les frères Camphin, Debarge et quelques autres incendient plusieurs véhicules de l’armée d’occupation et font sauter un train allemand ».

Le 29 septembre 1940 Le commissaire central du département, adresse un rapport au préfet de l’Aube : « Activité du Parti communiste, j’ai l’honneur de vous signaler que le Parti Communiste aurait organisé le ramassage sur tout le territoire des armes abandonnées par l’armée française pour en constituer des dépôts clandestins ».

Le 5 octobre 1940 Un rapport de Vichy fait état : «Que le communisme est devenu le symbole de l’indépendance nationale par contraste avec la résignation générale.

Octobre 1940 Le SS Sturmbahfuhrer Karl Bomelburg, chef de la Gestapo à Paris, signale à ses supérieurs le danger important auquel l’occupant est confronté : « Quoiqu’interdit le Parti Communiste est le seul des anciens Partis qui déploie encore une forte activité ».

Le 30 octobre 1940 : L’O.S. (l’Organisation Spéciale du Parti communiste) qui combattait déjà depuis quelques temps contre les occupants, a été officiellement homologuée « Unité Combattante le 30 octobre 1940 » par le ministère des Armées Françaises. Ces groupes spéciaux, constitués par le PCF en 1939, pour la protection des militants communistes recherchés par la police de Vichy, étaient des hommes aguerris, beaucoup avaient servi dans les Brigades Internationales en Espagne. Parmi les premiers animateurs de l’O.S. se distingueront des hommes qui paieront de leur vie la gloire des premières opérations militaires contre l’occupant.  La liste des survivants artisans de l’O.S. est moins longue que celle des morts. Tous fusillés en 1941 et 1942.

Novembre 1940 : « Julien Hapiot, dirigeant communiste dans le Nord et Georges Capel incendient un parc automobile Allemand ».

Le 4 décembre 1940 : « Roger Landini, dirigeant des jeunesses communistes dans le Var, avec ses camarades a fait dérailler en gare de triage de Fréjus-Plage, un train chargé de produits alimentaires destinés à  Allemagne ».

Le même mois : Eusebio Ferrari et Félicien Joly font sauter un train allemand et dynamitent la génératrice et la station de Bénory-Cumichy

Le 11 décembre 1940 Au sud-est de Dijon,  les groupes de l’O.S. dirigés par Jean Mahon, Chalon et Grillot, font dérailler un train de marchandise, partant pour l’Allemagne.

Le 10 mars 1941, un groupe de l’O.S. abat trois soldats allemands au port de commerce de Brest.

Le 30 avril 1941 un sous officier allemand est abattu à Lambersart dans le Nord par le groupe de l’O.S. d’Eusebio Ferrari.

Le premier mai 1941 les groupes de l’O.S. sont dissouts et remplacé ce même jour par les FTPF et les FTP-MOI, qui eux ont officiellement été homologués « Unité Combattante »  à partir de ce premier mai 1941, par le ministère des armées.

Début mai 1941 A nouveau le groupe d’Eusebio Ferrari abat des soldats hitlériens à Lambersart.

Toujours en mai 1941 les FTP détruisent un parc à voitures allemand à Saint-Die dans les Vosges.

Fin mai début juin 1941 Déclenchement de la grande drève des mineurs.
Grève organisée par les communistes : Auguste Lecœur,  Michel Brûlé, Julien Hapiot, Charles Debarge.
Dans le Pas-de-Calais cette grève  rassemble 100 000 mineurs et prive les nazis d’une importante quantité de charbon.

Le 26 mai 1941 Dans un numéro illégal de L’HUMANITE  on peut lire : « Abat l’antisémitisme ! ».

Et ce ne sont là que quelques unes des multiples actions menées par les communistes. Ces quelques exemples démontrent  que les communistes, contrairement à ce qu’affirme Onfray n’ont pas attendu l’attaque contre l’Union Soviétique pour prendre les armes contre les nazis et les fascistes.

Au sujet de la scandaleuse calomnie à l’encontre de Guy Môquet,  voici quelques documents prouvant le contraire de ce qu’à écrit Onfray :

Le 30 mars 1939, sous le titre : « La dernière chance de la paix », Maurice Thorez, Secrétaire général du Parti Communiste Français écrit dans « l’Humanité » : « Le fascisme c’est la guerre. La marche des évènements depuis quelques années confirme absolument cette vérité première  …. Que faire devant la menace ? Sinon unir, sinon unir tous les peuples de bonne volonté et en premier lieu la  France, l’Angleterre, l’Union soviétique et par delà l’océan les Etats-Unis d’Amérique ? ».  Ces phrases furent déterminantes dans l’attitude à avoir pour tous les communistes, Il fallait s’unir et combattre le fascisme.

Guy Môquet.

Son père député communiste fut arrêté en octobre 1939.  Cette arrestation est un évènement marquant qui renforce  l’ardeur militante de Guy.

Avec l’occupation de Paris et l’instauration du gouvernement de Vichy, Guy  déploie une grande activité pour coller des « papillons » et distribuer des tracts qui reflètent la ligne politique de son Parti. La ligne étant celle qu’avait définie par Maurice Thorez et Jacques Duclos, il fallait se battre contre le nazisme et le fascisme et ses vils serviteurs du gouvernement de Vichy

Les diffamations du répugnant Onfray prouvent que Guy Môquet et ses camarades ne pouvaient qu’avoir appliquer les directives de la direction de leur Parti et prétendre autre chose comme il le fait,  relève de la salissure volontaire d’une des figures les plus emblématiques de la résistance française.

Notre lettre aura eu entre autre comme tâche de vous démontrer qu’Onfray n’est qu’un vulgaire falsificateur et que par ses calomnies il porte atteinte à tout le monde de la Résistance. Vous devriez à l’avenir choisir un peu mieux les personnes que vous présentez car nous sommes contraints de penser que vous partagez leurs avis en les présentant avec tant d’égards.

Conclusion : Onfray n’est qu’un salopard. Cela n’est pas une insulte mais une constatation.

Salopard, la définition de ce mot donnée par le dictionnaire Larousse est la suivante : « Salopard – Individu sans scrupule qui agit envers autrui d’une façon ignoble ».

·         Le Président: Léon Landini

·         Président de  l’Amicale des Anciens FTP-MOI des Bataillons Carmagnole-Liberté

·         Officier de la Légion d’Honneur – Médaille de la Résistance – Grand Mutilé de Guerre (suite aux tortures endurées pendant son internement) membre du Comité d’Honneur du Musée de la Résistance Nationale de Champigny.

EADS: le nouveau cadeau de l’Etat à Lagardère

16 avril 2013 | Par Martine Orange

Mediapart

Onze ans après avoir fait part de son intention, Arnaud Lagardère a enfin pu réaliser son projet : sortir d’EADS. Profitant du cours dopé grâce à la grande générosité du groupe aéronautique , Lagardère s’est empressé le 9 avril de liquider les 7,5 % qu’il détenait encore dans EADS.

Cette sortie n’a fait que des heureux. La direction d’EADS qui n’en pouvait plus de la présence de cet actionnaire velléitaire, qui ne lui a rien apporté, sinon des ennuis. Le gouvernement français qui se terrait en voyant cet actionnaire censé représenter les intérêts de l’État français se ridiculiser et ne daignant même pas assister au conseil l’investissant comme président du groupe. Et surtout le groupe Lagardère. Dans un communiqué daté du 15 avril, celui-ci a confirmé que la vente réalisée dans des conditions inespérées lui a permis d’engranger 2,28 milliards d’euros, soit l’équivalent de 66 % de sa capitalisation boursière (3,6 milliards d’euros). Cette cession permet au groupe d’empocher une plus-value de 1,8 milliard d’euros.

Décidément, EADS aura été une excellente affaire pour le groupe Lagardère. Tout au long de cette histoire, le groupe a bénéficié de largesses inimaginables de la part de la République. Dans un rapport sur la politique de défense et le rôle de l’Etat actionnaire, remis la semaine dernière, la Cour des comptes relève l’exceptionnel cadeau, dénoncé maintes fois dans la presse, fait au groupe Lagardère au moment de la fusion avec Aérospatiale en 1998 : obtenir 30 % du capital du nouveau groupe, alors qu’Aérospatiale pesait 32 milliards de francs quand Matra en totalisait à peine 5 milliards. « L’État a accepté de diluer son pouvoir sans obtenir de ses partenaires de réelles contreparties », note la Cour des comptes. Quinze ans après, il est temps de s’en rendre compte.

