Archive | 15 septembre 2009

Réflexions sur les élections régionales :identité et unité des communistes !

 par Jean-Paul LEGRAND militant de la cellule de Creil du PCF

 Maire-Adjoint de Creil

Concernant les futures échéances régionales, les communistes seront consultés prochainement. Il nous faut favoriser l’expression du maximum d’adhérents. Que celle-ci soit formalisée au sein de compte rendus et portée à la connaissance de l’ensemble du parti. Cependant est-il prévu que les élus communistes sortants du conseil régional de Picardie présentent un bilan d’activité aux communistes et à la population ?

  Ce bilan sera-t-il débattu avec les gens ? Par exemple il serait important de connaître quelles ont été les interventions des conseillers régionaux communistes sortants en faveur de l’emploi et en soutien aux luttes des travailleurs notamment dans la dernière période qui a connu une avalanche de mauvais coups. Il y a en permamence la problématique posée à l’ensemble des élus communistes : comment gérer sans tomber dans la collaboration de classe, sans accompagner la politique du capital d’autant que le Parti a été beaucoup affaibli ces dernières années, cette problématique essentielle est posée à l’ensemble des élus régionaux car on ne peut pas dire que la majorité des régions conduites par le PS en collaboration avec des élus communistes soient devenues des pôles non seulement de résistance mais aussi de luttes pour la transformation sociale.

Par exemple, des élus communistes régionaux qui participent à l’éxécutif ont fait savoir qu’ils ont proposé qu’un contrôle des fonds publics versés aux entreprises soient entrepris mais se sont vus opposer un refus de la part du Président socialiste de la Région sous prétexte qu’il ne fallait pas inquiéter les patrons en raison de la crise. Cela n’est pas étonnant de la part des socialistes mais n’est-il pas de la responsabilité des élus communistes avec le parti d’alerter les gens, les salariés et de les mobiliser et de refuser l’orientation du Président Gewerc sur une question aussi cruciale.

 On ne peut pas être solidaire d’une telle orientation qui accompagne le capital. Et c’est le mérite de Maxime Gremetz de l’avoir dénoncée dès le début du mandat régional quelque soit par ailleurs les appréciations que les uns et les autres peuvent porter sur notre camarade. Les 6 mois à venir peuvent être l’objet d’une belle et grande campagne offensive des communistes qui redonne espoir aux gens. Dans notre région, n’ y a –t-il pas urgence à engager un vaste débat populaire avec l’ensemble de la force communiste sans aucune exclusive alors que toutes les forces politiques se positionnent, que la droite confortée par la division à gauche est à l’offensive, que le PS amorce une crise sans précédent accentuée par le rôle des Verts qui annoncent leur décision de présenter une liste en Picardie et surtout que la situation devient insupportable pour des millions de gens tout particulièrement en Picardie frappée très durement par les fermetures d’entreprises ?

 Ne devons nous pas agir pour que les communistes de la Région dans leur diversité se mobilisent en faveur d’une liste de combat, une liste communiste largement ouverte à des travailleurs et des élus engagés dans les luttes et qui porte les couleurs du progrès et du communisme c’est-à-dire de la démocratie poussée au plus loin, étendue à toutes les sphères de la société. Une liste qui se présente libérée d’une conception politicienne et trop vécue à gauche qui est celle d’alliances en dehors du mouvement populaire.

Une liste de colère et d’espoir constructive qui montre que le communisme c’est l’ alternative au capitalisme, se démarquant de la gestion social-démocrate des régions qui dans l’ensemble est une gestion d’accompagnement de la crise et non de lutte contre le capitalisme. Parce que n’en déplaise aux politiciens de tout poil, le communisme c’est ce grand mouvement que l’on doit préparer et qui se donne comme objectif la démocratie dans laquelle chaque individu s’implique, où chacun a le droit réel à l’information et à la formation, le droit de diriger les affaires de la cité, de l’entreprise, et du pays.

