Conseil National du PCF, Divers, Faire Vivre et Renforcer le PCF

Protocole d’accord entre la Ville de Paris, l’UMP et J. Chirac : notre opposition totale (PCF Paris 15, mais aussi Gérard Tollet, section de Méru- Oise)

Une telle position, irresponsable, déconsidère le Parti alors qu’il ne se passe pas un jour sans que nous ne soyons interpelés sur cette question par des camarades, des sympathisants, des électeurs.

Elle détériore l’image de notre parti construite sur 90 ans de probité reconnue.

 Seuls les parlementaires PCF ont voté contre les lois d’amnistie du financement occulte des partis politiques dans les années 90.

 Seul le PCF bannit l’enrichissement personnel de ses élus.

Les militants communistes sont pris à contre-pied, mis en difficulté sans que l’on perçoive la moindre justification à cette prise de position sinon la volonté de donner un gage de docilité supplémentaire à Delanoë. Il est toujours temps de corriger le tir avant le vote de la délibération approuvant la transaction.

Vu l’importance de l’affaire, je me permets de vous demander, qu’à défaut de réunion du Conseil national, le Comité exécutif national du Parti prenne position, que vous-mêmes, en tant que premiers dirigeants national et parisien, preniez position.

L’affaire des emplois fictifs de Chirac, c’est entendu et cela a toujours mon opinion, n’est pas « l’affaire du siècle » et a sans arrêt été utilisée pour pourrir le débat politique. Mais au moment où elle arrive enfin à son terme, ne laissons pas entraîner notre parti dans le discrédit général.

Dans l’attente de votre réponse,

 Bien fraternellement,

 Emmanuel Dang Tran, membre du CN du PCF, secrétaire de la section du PCF Paris 15

 

Mais aussi d’autres camarades dont Gerard Tollet de l’Oise

 

Valdampierre, le samedi 25 septembre 2010

 

Aux camarades de l’Oise dont j’ai l’adresse électronique.

 

Objet :   Le 27 septembre prochain, vote hautement symbolique des élus communistes parisiens concernant l’arrangement judiciaire amiable Delanoë-Chirac dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris.

Chers camarades,

Même si nous sommes très pris par la bataille sur les retraites, n’oublions pas que la vie politique continue, avec des aspects qui peuvent paraître  moins importants ! Mais…

Lors de la fête de l’Huma et en tournant dans les stands, j’ai rencontré plusieurs députés, élus au CN, responsables fédéraux, élus de Paris, pour leur faire part de ma très grande préoccupation concernant le risque de vote par les élus communistes au Conseil municipal de Paris de l’arrangement amiable Delanoë-Chirac permettant à celui-ci d’échapper à la justice contre paiement à la ville de Paris d’une somme de 2,2 millions d’euros.

Depuis, j’ai découvert dans la presse la position effarante de Ian Brossat, élu communiste et président du groupe « Front de gauche » au Conseil de Paris, qui s’aligne totalement sur Bertrand Delanoë, osant même une justification en s’appuyant sur le mot « éthique » (!), tout en fustigeant la position des élus écolos qui eux, pas fous, savent se démarquer…

Or, il va de soi que, de par son retentissement, cette affaire dépasse de loin le cadre parisien. C’est pourquoi, si les élus communistes devaient s’associer aux élus PS et UMP pour approuver cet arrangement, les conséquences risqueraient d’être désastreuses pour l’image de notre parti. Aussi, je vous envoie ce courriel pour information, alerte et dans l’espoir qu’à force de pression, nos élus se ressaisissent enfin !

Un bref rappel des faits :

Courant août, les médias ont informé du projet d’accord entre le maire de Paris et l’ancien Président de la République, concernant l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. En bref, il s’agit d’un arrangement à l’amiable stipulant que l’UMP reverse 2,2 millions d’euros à la ville de Paris en échange de quoi celle-ci retire sa plainte.

