Archive | décembre 2010

90 ème anniversaire du PCF : L’actualité du congrès de Tours

Le développement des luttes actuelles, en particulier pour la défense de nos retraites, met en évidence avec une extrême acuité, la nécessité pour notre peuple, d’avoir à ses côtés, dans ces batailles décisives, un parti révolutionnaire, totalement indépendant, face aux forces de l’argent ou à la social-démocratie.

Ce parti existe, depuis 1920, c’est notre parti, le PCF. L’expérience forgée par notre peuple depuis des décennies de luttes, les traces profondes inscrites par ses militants dans l’histoire sociale de notre pays, ses pages héroïques, continuent d’avoir une résonance profonde, malgré les campagnes sans cesse renouvelées sur le thème de la mort du communisme et/ou de celle du PCF …

Le choix de Tours : plus actuel que jamais !                         

Le peu de place accordée par la direction de notre parti au 90e anniversaire du congrès de Tours, contraste avec la place accordée à d’autres événements. Ainsi, l’an dernier, le 150e anniversaire de la naissance de Jaurès a été largement célébré, notamment par «l’Humanité». Non que la célébration de l’héritage jaurésien soit problématique, en revanche, le choix de la non-célébration du 90e anniversaire de la fondation du PCF fait problème.

Manifestement, certains éprouvent une gêne à évoquer cette rupture historique décisive avec la social-démocratie. Pour certains dirigeants du PCF, les choix effectués à Tours sont sujets à caution, voire rejetés : le clivage historique entre réformistes et révolutionnaires devrait se refermer, certains d’entre eux (on pense ici à Patrice Cohen-Séat) allant même jusqu’à considérer que le choix fait à Tours n’était pas le bon et qu’il serait temps de refermer la parenthèse ouverte alors.

Les tentatives de recomposition politique, sur le dos du PCF, autour en particulier de l’idée du «creuset» portée par Jean-Luc Mélenchon et son «de Gauche» procède elle aussi d’une démarche cherchant à clore la séquence ouverte en décembre 1920.

Raison de plus pour revenir sur cet événement, dont on voit bien que l’interprétation continue de faire l’objet d’un affrontement idéologique.

Dans le cadre de cet article, il ne saurait être question d’aborder l’ensemble du débat, autour du congrès et des 21 conditions d’adhésion à l’Internationale Communiste. Nous nous attacherons à mettre en évidence quelques uns des axes saillants de ce qui a constitué une rupture décisive avec la social-démocratie et les partis «».

Dans le contexte de l’époque, en tenant compte des possibilités révolutionnaires qui existaient alors, dans plusieurs pays d’Europe et notamment en Allemagne, il s’agissait de forger, dans tous les pays, «’avant-garde» politique, un parti communiste, sur le modèle du parti bolchévik, victorieux en octobre 1917 en Russie. C’est le mérite historique de l’Internationale Communiste (IC) d’avoir impulsé et coordonné ce mouvement .

Dans le choix des délégués du congrès de Tours en faveur de l’adhésion, il y a d’abord la haine et le rejet de la guerre, la «épulsion suscitée par la boucherie sans précédent qui avait broyé des millions d’hommes de 1914 à 1918 et dont la responsabilité incombait au capitalisme» . Or, nombre de dirigeants de la SFIO  avaient participé jusqu’au bout aux différents gouvernements «’Union sacrée», tout comme, ailleurs, les dirigeants de la IIe Internationale.

L’attrait et l’enthousiasme vis à vis de la révolution d’octobre, la «ère révolution ouvrière victorieuse», bien réels, viennent dans un second temps. L’idée reste très forte, portée par l’exemple de la «lueur à l’Est», que les luttes sociales peuvent déboucher assez rapidement sur une issue révolutionnaire, comme ailleurs en Europe.

Le PCF naît donc dans une phase marquée par les luttes ouvrières (notamment depuis l’année 1917).

Une étape décisive vers le parti «de type nouveau»

On connait le mot de Lénine, s’adressant au militant syndicaliste révolutionnaire, plus tard dirigeant de la CGTU et du PCF, Gaston Monmousseau, en 1923 : «transformation du vieux type de parti européen parlementaire, réformiste à l’œuvre et légèrement coloré d’une teinte révolutionnaire, en un nouveau type de parti, vraiment communiste, est chose extrêmement difficile. C’est certainement en France que cette difficulté apparaît le plus nettement».

En 1982, Danielle Tartakowsky soulignait combien les 21 conditions d’adhésion à l’Internationale Communiste, qui sont au cœur du débat dans les mois qui précèdent le congrès de Tours, en décembre 1920, donnent finalement une définition théorique du «de type nouveau» 

«parti qui doit transformer les pratiques traditionnelles du mouvement ouvrier (presse, pratique parlementaire, municipale, syndicale et coopérative), développer de nouvelles pratiques de lutte permettant de couvrir l’ensemble des terrains sur lesquels s’organise l’exploitation (colonies, armée, paysans), créer les conditions d’unification de ces luttes en s’organisant selon les principes du centralisme démocratique : élection démocratique des directions par la base puis application par tous des décisions élaborées par ces directions».

Le congrès de Tours n’a pas constitué, du jour au lendemain, un parti «ouvrier». Dans un premier temps, certains cadres restent imprégnés des méthodes de propagande et d’action de la vieille SFIO, sans vraie homogénéité idéologique au départ.

L’IC va donc faire porter ses efforts en particulier sur la formation de cadres issus en particulier de la classe ouvrière et du mouvement syndical.

Une fois surmontés les crises initiales et les départs de certains de ses premiers dirigeants, de jeunes responsables ouvriers, syndicalistes, vont former peu à peu – aux côtés de dirigeants «historiques», tel Marcel Cachin – le noyau dirigeant stable du PCF dès le début des années 30 et pendant des décennies, autour notamment de Maurice Thorez, Benoît Frachon ou Jacques Duclos.

Dans ce processus de formation d’un «de classe et de masse», tel qu’a pu devenir le PCF, à partir du Front Populaire, Tours est donc bien une étape majeure :

- Par la rupture décisive qu’il opère avec le parlementarisme et avec les errements et les terribles compromissions de la SFIO et des sociaux-démocrates durant la période de la guerre et de «’Union sacrée» ;

- Par le maintien dans le giron du Parti grâce à un rapport de forces favorable lors du congrès, de «L’Humanité», qui va être un outil politique décisif pour «’éducation des masses» et la diffusion du marxisme et des idées communistes ;

- Par la place désormais occupée par la classe ouvrière : notre parti a conquis peu à peu une grande influence dans le monde ouvrier, grâce notamment à ses liens étroits avec le mouvement syndical (CGTU puis CGT). De plus, ses dirigeants sont en grand nombre des militants issus de cette même classe ouvrière, constituant une vraie nouveauté et une rupture avec toutes les autres formations politiques dont les dirigeants sont très majoritairement issus de la bourgeoisie (de la petite bourgeoisie aux milieux d’affaires).

- Par la mise en pratique progressive des axes de lutte contenus dans les 21 conditions, notamment par l’internationalisme prolétarien – par exemple, la 8e condition qui concerne l’internationalisme prolétarien : ainsi, dès 1924-1925, avec la lutte contre la guerre du Maroc, ce sont de nouvelles pratiques politiques qui apparaissent dans le mouvement ouvrier, grâce au PCF, irriguant peu à peu les secteurs les plus progressistes de la société française jusqu’à nos jours.

Eric Jalade, secrétaire fédéral du Tarn

La CIA a garanti à des hauts dignitaires et tortionnaires Nazis un « refuge sûr » aux Etats-unis, révèle un rapport secret publié par le New York Times

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Extrait d’un article publié initialement dans le New York Times du 14 novembre 2010 et répercuté par le site CubaDebate

Une histoire secrète de l’opération de chasse aux Nazis du gouvernement des Etats-unis conclut que les responsables du renseignement Américain ont créé un « refuge sûr » aux Etats-unis pour les Nazis et leurs collaborateurs après la seconde guerre mondiale, et elle détaille des décennies de conflits, souvent dissimulés, avec d’autres nations sur le sort criminels de guerre ici et à l’étranger.

Le rapport de 600 pages, que le Département de justice a essayé de garder secret pendant quatre ans, fournit de nouvelles preuves sur plus d’une vingtaine parmi les cas les plus notoires de dignitaires Nazis sur les trois dernières décennies. (…)

Le rapport dresse la liste à la fois des succès et des échecs de la bande d’avocats, d’historiens et de chercheurs du Bureau des enquêtes spéciales (OSI) du Département de la justice, qui a été créé en 1979 pour extrader les Nazis.

