Archive | 4 décembre 2010

Aujourd’hui, les communistes ont-ils besoin d’un parti ?

 90 ans après la création du PCFDans l’Humanité Dimanche de la semaine du 2 au 8 décembre 2010, le Philosophe Yvon Quiniou (1) ce pose la question : Aujourd’hui, les communistes ont-ils besoin d’un parti ?

Au congrès de Tour, en décembre 1920, naissait le parti qui allait prendre le nom de PCF. L’ouverture d’une parenthèse politique qui peine à se refermer après l’écroulement du système soviétique, comme certains l’affirment ? Ou le lancement d’une lutte politique à laquelle l’évolution du monde ne cesse de donner son sens ? dans ce cas, quelle forme doit-elle prendre aujourd’hui ?

Après l’écroulement du système soviétique beaucoup se sont interrogés sur la nécessité d’un parti continuant de se référer au communisme puisque l’histoire prétendait-on, en aurait démontré définitivement l’inanité. Et ne vaudrait-il pas mieux, ajoutaient certains, qu’il se dissolve dans un mouvement plus large se contentant d’aménager le capitalisme à la manière de la social-démocratie triomphant en Europe ?

Le problème est que ce propos repose sur un contresens dont auront été victimes aussi bien les partisans que les adversaires du système soviétique. Ils y ont vu une incarnation du communisme, alors qu’il s’agissait de sa caricature : une société issue du sous-développement et contredisant à beaucoup d’égards cette démocratie intégrale qui définissait le communisme selon Marx. Celui-ci n’est donc pas mort avec la chute du mur de Berlin puisqu’il n’a existé nulle part, et il reste à inventer dans nos sociétés développées qui en accumulent aujourd’hui les présupposés objectifs (la richesse matérielle), en respectant la liberté politique hérité de 1789.

Mais, tout autant, ce scepticisme engageait un diagnostic sur la viabilité et les bienfait d’un capitalisme réformé que sa crise récente a invalidé. Car il s’agit d’une crise systémique, qui ne cesse de s’approfondir et fait le malheur des peuples à un degré qu’on n’aurait jamais imaginé au siècle dernier : paupérisation absolue de pans entiers de la population, non seulement en Europe mais dans les ex-pays de l’Est (sans qu’ils aient beaucoup gagné sur le plan de la démocratie) ; poids insoutenable de la finance internationale contraignant les Etats à renoncer, qui avait obtenus par la lutte de classes syndicale et politique, et avaient imposé au capital un compromis substantiels avec le monde du travail, etc. Or tout cela non seulement se développe sans le consentement des peuples mais encouragé par la social-démocratie européenne, qui renonce à son identité originelle et s’enfonce dans un projet social-libéral qui tend à n’en faire qu’un appendice de la droite.

C’est bien pourquoi, face à ce désastre global, nous avons besoin de maintenir haut et fort, mais avec intelligence aussi, l’exigence communiste d’une société largement différente, entièrement consacrée au service de l’humain. Mais cela ne se fera pas tout seul, à partir du mouvement social abandonné à sa spontanéité, comme si l’idéologie dominante n’existait pas, menaçant de biaiser la conscience des injustice sociale et du coup, la formulation des enjeu et des objectifs de la lutte proprement politique pour y mettre fin.

Il y faut un parti communiste, qu’il faut certes démocratiser et ouvrir au maximum sur l’extérieur, mais un parti, à savoir une organisation dotée d’une théorie révolutionnaire, capable de faire des propositions nourries de connaissances économiques et sociologiques pointues et ayant pour fonction d’éclairer le chemin de la lutte anticapitaliste dans tous les domaines. Ne cédons pas à la mode qui critique la « forme parti » : ce serait fuir notre responsabilité, nous mettre à la remorque de l’opinion et risquer de voir se diluer l’exigence communiste elle-même. La politique a besoin de ces médiations que sont les partis, c’est encore plus vrai pour un parti qui lutte contre l’ordre dominant : refuser la nécessité de cette médiation, c’est contribuer au discrédit de la politique elle-même alors que nous, communiste, entendons lui redonner toute sa place.

