Archive | 11 novembre 2010

Mélenchon, pas un « nouveau » en politique, tout une histoire….C’était hier, alors pour demain?

Portrait
Jean-Luc Mélenchon, 48 ans, ex-grande gueule du PS, rentre dans le rang avec celui de ministre délégué. L’importuniste.

SCHNEIDER Vanessa

Il s’excuserait presque d’avoir un beau bureau, un fauteuil de

ministre et des dorures aux murs. Jean-Luc Mélenchon, tout nouveau ministre délégué à l’Enseignement professionnel, aimerait penser que rien ne cloche, qu’il est à sa place dans cet hôtel particulier de la rue de Grenelle. «Ce n’est pas mieux qu’au Sénat», se persuade-t-il. Interrogé sur ses impressions, à la sortie de son premier Conseil des ministres, il jette aux micros tendus: «Je suis de gauche, je viens de banlieue, mais je suis bien élevé!» Vexé qu’on ait pu le prendre pour un plouc. Il n’ira guère plus loin dans ses commentaires: «Je connaissais l’endroit et je connaissais tout le monde autour de la table.» Et jure avoir «trouvé ça drôle» lorsque Jack Lang s’emmêle les pinceaux et l’appelle «Jean-Pierre», à deux reprises, lors de leur première conférence de presse commune. L’animateur de la Gauche socialiste, la grande gueule de l’opposition à Lionel Jospin au sein du PS, est entré dans le rang gouvernemental. Il veut croire qu’il est taillé pour le rôle: «Il n’y a pas une minute où j’aie l’impression de faire quelque chose que je n’ai jamais fait avant», assure-t-il. Avant de balayer d’avance les difficultés qui le guettent: «Ce n’est pas plus dur d’être dans un gouvernement en étant en désaccord avec certaines choses que d’être dans un groupe parlementaire et de voter pour un texte alors que l’on est contre.» Mélenchon promet qu’il continuera à l’ouvrir. Il a d’ailleurs commencé. La semaine dernière, il traite le Premier ministre britannique Tony Blair de «lamentable» et de «traître au socialisme». Lionel Jospin n’a pas apprécié. «Mon libre commentaire politique n’a pas de signification gouvernementale», s’est expliqué, mardi devant les députés à l’Assemblée nationale, celui qui rêve de conjuguer «radicalité et inscription dans le réel», liberté de parole et participation au gouvernement.

Déjà sous haute surveillance, l’ancien trotskiste savoure sa nouvelle fonction. Il s’était déjà approché de l’entrée au gouvernement, sans parvenir à s’y glisser. En 1997, Lionel Jospin lui propose un secrétariat d’Etat au Logement. Le sénateur de l’Essonne estime que la Gauche socialiste et son représentant valent mieux. Il exige d’être à la table du Conseil des ministres et monte sur ses grands chevaux. Jospin préfère faire sans lui. Cette occasion manquée lui pèsera. Petite traversée du désert. Sentiment d’être «dans le ressac, de faire du surplace, de ne plus peser sur les événements. La pire des angoisses». A 48 ans, il a enfin décroché la récompense d’une vie entièrement consacrée à la politique. Et estime y avoir droit.

