Archive | 25 juillet 2010

1956 jours de détention pour Salah Hamouri. Liberté pour le jeune Franco-Palestinien emprisonné en Israël.

arton14353e89be2.jpgJ’espère que vous lirez cette lettre…Lettre ouverte à l’Elysée

« Au pays de la révolution française qui a mis fin au féodalisme et à la servitude en propageant à travers le monde les mots de « Liberté – Egalité – Fraternité » ; à Paris, capitale d’un pays qui a résisté hautement pour se libérer de la barbarie d’une armée occupante féroce et brutale ; depuis vos bureaux à l’Elysée ou ceux du Quai d’Orsay – j’espère que vous lirez ma lettre.

Dans l’un de ces bureaux, ma mère a été finalement reçue afin de discuter des moyens pour obtenir ma libération.

Nous savons tous que la démocratie fonde le respect de la diversité des êtres humains. Elle définit les bases légales qui accordent à chacun des droits et des devoirs. Elle prône l’égalité des droits humains et refuse absolument d’établir des différences négatives et ségrégatives selon la couleur de la peau, l’origine, la religion, etc.

Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger (comme elles le font pour tous nos compatriotes français injustement en difficulté dans le monde) alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.

Il semblerait que ce gouvernement, le gouvernement israélien, vous ait convaincu que le seul moyen pour moi de retrouver la liberté n’était pas que, lui, fasse, ce qu’il devrait faire pour cela mais qu’en plus de l’injustice que je subis que, moi, je fasse un acte d’humiliation supplémentaire : que je présente des « regrets » devant un tribunal militaire d’occupation.

Je voudrais vous poser une seule question : aurait-il été acceptable pour vous que les résistants français, pendant la seconde guerre mondiale, « regrettent » leurs actes devant des tribunaux d’occupation ou de collaboration ?

Si on ne peut comparer terme à terme les deux situations, il n’en reste pas moins que la Palestine vit aussi sous occupation étrangère depuis maintenant 62 ans. Une occupation brutale qui multiplie les meurtres, qui construit des murs, qui assiège et colonise, qui expulse le plus possible de Palestiniens de leur terre ou de leurs maisons, surtout à Jérusalem-Est où je vis avec ma famille.

Devant cette occupation que vit mon peuple, je ne peux rester ni indifférent ni me taire. Je suis né et j’ai grandi dans un pays occupé et, parce que je ne peux pas me taire, je suis depuis plus de 5 ans en prison. Comment pourrais-je accepter cette occupation que vous-même avez condamnée ? C’est mon droit que de la refuser.

Dans ces conditions il n’est pas pensable une seule minute, qu’en plus de tout cela que je subis, j’en vienne à « regretter » ou à « m’excuser » de quoi que ce soit devant un tribunal militaire d’occupation.

Je soutiens la résistance légitime de mon peuple qui bénéficie de la solidarité des gens libres à travers le monde. »

Bien à vous,

Salah Hamouri – Prison de Guilboa – Section 4

Le 14 juillet 2010

Fête de l’Humanité 2010 -vidéo

8O ANS , c’est la fête ! http://www.dailymotion.com/video/xe3r27

Vous pouvez m’appeler Tony   http://www.dailymotion.com/video/xaqwl8

 

« Contre les politiques libérales de l’Union Européenne, la lutte du KKE et du peuple grec » -Interview exclusive d’Aleka Papariga, secrétaire-générale du Parti Communiste de Grèce (KKE)

par Francesco MaringioTraduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

Nous traduisons ici l’interview réalisé par nos camarades de l’Ernesto – revue marxiste italienne et courant défendant l’idée de la reconstruction du Parti communiste italien au sein du Parti la Refondation Communiste – de la secrétaire-générale du Parti Communiste Grec (KKE), Aleka Papariga.

Francesco Maringio: La Grèce est au centre de l’attention de tous les autres pays européens à cause de la crise qu’elle traverse. Le gouvernement Papandreou a promis de sortir le pays de la crise et, à cette fin, a lancé un plan économique très dur. Comment le juges-tu? Et quel est l’objectif de la lutte?

Aleka Papariga: Ces orientations mises en place par le gouvernement mettent véritablement en danger la vie de notre peuple, donc l’objectif est de gagner du temps, pour pouvoir bloquer la mise en œuvre de ces mesures et, surtout, créer les conditions pour que nous puissions mettre en échec définitivement ces politiques. Nous luttons pour changer le rapport de force et faire en sorte que les conditions soient remplies pour ouvrir la voie à un modèle de développement différent.

Crois-tu que le peuple grec est prêt à faire sien cet objectif?

Les mesures qui sont prises sont absolument injustes pour les travailleurs. Il n’y a pas d’autre voie: le peuple doit réussir à imposer un modèle de développement différent, alternatif à celui en place, pour changer complètement de cap, avec un projet dans lequel ce sont les intérêts du peuple et non ceux de la bourgeoisie qui prévaudraient. Si cela ne devait pas se passer comme cela, alors on aura une situation où la sortie de crise – qui ne sera bien sûr pas durable – pour la Grèce, se fera au détriment des intérêts populaires, qui seront par conséquent affectés et remis en cause, pour une longue période. A ce moment-là, il sera difficile de trouver une solution à cette situation.

Et que devrait faire le mouvement de lutte en Grèce, quel est le rôle des communistes en son sein?