(1) Auteur de « l’Ambition morale de la politique. Changer l’homme ? » Edition l’Harmattan. Il vient de rédiger des « Thèses pour un communisme futur à partir du moment présent » que l’on trouvera sur le site La Faute à Diderot (lafauteadiderot.net)


REPOSER LA QUESTION DE L’ADHESION DU PCF AU PGE

 Le 3ème congrès de « European Left » (Parti de la gauche européenne – PGE) se déroule jusqu’au 5 décembre 2010 à Paris La Défense.

La direction du PCF y a mandaté 12 délégués, le même nombre que le Parti de gauche de Mélenchon.

A l’issue du congrès, Pierre Laurent devrait être désigné président du PGE.

Le « Bloc des gauches » portugais et le « Synapsismos » grec ont également revendiqué la présidence. Dans leur pays, ils espéraient bénéficier encore davantage de soutien face aux partis communistes, le PCP et le KKE, qui ont refusé d’adhérer au PGE.

Rappelons que le PGE est un parti « européen », financé par la Commission européenne, dont les statuts stipulent l’adhésion à la « construction » européenne. Son projet, actualisé à ce 3ème congrès, est donc logiquement de relégitimer l’UE et ses institutions au nom d’une Europe sociale.

Sa vocation à développer des partis socio-démocrates de « gauche », à pousser à la transformation des partis communistes pays par pays pour les intégrer au consensus européen, n’a cessé de se vérifier.

La question de l’adhésion du PCF au PGE doit rester une question ouverte. Le texte alternatif (extraits ci-dessous) « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF » l’a reposée en juin 2010 à l’occasion du « congrès » extraordinaire.

Nous reproduisons aussi ci-dessous un argumentaire de 2004 s’informer d’informer les camarades sur le PGE à l’occasion du vote bidon organisé alors par la direction du PCF.

 

 

PGE : Extrait du texte alternatif du 35ème « congrès » « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF.

 

 

« Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait d’approuver le Traité d’Amsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de l’UE, allant dans le sens de « l’Europe sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. L’adhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable à Lisbonne), a accentué cette évolution. »

 

« En parallèle avec ces changements d’orientation, doit se reposer la question de l’adhésion de notre parti au Parti de la gauche européenne.

La crise grecque oblige les media à mettre en avant une réalité : le rôle crucial joué par le Parti communiste grec dans l’intervention des masses. Le KKE a refusé d’adhérer au PGE.

L’adhésion du PCF s’est faite dans la précipitation et la confusion en 2004, avec l’avis de moins d’un quart des communistes français. Le Parti communiste portugais a également exclu d’adhérer au PGE pendant que le Parti tchèque ne souhaite pas en devenir membre à part entière.

Les communistes français doivent disposer de tous les éléments. Le PGE est un « parti européen », parrainé et financé par la Commission européenne. Au Portugal, en Grèce et ailleurs, il soutient structurellement des organisations ouvertement anticommunistes. Son adhésion à la « construction » européenne est originelle. Est-ce le meilleur cadre de coopération international pour le PCF, alors qu’il existe déjà un groupe au Parlement européen beaucoup plus ouvert, GUE-NGL, et que d’autres formes de travail communiste international se font jour ?

Depuis plusieurs années, les partis communistes de plusieurs pays d’Europe (dont le KKE et le PCP) et d’ailleurs développent des cadres d’échange et diffusent des déclarations communes sur les sujets les plus importants. La direction du PCF, sauf exception, a choisi de boycotter ce cadre sans s’en expliquer. Il est temps de réviser cette position, eu égard au développement rapide de la « crise ».

 

 

NON A L’ADHESION DU PCF AU PGE : UNE ARGUMENTATION DE 2004 TOUJOURS ACTUELLE

 

Nous nous battons pour le NON au projet de « Constitution européenne »

Nous nous opposons à l’adhésion du PCF au Parti de la Gauche européenne, PGE !

Déclaration de la section du PCF du 15ème arrondissement de Paris,

5 octobre 2004

 

Au printemps dernier, le projet de création du « Parti de la gauche européenne » avait rencontré une forte opposition des camarades dans toute la France.

 

La direction du PCF n’en a pas moins décidé, sans consultation des communistes, d’apposer la signature du PCF comme membre fondateur du PGE au « congrès » de Rome, organisé symboliquement le 9 mai à la date de la « Journée de l’Europe » reprise par le projet de « Constitution » européenne.