Le communisme c’est la mise en commun des intelligences dans la coopération pour résoudre les problèmes posés à la société. Le communisme c’est redonner du sens au travail qui ne doit pas être vu sous l’angle d’une marchandise mais sous celui de son utilité sociale ! Le communisme c’est la lutte permanente contre l’égoïsme, l’avidité et l’adoration du pouvoir, c’est le don de soi pour le bien de la société, pour l’intérêt général. Aujourd’hui affirmer l’identité communiste, en pleine crise du système capitaliste, c’est affirmer le refus sans concession aucune de ce qui réduit l’homme à une marchandise, à une variable d’ajustement, à un coût. Quand des salariés qui luttent obtiennent des primes de licenciements plus élevées que ce que les patrons avaient prévu, c’est la preuve que la lutte paie.

Mais en rester là ce serait admettre que seul les capitalistes doivent avoir le pouvoir et peuvent décider. Or la question centrale est celle de qui doit décider et qui doit posséder l’entreprise ? Le communisme pose la question de l’autogestion et de la propriété sociale, il est en cela une réponse de civilisation. Le communisme de notre temps c’est poser ces questions dès maintenant au coeur des luttes, ce n’est pas seulement élaborer des propositions économiques c’est surtout qu’elles soient construites et portées par les gens eux-mêmes afin qu’ils deviennent les acteurs de la transformation. Nous sommes au seuil de choix cruciaux : ou bien élever la civilisation vers plus d’humanité ou bien subir les nouvelles dominations d’un capitalisme à l’agonie qui risque de plonger le monde dans une techno –barbarie.

A refuser de regarder la réalité en face, les politiciens continuent leurs petits jeux de partage du pouvoir faisant comme si le monde était toujours le même, comme si la crise que nous vivons n’était que passagère. Mais ce sont des centaines d’entreprises en Picardie qui vont fermer ou sont menacées, avec des milliers de gens dont la vie va basculer vers un le monde de la précarité, du chômage, de souffrances pour eux et leurs familles. Ces gens en ont assez des pratiques politiciennes, ils ont besoin d’espoir et donc de compréhension théorique liée à une pratique de solidarité agissante. Pas d’un catalogue de propositions économiques même si il ne faut pas négliger d’avancer celles-ci mais encore devons nous le faire dans le concret des situations, au sein des luttes et non de façon indifférenciée sans tenir compte de la spécificité des situations.

 Car c’est dans la pratique des luttes que les propositions théoriques prennent du sens. Plus les communistes s’éloigneront des pratiques malsaines et des discours convenus de l’établishment politique, plus ils exerceront leur esprit critique, plus ils se formeront à comprendre l’évolution réelle du capitalisme et non ce qu’en dit la télévision ou la majorité des organisations politiques, plus ils seront utiles et en capacité d’agir avec tous ceux qui refusent le système qui les écrase. C’est de cette façon qu’ils sont et seront porteurs d’espoir. De cet espoir qui manque tant et qui est tant attendu par les gens !

Car les élections doivent servir la lutte pour l’émancipation, pas les intérêts des politiciens et d’un système qui n’a pour objectif que de maintenir le peuple dans une soumission au capital. Soyons donc audacieux, débattons, le PCF doit il se dissoudre dans des alliances électorales ou s’affirmer comme force révolutionnaire dans une crise dont les effets dévastateurs vont bousculer totalement la société et y compris les anciens schémas politiques, en particulier au sein d’une crise sans précédent de la gauche ? Quelles orientations économiques régionales et quelle politique économique doit-on entreprendre pour le développement de la Picardie ? Quelles institutions démocratiques doit-on inventer pour donner plus de pouvoir aux forces du travail et de la création ?

 Certains ont cru pouvoir parler de « Front de gauche » pour les régionales. Si il s’agit d’alliances électoralistes, je n’en suis pas. On connaît le risque d’une telle démarche, les places se faisant très chères pour être candidat sur des listes du parti socialiste vu la probabilité que ce parti perde beaucoup de sièges, certains politiciens de « gauche » vont essayer de se recycler sur des listes « Front de gauche » pour appliquer les mêmes recettes social-démocrates qu’ils ont toujours mises en oeuvre.

