Archive | 19 avril 2010

CN du PCF du 16 avril 2010: la direction veut tenir un congrès « d’étape » anti-statutaire ? C’est inacceptable !

arton100.jpg L’équipe dirigeante du PCF a confirmé lors de la dernière réunion du Conseil national, le 16 avril 2010, sa volonté de tenir, coûte que coûte, un congrès extraordinaire en juin prochain. Elle entend rester sourde à toutes les critiques.

 Frédéric Bernabé, secrétaire de la fédération de la Haute-Saône, a pourtant présenté la déclaration de 5 secrétaires fédéraux (Ardennes, Pas-de-Calais, Haute-Saône, Tarn, Var), rejoints par ceux de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges et par des dizaines de sections demandant que le prochain congrès se tienne en décembre 2010.

La tribune s’est contentée de répondre que l’affaire aurait été réglée, sans appel, par le vote du CN du 28 mars (87 voix pour la résolution sur 232 membres du CN…). Plusieurs intervenants, dont Jacky Hénin (Pas-de-Calais) et Alain Bolla (Var) ont mis en évidence comment un congrès ainsi précipité rendait impossible la participation réelle des adhérents et même des sections. Sans plus d’émotion du côté de la tribune…

 Dominique Negri (Isère) a confronté l’organisation proposée du congrès extraordinaire aux statuts du Parti. Pierre Laurent venait d’affirmer que les statuts « font loi ». On convoque un congrès pour remplacer « statutairement » Marie-George Buffet.

Pourtant tout ce congrès est organisé en violation des statuts du Parti !

 L’article 11.1 des statuts est rédigé comme suit. Visiblement gêné, Alain Obadia, président de séance, a tenté à plusieurs reprises d’interrompre la camarade Negri qui le rappelait.

11.1. Adoption de la base commune de discussion

Le conseil national décide de l’ordre du jour et lance un appel à contributions. Tout-e adhérent-e, individuellement ou collectivement, toute assemblée générale de section et tout conseil départemental peut proposer une ou des contributions, portant sur tout ou partie de l’ordre du jour. Toutes sont mises à la disposition des communistes. A partir de cet ensemble d’éléments, le conseil national élabore un projet de base commune de discussion portant sur l’ordre du jour du congrès. Sur une question particulière en débat, le texte comporte, s’il y a lieu, des choix alternatifs possibles qui feront l’objet d’un vote de congrès. Tous les efforts auront été faits pour aboutir à un texte permettant de rassembler la grande majorité des adhérent-e-s sur des choix élaborés en commun. Un délai de cinq semaines au moins est ensuite donné pour faire connaître ce projet à tous les adhérent-e-s. A l’issue de cette période, deux cents adhérent(e)s issu(e)s d’au moins dix fédérations peuvent proposer une base de discussion alternative qui doit traiter de l’ordre du jour du congrès et respecter la cohérence de celui-ci. Sa dimension ne saurait excéder celle du projet adopté par le conseil national.

Tout texte est accompagné d’un résumé de ses orientations essentielles. Les résumés sont de taille identique. Une commission élue par le conseil national organise la transparence des débats. Elle valide les textes proposés. Le ou les projets de base commune sont portés à la connaissance des adhérent-e-s et soumis à leur vote. Le texte qui a obtenu le plus de suffrages devient la base commune de discussion de tous les communistes.

Où est « l’appel à contributions » ? Il n’y en a pas eu.

Quand est prévu le « délai de cinq semaines » et le temps nécessaire à l’ensemble du processus statutaire ? Il n’est pas prévu !

Qu’est-ce qui fait office de « base commune » ? Doit-on considéré comme telle l’ensemble des trois textes péniblement adoptés par le Conseil national, par 60 voix pour, et même seulement 51 pour le dernier ?

Même pas ! Ces textes (« l’introduction au congrès d’étape », « pistes de travail sur l’évaluation de nos choix de congrès et la poursuite de leur mise en œuvre » et « pistes de travail pour un parti communiste transformé ») ne sont pas soumis à amendements par les communistes, les assemblées de section et les congrès départementaux ni à vote.