Peut-être que les révélations les plus accablantes de ce rapport viennent de l’étude qui est faite de la collaboration de la CIA avec des émigrés Nazis. Des universitaires et de précédents rapports gouvernementaux avaient admis l’usage par la CIA de Nazis à des fins de renseignement après la guerre. Mais ce rapport va plus loin en nous informant sur le niveau de la complicité et de la tromperie Américaine dans de telles opérations.

Le rapport du Département de la Justice, décrivant ce qu’il appelle « la collaboration du gouvernement avec les persécuteurs », affirme que les enquêteurs de l’OSI ont appris que certains des Nazis « avaient reçu en toute connaissance de cause la permission d’entrer » aux Etats-unis, même quand les fonctionnaires étaient au courant de leurs antécédents. « L’Amérique, qui se targue d’être un refuge sûr pour les persécutés, est devenue – dans une certaine mesure – un refuge sûr pour les persécuteurs également », déclare-t-il.

Le rapport rend compte également des divisions au sein du gouvernement sur les efforts, et les écueils juridiques, concernant la prise en compte des témoignages des survivants de l’Holocauste datant d’il y a plusieurs décennies. Le rapport conclut également que le nombre de Nazis qui ont pu se réfugier aux Etats-unis était très certainement bien en-deça des 10 000, chiffre souvent cité par les responsables gouvernementaux.

Le département de la Justice a résisté à la publication de ce rapport depuis 2006. Sous la menace de poursuites judiciaires, elle a rendu une version lourdement expurgée le mois dernier à un groupe de recherche privé, le National security archive, mais même à ce moment-là, les partis les plus sensibles sur le plan légal et diplomatiques étaient omises. Une version complète a pu être obtenue par le New York Times.

Le Département de la Justice a déclaré que le rapport, produit de six années de travail, n’a jamais été formellement terminé et ne représente pas ses conclusions officielles. Il cite de « nombreuses erreurs factuelles et omissions », mais a refusé de spécifier où elles se trouvaient. (…)

En retraçant les cas de Nazis qui ont été aidés par les agents du renseignement Américains, le rapport cite l’aide que les agents de la CIA ont apporté en 1954 à Otto von Bolschwing, un associé d’Adolf Eichmann qui avait contribué à développer les plans initiaux pour « purger l’Allemagne des Juifs » et qui a plus tard travaillé pour la CIA aux Etats-unis. Dans une série de notes de service, des responsables de la CIA débattent pour savoir quoi faire si von Bolschwing était attaqué sur son passé – soit nier toute affiliation Nazie soit « l’expliquer sur la base de circonstances atténuantes », affirme le rapport. (…)

Le rapport examine également le cas de Arthur L. Rudolph, un scientifique nazi qui gérait l’usine de munitions de Mittelwerk. Il a été amené aux Etats-unis en 1945 pour son expertise dans la fabrication de fusées dans le cadre de l’Opération Paperclip, un programme américain qui recrutait des scientifiques qui avaient travaillé en Allemagne nazie. Rudolph sera plus tard honoré par la NASA en tant que père de la fusée Saturne V.

Le rapport cite une note de service de 1949 du numéro 2 du Département de la Justice pressant des agents de l’immigration de laisser Rudolph revenir au pays après un séjour au Mexique, déclarant que si ce n’était pas le cas, cela « serait au détriment de l’intérêt national ».

Les chercheurs du Département de la Justice ont trouvé plus tard des preuves que Rudolph était engagé bien plus activement dans l’exploitation des travailleurs forcés à Mittelwerk que ce que lui ou les agents du renseignement Américains avaient admis, selon les dires du rapport. (…)

En 1980, les procureurs ont déposé une motion qui « dénaturait les faits » en affirmant que des vérifications dans les dossiers de la CIA et du FBI ne révélaient aucune information sur le passé Nazi de Tscherim Soobzokov, ancien soldat de la Waffen SS. En fait, selon le rapport, le Département de la Justice « savait que Soobzokov avait informé la CIA de ses liens avec la SS après son arrivée aux Etats-unis ». (…)

Le chapitre sur le Dr. Josef Mengele, un des Nazis les plus célèbres ayant pu échapper aux poursuites, détaille les efforts sophistiqués de l’OSI au milieu des années 1980 pour déterminer si il avait fui aux Etats-Unis et s’il pouvait être vivant.

Il décrit comment les chercheurs ont utilisé des lettres et des carnets apparemment écrites par le Dr.Mengele dans les années 1970, ainsi que des fiches dentaires Allemands et des annuaires Munichois pour suivre sa trace.

Après la mise en place des tests ADN, le morceau de cuir chevelu [conservé dans un tiroir d'un haut fonctionnaire du Département de la Justice] qui avait été rendu aux autorités Brésiliennes, s’est révélé être une preuve capitale pour établir que le Dr.Mengele avait fui au Brésil et y était mort en 1979 sans jamais être entré aux Etats-unis. (…)

Un chapitre sur l’échec le plus médiatisé de l’OSI – l’affaire contre John Demanjuk, un ouvrier de l’automobile Américain à la retraite que l’on ait pas parvenu légalement à faire identifier comme le Ivan le Terrible de Treblinka – supprime des dizaines de détails, y compris une décision rendue par la Cour d’appel en 1993 qui a soulevé des accusations de caractère éthique envers certains hauts responsables du Département de la justice.

Cette section met également un passage révélant que des émigrés Lettons sympathisants avec M.Demanjuk se sont secrètement arrangés pour que la poubelle de l’OSI leur soit livrés chaque jour entre 1985 et 1987. Les émigrés fouillaient les poubelles pour y trouver des documents classifiés qui auraient pu aider M.Demanjuk, qui est actuellement poursuivi dans un procès en cours à Munich, pour des accusations de crimes de guerre.

 Feigin, en charge du rapport, a déclaré qu’elle était abasourdie par la tentative du Département de la Justice de conserver secrète une part centrale de son histoire aussi longtemps. « C’est une histoire incroyable qui doit être racontée », a-t-elle déclaré.

Ville de Saint-Quentin, Intervention d’Olivier TOURNAY, Conseiller Municipal Communistes-Conseil municipal du 6 décembre 2010

diffamationnotesdefraisetsarkozyreference.jpg Conseil municipal du 6 décembre 2010

Monsieur le maire, Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux.

 

 

Nous avons tous reçu dans notre boîte aux lettres le budget à la loupe 2010. S’il se voulait informatif, il ne l’est pas : il est à première vue partiel et à deuxième vue partial.

Partiel et partial, car vous reprenez dès l’éditorial, pour la troisième année consécutive, la ritournelle des impôts qui n’augmentent pas à Saint-Quentin. Nous n’allons pas reprendre le débat et la démonstration qui ont eu lieu lors du précédent conseil municipal, mais il a été démontré clairement que si les taux n’augmentent pas à Saint-Quentin, les impôts oui.

M. Bertrand, vous vous faites le garant du strict débat local et strictement local en votre qualité de premier magistrat, et pourtant vous vous empressez de souligner la hausse du taux de la taxe foncière du Conseil Général de l’Aisne. Le Conseil général à ma connaissance n’est pas du débat local. Partiel et partial, car vous omettez négligemment de signaler la baisse de la part du Conseil Général dans la taxe d’habitation. Cela Monsieur le maire ce n’est pas de l’information, c’est la publicité mensongère à visée propagandiste.

Partiel et partial quand vous invoquez l’activité économique frappée, le renforcement du chômage, le fait que les propriétaires paient qu’ils soient modestes ou non, car aux pages 18 et 20 de ce budget à la loupe, il y a des spécimens de taxe d’habitation et de taxe foncière. On y trouve quelques bulles explicatives, comme « les abattements sont liés au nombre de personne que vous avez à charge dans votre foyer » ou dans un rouge quasi communiste : « le taux du Conseil général a augmenté de 61% en 2010 ».  Nulle part, il n’est fait référence clairement à la baisse des 42.47% de la taxe d’habitation du Conseil Général. Partiel et partial.

Que l’Etat (vous en savez quelque chose) se défausse de ses prérogatives sur les départements (et les régions) sans en assumer pleinement les contreparties financières ne vous embarrasse pas. Pourtant dans l’Aisne, c’est 135 millions d’euros manquants pour l’Allocation Personnalisée d’Autonomie, 5.2 millions d’euros pour la Prestation de Compensation du Handicap, 35.4 millions d’euros pour le RMI qui ne sont pas versés depuis 2004, soit 165.7 millions d’euros  financés par le département en lieu et place de l’Etat[1]. Et contrairement à ce que vous affirmez, l’Etat ne finance pas à hauteur réelle de ces prestations.