Il faut être lucide sur ce genre de manoeuvre et on connaît la ficelle, justement il ne faut pas manger de ce pain-là !

Le PS paie ses positions démagogiques et les gens sont de plus en plus lucides sur cette gauche mollasse qui fait en définitive le jeu du capital. Ce n’est pas le moment pour les communistes de venir au secours d’un PS qui va payer son social-libéralisme.

Ce serait une profonde erreur stratégique qui ne s’expliquerait que par des positions politiciennes de tentative de sauvetage de postes d’élus régionaux au détriment des principes, de nos principes communistes et je ne désespère pas des militants qui sont très nombreux à vouloir affirmer notre identité et qui savent que c’est là la voie à suivre pour l’avenir.

Car nous pouvons gagner cette région, devenir la première force à gauche, si nous présentons une liste communiste de large ouverture et de rassemblement sur des bases de lutte anti-capitaliste résolue et de propositions constructives.

Oui nous sommes ouverts mais pas pour des combinaisons politiciennes qui ne peuvent créer que des illusions. Oui nous sommes ouverts à tous ceux qui n’ont pas été corrompus par le système politique et qui veulent sincèrement la transformation de la société, c’est cela l’ouverture communiste, celle qui privilégie les forces de lutte dans leur plus totale diversité.

Car ce qui compte c’est d’abord et avant tout le mouvement populaire et ses capacités à intervenir. Cela doit être la préoccupation majeure des communistes quand il y a une élection. Le mot d’ordre du communisme c’est aussi : assez des manoeuvres électorales qui aboutissent à l’abstention et à l’écoeurement des citoyens, priorité à la démocratie du peuple, pour le peuple, par le peuple ! Pour cela c’est aux gens de décider des questions à débattre, pas aux machines électorales et aux médias qui utilisent des armes idéologiques afin que le peuple ne débatte pas des causes de la crise et de son alternative communiste.

 Cessons d’être sous l’emprise idéologique de la bourgeoisie, le capitalisme est en grande difficulté, la bataille des idées est fondamentale pour mobiliser les gens sur un projet véritablement révolutionnaire qui place l’autogestion au coeur de notre démarche, pas sur des montages de petite envergure et des manoeuvres électoralistes. Pour cela le parti communiste a une grande responsabilité pour que dès maintenant on crée les conditions de multiples rencontres dans les quartiers, dans les entreprises non pour débattre des élections régionales en elles-mêmes , mais de comment ces élections pourront être aussi un moment de la lutte pour combattre le capitalisme et construire une autre société. Ainsi, quelle différence entre le débat démocratique sur le projet de constitution européenne en 2005 et l’absence de démocratie dans la campagne des européennes de 2009 !

 En quoi la campagne des régionales pourra favoriser le développement d’un mouvement populaire transformateur ? A Creil nous envisageons d’aller à la rencontre des habitants et de débattre avec eux de nos propositions constructives autour de notre projet de port fluvial , de développement d’une plate forme de transports des marchandises, axé sur les atouts historiques que sont notamment notre rivière Oise et le rail dans cette agglomération. Un mouvement populaire majoritaire ne se construit pas sur du vide, il faut travailler à un contenu résolument anti-capitaliste c’est-à-dire à un contenu communiste sous peine d’entrainer les gens dans de graves impasses comme nous l’avons vécu ces dernières décennies. Oui il faut faire front mais commençons déjà par rassembler tous les communistes en Picardie sans exclusive aucune afin de surmonter les divisions actuelles.

Ainsi je ne partage pas l’idée qu’il faudrait accepter la division des élus communistes au niveau régional et je n’admets pas l’ostracisme exercé par certains à l’égard de notre député communiste, Maxime Gremetz sans lequel il ne me semble pas concevable de rassembler toute la force communiste afin que celle ci à son tour rassemble les Picards et permette que l’on gagne cette région, qu’on l’ancre efficacement et durablement à gauche avec une présidence communiste. Car cela est possible vu la configuration à gauche, le fait que les Verts présenteront leur liste, que le PS se retrouvera en grandes difficultés. Il faut y croire, le PCF peut convaincre et rassembler très largement les Picards, mais au diable les divisions, cessons les polémiques dans la famille communiste, rassemblons nous !