 Six mois plus tard, elle vient demander aux adhérents de ratifier le fait accompli à l’occasion d’une consultation bâclée où l’essentiel des enjeux sont dissimulés aux communistes.
Le texte unilatéral accompagnant le « bulletin » de vote (dans l’Huma du 22 septembre, expédié à tous les communistes) n’éclaire pas les véritables objectifs et les conditions de la création du PGE.
Les communistes français ont plus que jamais besoin de revivifier l’engagement internationaliste fondamental du PCF. Le renforcement d’échanges et de coopérations entre partis communistes ou progressistes de différents pays, européens est une exigence pour renforcer la solidarité entre les peuples.

 

L’opération PGE est à l’opposé de cela.


1)- Le PGE, un outil au service de « l’intégration » européenne

Le PGE s’inscrit ouvertement dans le cadre dicté par le « règlement définissant le statut et le financement des partis politiques européens », adopté en juin 2003 par le Conseil européen et le Parlement européen et repris dans le projet de « constitution » de Giscard (article III-331). Ces « partis européens » ont pour mission de « promouvoir l’intégration européenne », en récompense de quoi l’Union européenne leur gratifie une subvention annuelle conséquente.
C’est à quoi se conforment strictement les statuts du PGE. A l’article 5 sur les objectifs du PGE, on lit : « promouvoir un travail de relations publiques européen qui soutienne activement la formation d’une entité européenne ».
La loi européenne est claire. Pour être « qualifié » comme « parti politique au niveau européen », il faut accepter dans ses statuts les principes fondateurs de l’Union européenne. Le PGE et avec lui les dirigeants du PCF s’apprêtent ainsi à prêter allégeance à « la concurrence libre et non faussée », principe fondamental de la (pseudo)-construction européenne repris par le projet de « constitution »

2)- L’adhésion au PGE est contradictoire avec l’engagement des communistes dans la campagne pour le NON au projet de « constitution » européenne
Le PGE s’inscrit dans le schéma de l’Europe fédérale et dans l’acceptation d’une constitution européenne. Plusieurs « membres fondateurs » du PGE ont d’ailleurs des positions très ambiguës sur la « Constitution européenne ». Plusieurs avaient approuvé le Traité de Maastricht. Certains de leurs dirigeants se sont même prononcés pour le projet de Giscard, dont la tête de liste du PDS allemand aux dernières élections européennes, Mme Sylvia-Yvonne Kauffmann (3 députés européens de la « gauche unie espagnole » se sont abstenus, le 4ème a voté pour…).
Nous remarquons que le PGE n’a pas encore pris position sur le « traité constitutionnel » et ne le fera que fin-octobre.

3)- Le PGE destiné à supplanter les partis nationaux et notamment le PCF ?
Le PGE est très loin d’être un simple « espace commun d’initiative politique ».
La première phrase de ses statuts du PGE indique qu’il vise à « unifier les partis » qui y adhèrent. Ses structures sont calquées sur celles des institutions européennes, avec un « président européen », un « conseil des présidents » auxquels les statuts donnent les moyens de contrôler le PGE. Comme l’Union européenne elle-même, le PGE est une structure pyramidale, antidémocratique dont les positions conditionneront celles des partis membres.
C’est une atteinte inacceptable à l’indépendance des communistes français.

4)- Le PGE, à l’opposé du rassemblement des communistes et des Partis communistes
Le « manifeste du PGE» est si vague que n’importe quel parti social-démocrate peut le signer et évite toute référence au communisme.

En revanche, la majorité des partis communistes européens (qui ont gardé ce nom) rejettent le PGE: les PC de Grèce, du Portugal, de République Tchèque, le Parti des communistes italiens… Parmi les autres composantes du groupe au Parlement européen dont font partie les 2 députés du PCF, tous les partis scandinaves, le Parti socialiste (non socio-démocrate) des Pays Bas,…  ont aussi dénoncé et combattu la création du PGE.

En Italie, la consultation de « Refondation communiste » a donné 47% de votes contre.
Contrairement à ce que le texte accompagnant le « bulletin » de vote dans l’Huma veut laisser croire, les partis communistes portugais et tchèque (Bohême-Moravie) ne sont pas « membres observateurs ».

