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Après les législatives : solder l’opération Front de gauche et remettre le PCF en situation d’élever la riposte à la politique du capital

Après les législatives : solder l’opération Front de gauche et remettre le PCF en situation d’élever la riposte à la politique du capital

 

EDT pour vivelepcf, 11 juin 2012

 

Après les législatives : solder l’opération Front de gauche et remettre le PCF en situation d’élever la riposte à la politique du capital dans Communisme-Histoire- Théorie 827181_politique-manif-300x171Jean-Luc Mélenchon a joué. Il a perdu son pari politicien. Il va repartir du Pas-de-Calais comme il y est venu. Il pourra continuer à siéger au Parlement européen où le Front de gauche a assuré une reconversion à l’ancien sénateur PS.

A la fin du cycle électoral dans le Front de gauche, le PCF va se retrouver avec au mieux 7 députés (18 en 2007) qui ne pourront pas constituer de groupe à l’Assemblée nationale avec les 2 ou 3 refondateurs et PG en ballotage. Pour les militants communistes, ce résultat fait mal.

En 1958 aussi, notre parti n’avait eu que dix élus mais avec 20% des voix, 400.000 militants et une identité et une ligne claires… on en est très loin en 2012.

En 2012, il est temps de remettre en cause la stratégie suivie avec le Front de gauche, dans la suite des collectifs anti-libéraux, de la « mutation » du PCF depuis au moins le congrès de Martigues de 2000.

La base de l’existence du Front de gauche est, depuis sa constitution en 2008, avant tout électorale. Même sur ce plan, le résultat n’est pas concluant. Le soufflé médiatique, monté sur la personne de Mélenchon avant la présidentielle avait commencé à retomber le soir du 22 avril. Le 10 juin, malgré l’implantation des élus locaux communistes, le Front de gauche perd plus de la moitié des voix qui s’étaient portées sur lui et subit de lourdes pertes en particulier dans les secteurs traditionnels du vote communiste.

S’effacer dans le Front de gauche devait renforcer le PCF notamment en termes d’élus : c’est le contraire qui se produit après déjà l’effondrement dans les conseils régionaux.

Le résultat le plus marquant et inquiétant du 1er tour des élections législatives est le niveau inédit de l’abstention : 42,8%. Le Front de gauche n’a pas contribué à inverser la tendance lourde.

Pour une part, l’abstention aux législatives est certes due à l’aggravation de la présidentialisation du régime depuis l’avènement du quinquennat. L’élection présidentielle concentre et réduit tous les enjeux. Comment la direction du PCF (Hue-Buffet) a-t-elle pu en 2000 s’abstenir devant le projet Chirac/Jospin ? Le Front de gauche s’est malheureusement coulé dans ce système en personnifiant au maximum ses campagnes, même celle des législatives, derrière la figure de Mélenchon.

Mais le niveau de l’abstention s’explique aussi par l’absence de véritable alternative.

Pour beaucoup, la seule chose qu’il y avait à attendre des élections, c’était se débarrasser (ou non) de Sarkozy, sans illusions. C’est fait. Presque automatiquement  Hollande allait disposer d’une majorité parlementaire.  C’est quasiment fait.

Pour battre la droite, le vote Front de gauche n’est pas apparu utile, encore davantage après le désistement « sans conditions » du leader Mélenchon sur Hollande et les encouragements répétés des dirigeants du PG et du PCF aux premières mesures du gouvernement Ayrault.

Le Front de gauche a essayé de se poser comme meilleur rempart contre l’extrême-droite. Mélenchon a fait le calcul politicien de faire don de sa personne face à Marine Le Pen.

Les résultats dans le Pas-de-Calais le montrent gravement : Se servir de Le Pen comme faire-valoir est irresponsable. Elle sort archi-gagnante du « duel front contre front » et progresse d’encore 10% dans sa circonscription pour atteindre 42%.

120611_Melenchon_Poly dans Conseil National du PCFS’il s’agit seulement d’empêcher le FN d’avoir des élus, le vote PS est plus efficace.

