Archive | 24 juillet 2012

6 euros de plus par mois. SMIC, SALAIRES: LE COMPTE N’Y EST PAS!

6 euros de plus par mois, c’est ce que touche en plus un smicard depuis le 1er juillet (inflation déduite). Une véritable aumône que détruiront bien vite les hausses des prix des services publics déjà annoncées ou pas (gaz, SNCF notamment) … voire même l’augmentation de la CSG à laquelle réfléchit actuellement le gouvernement. 

 

6 euros de plus par mois. SMIC, SALAIRES: LE COMPTE N’Y EST PAS! dans Europe 1207238TRACT8smic8mLj-210x300La première constatation que l’on peut faire, c’est qu’au nom du « réalisme économique », le gouvernement a cédé au MEDEF.

Non seulement le SMIC augmente très peu mais son augmentation n’aura pratiquement pas de conséquences sur les autres salaires.

Pire, le gouvernement – sous couvert de concertation sociale associant patronat et salariés – a remis à l’ordre du jour la réduction du « coût du travail » chère à Nicolas Sarkozy.

En clair, il va s’agir de baisser les salaires pour rendre les entreprises davantage compétitives sur les marchés capitalistes.

Ce serait notamment l’objet d’une nouvelle hausse de la CSG (contribution sociale généralisée) que paieraient les salariés pour diminuer les cotisations patronales.

 

Non, le travail n’est pas un coût, c’est une richesse.

Derrière ces annonces et ces projets, il y a la vie des gens.

Celle des chômeurs qui ne parviennent plus à retrouver un emploi décent, celle de centaines de milliers de salariés et leurs familles qui ne parviennent plus à boucler les fins de mois.

Est-ce un hasard si les principaux postes de dépenses en baisse en France sont les vacances, le remplacement des voitures, l’alimentation?

Le gouvernement aura bonne mine ensuite de déplorer les faillites des PME-PMI, les plans de suppressions d’emplois dans l’industrie automobile!

A l’inverse, une forte augmentation des salaires aurait des effets bénéfiques pour toute notre société.

· Davantage de salaire, c’est davantage de ressources pour la Sécurité sociale, nos retraites, les finances publiques.

· Davantage de salaire, c’est une consommation accrue pour répondre à nos besoins. Cela appelle davantage de production de biens donc des  créations d’emplois.

Il s’agit donc bien pleinement d’une question de société et d’un choix politique.

 

Un choix politique qui doit s’attaquer au capitalisme

Il n’y a pas de « troisième voie ».

Soit on s’attaque au capitalisme, soit on ne s’y attaque pas. Il est alors illusoire de vouloir « que la gauche réussisse ».

Non seulement le « mieux que rien » n’a jamais été un bien mais les expériences passées ont toutes abouti  aux désillusions, au sentiment d’impuissance et au repli sur soi et, au bout du compte, au renforcement de la droite et de l’extrême-droite.

La réussite pour les communistes passe par:

  • · une forte augmentation du SMIC
  • · le retour à l’échelle mobile des salaires (l’augmentation du SMIC se traduirait ainsi par une augmentation de tous les salaires)
  • · la remise en cause des traités européens et de l’euro qui, imposés aux peuples, de Grèce en Italie en passant par Chypre, visent à interdire toute perspective politique sérieuse de changement.

 

COUT DU TRAVAIL EN EUROPE?

TVA « sociale », CSG: même conséquence, même combat.

Pour baisser le coût du travail, Nicolas Sarkozy avait prévu d’instaurer la TVA sociale.

Une TVA dite « sociale », payée par les consommateurs en France, qui permettrait de baisser les cotisations sociales – un peu pour les salariés – beaucoup pour les entreprises.

L’augmentation de la CSG aurait le même objectif.  Payée par les salariés et les retraités, elle permettrait de diminuer les cotisations patronales.

Au bout du compte, un seul objectif: réduire le « coût du travail ».

Mais c’est justement ce qu’ont fait tous les pays européens avec les résultats que l’on connaît en Grèce, en Italie, en Espagne … où la consommation et l’industrie se sont effondrées.

C’est justement la politique qui a été appliquée en Allemagne où de réductions de charges patronales en baisse de salaires et d’indemnités sociales, le pays est parvenu à renforcer ses exportations … en direction des pays où la consommation est encore existante.

Non seulement des centaines de milliers de salariés allemands sont devenus des « travailleurs pauvres » (c’est à dire qu’ils ne parviennent plus à vivre de leur salaire – au sens des normes européennes) mais cette politique a des limites évidentes.

Cela ne marche que parce que la production allemande peut être achetée dans d’autres pays.

Que ceux-ci suivent la même politique et ce sera alors une course à la baisse du coût du travail … qui, au final, ne conduira qu’à une gigantesque crise de surproduction.

C’est un véritable cercle vicieux dont il faudra bien sortir.

Est-ce aussi illusoire que cela que de vouloir taxer de tels produits importés?

Quitte à remettre en cause la « constitution européenne » que les Français ont d’ailleurs rejetée en 2005?

Danone contraint (par la CGT) d’employer la langue française dans ses usines en France !

Depuis plus d’un an, le groupe Danone impose aux salariés de son usine de Saint-Just-Chaleyssin dans l’Isère l’usage d’un logiciel informatique disponible uniquement en langue anglaise.

Le problème, c’est qu’en France tout le monde ne comprend pas l’anglais.

Les salariés ont vivement protesté. Le syndicat CGT a alerté le CHSCT, soulignant notamment deux aspects : la discrimination envers les salariés ne maîtrisant pas l’anglais, mais aussi les problèmes de fonctionnement et de sécurité que peut entraîner une mauvaise compréhension du logiciel.

Danone contraint (par la CGT) d’employer la langue française dans ses usines en France ! dans Luttes, grèves, manifs 120715_French_DanoneLa direction du champion « français » de l’agro-alimentaire a nié tout problème.

Il a fallu que la CGT porte l’affaire en justice. Le tribunal de grande instance de Vienne lui a donné raison le 6 juillet 2012, condamnant Danone à procéder à la traduction du logiciel « Themis » et de tous les documents afférents d’ici six mois sous peine d’une astreinte de 1000 par jour de retard. Il a reconnu l’application dans ce cas de la loi Toubon et 1994 sur la francophonie qui établit l’usage obligatoire de la langue française, également dans les entreprises.

