Archive | 24 octobre 2010

L’Italie aussi-Près d’1 million de métallurgistes dans les rues de Rome à l’appel de leur syndicat de classe pour leurs conditions de travail et pour préparer les conditions de la grève générale

fiom2.jpgPrès d’1 million de métallurgistes dans les rues de Rome à l’appel de leur syndicat de classe pour leurs conditions de travail et pour préparer les conditions de la grève générale

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

« Nous ne donnons pas de chiffres, comptez-les vous-mêmes », en répondant ainsi samedi, le dirigeant de la FIOM laissait les journalistes submergés par la marée humaine qui avait envahi Rome ce samedi 16 octobre. Même la préfecture de police, pourtant encline à la minimisation systématique, en a tout de même compté 200 000.

La FIOM est finalement sortie de sa réserve en fin de journée pour annoncer que le cap du million de manifestants était atteint.

Peu importe les chiffres exacts, le fait que plusieurs centaines de milliers de métallurgistes italiens se soient déplacés dans la capitale italienne à l’appel de leur syndicat de classe, la FIOM, avec comme mot d’ordre la défense de leurs conditions de travail (« Oui aux droits, non au chantage: le travail est un bien commun ») était déjà une réussite en soi.

D’autant plus que le syndicat des métallurgistes, branche autonome de la CGIL ayant conservé des positions de classe que la maison-mère a délaissé depuis, exclut tout corporatisme. Au contraire, la manifestation de jeudi était axée sur l’ « unité dans les luttes », la convergence des luttes, avec présence de diverses corporations industrielles, d’ouvriers en bleu de travail mais aussi d’étudiants, de précaires, de chômeurs, de retraités et d’immigrés dans le cortège.

Au-delà de simples revendications catégorielles liées à leurs conditions de travail, les métallurgistes italiens ont manifesté en bloc contre l’ensemble de la politique du gouvernement italien: remise en cause des conventions collectives; chômage de masse, chantage à l’emploi et délocalisations comme dans le cas de l’usine FIAT de Pomigliano (Chantage du patron de FIAT à l’usine de Pomigliano: alignement sur les conditions de travail des ouvriers polonais ou fermeture de l’usine); plan d’austérité pour les travailleurs et renflouements pour l’industrie (Détail du plan d’austérité du gouvernement Berlusconi: la « manœuvre »); jusqu’à la revendication de la sortie des troupes d’Afghanistan.

Toutes ces revendications étaient articulées entre elles par les manifestants et convergeaient vers la mise en échec des plans du gouvernement et du patronat.

Pour les participants et les organisateurs de la manifestation, il ne peut y avoir d’alternative politique sans lutte dans la rue, et le mot d’ordre simple scandé par les manifestants: « Grève! Grève! Grève »posait la perspective immédiate.

Ainsi était mise à l’ordre du jour la question du passage de la mobilisation à une autre étape en Italie, et ensuite de la grève générale.


fiom.jpgLa FIOM et même la CGIL pose désormais la question de la grève générale après la manifestation du 27 novembre


Point d’unité syndicale en Italie dans un mouvement divisé en trois tendances majeures et gangréné par le réformisme. D’une part, les syndicats jaunes que sont la CISL et l’UIL qui collaborent ouvertement avec le gouvernement. D’autre part, la CGIL, syndicat à tradition communiste, tiraillé entre une direction réformiste et une base de classe plus combative. En son sein, la FIOM, branche autonome des métallurgistes, ayant donc maintenu des positions de lutte de classe.

Les métallurgistes semblaient avoir pris acte de l’impossibilité d’une action unitaire avec la CISL et l’UIL et les insultes fusant envers les dirigeants de ces deux centrales, en particulier pour Rafaelle Bonnani, secrétaire-général de la CISL, qui n’a cessé de discréditer le mouvement dans les médias acquis au gouvernement.

