ELECTIONS: Un moyen pas un objectif

Gerin/Burqa : « l’identité communiste » ne sera pas préservée par un sauveur aux présidentielles

sarkoburkajetevoisbdc89.jpgPréoccupé par l’affaire Woerth et la mobilisation pour les retraites, le gouvernement a mis la sourdine sur son opération politicienne autour de la Burqa, malgré la discussion et le vote à l’Assemblée nationale le 12 juillet 2010. Ce n’est probablement que partie remise.

Depuis la montée artificielle de l’affaire, il y a un an, la volonté de diversion malsaine n’a cessé de se confirmer.

La médiatisation a attisé le problème (la burqa est condamnée par toutes les tendances politiques). Elle a accentué la radicalisation sectaire d’une petite minorité. Elle a offert une tribune supplémentaire à l’islamisme politique et excité les fantasmes racistes ambiants de tous les côtés.

Suivant son agenda, le gouvernement a pu enchaîner avec le débat écœurant sur l’identité nationale. Le ministère de l’intérieur a trouvé avec la double provocation de la conductrice en burqa de Nantes l’occasion d’exciter tous les extrêmes.

L’opération est loin d’être finie tant le projet de loi offre des possibilités infinies de litiges à médiatiser.

Dans cette affaire, la pire droite est bien contente d’avoir trouvé un porte-parole de gauche en la personne d’André Gerin, président de la mission parlementaire « burqa ». Les députés UMP, nationalistes, Myard et Raoult (ce dernier avait déjà préfacé le livre de Gerin « Les Ghettos de la République » en 2007), précurseurs de l’initiative n’auraient jamais, seuls, permis un tel développement.

A l’Assemblée, pendant la discussion le 7 juillet, les députés de droite n’ont pas été avares d’applaudissements et d’encouragements pour André Gerin, totalement isolé parmi les députés communistes. On peut être seul contre tous et avoir raison. On peut aussi être seul contre tous et avoir sombrement tort.

Gerin s’est encore enfoncé. C’est grave. Il a agité tous ces fantasmes qui nourrissent le racisme : « le talibanisme qui endoctrinent nos gamins », « le venin du racisme anti-France, anti-blanc et anti-chrétiens », dénonçant la « gangrène qui porte les germes de la guerre civile » (lien vers le compte-rendu du débat sur le site de l’Assemblée).

Assez, assez de propos irresponsables dans la bouche d’un élu communiste !

Il va jusqu’à faire le lien entre la burqa et les attentats du 11 septembre 2001 et l’amalgame entre les « émeutes de 2005 » et « l’intégrisme ». La casse des services publics, de l’éducation nationale, le chômage, la politique de classe qui relègue ces quartiers ne le font pas réfléchir.

Gerin ose faire le parallèle entre cette loi qui « aura un retentissement international » et la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

C’est ce même Gerin qui a fait du prédicateur islamiste Tareq Ramadan un conseiller de la République en l’invitant dans sa « mission » parlementaire. C’est ce même Gerin qui, dans l’hebdomadaire « Familles chrétiennes » se prononcent pour une constitution européenne reconnaissant l’identité judéo-chrétienne de l’Europe. On est très loin de la conception de la laïcité républicaine…

Toutes ces lignes n’auraient rien à faire sur ce site si André Gerin n’était pas régulièrement présenté par la direction du PCF et la presse comme un défenseur de « l’identité communiste ». Quelle que soit l’ambiguïté de cette expression, à nouveau, nous voulons éviter les confusions.

Gerin donne des gages aux milieux chrétiens conservateurs, aux dignitaires islamiques. En mars, il a choisi aussi de cautionner le CRIF en participant à son repas à Lyon dont l’invité d’honneur était Besson.

Dans ses articles et livres, Gerin se pose en défenseur de l’alliance avec le « capitalisme des métiers et des savoir-faire » des patrons de PME à ceux l’UIMM.

Il copine avec l’UMP Raoult.  

Le 22 mars 2009, il lance avec les trotskystes du POI (très forts pour ramasser des signatures de maires pour la candidature aux présidentielles) un appel commun devant un meeting national.

Dans le même temps, on le pose complaisamment en leader de « l’identité communiste » dans le PCF et au-delà et il développe cette veine « identitaire » à certaines occasions.

ça va bien!

En 2002, Gerin a commencé à agiter l’idée de sa candidature aux présidentielles dans des réunions de communistes. En 2007, il était candidat à la candidature. Pour 2012, il « confie » au Progrès de Lyon (10 juin 2010) : « Et si d’aventure », le PCF n’avait pas son candidat, « alors je me poserai la question de me présenter moi-même à la présidentielle ». 

Voilà un personnage bien pratique pour discréditer le point de vue et l’action des communistes qui entendent faire vivre et renforcer leur parti, le PCF, sur ses bases historiques et plus actuelles que jamais.

Dans notre système politique, un candidat aux présidentielles se doit de cultiver une identité tout en montrant que sa personne peut rassembler dans tous les sens.   

Marx parlait du « crétinisme parlementaire ». Il semble y avoir aussi parmi nous un « crétinisme présidentialiste ».

Pour les communistes, la question des présidentielles, du piège institutionnel qu’elles représentent, de la candidature communiste se pose dans des termes absolument inverses: en partant des luttes, du contenu politique à mettre en avant.

D’autres analyses sur la question des présidentielles sont à votre disposition.  

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