 Opportunément, Dominique Negri a également rappelé au CN le texte de l’article 11.2 des statuts du PCF :

11.2. Le vote des orientations :

Tous, toutes les adhérent-e-s dans les congrès locaux, puis leurs délégué-e-s dans les congrès départementaux, débattent de la base commune, qu’elles et ils amendent librement en tout ou en partie. Le texte amendé est finalement soumis au vote. Puis, il est transmis, accompagné des amendements non retenus, jusqu’au congrès national, qui en débat à son tour, l’amende et le vote.

Plusieurs membres du CN ont admis le caractère non statutaire du congrès extraordinaire. Pierre Laurent le justifie par « l’urgence ».

Urgence de quoi faire ? De répondre aux attaques de Jean-Luc Mélenchon ? Pour Pierre Laurent, si on ne convoque pas un congrès, il faudrait que ce soit le Conseil national qui réfléchisse et prenne des décisions. Et alors ? N’a-t-il pas été élu précisément pour cela ?

Des questionnements fondamentaux traversent le Parti. La nécessité de remettre à plat la stratégie du « Front de gauche » monte avec celle de se dégager de la social-démocratie d’ici 2012. Tout cela mérite des débats d’ensemble, peut-être un congrès anticipé.

Mais ce congrès précipité en moins de 2 mois, non seulement ne permettra pas aux communistes d’avoir ces discussions, mais répondra à leur place et en leur nom!

Qu’on en juge ! L’équipe dirigeante met à l’ordre du jour « l’évaluation du choix du Front de gauche et la suite de sa mise en œuvre ». La stratégie se veut irréversible et le congrès d’étape a pour objet de la valider comme telle. 

Rappelons-le : le 34ème congrès du PCF n’a jamais décidé de constituer le « Front de gauche », encore moins sous sa forme électorale et avec ces partenaires actuels. Cela s’est fait après. Le 34ème congrès n’a pas non plus décidé du « principe d’un congrès d’étape », contrairement à ce qui est aujourd’hui annoncé. Pas un mot ne figure à ce sujet dans la résolution finale (il n’en a été question que dans un rapport d’introduction).

En fait, à partir de ces textes édulcorés, en rendant impossibles les conditions du débat et de l’expression souveraine des communistes, la direction va tirer elle-même des « résolutions » bien plus précises pour continuer sa marche forcée vers l’effacement du PCF dans le « Front de gauche » et sa « transformation-métamorphose ».

Le coup est grossier. Il vient rajouter au trouble des communistes dans une période de déstabilisation, alors qu’ils cherchent à concentrer leur action pour mettre en échec le pouvoir, sur les retraites notamment.

Le comble de l’ironie se retrouve dans le texte proposé pour « un parti communiste transformé ». Ceux qui s’assoient sur les statuts du PCF, osent proposer de les modifier pour pouvoir aller plus loin, sans les communistes, contre les communistes.

C’est purement inacceptable.

L’importance de la grève des cheminots dans la montée des luttes d’ensemble

images.jpgAvec 40% de grévistes parmi les conducteurs et les contrôleurs, les cheminots font la démonstration de leur capacité de mobilisation contre la politique de privatisation rampante de leur service public. Nous reproduisons ci-dessous le tract de la CGT en direction des usagers. Il explique les vrais enjeux de cette bataille, masqués par la propagande officielle. La mobilisation est particulièrement élevée à Paris-Montparnasse, ce que Dominique Launay, secrétaire du secteur Paris – Rive Gauche (Austerlitz – Montparnasse) explique dans une interview au Parisien que nous reproduisons aussi. 

Cette démonstration de force constitue un point d’appui important, dans l’une des plus grandes et plus structurantes entreprises de service public, pour les luttes à venir, notamment contre la nouvelle étape du démantèlement du système de retraite par répartition.

Le 20 avril, le premier mai sont les prochaines dates. Elles seront décisives dans la construction de la convergence des luttes auquelle les cheminots participent au premier plan.  

USAGERS, SALARIES, CITOYENS, CE QUE NE VOUS DIRONT PAS LES MEDIAS !

Dans quelques jours, si dans le cadre du dialogue social, les orientations du Gouvernement et de la Direction SNCF ne s’inversent pas quant à l’avenir du Service public ferroviaire, les cheminots pourront envisager de s’engager dans un mouvement social de grève à caractère national.