Événement historique, le secrétaire-général de la CGIL Guglielmo Epifani s’est par contre joint à l’appel lancé par le secrétaire-général de la FIOM, Maurizio Landini et les deux leaders syndicaux ont défilé à la tête du cortège romain.

La question de l’amplification de la mobilisation et d’un point de chute pour une grève générale a été posée par les deux leaders syndicaux.Pour Epifani, cela reste avec prudence, en effet celui-ci a évoqué « la possibilité d’une grève générale bien que ce ne soit pas notre seule arme ». Il a tenu à exprimer encore une fois son optique « gradualiste » et son ouverture aux négociations avec le gouvernement, toutefois: « Si nous n’avons pas obtenu de réponses du gouvernement d’ici la manifestation du 27 novembre, alors nous enchaînerons avec la grève générale ».


Alternative politique et attente déçue d’une organisation de classe et de lutte, du Parti communiste italien historique


fiom3.jpgLandini s’est montré plus offensif lors du discours de clôture, place San Giovanni. Face aux cris venant de la foule« Grève! Grève! Grève », celui-ci leur a répondu: « Nous avons le devoir de continuer cette bataille et pour continuer il faut que nous arrivions à déclarer la grève générale. »In fine, c’est la question de l’alternative politique qui a été posée par le leader métallurgiste: « Nous n’avons pas peur des mots. Nous voulons changer cette société ».

Mais avec qui à gauche?Certains observateurs ont parlé de « Parti FIOM », sortant de son rôle syndical et se substituant à l’impuissance de la gauche parlementaire, capable seul de mobiliser l’ « Italie rouge » orpheline du PCI, d’une organisation de classe, de lutte, révolutionnaire.

Entre un PD complice du gouvernement, des partis personnels tentant la formule du berlusconismede gauche (Nichi Vendola, Beppe Grillo ou Antonio Di Pietro) et des communistes empêtrés dans une Fédération de gauche qui se dirige de plus en plus vers un Die Linke à l’italienne que vers la nécessaire reconstruction du Parti communiste, la gauche italienne est tout sauf ce que le million de métallurgistes descendus dans les rues de Rome attendent.

On pourrait rajouter que là réside tout le drame de la gauche italienne depuis la dissolution du PCI en 1991.

Un lycéen engagé nommé Guy Môquet

Il y a 69 ans, le 22 octobre 1941, Guy Môquet était assassiné par les nazis à Châteaubriant avec 26 de ses camarades dont Charles Michels, député communiste du 15ème arrondissement. Comme chaque année, nous rendons hommage à nos camarades.

Le chemin qui les a conduits à être arrêtés par la police de Vichy, à être fusillés par les nazis, est passé par la lutte sociale et politique, indissociable de la lutte antifasciste.

charlesmichels2.jpgCharles Michels était militant syndical, secrétaire du syndicat CGT des cuirs et peaux en région parisienne. Il fait partie des députés qui ont voté notamment les congés payés, la nationalisation des chemins de fer

Guy Môquet était lycéen au lycée Carnot dans le 17ème arrondissement. Dès l’âge de 15 ans, il est déjà de toutes les luttes. Il distribue des tracts, il écrit des slogans à la craie dans les classes, il mobilise ses condisciples. En 1940, il milite contre l’occupant allemand et ses valets de Vichy. Il est arrêté le 13 octobre 1940 par la police. 

moquet.jpgLes figures des 27 martyrs de Châteaubriant allaient devenir des symboles pour toute la Résistance, aider par leur sacrifice à délivrer la France et conquérir de grands acquis sociaux à Libération.

En 2007, Nicolas Sarkozy s’est livré à une basse manœuvre de récupération de l’histoire de la Résistance. Il a ordonné que la dernière lettre de Guy Môquet à sa famille, avant son exécution, soit lue chaque année dans les classes de lycée.

Très émouvante, cette lettre ne pouvait pas, comme a tenté de le faire Sarkozy, être coupée de son contexte politique et l’engagement de Guy Môquet.