Il va de soi que cette affaire dépasse largement le caractère local pour prendre une dimension nationale, ceci compte tenu de la médiatisation et de la personne en jeu. Il est tout aussi évident que les tractations ne sont pas restées au niveau local mais ont eu lieu aux hauts échelons, entre PS et UMP, avec contre partie dont nous ne savons rien.

Aussi, ayant eu vent d’une éventuelle abstention des élus communistes au Conseil municipal (ce qui me choquait déjà), je me suis renseigné sur la fête auprès d’élus de Paris et de membres de la fédération de Paris et j’ai appris, à ma grande stupeur, qu’un vote pour avaliser cet arrangement se préparait, ceci avec l’appui de la Direction fédérale de Paris.

Les arguments avancés pour justifier ce vote (à ma connaissance et à ce jour) :

Un premier argument avancé par le PS et par la Direction fédérale PCF de Paris consiste à dire que la justice ne serait pas pour autant bloquée par ce retrait de plainte (argument repris par 3 camarades différents et par une élue PG). Bien que n’étant pas juriste de profession, il me semble évident que si, en toute rigueur, le procureur de la République (nommé par la chancellerie, ne l’oublions pas !) a la possibilité de poursuivre le procès, dans les faits, il ne le fera pas et prétextera de cet arrangement pour classer ce dossier épineux… Je ne développe pas plus.

Un second argument s’appuie sur l’avantage pour la ville à récupérer rapidement cet argent, sans le caractère parfois aléatoire d’un procès. Or, d’une part, le fait que l’UMP accepte de payer prouve bien sa responsabilité dans cette affaire et qu’ils ont compris qu’ils avaient perdu d’avance. D’autre part, si ces 2,2 millions d’euros est une somme certes conséquente, elle est malgré tout relativement modeste par rapport au budget parisien. Il n’y a donc pas péril en la demeure si cet argent n’est pas récupéré de suite mais après quelques mois de procès.

Enfin, cette somme correspond-elle au préjudice de la ville ? N’est-elle pas sous-évaluée ? Nos élus sont-ils en capacité de le juger ? N’est-il pas tout simplement du ressort de la justice d’effectuer ce chiffrage ?

Les conséquences désastreuses que pourrait avoir cette position :

Elles sont de plusieurs ordres.

Premièrement, si de tels arrangements à l’amiable peuvent exister pour certaines affaires où il n’y a pas préméditation dans la faute, cela pose problème dans ce type de détournement d’argent, à portée nationale et hautement symbolique ! S’il ne s’agit évidemment pas de s’associer à ceux qui voudraient régler des comptes avec l’ancien Président ou de faire une chasse à l’homme répugnante, il faut tout de même que justice se fasse. Imagine-t-on le sentiment de révolte ou plutôt d’écœurement des citoyens face à cet arrangement et cette justice qui s’appliquerait différemment selon qu’on soit puissant ou misérable ? Nous combattons pourtant depuis toujours la justice de classe !

Deuxièmement, alors qu’un taux d’abstention de 50 % aux élections devient malheureusement monnaie courante, révélant notamment un rejet populaire des pratiques et combines politiciennes, un vote avalisant l’arrangement PS-UMP serait non seulement en contradiction avec notre idéal de justice mais surtout, catastrophique quant à l’image du parti ! Or, dans les discussions que j’ai eues, d’aucuns m’ont fait remarquer une certaine gêne du parti à dénoncer ces pratiques d’emplois fictifs, sous-entendant ainsi que cette frilosité serait peut-être liée au fait que nous ne soyons pas irréprochables dans ce domaine. Quoi qu’il en soit, vrai ou faux, cela n’empêche pas de revenir à tout moment et de manière urgente si nécessaire, sur des bases saines. D’ailleurs, de nombreuses élections partielles montrent qu’il n’y a pas rejet des idées communistes et que l’avenir du parti n’est pas bouché, pour peu qu’une réelle confiance s’instaure entre les citoyens et les candidats du parti. J’en viendrais presque à dire que la droiture en politique devient un des critères de choix des électeurs (et pour certains, c’est même le critère principal) !