En effet, il y a urgence à faire entendre d’autres choix de développement pour la SNCF afin d’améliorer la qualité et l’efficacité du Service Public, de répondre aux défis environnementaux, aux enjeux d’aménagement du territoire, aux besoins de la Nation en matière de transport et de stopper les suppressions massives d’emploi qui impactent vos conditions de transport et les conditions de vie et de travail des cheminots.

Vous êtes usagers de la SNCF, salariés, citoyens, vous êtes donc concernés à plusieurs titres par les décisions politiques qui impactent le service public ferroviaire.

Parce que la SNCF appartient à la Nation, les mobilisations sociales des cheminots, à l’appel de la CGT, relèvent de l’intérêt général.

Explications …

Concerné par l’avenir de la SNCF, car usager !

Alors que toutes expériences d’ouverture à la concurrence des services publics tels l’eau, l’énergie, les télécommunications,… ont eu des effets néfastes pour les consommateurs, et pour toute la société en général, répondant aux injonctions de Bruxelles et du Gouvernement français, la direction SNCF entraîne l’entreprise publique sur les voies de la privatisation.

En supprimant près de 22 000 emplois en 7 ans, en réalisant 80% de productivité en 20 ans et en se structurant à l’instar des grands groupes privés, la SNCF se transforme, avec comme seul objectif : la rentabilité financière.

Les usagers deviennent des clients, les tarifs augmentent, la qualité du service se dégrade, les trains deviennent des produits commerciaux, les gares « non rentables » ne sont plus desservies, … c’est le monde « moderne » de la libéralisation.

Dans ce cadre, l’égalité de traitement, l’accès pour tous, le maillage territorial, la sécurité des circulations et la réponse aux besoins sont une entrave aux objectifs purement comptables des dirigeants de la SNCF.

La CGT n’entend pas se résoudre à la dissolution du Service Public dans les lois du marché. Nous sommes là, bel et bien face à un choix de société !

Concerné par l’avenir de la SNCF car salarié !

Au nom de la concurrence, de la compétitivité, de la rentabilité, des dogmes de la technostructure, tout est prétexte pour abaisser les conditions sociales des cheminots.

Contrairement aux idées préconçues, le salaire minimum à la SNCF est à peine 20 € au dessus du SMIC.

Cette situation dégrade les conditions de vie et de travail des cheminots mais c’est aussi une mauvaise nouvelle pour les salariés en général.

Le statut social des cheminots est justifié par les contraintes et les sujétions d’un service public fonctionnant 24h/24, 7j/7 et 365 jours/an en tout point du territoire.

Il est, de plus, un gage d’indépendance dans l’application des règles de sécurité, d’égalité de traitement,…

Souvent stigmatisé par les adversaires du service public, il offre pourtant un point d’appui non négligeable pour l’ensemble du salariat.

Ainsi, en abaissant les garanties sociales des cheminots, ce sont bien les conditions de vie et de travail de tous les salariés qui sont tirées vers le bas !

Les vrais privilégiés ne sont-ils pas du côté de ceux qui touchent 100 à 200 années de SMIC par mois et des retraites « chapeau » de 13 millions d’Euros (PDG de Veolia) ?

Les revendications sociales des cheminots sont légitimes et la CGT n’entend pas se résoudre à l’austérité et à la régression sociale.

Concerné par l’avenir de la SNCF car citoyen !

Dans un contexte où les questions environnementales sont au coeur des préoccupations et alors que des engagements ont été pris dans le cadre du “Grenelle de l’Environnement”, la Direction SNCF et le Gouvernement font le choix catastrophique de sacrifier la part du ferroviaire dans les transports de marchandises. Pire, ils se servent de la SNCF comme banque pour financer le développement des filiales routières FRET du groupe GEODIS.

Ainsi, le plan Fret SNCF se fixe comme objectif de réduire les trafics ferroviaires, d’abandonner la desserte de plusieurs territoires et de se séparer de moyens humains et matériels (locomotives, wagons, installations…).

C’est la logique du business qui prend, là aussi, le pas sur l’intérêt général et le développement durable.

Ce choix politique met à nouveau des millions de camions sur les routes et provoquera d’ici à 2020 une émission supplémentaire de 3 millions de tonnes/équivalent Co2. C’est inacceptable !

La CGT fait de ce dossier un objectif revendicatif prioritaire car au-delà du service public ferroviaire, c’est bien l’avenir de la planète qui est menacé !