 

Mais le plus savoureux des oublis réside dans la colonne de l’inter-communalité, sur le même avis d’impôts foncier où l’on découvre un nouvel impôt : l’impôt de l’intercommunalité, dont vous ne faites pas la publicité. Un oubli peut-être ? Monsieur le Maire, vous cumulez tant de fonctions que vous omettez de signaler ce nouvel impôt dont vous êtes vous-même l’instigateur, en tant que conseiller de la Communauté d’Agglomération. Pour résumé Il y aurait donc les mauvais impôts qui détruiraient l’emploi (oubliant au passage que les entreprises sont largement gagnantes avec la suppression de la taxe professionnelle, au détriment des collectivités et des contribuables) et le bon impôt, le vôtre, celui de la Communauté d’Agglomération. Lieu, je le rappelle au passage, où l’opposition municipale de Saint-Quentin n’a toujours pas le droit de cité !)

 

Autre argument que vous mettez en avant : la hausse du foncier va « mettre en difficulté les organismes HLM qui n’ont plus les possibilités de construire ou rénover des logements ».

Premier point : Vous savez aussi bien que moi que les loyers à Habitat Saint-Quentinois ont augmenté de 11 %[2] depuis 2008. Je ne remets pas en cause la gestion même d’Habitat Saint-Quentinois qui fait avec les moyens qu’on lui alloue, mais je fais référence à une véritable défaillance dans l’orientation budgétaire du logement social de la ville. Second point, je ne vous ai pas entendu vous émouvoir à propos de la Loi de Finances qui prévoit une ponction de 150 millions d’euros sur le potentiel financier des organismes HML, couplée la baisse drastique des fonds alloués[3]. N’est-on pas là dans une véritable mise en difficulté des organismes HLM par l’Etat lui-même (et vous en savez quelque chose !). Alors assurément, les organismes HLM n’ont plus les possibilités de construire ou de rénover des logements.

 

Le reste de ce document n’en apprendra pas beaucoup plus sur la fiscalité de la ville aux saint-quentinois. La plupart du texte n’est d’ailleurs qu’un copier-coller du budget à la loupe de l’an dernier. Loupe finalement assez myope.

Ce document, toujours partial et partiel, n’aborde surtout pas les carences de la ville :

  • - le manque de places en crèches (nous y reviendrons au rapport..)
  • - le coût très élevé de la très inefficace vidéosurveillance qui tente de se substituer aux prérogatives de la Police Nationale

-  les 400 demandes de logements sociaux en souffrance

  • - les crédits alloués aux écoles soit environ 37 euros par élève, mais ce qui n’est au final qu’une enveloppe moyenne au regard des budgets des communes avoisinantes[4].
  • - L’accessibilité aux personnes en situation de handicap à tous les bâtiments de la ville (encore faudrait-il que la commission handicap se réunisse enfin)
  • - tout cela est la conséquence du désengagement de l’Etat(vous en savez toujours quelque chose) : moins 1 point de dotation par rapport à 2009. Voilà les effets du bouclier fiscal, voilà les conséquences des exonérations concédées au Medef de Madame Parisot.

Ah et j’oubliais, car vous aussi apparemment. Qu’en est-il de votre objectif prioritaire pour la ville : rien sur les investissements en faveur de la formation et de l’emploi. Les 5721 demandeurs d’emploi de Saint-Quentin apprécieront[5].

 

En définitive, sur la forme, ce budget à la loupe est avant tout un bulletin municipal dans lequel l’opposition ne peut s’exprimer. On fait mieux en matière de transparence.

Et sur le fond, il est bien entendu que nous ne voterons pas en faveur de ce budget.

 

 


[1]              http://www.aisne.com/photos_ftp/mag_aisne/pdf/dossierbudget178.pdf – Pour le département de l’Aisne, ce déficit cumulé, cette charge nette qui est la différence entre les dépenses réellement effectuées et les compensations verses par l’Etat, s’élève à : > 135,5 ME pour l’APA depuis sa création et sa mise en oeuvre au 1er janvier 2002

> 5,2 ME pour la PCH depuis sa création au 1er janvier 2006

> 35,4 ME pour le RMI depuis le 1er janvier 2004, date de son transfert aux Conseils généraux.

 

[2] En partant d’une base 100 : 2008 : +2.59%, 2009 : + 1.69%, 2010 : janvier + 1.62%, juillet : +2.95%, 2011 janvier 1.79% soit 111.09. Donc 11.09% d’augmentation.

[3] 716 millions d’euros en 2009, devraient passer à 500 millions en 2011, 450 millions en 2012 et 400 millions en 2013. (source Le Figaro du 28/09/2010)

 

[4]Education : les crédits alloués aux écoles (2008) : Homblières : 39 € par élève, Gricourt : 45 €, Morcourt : environ 60 €, Lesdins : 36 €, Harly : 44 €, Gauchy : 47 €, Laon : 28 €, Guise : 39 €, Chauny : 38 €

[5]  Source INSEE : Nombre de demandeurs d’emploi de catégorie ABC au 31 décembre 2009 (dont demandeurs d’emploi de catégories A au 31 décembre 2009 : 4231)

Faire vivre et renforcer le PCF, Jarnisy 54

 Nous constatons une forte attente vis-à-vis de notre parti, souvent même une recherche explicite du PCF, parmi les travailleurs qui font le choix de la lutte des classes. 
Le besoin d’un parti de classe et de masse apparaît évident. La nécessité s’affirme de retrouver, pour notre peuple, dans les batailles présentes et à venir, un parti révolutionnaire, porteur de ruptures avec le capitalisme, qui affirme clairement son choix d’une société socialiste dans les conditions de notre temps. 
Une fois de plus, nationalement, notre parti n’assume pas sa fonction historique. Il reste plusieurs pas derrière le mouvement. La stratégie d’effacement du PCF, de son expression propre, de ses analyses marxistes, persiste et pèse lourdement avec le «Front de gauche».
Loin de rassembler sur une base de lutte des classes, cette stratégie étouffe le PCF dans des accords de groupuscules et le place à la remorque de Mélenchon dans des batailles de personnes. Le programme «partagé», partagé avec la même mouvance, va servir à accompagner une démarche rivée vers l’échéance institutionnelle de 2012 et la constitution d’une nouvelle gauche «plurielle».
Les camarades se retrouvent aujourd’hui entre, d’un côté, une perspective plombée nationalement, des situations de crise de plus en plus fréquentes, et de l’autre côté, une sollicitation croissante de ceux qui luttent, notamment des jeunes. 
De façon de plus en plus coordonnée depuis plusieurs années, nous combattons la stratégie qui mène à la disparition du parti et de ce qu’il représente et nous lui opposons une démarche: «faire vivre et renforcer le PCF», revitaliser ses organisations sur une base de lutte. Sans remonter plus avant, à l’automne 2007, l’appel «Pas d’avenir sans PCF» a fortement contribué à mettre en échec la remise en cause explicite de l’existence même du Parti par les dirigeants. En 2009, après le 34ème congrès, l’appel de Malakoff a permis une plus large diffusion de notre démarche.
Elle est efficace parce qu’elle refuse la logique de tendance, d’union de «groupes» constitués à l’intérieur ou à l’extérieur du Parti, de regroupement derrière des personnalités. La question pour nous n’est pas de représenter une «identité communiste» proclamée, encore moins dans le Front de gauche, mais de créer les conditions pour que les communistes, les travailleurs, les jeunes qui en ont besoin, se réapproprient leur parti.

                                                                                                                           PCF du Jarnisy

Aujourd’hui, les communistes ont-ils besoin d’un parti ?

 90 ans après la création du PCFDans l’Humanité Dimanche de la semaine du 2 au 8 décembre 2010, le Philosophe Yvon Quiniou (1) ce pose la question : Aujourd’hui, les communistes ont-ils besoin d’un parti ?

Au congrès de Tour, en décembre 1920, naissait le parti qui allait prendre le nom de PCF. L’ouverture d’une parenthèse politique qui peine à se refermer après l’écroulement du système soviétique, comme certains l’affirment ? Ou le lancement d’une lutte politique à laquelle l’évolution du monde ne cesse de donner son sens ? dans ce cas, quelle forme doit-elle prendre aujourd’hui ?

Après l’écroulement du système soviétique beaucoup se sont interrogés sur la nécessité d’un parti continuant de se référer au communisme puisque l’histoire prétendait-on, en aurait démontré définitivement l’inanité. Et ne vaudrait-il pas mieux, ajoutaient certains, qu’il se dissolve dans un mouvement plus large se contentant d’aménager le capitalisme à la manière de la social-démocratie triomphant en Europe ?