Mais la générosité de l’État ne semble pas devoir s’arrêter là. Car le groupe Lagardère risque de ne payer pratiquement aucun impôt sur cette vente, selon nos informations. Contacté, le groupe Lagardère s’est contenté de nous répondre qu’il « suivrait la réglementation française », sans vouloir démentir ou confirmer nos chiffres. Mais cette dernière lui est justement particulièrement favorable. Le groupe Lagardère va profiter de la niche Copé, qui permet aux maisons mères d’être exemptées de la taxation sur les plus-values lors de la vente de titres de leurs filiales.

Cette niche Copé, qui bénéficie essentiellement aux grands groupes du CAC 40, coûte en moyenne au budget de l’État entre 4 et 6 milliards d’euros par an. Lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les socialistes n’avaient pas manqué de dénoncer cette niche et de demander sa suppression. Lors de la discussion de la loi de finances de 2013, cette volonté s’est évanouie. Le gouvernement a juste décidé de porter de 10 % à 12 % la quote-part des frais et charges à réintégrer dans le calcul de l’impôt sur les sociétés, en contrepartie de l’exemption totale de plus-values sur cession.

Jérôme Cahuzac, alors ministre du budget, avait justifié ce choix devant l’Assemblée : « Quant au niveau de la mesure, je l’assume parfaitement. Pendant cinq ans, j’ai dénoncé les excès de la “niche Copé”, dont je rappelle qu’elle a coûté entre 4 et 6 milliards d’euros chaque année. Il est donc normal que nous tentions d’en corriger les effets sans en supprimer le principe. Cette disposition sera ainsi équilibrée », avait-il expliqué.

Dispense fiscale

L’équilibre, pour le groupe Lagardère, va être tout bénéfice. Au lieu de payer quelque 600 millions d’euros d’impôt, dans le cadre d’une  fiscalité normale, il devra verser à peine 70 millions d’impôt pour cette cession. Et peut-être moins. Car le groupe Lagardère était en perte en 2011, en raison des déboires de sa branche sport. Il avait aussi l’année précédente déprécié sa participation restante dans EADS, ramenée à 460 millions d’euros à peine, ce qui avait contribué à minorer son bénéfice. Les reports déficitaires vont permettre d’effacer un peu plus les plus-values actuelles.

Ce n’est pas la première fois que Lagardère profite de telles largesses. En 2006, Arnaud Lagardère avait déjà cédé 7,5 % du capital d’EADS dans des conditions si controversées qu’elles lui avaient valud’être soupçonné de délit d’initié: le groupe avait vendu en même temps que l’autre co-actionnaire, Daimler, juste avant l’annonce de graves problèmes d’industrialisation sur l’A 380.

Dans le cadre de cette cession, le groupe Lagardère avait organisé, par l’entremise de Natixis, un montage complexe (ORAPA) afin de céder sur trois ans ses titres, mais en fixant par avance le prix de vente. L’opération lui avait permis d’empocher 1,9 milliard d’euros dont 900 millions de plus-value.

La Caisse des dépôts s’était alors portée acquéreur de 1,3 % du capital. Découvrant par la suite les déboires de l’A 380, elle avait engagé une action judiciaire contre Lagardère. Arnaud Lagardère s’était défendu de toute volonté de tromper la Caisse, en expliquant qu’il préférait« être considéré comme incompétent plutôt que malhonnête », mais avait dû malgré tout s’expliquer devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale.

En coulisses, Arnaud Lagardère se préoccupait surtout de préserver son patrimoine et d’éviter toute taxation sur ses plus-values. Sous la haute protection de son « frère » Nicolas Sarkozy, il demanda donc au ministère du budget, alors dirigé par Éric Woerth, un rescrit fiscal afin d’obtenir une garantie de l’administration fiscale que, malgré son montage compliqué, son groupe pouvait bien utiliser la niche Copé. Surprise ! L’administration fiscale lui donna toutes les assurances voulues. À nouveau, au lieu de payer quelque 250 millions d’euros d’impôts, le groupe n’a versé à l’époque, selon nos informations, que 23 millions d’euros. Dix fois moins ! Interrogé, le ministère du budget a refusé de confirmer l’existence de ce rescrit fiscal en évoquant le secret fiscal.

Ainsi, à toutes les étapes de la vie d’EADS, de sa création à sa sortie, le groupe Lagardère a systématiquement été favorisé au détriment de l’État. Il sort en ayant empoché 5 milliards d’euros, dont près de 3 milliards d’euros de plus-values, sans parler des dividendes. Sans se sentir pour autant redevable de quoi que ce soit. Selon les calculs, il versera au total à peine 100 millions d’impôts sur les plus-values.

Dans une lettre adressée en février au ministre des finances, Pierre Moscovici, le député UMP de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, s’étonnait des avantages exorbitants dont bénéficiait le groupe Lagardère pour sa sortie et s’interrogeait sur leur légitimité ? Il n’a pas reçu de réponse. La question mérite pourtant d’être reposée. Au moment où le pays se débat dans la crise, que le gouvernement cherche tous les expédients pour boucler ses fins de mois, pourquoi accorder de tels cadeaux au groupe Lagardère ?

Car se priver de quelque 600 millions de recettes fiscales, ce n’est pas une petite somme. Dans le même temps, il envisage de laisser filer encore un peu plus le contrôle d’EADS et de faire racheter par le groupe aéronautique 1,56 % du capital qu’il détient. Cette opération, fait déjà miroiter Bercy, permettrait à l’État de gagner 456 millions d’euros. En un mot, l’intérêt général est perdant sur toute la ligne.

Pendant ce temps, le groupe Lagardère a annoncé que, grâce à cette « magnifique » cession, il versera un dividende exceptionnel. Les premiers bénéficiaires seront Arnaud Lagardère et les Qataris, devenus les premiers actionnaires du groupe.

Si nous ne payons pas nos impôts ou nos dettes, ils prennent nos maisons. Ils ne payent ni leur impôts ni leurs dettes, prenons leurs entreprises. Expropriations, réquisitions, NATIONALISATIONS !!!

PCF Section de St-Quentin

Le Mardifeste du Parti Communiste 2

Chaque mardi, un épisode du manifeste

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Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations. Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l’adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n’emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe. À la place des anciens besoins, satisfaits par les produits nationaux, naissent des besoins nouveaux, réclamant pour leur satisfaction les produits des contrées et des climats les plus lointains. À la place de l’ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations. Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l’est pas moins des productions de l’esprit Les œuvres intellectuelles d’une nation deviennent la propriété commune de toutes. L’étroitesse et l’exclusivisme nationaux deviennent de jour en jour plus impossibles et de la multiplicité des littératures nationales et locales naît une littérature universelle.

Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers. Sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; elle les force à introduire chez elle la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image.

La bourgeoisie a soumis la campagne à la ville. Elle a créé d’énormes cités ; elle a prodigieusement augmenté la population des villes par rapport à celles des campagnes, et par là, elle a arraché une grande partie de la population à l’abrutissement de la vie des champs. De même qu’elle a soumis la campagne à la ville, les pays barbares ou demi-barbares aux pays civilisés, elle a subordonné les peuples de paysans aux peuples de bourgeois, l’Orient à l’Occident.La bourgeoisie supprime de plus en plus l’émiettement des moyens de production, de la propriété et de la population. Elle a aggloméré la population, centralisé les moyens de production et concentré la propriété dans un petit nombre de mains. La conséquence totale de ces changements a été la centralisation politique. Des provinces indépendantes, tout juste fédérées entre elles, ayant des intérêts, des lois, des gouvernements, des tarifs douaniers différents, ont été réunies en une seule nation, avec un seul gouvernement, une seule loi, un seul intérêt national de classe, derrière un seul cordon douanier.