Il ne peut y avoir aucune convergence d’intérêts entre capital et travail. Il est maintenant temps que tout le monde prenne ses responsabilités. De notre côté, nous croyons que ce qui a commencé le 17 décembre dernier, avec les grèves et les mobilisations, doit s’intensifier et s’étendre. Qu’est-ce qu’ils croyaient, que le peuple allait accepter cette attaque contre leurs droits sans opposer de résistance? Nous ne les laisserons pas faire. Plus le mouvement populaire et ouvrier sera en mesure d’acquérir la conscience du fait que la propagande sur les sacrifices pour éviter la banqueroute est erronée et instrumentale dans la politique de suppression des droits, plus il sera fort, et meilleur ce sera pour tout le monde. Si une partie des citoyens, il y a quelques temps, avait prêté plus attention aux critiques faites par le KKE à la nature du Traité de Maastricht et à l’entrée de la Grèce dans l’Union européenne, présentée comme une nécessité, alors nous serions aujourd’hui dans une bien meilleure situation. Si on avait tenu compte des analyses que nous avions rendu avant les élections, quand nous disions qu’il y aurait une dure offensive contre les conditions de vie et de travail de la population et affirmions que ces mesures seraient prises indistinctement par le PASOK ou par la Nouvelle Démocratie, comme cela s’est passé par la suite, aujourd’hui tous les travailleurs seraient assurément dans une position de force pour pouvoir faire face à la situation.

Quelle est la réponse à l’appel à la lutte et à la mobilisation que le KKE et le PAME ont lancé aux travailleurs grecs? Vos propositions rencontrent-elles un écho?

Les luttes animées par le PAME, qui a joué un rôle important d’avant-garde, tout comme les manifestations de masse qui se sont déroulées dans tout le pays, ont démontré que le peuple est prêt pour la lutte. On a raconté, par les moyens d’une propagande arrogante, que le peuple était d’accord avec les mesures voulues par le gouvernement. En agissant ainsi, ils ne font rien d’autre qu’alimenter la lutte et aboutir à son intensification. Au jour d’aujourd’hui, on enregistre un certain aiguisement de la conscience de classe du peuple. Ce sont des signes qui nous renseignent sur l’existence d’une grande indignation et d’une certaine désorientation, mais les gens du peuple sont de plus en plus prêts à prendre part aux luttes. Il reste à voir si cette évolution emmènera à une radicalisation de la conscience politique et poussera une part encore plus importante des couches populaires à converger sur les propositions d’alternative avancées par le KKE sur des questions telles que les alliances et la prise du pouvoir, ou alors si le système réussira à les maintenir sous son contrôle, empêchant l’ouverture d’une alternative politique.

Et tu penses que tout cela est possible?

Assurément. Tant le passé que le présent nous enseignent que le capitalisme, dans sa phase monopoliste, devient de plus en plus réactionnaire et parasitaire. Pendant une phase de crise, évidemment, le capital est beaucoup plus agressif, mais aussi dans la phase de développement, il continue à s’attaquer violemment aux intérêts populaires. Et généralement, nous constatons que tous les reculs en termes de droits et de libertés des travailleurs ne sont jamais partis d’en bas, en prenant en compte les revendications que portent la colère populaire. Elles sont toujours parties d’en haut, en utilisant comme instrument répressif les campagnes classiques basées sur l’anti-communisme. Et tout cela avec la complaisance et la tolérance des partis qui représentent les intérêts de la bourgeoisie.

Quelle genre de politiques ces partis mettent-ils en œuvre?

Les mesures anti-sociales mises en œuvre en ce moment sont littéralement barbares. Elles poussent les familles des travailleurs dans le désespoir. Le capitalisme vise à faire payer la crise aux travailleurs et à consolider de cette manière leurs profits. Cela, nous le voyons bien chez nous, où le capital grec cherche à conserver une forte présence dans la région. Le capitalisme aujourd’hui a besoin de prendre ces mesures. Les politiques des libéraux et des sociaux-démocrates, comme toutes les recettes qui ont été appliquées jusqu’ici, ont comme véritable objectif la satisfaction des besoins du capital. Du reste, les mesures imposées au peuple grec sont les mêmes qui sont adoptées dans tous les pays de l’Union européenne, sous différents prétextes. Ces mesures ont été décidées depuis longtemps et mettent en évidence l’impasse du développement capitaliste.

Mais d’où vient ce « trou » dans les budgets de l’État?

Le déficit public et les dettes ont été créés par le fait que l’argent public est allé directement dans les caisses des monopoles: de l’argent comme s’il en pleuvait pour les capitalistes, une véritable provocation. Voilà la raison pour laquelle aujourd’hui on déclenche une attaque sans précédents contre les droits des travailleurs et que l’on emprunte de l’argent, pour que l’on puisse continuer à soutenir les profits des mêmes avec l’argent de l’État. La véritable question à l’ordre du jour devient donc: cela devrait être la crise de qui, de la volonté populaire ou du système ploutocratique?

Donc, c’est la faute du système capitaliste?

Le capitalisme est un système injuste parce que, d’un côté, il accumule une pauvreté croissante et la misère et, de l’autre, des richesses fabuleuses. C’est un système qui génère le parasitisme et la corruption, et débouche toujours sur la crise. Pour cette raison, nous avons besoin de changements radicaux. Le capitalisme n’a jamais été une voie à sens unique, une étape obligatoire de l’histoire. Mais pour changer de cap, il faut un fort mouvement populaire, avec une orientation clairement de classe et une identité politique claire, qui se batte contre les monopoles et les campagnes anti-communistes: seul un mouvement aussi radical est en mesure de garantir des progrès pour la population.

Et de quoi a-t-on besoin, comme alternative?

On a besoin aujourd’hui d’une société socialiste, et elle représente la seule possibilité pour le peuple afin qu’il puisse jouir des fruits de son travail et afin que les acquis modernes de la science et de la culture soient utilisés dans les intérêts de tous et non en vue du profit. Et tout cela rend nécessaire, naturellement, la construction d’une société socialiste. Nous avons besoin de prendre « des leçons de dess(e)in », pour pouvoir ainsi tirer les traits de cette nouvelle société

A la télévision italienne, on a longtemps parlé des actions violentes qui ont eu lieu pendant les manifestations. Le KKE et le PAME condamnent-ils ces actions? Qui en sont les responsables? Et quelles sont vos propositions de lutte et de mobilisation?

