Archive | 31 mars 2010

Ni sardines, ni à la consigne, les bébés doivent garder bonne mine !

 Prochaine initiative: mobilisation générale du 8 avril 2010
Le gouvernement prépare la publication d’un décret sur les modes d’accueil collectif qui :

  • autorisera un établissement de 60 places à accueillir certains jours jusqu’à 72 enfants,
  • abaissera de 50 à 40% la proportion des professionnels les plus qualifiés auprès des enfants,
  • inclura les directrices adjointes dans l’effectif auprès des enfants pour un quart de leur temps de travail,
  • officialisera les nouveaux « jardins d’éveil » pour des enfants de 2 à 3 ans avec un adulte auprès de 12 enfants voire plus, alors que ce taux est d’un adulte pour 8 enfants du même âge en crèche.

 

Plus d’enfants confiés à des équipes moins qualifiées, c’est moins de disponibilité et d’attention, plus d’insécurité matérielle et affective pour chaque enfant, plus de stress pour les professionnel-le-s !

 

Ces mesures du décret rejoignent d’autres régressions en cours pour la qualité d’accueil des
jeunes enfants et les conditions de travail des professionnels :

  • réduction de 60 à 30 heures du temps de formation initiale des assistantes maternelles agréées qui accueillent les enfants à leur domicile,
  • suppression de milliers de postes d’enseignants et fermeture de classes de tout petits en école maternelle,
  • transposition de la directive « services » (ex-Bolkenstein) qui inclut le secteur de l’accueil des jeunes enfants dans le champ concurrentiel et ouvre la porte à la suppression à terme des subventions publiques aux établissements.

 

Non à la grande braderie des modes d’accueil, non aux modes « discount » de garde « low-cost » !

 

Parents, professionnels, citoyens, préservons et développons des modes d’accueil et une
scolarisation des jeunes enfants de qualité. Nous exigeons :

  • le retrait du nouveau décret sur l’accueil collectif des jeunes enfants,
  • le maintien et l’amélioration des taux actuels de professionnels qualifiés et des ratios d’encadrement,
  • un plan ambitieux de formation de professionnels qualifiés pour créer 400 000 places d’accueil manquantes,
  • l’accès des professionnelles ayant un CAP petite enfance et des assistantes maternelles agréées qui le souhaitent aux formations d’auxiliaire de puériculture pour travailler en structure collective,
  • le rétablissement des postes d’enseignants supprimés pour que chaque famille qui le souhaite puisse scolariser son enfant entre 2 et 3 ans dans des conditions adaptées à cet âge d’entrée à l’école maternelle,
  • l’exclusion des modes d’accueil collectif et individuel du champ de la directive « services ».

 

Sur le site www.pasdebebesalaconsigne.com : listes des organismes du collectif, argumentaires et informations, et carte-pétition à signer en ligne

 

Pour améliorer et développer les modes d’ accueil et la scolarisation des jeunes enfants

Nous affirmons qu’une politique publique ambitieuse pour la petite enfance constitue un investissement pour l’avenir. Elle doit permettre à toutes les familles qui le souhaitent d’accéder pour leur enfant à un mode d’accueil de qualité ou à l’école maternelle sans barrière financière. Elle est la première condition pour assurer le droit au travail des femmes.

A l’inverse, les mesures et projets gouvernementaux concernant les modes d’’accueil et l’école maternelle convergent, en dépit des annonces ministérielles, vers une dégradation des dispositifs existants, au détriment des attentes des familles et des besoins fondamentaux des enfants.

Il s’agit notamment :

- du projet de diminuer la proportion des professionnels les plus qualifiés (éducateurs de jeunes enfants, puéricultrices et auxiliaires de puériculture) dans les établissements et services d’accueil des jeunes enfants (crèches, multi-accueils…) ;

- de l’extension des capacités maximales d’accueil des assistantes maternelles de trois à quatre enfants et de la création de regroupements d’assistantes maternelles pouvant accueillir jusqu’à 16 enfants sans aucune règle collective de fonctionnement ;

- de la création expérimentale de 8000 places de jardins d’éveil d’ici 2012 pour les enfants de deux à trois ans, prévoyant un taux d’encadrement d’un adulte pour 8 à 12 enfants au lieu d’un pour 8 enfants du même âge actuellement pratiqué dans les crèches ;

- de la perte de 68 000 places depuis 2000 pour cette tranche d’âge en école maternelle du fait des suppressions massives de postes d’enseignants, qui pourrait augurer d’une attaque plus globale contre l’école maternelle, malgré les propos du ministre de l’Education nationale..