La bourgeoisie, au cours de sa domination de classe à peine séculaire, a créé des forces productives plus nombreuses ; et plus colossales que l’avaient fait toutes les générations passées prises ensemble. La domestication des forces de la nature, les machines, l’application de la chimie à l’industrie et à l’agriculture, la navigation à vapeur, les chemins de fer, les télégraphes électriques, le défrichement de continents entiers, la régularisation des fleuves, des populations entières jaillies du sol – quel siècle antérieur aurait soupçonné que de pareilles forces productives dorment au sein du travail social ? Voici donc ce que nous avons vu : les moyens de production et d’échange, sur la base desquels s’est édifiée la bourgeoisie, furent créés à l’intérieur de la société féodale. À un certain degré du développement de ces moyens de production et d’échange, les conditions dans lesquelles la société féodale produisait et échangeait, l’organisation féodale de l’agriculture et de la manufacture, en un mot le régime féodal de propriété, cessèrent de correspondre aux forces productives en plein

développement. Ils entravaient la production au lieu de la faire progresser. Ils se transformèrent en autant de chaînes. Il fallait les briser. Et on les brisa.

À sa place s’éleva la libre concurrence, avec une constitution sociale et politique appropriée, avec la suprématie économique et politique de la classe bourgeoise.

Nous assistons aujourd’hui à un processus analogue. Les conditions bourgeoises de production et d’échange, le régime bourgeois de la propriété, la société bourgeoise moderne, qui a fait surgir de si puissants moyens de production et d’échange, ressemblent au magicien qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu’il a évoquées. Depuis des dizaines d’années, l’histoire de l’industrie et du commerce n’est autre chose que l’histoire de la révolte des forces productives modernes contre les rapports modernes de production, contre le régime de propriété qui conditionnent l’existence de la bourgeoisie et sa domination. Il suffit de mentionner les crises commerciales qui, par leur retour périodique, menacent de plus en plus l’existence de la société bourgeoise. Chaque crise détruit régulièrement non seulement une masse de produits déjà créés, mais encore une grande partie des forces productives déjà existantes elles-mêmes. Une épidémie qui, à toute autre époque, eût semblé une absurdité, s’abat sur la société, – l’épidémie de la surproduction. La société se trouve subitement ramenée à un état de barbarie momentanée ; on dirait qu’une famine, une guerre d’extermination lui ont coupé tous ses moyens de subsistance ; l’industrie et le commerce semblent anéantis. Et pourquoi ? Parce que la société a trop de civilisation, trop de moyens de subsistance, trop d’industrie, trop de commerce. Les forces productives dont elle dispose ne favorisent plus le régime de la propriété bourgeoise ; au contraire, elles sont devenues trop puissantes pour ce régime qui alors leur fait obstacle ; et toutes les fois que les forces productives sociales triomphent de cet obstacle, elles précipitent dans le désordre la société bourgeoise tout entière et menacent l’existence de la propriété bourgeoise.

Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées dans son sein. – Comment la bourgeoisie surmonte-t-elle ces crises ? D’un côté, en détruisant par la violence une masse de forces productives ; de l’autre, en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant plus à fond les anciens. À quoi cela aboutit-il ? À préparer des crises plus générales et plus formidables et à diminuer les moyens de les prévenir. Les armes dont la bourgeoisie s’est servie pour abattre la féodalité se retournent aujourd’hui contre la bourgeoisie elle-même.

Mais la bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui la mettront à mort ; elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes, les ouvriers modernes, les prolétaires.

À mesure que grandit la bourgeoisie, c’est-à-dire le capital, se développe aussi le prolétariat, la classe des ouvriers modernes qui ne vivent qu’à la condition de trouver du travail et qui n’en trouvent que si leur travail accroît le capital. Ces ouvriers, contraints de se vendre au jour le jour, sont une marchandise, un article de commerce comme un autre ; ils sont exposés, par conséquent, à toutes les vicissitudes de la concurrence, à toutes les fluctuations du marché.

Le développement du machinisme et la division du travail, en faisant perdre au travail de l’ouvrier tout caractère d’autonomie, lui ont fait perdre tout attrait. Le producteur devient un simple accessoire de la machine, on n’exige de lui que l’opération la plus simple, la plus monotone, la plus vite apprise. Par conséquent, ce que coûte l’ouvrier se réduit, à peu de chose près, au coût de ce qu’il lui faut pour s’entretenir et perpétuer sa descendance. Or, le prix du travail, comme celui de toute marchandise, est égal à son coût de production. Donc, plus le travail devient répugnant, plus les salaires baissent. Bien plus, la somme de labeur s’accroît avec le développement du machinisme et de la division du travail, soit par l’augmentation des heures ouvrables, soit par l’augmentation du travail exigé dans un temps donné, l’accélération du mouvement des machines, etc.

L’industrie moderne a fait du petit atelier du maître artisan patriarcal la grande fabrique du capitalisme industriel. Des masses d’ouvriers, entassés dans la fabrique, sont organisés militairement. Simples soldats de l’industrie, ils sont placés sous la surveillance d’une hiérarchie complète de sous-officiers et d’officiers. Ils ne sont pas seulement les esclaves de la classe bourgeoise, de l’État bourgeois, mais encore, chaque jour, à chaque heure, les esclaves de la machine, du contremaître et surtout du bourgeois fabricant lui-même. Plus ce despotisme proclame ouvertement le profit comme son but unique, plus il devient mesquin, odieux, exaspérant.

Moins le travail exige d’habileté et de force, c’est-à-dire plus l’industrie moderne progresse, et plus le travail des hommes est supplanté par celui des femmes et des enfants. Les distinctions d’âge et de sexe n’ont plus d’importance sociale pour la classe ouvrière. Il n’y a plus que des instruments de travail, dont le coût varie suivant l’âge et le sexe.

Une fois que l’ouvrier a subi l’exploitation du fabricant et qu’on lui a compté son salaire, il devient la proie d’autres membres de la bourgeoisie : du propriétaire, du détaillant, du prêteur sur gages, etc., etc.

Petits industriels, marchands et rentiers, artisans et paysans, tout l’échelon inférieur des classes moyennes de jadis, tombent dans le prolétariat ; d’une part, parce que leurs faibles capitaux ne leur permettant pas d’employer les procédés de la grande industrie, ils succombent dans leur concurrence avec les grands capitalistes ; d’autre part, parce que leur habileté technique est dépréciée par les méthodes nouvelles de production. De sorte que le prolétariat se recrute dans toutes les classes de la population.

Nicolas Maduro élu président du Venezuela au 1er tour, avec 50,66% des voix! Après le défi démocratique, le nouveau défi socialiste.

Vivelepcf, 15 avril 2013

La bourgeoisie vénézuélienne n’a pas réussi à utiliser la mort d’Hugo Chavez pour renverser le cours de la Révolution bolivarienne.

Nicolas Maduro élu président du Venezuela au 1er tour, avec 50,66% des voix! Après le défi démocratique, le nouveau défi socialiste. dans Communisme-Histoire- Théorie 130415_maduroLa candidature de Nicolas Maduro, vice-président de Chavez, issu de son parti, le Parti socialiste unifié (PSUV), a emporté l’élection présidentielle du 14 avril 2013, au 1er tour, avec 50,66% des suffrages exprimés.

Ce résultat offre les conditions de la poursuite au Venezuela de la politique de justice sociale et d’approfondissement de la construction du socialisme entamée depuis l’arrivée de Hugo Chavez au pouvoir en 1999. Cette victoire constitue également un point d’appui fort pour tous les gouvernements et  organisations progressistes d’Amérique latine et du monde entier, en lutte contre l’impérialisme, à la mesure du rayonnement de l’expérience vénézuélienne ces dernières années, conjuguée à celle de Cuba.

Nous transmettons nos félicitations et remerciements chaleureux à nos camarades du Parti communiste du Venezuela, l’un des piliers politiques de la « Révolution bolivarienne ».

A nouveau, le pouvoir socialiste vénézuélien a relevé le défi démocratique. Il l’emporte, de façon incontestable, par les urnes,  malgré le poids des médias bourgeois, les pressions financières des oligarchies intérieures et extérieures. Ce n’est pas encore cette fois que les contempteurs de la « dictature chaviste », de là-bas comme de France (de droite ou de « gauche ») trouveront de quoi étayer leurs accusations diffamatoires.

Le principal candidat des partis bourgeois, Henrique Capriles, obtient 49,07% des voix, en progression de 4% sur les élections de l’an dernier. Ce résultat est potentiellement inquiétant. La bourgeoisie, et l’impérialisme américain avec elle, conservent une position économique prédominante. Au fil des années, ils ont affiné leur stratégie revancharde, renonçant au renversement brutal du régime. Le sabotage économique s’est fait plus insidieux, mais aussi redoutablement plus efficace. Faisant la part des choses, certains politiciens n’hésitent pas à reprendre à leur compte les avancées sociales arrachées avec Chavez. Chavez malade, puis Chavez mort, ils s’évertuent à personnifier sa politique pour mieux la dissocier du processus révolutionnaire qu’il a enclenché et qui doit continuer.

