Archive | 22 août 2011

Comment sortir du scandale de la « défiscalisation » des heures supplémentaires ?

Par PCF Paris 15

Plus de 4 milliards d’euros par an : voilà ce que coûtent par an, principalement au budget de l’Etat, les mesures d’exonérations de cotisations sociales et de défiscalisation portant sur les heures supplémentaires, comme l’avoue un rapport parlementaire publié en juin 2011.

Selon les comptes de l’ACOSS (qui collecte les cotisations pour la Sécurité sociale), le volant d’heures supplémentaires au deuxième trimestre 2011 a rattrapé et dépassé les niveaux de 2008.

Nous n’avons cessé de combattre ces dispositions depuis leur adoption à l’été 2007. Dans le contexte du chantage à la dette publique, il va devenir de plus en plus difficile pour les gouvernants, avant comme après les élections de 2012, de maintenir ce système. Raison de plus pour le dénoncer sans laisser lui substituer un autre servant les mêmes intérêts.

Les mesures de 2007 reviennent, encore une fois, à faire payer une partie de la rémunération des salariés, à la place des patrons, par la collectivité, c’est-à-dire essentiellement par les salariés eux-mêmes.

Le patronat est gagnant direct de 1,3 milliard d’euros d’exonérations de cotisations sociales en recourant aux heures supplémentaires. L’Etat les subventionne, avec évidemment un effet négatif sur les embauches. Les employeurs peuvent profiter encore davantage des possibilités de flexibilisation du temps de travail que les lois dites « des 35 heures » et leurs modifications ultérieures leur ont données.

Pour les salariés effectuant les heures supplémentaires, une minorité, l’avantage promis, le « travailler plus pour gagner plus » se révèle très faible sinon un leurre. Profitant de l’effet d’aubaine, les patrons ont pu basculer les primes vers le paiement d’heures supplémentaires. Il a été aidé à faire pression sur les salaires en général.

Par ailleurs, l’ensemble des salariés paie la note en termes de baisses des dépenses publiques et sociales.

Ces nouvelles exonérations contribuent à saper en outre, encore un peu plus, la base du financement de la Sécurité sociale : la cotisation sociale, la part socialisée du salaire.

La défiscalisation des heures supplémentaires fait partie des (rares) mesures sarkozystes que le projet du PS pour 2012 proposent concrètement de revoir. Soit !

Mais les socialistes proposent de la remplacer par le financement par l’Etat à 75% de 300.000 « emplois d’avenir » à l’image des « emplois jeunes » de 1998. A priori, on ne voit pas bien le rapport.

De surcroît, cette proposition est hypocrite et dangereuse. Comme les « emplois jeunes », cette mesure va renforcer la précarité et non l’inverse en substituant des emplois de seconde classe aux postes statutaires dans la fonction publique, la fonction publique territoriale, les entreprises publiques. Comme en 1998, le PS prévoit une durée de 5 ans. Si ce sont de vrais emplois, il faut un vrai statut ! Hollande et Aubry refusent de revenir sur les suppressions d’emploi dans le secteur au nom de la RGPP. Cette proposition le confirme.

Nous nous prononçons, en ce qui nous concerne, pour la suppression pure et simple des dispositifs d’exonération sociale et de défiscalisation des heures supplémentaires, pour la remise en cause de l’annualisation du temps de travail, pour une augmentation des majorations dues pour les heures supplémentaires, pour une augmentation générale des salaires.

Dette publique ? Faire rendre l’argent aux profiteurs !

La campagne redouble pour préparer l’opinion française, les travailleurs, les retraités, les jeunes à de nouveaux sacrifices au nom des déficits et de la dette publics.

Le discours des politiciens, de ceux-là mêmes qui vident les caisses de l’Etat au profit des plus riches, est pourtant usé jusqu’à la corde : « nous vivrions au dessus de nos moyens ». Les 40% de Français qui ne partent pas en vacances peuvent en attester !

 

Mais les capitalistes passent à une nouvelle étape. L’attaque coordonnée des milieux financiers, du FMI, de la BCE et de l’UE, pays par pays, offre aux gouvernements nationaux la possibilité d’aggraver très lourdement leur politique « d’austérité », de casse des services publics et sociaux, d’amputation des salaires et pensions.

Le « sauvetage » européen de la Grèce se révèle ainsi être une saignée renvoyant le pays vers le sous-développement.