Il était totalement contradictoire avec la politique antisociale, généreuse pour les oligarchies financières, répressive pour le peuple travailleur que le pouvoir actuel poursuit aujourd’hui dans la droite ligne de ceux qui combattirent le Front populaire.

Cette année, en 2010, on n’entend rien ou presque sur Guy Môquet du côté du pouvoir et de ses media.

Partout en France, les lycéens sont entrés dans la lutte, avec les salariés, pour leur formation, l’emploi et les retraites. Les ministres et l’UMP les taxent « d’irresponsables », de « manipulés ».

On comprend qu’ils ne soient plus très désireux de célébrer le souvenir de Guy Môquet. L’opération de récupération se retourne contre ses auteurs. La figure de Guy Môquet redevient un symbole de la lutte, de l’engagement politique anticapitaliste des jeunes, des lycéens, des étudiants, le symbole aussi d’un engagement des plus conséquents : dans les rangs du Parti communiste français.

Nous reproduisons ci-dessous le texte du tract diffusé par nos jeunes camarades.

 Alors que Sarkozy voulait récupérer son histoire : 

La jeunesse a repris le combat de Guy Môquet

Voilà 3 ans que, suivant la consigne du président Sarkozy, les enseignants doivent commémorer Guy Môquet, le jeune lycéen et résistant communiste assassiné par les nazis le 22 octobre 1941. Ils sont censés lire sa dernière lettre à sa famille, avant son exécution.

Cette année, le pouvoir est étonnamment discret. Et pour cause: la récupération politique, que nous avons dénoncée depuis le début, risquerait de se retourner contre lui, en pleine lutte lycéenne contre la « réforme » des retraites.

Guy Môquet est en effet une incarnation de la Résistance, du refus de l’arbitraire. Communiste de 17 ans, élève du lycée Carnot dans le 17ème, il a été arrêté le 15 octobre 1940 par la police du régime collaborationniste de Pétain, pour avoir distribué des tracts à une sortie de métro. Il a été fusillé comme otage à Châteaubriant avec 26 de ses camarades.

La lutte héroïque de Guy Môquet a été un jalon important dans la Libération du pays et dans les grandes conquêtes sociales qu’elle a amenées. Avec ses camarades, il est tombé pour les idéaux de justice sociale, d’égalité, de paix et d’amitié entre les peuples.

C’est exactement ce que Sarkozy et son gouvernement tentent de détruire aujourd’hui. Ceux là même qui voulaient s’emparer de la mémoire de Guy Môquet, méprise la jeunesse en la traitant d’irresponsable.

Les jeunes de 2010 ne devraient-ils pas descendre dans la rue pour combattre une situation qu’ils trouvent injuste ?

Guy Môquet, à 17 ans, n’aurait pas dû lutter et rentrer en résistance contre le pouvoir de Pétain et la barbarie Nazie ?!

Mauvais souvenir encore: le gouvernement ne connait en 2010 que la répression! Lorsque les lycéens, les étudiants créent les conditions du débat en bloquant leur lieu d’étude, de même que les ouvriers des raffineries qui occupent leurs lieux de travail, la police en armes est là pour les déloger !

Le sacrifice de Guy Môquet n’a pas été vain.

Il a contribué à l’adoption du Programme du Conseil national de la résistance, à ses aspects les plus positifs notamment : « L’éducation gratuite de qualité pour tous », « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie », une sécurité sociale pour tous, pour « assurer à tous les citoyens des moyens d’existence », « la participation des travailleurs à la direction de l’économie ».

Face à un patronat largement disqualifié par la collaboration, le monde du travail gagne notamment à la Libération notre système solidaire de retraite par répartition, précisément ce que le gouvernement veut démolir aujourd’hui.

Guy Môquet a pu écrire encore quelques mots avant sa mort sur une palissade du camp où il était interné. Ils sont célèbres. « Vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ». Militants Jeunes Communistes, lycéens étudiants en lutte, jeunes travailleurs en grève, nous nous efforçons de l’être !

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