J’ai écouté attentivement les militants de l’Oise lors de l’assemblée de rentrée le 3 septembre à Montataire. Une forte volonté unitaire s’est exprimée notamment en direction de nos camarades « Communistes en Somme ». Je pense qu’ils y seront sensibles et j’espère que nous allons tous ensemble contribuer à l’unité. Cela est une bonne chose, c’est la voie de l’unité,de la mobilisation, la voie du succès. Pour cela il est important que les militants communistes se préoccupent de ces questions dès maintenant et il est primordial qu’ils le fassent en lien direct avec la population, qu’ils soient exigeants quant au bilan des élus sortants, quant au programme régional, quant à l’idéal pour lequel nous combattons, quant à l’unité des communistes.

Jean-Paul LEGRAND

Stage de formation du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF »: un franc succès ! (par PCF 15 éme)

Anthony Crézégut faisait partie de la délégation de 4 camarades envoyés par notre section au stage politique organisé par le Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » à Saint-Chinian du 28 au 30 août 2009. Voici son compte-rendu de cette expérience. Il est encourageant !

 Le stage de formation du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » s’est déroulé du 28 au 30 août, à Malibert, près de Saint-Chinian dans l’arrière pays biterrois : un cadre propice à la réflexion collective !

Nous pouvons vraiment remercier les camarades de la section de Béziers, dont son secrétaire Paul Barbazange, pour leur organisation et l’ensemble des responsables du Réseau.

 De l’ordre de 70 camarades de 16 départements se sont donc retrouvés dans une ambiance fraternelle. 5 conférences étaient organisées, stimulant l’échange entre les participants.

La diversité des origines géographiques et professionnelles, des âges (nous étions une quinzaine de moins de 30 ans), des expériences et responsabilités dans le Parti (et la JC), a beaucoup apporté en elle-même à la formation.

Notamment pendant les intermèdes, repas, apéritifs, visites, nous avons pu constater que nos situations dans le parti et nos préoccupations étaient néanmoins fort semblables.

 Comment faire vivre les cellules, les sections ? Comment souvent faire revivre, reconstituer, à partir de quelques camarades motivés, des structures de base détruites par la ligne d’abandon idéologique et organisationnel de la direction du Parti depuis des années ? Comment faire à nouveau jouer au Parti, d’abord localement, son rôle dans les luttes, de quartier ou d’entreprise ? Comment reconstituer, reconquérir nationalement notre parti de classe, comme le Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » l’ambitionne ?

 Dans cet objectif, le besoin, la demande de formation, théorique et pratique, sont très élevés. Les exposés de Saint-Chinian ont commencé à y répondre. Ce sera un point de repère pour d’autres initiatives de formation, par exemple locales.

Vendredi 28 soir : l’histoire du pcf, enjeu de lutte d’aujourdhui

 Le stage a commencé par un exposé sur l’histoire du PCF animé par Eric Jalade, membre du Conseil national du PCF, secrétaire fédéral du Tarn (et professeur d’histoire).

Sous l’angle historiographique, il a mis en avant l’enjeu politique que représentent l’étude et l’interprétation de l’histoire du parti.

Il a montré comment les thèmes anti-communistes, aujourd’hui dominants, de l’université aux médias, ont toujours existé mais se sont généralisés et acérés (passage à la condamnation des « totalitarismes » et à la criminalisation du communisme) avec la dégradation du rapport de forces international et national.

Y compris parmi les historiens eux-mêmes. Jusqu’à une époque, les historiens-militants du parti contraient efficacement l’anticommunisme, influaient sur l’ensemble de la recherche en histoire. Ce travail autonome, avec toutes les insuffisances révélées par ses penchants apologétiques, avait le mérite de servir d’antidote aux calomnies de l’idéologie dominante.

Et le choix, depuis la Mutation des années 1990, de la capitulation devant les rengaines anti-communistes, de cesser de travailler cette histoire d’un point de vue critique mais communiste, marxiste est lourd de conséquences dans le développement de la criminalisation du communisme et dans l’affaiblissement de notre parti.