Que signifie l’empressement des dirigeants du PCF pour imposer la fusion du PCF dans le PGE ? Au-delà de l’intérêt de la carotte financière, il est difficile de ne pas voir une nouvelle étape du ralliement de la direction du PCF, déjà manifeste en 1999 avec « Bouge l’Europe », à l’intégration européenne.

Les communistes se trouvent confrontés à une nouvelle tentative de coup de force pour effacer l’identité, les valeurs, les combats de toujours de leur parti. Il s’agit de faire franchir un pas nouveau à la « Mutation », au reniement de la raison d’être du PCF et même à terme de son nom, dilué dans le PGE.

La discussion sur le fond de l’adhésion au PGE est esquivée de même que la discussion pour ou contre le principe d’une constitution européenne.

Pour nous, la bataille au plan international pour une voie anticapitaliste est indissociable de la bataille pour préserver la souveraineté nationale, intrinsèquement liée à la souveraineté populaire. De même, notre combat internationaliste exige le maintien de l’indépendance du PCF (et son retour sur les rails de la lutte des classes !).

Comme plusieurs sections et fédérations en France, nous appelons les communistes à s’opposer et à voter contre l’adhésion du PCF au Parti de la gauche européenne, nouvelle tentative pour saborder le PCF, son originalité, son histoire.

De la générosité populaire et de l’escroquerie gouvernementale

De la générosité populaire et de l'escroquerie gouvernementale dans Divers rienAndré Wurmser brocarde dans sa chronique quotidienne de l’Huma (Mais…) l’hypocrisie d’une opération médiatique destinée à financer la recherche médicale par la générosité publique. On ne croirait pas cette chronique écrite il y a 40 ans.

Article d’André Wurmser dans l’Humanité publié le 17 mars 1970

 

http://bellaciao.org/fr/local/cache-vignettes/L124xH109/Telecon-b6307.jpgIl est d’utilité publique de revenir sur la manœuvre qui rassembla de braves gens dans leurs mairies – mairies arbitrairement et par force placées (sans que les élus de la municipalité ni ceux de la nation aient été consultés) aux ordres d’un office « indépendant », et pourquoi? Afin que ne soient pas prélevés trois milliards d’impôts sur les profits des trusts de produits pharmaceutiques! Contrecarrer sur-le-champ un tel subterfuge est impossible: à supposer que nous puissions nous faire entendre, le peu que nous dirions serait interprété par les tendeurs de sébille comme « Au diable, la recherche médicale! », ce qui n’est évidemment pas notre pensée. C’est donc à froid qu’il faut exposer le mécanisme de l’opération.

http://bellaciao.org/fr/IMG/gif/profits_2009.gifObservons d’abord qu’elle se fait au profit de l’État, à qui incombent si bien les dépenses nécessaires à la Santé publique qu’elles figurent au budget du ministère ainsi nommé. Or cet État dépense par an et par habitant 85 francs prégaullistes pour la recherche médicale, l’État suédois 255 francs, le britannique 265. Tripler les crédits rapporterait à la recherche médicale française cinq fois plus chaque année qu’une seule fois la quête nationale. Mais justement, une fois fixés les chiffres d’un budget où surabondent les milliards gaspillés qui auraient largement suffi à subventionner la Recherche médicale, l’opération consiste à substituer les dons des Français les plus généreux -et ce sont les moins fortunés, à des impôts qui, pour injuste que soit notre fiscalité, coûteraient tout de même davantage aux grandes compagnies et rien, où beaucoup moins que leur actions-vie, aux contribuables les plus modestes.

http://bellaciao.org/fr/local/cache-vignettes/L160xH112/sebille_a_votre_bon_coeur-3f64a-07061.jpgD’autre part, le pouvoir veut habituer les Français à tenir pour naturel que le fonctionnement de la nation -Santé publique, Recherche médicale ou scientifique, Université, téléphone, autoroutes…- soit assuré non par l’État (« A bas l’étatisme! »), mais par des particuliers. En dernière analyse, c’est donc pour préserver les profits des trusts que le gouvernement escroque les téléspectateurs, à l’esbroufe – car la prétendue recherche d’un effet de surprise a pour fin réelle de ne pas laisser aux gens le temps de s’informer, ni même de réfléchir.

