Archive | 26 juillet 2011

La loi contre la médecine du travail promulguée. La lutte continue par delà 2012.

imagescanww1v9.jpgLe Medef et ses alliés ont eu du mal. Il leur aura fallu trois ans pour faire passer leur contre-réforme de médecine du travail .

En 2009, Medef et gouvernement ont finalement échoué à obtenir l’accord d’un syndicat représentatif pour valider leur protocole d’accord dans le cadre du « dialogue » social.

En 2010, ils ont tenté d’introduire exactement les mêmes mesures dans la loi Woerth contre les retraites. C’était charger la barque et le Conseil constitutionnel a annulé ce « cavalier législatif ».

Partie remise en 2011. La droite parlementaire reprend les mêmes dispositions dans une proposition de loi, votée définitivement le 4 juillet par l’Assemblée nationale et publiée le 24 juillet dans le JO.

 

Nous avons largement relayé sur ce site, comme dans les entreprises  les démonstrations du groupement « Sauver la médecine du travail » (SLMT) sur la nocivité et la perversité de cette loi.

Elle ne cherche pas à répondre au problème criant : la chute du nombre de médecins du travail dont le renouvellement n’est pas assuré. Au contraire, elle l’utilise pour continuer à évincer les médecins du travail de leurs prérogatives définies en 1946.

Ce seront désormais les présidents des services interentreprises de santé au travail (SIST) qui définiront la politique de santé au travail dans l’entreprise. Les médecins du travail seront leurs exécutants, parmi d’autres prestataires des SIST.

Or les présidents des SIST sont désignés par les employeurs.

Ainsi ce ne seront plus les médecins du travail, salariés qualifiés et légalement protégés, qui auront la mission de « prévenir l’altération de la santé des salariés du fait de leur travail » mais des représentants des patrons eux-mêmes.

Les médecins de SLMT alertent dans leur dernier communiqué : « la loi laisse tout loisir de transformer les moyens et les personnels des SIST en outils de gestion de la main d’œuvre ».

Parmi de nombreuses autres dispositions négatives, la loi ouvre la voie à une définition des priorités des SIST « en fonction des réalités locales ». Les reculs pourront aller plus vite là où la pénurie de praticiens est encore plus grande.

 

La lutte des organisations de médecins du travail a presque fait échouer le Medef et le gouvernement. Leur action a été remarquable. Leur expression a permis une prise de conscience beaucoup plus large, parmi les syndicalistes notamment, des dangers, alors que les sujets sont peu lisibles.

Elle a amené les directions syndicales et la gauche presque dans leur ensemble à prendre position dans des meetings et au Parlement.

 

Et maintenant ? Comme toutes les autres questions, l’avenir de la médecine du travail rentre dans le débat pré-électoral de 2012.

Mais la lutte reste décisive, avant comme après les élections, même si la gauche doit l’emporter. Notamment dans l’immédiat contre tous les décrets d’application scélérats que le gouvernement tient en réserve.

 

Il est et sera toujours nécessaire de bien clarifier l’alternative.

 

A la surprise des militants et des observateurs, les groupes de gauche se sont abstenus lors du vote en première lecture au Sénat le 27 janvier 2011, incités par certaines organisations syndicales. Un amendement avait été ajouté posant que la présidence des SIST serait tournante entre représentants du patronat et des salariés. Finalement, l’amendement a été retiré à la seconde lecture et les parlementaires de gauche ont voté contre.

Ne laissons pas déplacer l’enjeu ! On voit quelle fausse bonne « réforme » correctrice une gauche pourrait prendre sans aller sur le fond. La question n’est pas la « gouvernance » des SIST, avec ou sans fiction de participation, de collaboration des représentants des salariés.

 

La question est de sauver la médecine du travail dans toutes ses prérogatives, de la développer, de permettre la pleine action de médecins du travail plus nombreux au cœur des entreprises pour prévenir les accidents du travail, les maladies professionnelles causés par l’exploitation et la recherche du profit.

Le PCF aile gauche de la social-démocratie ? ça vous choque, vous ? Pas Pierre Laurent !

imagesca5l8rqs.jpgPar EDT pour http://vivelepcf.over-blog.fr/

Le PCF aile gauche de la social-démocratie ? ça vous choque, vous ? Pas Pierre Laurent !Il n’y a pas si longtemps, quand on nous traitait, nous communistes, de socio-démocrates, ce n’était pas loin de sonner comme une insulte. Même les éléments les plus « droitiers » du Parti, même ceux qui sont passés directement au PS, refusaient le compliment avec véhémence.

Nous-mêmes, nous ne manquerions pas de réagir vivement mais cela ne nous arrive jamais.