Nous proposons continuellement des mobilisations, mais si les gens ne sont pas convaincus, les luttes ne peuvent avoir lieu. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un mouvement organisé, doté d’un projet, avec un fort sens de la responsabilité, qui ne se fasse pas embarquer dans des manifestations improvisées et des protestations stériles. Aujourd’hui le KKE constitue, de ce point de vue, une garantie pour le développement d’un mouvement mature, dont l’existence nous est nécessaire et que nous défendons.

Donc, vous prenez vos distances avec les actes de guerrilla urbaine qui ont mis à feu et à sang Athènes?

Bien sûr. Le KKE condamne fermement la mort tragique de trois personnes durant l’assaut contre la banque. Le gouvernement n’a toutefois pas le droit d’utiliser ces morts pour tenter de bloquer la résistance populaire et donner cours à une offensive anti-populaire qui, pour le moment, se reflète dans les mesures proposées contre le système de sécurité sociale, mais qui est vouée à émerger de nouveau tous les trois, six ou neuf mois. Et ce selon la volonté de la troïka (les principaux partis grecs), celle du gouvernement et de l’Union européenne.

Mais qui va tirer profit de ces échauffourées?

Sur la base de preuves et de faits concrets, nous avons souvent dénoncé le déploiement d’une véritable stratégie de la tension et de la provocation. Comme cela a été démontré, le LAOS, le parti nationaliste, ne s’est pas limité, son président en tête, à utiliser a posteriorila nouvelle des incidents mais, d’une certaine façon, il a attendu que cela se déroule pour pouvoir en attribuer la responsabilité au KKE. C’est une stratégie clairement destinée à impliquer le KKE et le PAME dans une provocation ad hoc.

Et pourquoi tout cela, selon toi?

Parce qu’ils sont préoccupés par l’activité déployée par le parti et par le mouvement de classe. Et puis ils savent tous que, au-delà des membres, amis et sympathisants du parti, participent à la lutte également des travailleurs qui ont une orientation politique différente.

Et comment faites-vous pour repousser les tentatives des agents provocateurs?

Je voudrais vous dire ce que nous avons fait et qui nous a permis de les maintenir à distance. Ce n’est pas une coïncidence. Nous nourrissons de forts soupçons à leur égard et donc nous essayons de les repousser. En effet, pendant le défilé, nous avons constitué un puissant service d’ordre, avec tous les camarades qui marchaient bras dessus bras dessous et nous avons réussi à former un cortège du PAME sans précédent et à éloigner la poignée de provocateurs qui continuaient à crier leurs slogans et cherchaient à atteindre leur objectif.

Que peut-tu me dire du gouvernement Papandreou? Vous êtes les seuls à la critiquer?

Syriza reproche au PASOK et au premier ministre de ne pas respecter le programme électoral. Nous ne ferons jamais ce genre de critiques parce qu’en réalité, ce que fait Papandreou, c’est justement de mettre en pratique son programme politique. A la différence de Syriza, qui pense qu’il existe des différences entre le PASOK et la ND, nous pensons au contraire que les politiques de fond de ces partis ne sont pas différentes, comme cela se voit sur leurs propositions pour la crise, et cela parce que les deux partis sont l’expression des intérêts du grand capital et ne peuvent mettre en œuvre des politiques différentes.

Et puis, nous n’accusons pas le premier ministre de prêter le flanc « aux pressions qui viennent du marché ». Au contraire, nous affirmons que le problème de Papandreou, exactement comme celui de son prédécesseur, n’est pas celui de prêter trop d’attention à leurs intérêts, mais celui d’œuvrer consciemment en leur faveur. Pour ces raisons, nous estimons que cette politique est dangereuse. Du reste, les mensonges du gouvernement et ceux des campagnes anti-communistes sont liés au fait que nous avons toujours souligné que de telles mesures auraient été prises dans tous les cas de figure, indépendamment du parti qui serait au pouvoir. La position et l’action du KKE les contraignent à ne pas pouvoir mener à bout leurs plans

Qu’attendez-vous?

Nous savons que le système cherchera à déclencher toutes ses forces contre le KKE. Mais nous n’avons pas peur. Le peuple grec doit se tenir à distance des appels de propagande sur la dette et le déficit, et penser que la vraie dette que les gouvernements du PASOK et la ND ont envers le peuple grec. Ceux-ci ont littéralement pillé les citoyens à travers les cadeaux faits aux capitalistes. En tout cas, le peuple doit demander le bilan de tout cela, il ne doit pas baisser la tête et travailler durement pour qu’on lui restitue tout l’argent qu’on lui a volé, l’argent qui est le fruit de leur dur travail.

Le système regarde avec attention la croissance du mouvement en Grèce et commence effectivement à avoir peur. Selon nous, la résistance du peuple grec contre les mesures du gouvernement est directement liée à l’engagement et au rôle joué dans le mouvement par le KKE. Grâce l’action, l’impact mais aussi l’acceptation de nombre de positions du KKE de la part d’une large frange du peuple grec – ce qui n’implique pas une adhésion totale à tous les points du programme politique du KKE – les dirigeants collaborateurs des syndicats GSEE et ADEDY ont également été contraints à mobiliser pour la grève.

Quel rôle a joué et continuer de jouer le KKE dans cette phase de lutte en Grèce?