S’il s’agit de seulement d’exprimer un rejet du racisme anti-immigrés du FN et d’une bonne partie de la droite, le vote PS paraît aussi plus efficace. La perte de 5 sièges sur 8 en banlieue parisienne et du seul siège sortant en banlieue lyonnaise est particulièrement dure à encaisser, encore plus quand on songe à l’implication des militants communistes.

Pour démonter la démagogie « anti-système » de l’extrême droite, il y a besoin non d’un ex-cacique du PS qui se joue les Zorros mais d’une organisation militante ancrée dans le monde du travail, comme l’était et l’est encore un peu le PCF. Pour démonter la démagogie sociale de l’extrême droite, il y a besoin des positions de rupture que portait le PCF, notamment contre l’UE.

« Peser à gauche du PS », « tirer le PS à gauche » : cette perspective du Front de gauche n’a pas pris. L’expérience l’a toujours montré après 1981 ou 1997: ces formules se traduisent dans les faits par l’apport d’une caution de « gauche » à la politique de la social-démocratie.

Les jeux de scène et la grandiloquence du candidat avant la présidentielle ont pu masquer qu’il se contentait de surenchérir sur le programme de Hollande, contribuant à le présenter comme allant dans le bon sens. Depuis le 6 mai, il n’est plus possible de traiter Hollande de « capitaine de pédalo ». Sortant de l’Elysée le 5 juin, le toujours Maastrichien Mélenchon a souhaité que Hollande « puisse aller au bout de sa tentative de conciliation européenne »…

Actuellement, au moment où Hollande et Ayrault tentent d’incarner une gauche raisonnable, mais quand même la gauche, le système n’a pas besoin, en France d’un deuxième PS, d’une social-démocratie de substitution.

En revanche les travailleurs et le peuple vont avoir besoin de l’existence et du renforcement du parti communiste. C’est aussi l’attente qu’a traduite la sympathie réelle bien que limitée selon les couches de la population, envers le Front de gauche dans sa période d’essor médiatique.

Vraiment, il y a des choses qui ne peuvent plus durer dans notre Parti.

La direction a esquivé tous les débats de fond sur la stratégie du Front de gauche, écarté systématiquement les communistes de la décision. En 2008, le Front est créé en marge du 34ème congrès. Le principe des candidatures Front de gauche en 2012 est imposé lors d’un congrès non statutaire en juin 2010. Le congrès normal de 2011 a été annulé, empêchant une définition collective des axes de campagne. Le programme « partagé » est tombé, après coup, du ciel. Etc.

Il faut remettre les choses à plat et dès maintenant.

Bien sûr, notre première tâche est d’assurer la défaite de la droite.

Mais le débat sur la participation éventuelle au gouvernement ne peut pas se dérouler comme il est programmé, avec consultation des communistes en 24h chrono entre le lundi 18 juin à 18h00 et le mardi 19 à 18h00 avant que la direction décide seule en « conférence nationale ». Comme nous sommes plusieurs membres du Conseil national à le demander depuis des mois, le Comité exécutif ou même le secrétaire général doivent mettre en discussion d’urgence une orientation. Les résultats définitifs des législatives, prévisibles, ne changeraient aux données du débat. L’alternative ne peut pas se limiter non plus à une question tactique : comment le PCF soutiendrait le mieux la majorité, avec ou sans ministres. Il est nécessaire de caractériser la politique de Hollande.

Pour nous, le gouvernement mène et mènera une politique d’austérité au service du capital, sous l’égide de l’UE, donnant quelques gages très légers « à gauche », avant d’engager un virage encore plus antipopulaire. L’heure est à préparer la riposte, ce qui implique évidemment de ne pas participer au gouvernement, mais aussi de ne pas se ranger dans sa majorité.

Dans cet état d’esprit, nous proposons que le Parti lance de grandes campagnes d’action, sur les positions de rupture les plus rassembleuses. Il faut se sortir de la logique électorale permanente, sinon électoraliste, du Front de gauche. Depuis des mois, sinon des années, les réunions de direction nationale et locale sont obnubilées par les négociations, les calculs, les marchandages politiciens du Front de gauche pour les élections successives. On commence à voir que la forme de campagne superficielle du Front de gauche ne rencontre pas durablement l’aspiration au changement, ne donne pas les moyens de lutter.