http://bellaciao.org/fr/IMG/jpg/kouchner_riz-f6931.jpgPrenons par exemple le premier tapage à grand tapage. Le prétexte en fut le peuple laotien ; qui ne souhaitait pas lui manifester sa solidarité? Seulement, aujourd’hui, chacun sait ce que le gouvernement le laissait alors ignorer : qu’une partie du Laos était soumise à l’influence américaine, l’autre aux bombardements américains. À quels Laotiens les milliards raflés par l’O.R.T.F. sont-ils allés? À qui le riz fut-il acheté? À quel prix? Mais allez donc conseiller aux braves gens de n’écouter leur coeur qu’une fois les réponses fournies à des questions raisonnables ! C’est justement en quoi consiste l’escroquerie : elle abuse de l’ignorance des généreux.

Celui qui tend la main et force la main est ce ministre qui reconnut : « La recherche médicale subira, elle aussi, bien sûr, le contre-coup du freinage que le gouvernement a dû décider. » A dû, puisqu’il était décidé à ne pas faire payer les profiteurs de la recherche médicale. Ce ministre est, par sa fonction, responsable du fait que la France occupe, pour la densité médicale, le dix-neuvième rang dans le monde, qu’elle dispose de moitié moins de médecins que l’U.R.S.S. , d’un tiers de médecins de moins que l’Allemagne fédérale, de 20% de moins que les U.S.A. , du fait aussi qu’en 1970 la Recherche médicale ne pourra recruter AUCUN nouveau chercheur, dans AUCUNE discipline. Mais le plus grave est que ces chiffres et ces faits ne furent pas les seuls que le ministre cacha : son émission se garda de toute allusion aux profits que l’opération avait pour but d’épargner !

http://bellaciao.org/fr/local/cache-vignettes/L135xH90/france_television-caf75-66672.jpgJe ne m’étonne pas que tant de Français aient répondu à l’appel de l’O.R.T.F. : je connais leur cœur. Je ne m’étonne pas non plus que d’éminents savants les en aient remerciés : il leur appartient d’employer les crédits, non d’en déterminer la source. Et je m’étonne moins encore bien sûr, du silence goguenard des ingrats bénéficiaires de la générosité populaire : Rhône Poulenc, les laboratoires Roussel et leurs rares pareils.

 

17 mars 1970

 

http://bellaciao.org/fr/local/cache-vignettes/L109xH118/coluche-2d2ae-0dd9d.jpgLe scandale avait de tout autres dimensions que je ne l’imaginais. Il devait être par la suite révélé que ces pathétiques appels avaient été fructueux pour l’entreprise commerciale chargée de l’opération, pour beaucoup de voix tremblotantes d’émotion, pour l’État lui-même qui, pour comble, prélevait sa dîme sur le « chiffre d’Affaire ». (commentaire d’André Wurmser en 1974 lors de la publication de « 150 nouveaux MAIS… »)

Par Mais, dit André Wurmser

Tordons le cou à quelques idées reçues ! – par Dominique Negri (FD Isère)

Tordons le cou à quelques idées reçues !

REFLEXION ET EXPERIENCES APRES LE MOUVEMENT POUR LES RETRAITES

Faire grève dans des secteurs non stratégiques ne servirait à rien et en particulier dans les services publics ?

Tout au long de cette lutte pour nos retraites, combien de fois avons nous entendu cela ? Et pourtant ! Qui a planté cette idée dans les têtes ? Ceux-là même qui ont peur de nous voir tous en grève.

Un secrétaire de syndicat CGT a dit fort justement: « je n’ai aucun plaisir à faire grève, mais quand je constate que je ne suis ni écouté, ni entendu, il ne reste que cela pour défendre mes intérêts ».

Comment cette protestation en arrêtant le travail, qui nous prive de notre salaire, serait-elle sans effet ? Serions nous payés pour ne rien faire ?

Certainement pas, que ce soit dans la fonction publique ou dans n’importe quelle entreprise, on nous emploie pour réaliser un travail qui entre dans une chaîne indispensable. Faire grève a des conséquences dans tous les secteurs.

Dans les services publics, c’est encore plus criant, avec les réductions d’effectif successives, les restructurations et réorganisations, aucun service public ne fonctionne correctement et remplit ses missions. Il suffit d’un congé maladie de quelques jours pour désorganiser tout un service, un congé maternité pour fermer un service. Dans ses conditions faire grève serait sans effet ?