 

A la radio l’autre matin, le 4 juillet 2011 sur France Inter, Pierre Laurent est interviewé par les journalistes de la « Matinale » de la chaîne. Au bout d’une dizaine de minutes, l’éditorialiste, vieux spécialiste du communisme et des pays de l’est, Bernard Guetta pose une question. Il n’en revient pas :

« Vous ne prônez plus ou pas la sortie de l’euro, plus ou pas la sortie de l’Union européenne.

Vous ne rejetez plus, en tout cas pas entièrement, l’économie de marché au profit de l’économie dirigée. Finalement qu’elle est aujourd’hui la différence entre le Parti communiste et une aile gauche de la social-démocratie ? »

La question provocatrice est loin de faire bondir, même réagir, Pierre Laurent. Au contraire, il va dans le sens du journaliste :

« Mais nous n’avons jamais été des antieuropéens. En tout cas, il y a bien longtemps que nous ne le sommes plus. »

Et de continuer à bien assurer que la Parti a changé, a faire son mea culpa sur l’Europe, à se revendiquer défenseur de « l’idée européenne », à entonner cette pédagogie de l’acceptation de l’UE du capital qui est celle du « Parti de la gauche européenne » que préside justement Pierre Laurent.

Pierre Laurent ajoute quand même sur « nous », les communistes:

« Ce qui nous distingue, c’est une détermination, quand même farouche, qui reste notre identité, ou ce pourquoi nous existons, à penser qu’il va falloir passer à autre chose que le système capitaliste. Le système capitaliste ne répond pas aux défis du 21ème siècle, ni au plan social, ni au plan du développement planétaire. »

Resté sur sa faim, Bernard Guetta tend une perche à Pierre Laurent : « autre chose de quelle genre ? ».

Pierre Laurent précise: « Il faut que la solidarité devienne le système d’organisation de la société, à la place de la concurrence. … Les valeurs d’égalité et de solidarité doivent prendre la place de la compétition, du mérite, de la concurrence ». Bayrou ou Borloo y reconnaîtraient les leurs…

 

Interloqué Bernard Guetta lance : « Bref, vous êtes un social-démocrate de gauche ? ».

Il en faudrait plus pour sortir Pierre Laurent de sa placidité. Gêné qu’on le classe dans les « antieuropéens », il n’est pas troublé d’être taxé de « social démocrate ».

Pierre Laurent répond donc : « Oui, mais ( !!!!), les socio-démocrates, ils se sont un peu trop accommodés du marché. … Il y avait des socialistes qui étaient sur les mêmes valeurs que nous et beaucoup s’en sont éloignés pour se convertir dans les 25 dernières années au marché capitaliste… Ceux qui ont maintenu un certain nombre de valeurs comme nous sont peut-être le pôle d’avenir et de stabilité de la gauche. »

Pierre Laurent assume ses choix politiques dans la lignée de Marie-George buffet et de Robert Hue. Le PCF, transformé en Front de gauche, a vocation à reprendre la flamme de la social-démocratie abandonnée par la plupart des dirigeants du PS. C’est exactement ce que Gysi et Lafontaine ont théorisé également pour leur parti « Linke » en Allemagne.

 

Que reste-t-il du PCF dans tout cela ? Le nom, l’appareil et ses élus locaux, hérités du temps où nous avions des positions révolutionnaires, une certaine force militante qui est appelée par Pierre Laurent à coller les affiches de Mélenchon.

 

Les conceptions de Pierre Laurent correspondent tellement à ce que nous vivons dans le PCF : à tout prix « métamorphoser » le PCF et le fondre dans une « social-démocratie de gauche », en préservant, pour préserver les places.

 

Le contresens est total quand Pierre Laurent prétend peser sur la « gauche ». La question n’est pas d’ailleurs pour lui, dans la même interview, si elle doit se coaliser mais dans quelles conditions elle va se regrouper derrière le PS.

 

La social-démocratie française n’a conservé, ou retrouvé un langage vaguement anticapitaliste – Mitterrand ayant atteint les sommets de l’hypocrisie au congrès d’Epinay de 1971 – que parce qu’il y avait un PCF puissant sur des bases révolutionnaires.

Elle peut continuer presque en roue libre avec une telle capitulation communiste derrière Mélenchon !

Une vague « gauche de la gauche », une « aile gauche de la social-démocratie » ne fera que canaliser pour la social-démocratie, partie prenante de la gestion européenne du capitalisme.

 

Le mérite véritable de Pierre Laurent est bien de dire ce qu’il pense même à la radio. Son tort, c’est de tout faire pour continuer à l’imposer dans le PCF !

 

Camarades, posons nous chacun la question ? Voulons-nous être des sociaux-démocrates de gauche ?

Pour nous, c’est non !

Même un Bernard Guetta, professionnel de l’anticommunisme, n’y retrouve plus ses petits !

Par EDT pour http://vivelepcf.over-blog.fr/  

 

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