Le problème est que ce propos repose sur un contresens dont auront été victimes aussi bien les partisans que les adversaires du système soviétique. Ils y ont vu une incarnation du communisme, alors qu’il s’agissait de sa caricature : une société issue du sous-développement et contredisant à beaucoup d’égards cette démocratie intégrale qui définissait le communisme selon Marx. Celui-ci n’est donc pas mort avec la chute du mur de Berlin puisqu’il n’a existé nulle part, et il reste à inventer dans nos sociétés développées qui en accumulent aujourd’hui les présupposés objectifs (la richesse matérielle), en respectant la liberté politique hérité de 1789.

Mais, tout autant, ce scepticisme engageait un diagnostic sur la viabilité et les bienfait d’un capitalisme réformé que sa crise récente a invalidé. Car il s’agit d’une crise systémique, qui ne cesse de s’approfondir et fait le malheur des peuples à un degré qu’on n’aurait jamais imaginé au siècle dernier : paupérisation absolue de pans entiers de la population, non seulement en Europe mais dans les ex-pays de l’Est (sans qu’ils aient beaucoup gagné sur le plan de la démocratie) ; poids insoutenable de la finance internationale contraignant les Etats à renoncer, qui avait obtenus par la lutte de classes syndicale et politique, et avaient imposé au capital un compromis substantiels avec le monde du travail, etc. Or tout cela non seulement se développe sans le consentement des peuples mais encouragé par la social-démocratie européenne, qui renonce à son identité originelle et s’enfonce dans un projet social-libéral qui tend à n’en faire qu’un appendice de la droite.

C’est bien pourquoi, face à ce désastre global, nous avons besoin de maintenir haut et fort, mais avec intelligence aussi, l’exigence communiste d’une société largement différente, entièrement consacrée au service de l’humain. Mais cela ne se fera pas tout seul, à partir du mouvement social abandonné à sa spontanéité, comme si l’idéologie dominante n’existait pas, menaçant de biaiser la conscience des injustice sociale et du coup, la formulation des enjeu et des objectifs de la lutte proprement politique pour y mettre fin.

Il y faut un parti communiste, qu’il faut certes démocratiser et ouvrir au maximum sur l’extérieur, mais un parti, à savoir une organisation dotée d’une théorie révolutionnaire, capable de faire des propositions nourries de connaissances économiques et sociologiques pointues et ayant pour fonction d’éclairer le chemin de la lutte anticapitaliste dans tous les domaines. Ne cédons pas à la mode qui critique la « forme parti » : ce serait fuir notre responsabilité, nous mettre à la remorque de l’opinion et risquer de voir se diluer l’exigence communiste elle-même. La politique a besoin de ces médiations que sont les partis, c’est encore plus vrai pour un parti qui lutte contre l’ordre dominant : refuser la nécessité de cette médiation, c’est contribuer au discrédit de la politique elle-même alors que nous, communiste, entendons lui redonner toute sa place.

(1) Auteur de « l’Ambition morale de la politique. Changer l’homme ? » Edition l’Harmattan. Il vient de rédiger des « Thèses pour un communisme futur à partir du moment présent » que l’on trouvera sur le site La Faute à Diderot (lafauteadiderot.net)


REPOSER LA QUESTION DE L’ADHESION DU PCF AU PGE

 Le 3ème congrès de « European Left » (Parti de la gauche européenne – PGE) se déroule jusqu’au 5 décembre 2010 à Paris La Défense.

La direction du PCF y a mandaté 12 délégués, le même nombre que le Parti de gauche de Mélenchon.

A l’issue du congrès, Pierre Laurent devrait être désigné président du PGE.

Le « Bloc des gauches » portugais et le « Synapsismos » grec ont également revendiqué la présidence. Dans leur pays, ils espéraient bénéficier encore davantage de soutien face aux partis communistes, le PCP et le KKE, qui ont refusé d’adhérer au PGE.

Rappelons que le PGE est un parti « européen », financé par la Commission européenne, dont les statuts stipulent l’adhésion à la « construction » européenne. Son projet, actualisé à ce 3ème congrès, est donc logiquement de relégitimer l’UE et ses institutions au nom d’une Europe sociale.

Sa vocation à développer des partis socio-démocrates de « gauche », à pousser à la transformation des partis communistes pays par pays pour les intégrer au consensus européen, n’a cessé de se vérifier.

La question de l’adhésion du PCF au PGE doit rester une question ouverte. Le texte alternatif (extraits ci-dessous) « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF » l’a reposée en juin 2010 à l’occasion du « congrès » extraordinaire.

Nous reproduisons aussi ci-dessous un argumentaire de 2004 s’informer d’informer les camarades sur le PGE à l’occasion du vote bidon organisé alors par la direction du PCF.

 

 

PGE : Extrait du texte alternatif du 35ème « congrès » « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF.

 

 

« Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait d’approuver le Traité d’Amsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de l’UE, allant dans le sens de « l’Europe sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. L’adhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable à Lisbonne), a accentué cette évolution. »

 

« En parallèle avec ces changements d’orientation, doit se reposer la question de l’adhésion de notre parti au Parti de la gauche européenne.

La crise grecque oblige les media à mettre en avant une réalité : le rôle crucial joué par le Parti communiste grec dans l’intervention des masses. Le KKE a refusé d’adhérer au PGE.

L’adhésion du PCF s’est faite dans la précipitation et la confusion en 2004, avec l’avis de moins d’un quart des communistes français. Le Parti communiste portugais a également exclu d’adhérer au PGE pendant que le Parti tchèque ne souhaite pas en devenir membre à part entière.

Les communistes français doivent disposer de tous les éléments. Le PGE est un « parti européen », parrainé et financé par la Commission européenne. Au Portugal, en Grèce et ailleurs, il soutient structurellement des organisations ouvertement anticommunistes. Son adhésion à la « construction » européenne est originelle. Est-ce le meilleur cadre de coopération international pour le PCF, alors qu’il existe déjà un groupe au Parlement européen beaucoup plus ouvert, GUE-NGL, et que d’autres formes de travail communiste international se font jour ?

Depuis plusieurs années, les partis communistes de plusieurs pays d’Europe (dont le KKE et le PCP) et d’ailleurs développent des cadres d’échange et diffusent des déclarations communes sur les sujets les plus importants. La direction du PCF, sauf exception, a choisi de boycotter ce cadre sans s’en expliquer. Il est temps de réviser cette position, eu égard au développement rapide de la « crise ».

 

 

NON A L’ADHESION DU PCF AU PGE : UNE ARGUMENTATION DE 2004 TOUJOURS ACTUELLE

 

Nous nous battons pour le NON au projet de « Constitution européenne »

Nous nous opposons à l’adhésion du PCF au Parti de la Gauche européenne, PGE !

Déclaration de la section du PCF du 15ème arrondissement de Paris,

5 octobre 2004

 

Au printemps dernier, le projet de création du « Parti de la gauche européenne » avait rencontré une forte opposition des camarades dans toute la France.

 

La direction du PCF n’en a pas moins décidé, sans consultation des communistes, d’apposer la signature du PCF comme membre fondateur du PGE au « congrès » de Rome, organisé symboliquement le 9 mai à la date de la « Journée de l’Europe » reprise par le projet de « Constitution » européenne.

 Six mois plus tard, elle vient demander aux adhérents de ratifier le fait accompli à l’occasion d’une consultation bâclée où l’essentiel des enjeux sont dissimulés aux communistes.
Le texte unilatéral accompagnant le « bulletin » de vote (dans l’Huma du 22 septembre, expédié à tous les communistes) n’éclaire pas les véritables objectifs et les conditions de la création du PGE.
Les communistes français ont plus que jamais besoin de revivifier l’engagement internationaliste fondamental du PCF. Le renforcement d’échanges et de coopérations entre partis communistes ou progressistes de différents pays, européens est une exigence pour renforcer la solidarité entre les peuples.

 

L’opération PGE est à l’opposé de cela.


1)- Le PGE, un outil au service de « l’intégration » européenne

Le PGE s’inscrit ouvertement dans le cadre dicté par le « règlement définissant le statut et le financement des partis politiques européens », adopté en juin 2003 par le Conseil européen et le Parlement européen et repris dans le projet de « constitution » de Giscard (article III-331). Ces « partis européens » ont pour mission de « promouvoir l’intégration européenne », en récompense de quoi l’Union européenne leur gratifie une subvention annuelle conséquente.
C’est à quoi se conforment strictement les statuts du PGE. A l’article 5 sur les objectifs du PGE, on lit : « promouvoir un travail de relations publiques européen qui soutienne activement la formation d’une entité européenne ».
La loi européenne est claire. Pour être « qualifié » comme « parti politique au niveau européen », il faut accepter dans ses statuts les principes fondateurs de l’Union européenne. Le PGE et avec lui les dirigeants du PCF s’apprêtent ainsi à prêter allégeance à « la concurrence libre et non faussée », principe fondamental de la (pseudo)-construction européenne repris par le projet de « constitution »

2)- L’adhésion au PGE est contradictoire avec l’engagement des communistes dans la campagne pour le NON au projet de « constitution » européenne
Le PGE s’inscrit dans le schéma de l’Europe fédérale et dans l’acceptation d’une constitution européenne. Plusieurs « membres fondateurs » du PGE ont d’ailleurs des positions très ambiguës sur la « Constitution européenne ». Plusieurs avaient approuvé le Traité de Maastricht. Certains de leurs dirigeants se sont même prononcés pour le projet de Giscard, dont la tête de liste du PDS allemand aux dernières élections européennes, Mme Sylvia-Yvonne Kauffmann (3 députés européens de la « gauche unie espagnole » se sont abstenus, le 4ème a voté pour…).
Nous remarquons que le PGE n’a pas encore pris position sur le « traité constitutionnel » et ne le fera que fin-octobre.