Enfin, de tels arrangements financiers PS-UMP, s’ils étaient votés, ne manqueraient pas de préparer dangereusement le terrain à une remontée de l’extrême droite qui n’hésiterait pas une seconde à ressortir son couplet nauséabond du style : « tous pourris » ! Comment ne pas comprendre cette évidence ?

Les raisons réelles de l’alignement sur les positions du PS :

Essayant d’imaginer pourquoi certains camarades font fausse route à ce point, la seule réponse que j’ai pu trouver réside dans le fait qu’ils s’enferment dans des alliances politiciennes douteuses confondant rassemblement du peuple (et plus particulièrement celui de gauche), avec alliance politicienne de partis de gauche ! L’exemple du front de gauche est en cela très révélateur. Ainsi, pour 2012, la Direction du parti s’inscrit-elle dans une nouvelle démarche d’union pour battre Sarkozy. Or, ce n’est pas seulement de Président dont il faut changer mais de politique, et de manière radicale ! Et ces alliances électoralistes dont nous avons pourtant l’expérience, si elle suscitent enthousiasme et espoir au début, n’aboutissent souvent qu’à peu ou pas de changement, au découragement et au final, au renoncement. Arrivé à ce stade, ces alliances sont alors le ferment de l’abstention ou pire, du vote d’extrême droite… Sous prétexte de solidarité de gestion, elles nous paralysent (par autocensure et pour ne pas froisser nos alliés) quant aux critiques pourtant nécessaires des autres partis de « gauche » (sans bien sûr nous tromper d’adversaire). Ainsi, pour les citoyens, les différences s’estompent entre nous et la gauche molle et politicienne, générant de nouvelles illusions sur le PS (et d’autres) et sa volonté réelle de combattre le capitalisme… Tout ceci, pour quelques places au gouvernement et dans l’espoir d’influencer un peu la politique nationale…

Aussi, c’est dans ce cadre qu’il faut replacer la volonté d’avaliser l’arrangement amiable PS-UMP. Combattre le capitalisme avec efficacité et dans la durée nécessite pourtant que nous soyons nous-mêmes (y compris dans les exécutifs), fiers de nos idées généreuses, sans effacement dans des structures politiciennes, critiques lorsqu’il faut l’être et sans exclusive, et avec une droiture qui redonne confiance aux citoyens ! C’est ainsi, en abandonnant les démarches politiciennes, que nous redeviendrons une référence et un repère pour des citoyens de plus en plus désorientés.

Que faire ? Quel choix de vote ?

Compte tenu de l’enjeu et de la portée du vote au Conseil municipal de Paris, il me semble que la décision devrait faire l’objet d’un débat au sein de la Direction nationale. C’est pourquoi j’ai déjà alerté, il y a 2 semaines, plusieurs élus en ce sens. Je sais aussi que Pierre Laurent a été tenu informé par courrier.

L’abstention ne peut suffire car cela signifierait qu’on ferme les yeux, sans prendre position sur un sujet pourtant fondamental.

Seul, un vote « contre » permettra aux citoyens de gauche choqués par ces affaires, de se sentir réellement représentés.

En conclusion, je tiens à rappeler que l’image du parti s’est construite sur 90 ans de probité reconnue, que dans les années 1990, seuls les députés communistes ont voté contre les lois d’amnistie liées au financement occulte des partis politiques, et que le PCF bannit depuis toujours l’enrichissement personnel de ses élus ! Aussi, je compte donc sur vous tous pour agir rapidement* et efficacement afin d’éviter un vote qui serait déshonorant pour le parti et une faute politique majeure envers le peuple.

Bien fraternellement.

Gérard TOLLET : Section de Méru (Oise).

A propos de Parti Communiste Français-St-Quentin 02

" Face au capital, aujourd'hui, plus que jamais, le peuple a besoin du PCF"

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