Il en résulte :

- une atteinte inadmissible à la qualité d’accueil des enfants. En effet, selon de nombreuses études réalisées en France et à l’étranger, celle-ci serait liée à un ensemble de critères prenant en compte les niveaux de qualifications professionnelles, les taux d’encadrement, la taille restreinte des groupes d’enfants ainsi que des temps de réflexion sur les pratiques, qui favorisent une prise en compte de l’enfant et de sa famille dans une relation individualisée ;

- une croissance annoncée des capacités d’accueil, sans garantie d’une augmentation correspondante du personnel qualifié auprès des enfants ;

- une pénalisation financière supplémentaire pour les familles concernées, si le taux de scolarisation des 2-3 ans régresse.

- la pérennisation d’une situation où plus de la moitié des familles demeurent privées de tout véritable choix, ce qui conduit de nombreuses femmes à adopter une solution contrainte de retrait du marché du travail.

Cette dégradation des conditions d’accueil ou de scolarisation des jeunes enfants est inacceptable mais elle n’est pas inéluctable. L’exigence de qualité pour l’accueil des jeunes enfants est légitime et indispensable pour promouvoir leur développement et leur bien-être et répondre aux attentes de leurs familles, sur l’ensemble des territoires.

C’est pourquoi, nous nous mobilisons pour la reconnaissance de la spécificité des besoins d’enfants de moins de 3 ans lors de leur accueil en dehors du milieu familial et en collectivité, conformément aux connaissances scientifiques et pratiques acquises depuis 30 ans : à savoir la nécessité d’assurer au sein du groupe d’enfants un accompagnement  en mesure de soutenir le développement singulier de chaque enfant.

Nous demandons en conséquence :

- le respect d’un taux d’encadrement d’au moins un adulte pour 5 enfants qui ne marchent pas puis d’un pour 8 enfants qui marchent en établissement d’accueil (sachant que ces taux sont de un pour 3 à un pour 5 avant trois ans dans plusieurs pays européens). En maternelle, nous demandons la présence d’un enseignant et d’un ATSEM à temps plein pour 15 enfants ;

- le maintien et l’amélioration des taux actuels de professionnels qualifiés, par l’accroissement des places dans les écoles de formation (auxiliaires de puériculture, puéricultrices, éducatrices de jeunes enfants…) et par l’accroissement des postes d’enseignants et d’ATSEM, formés à l’éducation et à l’accompagnement de tout jeunes enfants ;

- l’arrêt des politiques publiques en défaveur des modes d’accueil collectifs et la promotion d’un plan de formation et de recrutement de professionnels qualifiés de la petite enfance ; 

- l’arrêt des suppressions de postes dans l’éducation nationale et le rétablissement des postes supprimés (40 000 en trois ans). L’école maternelle ne doit pas servir de variable d’ajustement et doit au contraire être dotée des moyens nécessaires pour que chaque famille qui le souhaite puisse scolariser son enfant entre deux et trois ans dans des conditions adaptées à cet âge d’entrée à l’école maternelle ;

- le renforcement et le développement des structures et des dispositifs, publics ou à but non lucratif, pour l’accès aux modes d’accueil et à l’école maternelle des jeunes enfants, en privilégiant la continuité de l’accueil (0-3 ans en établissement d’accueil, 2-6 ans en maternelle) ;

- l’abandon des regroupements d’assistantes maternelles qui constitue le sommet de la déréglementation avec l’absence de tout encadrement et le maintien des contrats de gré à gré avec les parents employeurs ;

- l’abaissement du reste à charge financier pour les familles, leur permettant réellement d’accéder au mode d’accueil de leur choix, pour aller progressivement vers la gratuité des modes d’accueil.

Associations et syndicats, représentant les familles, les professionnels de la petite enfance et de l’Education nationale, nous nous engageons conjointement et appelons tous les citoyens à nous rejoindre et se mobiliser pour atteindre ensemble ces objectifs.