Si le KKE avait eu une attitude différente, semblable à celle des autres partis et si une telle attitude s’était reflétée sur les organisations de masse, selon vous cette riposte populaire et cette résistance aurait-elle été la même? Pour ma part, je vous dis que les mesures seraient passées sans aucune réaction.

Le KKE a apporté une contribution décisive à l’organisation de la résistance et de la lutte populaire. Mais nous mesurons l’efficacité de notre lutte d’une manière différente que les autres, nous nous concentrons pas seulement sur les résultats qui sortent des urnes. Naturellement, par cela nous ne voulons pas dire que les élections ne nous intéressent pas. Mais il faut bien garder en tête qu’en Grèce la conscience du mouvement populaire est bien plus avancée que dans la plupart des pays européens et, bien que cela ne se répercute pas encore complètement dans l’action, cela sera le cas à l’avenir. Cela dépend dans une grande mesure de l’apport décisif, si ce n’est déterminant, de notre parti.

De quoi avons-nous besoin, aujourd’hui, en Europe?

Nous croyons que cet élément est un patrimoine important pour tous. Aujourd’hui, le mouvement communiste international doit affiner une stratégie commune contre l’impérialisme, mais doit dans le même temps avoir la force de lancer un autre modèle de développement et poser ainsi l’actualité et la place centrale du socialisme.

Le mouvement communiste doit se renforcer dans toute l’Europe. Dans certains pays, il y aura un torrent, dans d’autres un ruisseau. Le mouvement, évidemment, se développe surtout à l’échelle nationale mais, dans le même temps, il doit se renforcer à l’échelle internationale. Mais si il se consolide dans un pays faible, il peut avoir une force d’influence plus large et se renforcer dans toute l’Europe.

Toute cette radicalisation des peuples doit s’intensifier et évoluer vers un choix politique conscient capable d’indiquer une voie alternative au capitalisme, un autre cap et un autre modèle de développement, et donc en définitive un autre système politique. Dans le cas contraire, la rage et l’indignation populaire risquent d’être absorbés par le système et devenir compatibles avec lui.

Après la mort de Bigeard, « héros » des guerres coloniales… contrer l’honteuse falsification historique des médias français, par Malik Antar (Alger Républicain)

bataillealger.jpgAprès la mort de Bigeard, « héros » des guerres coloniales…

de Malik Antar, pour Alger Républicain

Les propagandistes de l’impérialisme français viennent de montrer involontairement combien sont mensongères et hypocrites les déclarations « humanistes » sur la nécessité de combattre les criminels de guerre. Ils ont étalé avec un rare cynisme leur vision des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité à l’occasion des hommages rendus à un de leurs militaires qui a si bien défendu leur ordre.


Si quelqu’un ou un groupe de personnes en arrivent à prendre les armes dans une région quelconque du monde pour résister aux tendances dominatrices des grandes puissances impérialistes, ou simplement se retournent contre les plans des puissances qui les ont engagés dans leurs opérations de déstabilisation et aussitôt les chiens de grade du système l’accuseront de « crimes contre l’humanité ». Ils mettront en branle leur grosse machine médiatique pour appeler à la convocation d’un tribunal pénal international. Leur armée de fausses ONG se hâteront de confectionner les rapports destinés à étayer les réquisitoires des procureurs nommés en dehors de toute législation internationale. Les exemples ne manquent pas : Sierra Leone, Libéria, Congo, etc., sans parler de la gigantesque opération d’éclatement de la Yougoslavie dont les dirigeants furent longtemps louangés lorsqu’elles en avaient besoin pour casser l’URSS. Bigeard finit par rendre l’âme et voilà ce même chœur qui organise un concert de louanges pour le « général le plus populaire » de France. La presse française – à l’exception du quotidien l’Humanité – et les médias télévisuels et radiophoniques tressent des lauriers sans fin en l’honneur de ce général qui ne gagna aucune bataille, sauf peut-être celle d’Alger. Et encore et à quel prix, peut-être ne la gagna-t-il pas puisque les activités du FLN ne cessèrent pas malgré la bestiale répression des paras et autres corps de l’armée française et des diverses polices et gendarmerie. Il n’est pas facile de faire une revue de la presse de France sans se répéter car presque tous les journaux encensent le défunt général. Le Figaro titre : La mort d’un centurion et, en sous titre : « Un officier modèle pour l’armée d’aujourd’hui ». Quant au Parisien libéré il n’a pas de mots assez élogieux pour vanter les prétendues qualités de ce soldat qui s’est toujours mis au service du colonialisme.


Le ministre de la Défense, Morin, va encore plus loin dans ses louanges en déclarant : « Bigeard était souple comme du cuir et dur comme l’acier » se référent sans honte une devise des Jeunesses Hitlériennes. Quant au président de la République, il est allé lui aussi de son éloge comme ses amis du régime.


Le défunt général, « grand stratège militaire », est couvert de gloire pour ses combats qui ne sont en fait que des défaites, notamment à Dien Bien Phu face aux héroïques combattants, authentiques ceux-là, du général Giap, et sa peu honorable et prétendue « Bataille d’Alger » qui vit des milliers de paras, les « garçons » de Bigeard, selon son langage, affronter en particulier à la Casbah, une dizaine de patriotes algériens. Cette « bataille » se termina par d’innombrables assassinats, notamment de Larbi Ben M’Hidi, d’Ali Boumendjel, de Maurice Audin. Et de tant d’autres sans parler de milliers de disparus et des innocents qui payèrent le prix fort sous les ordres de Massu en collaboration avec le sinistre Aussaresse et le colonel Jeanpierre chef de la villa Sesini et bien sûr le fameux centurion Bigeard.


Il y a vraiment de quoi être sidéré par une telle manipulation de l’opinion publique française !