Pour que la grève soit utile il faudrait être qu’elle soit gênante ?

On ne fait pas grève pour nuire ou gêner d’autres salariés, nous faisons grève pour obtenir satisfaction sur nos revendications qui doivent être clairement énoncées.

Que vient-il de se passer depuis deux mois dans notre pays? Les salariés de certains secteurs clefs ont eu le courage de prendre sur eux la continuité du mouvement et d’essayer d’impulser une grève plus large. A aucun moment, ils n’ont demandé autre chose que de nous voir les retrouver.

Dans une AG au CEA (Energie Atomique) de Grenoble, certains salariés, qu’on dira correctement payés, ont proposé aux grévistes de la SNCF de leur faire de gros chèques. Les grévistes (certains en sont à près de 70 jours de grève en 2010 en cumulant avec leur lutte du printemps) ont répondu:  « Nous ne voulons pas de votre argent, nous voulons que vous fassiez grève avec nous ».

On a trop laissé l’illusion que la grève de quelques uns, qui semblaient bloquer le pays, pourrait emporter une victoire si bien que certains salariés n’ont pas rejoint le mouvement de grève illimitée ou reconductible, confortés dans l’idée fausse que chez eux la grève ne servirait à rien ou ne serait pas gênante.

Les camarades grévistes reprennent le travail parce qu’ils sont restés bien trop seuls et bien trop peu pour gagner.

Le formidable élan de solidarité à leur égard ne doit pas conduire à penser la grève par procuration, par délégation mais à construire les prochaines luttes d’ensemble.

Nous devons bien mesurer cette expérience pour la suite. Pour faire plier ce gouvernement et le MEDEF, c’est tous ensemble en grève !

Dominique Negri,

PCF Saint-Martin-d’Hères

Conseil national du PCF du 26 novembre 2010, Eric JALADE, membre du CN et secrétaire fédéral du Tarn

ericjalade.jpgIl y a un grand absent dans le rapport, le rôle et les objectifs d’action du PCF, alors que nous sortons d’un mouvement social, à bien des égards exceptionnel, dans l’implication, dans tout le pays, de millions de Françaises et de Français, notamment de jeunes, de salariés, alors que nous vivons et subissons une crise très grave du capitalisme, crise qui frappe très durement notre peuple dans son immense majorité.

 

L’opinion demeure toujours très largement opposée à la fin de la retraite à 60 ans et le niveau de mécontentement par rapport à la politique gouvernementale demeure très élevé. Le problème, c’est bien aujourd’hui celui de la perspective politique et qu’il y a eu, au moins à l’heure actuelle, victoire provisoire du pouvoir et du MEDEF sur ce dossier des retraites. 

Cela dit, la combativité demeure et les luttes ne se sont pas arrêtées (ainsi, les salariés de Pôle emploi ont mené récemment une grève nationale).

 

Quelques exemples très rapides :

Localement, nous avons eu, encore, mardi 23 septembre, plus de 2000 personnes dans les rues de Castres – chiffre donné par la presse – ce qui témoigne d’une combativité persistante, au-delà des cercles militants traditionnels ; de même, en l’espace de deux manifestations dans la seule ville de Castres, les militants communistes ont collecté près de 2.200 euros, remis par une délégation de notre parti aux cheminots grévistes et à leur organisation syndicale.

 

Nous avons pris notre place dans ce mouvement, avec une expression régulière de notre parti, appréciée très largement, avec des adhésions de salariés, de syndicalistes, de jeunes… qui ont bien vu la différence au quotidien et sur le terrain, entre la pratique politique des communistes et celle des autres formations.

 

L’enjeu, c’est de prouver, sur le terrain, notre utilité politique dans la situation actuelle, qui est terrible pour notre peuple, ce qui est directement la conséquence de la politique du capital, ici comme ailleurs en Europe.

 

J’ai à l’esprit les mots de Denis Kessler, vice-président et l’un des principaux idéologues du Medef, qui décrivait ce qu’était l’objectif réel de Nicolas Sarkozy, quelques moius après l’élection présidentielle de 2007. Les forces du capital mènent la lutte des classes avec cet objectif en tête : « en finir avec 1945 ».

 

Sur les retraites, sur la Sécu, sur les services publics, nous sommes engagés dans un affrontement de grande ampleur entre le capital et le travail.