Du débat est ressortie la nécessité pour les communistes de se réapproprier l’histoire de leur parti, glorieuse sous bien des aspects, la nécessité de la défendre et de l’assumer aussi dans ses erreurs. Il est vain de vouloir couper l’histoire du PCF de l’histoire du mouvement communiste international, sans pour autant en faire un bloc. Et tout en évitant les pièges de l’idéologie dominante, qu’ils soient ceux de l’autojustification acritique, ceux de l’auto-flagellation liquidatrice ou du révisionnisme. 

Samedi 29 matin : économie marxiste contre faux-semblants

La séance du samedi matin, animée par Raphaël Thaller, consacrée à l’économie et à nos réponses face à la « crise », a été l’occasion de réaliser quelques mises au point théoriques, très utiles dans la bataille idéologique du moment et pour les luttes précises dans lesquelles nous intervenons.

Elle a ainsi permis tordre le cou à quelques lieux communs, dérivés de l’idéologie dominante, qui sévissent jusqu’à l’intérieur de notre parti. Comme la soi-disant opposition entre un capitalisme productif, industriel et un autre capitalisme qui serait financier et spéculatif, menant à l’idée qu’il aurait un « mauvais capitalisme » et un « bon capitalisme » (ou un moins mauvais) avec qui on pourrait collaborer en temps de crise.

Quelle erreur d’analyse fondamentale ! Le capitalisme a toujours été financier, seuls les modes de financiarisation ont changé dans le temps. Capitalisme industriel et financier vont de pair dans l’ensemble du processus de production et d’accumulation, comme les analyses de Marx et Lénine, d’une fulgurante actualité, l’ont montré.

Le capitalisme n’est pas plus spéculatif qu’auparavant. La spéculation n’est pas soudainement devenue créatrice de profits, elle n’est qu’une forme de captation d’un profit existant.

Donc, notre attention doit toujours se porter sur les modalités d’extorsion de la plus-value et sur l’évolution du taux de profit dans le temps.

Dans cette perspective, la hausse du taux de profit dans les 30 dernières années s’explique, comme c’est revenu dans le débat, en grande partie par la dégradation des rapports de classe au niveau mondial et national.

« L’idéologie de la crise » a été développée pour intensifier l’exploitation des travailleurs au nom des sacrifices à réaliser pour y faire face et a donc contribué à la consolidation du capitalisme. Les chantages aux délocalisations, l’utilisation, plus que jamais, de « l’armée de réserve » des chômeurs, les attaques sur le salaire socialisé (cotisations sociales), les services publics sont autant d’éléments qui sont à l’origine de la hausse du taux d’exploitation et de la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée.

La discussion a découlé sur la question ardue de notre intervention, avec ces analyses, dans les batailles pour l’emploi quand la question de l’emploi est instrumentalisée nationalement pour évincer la question de l’exploitation, celle des salaires.

L’analyse du capitalisme, de ses formidables capacités d’évolution, ne doit pas nous détourner de l’objectif de la combattre et de l’abattre. Ne commence-t-il pas à montrer des signes d’épuisement comme mode de production, comme étape historique de développement ? Comment mesurer les conséquences de son extension au monde entier, depuis 20 ans ?

Le débat a ouvert de nombreuses pistes de réflexion.

Une petite discussion, qui en appelle d’autres, s’est alors engagée sur la notion de la rupture socialiste, sur ses formes. L’abandon du socialisme par la direction du Parti dans les années 1990 a ouvert la voie au réformisme même au nom de la « visée communiste ».

Samedi 29 après-midi : l’organisation communiste

La séance de l’après-midi était consacrée à l’organisation spécifique (historique) du PCF comme outil pour les travailleurs dans la lutte des classes.

Son actualité est frappante dans la situation d’aujourd’hui ! Son recul, accepté et organisé par la direction du Parti (suppression des cellules) coûte très cher au mouvement populaire (aussi par ses conséquences sur la vie syndicale – plusieurs interventions sur le sujet).