Cette  victoire représente un précédent important. Il faut le populariser.

Le cas de Danone n’est évidemment pas isolé. L’usage de l’anglo-américain est de plus en plus souvent imposé, notamment dans les secteurs « technologiques ». Des études manquent pour mesurer la gravité du phénomène. Et il n’est pas de bon ton de le contester, dans son service, encore moins dans son entreprise. Il n’est même pas de bon ton de laisser entendre que l’on ne comprend pas tout.

Pour le patronat, l’intrusion de l’anglo-américain n’est pas principalement une question d’économie liée à une prétendue ou réelle internationalisation, c’est avant tout un puissant moyen de mise en concurrence des salariés, de discrimination, d’aliénation à son système et ses valeurs.

Ce n’est pas un hasard si Madame Christine Lagarde, au FMI, aime tant à manier la langue de Wall Street pour exprimer son mépris des peuples. Ce n’est peut-être pas un hasard non plus que le patron de l’usine Danone de Saint-Just ait accompagné, dans son poste précédent, la cession des biscuits LU à l’industriel américain Kraft-Foods…

Le KKE poursuivra la lutte pour le renversement de la barbarie capitaliste, avec encore plus de fermeté

Lien vers l’appel de responsables et militants du PCF à soutenir le KKE (Tu peux ajouter ta signature  au soutien du KKE)

Article de Giorgos Marinos, membre du Bureau politique du Comité central du KKE (site du KKE en français : http://fr.kke.gr/ , 29 juin 2012

Le KKE poursuivra la lutte pour le renversement de la barbarie capitaliste, avec encore plus de fermeté dans Communisme-Histoire- Théorie 120723_kke-172x300Le KKE présente ses plus chaleureux remerciements aux partis communistes, aux hommes et aux femmes communistes, tout comme à un très grand nombre d’autres militants du monde entier qui ont exprimé leur sincère solidarité et leur soutien à notre parti, parce qu’ils ont apprécié les dures batailles de classe qu’il a menées sur une longue période, avant et pendant la crise capitaliste.

Notre parti continuera à se montrer digne de leur confiance et va intensifier la lutte pour les intérêts de la classe ouvrière, des couches populaires, pour le renversement de la barbarie capitaliste, le socialisme. Parce que le but, l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme, le principe fondateur des partis communistes, le demande.

Les développements en Grèce, et particulièrement les deux dernières élections, ont déclenché beaucoup de discussions à propos du KKE et de « la gauche », du rôle des « gouvernements de gauche », et de la position des communistes.

Certaines forces qui utilisent encore le titre « parti communiste » malgré le fait qu’elles soient en voie de mutation social-démocrate, et d’autres forces qui parlent au nom de la « gauche », ont ouvert un front ㅡ de manière ouverte ou sournoise ㅡ contre le KKE, calomniant son activité, dissimulant ou déformant ses positions, avec des propos sans fondement sur le sectarisme, régurgitant les polémiques de l’ennemi de classe, adoptant et disséminant les positions de SYRIZA.

SYRIZA est un parti qui soutient fanatiquement l’UE et véhicule un point de vue utopique au sujet du « capitalisme à visage humain ». Il comprend des forces opportunistes de droite, des détritus de la lutte des classes, des groupes d’ultra-gauche marginaux (trotskistes et anciens maoïstes) et une part significative de personnel provenant du PASOK, le parti social-démocrate.

Les forces qui ont ouvert un front contre le KKE, parmi lesquelles l’appareil du « Parti de la gauche européenne » et d’autres organisations soutenant la caricature que représente le « socialisme du XXIème siècle », ont été mises à nu car l’activité du KKE et sa contribution à la lutte révolutionnaire les contredisent. Mais leur position est dommageable pour la classe ouvrière, les couches populaires et la jeunesse, car ils prennent le parti des opposants des communistes. Les communistes qui luttent de façon conséquente contre la classe bourgeoise ainsi que l’impérialisme et s’opposent de façon militante à l’intégration des travailleurs aux objectifs du capital.

Nous appelons les hommes et les femmes communistes, les travailleurs qui suivent les développements en Grèce et sont intéressés par le cours de la lutte des classes à mieux comprendre la stratégie et la tactique du KKE, son histoire et ses luttes. Ils devraient juger ses positions sur la base de critères idéologico-politiques spécifiques et non sur des rumeurs et des calomnies sans fondements. Ils seront alors capables de discerner le fait que l’attaque sur la stratégie du KKE et sa politique d’alliances, ainsi que les diverses déclarations risibles concernant le sectarisme et l’isolationnisme ont été initiées par les forces bourgeoises ou des forces qui ont en réalité rejeté les principes marxistes-léninistes, la nécessité du socialisme, l’essence de la lutte des classes, qui n’a de sens que lié au pouvoir populaireㅡouvrier.

Ils seront capables de discerner le fait que ces forces suivent une ligne politique dirigée par la bourgeoisie qui se cache derrière des propos sur une « solution de gauche », semant des illusions à propos de « l’humanisation du capitalisme », avec des conséquences très négatives pour la lutte des travailleurs.

Ce qu’il y a de pire, c’est que ces forces, qui attaquent astucieusement le KKE et prétendent parfois être son « ami », essayent d’exploiter le résultat de cette élection qui est négatif pour le peuple, dans une tentative de faire soutenir leurs dangereuses positions.

CONCERNANT LES DÉVELOPPEMENTS EN GRÈCE

En Grèce, la profonde crise capitaliste de suraccumulation, qui est entrée dans sa quatrième année et s’est combinée à la crise dans d’autres États-membres de l’UE, provoque une agressivité intense des monopoles et de leurs représentants politiques et trouve son expression dans une stratégie antipopulaire globale. Les mémorandums, qui ont été signés par les gouvernements grecs, l’UE, la BCE et le FMI, font partie de cette stratégie.

La détérioration de la situation de la classe ouvrière et des couches populaires causée par l’offensive du capital, le développement de la lutte des classes avec la contribution décisive du KKE et du mouvement de classe, ont mené à une érosion significative du parti social-démocrate PASOK qui a mis en œuvre pendant plusieurs années la cruelle ligne politique antipopulaire. Cela a mené à l’érosion du parti libéral ND et du système bipartite tout entier qui a perdu la capacité à piéger les forces populaires qu’il maîtrisait jusque-là.