 

Premiers signataires :
ACEPP (Association des Collectifs Enfants Parents Professionnels)
AFPEN (Association Française des Psychologues de l’Education Nationale),
ANAP (Association Nationale des Auxiliaires de Puériculture),
ANAPSYpe (Association Nationale des Psychologues pour la petite enfance),
ANPDE (Association Nationale des Puéricultrices diplômées d’Etat et des Etudiantes),
Association Pikler Loczy,
CADRESPE (Collectif d’Association de Directeurs et Responsables d’Etablissement et Services Petite Enfance),
CEEPAME (Comité d’Entente des Ecoles Préparant aux Métiers de l’Enfance),
CEMEA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active),
CERPE (Centre d’Etudes et de Recherches pour la Petite Enfance),
CFDT Interco des Services Publics Parisiens,
CFTC (Administration Parisienne),
CGT (Confédération Générale du Travail),
CGT Crèches et PMI 93,
CGT Educ’Action,
CGT Fédération des Services Publics,
CGT Petite Enfance Ville de Paris,
CNDF (Collectif National pour les Droits des Femmes),
La CSF (La Confédération Syndicales des Familles),
FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves),
Fédération CFDT Interco,
Fédération CNT santé social & CT,
Fédération Nationale Sud Santé-Sociaux,
Femmes solidaires,
FNEJE (Fédération Nationale des Educateurs de Jeunes Enfants),
FSU (Fédération Syndicale Unitaire),
IRAEC (Institut de Recherche Appliquée pour l’Enfant et le Couple),
MP4 (Mouvement pour une parole politique des professionnels du champ social),
Passerelles EJE,
Réseau Féministe « Ruptures »,
SE-UNSA (Syndicat des Enseignants du premier degré et du second degré d’UNSA Education),
SNMPMI (Syndicat National des Médecins de Protection Maternelle et Infantile),
SNP (Syndicat National des Psychologues),
SNPI-FSU (Syndicat National des Personnels d’inspection),
SNU CLIAS-FSU (Syndicat National Unitaire des Collectivités Locales),
SNUipp-FSU (Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs des écoles et PEGC de la FSU),
SUPAP-FSU(Syndicat Unitaire des Personnels des Administrations Parisiennes),
Syndicat UCP/UNECT Ville de Paris – personnels de la Petite enfance,
UFAL (Ufal des Familles Laïque),
UFNAFAAM (Union Fédérative Nationale des Associations de Familles d’Accueil et Assistantes Maternelles),
UNSA (Union Nationale des Syndicats Autonomes),
UNSA Education,
UNSA Petite Enfance Ville de Paris,
USD Santé et Action sociale CGT Paris.

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Mettre en échec le gouvernement sur les retraites-Là est aussi le choix de société fondamental

Eric Woerth était délégué au gouvernement à la casse des politiques publiques et sociales comme ministre du budget et artisan de la RGPP. Sarkozy vient de l’affecter, comme ministre du travail à la place de Darcos, à sa deuxième grande priorité de la fin du quinquennat, avant la campagne électorale de 2012 : la nouvelle étape du démantèlement du système solidaire de retraite par répartition.

Les contours de la nouvelle contre-réforme des retraites sont prévisibles.

La « concertation » annoncée sera une mascarade destinée à tenter d’associer les organisations syndicales et à lui donner un semblant de légitimité.

On prépare l’opinion à un recul de l’âge du droit au départ (61, 62 ans…), à un nouvel allongement de la durée de cotisation (43,5 annuités envisagées maintenant d’ici 2050). D’autres mesures, plus discrètes, pourraient avoir aussi de lourdes conséquences : de nouvelles remises en cause des retraites de réversion, de la prise en compte des années d’apprentissage ou de chômage, du droit au départ à taux plein à 65 ans…

Le procédé politique est toujours le même, utilisé pour la contre-réforme Veil-Balladur de 1993, la loi Fillon1 de 2003 ou l’attaque contre les régimes spéciaux en 2007. Les gouvernements fabriquent des déficits en bloquant le moteur du financement des retraites, la cotisation sociale, en multipliant les exonérations pour le patronat, en encourageant les bas salaires. Puis, au nom des déficits sociaux, il dégrade les prestations.

