Archive | 25 mars 2009

Les CRS chargent : une quinzaine de personnes interpellées

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Photo PCF Saint-Quentin

 

 

Article de l’Union

Le rassemblement, à la Bourse du travail, hier, en marge de la venue de Nicolas Sarkozy a dégénéré. Les manifestants ont déjoué la sécurité et réussi à déambuler dans les rues. Commence un véritable cache-cache avec les CRS, jusqu’à l’affrontement final. Une quinzaine de personnes ont été interpellées.

 

PLACE Gracchus Baboeuf, 17 heures, devant la Bourse du travail. Des jeunes, des syndicalistes, des salariés arrivent. Ils s’amassent sur la place. Ils sont alors près de 1.000. Des discours chauffent l’ambiance. Sifflements, slogans explicites… Les manifestants sont en colère. « Nous sommes pire que des bêtes. On nous parque comme du bétail.» Et puis, vers 17 h 40, des jeunes trouvent la faille. Le cortège se met en branle. Les CRS courent pour devancer le rassemblement. Ils sont alors 800 à déambuler dans les rues de Saint-Quentin. Premiers heurts rue Raspail, il est 17 h 45. « Nous sommes des fils d’ouvriers. Laissez nous passer. On veut manifester, ça s’appelle la démocratie.»
Premiers jets d’œufs, de cailloux sur les CRS. Les lances à lacrymogène sont sorties des camions au cas où. Au niveau de l’Insset, dans les rangs des manifestants, la Marseillaise retentit. Commence alors le jeu de cache-cache avec les forces de l’ordre, dans les petites rues du centre-ville. L’objectif, empêcher coûte que coûte, les manifestants d’accéder au périmètre de sécurité avoisinant le parc des Champs-Elysées. Des CRS débouchent sur une rue perpendiculaire et coupe le cortège en deux. « Vous êtes encerclés, rendez-vous! Rejoignez-nous!», scandent les manifestants. Et puis, au fil des minutes, alors que la pluie commence à tomber, les slogans se durcissent. «Sarko démission», «Casse-toi pauvre con». «Sarko, on aura ta peau».
La tension monte d’un cran, lorsque le cortège débouche boulevard Roosevelt. Les manifestants sont nerveux. Ils en ont marre de tourner en rond. Ils comprennent qu’ils n’arriveront sans doute jamais jusqu’au but initial fixé : le palais

 

des Sports. Dépités, ils redescendent vers la place Crommelin. Il est 18 h 20. Les policiers qui ont allégé le dispositif au cours de la journée, ont rendu à nouveau les boulevards circulables. Manifestants, CRS, se retrouvent au milieu d’une circulation dense. Les automobilistes coincés, klaxonnent, énervés. Certains font vrombir leur moteur. Le cortège est stoppé. Toutes les routes sont bloqués par d’importants cordons de CRS. La foule se disperse. Les échauffourées éclatent peu avant 19 heures. Des poubelles sont lancées au milieu de la route et forment une barricade de fortune. Des voitures, des vitrines de commerces sont dégradées par une petite bande de casseurs. Olivier Tournay, conseiller municipal du PCF à Saint-Quentin en a été témoin. Il a filmé et pris des photos. Il raconte. « Je n’ai pas compris. ça a été très vite. J’ai vu deux oranges voler vers les CRS et puis, ils se sont mis à charger. C’était violent, j’ai reculé. J’ai arrêté de filmer. Mais les CRS m’ont vu. Ils ont voulu casser mon appareil photo. Je les ai empéché. Ils m’ont donné trois coups de tonfa. Ils ont éparpillé mon matériel photo sur la chaussée. Je n’arrivais pas à les récupérer. Et puis, le commissaire de Saint-Quentin, m’a vu. il est venu à ma rescousse. Il m’a aidé à ramasser mon matériel.»
Au total, une quinzaine de jeunes, ceux qui paraissaient les plus virulents, ont été interpellés. Hier soir, vers 20 h 30, alors que Nicolas Sarkozy, regagnait la capitale par les airs, les casseurs étaient toujours en garde à vue au commissariat de Saint-Quentin.

Aurélie

 

Beaussart

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Une affiche qui dérange à la fenêtre de Corinne Bécourt

Article du courrier picard

 

Corinne Bécourt a écrit sur son affiche : « Fossoyeur de la France ».

Corinne Bécourt a écrit sur son affiche : « Fossoyeur de la France ».

