Archive | 11 octobre 2011

Dimanche dernier, je n’ai pas voté. Je n’irai pas voter dimanche prochain.

Primaires PS/ une réflexion

Dimanche dernier, je n’ai pas voté. Je n’irai pas voter dimanche prochain.

Par Marc Jammet (PCF Mantes-la-Jolie) http://marc.jammet.over-blog.com


Plus de deux millions d’électeurs se sont déplacés pour participer à la primaire du Parti socialiste. Je n’en ai pas fait partie dimanche dernier. Je n’en ferai pas non plus partie dimanche prochain pour plusieurs raisons:

  • je ne suis pas membre du Parti socialiste, ni sympathisant et je n’ai donc aucune raison de m’ingérer dans la désignation du candidat socialiste.
  • Avec cette primaire, il s’agit justement de désigner le candidat socialiste et non celui de toute la gauche. En confondant volontairement dans ses tracts son candidat et celui de la gauche, le Parti socialiste tente une OPA sur cette dernière. Ce n’est pas acceptable et c’est anti-démocratique. C’est à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle en avril 2012 que les électeurs – tous les électeurs – décideront du candidat de gauche arrivé en tête.
  • Ce véritable coup de pub, avec l’appui volontaire des services de l’Etat et l’engagement de tous les médias, au profit d’un seul parti – désigné à l’avance comme le seul devant compter à gauche – est également une entorse très grave à l’égalité de traitement entre les partis dans notre société.
  • Et cette entorse grave à l’égalité de traitement entre les partis est, à mon avis, sciemment organisée: fin 2.000 réduction du mandat présidentiel à 5 ans et coïncidence entre les élections présidentielle et législatives (la première devant « déterminer » la deuxième), primaires du PS que l’UMP annonce déjà vouloir copier dans 5 ans …. Ce qui est en ligne de mire, c’est d’imposer deux forces politiques – et deux seules! – aux programmes nuancés mais tout à fait compatibles – hors desquelles les électeurs n’auraient plus le choix. Cela a un nom: c’est une dérive vers un système à l’américaine qui, quel que soit le choix des électeurs, laissera inchangée la politique menée comme on a pu le constater avec Bush et Obama.
  • Contrairement à ce que le nombre d’électeurs de cette primaire le laisse entendre, une telle dérive serait un recul important de la citoyenneté et de la possibilité d’intervention des citoyens. On confond volontairement ici le choix à faire entre quelques candidats (désignés préalablement par des écuries politiciennes) et l’intervention des citoyens eux-mêmes, leur réflexion, le débat lui-même. Cela a la couleur de la démocratie, cela peut en avoir le goût mais c’est avant tout remiser les électeurs dans un choix stérile dont ils ne maîtriseront pas les contours.

Dans tous les pays soumis aux dictatures, les peuples se lèvent pour remettre en cause la mainmise d’un parti unique sur la société.

En Tunisie, ce sont plus de 100 partis politiques qui ont été déclarés en quelques mois. C’est une formidable aventure, une formidable richesse démocratique.

Allons-nous, en France, décider (ou laisser décider pour nous) de réduire notre démocratie à un choix entre deux candidats de deux partis et ce, une fois tous les 5 ans?

Non seulement ce serait anti-démocratique mais extrêmement dangereux pour la démocratie elle-même.

Est-ce un hasard si c’est justement après la réforme constitutionnelle de 2.000, après 5 années de pouvoir de la gauche où le nombre de privatisations n’a jamais aussi élevé … que Jean-Marie Le Pen accède au second tour en 2002 et élimine le candidat de la gauche?

Au lieu de pleurnicher et d’avancer la seule idée qu’il faut dorénavant limiter le nombre de candidats – c’est à dire réduire la démocratie -, les partis politiques n’auraient-ils pas dû réagir de manière efficace sans toucher à la démocratie: instaurer un seuil (10% par exemple) à partir duquel un candidat peut se présenter au deuxième tour de la Présidentielle (et laisser ainsi le libre choix aux électeurs), s’engager à modifier leur comportement fait alors de davantage d’écoute des citoyens, de courage politique et de refus des compromissions – c’est à dire élargir la démocratie?