C’est apparu fortement dans la présentation de Marie-Christine Burricand, membre du Conseil national, qui a repris l’analyse de notre texte de congrès, base de la constitution du réseau, et qui a aussi retrouvé les « anciennes »  brochures de formation du Parti.

Le rôle de la cellule est central, décisif, pour l’intervention politique des travailleurs, de ceux qui ont objectivement intérêt à combattre le capitalisme, pour l’impulsion des luttes. Notamment la cellule d’entreprise, que plusieurs intervenants invitent à concevoir aussi au niveau d’une zone d’activité, d’un bassin d’emploi.

Au centre de la discussion, sinon du stage tout entier et des objectifs du Réseau se trouvent les conditions de la reconstruction de l’organisation du parti, prioritairement des cellules. L’échange d’expériences précises, tout au long du stage, inséparables de la situation nationale du Parti, a été pour moi l’un des points les plus intéressants et concrets.

« A trois, on peut déjà monter une cellule ! » Le volontarisme, ça marche ? Oui quand il est lié à des repères politiques précis et à une perspective dans le Parti ! que de plus en plus notre Réseau doit porter.

L’exemple le plus convaincant est celui des camarades du Jarnisy en Meurthe-et-Moselle qui déborde de plus en plus en Lorraine. Forgée dans la culture communiste ouvrière, dans l’organisation qui a défendu la métallurgie, gagné sa nationalisation avant 1981, la section recrée des cellules, enregistre un afflux d’adhésions dans les entreprises, le service public, dans les quartiers, à la porte des lycées… Le développement de l’organisation de lutte permet des résultats électoraux en hausse exponentielle (et non l’inverse !) et permet d’inverser les rapports de force tant vis-à-vis des forces patronales que des élus.

Beaucoup d’autres exemples très intéressants et formateurs ont été évoqués, entre autres :

- l’action de la section de Béziers contre les suppressions d’emplois dans l’entreprise d’équipements de forages Cameron, mobilisant la ville en partant du scandale des aides publics aux licencieurs.

- la mobilisation des camarades d’Arcachon contre la casse des chantiers navals Couach, leur action pour la reconstitution de la filière du gemmage des pins (résine pour l’industrie) dans les forêts des Landes girondines.

- la construction de la mobilisation contre le processus de privatisation de La Poste, notamment dans les sections de Paris représentées (dont la nôtre), partant des vrais axes de ruptures ex : refus de l’application des directives européennes.

- Dominique Negri, secrétaire de section à St-Martin d’Hères dans l’Isère et membre du CN a également témoigné du travail de camarades contre la dérive privée des transports de l’agglomération grenobloise, dont la cession de Transdev à Véolia représente une nouvelle étape. Le travail militant dans les dépôts a permis de renouer avec des camarades isolés ou d’anciens camarades, laissés à l’écart par l’abandon des cellules d’entreprise.

- Un autre camarade de l’Isère a montré la nécessité de l’intervention et de l’analyse politiques dans son secteur, le ministère des finances, pour contrer les « restructurations » et dans l’autre sens l’apport de ces camarades pour l’action des autres organisations du Parti.

Autant d’exemples prometteurs pour le Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF »!

Samedi 29 soir : questions ouvertes

Les exposés de philosophie (dont celui de Raphaël Rubbio) ont permis de poser des questionnements fondamentaux dont nous ne sommes malheureusement plus assez familiers. Un large travail de vulgarisation sur le matérialisme dialectique et le matérialisme historique est bien nécessaire.

Parmi les questions qui demandent à être traitées ou creusées après ce stage sont revenues celles de l’état du mouvement communiste international ou aussi celle de notre conception de la classe ouvrière aujourd’hui, soulevée, notamment, partant de cas précis, par un camarade des JC des Bouches-du-Rhône : fonction dans la production, forme du travail, niveau du salaire…

Dimanche 30, matinée : progrès du Réseau = progrès du PCF !