Sur cette base, la restructuration de la scène politique est soutenue par la classe bourgeoise, l’Union européenne et d’autres mécanismes impérialistes afin de gérer plus efficacement la crise capitaliste en faveur du capital, d’entraver la lutte des classes, d’attaquer le KKE et le mouvement de classe.

 

Un élément basique de cette restructuration de la scène politique est la création de deux pôles : le « centre droit » basé sur ND et le « centre gauche » avec SYRIZA à son centre, associé à d’importantes fractions du PASOK qui portent des responsabilités criminelles dans la mise en œuvre de la ligne politique antipopulaire des dernières années.

 

La Grèce et les élections parlementaires ont été utilisées comme une arène de compétition inter-impérialiste entre les États-Unis, l’UE, l’Allemagne et la France. Cela s’est exprimé dans la position des forces politiques grecques, avant tout par ND, le PASOK et SYRIZA qui flirte avec la France et les États-Unis.

 

L’intégration profonde et multi-facettes de la Grèce dans l’Union européenne, la crise profonde et prolongée, combinée à la manifestation de la récession dans la zone euro a rendu l’intervention de l’UE, du FMI et des États-Unis absolument nécessaire pour décapiter toute tendance à la radicalisation du mouvement en Grèce et son impact international.

 

Les déclarations systématiques des représentants des organisations impérialistes, tout comme les articles de la presse étrangère, notamment l’appel du Financial Times allemand à voter pour ND, ont renforcé la polarisation et le chantage fait au peuple afin qu’il se tourne vers les deux pôles de la gestion bourgeoise.

 

L’ÉVALUATION DU RÉSULTAT DES ÉLECTIONS

Le KKE a fait un effort énorme, et a reçu 8,5%, 536 000 votes et 26 députés aux élections du 6 mai, mais ce ne fut pas satisfaisant. Il a parlé clairement des plans visant à affaiblir le Parti, il a prédit et combattu, de toute sa force, l’offensive organisée contre lui. Il est resté debout malgré la perte de 4% de sa force électorale, un recul en voix et sièges, obtenant 4,5%, 277 000 votes et 12 députés.

 

Que s’est-il passé entre les deux élections ? Quels dilemmes ont été posés par le système bourgeois pour piéger les forces populaires ? Le CC du KKE a rendu une évaluation initiale du résultat, qui est à présent discutée dans les organisations du Parti et dans les réunions avec des amis du Parti afin de réunir l’expérience collective pour qu’elle soit utilisée dans l’évaluation finale. Pour comprendre l’atmosphère politique qui a prévalu pour la seconde élection, il est important de garder à l’esprit que selon les lois électorales le parti arrivé premier reçoit un bonus de 50 députés (sur les 300 au Parlement grec) pour que soit facilitée la tentative de former un gouvernement. Aux premières élections (lors desquelles le KKE a obtenu 8,5%) la différence entre le 1er parti (ND) et le 2nd (SYRIZA) était de 2,1% et la lutte pour la première position a créé les conditions d’une intense polarisation.

 

Le CC du KKE a donné l’évaluation suivante : « Les pertes significatives connues par le KKE ne reflètent pas l’impact de ses positions et de son activité. Cela s’est produit sous la pression d’un flot d’illusions et de la logique du prétendu moindre mal, la voie indolore et facile par laquelle l’on croit possible de former un gouvernement pour gérer la crise dans le cadre du pouvoir des monopoles et de l’intégration à l’UE, qui tentera de mettre un terme à la détérioration de la condition du peuple. En même temps, il y a eu l’impact de l’atmosphère de peur et d’intimidation concernant l’expulsion de la Grèce de la zone euro. Cela s’est produit dans le cadre d’une offensive systématique menée en sous-main par les mécanismes idéologico-politiques du système et même à travers l’utilisation systématique d’internet. L’objectif principal était d’affaiblir le KKE afin d’empêcher la montée du mouvement ouvrier dans une situation où la condition du peuple se détériore.

 

La conclusion est que le résultat de l’élection dans son ensemble reflète la tentative d’endiguement du radicalisme de classe qui s’est développé pendant la période de crise, placé sous la pression d’une montée du radicalisme petit-bourgeois, guidée par l’idéologie et la propagande bourgeoises. Il est évident que les luttes qui se sont développées ne sont pas parvenues à approfondir et consolider le radicalisme dans la mesure où elles n’ont pas pris un caractère de masse et n’ont pas construit l’organisation et l’orientation politiques que les conditions actuelles requièrent. En dernière analyse, toute évolution positive a été influencée par le maigre contenu anti-mémorandum, par l’abaissement des attentes, dans les conditions d’expansion de la pauvreté et du chômage de masse ».

 

LE RÔLE DE SYRIZA

 

Les forces qui soutiennent ㅡ secrètement ou ouvertement ㅡ SYRIZA et calomnient le KKE sont obligées d’expliquer aux membres et aux cadres de leurs partis, à la classe ouvrière et aux couches populaires les problématiques suivantes :

Pourquoi cachent-ils que l’élément commun dans la ligne politique de ND, PASOK, SYRIZA et les autres partis, mis à part le KKE, est leur soutien à l’union impérialiste entre États que représente l’UE et qui applique une stratégie antipopulaire manifeste, formée et développée en concordance avec les intérêts des groupes monopolistes et des multinationales?

Pourquoi cachent-ils le fait qu’une section de la classe bourgeoise, de puissants groupes financiers qui contrôlent les journaux, la radio et les chaînes de télévision, ont aidé SYRIZA de façon décisive? Ce fut aussi vrai pour la radio et les chaînes TV d’État, pendant que le président des industriels grecs proposait un gouvernement d’union nationale avec la participation de ce parti.

Pourquoi cachent-ils le fait que, pendant la durée des élections et particulièrement après celles du 6 mai, SYRIZA a abandonné jusqu’à sa phraséologie tonitruante concernant l’annulation du mémorandum et de l’accord de prêt, la nationalisation des entreprises, etc. et a complètement ajusté son programme aux besoins de la gouvernance bourgeoise?