Nicolas Maduro n’est pas banquier mais chauffeur de bus. Il a accompagné toutes les étapes de l’action politique émancipatrice impulsée par Chavez. Avec l’appui populaire, avec le renforcement des partis politiques révolutionnaires, en coopération avec les expériences de résistance et de lutte des autres peuples de la région, nous ne doutons pas qu’il saura prolonger l’œuvre politique de son glorieux prédécesseur : Relever le défi du socialisme.

C’est l’avenir que nous souhaitons au peuple vénézuélien !

Pour les plus riches, nul besoin de frauder ou de s’exiler pour payer moins d’impôts.

http://www.monde-diplomatique.fr/2013/02/SPIRE/48761

Enquête derrière les guichets de l’administration fiscale

Comment contourner l’impôt sans s’exiler

Pour les plus riches, nul besoin de frauder ou de s’exiler pour payer moins d’impôts. dans Nous dénonçons imagescagy0abv Une enquête de plusieurs années derrière les guichets du Trésor public vient de dévoiler les mécanismes permettant aux contribuables les plus aisés de profiter soit de la mansuétude de certains agents du fisc, soit du manque de moyens de l’administration fiscale. L’auteur en résume ici les résultats.

par Alexis Spire, février 2013

Un centre des impôts dans le département du Nord. Une femme algérienne d’une cinquantaine d’années, parlant français avec un fort accent, se présente au guichet en brandissant sa taxe d’habitation : « Moi, j’ai 300 euros de RMI [revenu minimum d’insertion], et on me demande 269 euros de taxe d’habitation ! » Impassible, le contrôleur lui rétorque : « Là, c’est lié au fait que votre fille habite chez vous… Comme elle a perçu des revenus, vous perdez l’exonération de la taxe d’habitation que vous aviez l’année dernière. » L’incompréhension demeure : « Mais ça, c’est son salaire, je ne touche pas à son salaire [elle est médiatrice dans le métro]  ! Ma fille, c’est pour la dépanner, et moi, je n’ai pas l’argent pour payer. Déjà, j’ai plein de dettes, l’huissier qui vient chez moi… » « Au plan contentieux, vous n’avez plus droit à une exonération, mais vous pouvez demander un étalement des paiements », tranche le contrôleur (1).

Quelques mois plus tard, dans le même centre des impôts, qui couvre aussi un secteur huppé, le service de fiscalité immobilière reçoit un couple de contribuables au titre de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Les deux retraités se présentent spontanément. Ils sont munis de la déclaration qu’ils viennent de remplir, et qui comporte la liste de leurs biens immobiliers : une habitation principale de deux cent cinquante mètres carrés dans une ville cossue du Nord (325 000 euros) et deux résidences secondaires, de quatre-vingt-deux et soixante mètres carrés, évaluées respectivement à 50 000 et 15 000 euros. « Vous allez être étonnée du prix des maisons, mais c’est un très vieux village, justifie la dame face à la contrôleuse. Il y a des termites, c’est invendable parce que c’est inhabitable l’hiver, donc on l’a évalué en conséquence. » Son mari poursuit : « Avant, j’étais fonctionnaire dans l’administration forestière, ce qui explique que je possède aussi un groupement forestier de cent trente-quatre hectares, que j’ai évalué à 30 000 euros, et j’ai ajouté les quatre-vingt-quatre hectares de vignes que nous possédons en Bourgogne. C’est une vigne de cinquante ans que j’ai gardée car ça venait de la famille, mais ça ne vaut rien. Je ne trouverai aucun amateur pour l’acheter, donc je l’ai évaluée à 800 euros, à titre symbolique. » Après avoir tapé plusieurs opérations sur sa calculette, la contrôleuse relève le nez : « Je vais vous envoyer par écrit la notification de la somme totale, qui inclut les intérêts de retard et la majoration de 10 %. Ces pénalités sont dans le code général des impôts, on est obligés de vous les notifier, mais, en pratique, si vous faites un courrier de réclamation, on vous les enlèvera », explique-t-elle, conciliante.

Ces deux scènes invitent à considérer le problème de l’égalité sociale devant l’impôt sous un jour nouveau : les avantages dont jouissent les classes dominantes ne se mesurent pas seulement à l’aune de barèmes ou de taux d’imposition ; ils s’étendent aussi aux occasions dont disposent les plus fortunés de contourner la législation.

Pour les classes populaires, il n’y a que deux moyens d’échapper à la règle fiscale : la transgresser ou demander sa suspension de manière gracieuse. En haut de l’échelle sociale, on développe d’autres stratégies : la première consiste à adopter la nationalité d’un pays où la fiscalité est plus avantageuse et/ou à y résider ; la seconde, bien plus répandue, à subvertir le droit à son profit, tout en affichant sa loyauté à l’égard de l’Etat.

Il faut rompre avec la fausse opposition entre l’« optimisation » — le fait d’essayer de tirer le meilleur parti du droit fiscal — et les pratiques illégales. Comme pour le délit d’initié sur les marchés boursiers, il existe une continuité entre la dissimulation tolérée et le maquillage frauduleux, entre le bénéfice légal d’une disposition dérogatoire et l’irrégularité caractérisée. La particularité des classes dominantes réside précisément dans leur rapport relativiste à la règle. Elles partagent une double certitude : les règlements sont nécessaires au bon fonctionnement de la société, mais elles-mêmes doivent pouvoir s’en affranchir.

Partie de poker

S’agissant de la taxe d’habitation — dont le montant est fixé indépendamment des ressources —, le mode de calcul et de prélèvement laisse par exemple peu de place à d’éventuelles stratégies : chaque personne occupant un logement au 1er janvier de l’année concernée y est assujettie, qu’elle soit propriétaire, locataire ou hébergée à titre gratuit. Quant à la redevance audiovisuelle (passée de 125 euros en 2012 à 131 euros cette année), la seule possibilité d’y échapper est de déclarer n’avoir pas de téléviseur. Jusqu’en 2005, deux populations bien distinctes étaient concernées. D’un côté, des ménages possédant un appareil sans que l’administration en ait connaissance (11 % des fraudes) ; de l’autre, les propriétaires d’une résidence secondaire équipée d’un téléviseur, mais « omettant » de le déclarer (66 %) (2). En adossant le recouvrement de la redevance à celui de la taxe d’habitation, la loi du 30 décembre 2004 affichait comme objectif une « simplification du mode de perception ». Mais, sous couvert de rationalisation, les députés ont en fait choisi de redéployer la lutte contre la fraude en reformulant les priorités : ils ont supprimé purement et simplement l’obligation de paiement d’une deuxième redevance pour les propriétaires d’une résidence secondaire, et renforcé les contrôles sur les foyers n’ayant rien déclaré.

A l’inverse, les impôts qui frappent prioritairement les ménages les plus aisés offrent des possibilités beaucoup plus variées de contournement et de transgression. Ainsi, la fiscalité immobilière repose, pour une large part, sur des bases déclaratives que les agents ne peuvent contrôler de façon irréfutable. Cette impossibilité de connaître avec précision l’étendue des patrimoines les contraint à privilégier une gestion conciliante des illégalismes en matière d’ISF : « On ménage [les assujettis à l’ISF], nous expliquait une contrôleuse en fiscalité immobilière. On commence par leur téléphoner pour les prévenir, puis on leur envoie une relance amiable. Ensuite, s’ils ne nous répondent pas, on leur adresse une proposition de rectification, et, s’ils ne se manifestent toujours pas, on leur envoie une deuxième relance en recommandé avec accusé de réception… Mais on préfère éviter la procédure de taxation d’office, car sinon on est obligés de tout notifier, et ils vont tout de suite savoir ce qu’on sait et ce qu’on ne sait pas. »

Le choix de la conciliation ne résulte donc pas d’une quelconque mansuétude de la part de cette contrôleuse très attachée au principe de l’égalité devant l’impôt : sa propension à ménager ces contribuables tient davantage à l’insuffisance des moyens dont elle dispose. Ses collègues et elle comparent souvent leur activité à une partie de poker : lancer un contrôle revient à abattre leurs cartes et à dévoiler au contribuable tout ce que l’administration sait, mais aussi tout ce qu’elle ignore. Pour entretenir une certaine ambiguïté sur ce qu’ils connaissent de l’étendue des patrimoines, ils préfèrent le plus souvent s’en remettre aux déclarations. Une fois la liste des biens établie, ils doivent contrôler leur valeur, mais les moyens mis à leur disposition sont limités. Pour chaque bien sous-évalué, il leur faut trouver au moins trois termes de comparaison, ce qui suppose des investigations longues et fastidieuses.