Cela aurait pu être un des enjeux majeurs de cette élection présidentielle avec un candidat communiste portant notamment ces valeurs.

La direction nationale du PCF, en s’appuyant sur un simulacre de démocratie interne, a malheureusement cédé aux sirènes de la pensée unique en préférant l’addition des étiquettes politiques avec le « Front de Gauche » et son programme qui n’est ni populaire ni partagé, au vrai dialogue en grand avec les citoyens, leur intelligence et leurs espoirs.

Une telle démarche est d’autant plus nécessaire qu’une partie de plus en plus importante du patronat (et des financiers) français verrait d’un bon oeil l’élection d’un président de gauche qui, profitant de son « état de grâce », décrèterait des mesures impopulaires (comme en Espagne ou en Grèce) que Sarkozy n’arrive plus à imposer.

Il y aura bien besoin alors d’un parti qui continue à porter la revendication d’une société débarrassée du capitalisme, qui contribue à construire, à faire vivre, et à rendre incontournable cet espoir que la majorité des partis politiques tente de détruire à l’occasion de cette présidentielle.

Autrement dit: plus que jamais, il y a – et il y aura – besoin en France d’un parti communiste digne de ce nom.

Marc Jammet.

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SAINT-QUENTIN La locataire garde son toit (Courrier Picard)

Mardi 11 Octobre 2011

SAINT-QUENTIN La locataire garde son toit

 

Corinne Bécourt, élue au bureau national du Parti communiste, s’est démenée hier pour venir en aide à Fabienne, menacée d’expulsion, à cause de loyers impayés.

SAINT-QUENTIN La locataire garde son toit  (Courrier Picard) dans Le PCF à St Quentin

Menacée d’être expulsée de son F2 à la cité des Aviateurs, l’employée précaire a appris la bonne nouvelle hier : la décision a été suspendue.

C’est une petite victoire mais une victoire quand même. Et Corinne Bécourt, élue au bureau national du Parti communiste avait prévenu: «Si je n’ai pas de nouvelles de la directrice du CIL dans la journée, nous irons dans son bureau.» À 16h30, hier, elle n’a pas eu le temps de mettre ses menaces à exécution. Face au siège du bailleur social, boulevard Roosevelt, la militante communiste venait de recevoir un coup de téléphone salvateur, «il y a eu un accord de suspension», glisse-t-elle à Fabienne, venue expressément la rejoindre.

«Oh, c’est super. Je vais appeler ma copine pour lui dire», s’émeut, les larmes aux yeux, la quadragénaire, qui avant-hier encore, se voyait contrainte et forcée de quitter son logement de la cité des Aviateurs au quartier Saint-Martin qu’elle occupe depuis 10ans. (Courrier picard d’hier). Car les galères ont débuté voici deux ans quand Fabienne ne pouvait plus honorer son loyer de 375euros mensuels, sans bénéficier d’une allocation d’aide au logement. Travailleuse précaire – elle gagne environ 700euros par mois- la quadragénaire, sans enfant, voit aujourd’hui l’avenir plus sereinement. En tout cas, elle sait qu’elle va passer l’hiver au chaud. Les discussions entre la direction du CIL et la sous-préfecture ont duré une bonne partie de la journée. «Au CIL, je leur ai dit que depuis un an, son APL (aide personnalisée au logement, ndlr) était bloquée depuis un an», insiste Corinne Bécourt. Cette manne avoisine aujourd’hui les 800euros qui serait alors décomptée de la dette actuelle et Fabienne devrait connaître une meilleure situation professionnelle en début d’année prochaine. Des garanties qui n’auraient pas laissé indifférentes les autorités.

G.CA.

La direction du CIL ainsi que le sous-préfet ont été contactés en milieu d’après-midi. Le CIL n’a pas répondu à nos sollicitations.

 dans Luttes, grèves, manifs

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