            La séance de dimanche matin a dressé l’état des lieux du Parti et de l’action de notre Réseau pour le faire vivre et le renforcer malgré la poursuite de la stratégie d’effacement de la direction. Floriane Benoît, membre du CN, secrétaire nouvellement élue de la section de Fontaine (38) a rappelé le chemin parcouru depuis le 34ème congrès et la réunion du 19 mars 2009 à Malakoff. L’appel fondateur du Réseau reste entièrement valable.

Elle a situé les enjeux du 35ème congrès extraordinaire annoncé pour juin 2010. Enjeux pour la direction qui cherche à faire entériner une nouvelle étape des « transformations » du Parti. Enjeux pour nous, continuer à faire que les communistes se réapproprient leur parti.

De nombreux intervenants ont montré, à partir d’exemples locaux, combien le « Front de gauche » était, au-delà de l’alliance électorale étriquée, la méthode pour continuer à enfoncer le Parti. Paul Barbazange a insisté sur le rendez-vous de décembre, la réunion des délégués des sections (on se souvient du point d’arrêt qu’a représenté celle de décembre 2007 aux velléités liquidatrices de la direction).

Mais la lutte à l’intérieur du parti n’est pas dissociable de la lutte tout court. Nous ne sommes pas dans la logique politicienne du Front de gauche, dans des luttes de tendances. Un petit débat là-dessus a permis de préciser en quoi notre Réseau ne peut rien avoir à voir avec une tendance : une tendance communiste dans un parti qui ne le serait plus ? Absurdité ! Même si notre situation n’est pas toujours facile.

Emmanuel Dang Tran, secrétaire de notre section (Paris XV) et membre du CN l’a rappelé : la raison d’être du Réseau est de créer les conditions politiques pour que les communistes fassent vivre, développent, reconstituent leurs organisations du PCF. L’action dans les luttes, si délaissée par la direction, est essentielle, y compris dans la reconquête par les communistes et les salariés de l’outil politique historique irremplaçable dont ils se sont doté dans l’histoire.

Dans un contexte politique marqué par des luttes de haut niveau, dans les secteurs les plus divers, par une opposition forte à la politique du gouvernement, mais en même temps de stérilisation de l’opposition politique, nous devons prendre la responsabilité de faire tout ce que la direction du Parti devrait entreprendre pour déboucher la perspective politique, pour développer les luttes, leur convergences, pour gagner enfin, faire reculer le pouvoir: abrogation de loi Bachelot contre l’hôpital, retrait du nouveau projet de loi de privatisation de la Poste, échec du démantèlement des filières industrielles…

Devant le piège des fronts électoralistes, face auxquels certains camarades ont avoué leur inquiétude d’être enfermés, les communistes du réseau doivent proposer la constitution de fronts de luttes pour mettre en échec la politique du gouvernement.

La Fête de l’Huma, qui marquera la rentrée politique du Parti, est le prochain rendez-vous déterminant. 

Rendez-vous à la Fête de l’Huma !

            Les dernières interventions ont permis à la fois de faire le bilan du stage et d’ouvrir la perspective d’approfondissement de notre travail de coordination au sein du réseau. La seule existence de ce stage de formation est déjà une réussite, son déroulement par la richesse des interventions, le partage des analyses et des expériences de chacun – différentes mais convergentes – en ont fait un franc succès.

Des camarades de nouvelles organisations (non présentes à Malakoff), de la Jeunesse communiste notamment, ont ouvert de nouvelles perspectives pour l’avenir de ce travail de formation, par la multiplication des formations au niveau local, le traitement et l’approfondissement de nouvelles problématiques oubliées depuis longtemps par la direction de notre parti (l’objectif du socialisme, l’analyse de la société de classe d’aujourd’hui…).

Toutefois, une grande leçon de ce stage est aussi que la meilleure formation reste celle du travail militant, dans l’organisation communiste et en particulier dans les cellules.

Le prochain rendez-vous, la Fête de l’Humanité, le 11, 12 et 13 septembre permettra d’approfondir le travail sous les stands des organisations participant au réseau. Une expression commune et une rencontre sont prévues au nom du Réseau, des dizaines de débats et d’actions auront lieu dans le sens de son combat !

De Malakoff à Malibert, le Réseau a avancé donc le PCF avance !

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