Jean-Luc Mélenchon se souvient d’avoir «toujours été à part». Parce que pied-noir, fils de parents divorcés. Un père télégraphiste, «élevé à la force du poignet», une mère institutrice à Tanger. Puis «l’acte fondateur», 1962, le retour en métropole. Cassure d’enfance. «J’ai vécu ça très durement, nous avons été déportés dans le pays de Caux, c’était l’hiver le plus froid depuis longtemps, on vivait dans un grenier, on nous appelait les « bicots.» Sa mère est mutée, la famille découvre le Jura «avec enchantement». Le fils cadet y fait ses études de philosophie, se marie, a une fille, attrape le virus de la politique. Dès le lycée, il s’engage dans le mouvement soixante-huitard. Il devient militant. A gauche, toute. «Par cette expérience radicale, charnelle, de l’arrachement du Maroc, j’ai appris que la politique peut tout remettre en cause. Le monde le plus stable peut tout d’un coup disparaître. J’ai voulu me dire: « Les choses vont cesser de m’échapper, on peut tout contrôler.» Il explique: «Le militantisme c’est l’engagement pour des idées mais aussi un acte de construction de soi.» La politique ne l’a pas grignoté. Elle l’a avalé d’un coup, et il s’est laissé manger avec délectation. «Je me remplis avec la politique. C’est toute ma vie, confie-t-il, je me souviens de toutes les dates de congrès, des discours importants, mais je suis incapable de me rappeler les anniversaires de ma famille ou de ma compagne. Tout s’est articulé autour de la politique. Tous mes goûts s’y trouvent: le contact, la fraternité, les changements de situation, la lecture, l’écriture, les discussions interminables.» Il dit n’avoir «aucun hobby». Jean-Luc Mélenchon n’est pas un gai luron. «Comment voulez-vous que je sois drôle avec les modèles que j’ai: Saint-Just, Mitterrand?» L’un de ses proches le décrit comme «un croyant de la politique qui aime le pouvoir». Mélenchon précise: «La politique m’habite. Cela n’a rien à voir avec le crapahutage pour les sommets qui m’a été donné de surcroît.» Voir. Ce qu’il a eu, il l’a voulu, farouchement: plus jeune sénateur de France à 35 ans, patron de la fédération de l’Essonne, ministre. Contradictoire, complexe, il oscille sans cesse entre le doute ­ «Pourquoi moi?» ­ et une surprenante assurance ­ «Et si j’étais un artiste?». Entre la tentation marginale et le goût de la majorité. Avec Julien Dray et Marie-Noëlle Lienemann, ses compagnons de la Gauche socialiste, il s’élève en censeur moral, garant de la pureté des idées de gauche. Dans la pratique, il trouve sa place dans toutes les directions successives du parti. «J’aime les mouvements de masse», reconnaît-il. Mélenchon s’est fait connaître sous l’étiquette minoritaire mais le statut le gêne aux entournures. Il aimerait être un fils prodige de la famille socialiste.

Mitterrandien sous Mitterrand, rocardien sous Rocard, emmanuelliste sous Emmanuelli, jospinien sous Jospin, le raccourci le fait bondir de rage. Comme l’accusation d’opportuniste. «C’est une analyse superficielle des choses, se défend-il, chaque décision stratégique représente des heures de réflexion; à chaque fois, il y a un sens politique. Moi, je n’ai jamais changé, ni de cap ni de discours. Je suis la mauvaise conscience de tous ceux qui changent de camp, de ceux qui se sont laissé séduire par les sirènes du capitalisme.» Mais les faits sont têtus. Entre 1988 et 1991, il ne cesse de taper sur Michel Rocard, alors Premier ministre. Il fustige l’«ouverture» et les centristes, qu’il qualifie de «prototypes de l’étouffe-chrétien» et d’«ectoplasmes politiques». Après la défaite de la gauche en 1993, il aide pourtant Rocard à prendre la tête du PS et participe à l’exécutif du parti. «On pensait alors que les socialistes avaient décidé de sauter l’élection présidentielle et on s’est dit que Rocard au moins allait se battre.» Lorsque ce dernier échoue aux européennes de 1994, Mélenchon change son fusil d’épaule et sert d’intermédiaire entre Henri Emmanuelli et Laurent Fabius. Il se moule ensuite dans l’opposition au gouvernement Jospin, se moque du «Schtroumpf hilare» François Hollande. Ses ennemis le surnomment «Méchant-Con». A chaque fois, le ministre découvre des qualités à ceux qu’il éreintait la veille. Fasciné par les puissants: «Tous ces gens ont quelque chose à m’apprendre.» Un soir de 1972, il est envoyé par ses amis trotskistes porter la contradiction lors d’un meeting de François Mitterrand. Subjugué, «empaqueté» par la rhétorique du «Vieux», il renonce à sa diatribe.Aujourd’hui, il reconnaît «écarquiller les yeux devant Jospin, car c’est un maître». Jean-Luc Mélenchon est, finalement, un grand sentimental.

 

Jean-Luc Mélénchon en 7 dates. 19 août 1951. Naissance à Tanger, Maroc.