Nous proposons des actions nationales pour la retraite à 60 ans, avec retour aux 37,5 annuités et rétablissement intégral du financement solidaire par la cotisation sociale, contre la mise en concurrence du rail, pour le retour de La Poste comme établissement publique détenteur du monopole public de distribution du courrier, une grande campagne sur les salaires articulant revendications pour le SMIC et pour une échelle mobile etc.

Contrairement au Front de gauche, tournons-nous vers les luttes !

Depuis des mois, nous demandons un débat de fond sur la rupture avec l’UE du capital et l’euro. Directions du Parti et Front de gauche ne répondent à rien mais se posent en défenseurs de l’euro réorienté. Les positions défendues par le PCF contre Maastricht et les Maastrichiens tels Fabius ou Mélenchon sont-elles dépassées ? Comme le refus de l’intégration dans l’Europe du capital ? Ce débat est urgent.

Tout cela pose la question de la poursuite de la stratégie du Front de gauche.  Sa faculté de rassemblement durable sur des objectifs de rupture est nulle, on le constate. Le projet de recomposition politique supplantant le PCF ne cesse de se confirmer comme son orientation réformiste et sa structure de parti électoraliste tourné vers les catégories moyennes « politisées ».

Le PCF ne pourra pas faire l’économie de ces discussions fondamentales dans les mois qui viennent sous peine – est-ce le choix de certains ? – que se poursuive le processus de disparition qui évacue le PCF de l’Assemblée nationale aujourd’hui.

Les grandes luttes qui se préparent vont avoir besoin des communistes ! Reprenons en main notre parti, le PCF ! 

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Législatives 2012 : plus que jamais, nous condamnons le régime présidentiel et le quinquennat

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 PCF PARIS 15éme– 8 juin 2012

 

La campagne des élections législatives tire à sa fin dans un climat de large indifférence. Il y a pléthore de candidats, notamment à Paris – une vingtaine par circonscription -, de partis avides de financement public pour les cinq prochaines années.

Mais le résultat semble écrit d’avance, à raison ou peut-être à tort, après la victoire des partis de gauche rassemblés derrière François Hollande à la présidentielle et la défaite de Sarkozy.

Dans le 15ème, par un savant charcutage de nos deux circonscriptions, la droite au pouvoir a, à peu près, assuré la réélection de ses sortants UMP, Philippe Goujon et Jean-François Lamour.

Elle a savamment retranché à la 13ème circonscription des cités HLM (Bertillon/Pitard par ex.) qui votent très à gauche pour les associer à la masse bourgeoise dominante dans la 12ème circonscription, également élargie à une petite partie de l’ultra-réactionnaire 7ème arrondissement.

En échange, la 13ème circonscription s’est agrandie sur les quartiers mixtes du Front de Seine (de la rue de Javel à la rue Linois, une partie de Beaugrenelle) où la politique de la municipalité PS en faveur des promoteurs et spéculateurs immobiliers suscite un mouvement profond de rejet de toutes les couches de la population.

Anne Hidalgo, 1ère adjointe de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris ne s’y est pas trompée. Elle a préféré jeter l’éponge pour préserver un peu de légitimité si jamais elle devait succéder au maire de Paris, appelé au gouvernement. Ce schéma semble improbable d’après les dernières annonces, contradictoires, de Delanoë.

Mme Hidalgo a laissé la place au discret et courtois Gilles Alayrac, adhérent au PRG, comme candidat de la gauche. Du moins est-il moins directement engagé dans les opérations immobilières spéculatives que ce soit la Tour Triangle à la Porte de Versailles ou le centre Beaugrenelle. Des formules qui collent à l’histoire du vieux Parti radical, l’une lui correspond mieux que l’autre. Ce n’est pas celle-ci : les radicaux, c’est comme les radis, rouges à l’extérieur, blancs à l’intérieur. Dans ce cas, on ne voit guère le rouge même en surface. Plutôt celle-là : les radicaux sont insubmersibles tellement ils sont creux.

C’est donc bien à un vote sans illusions à gauche que nous appelons les électeurs du 15ème.