Cette année, le Medef espère aller plus loin dans la casse de l’ensemble du système. Le patronat ne renonce jamais à remettre la main entièrement sur ce qu’il a dû céder en 1945, grâce notamment au ministre communiste Ambroise Croizat : la solidarité entre salariés actifs et retraités, par la part socialisée du salaire, la cotisation sociale. Mme Parisot veut ainsi « plafonner les cotisations retraites » (Figaro du 17 février). M. Saint-Geours, patron des patrons de la métallurgie, estime que le « financement par les cotisations sociales de la solidarité en termes de retraite ne paraît pas cohérent » (Les Echos du 22 mars).

Leur objectif, commun au gouvernement et à l’UE (sommet de Barcelone en 2002), se précise. La retraite par répartition serait progressivement supplantée, d’un côté, par un minimum vital, de type minimum vieillesse, financé via l’impôt par les salariés eux-mêmes, de l’autre par l’épargne par capitalisation, inégalitaire et qui permet aux capitalistes de drainer vers la finance une part des salaires net. C’est « la fusée à trois étages ».

Les conditions du rapport de forces existent dans le pays pour mettre en échec ce plan de casse des retraites.

Les salariés ont à leur disposition tous les arguments pour contrer l’offensive idéologique du pouvoir.

- Il est absurde de prétendre faire travailler les plus de 60 ans lorsque de 3 à 7 millions de plus jeunes sont au chômage.

- Le prétexte démographique, mis à mal par la montée du taux de fécondité en France, ne tieint pas devant les gains de productivité du travail (une comparaison adéquate : 800.000 agriculteurs nourrissent mieux les Français en 2010 que 10 millions en 1945).

- Les 7,7 milliards d’euros de déficit fabriqué de la branche vieillesse en 2009, année de « crise », sont à comparer avec les 33 milliards d’euros d’allègements de cotisations sociales patronales.

- Avec la « crise » et la chute de la bourse, la capitalisation a du plomb dans l’aile. Les retraités et futurs retraités américains ont vu leur épargne retraite, placée dans des fonds de pension, fondre de 27% en 2008.

Les salariés sont aussi forts de l’expérience des luttes de 2003, de 2007, de 2009.

La démonstration est faite : aucune des promesses des contre-réformes précédentes n’a été tenue, mais le niveau moyen des retraites a baissé de 20% depuis 1993.

L’entreprise de division entre salariés du privé et du public, contre les régimes spéciaux en 2007, la fonction publique en 2003, en jouant des différences réelles (ex : évolution de carrière, prise en compte des primes), a servi à faire reculer la situation de tous. Elle ne doit plus prendre : tous les salariés ont intérêt à défendre ensemble les régimes de chacun.

Les retraites représentent un point de convergence objectif, évident, de toutes les luttes qui montent dans le pays. La question du rassemblement est prioritaire. On peut tirer les enseignements de l’expérience du déroulement de la lutte en 2003 contre la loi Fillon1, celle des grandes journées de mobilisation, espacées, sans revendications convergentes précises, du premier semestre 2009. 

La recherche de l’unité des organisations ne doit pas être un frein au rassemblement des salariés, des jeunes, des retraités, au plan syndical comme au plan politique.

Le 17 janvier, Martine Aubry a lâché qu’elle envisageait le report de l’âge de départ à 62 ans. François Hollande accepte l’idée d’un allongement de la durée de cotisation. Le PS, comme la social-démocratie des autres pays (Espagne), partagent les orientations de l’UE.

La perspective pour gagner la nouvelle bataille des retraites ne peut être d’attendre l’alternance en 2012 ou de s’abaisser au niveau des positions du PS.

Elle se situe dans la mobilisation de masse, avec un soutien très majoritaire, possible pour mettre en échec la nouvelle contre-réforme du gouvernement.

L’urgence, c’est d’inverser le processus de démantèlement, précisément c’est :

- de défendre le droit à la retraite au plus tard à 60 ans pour tous (55 ans pour les métiers pénibles),

- de refuser tout allongement de la durée de cotisation.