Pourquoi cachent-ils le fait qu’une large portion des cadres les plus corrompus du PASOK provenant des autorités régionales, des municipalités, des syndicats et de l’appareil d’État, ont joué un rôle important dans la manipulation des forces populaires et des électeurs du PASOK en exerçant des pressions multi-facettes en faveur de SYRIZA ?

Pourquoi cachent-ils le fait qu’il y a un plan souterrain visant à restructurer la social-démocratie autour de SYRIZA ? La social-démocratie a prouvé qu’elle était très utile pour aider la classe bourgeoise à éroder la conscience radicale du peuple en faveur de la « voie à sens unique européenne » et pour attaquer et contrôler le mouvement ouvrier.

Pourquoi cachent-ils le fait que ce parti a utilisé de façon continue l’anticommunisme, alors qu’au même moment, il lançait des appels à l’ »unité de la gauche » ? À un meeting électoral central de SYRIZA, en présence de son président, le « philosophe » slovène Slavoj Zizek, dans une vulgaire démonstration d’anticommunisme, a déclaré que « C’est, si je comprends correctement, ce que le KKE, qui est grosso modo le parti des gens qui sont encore en vie parce qu’ils ont oublié de mourir, est en train de vous dire » et a reçu des applaudissements enthousiastes de l’audience !

Pourquoi cachent-ils le fait que ce parti a utilisé toutes les sales tactiques possibles contre le KKE afin de s’emparer des voix du peuple dans sa quête pour la première position aux élections et de la possibilité de former un gouvernement de parti unique?

Ces sales tactiques incluaient parmi d’autres choses le fait de fournir aux journalistes bourgeois une propagande « noire » concernant des avis prétendus divergents au CC et au BP du KKE vis-à-vis de la position à l’égard de SYRIZA et de la participation à un gouvernement de gestion bourgeoise. L’expérience provenant des conditions dans lesquelles le KKE s’est battu est valable pour chaque PC et pour cette raison nous les informons à propos des provocations qui ont eu lieu, notamment celle sur Twitter où les mécanismes ont créé un faux compte du KKE qu’ils ont utilisé par la suite pour appeler la population à voter pour SYRIZA.

Pourquoi cachent-ils le fait que, quelques jours avant les élections, le président de Syriza s’est réuni avec du personnel diplomatique des pays du G20 à Athènes afin d’ »établir un climat de confiance » ? Avec qui exactement ? Avec le club des plus puissants capitalistes et impérialistes au monde.

Et il y a pire. La direction de SYRIZA a présenté la ligne politique d’Obama au peuple grec comme une politique réaliste de gestion de la crise en faveur du peuple. Pendant ce temps, il déclarait aussi de façon mensongère que l’élection du social-démocrate Hollande serait un facteur qui apporterait un « vent nouveau » et des changements favorables au peuple en Europe. Au même moment le gouvernement social-démocrate en France appelait le peuple grec à se soumettre aux engagements de l’UE et ㅡ malgré la compétition inter-impérialiste ㅡ s’entend avec le gouvernement allemand pour préparer de nouvelles mesures antipopulaires mises en place dans l’UE pour l’intégration politique et économique.

Ces faits ne peuvent être ignorés. Le KKE n’a pas besoin de recourir à la théorie du complot. La vérité ne peut être cachée. C’est d’une importance fondamentale pour que chaque travailleur, qui s’intéresse à la situation en Grèce et au rôle des forces politiques, puisse se forger un point de vue.

Pendant une longue période, des mythes ont été propagés concernant le rôle de SYRIZA dans le mouvement ouvrier et populaire. Elle fut présentée de façon trompeuse comme une puissante force d’opposition alors qu’en réalité il n’avait qu’une force inexistante ou une contribution minimale au développement de la lutte dans les usines, dans les entreprises ou à l’organisation de grèves et d’autres mobilisations de masse.

En réalité, ce parti était l’arrière-boutique de la Fédération générale des travailleurs grecs (GSEE) et de la Fédération des travailleurs du secteur public (ADEDY) qui opèrent comme les instruments du capital et véhiculent le trade-unionisme et la « collaboration de classe » des employeurs et du gouvernement.

La présence de SYRIZA dans les rassemblements sur les « places » [des villes] était éphémère. Elle avait un caractère de masse limité mais était un terreau fertile pour les idées réactionnaires. Elle était opportuniste et intégrée aux plans de ceux qui cherchaient à s’emparer des rênes de la gouvernance bourgeoise. SYRIZA porte de sérieuses responsabilités parce qu’il a partagé les « places des indignés » avec l’abomination fasciste qu’est l’ »Aube dorée », laquelle se présentait (aux côtés d’autres forces nationalistes) comme une force anti-mémorandum, promouvant des slogans vulgaires et réactionnaires afin de manipuler l’indignation des travailleurs.

 

LA LUTTE DU KKE

 

L’offensive contre le KKE après les élections n’est pas simplement menée par les différents groupes trotskistes bien connus, mais aussi par les forces du Parti de la gauche européenne, comme le « Bloc de gauche » portugais et la « Refondation communiste » italienne. Les présidents de ces deux partis n’ont pas pu résister à une démonstration d’aversion de l’opportunisme européen à l’égard du KKE.

 

La position de certaines forces qui blâment le KKE parce que ND a été capable de former un gouvernement est tout aussi provocante. Ces forces, cependant, cachent le fait que le seul parti qui soit vraiment entré en conflit avec ND et PASOK est le KKE car, à la différence de SYRIZA, il n’est pas soumis à l’UE, à l’OTAN, au grand capital et à son pouvoir. Il ne répand pas d’illusions parlementaires et il dit au peuple la vérité à propos des forces qui soutiennent la gestion bourgeoise. Notre parti a lutté pendant des années contre les intimidations du dilemme « droite ou anti-droite », « centre-gauche ou centre-droit » et combat la logique sans issue du moindre mal qui a mené les partis communistes en Europe à se mettre à la remorque de la social-démocratie.