3)- Le PGE destiné à supplanter les partis nationaux et notamment le PCF ?
Le PGE est très loin d’être un simple « espace commun d’initiative politique ».
La première phrase de ses statuts du PGE indique qu’il vise à « unifier les partis » qui y adhèrent. Ses structures sont calquées sur celles des institutions européennes, avec un « président européen », un « conseil des présidents » auxquels les statuts donnent les moyens de contrôler le PGE. Comme l’Union européenne elle-même, le PGE est une structure pyramidale, antidémocratique dont les positions conditionneront celles des partis membres.
C’est une atteinte inacceptable à l’indépendance des communistes français.

4)- Le PGE, à l’opposé du rassemblement des communistes et des Partis communistes
Le « manifeste du PGE» est si vague que n’importe quel parti social-démocrate peut le signer et évite toute référence au communisme.

En revanche, la majorité des partis communistes européens (qui ont gardé ce nom) rejettent le PGE: les PC de Grèce, du Portugal, de République Tchèque, le Parti des communistes italiens… Parmi les autres composantes du groupe au Parlement européen dont font partie les 2 députés du PCF, tous les partis scandinaves, le Parti socialiste (non socio-démocrate) des Pays Bas,…  ont aussi dénoncé et combattu la création du PGE.

En Italie, la consultation de « Refondation communiste » a donné 47% de votes contre.
Contrairement à ce que le texte accompagnant le « bulletin » de vote dans l’Huma veut laisser croire, les partis communistes portugais et tchèque (Bohême-Moravie) ne sont pas « membres observateurs ».

Que signifie l’empressement des dirigeants du PCF pour imposer la fusion du PCF dans le PGE ? Au-delà de l’intérêt de la carotte financière, il est difficile de ne pas voir une nouvelle étape du ralliement de la direction du PCF, déjà manifeste en 1999 avec « Bouge l’Europe », à l’intégration européenne.

Les communistes se trouvent confrontés à une nouvelle tentative de coup de force pour effacer l’identité, les valeurs, les combats de toujours de leur parti. Il s’agit de faire franchir un pas nouveau à la « Mutation », au reniement de la raison d’être du PCF et même à terme de son nom, dilué dans le PGE.

La discussion sur le fond de l’adhésion au PGE est esquivée de même que la discussion pour ou contre le principe d’une constitution européenne.

Pour nous, la bataille au plan international pour une voie anticapitaliste est indissociable de la bataille pour préserver la souveraineté nationale, intrinsèquement liée à la souveraineté populaire. De même, notre combat internationaliste exige le maintien de l’indépendance du PCF (et son retour sur les rails de la lutte des classes !).

Comme plusieurs sections et fédérations en France, nous appelons les communistes à s’opposer et à voter contre l’adhésion du PCF au Parti de la gauche européenne, nouvelle tentative pour saborder le PCF, son originalité, son histoire.

De la générosité populaire et de l’escroquerie gouvernementale

De la générosité populaire et de l'escroquerie gouvernementale dans Divers rienAndré Wurmser brocarde dans sa chronique quotidienne de l’Huma (Mais…) l’hypocrisie d’une opération médiatique destinée à financer la recherche médicale par la générosité publique. On ne croirait pas cette chronique écrite il y a 40 ans.

Article d’André Wurmser dans l’Humanité publié le 17 mars 1970

 

http://bellaciao.org/fr/local/cache-vignettes/L124xH109/Telecon-b6307.jpgIl est d’utilité publique de revenir sur la manœuvre qui rassembla de braves gens dans leurs mairies – mairies arbitrairement et par force placées (sans que les élus de la municipalité ni ceux de la nation aient été consultés) aux ordres d’un office « indépendant », et pourquoi? Afin que ne soient pas prélevés trois milliards d’impôts sur les profits des trusts de produits pharmaceutiques! Contrecarrer sur-le-champ un tel subterfuge est impossible: à supposer que nous puissions nous faire entendre, le peu que nous dirions serait interprété par les tendeurs de sébille comme « Au diable, la recherche médicale! », ce qui n’est évidemment pas notre pensée. C’est donc à froid qu’il faut exposer le mécanisme de l’opération.

http://bellaciao.org/fr/IMG/gif/profits_2009.gifObservons d’abord qu’elle se fait au profit de l’État, à qui incombent si bien les dépenses nécessaires à la Santé publique qu’elles figurent au budget du ministère ainsi nommé. Or cet État dépense par an et par habitant 85 francs prégaullistes pour la recherche médicale, l’État suédois 255 francs, le britannique 265. Tripler les crédits rapporterait à la recherche médicale française cinq fois plus chaque année qu’une seule fois la quête nationale. Mais justement, une fois fixés les chiffres d’un budget où surabondent les milliards gaspillés qui auraient largement suffi à subventionner la Recherche médicale, l’opération consiste à substituer les dons des Français les plus généreux -et ce sont les moins fortunés, à des impôts qui, pour injuste que soit notre fiscalité, coûteraient tout de même davantage aux grandes compagnies et rien, où beaucoup moins que leur actions-vie, aux contribuables les plus modestes.

http://bellaciao.org/fr/local/cache-vignettes/L160xH112/sebille_a_votre_bon_coeur-3f64a-07061.jpgD’autre part, le pouvoir veut habituer les Français à tenir pour naturel que le fonctionnement de la nation -Santé publique, Recherche médicale ou scientifique, Université, téléphone, autoroutes…- soit assuré non par l’État (« A bas l’étatisme! »), mais par des particuliers. En dernière analyse, c’est donc pour préserver les profits des trusts que le gouvernement escroque les téléspectateurs, à l’esbroufe – car la prétendue recherche d’un effet de surprise a pour fin réelle de ne pas laisser aux gens le temps de s’informer, ni même de réfléchir.

http://bellaciao.org/fr/IMG/jpg/kouchner_riz-f6931.jpgPrenons par exemple le premier tapage à grand tapage. Le prétexte en fut le peuple laotien ; qui ne souhaitait pas lui manifester sa solidarité? Seulement, aujourd’hui, chacun sait ce que le gouvernement le laissait alors ignorer : qu’une partie du Laos était soumise à l’influence américaine, l’autre aux bombardements américains. À quels Laotiens les milliards raflés par l’O.R.T.F. sont-ils allés? À qui le riz fut-il acheté? À quel prix? Mais allez donc conseiller aux braves gens de n’écouter leur coeur qu’une fois les réponses fournies à des questions raisonnables ! C’est justement en quoi consiste l’escroquerie : elle abuse de l’ignorance des généreux.

Celui qui tend la main et force la main est ce ministre qui reconnut : « La recherche médicale subira, elle aussi, bien sûr, le contre-coup du freinage que le gouvernement a dû décider. » A dû, puisqu’il était décidé à ne pas faire payer les profiteurs de la recherche médicale. Ce ministre est, par sa fonction, responsable du fait que la France occupe, pour la densité médicale, le dix-neuvième rang dans le monde, qu’elle dispose de moitié moins de médecins que l’U.R.S.S. , d’un tiers de médecins de moins que l’Allemagne fédérale, de 20% de moins que les U.S.A. , du fait aussi qu’en 1970 la Recherche médicale ne pourra recruter AUCUN nouveau chercheur, dans AUCUNE discipline. Mais le plus grave est que ces chiffres et ces faits ne furent pas les seuls que le ministre cacha : son émission se garda de toute allusion aux profits que l’opération avait pour but d’épargner !

http://bellaciao.org/fr/local/cache-vignettes/L135xH90/france_television-caf75-66672.jpgJe ne m’étonne pas que tant de Français aient répondu à l’appel de l’O.R.T.F. : je connais leur cœur. Je ne m’étonne pas non plus que d’éminents savants les en aient remerciés : il leur appartient d’employer les crédits, non d’en déterminer la source. Et je m’étonne moins encore bien sûr, du silence goguenard des ingrats bénéficiaires de la générosité populaire : Rhône Poulenc, les laboratoires Roussel et leurs rares pareils.

