Archive | 18 juillet 2011

Comment combler le déficit de l’Huma : un choix politique ?

Aujourd’hui, où chercher de quoi combler le déficit de près de 2 millions d’euros pour 2010 ?

L’article de Patrick Le Hyaric dans l’édition du 13 juillet 2011 ouvre des voies qui suscitent quelques commentaires.

- PLH salue la mobilisation des souscripteurs. Lecteurs, le plus souvent communistes, ils sont viscéralement attachés à leur journal, pour lequel ils ont souvent sacrifié de leur énergie, sinon plus. Exigeants ou indulgents vis-à-vis du contenu du journal, ils répondent toujours présents (650.000 euros depuis le début de l’année). Pour ceux qui sont imposables, leurs dons sont désormais défiscalisés.

- PLH mentionne la bataille pour obtenir l’augmentation des aides publiques. Menée au nom de la défense du pluralisme, ce combat est juste. Mais, au vu le rapport de force, on ne peut imaginer que le maintien ou l’augmentation des aides aux quotidiens à faibles ressources publicitaires soit octroyée par un gouvernement sans arrière-pensée. Avant ou après 2012.

110717_Une_huma_retraites.jpg- PLH ne mentionne pas les collectivités territoriales, à direction non communiste, de gauche, parfois même non, qui paient de plus en plus de pages de promotion. Elles, non plus, ne financeraient pas un journal juste pour les beaux yeux du pluralisme.

- PLH souligne la « nécessité d’élargir la diffusion et la lecture de l’Humanité ». Bien sûr. Mais avec quels moyens et en direction de quelle cible. La menace qui pèse sur les « abonneurs » et leur travail en lien avec le Parti (voir ci-dessus) est inquiétante.

Dans son article, PLH vise à la fois large et étroit : les citoyens d’un côté, les « militants du changement social et écologique » de l’autre, « quelle que soit leur sensibilité ».

Est-ce une ouverture ? Le lectorat visé ressemble étonnement à ceux, à gauche, qui se pensent « politisés », qui sont plus aisés que la moyenne et ont l’habitude et les moyens de lire des journaux.

Il y a trois ans l’Humanité-dimanche était baptisé officiellement ainsi : « la gauche a son magazine ». Avec l’Humanité, le Front de gauche a-t-il son journal ? Avec la Fête de l’Humanité, le Front de gauche menée par Mélenchon a-t-il sa fête ?

Pas une seule fois dans son article, PLH ne mentionne les communistes ou le PCF. C’est pourtant bien leur action militante qui ont fait la diffusion maximale et l’utilité de l’Humanité, le rayonnement de la Fête de l’Huma. C’est toujours eux qui défendent de façon décisive l’Huma.

Souvenons-nous comment, à la fin des années 90 déjà, la vente militante, les CDH n’ont pratiquement pas survécu à la transformation de l’Huma-dimanche en Huma Hebdo, à la mutation de la ligne éditoriale. L’Huma cessait alors d’être le « journal du PCF » pour ouvrir son capital à 20% à des investisseurs privés (dont Lagardère, Bouygues, les Caisses d’épargne…).

Depuis la situation reste contradictoire tant le titre est associé à ce que représente le PCF.

La bataille n’est peut-être pas perdue de ne pas laisser davantage se « décommuniser » notre presse, d’en refaire l’outil politique dont ceux qui ont le plus intérêt à combattre le capital ont besoin pour mener la lutte des classes, quotidiennement comme chaque semaine.

L’Huma ne peut pas laisser tomber ses diffuseurs ! Une négociation transparente doit s’ouvrir.

Les 21 « abonneurs » de l’Humanité risquent d’être purement et simplement licenciés avec tout ce que cela signifie.

La filiale du journal, la SPDP, qui les emploie est en liquidation depuis le 23 juin 2011.

Auparavant, ils ont mené pendant 7 semaines, à 90%, une grève pour s’opposer à la nouvelle convention que la direction du journal veut leur imposer et pour demander l’ouverture d’une véritable négociation.

La direction semble avoir fait le choix de la rupture.

Il est absolument anormal que les lecteurs de l’Huma, les responsables du Parti n’aient pas été informés de ce conflit social qui les touchent directement.

Pendant la grève, les « abonneurs » ont occupé tous les jours le hall du journal, sans écho dans ses éditions. Ils ont même dû diffuser un tract à l’entrée de la Conférence nationale du PCF, le 3 juin, pour tenter de briser le silence.