A l’absence de référence fiable pour estimer la valeur d’un bien immobilier s’ajoute l’impossibilité d’y pénétrer, au nom du respect de la propriété privée. Dès lors, le contribuable peut facilement contester l’évaluation du contrôleur en arguant du caractère détérioré, voire délabré, de l’intérieur de sa propriété. En revanche, pour la redevance audiovisuelle, la contrainte sur l’assujetti est plus forte : le refus de laisser l’agent de l’administration constater de visu l’absence de téléviseur conduit à perdre l’exonération. Ainsi, tandis que les services de la redevance audiovisuelle se rendent régulièrement sur place pour vérifier la véracité des déclarations de ceux qui disent ne pas avoir de télévision, les contrôleurs de l’ISF renoncent la plupart du temps à se déplacer, considérant les éventuels redressements comme trop faibles par rapport au temps passé à les établir. Dans un cas, la pratique du contrôle revêt une dimension morale (« remettre les gens dans le droit chemin ») ; dans l’autre, le renoncement se justifie au nom de la rentabilité : lorsqu’il s’agit de contribuables aisés, le contrôle n’est engagé que si les sommes exigées sont plus élevées que le coût induit pour l’administration.

Autre entrave à l’activité de contrôle des agents : la diversité des ressources des classes dominantes. Leur fortune se compose le plus souvent de revenus salariaux, de revenus fonciers, de capitaux mobiliers et d’un patrimoine établi dans différents lieux. Or les services fiscaux peinent à se coordonner entre eux et à échanger des informations avec d’autres administrations. Tandis que l’intensification de la surveillance des allocataires de minima sociaux a donné lieu à un rapprochement des organismes de contrôle (lire « Du souci de la justice à la surveillance des pauvres »), la vérification des hauts revenus et des patrimoines reste en butte à la dispersion des informations et des outils permettant de les obtenir. Si les dossiers des plus fortunés doivent en principe être vérifiés tous les trois ans, il s’agit en pratique de procédures routinisées qui débouchent rarement sur d’importants redressements, faute de moyens d’investigation adaptés. On retrouve là un cas exemplaire de ce que le sociologue Pierre Bourdieu qualifie de « mauvaise foi de l’institution » (3) : par une sorte de « double jeu », l’Etat réaffirme en permanence sa vocation à être intransigeant envers les transgressions des plus fortunés, tout en acceptant que ses agents soient matériellement empêchés de poursuivre de tels objectifs.

Au sein de l’administration fiscale, la division de chaque structure locale entre le service des impôts des entreprises, celui des revenus des particuliers et celui de la fiscalité immobilière, de même que la séparation entre services locaux et directions nationales, sont sources de dispersion et de déperdition d’information. C’est ce qu’illustrent les allégements d’impôt accordés aux capitaux privés investis outre-mer : « Moi, ces investissements-là, je ne les regarde même plus, confie l’inspectrice des dossiers “à fort enjeu”. Pour les contrôler, il faudrait y aller, et on n’en a absolument pas les moyens. Les collègues sur place sont complètement débordés, donc ils renoncent ; il y en a trop, et ils ne sont pas assez nombreux. Dernièrement, on a repéré un immeuble dont on savait pertinemment qu’il avait servi à trois ou quatre déclarations différentes, mais on ne peut rien faire. Vous les appelez ou vous leur écrivez, et ils ne répondent pas. » Comme beaucoup de niches fiscales, les réductions d’impôt pour les investissements outre-mer sont discutées à l’Assemblée en fonction de leur efficacité économique ou de leur légitimité, jamais en fonction des possibilités d’illégalités qu’elles engendrent. On peut en outre se demander si l’absence de toute mesure prise par la haute administration pour mettre fin à une telle situation n’équivaut pas, là encore, à un consentement tacite à ce type de transgressions.

Les difficultés à contrôler les déclarations des contribuables qui résident en France, mais qui perçoivent des revenus ou possèdent un patrimoine à l’étranger, sont plus nombreuses encore. S’il existe de multiples conventions bilatérales destinées à éviter la double imposition, les mécanismes de coopération entre Etats visant à coordonner la surveillance des contribuables qui vivent un peu partout dans le monde s’avèrent beaucoup plus rares. Qu’il s’agisse des salaires, des revenus fonciers ou des patrimoines, l’administration française a très difficilement accès aux informations détenues par d’autres pays sur les contribuables domiciliés en France (4). Ce qui ouvre aux classes dominantes de nombreuses stratégies d’évitement de l’impôt.

Dans le cas de la Belgique, par exemple, la convention fiscale bilatérale liant ce pays à la France ne permet pas aux fonctionnaires hexagonaux d’enquêter sur l’existence de comptes bancaires. Or, comme les cessions de plus-values mobilières ne sont pas taxables dans ce pays, certains contribuables fortunés du Nord déclarent résider de l’autre côté de la frontière pour échapper au prélèvement en France. Dans bien des cas, ces expatriations sont fictives, mais les inspecteurs sont impuissants : « On a arrêté d’essayer de relocaliser ceux qui se domiciliaient de façon fictive à l’étranger. Ça ne sert à rien, on brasse du vent. On pourrait relocaliser un certain nombre de gens en France, en prouvant par exemple que leurs enfants y sont scolarisés, mais on se casse les dents, car on manque de moyens d’investigation », explique l’inspectrice chargée des dossiers « à fort enjeu ».

Pour les classes dominantes, le stade du contrôle n’est souvent que la première étape d’un processus qui laisse encore d’importantes possibilités de négociation avant une sanction effective. A la suite d’un contrôle sur place, le contribuable peut par exemple bénéficier d’une procédure contradictoire en saisissant la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires. Architecte de renom, M. Pierre C. y a fait appel au sujet d’un redressement portant sur des sommes versées sur un compte mixte (concernant à la fois son entreprise et sa vie privée). L’administration considère que ces sommes non déclarées (pour une valeur de 1 million d’euros) doivent être réintégrées dans son chiffre d’affaires, ce qu’il conteste. Vêtu d’un costume gris, cet homme d’une soixantaine d’années se présente accompagné de son avocat, un ancien inspecteur devenu conseiller fiscaliste. « Mon client a eu des difficultés professionnelles importantes, explique ce dernier, et il a eu recours à des prêts. (…) Nous sommes ici dans un cas de vérification de comptabilité, et pas en taxation d’office. Donc on est dans le cadre du contradictoire, où c’est à l’administration d’apporter la preuve, et pas au contribuable. Or, pour aucune des sommes en jeu l’administration ne prouve qu’il s’agit de revenus professionnels. » Le vérificateur des impôts s’interroge alors sur ces fameuses « difficultés » : « En 2005, vous avez vendu un immeuble pour un montant, si je me souviens bien, de 2 millions d’euros. Il semble bizarre d’emprunter de l’argent quand on a de telles rentrées. » L’avocat l’interrompt sur un ton menaçant : « Vous n’avez pas le droit de mentionner des faits qui n’ont rien à voir avec le dossier. Pour prouver qu’il s’agissait de revenus professionnels, vous auriez pu faire un droit de communication auprès des prêteurs. Maintenant, répondez à cette simple question : est-ce que, oui ou non, vous pouvez prouver qu’il s’agit de revenus professionnels ? »

Un contrôleur mué en conseiller

Cette stratégie consiste à tirer parti du flou de la frontière entre sphère professionnelle et sphère privée, et à entretenir la confusion entre prêt désintéressé et commission occulte. Pour défendre ses intérêts, le riche architecte a pris soin de faire appel à un ancien inspecteur des impôts qui connaît parfaitement les arcanes de la procédure de vérification de comptabilité, et qui en use d’ailleurs à plusieurs reprises. Tout son argumentaire consiste à opposer les règles de droit entre elles et à reporter la charge de la preuve (mais aussi la faute) sur l’administration. Le recours aux « comptables habiles » et aux « éminents avocats » (5) peut ainsi s’avérer déterminant pour aborder dans les meilleures conditions les arènes de négociation offertes par le droit.