Au travers de ces quelques éléments, la Fédération CGT des cheminots souhaitait vous sensibiliser sur les enjeux importants qui nous sont posés, à chacun, au travers des politiques mises en oeuvre à la SNCF.

Parce que les cheminots, seuls, sans l’appui de l’opinion publique et sans l’intervention citoyenne, ne pourront inverser durablement les orientations actuelles, il faut exiger un véritable débat public sur l’avenir du service-public SNCF.

Cheminots, usagers, salariés, citoyens, Ensemble pour un Service Public SNCF qui réponde à sa mission : l’Intérêt Général. Montreuil, le 26 mars 2010  

Interview de Dominique Launay, secrétaire CGT du secteur Paris – Rive – gauche (Montparnasse – Austerlitz), par le journal Le Parisien (Bénédicte Alaniou) – édition du 7 avril 2010


« Cela fait près de trente ans que j’entends parler de la rénovation de la gare d’Austerlitz et je ne suis pas sûr de la voir achevée avant ma retraite », dit Dominique Launay dans un sourire, en contournant une palissade de chantier. Mais le sourire s’efface dès qu’on interroge ce contrôleur de 49 ans sur les raisons de ce nouveau conflit, qui risque d’exaspérer davantage les usagers. « Nous sommes conscients des désagréments d’une grève. Mais pour le public, le plus gênant, ce sont les dysfonctionnements quotidiens : des trains supprimés à cause d’une rupture d’électricité, d’autres pour cause d’avarie, des rames plus petites que prévues… Tout cela découle des réorganisations mises en place par la direction et que nous dénonçons depuis des mois. »
Principal motif de discorde, l’emploi. Sur une carte de France, la CGT-Cheminots a récapitulé, région par région, les 7 600 suppressions de postes prévues d’ici à 2012. « Sur les sites de Montparnasse et Austerlitz, on compte déjà 100 agents en moins par rapport à fin 2009. Les conditions de travail se dégradent.
Les agents préposés au matériel sont contraints de travailler de plus en plus de nuit. Auparavant, c’était marginal… »
La réorganisation du fret oppose également CGT et direction. Les
salaires sont également une source de grogne. Avec vingt et un ans de maison au compteur, Dominique Launay, contrôleur, comme Didier Le Reste, touche 2 100 € net par mois. « En 2010, on nous propose 0,9 % d’augmentation. Ce n’est pas acceptable. » Ce conflit peut-il durer ? « Tout dépend de la direction. Il y a une véritable rupture du dialogue social à la SNCF », dénonce Dominique Launay. A la question de savoir si Guillaume Pepy porte la responsabilité de cette situation, le cheminot ne répond pas directement. Mais il stigmatise une « direction qui, depuis plusieurs années, veut faire aboutir ses projets de restructuration, quelles qu’en soient les conséquences ».
« Beaucoup de collègues sont en grande souffrance et ont le sentiment d’être méprisés, avertit le responsable CGT. On ne veut pas devenir le France Télécom de demain. »

Le Parisien

Un point central de la convergence des luttes : mettre en échec le gouvernement sur les retraites

Eric Woerth était délégué au gouvernement à la casse des politiques publiques et sociales comme ministre du budget et artisan de la RGPP. Sarkozy vient de l’affecter, comme ministre du travail à la place de Darcos, à sa deuxième grande priorité de la fin du quinquennat, avant la campagne électorale de 2012 : la nouvelle étape du démantèlement du système solidaire de retraite par répartition.

Les contours de la nouvelle contre-réforme des retraites sont prévisibles.

La « concertation » annoncée sera une mascarade destinée à tenter d’associer les organisations syndicales et à lui donner un semblant de légitimité.

On prépare l’opinion à un recul de l’âge du droit au départ (61, 62 ans…), à un nouvel allongement de la durée de cotisation (43,5 annuités envisagées maintenant d’ici 2050). D’autres mesures, plus discrètes, pourraient avoir aussi de lourdes conséquences : de nouvelles remises en cause des retraites de réversion, de la prise en compte des années d’apprentissage ou de chômage, du droit au départ à taux plein à 65 ans…

Le procédé politique est toujours le même, utilisé pour la contre-réforme Veil-Balladur de 1993, la loi Fillon1 de 2003 ou l’attaque contre les régimes spéciaux en 2007. Les gouvernements fabriquent des déficits en bloquant le moteur du financement des retraites, la cotisation sociale, en multipliant les exonérations pour le patronat, en encourageant les bas salaires. Puis, au nom des déficits sociaux, il dégrade les prestations.