Le même jeu a lieu aux Etats-Unis. Obama, président « démocrate », défenseur présumé des pauvres, joue l’impuissance devant la droite extrême et les marchés. C’est lui-même qui a distribué à la finance, aux grandes entreprises et au lobby militaro-industriel des sommes sans égales.

De Grèce, du Portugal, d’Espagne, d’Italie… : ce que l’on devrait plutôt entendre, c’est la montée des résistances populaires.

 

En France, dès la rentrée, le gouvernement, fort du chantage à la dette publique, prépare un nouveau tour de vis.

Mais comme en Grèce en 2009, en Grande-Bretagne en 2010, au Portugal en 2011: il est hautement probable que l’essentiel de la sale besogne reviendra au président et à la majorité nouvellement élus aux élections de 2012, quelle que soit leur couleur. Dans la même perspective, en Espagne, Zapatero a convoqué des élections anticipées en novembre.

Les jeux politiciens de la campagne électorale, les vagues promesses en l’air ne doivent pas détourner des vraies questions et de la lutte. Il n’y a même pas un an, nous étions des millions à défendre les retraites. Mesurons cette force !

 

Rien ne va plus au casino de la Bourse ? Tout irait mal pour tout le monde ? Ce n’est simplement pas la vérité.

Ces mêmes jours, 30 des 40 entreprises du CAC 40 ont rendu publics leurs résultats pour le premier semestre 2011 : des bénéfices en hausse de 6,5% ! En six mois, Total a gagné 6,7 milliards d’euros, la BNP-Paribas, 4,7 milliards, GDF-Suez, 2,7 milliards, EDF, 2,6 milliards en bonne part sur nos factures etc.

 

Les groupes capitalistes se repaissent de la « crise du capitalisme » et notamment des dettes publiques, aux Etats-Unis comme dans les pays d’Europe.

Là aussi, il faut simplement que la vérité se sache. Les déficits publics français, et donc la dette, sont intégralement issus des politiques, qui s’aggravent depuis 15 ans, de cadeaux au patronat, au capital et aux grandes fortunes.

Toutes ces déductions fiscales (baisse de l’impôt sur les plus hauts revenus, suppression de la taxe professionnelle, défiscalisation des heures supplémentaires etc…), les exonérations de cotisations sociales patronales, « compensées » par les contribuables, représentent 110 milliards d’euros par an (plus que le déficit budgétaire !). Sans compter le coût des mesures spéciales prises pour renflouer la finances et les trusts en 2008 et 2009.

 

Le scandale est là. Ensuite, l’Etat se dit obligé d’emprunter sur les marchés. A qui emprunte-t-il ? A ceux-là mêmes à que les gouvernements ont gratifié de ces cadeaux fiscaux et sociaux et en plus on leur sert de généreux intérêts !

 

Au nom de ça, nous devrions encore nous serrer la ceinture ? Non !

Les dépenses publiques et sociales n’augmentent pas, contrairement à ce qui est dit. La suppression de dizaines de milliers d’emplois dans les services publics sape les bases du développement du pays et nourrit le gâchis du profit capitaliste. Nous payons plus pour des services moins bons. La baisse des salaires, au nom de la compétitivité, écrase les qualifications et la consommation.

 

Dans les mois qui viennent, préparons-nous à dire non, puissamment non, pour rejeter les plans du pouvoir, avant comme après les élections de 2012.

 

Le pouvoir a entamé un petit jeu politicien avec son projet de loi visant à inscrire la fin des déficits budgétaires dans la Constitution, la soi-disant « règle d’or », faisant écho au « pacte européen pour l’euro ».

Depuis, le départ, tout le monde sait que la loi de Sarkozy ne sera pas votée parce qu’il manquera les voix des parlementaires de gauche nécessaires à la majorité requise des trois cinquièmes. Un jeu de rôle se met ainsi en scène avant les élections de 2012.

 

Pourtant, les gouvernements européens de droite ou « socialistes » poursuivent exactement la même politique antisociale. Les deux camps ont approuvé le traité de Lisbonne et s’inscrive dans la politique capitaliste de l’UE.

Avant les élections en France, ils voudraient nous faire croire qu’ils divergent sur le fond. Toutefois, Hollande et Aubry ont déjà donné des gages sur leur priorité à diminuer les déficits.