Dans la présentation des comptes 2010 de l’Humanité, dans l’édition du 13 juillet, Patrick Le Hyaric n’y fait toujours aucune mention.

On peut y lire seulement une allusion à son choix de gestion lorsqu’il cite, parmi les causes de l’aggravation du déficit du journal, « un coût de conquête d’abonnement élevé qui dépasse de 360.000 euros celui que nous avions envisagé ».

Ces chiffres, et d’autres, sont entièrement contestés par la CGT de la SPDP. Elle rappelle que ses diffuseurs réalisent 6000 abonnements par an pour un stock moyen de 35.000 abonnés.

Le projet de nouvelle convention était inacceptable parce qu’il aurait fait porter sur les commissions, déjà aléatoires, de ces salariés les défauts de pérennité des abonnements réalisés. La direction envisageait-elle ainsi de faire porter les 360.000 euros d’économies sur les 21 diffuseurs ?

Les salariés rappellent qu’en 2001, ils ont déjà dû accepter l’externalisation de leur service qui était alors partie intégrante du journal.

Même conscients des difficultés du journal, nous ne pouvons qu’être choqués par ces pratiques patronales. Les salariés ne doivent en aucun cas rester sur le carreau.

Derrière tout choix de « gestion » se dessine, qu’on le veuille ou non, un choix politique.

Veut-on que l’Huma se passe de diffuseurs professionnels militants dont le travail s’organise de près avec les organisations du Parti ?

Ils s’efforcent d’abonner des militants, des sympathisants, ceux qui ont intérêt à la lecture d’un journal allant à contresens de l’idéologie dominante, utile à leurs combats quotidiens.

En tout état de cause, une véritable négociation, un débat à l’échelle du journal et du Parti doit s’ouvrir avec tous les éléments.

Avec les « abonneurs » en lutte, nous demandons leur reprise parmi les salariés de l’Huma avec la réinternalisation de l’activité de la SPDP et l’examen des moyens pour assurer la meilleure efficacité économique et politique de leur travail.

Pas d’avenir pour l’Huma sans « abonneurs » !

Sortie de l’euro, fin de l’euro : le débat doit avoir lieu au sein du PCF.

Rédaction vivelepcf, 18 juillet 2011

Autres articles sur le sujet :

Sortir de l’euro ? Posons la question !

Remettre en cause le « Pacte pour l’euro » sans remettre en cause l’euro : impossible !

Des dirigeants du PCF à la rescousse de l’euro ?

Voir aussi :

Extrait de la rencontre avec Emmanuel Dang Tran à St Martin d’Hères


 

Les plans de « sauvetage » se succèdent : « sauvetage » de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal… avec tous comme objectif le sauvetage de l’euro.

L’affolement joué par les gouvernants européens ne doit pas tromper.

De connivence avec les spéculateurs et les « agences de notation », ils sont en train de faire payer une deuxième fois la crise du capitalisme par les travailleurs de chaque pays pour le plus grand profit des capitalistes eux-mêmes.

Ils l’ont fait une première fois à partir de 2008 en aggravant les déficits publics pour aider davantage les plus riches et renflouer les banques.

Ils entendent saigner à nouveau les salariés, les retraités, les jeunes pour rembourser maintenant les « dettes » publiques qu’ils ont fabriquées. Les groupes financiers, déjà bénéficiaires hier, s’en repaissent aujourd’hui avec des intérêts galopants.

Voilà ce que signifie concrètement, techniquement « Sauver l’euro ».

Ce que le PCF avait si justement dénoncé dans les années 80 et 90 se réalise.

L’euro est l’instrument du renforcement de la mise en concurrence des peuples les uns contre les autres, de l’écrasement des salaires et des droits sociaux acquis dans chaque pays, des activités économiques en développement. L’euro facilite les délocalisations. Il a ouvert une période inédite d’accumulation financière pour les capitalistes européens…

A terme, toujours pour « sauver l’euro », les gouvernants, de droite et de gauche, et leurs idéologues ne prônent qu’une perspective : aller plus avant dans la même voie.

Il faudrait maintenant placer directement les politiques économiques nationales sous la mainmise de l’UE. Avec le « Pacte pour l’euro », dans l’accomplissement de Maastricht, c’est l’austérité à perpétuité pour les travailleurs.