Enfin, le traitement des contribuables varie d’un lieu à l’autre, en fonction des moyens matériels et humains affectés à chaque secteur d’habitation. Après les très importantes réductions d’effectifs opérées au sein de la direction générale des finances publiques, les écarts se sont considérablement creusés : entre 2003 et 2011, plus de vingt mille emplois ont été supprimés dans l’ensemble de l’administration des finances publiques, majoritairement parmi les agents subalternes. Si les brigades chargées de la vérification des entreprises ont pour l’instant été préservées, les services de programmation des contrôles et de suivi des professions libérales ont été plus touchés. Les équipes chargées de la réception du public sont plus directement encore concernées par ces suppressions de postes. Comme les besoins d’accueil physique à destination des classes populaires sont restés les mêmes, les inégalités s’accentuent d’un secteur géographique à l’autre.

En effet, en dépit des tentatives de simplification, les formulaires et courriers de l’administration sont rédigés dans une langue peu accessible au plus grand nombre. Les usagers peu diplômés sont ainsi, plus que les autres, enclins à se déplacer lorsqu’ils reçoivent une demande de précision, voire un simple avis d’imposition. Dans les centres des impôts fréquentés par les classes populaires, les agents sont donc très attentifs à limiter le temps qu’ils passent à traiter les réclamations ou les demandes d’information. Les interactions au guichet durent en général une dizaine de minutes. En revanche, dans les secteurs plus favorisés, les contribuables règlent beaucoup de leurs différends par courrier et ne se déplacent qu’en cas d’extrême nécessité. Les agents sont donc beaucoup moins accaparés par les tâches de réception et par le travail d’explicitation du langage fiscal. Lorsqu’un contribuable se déplace pour faire valoir son point de vue, il dispose du temps nécessaire pour exposer en détail sa situation.

Cette disponibilité laisse en outre aux agents du temps pour prodiguer des conseils. Ainsi, il n’est pas rare que l’inspecteur chargé du suivi des professions libérales soit sollicité par des contribuables souhaitant être aiguillés dans leur déclaration. « Il y en a qui me connaissent et qui n’hésitent pas à venir régulièrement me voir. Dès qu’ils modifient quelque chose dans leur portefeuille d’actions, qu’ils font des travaux dans leur maison, ils me sollicitent », raconte un agent du pôle inspection de contrôle et d’expertise. On retrouve ici une personnalisation du rapport au contribuable, renforcée par une tendance à la confiance réciproque.

A une dame âgée venue chercher un conseil pour sa déclaration de revenus, cet agent suggère par exemple de changer de régime foncier afin d’obtenir un abattement d’impôt de 71 %, et non de 40 % comme elle l’avait demandé initialement. Il l’encourage même à déposer une réclamation pour les deux années précédentes, de façon à obtenir un dégrèvement encore plus important. A une autre contribuable se présentant après un redressement pour n’avoir fourni aucun justificatif après une réduction d’impôt concernant des travaux d’isolation, il suggère de rédiger un courrier demandant le dégrèvement des pénalités et explique toutes les autres possibilités de réduction d’impôt dont elle pourrait bénéficier l’année suivante. Pour beaucoup de contrôleurs en poste dans les secteurs favorisés, le conseil et le contrôle sont les deux faces d’une même activité.

La mise en œuvre de la loi fiscale se caractérise ainsi par d’importantes disparités. Pourtant, les agents qui les induisent restent en majorité fermement attachés à l’égalité de traitement. Cette apparente contradiction tient en partie à l’organisation de l’administration fiscale : elle est à la fois très centralisée et très compartimentée dans ses diverses sphères d’intervention. Les dispositifs de collecte et de contrôle diffèrent d’un impôt à l’autre, et les pratiques qui en découlent varient selon le contexte local. Les fonctionnaires chargés du contrôle des plus fortunés n’ont guère l’occasion de comparer leurs pratiques avec celles de leurs collègues qui travaillent dans les milieux déshérités. Les uns et les autres peuvent donc se convaincre que, dans la limite de leurs prérogatives, ils appliquent la loi dans le sens de l’intérêt général.

Alexis Spire

Sociologue. Auteur de Faibles et puissants face à l’impôt, Raisons d’agir, Paris, 2012.

 

CAF, des dossiers à la trainent dont dépendent les familles, des personnels compressés et pour finalité la fermeture d’un service publique pendant une semaine

http://www.caf.fr/ma-caf/caf-de-l-aisne/actualitesCAF, des dossiers à la trainent dont dépendent les  familles, des personnels compressés et pour  finalité la fermeture d'un service publique pendant une semaine dans Le PCF à St Quentin fermeture_avril2013

la CAF réduit ses moyens – au point  de fermer une semaine pour « résorber les dossiers en souffrance ».

Dans l’Aisne, et surtout à Saint-Quentin, cela à des conséquences dramatiques

Régler le problème dans un premier temps, c’est donner les moyens à la CAF de pouvoir remplir sa mission de service public … en embauchant.

Dans toutes les branches de la Sécurité sociale – maladie, allocations familiales, vieillesse, recouvrement -, de vastes opérations de restructuration sont faites aux dépens du personnel et des assurés sociaux.

La privatisation d’activités est actée. Ainsi, dans des caisses d’allocations familiales (CAF), la campagne « déclarations de ressources » est confiée à un prestataire de service. Une entreprise privée édite, façonne et envoie aux allocataires les déclarations de ressources. Dans des CPAM, les archives sont confiées à des sous-traitants privés. Des appels d’offres auprès d’entreprises de scannérisation ont été lancés pour le traitement des feuilles de soins.

Dans ces cas, les objectifs d’économie sont oubliés, le but est tout autre… Les restrictions budgétaires frappent rudement les salariés des caisses. Ils sont regroupés dans des plateformes où la production des dossiers est industrialisée : La mobilité est imposée, les conditions de travail sont dégradées, les déroulements de carrières et les promotions limités.

Les caisses n’ont déjà pas les moyens d’accomplir correctement leur mission de service public, le non-remplacement des départs à la retraite  se fait à leur détriment. Les délais de traitement des dossiers s’allongent considérablement. Des activités comme le traitement des réclamations sont laissées à l’abandon

.En privilégiant la restriction des couts de gestion au détriment des conditions de travail, ce qui rejaillit irrémédiablement, sur la qualité du service rendu, l’Etat ne répond absolument plus aux besoins des bénéficiaires. Nous ne pouvons admettre  que les services de proximité disparaissent peu à peu au profit de structures hors échelle pour les familles.

Au-delà de la suppression d’une caisse sur les deux qui existaient dans l’Aisne, nous devons redouter la remise en question des prestations offertes dans nos communes. Aujourd’hui, les allocataires bénéficient de la présence de la CAF dans quelques  villes du département. Le but affiché de la réforme étant de réduire les coûts, qu’en sera-t-il demain ?

Le gouvernement doit abrogés cette réforme pour un service publique de qualité pour tous

FUSION DES CAF / DEPARTEMENTALISATION , De nombreux conseils d’administrations de CAF en France se sont prononcés contre  ces fusions qui  conduit à remettre en cause la fonction de proximité de la CAF tant vis à vis des usagers que des partenaires de l’action en direction des familles,

Il avaient raison!

 

Article du Courrier Picard http://www.courrier-picard.fr/region/debordee-la-caf-de-l-aisne-ferme-ses-portes-ia195b0n54255

« Mon dossier n’avance pas depuis plusieurs semaines, alors s’ils ferment pour rattraper leur retard ça ne peut être que bon pour nous », lance Laurence, allocataire, qui vient d’apprendre la nouvelle. Tous les services d’accueil physique ferment leurs portes du 15 au 19 avril.

En cause, un retard accumulé de dossiers. « Nous avons près de 14 jours de retard. Soit 20 000 dossiers en souffrance. Nous avons déjà tout essayé : heures supplémentaires, entraide avec les autres services. On ne peut pas faire autrement que fermer », regrette le directeur de la Caf de l’Aisne, Michel Dazin.

Avec près de 90 000 allocataires dans l’Aisne, la soixantaine d’agents répartis sur le département croule sous le travail. Chaque jour près de 2000 dossiers sont traités, mais ils en rentrent encore davantage.