 

La manœuvre est habile et révélatrice.

Sarkozy veut se faire passer pour « rigoureux » alors qu’il a creusé les déficits publics comme jamais, uniquement en cadeaux au patronat. Pour le coup, le PS a raison de le dénoncer mais en oubliant que Fabius en 2001 a commencé la baisse de l’impôt sur le revenu et que Aubry, avec sa loi dite des « 35 heures » a ouvert la voie à des exonérations sans précédent de cotisations sociales patronales.

La « règle d’or » permet de mettre en scène une opposition factice entre l’UMP et le PS (et leurs satellites). Le PS joue son rôle d’opposition. Ses candidats aux primaires sont bien prudents mais affirment leur volonté exprimée d’augmenter la CSG, de multiplier les emplois exonérés de « charges sociales ».

Belles perspectives pour 2012 : le pire ou le moins pire ! Ne nous laissons pas enfermer dans cette piètre alternative !

 

Les forces existent pour refuser tous les sacrifices que le pouvoir va nous demander !

Battons-nous pour de véritables ruptures !

La dette publique est en grande partie infondée. Il faut la revoir.

La renationalisation du secteur financier est une exigence primordiale.

 

Ne laissons plus se creuser les déficits publics pour nourrir le profit capitaliste!

Exigeons la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales ! Etablissons une fiscalité faisant contribuer justement hauts revenus et grandes entreprises à la mesure de leur capacité !

La hausse des salaires, avec la hausse du SMIC à 1600 euros net et le rétablissement d’une échelle mobile reconnaissant les qualifications est une nécessité face au dumping social.

 

Assez des diktats du FMI (de Strauss-Kahn ou de Lagarde) et de l’UE ! Libérons-nous de la BCE en remettant en cause l’Euro.

Combler les déficits ? Oui ! En prenant l’argent à ceux qui s’en repaissent !

Objet de nos rencontres communistes internationales

Lien vers le bulletin d’abonnement  de notre journal « Cahiers Communistes »
 

 

Que les célébrations du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin furent tristes en 2009! Pluvieuses et clairsemées ! Le capitalisme n’a pas réussi à manqué la mise en scène de son autolégitimation sur les ruines des pays de l’est.

Au contraire, sa crise réveille l’actualité du socialisme. Un peu partout dans le monde, en Afrique du Nord, en Europe, une recherche nouvelle se manifeste vis-à-vis du communisme, un intérêt nouveau pour son histoire, sa forme d’organisation. Des partis communistes renaissent, se redéveloppent. L’image des immenses banderoles du Parti communiste grec au dessus du Parthénon, appelant à la riposte, ont fait le tour du monde, dans un des pays sur lequel l’exploitation capitaliste s’abat le plus violemment.

Pour autant, 20 ans, 30 ans après, l’état du mouvement communiste international reste délabré. Les dégâts de l’offensive idéologique succédant aux années 1989/91 demeurent, sur fond d’affaiblissement antérieur. Suivant les réalités nationales, l’histoire du mouvement ouvrier de chaque pays, certains partis se sont dissouts, ont changé de nom, d’autres ont ployé accumulant les reniements théoriques et les compromissions avec le système et la social-démocratie. Mais un peu partout, des éléments, des partis résistent.

Confronter ces expériences, dans la diversité des situations nationales mais dans l’unité d’objectif de lutte, tel était l’objet de la rencontre communiste internationale organisée à Paris les 25 et 26 février 2011, à l’invitation de 7 membres du Conseil national du PCF, sous l’égide de notre revue « Cahiers communistes » et du site internet « Solidarité-internationale-PCF ».

Des représentants de 6 partis communistes y ont participé ainsi qu’un représentant de l’ambassade de Cuba, dont la présence, le 25, a été l’occasion de souligner le rôle central de la solidarité avec Cuba socialiste. Plusieurs autres partis ont envoyé des messages de soutien, témoignant du niveau d’attente vis-à-vis des communistes français et de leur Parti, historiquement si glorieux.

Il faut dire qu’au niveau international, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a pris la présidence du « Parti de la gauche européenne » en décembre 2010.