Malik Antar, pour Alger Républicain

« Niches fiscales » : conçues pour abriter les plus riches. Ex : l’imposition des dividendes.

L’affaire Bettencourt aura eu quelques mérites dont celui de mettre en évidence les liens directs qui unissent le pouvoir et les puissances d’argent dans notre pays.

Mais, puisque c’est d’actualité, ne laissons pas l’affaire Woerth faire diversion. Mettre en échec la politique poursuivie par ce gouvernement dans l’intérêt du capital, c’est gagner le retrait du projet de loi contre les retraites et non la démission de Woerth.

On voit bien comment une certaine gauche tente de faire dévier ainsi l’objet de la convergence des luttes, parce qu’elle est en accord avec la droite sur l’allongement de la durée de cotisation qui sabote la retraite à 60 ans, sur les exonérations de cotisations sociales patronales qui sapent le financement du système solidaire (qu’elle a elle-même décidées en son temps).

Une position, juste, pour la suppression du bouclier fiscal (650 millions d’euros détournés vers les plus riches) ne peut pas se substituer à la lutte contre la loi Woerth (des dizaines de milliards d’euros pris sur les retraités et les actifs au bénéfice du capital).

Ceci étant précisé, le cas Bettencourt permet de mieux expliquer nombre de dispositions profondément injustes de la fiscalité qui permet aux super-riches de payer moins d’impôt que des salariés aux revenus modestes. De vraies « niches fiscales » pour abriter les riches que le gouvernement se garde bien de songer à « raboter ».

Ainsi la fiscalité des dividendes d’actions. Ces revenus de ceux qui gagnent leur vie sur le travail des autres, sont beaucoup moins taxés que les revenus de ceux qui travaillent eux-mêmes.

Les actionnaires bénéficient d’un abattement de 40% et d’un abattement forfaitaire de 1525 euros, 3050 pour un couple. Ils n’intègrent donc dans leur revenu imposable que 60% de leurs dividendes, ôtés de 1525 ou 3050 euros. Ils peuvent également déduire 5,8% de CSG. Petit cadeau supplémentaire, leur impôt est diminué de 115 euros pour un célibataire et de 230 pour un couple.

Le salarié n’a droit qu’à un abattement de 10% sur l’argent de son travail (pour frais professionnels). 5,1% de sa CSG est non-imposable.

Au total, cet avantage pour les actionnaires a coûté 2,8 milliards d’euros au budget de l’Etat en 2009.

Mais ce n’est pas tout ! Il ne s’agit là que des dispositions prévues dans l’intérêt des petits et moyens actionnaires. Pour les grosses fortunes, comme Mme Bettencourt qui a perçu plusieurs centaines de millions d’euros de dividendes de L’Oréal, le gouvernement a inventé un autre dispositif plus avantageux encore en 2007. Tiens, qui était ministre du budget ? Woerth !

Les actionnaires ont ainsi depuis 2008 la possibilité d’opter pour un « prélèvement forfaitaire libératoire » de 18%.

Cela signifie qu’ils ont la liberté de choisir, selon leur intérêt, d’être taxés sur leurs dividendes au taux correspondant à leur revenu ou bien au taux « forfaitaire » de 18%.

Cette mesure n’est intéressante, par rapport aux avantages des abattements précités, que pour les titulaires des plus gros revenus dont l’essentiel des revenus devraient être normalement taxés au taux le plus élevé de l’impôt sur le revenu, 40%.

18% au lieu de 40%, taux d’imposition sur la plus haute tranche de revenu : un sacré bonus !

Plus ils sont gros, plus ils profitent. Avec cette disposition, la collectivité aurait perdu au moins 300 millions d’euros en 2009.

Mme Woerth optimisait les placements de Mme Bettencourt en fonction des lois existantes. M. Woerth, ministre du budget s’est appliqué à optimiser les lois dans l’intérêt des millionnaires comme Mme Bettencourt. Belle complémentarité !

Au total, les actionnaires bénéficient de plus de 3 milliards d’euros de cadeaux fiscaux sur leurs dividendes. Pour quelle justification d’intérêt général ? Aucune !

PS : avant le système des abattements, fixé en 2005, existait un autre système, tout aussi scandaleux, celui de « l’avoir fiscal ». Jamais, le gouvernement de « gauche » n’a même essayé de le remettre en cause.

Contre la campagne renouvelée de propagande anti-cubaine

 

 Jeudi 22 juillet 2010, s’est déroulée à l’ambassade de Cuba, dans le 15ème arrondissement, une rencontre avec Ricardo Alarcon de Quesada, président de l’Assemblée nationale cubaine. Etaient notamment présents plusieurs élus français, des journalistes. Notre section du PCF était représentée.

Cette visite suit la campagne médiatique européenne sur la libération d’un certain nombre de supposés prisonniers « politiques » dont certains ont choisi l’exil vers l’Espagne.

A ce sujet, Richard Alarcon a expliqué en réponse à quelques questions que le système des remises de peine existait à Cuba comme en France. Ces libérations, normales, ne doivent pas être interprétées au-delà et ne remettent pas en cause les condamnations prononcées par la justice cubaine dans le cadre de la loi cubaine.

Il a fait remarquer que les media européens citaient des nombres de détenus (47 ou 52 ou…) mais rarement leurs noms pour éviter d’avoir à mentionner les raisons de leur incarcération, parce qu’elles leur vaudraient la même peine en France.

Plus que jamais, communistes, nous tenons à manifester en France notre solidarité avec Cuba et son peuple.

La campagne de propagande fait semblant d’ignorer combien le droit du peuple cubain de poursuivre son expérience révolutionnaire d’émancipation est constamment menacé par l’impérialisme américain, sous Obama de la même façon que sous Bush, qui tente de l’étrangler économiquement et politique notamment par un embargo commercial.