Mais il est aussi nécessaire d’aller plus loin. Le droit à la retraite à 60 ans, à taux plein (75% du salaire brut) est de moins en moins satisfait. L’âge moyen de départ recule chaque année: 61,7 ans avec 72% du salaire en 2009. De nombreuses femmes notamment sont pénalisées. Quant au pouvoir d’achat des retraités, il ne cesse de reculer. Aucune retraite ne devrait se situer en dessous du SMIC.

Pour améliorer le niveau de retraite, il faut revenir sur les contre-réformes passées.

- Les retraites doivent être à nouveau indexées sur l’évolution des salaires (et non sur l’inflation officielle).

- Le départ à 55 ans doit être accordé aux métiers pénibles.

- Pour des retraites décentes à 60 ans, on peut et on doit revenir, pour commencer, aux 37,5 annuités de cotisation et au calcul sur les 10 meilleures années. Ce mode de calcul des retraites assure la légitimité du système pour les salariés et son lien avec le travail. Il ne faut surtout pas l’abandonner.

Au centre du financement doit rester et être pleinement rétablie la cotisation sociale, lien solidaire entre travailleurs actifs et retraités. Taxer les revenus financiers, c’est très bien ! Mais on ne peut asseoir les retraites sur cette ressource aléatoire dépendant du capital. La finance ne crée pas de richesses, elle pompe celles créées par le travail.

Le besoin de financement actuel du système peut être satisfait rein que par la suppression des 33 milliards d’euros d’allègement de cotisations sociales patronales, dont la moitié de cotisations vieillesse. Elles ne servent qu’à nourrir les profits des grandes entreprises et les dividendes des actionnaires. Même la Cour des comptes a dû reconnaître leur absence d’effet sur l’emploi.

L’augmentation des salaires, les embauches, dans le privé comme dans la fonction publique, augmentent naturellement les ressources des différents régimes de retraite. 100 euros d’augmentation pour tous les salariés représenteraient 10 milliards d’euros de cotisations retraites supplémentaires.

Des formes de rémunération, notamment pour les patrons eux-mêmes (stock-options…) échappent scandaleusement aux prélèvements sociaux.

Enfin, on ne voit pas pourquoi, le cours de l’histoire du progrès social devrait s’interrompre. Quand le besoin s’en fera sentir, il faudra augmenter le taux des cotisations patronales, bloqué depuis 1979. Les gains de productivité, la richesse produite doivent aller aux travailleurs actifs et retraités.

Là est aussi le choix de société fondamental

Conseil National, 27 et 28 mars 2010.Intervention d’Eric Jalade, fédération du Tarn.

 

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Sur le bilan des élections. 

 

Nous avons tenu dans la semaine  un Conseil Départemental, avec un échange approfondi sur le bilan, à la fois de la campagne et sur les résultats.

Les communistes, au-delà de leurs appréciations sur la stratégie, se sont largement mobilisés dans la campagne, avec notre tête de liste départementale, qui est aujourd’hui élue communiste à la région.

 

Si nous maintenons une élue dans le Tarn, au total, en Midi-Pyrénées, ce sont 4 départements qui n’auront plus de conseiller régional communiste.

Entre les deux tours, nous avons subi notamment les conséquences d’un mauvais accord avec les autres formations du Front de gauche, notamment avec le PG – accord conclu par la direction nationale de notre parti – et qui minore notre influence, avec 4 élus (au lieu de 9), 2 élus pour le PG (qui avait 2 sortants ex-PS) et un élu pour la Gauche Unitaire.

Notre objectif était de peser davantage dans les majorités pour infléchir les orientations prises à la région : avec 4 élus communistes sur 69 élus de gauche (socialistes, radicaux et Europe Ecologie), nous pesons bien moins aujourd’hui qu’avant l’élection et c’est le PS qui se trouve renforcé. C’est le même phénomène ailleurs.

Le bilan au plan national est, au mieux, très mitigé.

Il n’est pas bon en nombre d’élus, puisque nous perdons environ la moitié de nos conseillers régionaux.

En termes chiffrés, les listes du Front de gauche (alliées au NPA dans 3 régions) obtiennent un peu moins de 7% ; si l’on compare avec les élections européennes, il faut ajouter alors dans ces trois régions le résultat cumulé du NPA et du Front de gauche -  en faisant cette comparaison, on parvient à un résultat de 7,24% pour les européennes. On est donc plutôt devant une stagnation que devant un progrès électoral.