1962. Retour en métropole.

1977. Adhère au PS après trois années passées dans les rangs trotskistes.

1986. Elu sénateur de l’Essonne.

1992. Fonde la Gauche socialiste avec Julien Dray et Marie-Noëlle Lienemann.

1997. S’oppose à Lionel Jospin au congrès de Brest. Sa motion recueille 10% des voix. 27 mars 2000. Entre au gouvernement.

Portrait Libération du 27/4/2000

 Mais aussi :

Dans le Buzz Radio, le sénateur de l’Essonne Jean-Luc Mélenchon, ex membre du PS, qu’il a quitté pour fonder le Parti de gauche (PG), tend la main à José Bové pour les élections européennes du 4 juin prochain. 

Le fondateur du Parti de gauche déclare: « S’il le veut, José Bové, c’est ma tête de liste! Je lui ouvre mes bras et lui donne ma place. » Car pour Jean-Luc Mélenchon, « pour arriver au rassemblement » des partis de la gauche radicale, « il n’y a pas de prix trop élevé ».

 

Mais aussi :

Mélenchon et Maastricht

Sénat, séance du 9 juin 1992

Examen du projet de loi constitutionnelle préalable à l’adoption du Traité de Maastricht.

Extrait du Journal officiel.

M. le Président. La parole est à M. Mélenchon. (applaudissements sur les travées socialistes).

M. Jean-Luc Mélenchon. Monsieur le président, monsieur le ministre d’Etat, monsieur le garde des sceaux, mes chers collègues, le vote du Danemark a pesé assez lourd sur le déroulement de nos débats pour que certains de nos collègues aient, à un moment, jugé opportun de faire un tableau justifié et apprécié des vertus de ce « grand petit peuple ».

Tableau justifié et apprécié, certes, mais incomplet : que de leçons seraient encore à tirées des vertus des Danois, clamées ici et portées si haut ? Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

J’ai pensé, mes chers collègues, que vous apprécierez que l’on complétât ce tableau en rappelant qu’il y aurait peut-être quelque chose à apprendre des Danois en examinant le régime qu’ils appliquent aux étrangers aux élections locales ! (applaudissements sur les travées socialistes.)

M. Guy Allouche. Très bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Sans cette précision, que vaut ce portrait ? Rien, comme bien des prétextes qui ont été avancés dans la discussion.

Le vote des étrangers aux élections locales, qui a occupé tant de place dans la presse, a pris parfois un tour dur, injuste, blessant, lorsque, le prétexte se révélant trop inconsistant, il a fallu ajouter derrière le Belge ou l’Italien, qui ne faisaient peur à personne, l’ombre de l’Africain et du Maghrébin, qui paraît-il, sont ce qu’il y a de pire. Or, pour la majorité d’entre nous, Africains et Maghrébins sont des amis et nous espérons bien voir un jour le suffrage universel étendu à tous.

Certains ont prétendu que nous serions incapables de répliquer à l’argument selon lequel toute la procédure engagée devant notre assemblée résulterait d’un contresens, le traité étant devenu inapplicable et caduc.

L’essentiel a déjà été dit à ce sujet. Mais quoi ? après tant de gargarismes sur la grandeur de la France, sur son rôle dans le monde, on trouverait bon, un des partenaires venant à faire défaut, de renoncer à tout, en particulier à la volonté que nous portons en nous de faire l’Europe ?

N’ayons pas honte de ce traité. Déjà, il va au-delà de la situation actuelle, il constitue une avancée.

En tant qu’homme de gauche, je souhaiterais me tourner un instant vers certains de nos amis (l’orateur se tourne vers les travées communistes) pour leur faire entendre que Maastricht est un compromis de gauche : pour la première fois, dans un traité de cette nature, des mesures d’encadrement du marché sont prévues ; pour la première fois, citoyenneté et nationalité sont dissociées ; pour la première fois, les syndicats vont être associés aux processus décisionnels. (protestations sur les travées communistes. – Applaudissements sur les travées socialistes.)

Mme Marie-Claude Beaudeau. Les chômeurs vont disparaître ?