 

L’effort pour calomnier le KKE va échouer car les meneurs seront totalement démasqués vu que la propagande concernant le sectarisme et l’isolationnisme, qui est utilisée par ces forces pour attaquer notre parti, est réfutée par le rôle dirigeant du KKE, de la KNE mais aussi du PAME, des syndicats de classe, des rassemblements militants des couches populaires et de la jeunesse dans des dizaines de grèves à l’échelle du pays, d’un secteur d’activité ou d’une l’entreprise, dans des centaines de mobilisations aux multiples visages qui ont rassemblé des centaines d’ouvriers qui combattent pour leurs revendications, qui expriment les droits des travailleurs et entrent en conflit avec le pouvoir du capital, la barbarie capitaliste.

 

Ces réalisations significatives ne sont pas annulées par les résultats des élections qui sont négatifs pour le peuple.

Ils constituent une expérience inestimable et un point d’appui pour l’intensification de la lutte de classes jusqu’à son aboutissement.

Le KKE s’est opposé à la fusion des groupes dirigeants au sommet et met l’accent sur l’alliance sociale entre la classe ouvrière, les couches populaires urbaines et rurales avec la participation des femmes et de la jeunesse. Il rejette la coopération pour la formation d’un « gouvernement de gauche » visant à gérer le capitalisme et insiste sur la formation de l’alliance socio-politique qui combattra pour les problèmes du peuple, qui entrera en conflit avec les monopoles et l’impérialisme et dirigera sa lutte sur la voie du renversement de la barbarie capitaliste, de la conquête du pouvoir par la classe ouvrière et le peuple.

 

La stratégie qui promet un meilleur futur aux travailleurs et aux chômeurs à travers un soi-disant gouvernement de gauche ou progressiste, alors que le pouvoir du capital et la propriété capitaliste des moyens de production restent intacts, est dangereuse. Cette stratégie a été testée et a prouvé sa faillite. Elle a mené les partis communistes à l’assimilation et même à la dissolution.

 

Cette stratégie masque le problème fondamental. Elle masque le fait que le problème du chômage, qui s’accentue de façon incontrôlée, ne peut pas être résolu tant que la force et la richesse produites par la classe ouvrière restent entre les mains des capitalistes, aussi longtemps que l’anarchie capitaliste et le profit existent.

 

Les besoins contemporains du peuple ne peuvent pas être satisfaits dans la mesure où le capitalisme se trouve dans sa phase finale, l’étape impérialiste, et est totalement réactionnaire. Les difficultés à reproduire le capital, la concurrence des monopoles pour leur domination, renforcent les attaques visant à réduire le prix de la force de travail et augmenter le taux d’exploitation. Même les plus petits gains requièrent des conflits très durs contre le capital comme l’a démontré la grève héroïque de 7 mois menée par les métallos à Aspropirgos, soutenue de façon constante par le KKE et le PAME aux côtés de milliers de travailleurs en Grèce et à l’étranger qui ont exprimé leur solidarité de classe.

 

La lutte quotidienne pour le droit à travailler, pour la protection des chômeurs, pour les salaires et les retraites, pour la gratuité des soins, le bien-être et l’éducation, la lutte quotidienne contre les guerres impérialistes, pour le désengagement des unions impérialistes, pour la souveraineté du peuple, pour les droits démocratiques, est indissociablement liée à la lutte pour le renversement du capitalisme.

 

La position de principe du KKE souligne qu’un parti révolutionnaire ne peut pas avoir deux visages, ne peut pas renier sa stratégie, sa lutte pour le pouvoir de la classe ouvrière et du peuple, pour le socialisme, dans le seul but d’arracher des votes aux élections parlementaires en soutenant les formations « gestionnaires » qui consolident le système.

 

Le KKE a dit la vérité au peuple. Il l’a appelé à soutenir le parti afin de le renforcer, de telle sorte qu’il puisse contribuer de façon décisive à la mise en échec les mesures antipopulaires, au regroupement et au renforcement du mouvement ouvrier et populaire, au développement de luttes militantes, pour paver la voie à des changements radicaux.

 

Le KKE a nagé à contre-courant, comme il l’a fait en d’autres temps sur des sujets cruciaux, lorsqu’il exposait, entre autres choses, le caractère de la contre-révolution, du renversement du socialisme, et le caractère impérialiste de l’UE, quand il combattait contre l’UE, quand il s’opposait au traité de Maastricht, quand il condamnait les interventions impérialistes et les prétextes qui les justifiaient, etc.

 

Dans cette voie, le KKE a lutté dans les élections contre le courant de peur et de fatalisme, des différentes menaces ㅡ allant de l’expulsion de la zone euro à la peur de ne pas avoir de gouvernement ㅡ et les illusions qui étaient systématiquement répandues par SYRIZA. Il a expliqué au peuple le caractère de la crise, les conditions préalables à une voie de sortie en faveur des travailleurs, les conditions préalables qui sont liées au désengagement de l’UE et de l’OTAN, à l’annulation unilatérale de la dette et à la socialisation, c’est-à-dire au gouvernement de pouvoir populaire et ouvrier. Il a opposé le gouvernement du pouvoir populaire et ouvrier au gouvernement de gestion bourgeoise. Il a mené cette bataille en prenant en compte le risque électoral.

 

Mais même le plus petit recul du parti face aux pressions pour qu’il participe à un gouvernement visant à gérer la crise aurait mené au désarmement et à la retraite-défaite du mouvement ouvrier, à la fin de l’effort pour la formation d’une puissante alliance socio-politique, qui entrera en conflit avec la ligne politique des monopoles, les unions impérialistes que sont l’UE et l’OTAN. Il aurait renié chaque effort pour rassembler le peuple dans la lutte sur les problèmes quotidiens, qui s’aiguisent et dans la perspective du pouvoir ouvrier et populaire. En pratique, le KKE aurait été amené à remettre en cause la consistance et la solidité de ses propres mots d’ordre et de ses actions, tout comme il lui aurait fallu appliquer des régressions dommageables et erronées, graves, tant à son programme qu’à ses tâches immédiates pour la lutte.

 

Il est de grande importance que, dans de telles conditions, quand une série d’autres partis communistes ne sont pas représentés au parlement ou ont été dissous dans des formations de gauche social-démocrates et opportunistes en Europe, le KKE soit resté debout même avec une force électorale amoindrie. Sa stratégie concernant les deux voies de développement, concernant la nécessité d’alliances socio-politiques et la lutte pour le pouvoir populaire et ouvrier, l’expansion et l’approfondissement de ses liens avec la classe ouvrière, les couches populaires pauvres, reste le but de ses nouvelles activités au sein du peuple, de telle sorte que les travailleurs restent debout et ne soient pas brisés par les nouveaux dangers qui les attendent.