Pour expliquer cette situation, le directeur ne cache pas un manque de moyens : « Avec la lutte contre la fraude fiscale nous avons une surcharge de travail. Après, il est clair que les dossiers sont aussi de plus en plus complexes. Les gens sont plus mobiles, dès qu’ils arrêtent ou commencent un nouvel emploi, c’est un changement de situation qui doit être effectué. »

La semaine du 15 au 19 avril devrait permettre de combler trois à quatre jours de retard. « Les minima sociaux et les dossiers les plus anciens passent en priorité. »

Huit agents supplémentaires viendront donner main forte et l’accueil téléphonique restera ouvert. Mais le directeur alerte les allocataires : « Il faut que les personnes n’appellent qu’en cas de réelle nécessité, pour un changement de situation par exemple. Et ne pas hésiter à passer par le site internet caf.fr. Sinon, nous ne pourrons pas combler le retard. »

V. G.

 

 

 

 

Pour Mélenchon, la guerre d’Algérie n’a été qu’une « guerre civile »

Pour Mélenchon, la guerre d’Algérie n’a été qu’une « guerre civile » dans Communisme-Histoire- Théorie 1313331-la_guerre_dalgerie_vue_par_le_pcf-298x300

Vivelepcf, 12 avril 2013

En recourant à Mélenchon, la direction de notre parti, le PCF, en a fait, malgré nous (malgré elle ?) son porte-parole, le porte-parole du Front de gauche dans les media. C’est un fait. Est-ce une raison pour oblitérer toutes les positions douteuses du personnage, lambertiste et mitterrandien ? D’autant plus quand elles heurtent frontalement le cœur de notre engagement communiste ?

Mélenchon était en voyage à Alger et a tenu une conférence le 12 février 2013. Ses propos, relatés par plusieurs journaux algériens, dont Liberté, ont choqué les progressistes algériens comme ils nous choquent.

Mélenchon s’est solidarisé avec Hollande qui l’avait précédé en décembre pour faire des affaires pour le compte des multinationales françaises.  A ce propos, il a déclaré : « La vie des nations est aussi faite de contrats. Si les Algériens ne sont pas contents des contrats, ils n’ont qu’à en signer avec d’autres pays ». On est loin des coopérations mutuellement avantageuses entre les peuples que, communistes, nous défendons. « Patriote », « républicain », Mélenchon défend la « patrie » des trusts à base française.

Interrogé sur la guerre au Mali, confirmant sa pratique du double discours, il refuse de qualifier « d’erreur » l’expédition militaire française.

130412_Alger_monument dans Solidarité internationale

Alger, monument aux martyrs

Mais là où l’auditoire est tombé des nues, même le mieux intentionné à l’égard du patron du Front de gauche, abusivement présenté comme l’héritier des communistes, des anticolonialistes, c’est lorsque Mélenchon a commencé à exposer sa conception de la mémoire. Même si cela se discute, il a grossièrement rejeté le concept de « repentance ». Mais surtout, il a osé qualifier la guerre d’indépendance du peuple algérien, la Révolution algérienne, de « guerre civile ».

Son nationalisme « républicain » n’a décidément pas de limite de Dunkerque à Tamanrasset, de Mitterrand qui laissa guillotiner Audin à Sarkozy et Hollande avides de « contrats ».

Mélenchon, quand tu laisses aller ton franc-parler, vraiment, les communistes n’ont rien à faire avec toi !

Le « mariage pour tous » n’est ni de gauche, ni de droite. Qu’il soit enfin voté !

Vivelepcf, 15 avril 2013

Le « mariage pour tous » n’est ni de gauche, ni de droite. Qu’il soit enfin voté ! dans Nous dénonçons 130415_cameron_gayQu’il soit enfin voté et qu’on n’en parle plus ! Les agitations autour du « mariage pour tous » polluent gravement le débat politique, détournent des questions principales.

En Grande-Bretagne, c’est le premier ministre conservateur Cameron qui fait voter le droit au mariage des homosexuels. Aux Etats-Unis, c’est Obama. En Espagne, le très réactionnaire Mariano Rajoy n’est pas revenu sur la loi de son prédécesseur socialiste. Avant les élections de 2007, Sarkozy avait également songé à l’inclure dans son programme.

Le « mariage pour tous » n’est ni de gauche, ni de droite. Les débats philosophiques, moraux sur cette question de société sont transversaux, notamment sur la défense ou la remise en cause de l’institution du mariage. Celle-ci a objectivement évolué et continue d’évoluer dans la société depuis des décennies. Intellectuels, associations, groupes d’intérêt, groupes religieux se sont abondamment exprimés. C’est peut-être passionnant mais cela ne peut pas être mis au premier plan pendant tout un quinquennat !

Le « mariage pour tous » n’est ni de gauche, ni de droite. Mais la gauche et la droite gouvernementales ont trouvé là une opportunité de monter entre elles un sujet de clivage. Elles voudraient faire oublier qu’elles viennent de se succéder pour continuer et aggraver la même politique d’austérité européenne au service du capital.

A ce jeu, il s’avère, logiquement, que c’est la droite, maintenant dans l’opposition qui y gagne le plus : raison supplémentaire de clore au plus vite le débat.

L’opération de diversion de Hollande a rapidement été interprétée comme telle par l’opinion publique au point même de réduire l’indifférence plutôt favorable au « mariage ». La campagne d’une certaine gauche pour associer la question du mariage homosexuel à des causes progressistes historiques, comme la défense de l’école laïque, se retournent dangereusement. Le retour de boomerang frappe non seulement le gouvernement, englué de surcroît dans l’affaire Cahuzac, mais aussi tout le mouvement progressiste. L’opération de diversion devient de plus en plus lourde de conséquences.

degage-mon-corps-m-appartient-300x181 dans Nous dénonçonsUne improbable « Frigide Barjot » réussit à rabaisser encore le débat politique, « surfant » sur les tartes à la crème comme la « 6ème république », reprenant à son compte la proposition de référendum d’initiative populaire. Songeons avec gravité à la situation de l’Italie où deux sinistres clowns Grillo et Berlusconi rassemblent 55% des voix pendant que la « gauche » enfonce le peuple dans l’austérité et la pauvreté.

Prenons conscience, toujours avec gravité, que l’affaire du « mariage pour tous » a permis à la droite, battue de justesse en 2012, de rassembler à plusieurs reprises, plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues.

Maintenant, il est urgent d’aller vite. Que le projet de loi soit voté le plus tôt possible, sans écueil « constitutionnel » ! Il est important de mettre en évidence l’accord réel très large dans le monde politique en faveur du mariage homosexuel. Cela ne doit même plus être une question. Dans les autres pays, comme en France déjà le PACS, à peine 2% des unions sont signées entre partenaires du même sexe.

Remettons, nous communistes en avant-garde, au centre du combat politique la transformation du rejet de la politique d’austérité en luttes victorieuses !

1 Commentaire

Communistes, laissons Mélenchon à son populisme ! Notre manifestation, c’est celle du 1er mai !

EDT, 12 avril 2013

Ce qui est comique avec Mélenchon, c’est que l’idée de la fin du pouvoir personnel, version 5ème République, passe toujours par sa propre personne !

Regonflé par les médias, en ces temps d’affaires, il convoque tout seul, comme cela lui vient, un défilé national « républicain » pour le 5 mai 2013, à l’occasion de l’anniversaire de l’élection de François Hollande. Sur toutes les antennes, il se pose en chevalier blanc pourfendant ses ex-camarades du PS et celle qu’il veut à tout prix concurrencer, Marine Le Pen. La désastreuse expérience d’Hénin-Beaumont l’an dernier ne l’a pas détourné de ce qu’il imagine être un faire-valoir.

Voilà donc Mélenchon lance son annonce le jeudi 4 avril. Il ne prend pas la peine de prévenir ses amis de la « coordination nationale » autoproclamée du Front de gauche qui se réunit le même soir. Elle devra se réunir à nouveau le lendemain pour avaliser le choix du chef. Entre temps, Pierre Laurent s’est rallié à l’initiative, sans attendre la réunion du Conseil national du PCF, qui a lieu le 13 avril et qui n’aura plus qu’à enregistrer. Eva Joly et Olivier Besancenot, en perte de notoriété, saisissent la perche de Mélenchon. André Chassaigne affiche quelque réticence lundi 8 avant de s’aligner à son tour, du moins selon Pierre Laurent.