Le PGE, appointé par la Commission européenne, collaborant avec les syndicats réformistes européens réunisdans la CES, apparaît de plus en plus clairement comme la forme de coordination internationale et comme l’instrument du processus d’effacement des partis communistes en Europe. Nous le vivons directement. Transformer les partis communistes en partis de gauche euro-compatibles, les diluer dans des « Fronts de gauche » : voilà l’objectif. Le PGE va jusqu’à sponsoriser des partis opposés aux partis communistes ne suivant pas sa ligne (Bloc des gauches au Portugal, Synapsismos en Grèce…).

Dans chaque pays, la bataille pour la légitimité de ce que représentent les partis communistes historiques bat son plein. Nos situations, différentes, sont très parallèles sous bien des aspects.

En Italie, la direction du PCI a réussi à imposer dès 1991 la conversion de l’organisation historique en formation social-démocrate puis démocrate. L’histoire des communistes depuis est celle d’innombrables et hasardeuses recompositions politiques, plombées par des éléments opportunistes et trotskystes. L’action actuelle pour l’Unité des communistes ouvre l’espoir d’arrêter cette spirale sans fin dans le pays de l’ouest où le PC était le plus fort.

En Espagne, l’opération « Izquierda Unida », « Gauche unie », sonne comme un avertissement pour les communistes français confrontés au « Front de gauche ». Depuis 25 ans, IU s’est peu à peu substituée au PCE, a laissé son organisation se déliter, son point de vue s’effacer, sa perspective s’enfermer dans le carcan institutionnel et les alliances inconditionnelles avec le PS. Plusieurs fédérations tentent maintenant de rendre son indépendance au PCE pour le reconstruire.

Plus qu’un mouvement salutaire de révolte, le mouvement actuel des « indignés » est la cruelle manifestation de la faillite de la stratégie d’IU, sabotant le parti révolutionnaire, laissant le mouvement syndical sous hégémonie réformiste, collaborant avec le PSOE de Zapatero.

En Autriche, la direction du KPÖ observe fidèlement la politique du PGE et de Die Linke. Mais sa plus grosse fédération, celle de Styrie réussit à maintenir une organisation de classe autonome avec de bons résultats. Elle travaille en lien étroit avec l’organisation nationale de la jeunesse communiste, en plein renouveau.

Au Luxembourg, les camarades sont parvenus à préserver l’organisation historique et son patrimoine, des griffes de « la gauche ». « Dei Lenk », conçue au départ comme simple alliance électorale, s’était vite révélée être le moyen pour les éléments opportunistes de noyer le KPL dans une gauche de salon. L’opération a échoué.

L’expérience du Parti communiste grec, KKE, dans des conditions nationales très difficiles, fait référence. La fidélité au marxisme-léninisme se traduit par une influence de masse croissante. L’intervention efficace des communistes dans le mouvement syndical appelle la réflexion.

Notre rencontre se situait en plein dans le contexte des grands mouvements sociaux d’Afrique du Nord. Les analyses denotre camarade algérien du PADS ont su faire précisément le lien entre notre discussion sur l’organisation communiste et les luttes actuelles dans les pays arabes. Pendant des décennies, les régimes en place se sont appliqués à détruire les partis communistes, s’appuyant parfois sur leurs éléments les moins solides. Aujourd’hui, ils sont cruellement affaiblis devant les manœuvres de l’impérialisme pour garder la mainmise malgré le mouvement populaire.

Faire vivre et renforcer nos Partis communistes, c’est possible, c’est une nécessité. La venue plus importante de jeunes, de jeunes travailleurs vers les Partis communistes est un énorme encouragement.

Les voies d’abandon ouvertes par le PGE ne sont pas les seules. A Johannesburg, en décembre 2010, se réunissaient pour la 12ème fois des délégués de dizaines de partis communistes et ouvriers.

Le PCF ne peut se situer en dehors de ce mouvement, en contradiction avec sa raison d’être. Solidarité internationaliste ! Rendez-vous à la Fête de l’Humanité.

 

A. Crézégut, E. Dang Tran

 

Ni laisser dépasser, ni laisser embaumer Lénine !

Nous retransmettons la conférence que Jean Salem, professeur de philosophie, a prononcée au siège du PCF le 22 juin 2011.

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« lénine et la révolution ». conférence de jean salem from les films de l’an 2 on vimeo.

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Jean Salem est de ceux, des rares, qui n’entendent pas laisser Lénine parmi les « chiens crevés » de l’histoire. La criminalisation du communisme, sans parler de celle du « socialisme réel », idéal dénigré par certaines directions communistes elles-mêmes, y conduit au bout de 25 « années de plomb ».