Cette année, le Medef espère aller plus loin dans la casse de l’ensemble du système. Le patronat ne renonce jamais à remettre la main entièrement sur ce qu’il a dû céder en 1945, grâce notamment au ministre communiste Ambroise Croizat : la solidarité entre salariés actifs et retraités, par la part socialisée du salaire, la cotisation sociale. Mme Parisot veut ainsi « plafonner les cotisations retraites » (Figaro du 17 février). M. Saint-Geours, patron des patrons de la métallurgie, estime que le « financement par les cotisations sociales de la solidarité en termes de retraite ne paraît pas cohérent » (Les Echos du 22 mars).

Leur objectif, commun au gouvernement et à l’UE (sommet de Barcelone en 2002), se précise. La retraite par répartition serait progressivement supplantée, d’un côté, par un minimum vital, de type minimum vieillesse, financé via l’impôt par les salariés eux-mêmes, de l’autre par l’épargne par capitalisation, inégalitaire et qui permet aux capitalistes de drainer vers la finance une part des salaires net. C’est « la fusée à trois étages ».

Les conditions du rapport de forces existent dans le pays pour mettre en échec ce plan de casse des retraites.

Les salariés ont à leur disposition tous les arguments pour contrer l’offensive idéologique du pouvoir.

- Il est absurde de prétendre faire travailler les plus de 60 ans lorsque de 3 à 7 millions de plus jeunes sont au chômage.

- Le prétexte démographique, mis à mal par la montée du taux de fécondité en France, ne tieint pas devant les gains de productivité du travail (une comparaison adéquate : 800.000 agriculteurs nourrissent mieux les Français en 2010 que 10 millions en 1945).

- Les 7,7 milliards d’euros de déficit fabriqué de la branche vieillesse en 2009, année de « crise », sont à comparer avec les 33 milliards d’euros d’allègements de cotisations sociales patronales.

- Avec la « crise » et la chute de la bourse, la capitalisation a du plomb dans l’aile. Les retraités et futurs retraités américains ont vu leur épargne retraite, placée dans des fonds de pension, fondre de 27% en 2008.

Les salariés sont aussi forts de l’expérience des luttes de 2003, de 2007, de 2009.

La démonstration est faite : aucune des promesses des contre-réformes précédentes n’a été tenue, mais le niveau moyen des retraites a baissé de 20% depuis 1993.

L’entreprise de division entre salariés du privé et du public, contre les régimes spéciaux en 2007, la fonction publique en 2003, en jouant des différences réelles (ex : évolution de carrière, prise en compte des primes), a servi à faire reculer la situation de tous. Elle ne doit plus prendre : tous les salariés ont intérêt à défendre ensemble les régimes de chacun.

Les retraites représentent un point de convergence objectif, évident, de toutes les luttes qui montent dans le pays. La question du rassemblement est prioritaire. On peut tirer les enseignements de l’expérience du déroulement de la lutte en 2003 contre la loi Fillon1, celle des grandes journées de mobilisation, espacées, sans revendications convergentes précises, du premier semestre 2009. 

La recherche de l’unité des organisations ne doit pas être un frein au rassemblement des salariés, des jeunes, des retraités, au plan syndical comme au plan politique.

Le 17 janvier, Martine Aubry a lâché qu’elle envisageait le report de l’âge de départ à 62 ans. François Hollande accepte l’idée d’un allongement de la durée de cotisation. Le PS, comme la social-démocratie des autres pays (Espagne), partagent les orientations de l’UE.

La perspective pour gagner la nouvelle bataille des retraites ne peut être d’attendre l’alternance en 2012 ou de s’abaisser au niveau des positions du PS.

Elle se situe dans la mobilisation de masse, avec un soutien très majoritaire, possible pour mettre en échec la nouvelle contre-réforme du gouvernement.

L’urgence, c’est d’inverser le processus de démantèlement, précisément c’est :

- de défendre le droit à la retraite au plus tard à 60 ans pour tous (55 ans pour les métiers pénibles),

- de refuser tout allongement de la durée de cotisation.