Dire le contraire, c’est quand même, me semble-t-il, prendre vraiment des libertés avec la réalité.

Cela n’enlève rien aux bons résultats obtenus dans certaines régions, en particulier les 4 régions où nous dépassons les 10% des suffrages exprimés, où, vous aurez remarqué comme moi, c’étaient des communistes (élus connus et respectés) qui conduisaient ces listes.

 

La donnée principale de ce scrutin, c’est un vote sanction à l’encontre du pouvoir et de la politique de Nicolas Sarkozy.

De prime abord, les principaux bénéficiaires de ce vote sanction, ce sont le Parti Socialiste (phénomène encore amplifié en Midi-Pyrénées), Europe Ecologie et – plus inquiétant, le Front National.

Bien entendu, l’abstention participe fortement de ce vote sanction. La carte de l’abstention recoupe assez largement celle du Front National. Eric Dupin relevait à juste titre dans « les Echos » que « la grève des urnes et le soutien au parti d’extrême droite ont ainsi été plus marqués dans les régions industrielles » les plus touchées par la crise. Ainsi, dans notre département, dans le sud du département et dans plusieurs secteurs industriels particulièrement touchés par la hausse du chômage (+17% en un an, avec un niveau qui était déjà supérieur à la moyenne régionale et nationale). Plusieurs enquêtes indiquent que 62% des ouvriers et des employés se sont abstenus, contre 47% des cadres supérieurs. De même, le Front National réalise entre 19 et 22% chez les ouvriers.

Le décrochage des couches populaires et du monde du travail – qui se sont largement abstenus- dans un contexte de crise exacerbée, où les difficultés quotidiennes s’accroissent pour de plus en plus de Français (le médiateur de la République J.P. Delevoye rappelait que 15 millions de nos compatriotes terminaient le mois avec – de 100 €), cela doit être notre premier sujet de préoccupation.

 

Dans un contexte de luttes (dans de nombreux secteurs, notamment dans l’Education Nationale et chez les postiers, dans le Tarn ces dernières semaines), nous ne sommes pas parvenus à capitaliser de manière significative et à incarner le vote sanction contre la politique de la droite et du MEDEF.

Pour le coup, à l’aune de ce fait politique essentiel, il me semble difficile de souligner, comme le fait le rapport, que « le Front de gauche s’ancre et s’enracine », au lendemain de ce scrutin.

 

Toute notre action doit se tourner vers la conquête et la reconquête des milieux populaires, des salariés, en partant des préoccupations et des souffrances quotidiennes de notre peuple.

De ce point de vue les propositions du rapport (par exemple celle de mener une bataille idéologique d’ampleur sur la question des retraites) me semblent intéressantes.

De même, nous devons être à l’offensive contre la réforme des collectivités territoriales, c’est un enjeu décisif pour la démocratie, notamment pour la défense des communes ; nous pourrions aussi impulser des luttes sur la question du logement …

Mais pour porter ces propositions et ces batailles, il y a besoin d’un parti, d’un parti de classe et de masse.

 

Deux mots sur le congrès et sur les transformations du parti. 

 

Beaucoup de camarades, et c’est l’avis de la quasi unanimité du CD comme le mien, pensent que tenir un congrès en quelques semaines, au lendemain d’une campagne électorale, ce n’est pas sérieux.

Sur les transformations du Parti, j’ai entendu tout à l’heure Patrice Cohen-Séat nous dire qu’il fallait impérativement avancer dans le choix de la transformation du parti, en oubliant, fortuitement, j’imagine, d’évoquer que les communistes ont très majoritairement décidé de continuer et de faire vivre le PCF.

On voit donc bien aujourd’hui que certains souhaitent utiliser le Front de gauche pour parvenir à une métamorphose (même si le mot n’est plus en vogue) du PCF.

La gravité de la crise du capitalisme, l’urgence à trouver les voies d’une alternative à la politique du capital, démontrent le besoin pour notre peuple d’un parti communiste à l’offensive, tout le contraire d’un effacement du PCF.

 

L’urgence aujourd’hui, c’est vraiment de travailler à rassembler les communistes dans l’action – c’est une demande des communistes et cela devrait vraiment être le rôle de la direction du parti.

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