 

17 mars 1970

 

http://bellaciao.org/fr/local/cache-vignettes/L109xH118/coluche-2d2ae-0dd9d.jpgLe scandale avait de tout autres dimensions que je ne l’imaginais. Il devait être par la suite révélé que ces pathétiques appels avaient été fructueux pour l’entreprise commerciale chargée de l’opération, pour beaucoup de voix tremblotantes d’émotion, pour l’État lui-même qui, pour comble, prélevait sa dîme sur le « chiffre d’Affaire ». (commentaire d’André Wurmser en 1974 lors de la publication de « 150 nouveaux MAIS… »)

Par Mais, dit André Wurmser

Tordons le cou à quelques idées reçues ! – par Dominique Negri (FD Isère)

Tordons le cou à quelques idées reçues !

REFLEXION ET EXPERIENCES APRES LE MOUVEMENT POUR LES RETRAITES

Faire grève dans des secteurs non stratégiques ne servirait à rien et en particulier dans les services publics ?

Tout au long de cette lutte pour nos retraites, combien de fois avons nous entendu cela ? Et pourtant ! Qui a planté cette idée dans les têtes ? Ceux-là même qui ont peur de nous voir tous en grève.

Un secrétaire de syndicat CGT a dit fort justement: « je n’ai aucun plaisir à faire grève, mais quand je constate que je ne suis ni écouté, ni entendu, il ne reste que cela pour défendre mes intérêts ».

Comment cette protestation en arrêtant le travail, qui nous prive de notre salaire, serait-elle sans effet ? Serions nous payés pour ne rien faire ?

Certainement pas, que ce soit dans la fonction publique ou dans n’importe quelle entreprise, on nous emploie pour réaliser un travail qui entre dans une chaîne indispensable. Faire grève a des conséquences dans tous les secteurs.

Dans les services publics, c’est encore plus criant, avec les réductions d’effectif successives, les restructurations et réorganisations, aucun service public ne fonctionne correctement et remplit ses missions. Il suffit d’un congé maladie de quelques jours pour désorganiser tout un service, un congé maternité pour fermer un service. Dans ses conditions faire grève serait sans effet ?

Pour que la grève soit utile il faudrait être qu’elle soit gênante ?

On ne fait pas grève pour nuire ou gêner d’autres salariés, nous faisons grève pour obtenir satisfaction sur nos revendications qui doivent être clairement énoncées.

Que vient-il de se passer depuis deux mois dans notre pays? Les salariés de certains secteurs clefs ont eu le courage de prendre sur eux la continuité du mouvement et d’essayer d’impulser une grève plus large. A aucun moment, ils n’ont demandé autre chose que de nous voir les retrouver.

Dans une AG au CEA (Energie Atomique) de Grenoble, certains salariés, qu’on dira correctement payés, ont proposé aux grévistes de la SNCF de leur faire de gros chèques. Les grévistes (certains en sont à près de 70 jours de grève en 2010 en cumulant avec leur lutte du printemps) ont répondu:  « Nous ne voulons pas de votre argent, nous voulons que vous fassiez grève avec nous ».

On a trop laissé l’illusion que la grève de quelques uns, qui semblaient bloquer le pays, pourrait emporter une victoire si bien que certains salariés n’ont pas rejoint le mouvement de grève illimitée ou reconductible, confortés dans l’idée fausse que chez eux la grève ne servirait à rien ou ne serait pas gênante.

Les camarades grévistes reprennent le travail parce qu’ils sont restés bien trop seuls et bien trop peu pour gagner.

Le formidable élan de solidarité à leur égard ne doit pas conduire à penser la grève par procuration, par délégation mais à construire les prochaines luttes d’ensemble.

Nous devons bien mesurer cette expérience pour la suite. Pour faire plier ce gouvernement et le MEDEF, c’est tous ensemble en grève !

Dominique Negri,

PCF Saint-Martin-d’Hères

Conseil national du PCF du 26 novembre 2010, Eric JALADE, membre du CN et secrétaire fédéral du Tarn

ericjalade.jpgIl y a un grand absent dans le rapport, le rôle et les objectifs d’action du PCF, alors que nous sortons d’un mouvement social, à bien des égards exceptionnel, dans l’implication, dans tout le pays, de millions de Françaises et de Français, notamment de jeunes, de salariés, alors que nous vivons et subissons une crise très grave du capitalisme, crise qui frappe très durement notre peuple dans son immense majorité.

 

L’opinion demeure toujours très largement opposée à la fin de la retraite à 60 ans et le niveau de mécontentement par rapport à la politique gouvernementale demeure très élevé. Le problème, c’est bien aujourd’hui celui de la perspective politique et qu’il y a eu, au moins à l’heure actuelle, victoire provisoire du pouvoir et du MEDEF sur ce dossier des retraites. 

Cela dit, la combativité demeure et les luttes ne se sont pas arrêtées (ainsi, les salariés de Pôle emploi ont mené récemment une grève nationale).

 

Quelques exemples très rapides :

Localement, nous avons eu, encore, mardi 23 septembre, plus de 2000 personnes dans les rues de Castres – chiffre donné par la presse – ce qui témoigne d’une combativité persistante, au-delà des cercles militants traditionnels ; de même, en l’espace de deux manifestations dans la seule ville de Castres, les militants communistes ont collecté près de 2.200 euros, remis par une délégation de notre parti aux cheminots grévistes et à leur organisation syndicale.

 

Nous avons pris notre place dans ce mouvement, avec une expression régulière de notre parti, appréciée très largement, avec des adhésions de salariés, de syndicalistes, de jeunes… qui ont bien vu la différence au quotidien et sur le terrain, entre la pratique politique des communistes et celle des autres formations.

 

L’enjeu, c’est de prouver, sur le terrain, notre utilité politique dans la situation actuelle, qui est terrible pour notre peuple, ce qui est directement la conséquence de la politique du capital, ici comme ailleurs en Europe.

 

J’ai à l’esprit les mots de Denis Kessler, vice-président et l’un des principaux idéologues du Medef, qui décrivait ce qu’était l’objectif réel de Nicolas Sarkozy, quelques moius après l’élection présidentielle de 2007. Les forces du capital mènent la lutte des classes avec cet objectif en tête : « en finir avec 1945 ».

 

Sur les retraites, sur la Sécu, sur les services publics, nous sommes engagés dans un affrontement de grande ampleur entre le capital et le travail.

 

Je suis étonné de ne pas avoir entendu un mot dans le rapport sur la publication – gravissime – ces derniers jours du décret qui, prolongeant la loi sur la mobilité de 2009, permet et va faciliter le licenciement des fonctionnaires – ce qui est clairement « un cheval de Troie » pour démanteler le statut de la fonction publique.

 

Nous devrions mener une bataille politique d’ampleur sur ce sujet.

 

De même, nous devrions être à l’initiative, partout, pour exiger l’arrêt des hausses de tarif de gaz et d’électricité ( et revenir sur les hausses scandaleuses de ces derniers mois), qui vont encore être aggravées par la loi NOME, adoptée récemment au Parlement.

 

Une telle bataille permettrait à la fois de répondre à la souffrance et aux difficultés quotidiennes de notre peuple et de porter concrètement l’exigence d’en finir avec la déréglementation et la concurrence tous azimut, de revenir à un service public unifié de l’énergie, tel qu’a pu être EDF-GDF à la Libération : c’est aussi une exigence d’une grande actualité.

 

Les questions de l’emploi, notamment de l’emploi industriel, devraient être au cœur de nos préoccupations, avec le niveau de chômage qui demeure très élevé dans nos villes et sur nos territoires. Quelles initiatives à ce propos ?

 

A partir des luttes et des aspirations populaires, nous devons travailler :

- à reconstruire une cohérence idéologique qui puisse nous permettre d’agir sur les contradictions actuelles.

- à mener des batailles structurantes qui répondent à l’urgence sociale et portent notre ambition d’une rupture avec le capitalisme. Il me semble nécessaire de réfléchir à nouveau sérieusement sur la question du socialisme.

 

J’ai le sentiment que nous continuons à confondre, avec la stratégie du front de gauche, le rassemblement – nécessaire, impérieux – et un processus de « fusion-dilution ». On prend, en particulier depuis le dernier congrès, cette question du rassemblement de manière finalement politicienne, par le haut, « petit bras », alors que nous devrions porter l’ambition d’un rassemblement populaire majoritaire pour lequel un PCF plus fort, plus influent, est nécessaire et indispensable. 

 

On a survalorisé les résultats électoraux et le bilan du Front de gauche, notamment lors du dernier congrès, alors qu’en réalité, nous ne sommes pas parvenus à rassembler réellement avec cette stratégie.