Rien que sur le fonctionnement, l’initiative du Front de gauche, pour une nouvelle « constitution », semblable à un coup politicien, est irrecevable.

Mais au-delà, qu’est-ce que l’affaire Cahuzac change à la situation politique ? Le spectacle d’un ministre du budget apôtre de l’austérité et de la lutte contre la fraude fiscale et fraudeur lui-même contribue objectivement à discréditer le gouvernement. Demain, si ses collusions avec l’industrie pharmaceutique sont avérées, on vérifiera pour qui roulent les gouvernants. Les dirigeants du PS, de l’aile gauche à l’aile droite, unanimement outragés par cette « trahison », auront encore plus de mal à masquer que leur parti est bien plus un parti bourgeois qu’un parti ouvrier. Une opportunité existe, dans le sens de l’action du PCF, pour obtenir enfin quelques moyens supplémentaires pour les services fiscaux contre la fraude.

Tout cela n’est pas à ignorer mais rien ne change dans l’appréciation de la politique mise en œuvre, hier comme aujourd’hui, par Hollande, Ayrault, hier avec le lieutenant Cahuzac. L’austérité prépare la super-austérité sous l’égide de l’Union européenne du capital. Et ma foi, il faut avoir été naïf ou sacrément manipulateur pour avoir imaginé ou fait croire que l’alternance social-démocrate aux élections de 2012 aller amener quelque inflexion politique.

Alors aujourd’hui, est-ce que l’on s’efforce de reconstituer l’immense rapport de force existant dans le pays, de soutenir les luttes pour rompre avec cette politique ? C’est normalement et constamment notre choix de communistes. Ou bien est-ce que l’on s’applique à diriger, à canaliser la colère contre des hommes et des chimères.  C’est le choix de Mélenchon et c’est un choix dangereux.

Depuis quelques semaines, se caricaturant lui-même, Mélenchon accumule les sorties injurieuses dans les médias. Content de lui, il en rediscute cyniquement autour d’un café avec les journalistes qu’il vient d’insulter. Il n’insulte pas que les journalistes mais surtout la classe ouvrière, les travailleurs, à qui ce notable éducaillé n’imagine pas s’adresser autrement que sur un mode vulgaire.

Maintenant il franchit un nouveau cap dans cet exercice de style dégradant. Nous avons toutes les raisons de ne pas apprécié Pierre Moscovici pour ses choix politiques. Mais le vouer à la haine publique, « il a un nom, il a une adresse », « il ne pense pas en français », tout cela relève du nationalisme le plus écoeurant. Les mots ont un sens ! Appeler à la « purification » de la vie politique évoque le pire. Mélenchon prend garde de ne pas dire « tous pourris », ce qui le compromettrait…

Mais quand il parle de « système intrinsèquement pourri », comment lui-même, disciple de Mitterrand et du trotskyste Lambert, qui se complaît à se décrire comme un ancien « cacique » à qui le PS avait donné une sinécure au Sénat puis au gouvernement, comme un habile maquignon de la politique la Communistes, laissons Mélenchon à son populisme ! Notre manifestation, c’est celle du 1er mai ! dans APPELS blog-hollande-melenchon_complotmain tendue un jour à Cohn-Bendit, le lendemain à Besancenot, n’y serait-il pas intégré ? Mélenchon a bien aussi appelé à voter pour Hollande « comme pour lui-même ». Camarades, ne soyons pas non plus masochistes au point de fermer les yeux sur le mépris que les gauchistes du PG (ex-PS !) manifestent à notre égard à propos de l’amnistie sociale comme des municipales.

L’affaire Cahuzac sert objectivement à la droite pour se remettre en selle, un an à peine après la défaite de Sarkozy, alors qu’elle partage profondément (ANI, Crédit d’impôt au patronat au nom de la compétitivité, TVA antisociale etc.) les choix gouvernementaux et européens. L’affaire Cahuzac embarrasse d’un côté le gouvernement mais elle lui sert de l’autre à faire diversion sur ces choix.

A baisser le niveau du débat, Mélenchon et ses amis rentrent dans leur jeu. Dans la surenchère « populiste », les gagnants sont toujours à droite, même quand ils traînent des « casseroles » parce que l’on attend rien d’autre d’eux : Berlusconi, Tapie, bientôt Sarkozy et Le Pen…

Non, les communistes n’ont rien à faire dans les calculs de Mélenchon, d’autant plus flatté par les journalistes qu’il les insulte !

Qu’est-ce qu’il y a à commémorer le 5 mai ? L’élection de Hollande ? La non-élection de Mélenchon ? Cette date empreinte d’institutionnalisme donne la perspective du Front de gauche en France, celle de la constitution d’un « bloc de gauche », une social-démocratie de rechange, pro-UE derrière des critiques minimales, comme dans les autres pays d’Europe sous l’égide du PGE, notamment à l’occasion des élections européennes.

Le 5 mai, un dimanche, restons chez nous ! Ou bien distribuons des tracts dans nos quartiers et villages !

Il n’est nul besoin de relire Lénine et « l’Etat et la révolution » pour savoir que toutes les avancées démocratiques bourgeoises sont bonnes à prendre pour les travailleurs mais aussi que la rupture ne peut pas partir des institutions bourgeoises. L’assemblage hétéroclite de bonnes réformes, peu probables, et de gadgets institutionnels que représente le projet fumeux de « 6ème république » ne fera converger aucune force efficace pour la rupture. Les ex-ministres de la gauche plurielle portent d’ailleurs la coresponsabilité de l’avènement du quinquennat…

Communistes, rendons-nous à l’évidence. Qu’on le veuille ou non, Mélenchon a les clés du Front de gauche. C’est lui le porte-parole depuis que la direction du Parti l’a intronisé pour parachever sa « mutation ». La manifestation du 5 mai, quelles que soient les variations de discours, portera son « coup de balayette », son « qu’ils s’en aillent tous » recopié par le sinistre comique italien Beppe Grillo. L’occasion ne se prête pas à autre chose. C’est ce personnage que l’on mettra en avant.

Camarades, n’allons pas  jouer les figurants de la farce! Aucun d’entre nous ne doit se laisser droguer par ces laides paroles du bateleur !

Notre place est ailleurs, dans une autre manifestation autrement plus symbolique et importante : Celle du 1er mai. Comme salariés, comme militants, comme syndicalistes de classe, nous y  avons toute notre place, pour porter les propositions de rupture nécessaires sur lesquelles les salariés peuvent se rassembler pour gagner, pour commencer à faire reculer la politique au service du capital.

NATIONALISATIONS ! Automobile, sidérurgie, énergie… imposons le débat quand le ministre Montebourg annonce de nouvelles « ouvertures du capital » et bénit les accords antisociaux chez Renault.

HAUSSE DES SALAIRES ! Quand le gouvernement décide de rembourser 6% des salaires au patronat avec le « crédit d’impôt compétitivité », soit 20 milliards d’euros par an, payés par la TVA antisociale !

DEFENSE DE LA SECURITE SOCIALE ! Le rapport de force existe pour mettre en échec le démantèlement des allocations familiales. Les millions de salariés, de retraités qui ont manifesté en 2010 contre la casse de la retraite à 60 ans n’ont pas disparu. La « gauche » les a trompés avant 2012, en liquidant la référence fondamentale au nombre d’annuités. Mais le rapport de force existe toujours face à l’orchestration de la résignation.

RUPTURE AVEC L’UNION EUROPENNE ! Mélenchon feint de critique « l’euro Merkel », sans se priver d’accents xénophobes. Le nostalgique de Maastricht préfère « l’euro Schröder », « l’euro des peuples ». Irlandais, Portugais, Espagnols, Grecs, Chypriotes etc. tous nos camarades appellent la fin de l’euro ! Communistes français, retrouvons nos positions de toujours !

Camarades, faisons un rêve ! Que les dirigeants du PCF continuent à s’exprimer posément, sans éclat de voix, sans chercher à concurrencer Mélenchon mais qu’ils portent distinctement, à la tête de la mobilisation de tout notre parti, ses positions historiques, plus justes que jamais, la riposte à la politique du capital.

Camarades des cellules et des sections, prenons nos responsabilités !

Vive le PCF !

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