 

Je suis étonné de ne pas avoir entendu un mot dans le rapport sur la publication – gravissime – ces derniers jours du décret qui, prolongeant la loi sur la mobilité de 2009, permet et va faciliter le licenciement des fonctionnaires – ce qui est clairement « un cheval de Troie » pour démanteler le statut de la fonction publique.

 

Nous devrions mener une bataille politique d’ampleur sur ce sujet.

 

De même, nous devrions être à l’initiative, partout, pour exiger l’arrêt des hausses de tarif de gaz et d’électricité ( et revenir sur les hausses scandaleuses de ces derniers mois), qui vont encore être aggravées par la loi NOME, adoptée récemment au Parlement.

 

Une telle bataille permettrait à la fois de répondre à la souffrance et aux difficultés quotidiennes de notre peuple et de porter concrètement l’exigence d’en finir avec la déréglementation et la concurrence tous azimut, de revenir à un service public unifié de l’énergie, tel qu’a pu être EDF-GDF à la Libération : c’est aussi une exigence d’une grande actualité.

 

Les questions de l’emploi, notamment de l’emploi industriel, devraient être au cœur de nos préoccupations, avec le niveau de chômage qui demeure très élevé dans nos villes et sur nos territoires. Quelles initiatives à ce propos ?

 

A partir des luttes et des aspirations populaires, nous devons travailler :

- à reconstruire une cohérence idéologique qui puisse nous permettre d’agir sur les contradictions actuelles.

- à mener des batailles structurantes qui répondent à l’urgence sociale et portent notre ambition d’une rupture avec le capitalisme. Il me semble nécessaire de réfléchir à nouveau sérieusement sur la question du socialisme.

 

J’ai le sentiment que nous continuons à confondre, avec la stratégie du front de gauche, le rassemblement – nécessaire, impérieux – et un processus de « fusion-dilution ». On prend, en particulier depuis le dernier congrès, cette question du rassemblement de manière finalement politicienne, par le haut, « petit bras », alors que nous devrions porter l’ambition d’un rassemblement populaire majoritaire pour lequel un PCF plus fort, plus influent, est nécessaire et indispensable. 

 

On a survalorisé les résultats électoraux et le bilan du Front de gauche, notamment lors du dernier congrès, alors qu’en réalité, nous ne sommes pas parvenus à rassembler réellement avec cette stratégie.

 

Aujourd’hui, nous sommes devant le piège des élections présidentielles et des institutions de la 5ème République (conséquence aussi du quinquennat et de la subordination des législatives aux présidentielles), face à une candidature, celle de Jean-Luc Mélenchon, portée par sa formation, mais aussi et surtout choisie et promue très largement par les médias et les instituts de sondages.

 

Je ne suis pas d’accord avec le calendrier proposé – notamment entre le 7 janvier, date proposée pour le CN et le 8 janvier, assemblée des secrétaires de section : alors qu’il n’y a toujours pas d’ordre du jour pour cette réunion.

 

Dernier point, nous aurions intérêt à regarder ce qui se passe aussi ailleurs en Europe, et à ce propos, le succès de nos camarades du Parti communiste grec (le KKE) lors des dernières élections locales et régionales doit aussi nous faire réfléchir à la fois au plan stratégique et sur nos relations à l’échelle européenne notamment avec le PGE.

 

En Grèce, le KKE réussit, progresse, se renforce, là où le parti soutenu et promu par le Parti de la gauche européenne (auquel adhère le PCF…) se divise et en échec sur un plan électoral, malgré son opportunisme.

 

L’enjeu de la commémoration du 90ème anniversaire du PCF et du Congrès de Tours ne revêt pas simplement une dimension culturelle ou mémorielle, mais il porte sur la nécessité pour nous de mener – aussi sur le terrain de l’histoire – la bataille idéologique sur la portée et la signification de la création de notre parti lors du Congrès de Tours et sur son actualité dans la France du 21ème siècle.

 

L’heure est bien, en France comme ailleurs en Europe, au déploiement de l’activité des communistes, dans un esprit de résistance et de contre-offensive, à l’opposé d’une stratégie d’effacement décidée à marche forcée et souvent sans les communistes, avec tous les risques que cela comporte quant aux divisions dans notre parti.

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