 

Aujourd’hui, nous sommes devant le piège des élections présidentielles et des institutions de la 5ème République (conséquence aussi du quinquennat et de la subordination des législatives aux présidentielles), face à une candidature, celle de Jean-Luc Mélenchon, portée par sa formation, mais aussi et surtout choisie et promue très largement par les médias et les instituts de sondages.

 

Je ne suis pas d’accord avec le calendrier proposé – notamment entre le 7 janvier, date proposée pour le CN et le 8 janvier, assemblée des secrétaires de section : alors qu’il n’y a toujours pas d’ordre du jour pour cette réunion.

 

Dernier point, nous aurions intérêt à regarder ce qui se passe aussi ailleurs en Europe, et à ce propos, le succès de nos camarades du Parti communiste grec (le KKE) lors des dernières élections locales et régionales doit aussi nous faire réfléchir à la fois au plan stratégique et sur nos relations à l’échelle européenne notamment avec le PGE.

 

En Grèce, le KKE réussit, progresse, se renforce, là où le parti soutenu et promu par le Parti de la gauche européenne (auquel adhère le PCF…) se divise et en échec sur un plan électoral, malgré son opportunisme.

 

L’enjeu de la commémoration du 90ème anniversaire du PCF et du Congrès de Tours ne revêt pas simplement une dimension culturelle ou mémorielle, mais il porte sur la nécessité pour nous de mener – aussi sur le terrain de l’histoire – la bataille idéologique sur la portée et la signification de la création de notre parti lors du Congrès de Tours et sur son actualité dans la France du 21ème siècle.

 

L’heure est bien, en France comme ailleurs en Europe, au déploiement de l’activité des communistes, dans un esprit de résistance et de contre-offensive, à l’opposé d’une stratégie d’effacement décidée à marche forcée et souvent sans les communistes, avec tous les risques que cela comporte quant aux divisions dans notre parti.

France 3, suites ;Pas de sanction contre Jacques Rivière

 
La raison a fini par l’emporter. Au termeFrance 3, suites ;Pas de sanction contre Jacques Rivière dans Divers rien de 9H de travaux ininterrompus, dans un climat à la fois passionné et rigoureux, le Conseil de discipline a rendu son avis. Compte tenu des échanges, de l’analyse détaillée du dossier et surtout des témoignages entendus, il demande l’application de l’article VIII-6 de la Convention Collective : « En cas de poursuites pénales, le conseil de discipline peut demander de surseoir jusqu’à la décision du tribunal. »

C’est peu de dire que le doute a fini par s’installer dans le camp de la direction. En réalité, à mesure des travaux, c’est l’ensemble du dossier qui s’est trouvé fragilisé, battu en brèche par les témoignages directs des salariés présents que la direction régionale n’avait jamais pris la précaution d’entendre, comme l’aurait exigée toute instruction contradictoire. En question aussi, l’incroyable précipitation avec laquelle la direction régionale s’est crue autorisée d’adresser le jour même de l’événement un communiqué indigne en forme de réquisitoire diffamatoire contre Jacques Rivière et contre la CGT de France 3 Vanves.

Mais les faits sont têtus et la vérité finira par l’emporter face à une conception archaïque des relations sociales qui tente de monter les salariés les uns contre les autres, les cadres contre les non cadres. Désormais l’affaire est entre les mains de la justice qui ne s’appuiera pas, elle, sur le seul statut social des salariés pour déterminer qui dit la vérité. La CGT se satisfait de cette première décision. Elle se portera partie civile aux côtés de Jacques Rivière pour que l’ensemble de la vérité soit faite et que les responsabilités soient établies. La CGT remercie les nombreux soutiens qui se sont manifestés dans et en dehors de l’entreprise en faveur de Jacques Rivière. Merci aux élus des CE de France 3 et de RFO, du CCE de France télévisions. Merci aux salariés qui se sont mis en grève à l’heure où se réunissait le conseil de discipline. Plusieurs éditions locales et régionales ont été perturbées. Question pour un Champion sur France 3 et l’émission de Guillaume Durand, Face aux Français sur France 2, ont été supprimées. La CGT remercie aussi les organisations syndicales qui se sont montrées solidaires lors de ce Conseil de discipline, seule la Cgc n’étant pas venue siéger. La CGT a rappelé que ce genre d’affaire avait aussi existé dans les années 2000 à France Télécom, quand l’entreprise était entrée dans le cycle infernal des réorganisations permanentes. A l’époque, l’entreprise s’était aussi violemment attaquée à ses salariés en commençant par leurs représentants syndicaux… avec les dramatiques conséquences que l’on a pu mesurer. La direction de France télévisions est prévenue : nous ne la laisserons pas emprunter cette voie. Paris, le 1er décembre 2010

De : CGT France télévisions

Pôle Emploi : le service public de l’emploi en Charpies !

Bien malgré elle, Martine Mégret est devenue un symbole : le symbole de la précarité au travail au sein même de l’organisme Pôle Emploi le mal nommé. A 57 ans, elle a enchainé 7 contrats de travail en CDD en 8 ans. La précarité de l’emploi elle la vit de l’intérieur de l’institution qui doit la combattre depuis 8 ans et bien plus encore depuis le 31 octobre, jour de son licenciement.

Admirons au passage cette phrase pleine d’humanité et de respect d’autrui. Elle émane de Christine Dubois-Broutin directrice adjointe territoriale : « la situation de Martine Mégret est difficile. Mais elle doit comprendre que son contrat est arrivé à échéance. D’ailleurs, le poste qu’elle occupait va être redéployé entre les trois titulaires du service de gestion. ». Il est vrai que lorsque un kleenex a servi hein ? On le jette !

Soutenue par ses collègues et les syndicats CGT et FO de pôle Emploi mais aussi par le collectif qui regroupe la population (une pétition à recueilli 1600 signatures) qui lui apporte son soutien, elle à refusé l’aumône que dans sa très grande mansuétude lui offrait madame Crinier la directrice Régionale : Un CAE (contrat aidé) de six mois à compter du 1er novembre. Il est vrai que madame Crinier n’est pas connue pour son sens de l’écoute ni même du respect des lois comme peuvent en témoigner les chômeurs et précaires qu’elle avait daigner recevoir à Brest en juin pour leur résumer sa réponse aux revendications du collectif : NON, NON, NON…

A propos de la récente journée de mobilisation des agent de Pôle Emploi le 9 novembre, Guillaume Bourdic de la CGT Pôle Emploi, délégué du personnel et membre du comité d’établissement régional déclarait : « Au départ, cette journée de mobilisation entendait protester contre la dégradation des conditions de travail et des missions de Pôle emploi. Avec le cas de Lydie Breuilly (Concarneau) et celui de Martine Mégret, à Loudéac, qui n’est toujours pas réglé (sept contrats aidés en huit ans), une autre revendication s’est ajoutée. C’est l’exigence de la titularisation de tous les CDD ou contrats aidés de Pôle emploi en France».

Face à l’intransigeance de la direction régionale de pôle Emploi qui refuse toujours de réintégrer Martine Mégret dans un emploi en CDI, ce qui ne serait que bon sens et justice, hier mardi 30 décembre, c’est le directeur territorial des Côtes d’Armor qui a provoqué la colère des salariés en maintenant l’oukaze de la directrice régionale. Venu à Loudéac annoncer que la direction de Pôle Emploi maintenait sa position de blocage, les salariés ont décidé d’inviter monsieur Connan a ne pas quitter les locaux. Il a pu rentrer chez lui en fin de journée.

« Le directeur régional adjoint, Moïse Rashid, nous a appelés pour nous dire que la direction restait sur ses positions et que Martine Mégret n’obtiendrait pas de CDI » déclarait Thierry Levaslot ajoutant « Nous n’en resterons pas là, ont-ils tous assuré. Nous prévoyons de donner une suite à notre mouvement et d’interpeller la direction régionale de Pôle emploi. ».

A Pôle Emploi dont Christian Charpy est le patron très très cher payé (275 000 Euros par ans !), la politique de dialogue social, qu’elle concerne le personnel ou les chômeur et précaires est la même. L’envoi systématique des forces de l’ordre comme substitut au dialogue comme lors de la manifestation devant la direction nationale de Pôle Emploi qui à fait plusieurs blessés…

Il n’en demeure pas moins que Martine Mégret ne vit pas de nourritures virtuelles. Que son cas peut être réglé de manière simple : prélever sur le salaire exorbitant de C. Charpy de quoi payer à Martine le salaire brut correspondant à son emploi en CDI.

La situation des salariés de Pôle Emploi débordés et des chômeurs et précaires nécessite que le sieur Charpy fasse son travail qui est de prendre la seule décision qui s’impose. Se substituer à ses subordonnés et assumer une décision qu’il semble être le seul à pouvoir prendre. C’est la voix de la raison et de la sagesse.