Pour les peuples d’Amérique Latine, des Caraïbes et au-delà, Cuba est un modèle de libération et de justice sociale. Voilà ce qui est insupportable aux gouvernants des Etats-Unis. Les Droits de l’Homme, une nouvelle fois, ont bon dos, en Amérique comme en Europe. On ne peut ignorer les tentatives hypocrites de l’UE, même d’une certaine « gauche » européenne, en complémentarité avec l’agression américaine de pousser Cuba vers une « mutation » social-démocrate, une transition en douceur vers la restauration capitaliste.

Ce contexte s’impose à nous qui connaissons Cuba, dans ses contradictions et ses difficultés, et voulons le soutenir, non pas de façon inconditionnelle mais parfaitement raisonnée. Jamais la pression de l’idéologie dominante, de ses serviteurs médiatiques ne nous le fera oublier.

Au début juin, à nouveau, un certain Guillermo Farinas, qui se présente comme « opposant », a décidé, suivant ses conseillers politiques, de s’engager dans une nouvelle grève de la faim. Les médecins cubains ont fait leur maximum pour qu’elle n’ait pas de fin tragique, quand les anti-Cubains incitaient leur marionnette à continuer de se tuer. Nous regrettons que la direction du PCF ait cru bon de relayer cette opération.

Richard Alarcon a évoqué le sort des « 5 de Miami », ces cinq patriotes cubains emprisonnés aux Etats-Unis à la suite de procès iniques. Les 5 ont été arrêtés, sans avoir porté le moindre préjudice aux Etats-Unis, pour leurs activités d’information dans les milieux mafieux anti-cubains de Floride. Ils croupissent en prison depuis déjà 12 ans.

La bataille internationale pour leur libération se poursuit. Les communistes français en sont partie prenante.

Nous avons la conviction que la bataille pour la liberté de Cuba participe de l’ensemble de notre combat contre la domination capitaliste, pour le socialisme.

Soutien total au syndicat CGT de General Motors Strasbourg contre le chantage et le cynisme des patrons

Le syndicat CGT de l’usine General Motors de Strasbourg a tenu bon. Dans la suite de la lutte menée dans l’entreprise, il a refusé de signer le soi-disant « accord » prévoyant le gel des salaires jusqu’en 2013, la suppression de l’intéressement et de 5 jours de RTT, soit une baisse de 10% de la masse salariale.

La multinationale américaine, qui a été massivement soutenue par l’Etat américain, a décidé de conserver ses filiales européennes, très profitables, dont Opel (Allemagne) et Vauxhall (Grande Bretagne).

En France, GM, restructurée, veut maximiser ses profits.

Elle se livre à un odieux chantage à l’emploi et au maintien de l’usine de boîtes de vitesses de Strasbourg (1105 salariés).

La direction a ainsi demandé dans un « référendum » aux salariés de valider eux-mêmes le plan de casse sous peine de voir l’usine fermer et la production délocalisée au Mexique. On imagine la détresse des ouvriers et de leurs familles dans un secteur en difficulté.

Avec la collaboration des syndicats CFDT, CFTC et FO, dans ces conditions ignobles, la direction se targue d’avoir obtenu l’aval des deux tiers des salariés, dans une consultation sans aucune valeur juridique.

Les patrons sont allés encore plus loin dans les pressions contre les salariés et leurs représentants. Dès le lendemain du vote, ils ont surenchéri en demandant l’annualisation du temps de travail et surtout en exigeant de tous les syndicats qu’ils se plient en Comité d’entreprise à leur diktat, pour, selon leur propre terme, s’assurer la paix sociale.

La CGT a dit non. Les militants et responsables CGT refusent le chantage.

Ils savent ce qu’il s’est passé ailleurs, par exemple à Continental Clairoix où l’usine a été liquidée, juste deux ans après un « vote » mis en scène par la direction pour faire accepter l’abandon des RTT.

Ils sont conscients de la nécessité de ne pas rentrer dans l’engrenage de la concurrence de tous contre tous, de ne pas nourrir les prétentions toujours infinies du patronat pour renforcer l’exploitation, de ne donner aucun crédit à ses promesses illusoires.

Cette attitude, normale, représente, dans ces conditions, un geste de courage et de haute responsabilité.

Nous saluons la CGT de Strasbourg. Nous lui apportons notre plein soutien.

La résistance de ce syndicat est d’une valeur considérable. Elle est d’une extrême importance au-delà de l’entreprise elle-même, pour le secteur d’activité, la région, le pays entier. Elle fait la preuve que l’on peut refuser de se coucher devant le patronat, refuser de choisir la mort lente, continuer à faire le seul choix valable, celui de la lutte.

Ce n’est pas un hasard si la direction de GM, soutenue par l’ensemble patronat français de la métallurgie, s’est ruée contre la CGT dans les media, qu’à Strasbourg, ils aient lancé leurs nervis contre elle à Strasbourg jusqu’à menacer physiquement ses responsables (23 juillet).

Les responsabilités des autorités politiques françaises sont considérables. Qui fait le choix de la défense des salariés, de leur droit, de ce secteur d’activité ?

Les élus socialistes de Strasbourg, MM. Ries et Bigot, Mme Trautmann ont préféré de se mettre à genoux devant la direction américaine de General Motors, à qui ils ont envoyé une lettre humiliante, se réclamant de son référendum illégal pour quémander un maintien de l’usine.

La droite au pouvoir va évidemment dans le même sens et espère développer cette forme de « dialogue social » dans les entreprises plutôt que dans les branches pour garantir la dictature patronale.

Il n’est que plus important de répandre l’information sur ce qui se passe à Strasbourg et d’organiser la solidarité avec la CGT de GM Strasbourg.