M. Jean-Luc Mélenchon. Si l’on veut dresser un tableau complet, tout cela doit être dit.

Politique politicienne, paraît-il. Nous gouvernerions ce pays l’œil rivé sur le rétroviseur, nous demandant ce que les uns ou les autres vont penser de ce que nous avons conclu. Vous plaisantez ! Aucune cause franco-française, à plus forte raison aucune cause de lutte politicienne ne parvient au niveau auquel se situent les enjeux de Maastricht. S’il en résulte un peu de désordre parmi vous, nous ferons avec !

Mme Hélène Luc. Pour le désordre, vous pouvez parler, parce que chez vous…

M. Jean-Luc Mélenchon. Le fil noir de l’intégration serait, a-t-on dit, un projet sans flamme ; on vérifie une fois de plus que la flamme ne s’allume pas aux mêmes objets pour tous !

Mais l’intégration représente un plus pour nous ; la construction de la nation européenne est un idéal qui nourrit notre passion. Nous sommes fiers, nous sommes heureux de participer à cette construction.

Nous sommes fiers de savoir qu’il va en résulter des éléments de puissance, qu’un magistère nouveau va être proposé à la France, à ma génération, dans le monde futur, qui est monde en sursis, injuste, violent, dominé pour l’instant pas une seul puissance.

Demain, avec la monnaie unique, cette monnaie unique de premier vendeur, premier acheteur, premier producteur, représentant la première masse monétaire du monde, l’Europe sera aussi porteuse d civilisation, de culture, de réseaux de solidarité, come aujourd’hui le dollar porte la violence dans les rapports simples et brutaux qu’entretiennent les Etats-Unis d’Amérique avec le reste du monde.

M. Emmanuel Hamel. Et la violence du 6 juin 1944 !

M. Jean-Luc Mélenchon. Il ya ici assez d’Européens de longue main pour regretter la décision des Danois sans se laisser pour autant détourner des objectifs qu’ils poursuivent et poursuivront sans relâche.

Il y va, je le répète, d’un enjeu de civilisation. L’alternative au monde violent et injuste, où la chute du mur de Berlin reçoit en écho les émeutes de Los Angeles, c’est l’avènement de la nation européenne porteuse de paix, de civilisation et de solidarité.

  M. Félix Leyzour. Cela commence bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Et nous ne serons jamais autant Français qu’en y jetant toutes nos forces.

On a invoqué ici, de nombreuses fois, la tradition républicaine de la France pour argumenter contre le progrès de la citoyenneté européenne que constitue le droit de vote accordé aux étrangers communautaires. C’est à mes yeux commettre un contresens et faire preuve d’un archaïsme totalement contraire à la philosophie politique qui a présidé à la fondation de la République dans notre pays et qui garantit la continuité du principe républicain et sa formidable prégnance.

On a dessiné devant nous une identité de la France quasi métaphysique, dans laquelle la souveraineté nationale est confondue avec ses instruments, dont la pérennité tracerait la frontière entre la vie et la mort de la nation. Contresens !

La nation est un mot nouveau qui est né pendant la Révolution française, par opposition au morcellement féodal des peuples de France sous la monarchie.

La nation est le lieu de la citoyenneté ; elle n’est ni éthique, ni religieuse, ni linguistique. La citoyenneté est dans l’exercice collectif du pouvoir. Là où est le pouvoir réel, là doit s’exercer la citoyenneté. Là où est la citoyenneté, là est la nation.

Tout se tient dans la tradition française entre la démocratie et la nation. Si le pouvoir réel de maîtriser notre destin ne peut prendre toute sa réalité économique et sociale qu’à l’échelle de l’Europe, alors, les vrais démocrates ne peuvent que vouloir l’avènement de la nation européenne et, avec elle, de la citoyenneté européenne.

Mes chers collègues, quand on aime la France – et on peut l’aimer de bien des façons – on sait qu’on ne peut la faire dans un seul pays.

La véritable polarisation du débat politique est là, elle traverse l’histoire de nos deux siècles de République. D’un côté, le conservatisme – ce n’est pas honteux – qui s’oppose à chaque étape au processus qui voit la citoyenneté étendre son rôle. De l’autre, le camp du progrès, qui saisit toutes les occasions de confier le pouvoir réel au plus grand nombre et qui, pour cela, parie toujours sur la dimension universelle de la personne, renvoie les différences les plus essentielles – la fois, la langue, l’attachement aux identités locales dans le domaine privé – pour ne reconnaître comme sujet de l’histoire que le citoyen défini par les droits mutuels universels.