Mais il est aussi nécessaire d’aller plus loin. Le droit à la retraite à 60 ans, à taux plein (75% du salaire brut) est de moins en moins satisfait. L’âge moyen de départ recule chaque année: 61,7 ans avec 72% du salaire en 2009. De nombreuses femmes notamment sont pénalisées. Quant au pouvoir d’achat des retraités, il ne cesse de reculer. Aucune retraite ne devrait se situer en dessous du SMIC.

Pour améliorer le niveau de retraite, il faut revenir sur les contre-réformes passées.

- Les retraites doivent être à nouveau indexées sur l’évolution des salaires (et non sur l’inflation officielle).

- Le départ à 55 ans doit être accordé aux métiers pénibles.

- Pour des retraites décentes à 60 ans, on peut et on doit revenir, pour commencer, aux 37,5 annuités de cotisation et au calcul sur les 10 meilleures années. Ce mode de calcul des retraites assure la légitimité du système pour les salariés et son lien avec le travail. Il ne faut surtout pas l’abandonner.

Au centre du financement doit rester et être pleinement rétablie la cotisation sociale, lien solidaire entre travailleurs actifs et retraités. Taxer les revenus financiers, c’est très bien ! Mais on ne peut asseoir les retraites sur cette ressource aléatoire dépendant du capital. La finance ne crée pas de richesses, elle pompe celles créées par le travail.

Le besoin de financement actuel du système peut être satisfait rein que par la suppression des 33 milliards d’euros d’allègement de cotisations sociales patronales, dont la moitié de cotisations vieillesse. Elles ne servent qu’à nourrir les profits des grandes entreprises et les dividendes des actionnaires. Même la Cour des comptes a dû reconnaître leur absence d’effet sur l’emploi.

L’augmentation des salaires, les embauches, dans le privé comme dans la fonction publique, augmentent naturellement les ressources des différents régimes de retraite. 100 euros d’augmentation pour tous les salariés représenteraient 10 milliards d’euros de cotisations retraites supplémentaires.

Des formes de rémunération, notamment pour les patrons eux-mêmes (stock-options…) échappent scandaleusement aux prélèvements sociaux.

Enfin, on ne voit pas pourquoi, le cours de l’histoire du progrès social devrait s’interrompre. Quand le besoin s’en fera sentir, il faudra augmenter le taux des cotisations patronales, bloqué depuis 1979. Les gains de productivité, la richesse produite doivent aller aux travailleurs actifs et retraités.

Là est aussi le choix de société fondamental.

Conseil National 16/4/2010-Intervention d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris, dans la discussion sur la démission de 14 membres du CN (« refondateurs »)

emmanueldangtran.jpgLa décision de ceux que, par facilité, je vais appeler « les refondateurs », de certains d’entre eux en tout cas, de démissionner du CN voire de quitter le Parti est une décision très réfléchie. Respectons-là !

Elle est logique. Depuis des années, ils défendent l’idée que la forme « parti communiste » est dépassée, qu’elle a été invalidée par l’histoire.

Aussi, je ne pense pas que nous devions nous adresser à eux dans les termes proposés par Pierre Laurent. Il ne peut être question de leur promettre que les « transformations » du parti vont aller dans leur sens, que l’on va « « refonder » le projet, les pratiques, la conception du rassemblement et l’organisation ».

Je trouve juste que le CN s’adresse à eux, notamment pour déjouer l’idée d’une décomposition du Parti, propagée par les media à cette occasion, mais non qu’on leur donne raison sur tout ou partie du fond.

Les refondateurs doivent cesser d’être le poisson pilote des « transformations » du PCF, comme ils le sont depuis trop d’années. Il ne faudrait pas non plus exagérer leur importance. Ils ne se sont jamais comptés, notamment au dernier congrès en refusant de soumettre leur motion au vote des adhérents.

Comme d’autres camarades, je demande que le CN s’adresse dans le même mouvement aux dizaines de milliers de camarades, militants, dirigeants, qui ont quitté le parti, qui s’en sont trouvés écartés après notamment le Congrès de Martigues. Invitons-les à se réapproprier ce qui reste leur parti ! Par exemple, à l’occasion de l’action pour les retraites.

LIVRY SUR SEINE |
Le blog des idées non-reçue... |
Parcours d'une jeune consei... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | MoDem de l'Ariège
| Bernard Ramond - Pour que v...
| la republique c'est l'arrac...