Martine Mégret doit être ré intégrée en CDI. Les effectifs des agents renforcés et les revendications des chômeurs et précaires honorées. Les chômeurs et les agents de Pôles Emplois ne sont pas des variables d’ajustement. Monsieur Charpy si !

S’il s’obstine dans sa politique de destruction des emplois à Pôle Emploi, S’il persiste à dévoyer les moyens financiers au profit des officines privées qui se gavent en proposant des prestations bidons avec la bénédiction de son ministre de tutelle, l’assureur pas rassurant Xavier Bertrand, s’il continue de fliquer et humilier les chômeurs, ils deviendra indispensable de lui imposer de quitter un poste ou il n’a fait preuve jusqu’à ce jour d’aucunes des qualités requises pour faire de Pôle Emploi un service public réellement au service de ses salariés et des chômeurs.

Chômeurs, précaires et salariés de Pôle Emploi ont le même combat à mener, celui de la sauvegarde du service public de l’emploi.

Carland

« LE TEMPS DE VIVRE ET DE MOURIR »

MISE EN GARDE À LA JEUNESSE « LE TEMPS DE VIVRE ET DE MOURIR »

Un ami, plus âgé que moi, et à la retraite depuis plus longtemps, m’a dit :
« Mis à part des cas particuliers, le temps de la retraite est, en général, divisé en deux : une période durant laquelle, encore en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels, on peut mener une vie libre, active et enrichissante, une deuxième période durant laquelle se dégrade l’organisme, apparaissent les maladies qui annoncent la fin…. Profite au maximum de la première ! ».

Cette affirmation n’est pas le produit d’une recherche scientifique poussée, mais simplement le constat de ce qu’est la vie. Une simple observation sur deux générations permet de le confirmer.

Ce constat est difficile à admettre pour les jeunes – et c’est naturel – qui ont tendance à relativiser une période qui leur paraît – et on leur souhaite – lointaine. C’est pourtant extraordinairement important d’en prendre conscience pour ne pas gâcher des années précieuses de sa vie.

Tout cela pour en venir à quoi me direz vous ?

Simplement pour éclairer sous un angle plus humain, plus commun diront certains, toute la question des retraites.

A y regarder de près, c’est toute – ou du moins une bonne partie – de cette première partie du temps de la retraite que la réforme sarkozyste va nous confisquer.

Imaginez un peu.

Travailler jusqu’à 65, 67 voire bientôt – vu la tendance – 70 ans ! Travailler, pour beaucoup, ou faire des petits boulots, inintéressants et mal payés car le marché de la force de travail exclut d’entrée les « vieux »… Que va-t-il vous rester pour vivre ? Pour vous reposer de votre « vie active » ? Les rhumatismes, l’arthrose,… dans le meilleur des cas,…- imaginez le pire – vont vous empoisonner le peu qui vous restera à vivre pleinement.

Le reste du temps, qu’il va vous rester de vie, sera la « seconde période »… Celle où l’on décline peu à peu,… celle que l’on passe à l’hôpital (s’il existe encore ), celle des traitements, des potions, des médicaments, des examens médicaux,… Tout cela de moins en moins remboursé par une Sécurité Sociale qui aura disparu – remplacée par les groupes d’assurance privés – pesant de plus en plus lourd financièrement dans le budget familial.

Sachant que vous aurez passé une bonne partie de votre vie en « non activité » (études) et/ou « chômage », « recherche d’emploi »…, vous serez loin d’avoir une « retraite décente ». Vous aurez alors à faire le choix tragique : manger ou vous soigner. Et ne comptez pas sur vos enfants pour vous aider,… ils seront dans une situation économique aussi précaire que vous, et avec un avenir encore plus sombre.

La période des « vieux » en forme, actifs, aidant pour des travaux, pour la garde des petits enfants, ayant les, ou quelques, moyens financiers pour aider leurs enfants,…cette époque sera terminée.

Nous allons vers une société de vieux pauvres et de jeunes pauvres. Une paupérisation généralisée du plus grand nombre.

Cette situation, imposée par une classe politique cupide, parasite, complice des grands intérêts financiers – nous l’avons vue à l’œuvre durant la crise financière – nous condamne, et les jeunes plus particulièrement, à un avenir de galère, de privation et de souffrance.

Le combat mené par nos prédécesseurs pour un abaissement constant de l’âge de la retraite était juste et pertinent, c’était un bien précieux, inestimable, qu’il fallait à tout prix défendre.

Demain il restera la simple question : existe-t-il une vie avant la mort ?

novembre 2010 Patrick MIGNARD

C’est d’une autre société que le peuple a besoin !

Pendant que Sarkozy parade à la télévision, des millions de salariés, partagés entre colère et désespoir, font leurs comptes individuels, face à une vie à venir qui leur apparaît insupportable.

La majorité des français calcule les conséquences des décisions prises sans débat, en opposition totale au 70 % des citoyens de notre pays, Un gouvernement, qui infligent deux années de travail supplémentaire aux salariés.

 Rien que ça !

 Chacun calcule à quelle date aura lieu son départ à la retraite. Combien il lui restera à ce moment pour vivre, si encore il trouve un emploi normal jusqu’à ce terme, en échappant à la maladie et à ce cancer social qu’est le chômage touchant massivement les plus de 55 ans…

 Les femmes aux carrières incomplètes, ceux qui ont dû s’arrêter, les jeunes en précarité ou au chômage jusqu’au-delà de 25 ans, ceux qui ont perdu leur emplois a cause des délocalisations, les bas salaires, … se savent sacrifiés sur l’autel de l’exploitation capitaliste.

 Dans un pays en paix, cinquième puissance industrielle mondiale, où les profits dépassent l’entendement où l’exploitation de l’homme par l’homme atteint un niveau record. C’est dans l’insupportable de cette contradiction qu’est pour tous et chacun d’entre nous la solution.

 Le capitalisme planétaire, incapable de rien résoudre, ne pourra se perpétuer qu’en écrasant toujours plus le monde du travail, en France, en Europe et ailleurs. Il s’est d’ailleurs structuré au plan international, européen en particulier, pour asseoir sa domination sans partage sur ceux qui n’ont que leur travail pour vivre.

Nous pouvons le battre autour d’un projet de rupture avec une telle logique. Nous mesurons tous un peu mieux après avoir marché par millions, côte à côte, au nom d’une large majorité, composée y compris de tous ceux qui ne pouvaient pas être là, retenus chez eux ou au travail par l’isolement, la fatigue où la maladie, la violence quotidienne des exploiteurs. Poursuivons la transformation des luttes.

Continuons pour la retraite, question essentielle du temps de travail volé à chacun par le capital sur une vie. Pour l’emploi, la protection sociale, les salaires, les services publics… ne laissons rien de ce qui permet de « vivre ensemble » sur le bord du chemin.

Participons ensemble à toutes les luttes. Remettons plus fort la question de la solidarité au cœur de l’actualité et du devenir politique.

Saisissons-nous de toutes les occasions. Y compris d’ailleurs celles fournies au printemps 2011 par les élections cantonales et en 2012 par la présidentielle et les législatives. Occasions d’une autre nature, transformées déjà, en opposition à ce que nous avons par millions refusé, à savoir l’attente inactive « d’échéances électorales », en participation consciente à l’action.

Dans les manifestations, les grèves, encore insuffisantes, est née une autre stratégie que le renvoi au petit matin du grand soir la réponse aux exigences de notre temps.

Dans le même esprit ce n’est pas la délégation de pouvoir à des élus, fussent-ils les nôtres, qui constitue une solution aux problèmes. Ceci étant, les candidatures communistes vous permettront de mieux affirmer dans les urnes le besoin d’en finir, avec toutes les logiques d’accompagnement de la crise du capitalisme qu’elles viennent de la droite, du centrisme, du FMI ou de ceux qui « à gauche » s’affirment pour la retraite à 60 ans mais avec 40 ans ou plus de cotisations !

Nous étions des millions de manifestants cet automne à ne pas avoir attendu 2012 ! Là est une formidable nouveauté permettant à chacun de transformer, sa colère, ses révoltes et pourquoi pas, si nous l’accompagnons fraternellement, sa résignation en choix réaliste d’une autre façon de vivre.

C’est d’une autre société en rupture franche avec un capitalisme en fin de course que le peuple a besoin. Oui envisager la victoire des exploités n’est pas une utopie mais une nécessité !


123

LIVRY SUR SEINE |
Le blog des idées non-reçue... |
Parcours d'une jeune consei... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | MoDem de l'Ariège
| Bernard Ramond - Pour que v...
| la republique c'est l'arrac...