Ces principes, nous les portons avec fierté. A l’heur où nous travaillons à une cause aussi fondamentalement française, il ne peut être question de délibérer sous la pression des mots, des fantasmes et même des leçons de patriotisme.

Si j’adhère aux avancées du Traité de Maastricht en matière de citoyenneté européenne, bien qu’elles soient insuffisantes à nos yeux, vous devez le savoir, c’est parce que le plus grand nombre d’entre nous y voient un pas vers ce qui compte, vers ce que nous voulons et portons sans nous cacher : la volonté de voir naître la nation européenne et, avec elle, le patriotisme nouveau qu’elle appelle. (applaudissements sur les travées socialistes).

Scandaleux-Manifestation des lycéens à St-Quentin, une jeune fille de 18 ans (casier judiciaire vierge) écope de trois mois ferme

SAINT-QUENTIN (02) Prison ferme après les heurts de la manif  (Courrier Picard)

Le 7 octobre, la jeune femme a résisté à son interpellation. Trois policiers ont reçu des coups.

Une jeune femme de 18 ans qui participait à la manifestation des lycéens contre la réforme des retraites a été condamnée à trois mois ferme et à indemniser les policiers frappés.

Il s’agit de la première majeure condamnée à Saint-Quentin après les échauffourées qui ont éclaté entre jeunes et policiers. C’était le 8 octobre, jour de la seconde mobilisation des lycéens contre la réforme des retraites.

Melyssan Payen, à peine 18 ans et déscolarisée, ne s’est pas présentée, mardi, lors de l’audience du tribunal correctionnel.

Les juges sont allés plus loin que les deux mois requis à son encontre par le substitut du procureur, Julien Haquin : elle a été condamnée à trois mois de prison ferme. « La moindre des choses était de venir, elle n’avait que ça à faire », s’est exclamé le ministère public. La peine aurait été allégée, c’est une certitude.

Le 6 octobre, première journée de manifestation des lycéens, avait déjà connu son lot de tensions : devant les grilles du lycée Condorcet, dans le quartier Europe, les policiers avaient chargé à trois reprises pour calmer les ardeurs de fauteurs de troubles venus s’immiscer dans le mouvement, bon enfant, des lycéens. Le lendemain, comme le rappelle Julien Haquin, « la jeune femme a manifesté une agressivité incompréhensible ».

Elle se débat

C’est la fin de matinée. Le cortège, qui a déambulé dans les rues de la ville, rejoint son fief, le lycée Condorcet. Seulement, un noyau dur, d’une centaine de personnes, ne veut pas en finir. Ils se dirigent vers la rue Pompidou. Les policiers, à bonne distance, reçoivent des projectiles.

En tête de cortège, une jeune femme, non-lycéenne et sans emploi, se détache et court en direction des forces de l’ordre. Melyssan Payen s’assoit au milieu de la route. Elle se déplace pour empêcher la voiture du commissaire David Boileau d’avancer. Les manifestants arrivent doucement. « La police ne passera pas », lance-t-elle aux fonctionnaires devant le cimetière Nord…

Le ton monte entre elle et le commissaire qui finit par la repousser. Elle se jette à terre. La jeune femme se relève et rejoint le cortège, non sans avoir donné un coup de pied dans le coffre de la voiture du patron de la police.

Cette fois, ça ne passe pas. Dans un véhicule banalisé, des policiers tentent de l’interpeller. Ils sont quatre. Melyssan Payen ne se laisse pas faire, elle se débat, donne des coups de pieds. Il faut plusieurs minutes aux forces de l’ordre pour la menotter. La voiture dans laquelle elle se trouve est prise à partie par les manifestants.

Le commissaire s’est vu délivrer une interruption temporaire de travail d’une journée. Un gros hématome s’est formé sur la cuisse après les coups reçus de la demoiselle. En plus de ses trois mois de prison ferme, elle devra indemniser les policiers qu’elle a frappés à hauteur de 500 euros chacun. Lourde peine pour une première inscription sur son casier judiciaire.

GUILLAUME CARRÉ

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