 Nous alertons les salariés et les habitants du 15èmedepuis le début de la campagne électorale : l’heure est à préparer la riposte, par les luttes, à la nouvelle version de la politique au service du capital que la future majorité de gauche se prépare à relayer en France sous l’égide de l’UE.

Pas d’illusions mais de la clarté y compris sur le plan électoral.

Après la défaite chèrement acquise de Sarkozy, localement et nationalement, il faut continuer à faire reculer le résultat de la droite et encore davantage celui du FN. Les campagnes anti-logements sociaux de MM. Lamour et Goujon assimilant logement social, immigration et délinquance, en particulier à propos des quartiers de la Porte Brancion ou de la cité Aristide Maillol ne supportent aucune tolérance.

Cette année 2012, il n’y a pas de candidat du PCF dans les circonscriptions du 15ème arrondissement. Les directions départementale et nationale, suivant leur stratégie de Front de gauche derrière le sulfureux Jean-Luc Mélenchon, ont décidé d’ignorer les statuts de notre Parti et d’empêcher les communistes de désigner leurs candidats. Dans le 15ème, des candidats Front de gauche, alignés sur la municipalité PS, comme au plan national canalisant pour la majorité PS, ont été imposés. Il s’agit pour l’une de la candidate de la « gauche populaire et antilibérale » de 2007 dans la 13ème circonscription et pour l’autre d’une transfuge de la CFDT arrivée dans une officine de « gauche » non identifiée. L’opération Front de gauche, l’OPA de ces socio-démocrates bon teint sur le PCF, feront long feu.

Vous pouvez et pourrez toujours compter sur l’action des communistes du 15ème dans vos entreprises et vos quartiers contre les politiques au service du capitalisme et leurs conséquences.  

L’essentiel pour nous est de faire monter la riposte à la politique du patronat et du capital d’où qu’elle vienne, telle qu’est est répartie, avec l’alternance, entre la droite et la gauche social-démocrate.

Concernant les élections et la « démocratie », la situation nous ramène à une lutte que nous avons menée, malheureusement avec peu d’organisations du PCF, alors que nos dirigeants Hue/Buffet/Borvo avaient décidé de s’aligner derrière le gouvernement Chirac/Jospin/Buffet/Mélenchon.  

Cette lutte, c’est celle contre l’établissement du quinquennat en 2000.

Comme nous avions raison de dénoncer une opération concertée dont la réalisation, que nous subissons, était de réduire l’intervention populaire électorale à une seule consultation tous les cinq ans d’une part, d’autre part à subordonner les élections législatives au vote présidentiel, personnel, le plus réducteur en termes de choix de programme politique.

Nous en voyons pleinement les conséquences. La caricature est atteinte par les coalitions politiques qui ne trouvent comme identifiant national que la figure de leur candidat médiatisé à l’élection présidentielle. Ce constant lamentable doit devenir une incitation à s’organiser dans des partis complètement différents des mangeurs de soupe ou de caviar de droite et de gauche.

Dans le 15ème arrondissement, le PCF est votre parti pour une totale alternative.

Dès demain, nous continuons nos batailles.

Ceux qui faisaient semblant de soutenir le mouvement pour la défense des retraites et qui aujourd’hui nous expliquent que c’est impossible doivent être disqualifiés et combattus. Oui, pour la retraite à 60 ans, alors que 210.000 jeunes arrivent sur le marché du travail sans avoir d’emploi chaque année et que le chômage des plus de 55 ans augmente, le retour aux 37,5 annuités et au financement solidaire par le travail, sans exonérations de cotisations patronales, est possible et nécessaire.

Oui, quand 70% de la population s’est mobilisée contre la casse sur service public de La Poste, la transformation de la Poste en société anonyme privatisable et la concurrence libre et non faussée européenne, les politiciens du PS, des Verts et de Front de gauche nous ont renvoyés à leur élection. C’est fait ! Maintenant la mobilisation doit détruire leur hypocrisie pour conserver les services publics si essentiels à la réponse à nos besoins.

Nous pourrions multiplier les exemples. La voie de la lutte n’est pas la plus facile en politique. Elle n’est pa de celles qui rapportent en places dans les municipalités.

C’est celle qui rapporte le plus pour la société et l’épanouissement dans le combat émancipateur contre le capitalisme.

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