Il se vend des dizaines de milliers d’Opel en France. L’avenir de la filière automobile est, paraît-il, une priorité.

Pour nous communistes, elle l’est et le syndicat CGT de Strasbourg, tête haute, montre la voie.

« Congrès » extraordinaire du PCF, intervention d’Eric Jalade, fédération du Tarn

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 Il s’agit uniquement du résumé de l’intervention de notre camarade, très sommaire, tel que le supplément de l’Humanité l’a publié. Eric a fini son intervention par une référence à la lutte de nos camarades grecs du KKE, à la vitalité et à l’utilité des communistes quand ils sont dans une organisation tournée vers la lutte des classes. Il a été vivement applaudi.

 

 

« Nos statuts n’ont pas été respectés avec ce congrès. Ainsi le texte alternatif « Notre peuple a besoin du PCF » n’a pas été envoyé aux communistes, ni diffusé dans Info Hebdo, alors que des engagements avaient été pris en ce sens lors de la dernière réunion des secrétaires départementaux.

La réunion au sommet du Front de gauche engage un processus qui structure ce front comme une « formation » sans attendre le congrès du Parti.

J’y vois une étape supplémentaire vers l’effacement du PCF.

Au contraire, avec l’aggravation de la crise, pour faire face et rassembler face à la violente offensive antipopulaire, notre parti doit jouer pleinement son rôle, avec des propositions et des actions en rupture avec l’idéologie dominante, contre les directives de l’UE, pour des nationalisations, la défense du financement solidaire de la Sécurité sociale. Loin d’être de la nostalgie, le seul choix d’avenir pour notre peuple c’est de reprendre à nouveau un cap clair et lisible, avec un projet communiste offensif. »

Gerin/Burqa : « l’identité communiste » ne sera pas préservée par un sauveur aux présidentielles

sarkoburkajetevoisbdc89.jpgPréoccupé par l’affaire Woerth et la mobilisation pour les retraites, le gouvernement a mis la sourdine sur son opération politicienne autour de la Burqa, malgré la discussion et le vote à l’Assemblée nationale le 12 juillet 2010. Ce n’est probablement que partie remise.

Depuis la montée artificielle de l’affaire, il y a un an, la volonté de diversion malsaine n’a cessé de se confirmer.

La médiatisation a attisé le problème (la burqa est condamnée par toutes les tendances politiques). Elle a accentué la radicalisation sectaire d’une petite minorité. Elle a offert une tribune supplémentaire à l’islamisme politique et excité les fantasmes racistes ambiants de tous les côtés.

Suivant son agenda, le gouvernement a pu enchaîner avec le débat écœurant sur l’identité nationale. Le ministère de l’intérieur a trouvé avec la double provocation de la conductrice en burqa de Nantes l’occasion d’exciter tous les extrêmes.

L’opération est loin d’être finie tant le projet de loi offre des possibilités infinies de litiges à médiatiser.

Dans cette affaire, la pire droite est bien contente d’avoir trouvé un porte-parole de gauche en la personne d’André Gerin, président de la mission parlementaire « burqa ». Les députés UMP, nationalistes, Myard et Raoult (ce dernier avait déjà préfacé le livre de Gerin « Les Ghettos de la République » en 2007), précurseurs de l’initiative n’auraient jamais, seuls, permis un tel développement.

A l’Assemblée, pendant la discussion le 7 juillet, les députés de droite n’ont pas été avares d’applaudissements et d’encouragements pour André Gerin, totalement isolé parmi les députés communistes. On peut être seul contre tous et avoir raison. On peut aussi être seul contre tous et avoir sombrement tort.

Gerin s’est encore enfoncé. C’est grave. Il a agité tous ces fantasmes qui nourrissent le racisme : « le talibanisme qui endoctrinent nos gamins », « le venin du racisme anti-France, anti-blanc et anti-chrétiens », dénonçant la « gangrène qui porte les germes de la guerre civile » (lien vers le compte-rendu du débat sur le site de l’Assemblée).

Assez, assez de propos irresponsables dans la bouche d’un élu communiste !

Il va jusqu’à faire le lien entre la burqa et les attentats du 11 septembre 2001 et l’amalgame entre les « émeutes de 2005 » et « l’intégrisme ». La casse des services publics, de l’éducation nationale, le chômage, la politique de classe qui relègue ces quartiers ne le font pas réfléchir.

Gerin ose faire le parallèle entre cette loi qui « aura un retentissement international » et la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

C’est ce même Gerin qui a fait du prédicateur islamiste Tareq Ramadan un conseiller de la République en l’invitant dans sa « mission » parlementaire. C’est ce même Gerin qui, dans l’hebdomadaire « Familles chrétiennes » se prononcent pour une constitution européenne reconnaissant l’identité judéo-chrétienne de l’Europe. On est très loin de la conception de la laïcité républicaine…

Toutes ces lignes n’auraient rien à faire sur ce site si André Gerin n’était pas régulièrement présenté par la direction du PCF et la presse comme un défenseur de « l’identité communiste ». Quelle que soit l’ambiguïté de cette expression, à nouveau, nous voulons éviter les confusions.

Gerin donne des gages aux milieux chrétiens conservateurs, aux dignitaires islamiques. En mars, il a choisi aussi de cautionner le CRIF en participant à son repas à Lyon dont l’invité d’honneur était Besson.

Dans ses articles et livres, Gerin se pose en défenseur de l’alliance avec le « capitalisme des métiers et des savoir-faire » des patrons de PME à ceux l’UIMM.

Il copine avec l’UMP Raoult.  

Le 22 mars 2009, il lance avec les trotskystes du POI (très forts pour ramasser des signatures de maires pour la candidature aux présidentielles) un appel commun devant un meeting national.