 

La stratégie du KKE a été confirmée par les événements au quotidien. C’est une stratégie basée sur les principes communistes, basée sur les lois de la lutte des classes. Elle détermine l’objectif, la voie et les conditions préalables pour résoudre la contradiction fondamentale entre le capital et le travail, afin de résoudre le problème central du pouvoir et d’abolir les relations de production fondées sur l’exploitation dans des conditions où le capitalisme souffre de ses irréconciliables contradictions, devient plus réactionnaire et dangereux, et où aucune formule gestionnaire ne peut apporter de solution en faveur du peuple. Avec cette stratégie, avec cette ligne de conduite, le KKE a contribué sans relâche aux efforts visant à rassembler le mouvement communiste sur une base révolutionnaire ; il encourage et soutient la lutte des communistes, la lutte anti-impérialiste partout dans le monde, il renforce la solidarité internationaliste pendant qu’au même moment il assume ses responsabilités pour le développement de la lutte des classes à l’échelle nationale.

 

Notre parti est très exigeant dans l’évaluation autocritique de son parcours. Il souligne que ce n’est pas assez d’avoir une stratégie et un militantisme corrects. Il étudie ses faiblesses pour qu’il puisse devenir plus efficace sur des questions d’orientation politique, améliorer l’éducation idéologico-politique, accélérer la consolidation du parti dans les usines, les lieux de travail, les quartiers populaires, renforcer le mouvement de classe, de telle sorte que la participation aux syndicats et à d’autres organisations de masse progresse et que de nouvelles forces rejoignent la lutte.

 

Le KKE continue sa lutte concernant tous les problèmes du peuple avec un sens plus grand encore de la responsabilité et de la décision. Il se focalise sur la lutte contre les politiques de taxation antipopulaires, pour les accords de négociations collectives, pour les salaires et les retraites, pour la protection des chômeurs, la santé, le bien-être et l’éducation. En même temps il prépare ses forces face au danger d’une guerre impérialiste contre la Syrie et l’Iran.

 

Il combat contre les mesures antipopulaires de ND, du PASOK et de la Gauche démocratique qui a émergé d’une scission de SYRIZA et fait partie du plan pour la manipulation « de gauche » du peuple. Il mène une lutte plus organisée contre les illusions de gauche de SYRIZA, renforce sa lutte contre les fascistes de l’Aube dorée.

 

Nous avons informé beaucoup de partis communistes, il y a bien longtemps, que l’attaque contre le KKE s’intensifierait. De nombreux camarades savent que la classe bourgeoise, l’État et les mécanismes para-étatiques ont testé des moyens pour la répression et la provocation contre le KKE et le PAME, et nous avons besoin à présent d’être vraiment bien préparés afin de faire face à l’intensification des attaques contre le Parti.

Nous continuons notre lutte. Nous essayons de devenir plus efficaces dans l’organisation et le développement de la lutte des classes.

 

La réduction de l’influence électorale du KKE ne remet pas en cause les avancées décisives que notre parti a réalisées au prix de grands efforts. Il ne remet pas en cause l’influence qu’il a dans les syndicats, les organisations de masse, le mouvement ouvrier et populaire, son prestige dans la classe ouvrière et la confiance que le peuple entretient à son égard dans les luttes de tous les jours, que cela s’exprime ou non dans les élections.

“Amis des beaux jours”.

 

Ainsi, les forces qui ont cherché ouvertement ou secrètement à interpréter le résultat des élections d’une manière arbitraire afin de saper la stratégie et les tactiques du KKE tout comme son rôle dans le mouvement communiste international seront jugées par les communistes révolutionnaires, par la classe ouvrière.

 

Il y a des forces plus que suffisantes pour gérer le système. Ce dont le peuple a besoin, c’est de véritables partis communistes qui ne gèreront pas la barbarie capitaliste au nom de la « gauche gouvernementale » et au nom de l’acceptation « réaliste » du rapport de forces. En empruntant cette voie, vous pavez la voie aux forces du capital et un temps précieux est perdu pour lequel la classe ouvrière et les couches populaires payeront un grand prix.

50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Documents et articles sur l’action du PCF.

Vivelepcf

50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Documents et articles sur l’action du PCF. dans Communisme-Histoire- Théorie 120715_Affiches-300x201-1LE 19 MARS 1962, LES ACCORDS D’EVIAN METTAIENT FIN À LA GUERRE D’ALGÉRIE. LE 5 JUILLET 1962, LE PEUPLE ALGÉRIEN RECOUVRAIT SON INDÉPENDANCE.

132 ans d’oppression coloniale prenaient fin. Une période de presque huit ans de souffrances inouïes pour le peuple algérien s’achevait, de drames aussi pour les Algériens d’origine européenne et pour l’ensemble du peuple français.

Communistes, nous participons pleinement à la commémoration et à la célébration de cet anniversaire. Notre Parti, le PCF, nos camarades du PCA, Parti communiste algérien, ont joué un rôle important, décisif dans cette grande victoire contre le colonialisme, l’impérialisme, pour l’accession d’un peuple à son droit à disposer de lui-même.

A travers plusieurs textes historiques et plusieurs analyses d’aujourd’hui, nous souhaitons, modestement, participer à cet aspect des commémorations qui nous concerne plus directement. Nous en sentons d’autant plus l’importance que l’attaque a été incessante pour nier et dévaloriser les positions et l’action, unique en France, de notre grand Parti, quand, du PS à l’extrême-droite, toutes les autres formations politiques ont défendu, d’une façon ou d’une autre, les intérêts de classe de la bourgeoisie colonialiste et couvert sa sale « guerre sans nom ».

Pour le PCF, l’anticolonialisme est un élément fondateur.