 

Dix policiers. Pas moins. Dix policiers pour une affiche tortillée par le vent. Au 2, place du 8-octobre à la fenêtre de son appartement, Corinne Bécourt, membre du conseil national du Parti communiste, a décidé de s’exprimer hier en accrochant une affiche, sur laquelle elle a écrit à l’attention du chef de l’État : « Fossoyeur de la France. » La phrase n’est pas passée inaperçue et a déclenché l’intervention d’un groupe de fonctionnaires de police en tenue et en civil. Corinne Bécourt raconte : « Quand je suis sortie de chez moi pour aller au travail, ils m’ont dit de la décrocher. Je n’ai pas voulu. C’est une question de principe. Alors, ils m’ont menacée de garde à vue. Ils ont même dit qu’ils allaient appeler les pompiers pour qu’ils viennent la décrocher avec la grande échelle, comme je refuse de leur ouvrir la porte de mon appartement. »

 

Le bras-de-fer avec les forces de l’ordre commence en début d’après-midi. Mais un peu plus d’1 h 30 plus tard, Corinne Bécourt est finalement libre de circuler. Elle a eu gain de cause et son affiche peut rester accrochée à sa fenêtre.

Après le 19 mars, les salariés encore plus forts pour imposer d’autres choix politiques

3 millions de manifestants dans tout le pays, salariés du secteur privé comme du secteur public, jeunes, retraités, encore plus de grèves que le 29 janvier : la journée d’action interprofessionnelle du 19 mars s’est traduite par une mobilisation d’une ampleur inédite même en novembre-décembre 1995.

Le mouvement dispose d’importantes réserves. Il est massivement soutenu par la population et dans les entreprises où la grève n’était pas organisée.

Seul Fillon a fait semblant à la télévision de ne pas comprendre que les manifestants mettent en accusation la politique de son gouvernement au service du Medef, ses choix qui nourrissent la crise et aggravent ses conséquences.

La convergence des luttes se fait d’autant plus facilement que les revendications se rejoignent toutes. La loi Bachelot contre l’hôpital public suit le même modèle que la loi LRU contre l’université. Les batailles pour leur retrait sont du même enjeu national. La lutte contre la privatisation de la Poste renvoie directement au rejet de la dérive financière spéculative des banques privatisées. La bataille pour l’emploi, pour empêcher les licenciements, celles contre le démantèlement de l’appareil productif, de la fonction publique, celles pour les salaires et le pouvoir d’achat unissent tous les salariés.

Au lendemain du 19 mars, on peut affirmer que le rapport de force existe pour faire plier le gouvernement sur ses contre-réformes, pour gagner des mesures structurelles face au capitalisme en crise.

Fillon est lamentable quand il prétend qu’il ne peut plus se permettre de creuser le déficit budgétaire. Ce n’est même pas cela qu’on lui demande. On lui demande de rendre les milliards détournés vers la finance comme les 6 milliards d’euros d’exonérations de cotisations patronales sur les heures supplémentaires ou les 30 milliards déjà accordés aux banques pour renflouer leurs placements douteux…

Dans ce moment d’aiguisement de la lutte, le pouvoir fait et fera tout pour empêcher les salariés de battre le fer quand il est chaud, pour faire traîner le mouvement, pour créer des diversions. Les media à son service détournent l’attention vers la politique sécuritaire du Président. L’approche des élections européennes est déjà utilisée pour effacer les responsabilités déterminantes des gouvernements nationaux et la place centrale de l’action des peuples dans chaque pays, comme pour réduire l’aspiration à l’alternative politique à des combinaisons politiciennes.

La politique que contestent et combattent les salariés ne doit pas être réduite non plus à un seul homme, fût-il l’omniprésent et provocateur Sarkozy. Cette personnification à outrance invite à subir d’ici 2012 et à attendre l’élection présidentielle pour une nouvelle alternance et un hypothétique changement de politique.

La « gauche » est en train de se repositionner dans cette perspective. Le soutien du PS aux manifestations est bienvenu mais ne peut faire oublier son soutien au Traité de Lisbonne, au plan de renflouement des banques, à la régionalisation de la santé, à « l’autonomie » des universités…

Militants communistes dans les entreprises et les quartiers de Saint Quentin, nous plaçons toute notre action et nos propositions de rupture dans la perspective politique immédiate que portent les luttes : mettre en échec le pouvoir et imposer d’autres choix politiques tout de suite.

Le 19 mars constitue un formidable encouragement dans ce sens

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