Dans le même temps, on le pose complaisamment en leader de « l’identité communiste » dans le PCF et au-delà et il développe cette veine « identitaire » à certaines occasions.

ça va bien!

En 2002, Gerin a commencé à agiter l’idée de sa candidature aux présidentielles dans des réunions de communistes. En 2007, il était candidat à la candidature. Pour 2012, il « confie » au Progrès de Lyon (10 juin 2010) : « Et si d’aventure », le PCF n’avait pas son candidat, « alors je me poserai la question de me présenter moi-même à la présidentielle ». 

Voilà un personnage bien pratique pour discréditer le point de vue et l’action des communistes qui entendent faire vivre et renforcer leur parti, le PCF, sur ses bases historiques et plus actuelles que jamais.

Dans notre système politique, un candidat aux présidentielles se doit de cultiver une identité tout en montrant que sa personne peut rassembler dans tous les sens.   

Marx parlait du « crétinisme parlementaire ». Il semble y avoir aussi parmi nous un « crétinisme présidentialiste ».

Pour les communistes, la question des présidentielles, du piège institutionnel qu’elles représentent, de la candidature communiste se pose dans des termes absolument inverses: en partant des luttes, du contenu politique à mettre en avant.

D’autres analyses sur la question des présidentielles sont à votre disposition.  

Retraites : Pierre Laurent s’aligne sur les 40 annuités de cotisation. Corriger ce qui est, espérons-le, un lapsus. 37,5 annuités pour tous !

 Invité de l’émission télévisée « Les quatre vérités », sur France 2 le 20 juillet, Pierre Laurent a eu, entre autres propos, cette formule malheureuse, reprise dans l’Huma du lendemain : « se former vingt ans, travailler quarante ans puis passer quinze ou vingt ans de sa vie dans une autre condition sociale que celle de salarié paraît possible et normal ».

 « Quarante ans » ? Les positions du PCF pour l’annulation de la loi Balladur-Veil de 1993 et donc notamment le retour aux 37,5 annuités sont-elles tombées lettre morte ? Pierre Laurent a-t-il entériné ce recul fondamental ?

 Il est au contraire, à la veille d’une bataille cruciale, d’une grande importance d’être clair et offensif sur cette question.

 Un rassemblement majoritaire pour mettre en échec le gouvernement et gagner le retrait du projet de loi Woerth est possible. Le succès de la journée d’action du 24 juin le montre.

 La défense de la retraite à 60 ans est au centre de la mobilisation pour défendre le système solidaire par répartition.

 Mais elle ne sera rassembleuse et efficace que si les salariés sont convaincus qu’il est possible, pour chacun dans des conditions de carrière normales, de partir à 60 ans avec une retraite acceptable.

 La propagande massive des media au service de l’idéologie dominante s’efforce de montrer le contraire avec les prétextes démographiques et financiers que l’on connaît.

 Droite et PS s’entendent sur l’allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein jusqu’à 42 ans, qui rend illusoire pour une grande majorité des salariés un départ à 60 ans.

Mais 40 ans, résultat des défaites dans les batailles de 1993, 2003 et 2007 contre Balladur, Fillon et Bertrand, c’est déjà trop.

L’âge réel moyen d’entrée sur le marché du travail se situe entre 22 et 23 ans avec des écarts importants. 37,5 années de cotisations pour une retraite à taux plein correspondent à un départ moyen à l’âge de 60 ans. Socialement, c’est une durée de travail, de contribution directe à la production de richesses, dans une vie, qui est déjà fort longue et qui permet de laisser leur place aux plus jeunes (plutôt que le chômage).

 Notre système solidaire intergénérationnel de retraite par répartition est basé sur les cotisations sociales dont on ne répétera jamais assez qu’elles constituent la part socialisée du salaire et qu’elles financent de façon vertueuse la Sécurité sociale, sans accumulation financière et profit des parasites financiers (augmenter les salaires, c’est la meilleure taxation des profits !).

Sans les 33 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales patronales, plus ou moins artificiellement « compensées », il n’y aurait, même en ces temps de crise, pas de déficit de la Sécu.

Le retour aux 37,5 annuités pour tous a été estimé en 2003 par le fameux Conseil d’orientation des retraites à 0,3% du PIB à l’horizon 2040, c’est-à-dire seulement un quinzième des besoins de financement… Depuis, le pouvoir et ses alliés prennent bien garde de ne plus demander plus au COR d’évaluer cette hypothèse.

 Communistes, nous défendons l’acquis historique de la retraite à 60 ans. Nous défendons le système de retraite par répartition, avec son financement solidaire, dont nos luttes à la Libération et l’un des nôtres, Ambroise Croizat sont à l’origine en France.

 Ce système a fait ses preuves. Il est pleinement opérationnel. Il est reconnu par les travailleurs comme légitime et juste. Il faut faire cesser les sabotages dont les gouvernements successifs et leur donneur d’ordre patronal l’ont plombé. 

 La bataille pour défendre la retraite à 60 ans passe donc prioritairement par la bataille contre l’allongement de la durée de cotisation et le retour aux 37,5 années de cotisation.

 Les propositions d’autres sources de financement, plus ou moins illusoires, ne doivent pas faire dévier de la défense du système.

 On ne rassemblera pas la majorité des travailleurs sur le plus petit dénominateur commun de la « gauche » avec un PS qui ne cherche qu’une posture pour 2012, mais surtout pas la victoire contre la politique de Sarkozy ici et maintenant.

 Le nouveau secrétaire national du PCF doit défendre à la télévision les positions des communistes pour la suppression des dispositions de la loi Balladur de 1993 :

 Retraite à 60 ans pour tous, 37,5 années de cotisation maximum !

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