Il est temps de revenir sur l’actualité entière de la pensée de Lénine, avec laquelle le conférencier, auteur de plusieurs ouvrages, s’est longuement familiarisé.

L’impasse des révoltes de cette année 2011 y ramène tout autant.

« Lénine et la Révolution » : l’intitulé de la conférence renvoie au titre du livre de Jean Salem de 2006 (édition Encre Marine).

L’auteur reprend ce qu’il a résumé en six thèses de Lénine :

1- La Révolution est une guerre, la politique suivant l’art militaire.

2- La Révolution politique ne peut être qu’une révolution sociale.

3- L’existence d’un parti d’avant-garde est nécessaire à ces batailles.

4- Ce Parti d’avant-garde doit trouver les mots d’ordre correspondant à la situation politique objective et à la vie des peuples.

5- La révolution va avec, nécessite même, une lutte pour des réformes, aussi loin de l’anarcho-syndicalisme que du réformisme.

6- A l’ère des masses, la politique commence là où des millions d’hommes se lèvent en observant le déplacement tendentiel des foyers de la révolution vers les peuples dominés.

Son écoute, argumentée d’exemples présents, est parlante.

Stéphane Hessel et l’indignation, guides par défaut de la révolte sociale ? Inconcevable !

Le vieillard doit être le premier surpris. Voilà Stéphane Hessel transmuté en égérie de rassemblements de protestation sociale qui « s’indignent », à l’échelle européenne, ne trouvant comme référence que son petit livret « Indignez-vous ! ».

En vérité, Hessel n’a vraiment jamais imaginé être révolutionnaire mais est seulement un bourgeois libéral. L’ancien haut-fonctionnaire ne l’a jamais caché. Ce qui n’est pas contradictoire avec des positions anticolonialistes courageuses vis-à-vis de l’Etat d’Israël. Mais c’est une autre question.

Son petit bréviaire moralisant n’a rien d’un brûlot. Il est terriblement conformiste en vantant le droit-de-l’hommisme et la « construction » européenne, instrument majeur de l’exploitation des peuples d’Europe.

Il y en a aussi assez que soit attribué à n’importe qui, à tort et à travers, les acquis du Conseil national de la Résistance, dont Hessel déplore, à juste titre, la remise en cause.

Dans le rapport de force de la Résistance, puis de la Libération, devant le rôle prédominant gagné dans la lutte et par le sang par les communistes en France et par l’Union Soviétique, la bourgeoisie française a fait la part du feu.

Elle a laissé quelques uns de ses rares éléments patriotiques concéder et s’approprier, en les limitant, des aspects de l’analyse et du programme des communistes. A ceux qui en doutent, qu’ils comparent l’analyse économique et sociale contenue dans l’Appel de Duclos et Thorez du 10 juillet 1940 et le programme du CNR !

Quant au réactionnaire militariste, colonialiste, adepte du pouvoir personnel De Gaulle, le présenter comme progressiste relève d’une forfaiture incroyable. Se définir comme « gaulliste de gauche », c’est vivre en soi-même sa contradiction, comme on dit en psychiatrie !

Le plus effarant pour nous, communistes, est de voir des responsables du PCF vanter Hessel, sa brochure, la faire vendre de façon militante.

Des images, des positions sont plus éloquentes que des analyses :

- Hessel allait appeler à voter Strauss-Kahn et il l’a dit.

- Hessel, après avoir été candidat sur la liste « écolo » en Ile-de-France aux élections régionales, a soutenu Nicolas Hulot. Va-t-il suivre Joly, ex-amie de Bayrou, ou bien Hulot amis de Borloo ? Son indignation ne se déclenche pas devant les tripatouillages politiciens !

- Hessel, le comble, vient de trouver un frère dans la religion de l’idéologie dominante, en la personne du tout aussi jubilatoire et souriant Dalaï Lama, héritier de la plus obscurantiste dictature religieuse du monde.

Les bons petits bourgeois français se précipitent vers le bouddhisme tibétain pour calmer leur mal-vivre.

Les travailleurs de France et des autres pays doivent avoir d’autres références que l’anesthésique Hessel pour affronter l’exploitation capitaliste.

Un vrai parti d’avant-garde, marxiste et léniniste, le PCF revivifié !

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