Hollande et Aubry en France sont les premiers à demander plus de fédéralisme européen en matière économique et sociale.

Dans un tel contexte, le débat sur la sortie de l’euro doit absolument avoir lieu au sein même du PCF. Peu importe (si en fait mais c’est une autre question…) que Jean-Luc Mélenchon ait été l’un des plus virulents défenseurs de Maastricht et qu’il ne tient son idéal fédéraliste européen en réserve que pour mieux le ressortir, comme il l’écrit lui-même.

A défaut de programme disponible du PCF, les positions de la direction du PCF (voir l’article sur ce site : Des dirigeants du PCF à la rescousse de l’euro ?) ou du secteur économie du PCF (voir l’Humanité-dimanche du 13 juillet 2011) peuvent susciter le scepticisme.

Réorienter la BCE, conçue au-dessus des peuples dans l’intérêt du capital, ne relève-t-il pas de l’illusion ? Une illusion qui risque de surcroît de légitimer sa domination.

Comment imaginer que l’UE, bloc de puissances impérialistes, allié avec des puissances émergentes, puisse avoir une politique monétaire favorable pour les peuples, même si l’on veut bien imaginer qu’elle rivalise un jour avec le dollar ?

Comment imaginer une intervention des travailleurs sur la base de propositions telles que la création « de fonds régionaux pour l’emploi et la formation », cogérés par les régions (de gauche ?), le patronat et les syndicats locaux, promouvant « la sélectivité dans l’attribution des garanties d’emprunt ou des bonifications d’emprunt » ?

Pourquoi toujours situer tout changement au niveau de l’UE, échelon qui esquive les réalités démocratiques nationales ? Comment imaginer une UE sociale ?

Vraiment toutes ces questions méritent discussion, d’urgence !

Les réalités nationales sont loin d’avoir disparu. Les Etats nationaux, suppôts de l’UE, n’ont peut -être jamais été plus diligents dans l’intérêt du capitaliste monopoliste. C’est toujours dans le cadre national, plus que jamais, que se construisent les rapports de force, les luttes qui peuvent gagner des ruptures avec la politique du capital. Les batailles de nos camarades grecs, dans ce sens, nous renforcent considérablement, en tout internationalisme.

La sortie de l’euro ne se pose pas dans une perspective unique.

Elle n’aurait pas les mêmes répercussions selon les pays.

Une partie des capitalistes grecs, suivant leur secteur d’activité (ex : tourisme), peut trouver intérêt à une sortie unilatérale, éventuellement provisoire, de la zone euro. Pas une autre (armateurs, finance).

Les gouvernants européens ne la souhaitent visiblement pas craignant un précédent politique qui ébranle l’euro dans les autres pays. La légitimité de l’’UE du capital n’a jamais été aussi faible parmi les peuples. Nous devons nous en féliciter d’autant plus que nous y avons contribué.

Une sortie de l’euro de la France signifierait, elle, directement la fin de la monnaie unique, la fin de l’euro.

Le système a chargé le FN, comme au moment de Maastricht ou du TCE, de dévoyer une bataille dont il sent qu’elle peut être portée largement par les travailleurs. Nous sommes, comme en 1992 ou en 2005 à l’opposé de cette caricature.

Evidemment, pour nous communistes, la sortie de l’euro n’est pas une fin en soi. Elle n’est pas synonyme de rupture avec le capitalisme. Elle ne peut s’imaginer sans d’autres conquêtes à la hauteur du rapport de force qui permettrait de la gagner : notamment la remise en cause des dettes et déficits publics fabriqués, la (re) nationalisation démocratique du secteur financier. Notre revendication s’accompagnerait des propositions que nous portions, il y a encore une quinzaine d’années, de coopération monétaire internationale, dont la constitution d’une monnaie commune internationale (voir articles plus détaillés en lien ci-dessous).

Le rejet de l’UE du capital, de l’euro, pour lequel il faudrait accepter tous les sacrifices est très large parmi les travailleurs. Les votes non de 1992 et 2005 ont été des votes de classe. La propagande, notamment inculquée à l’école et à l’université, prend mal.

Le PCF doit être fidèle à son analyse, percutante depuis le début, condamnant l’Europe supranationale du capital.

C’est ce que nous pensons. Qu’enfin s’ouvre le débat au sein du Parti

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