La huitième condition de l’adhésion à la 3ème internationale au Congrès de Tours stipule : « Dans la question des colonies et des nations opprimées, il est nécessaire qu’une attitude particulièrement marquée et claire soit prise par les partis des pays dont la bourgeoisie est en possession des colonies et opprime d’autres nations. Tout parti qui désire appartenir à la IIIe Internationale est tenu de démasquer les manigances de « ses » impérialistes dans les colonies, d’appuyer, non seulement par des paroles, mais par des faits, les mouvements libérateurs des colonies, d’exiger l’expulsion de ses impérialistes nationaux hors des colonies, de cultiver dans le cœur des ouvriers de son pays des relations vraiment fraternelles avec les populations ouvrières des colonies et des nations opprimées et de mener, dans les troupes de son pays, une agitation systématique contre toute oppression des peuples coloniaux ».

De la guerre du Rif en 1923 à la guerre d’Indochine, le PCF s’est montré fidèle, dans les positions et les actes, à cet engagement fondamental. L’Appel du 10 juillet 1940 de Jacques Duclos et Maurice Thorez, au moment où le peuple français doit lui-même se battre pour son indépendance, affirme qu’il « n’y a de Paix véritable que dans l’indépendance des peuples et les communistes qui revendiquent pour la France le droit à son indépendance, proclament aussi le droit à l’indépendance des peuples coloniaux asservis par les impérialistes. »

120715_Thorez_1939_Alger-95x95 17 OCTOBRE 1961 dans Luttes, grèves, manifsConcernant l’Algérie, l’anti-impérialisme, l’anticolonialisme, guident Maurice Thorez, lors dès son déplacement en 1939, quand il qualifie l’Algérie de « nation en voie de formation ». Ils amènent en 1954, après le 1er novembre, le PCF à affirmer clairement le « bien-fondé des revendications nationales du peuple algérien ».

EN LIEN : La déclaration du Bureau politique du PCF du 8 novembre 1954.

Le PCF est seul contre tous les autres partis politiques français, qui se sont tous rangés du côté des intérêts impérialistes. Dans une situation idéologique défavorable, le PCF s’applique à faire grandir le rapport de force pour la paix en Algérie en partant des intérêts objectifs de la classe ouvrière et de l’immense majorité du peuple français.

En 1956, après les élections de janvier, qui donnèrent une majorité de gauche à l’Assemblée, suivant une perspective politique d’union des forces de gauche, le PCF fait le pari d’une jonction à la base des travailleurs communistes et des travailleurs influencés par la SFIO pour une autre politique, notamment en Algérie. Ce pari, exprimé par le vote de confiance à Guy Mollet, échoue. La SFIO peut utiliser les pleins pouvoirs, que le gouvernement aurait obtenus par ailleurs, pour renforcer la répression colonialiste et pousser, de façon irréversible, l’escalade guerrière, élargissant le fossé entre les peuples.

Les communistes dénoncent aussitôt le double langage et ses sinistres conséquences.

EN LIEN : La déclaration du Bureau politique du PCF du 27 avril 1956, Paix en Algérie120715_Algérie_PCF_19561 3éme internationale dans Solidarité internationale

(EN LIEN : Sur le combat des communistes du PCA en Algérie au même moment, lire un hommage à Henri Maillot, assassiné le 5 juin 1956.)

La guerre est dramatiquement meurtrière et ruineuse. Elle déstabilise le pays. L’opinion publique française se montre de plus en plus réceptive à l’analyse et à l’action des communistes. Le PCF développe la lutte, notamment dans les entreprises, également parmi le contingent. Cela comptera dans l’échec du putsch des généraux félons en 1961.

L’engagement, le sacrifice jusqu’à plusieurs années de dur emprisonnement des « soldats du refus », ces appelés refusant de porter les armes contre le peuple algérien, est une des formes les plus conscientes et courageuses d’action de militants communistes (écouter par exemple l’interview de Jean Clavel sur France Inter).

120715_soldat_refus_2-95x95 Algérie1958 : L’impérialisme français doit changer son fusil d’épaule et désigne de Gaulle pour assurer la persistance de ses intérêts. De Gaulle comprend que la domination impérialiste devra chercher de nouvelles formes, partition du pays, maintien de la mainmise sur les matières premières, etc. Mais il perpétue la guerre encore 4 années pour cela, se jouant entre autres des « européens » d’Algérie, prolongeant toutes les souffrances, continuant à couvrir l’usage de la torture…

Là encore, le PCF est la seule organisation politique, organisation de masse, à dénoncer et combattre le jeu du pouvoir gaulliste, à mener jusqu’au bout la bataille pour la paix, contre la résurgence fasciste.

En 1960, il démonte « l’autodétermination », version de Gaulle, à laquelle celui-ci a dû se résigner tout en cherchant à préserver les intérêts de la classe capitaliste.

120715_paix_Algerie_meeting_SMH1 assassinatEN LIEN : L’article du 11 mars 1960 de Maurice Thorez sur « l’autodétermination ».

Pour le pouvoir gaulliste, en aucun cas, les reculs inéluctables de l’impérialisme en Algérie ne doivent se traduire par une avancée des forces progressistes en métropole. D’où la complaisance trouble du vieux réactionnaire et de son appareil pour le terrorisme fasciste de l’OAS, ses pratiques répressives jusqu’à la dernière heure, jusqu’au racisme d’Etat et aux crimes d’Etat du 17 octobre 1961 ou du 8 février 1962.

Le PCF est le premier à réagir à la répression atroce de la manifestation des Algériens en Région parisienne du 17 octobre 1961.

EN LIEN : La déclaration du BP du PCF du 18 octobre 1961.

Aussi contre la tentative de division des mémoires, l’article :  50ème anniversaire du massacre du 17 octobre 1961. L’Etat impérialiste a recours au crime raciste: souvenons-nous-en et opposons-lui l’unité des travailleurs !120715_affiche_PCF_OAS1 auto détermination des peuples

Les militants communistes continuent de payer le prix fort de leur engagement pour la paix en Algérie, contre les fascistes de l’OAS et l’impérialisme gaulliste. Le massacre de Charonne en témoigne dramatiquement le 8 février 1962. Il n’empêche pas, au contraire, la montée du mouvement populaire.

EN LIEN : Le PCF après le massacre de Charonne le 8 février 1962.

La mémoire des victimes de Charonne illustre la portée du combat quotidien des communistes (et des cégétistes) dans les entreprises et les quartiers pour la paix, lire aussi Un hommage aux victimes de Charonne.

Malgré son acharnement, l’impérialisme français représenté par de Gaulle doit concéder les Accords d’Evian, signés le 19 mars 1962. 

Maurice Thorez appelle à voter « oui » au référendum d’avril 1962. EN LIEN : son appel « Oui à la paix ».

En mars 1962, le Parti communiste algérien salue le rôle décisif du PCF dans la grande victoire que les Accords d’Evian représentent pour le peuple algérien mais pour le peuple français :

« Le PCF a été le seul parti français à soutenir, avant la guerre de libération, l’aspiration de l’Algérie à l’indépendance. Au lendemain du 1er novembre 1954, il a été le seul parti français à donner les raisons politiques du soulèvement et à préconiser des négociations sur la base de la satisfaction des aspirations nationales de notre peuple.

Il n’a cessé de déployer durant ces années de guerre, des efforts patients pour rassembler les masses dans de larges actions, moyen décisif pour imposer en France la paix négociée aux colonialistes. Il a mené avec persévérance le combat politique et idéologique contre le chauvinisme et la thèse de « l’Algérie française ». Il a expliqué inlassablement aux Français le sens et la justesse de notre lutte nationale. Il a combattu les obstacles et manœuvres sur le chemin de la négociation… »

EN LIEN : L’intégralité de la lettre du PCA au PCF en lien.  

Un bel et juste hommage à une longue lutte qui doit continuer à inspirer les combats des communistes aujourd’hui contre l’impérialisme.  

 

Ce cinquantième anniversaire est bien sûr aussi l’occasion de faire le bilan de 50 années d’indépendance de l’Algérie. Ce n’est pas notre objet ici.

Nous renvoyons cependant, comme document, au programme du PCA du 18 avril 1962. On peut y lire dans l’avant-propos : « Pour que l’indépendance soit complète, les institutions coloniales doivent être remplacées par un État réellement démocratique, permettant à chaque Algérien de participer effectivement à l’exercice de la souveraineté nationale, de sortir les pays de son sous-développement et de l’amener rapidement au rang de nation moderne et prospère. »

 

EN LIEN : Le programme du PCA du 18 avril 1962.

 

A lire aussi:

120715_mémoire_algérienne1 colonialisme1962 – 2012 : Henri Alleg répond aux questions de jeunes communistes

1962 – 2012 : CE QUE, COMMUNISTES, NOUS COMMÉMORONS
Un grand merci au rédacteur du site http://vivelepcf.fr/ pour cet article

 

 

 

 

 

 

 

 

Un député PCF méconnaissable : Patrice Carvalho (Oise)

Un député PCF méconnaissable : Patrice Carvalho (Oise) dans Divers 120723_carvalhoPatrice Carvalho a retrouvé le siège de député de la circonscription de Noyon dans l’Oise qu’il avait occupé entre 1997 et 2002. Le 17 juin 2012, il a obtenu 42,7% des voix dans le cadre d’une triangulaire avec l’UMP et le FN. Il est un des 7députés membres du PCF restants.

 

Depuis 2002, la plupart des communistes l’ont perdu de vue. Mais certains se souviennent encore de ces prises de position et de ses votes lors du gouvernement Jospin, parmi les très rares à refuser d’avaliser les reniements de la « gauche plurielle », des ministres et de la direction du PCF. Pour marquer symboliquement la quasi-absence d’ouvriers dans la représentation nationale, lui, l’ancien de Saint-Gobain était venu en bleu de travail à la première séance de la législature.

 

C’était il y a 15 ans. Malheureusement, tout le monde peut changer. Patrice Carvalho avait déjà manifesté son changement de logique en s’intégrant dans l’exécutif de « gauche plurielle » de l’Oise avec rang de second vice-président du Conseil général.

 

Dans la continuité de son allégeance sur le PS, il se rapproche en 2009 de Robert Hue qui prône, avec son « Mouvement unitaire pour le progrès », MUP, un courant « communiste » dans une gauche unie derrière le PS. Dans la mouvance du MUP, Patrice Carvalho figure sur la liste PS aux régionales de 2010 en Picardie rejetant la liste « Front de gauche » et la liste des communistes derrière Maxime Gremetz.

 

Est-ce l’approche des élections législatives qui lui faire revoir l’expression de son suivisme derrière le PS ? En 2011 et 2012, il n’est plus question de MUP, mais de Front de gauche. Carvalho se réconcilie avec la direction du PCF de l’Oise et fait campagne pour Mélenchon, même si depuis qu’il est de nouveau député, il « avoue ne pas trop l’aimer » (Le Monde du 13 juillet 2012). Ce choix ne l’a pas desservi électoralement, d’autant plus que le PS a tardé à désigner un candidat « divers gauche » contre lui ‘après l’avoir soutenu dès le 1er tour aux cantonales de 2011) et lui a fourni un suppléant « apparenté socialiste ». Le Monde constate que ses affiches sont roses et ne portent aucune référence au PCF. Pas de quoi gêner Carvalho, pour qui ses électeurs sont avant tout « carvalhistes ».

 

On peut bien être d’origine ouvrière et devenir un bon notable local démontre et assume le député Carvalho.

 

Quel créneau lui reste-t-il pour s’illustrer pendant la prochaine législature ?

 

Dans la même interview du Monde, Patrice Carvalho semble avoir fait un choix : dénoncer la proposition du droit de vote des étrangers aux élections locales (pourtant défendue par les communistes depuis les années 70) et fustiger le mariage homosexuel. De quoi faire parler de soi, accompagner la dérive d’une partie de l’électorat local, sans troubler les parrains du PS !

 

Les anti-communistes, sous Sarkozy, (ah comme il manque aux éditorialistes du Figaro !) avaient fait leur miel des prises de positions de l’ex-député maire de Vénissieux, André Gerin qui associait une revendication « identitaire communiste » à une défense zélée des dispositions anti-immigrés du gouvernement, « identité nationale » ou « croisade anti-burqa », à des positionnements sécuritaires dignes de son complice et préfacier, l’ex-député UMP Eric Raoult.

 

Gerin, disqualifié et à la retraite, aurait-il trouvé un successeur, tout aussi prêt à dévaloriser l’identité communiste et ouvrière ?

La page complète accordée par Le Monde à Patrice Carvalho le laisse craindre.

Il ne reste que 7 députés membres du PCF

Vivelepcf, 16 juillet 2012

 

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