Le PCF à St Quentin, Luttes, grèves, manifs

« Rendez-vous mardi, Sarko ! »

Article courrier picard

 

« Aujourd'hui, n'est pas une répétition pour mardi » souligne Aurélie, 25 ans. « La venue de Sarkozy, c'est autre chose, mais il faudra être nombreux aussi. »

« Aujourd’hui, n’est pas une répétition pour mardi » souligne Aurélie, 25 ans. « La venue de Sarkozy, c’est autre chose, mais il faudra être nombreux aussi. »

 

Deux tendances étaient représentées hier lors de la manifestation qui a réuni près de 3 500 personnes à Saint-Quentin. Il y a ceux qui veulent faire le nombre mardi pour la venue du président Sarkozy et ceux qui en ont « marre de le voir partout. » Elle est catégorique. « Ah non merci, je le vois trop à la télé pour me déplacer mardi. Ça se fera sans moi. Mais j’espère qu’il y aura du monde pour l’accueillir. » Elle, c’est Sandrine, 34 ans. Pas de drapeaux, pas d’affiche anti-sarko sur elle. Dans ses bras, sa fille, Morgane, 4 ans, regarde la manif comme un cirque coloré et bruyant. « Je suis dans le privé, j’ai fait des études assez longues, que j’ai financées en cumulant les petits boulots. Aujourd’hui, je suis  » grassement  » payée 1 528 € par mois après six-sept ans de travail. Quand j’ai commencé à bosser, ça allait encore pour vivre. Aujourd’hui, je m’en sors très difficilement. Alors pour ceux qui s’en sortent moins bien que moi… »

Dégoûtés et inquiets

La CGT passe par là : « Venez dire  » Non  » mardi. Il faut qu’on soit nombreux. Venez ! » Elle sourit et décline. Le syndicaliste hausse les épaules. « Il y a des convaincus qui veulent être là pour faire le nombre. Pour montrer notre colère. Et beaucoup d’autres qui sont à la fois dégoûtés et, aussi, inquiets. Personne n’a oublié le  » casse-toi pauv’con « . De façon générale, le président fait peur quand même. » Il file à travers la foule, tracts en main.

« On ne vit plus, on survit »

Lionel Josse, lui, sera présent mardi. « Pour être solidaire et aussi pour attirer l’attention sur nous », raconte-t-il. Il est le président départemental d’APF, l’association des paralysés de France. « Avec 650 € par mois, une personne handicapée ne peut pas vivre. La cotisation a augmenté de 24 € mais ça ne suffit pas. On ne vit plus, on survit. »

œufs pourris

Clémentine, 32 ans, travaille dans le milieu hospitalier dans l’Aisne. Viendra-t-elle à Saint-Quentin mardi ? « Il me reste quelques jours pour faire pourrir des œufs », ironise-t-elle. « J’espère en tout cas que ce mouvement va durer. À un moment, il faudra bien qu’on nous entende. Qu’on suive l’exemple des Dom-Tom. » Sa collègue, Brigitte, 54 ans, est tout aussi remontée. « On en a marre de ces élus qui dirigent la France comme une entreprise. C’est comme pour l’hôpital, la santé n’est pas un domaine où on peut parler de rentabilité comme ils le font. Ça suffit. »

Les acquis à la poubelle

Dans la foule, dense, les raisons de la colère s’égrènent, sans fin, et donne parfois le vertige. Santé, éducation, pouvoir d’achat, retraite… les médias aussi sont pris à partie : « La télé est achetée, l’information muselée. Sarkozy est un prophète », lance Fred, 53 ans, fonctionnaire. « Quand on regarde l’interview du président, je trouve honteux les questions qu’on lui pose et l’absence de réactions des journalistes. La situation est catastrophique. » D’où cette mobilisation selon lui. « C’est bien d’être nombreux, il faut leur montrer », ajoute son collègue Denis, 46 ans. « Privé public, c’est le même combat. Nos parents, grands-parents se sont battus pour des acquis qu’on jette aujourd’hui à la poubelle. Il n’y a plus de respect. L’ouvrier est de plus en plus pauvre, le riche de plus en plus riche. »

Le phrasé plaît aux manifestants communistes qui passent près d’eux.

L’école en danger

Casserole en main, Aurélie, 25 ans, est une femme sandwich entre deux affiches de slogans. « Le gouvernement attaque de tous les côtés », reprend-elle. « C’est une façon de diviser les gens, trop préoccupés par leur seule situation. La manif permet de prendre conscience des problèmes des autres. » Elle est enseignante en fin de formation et « l’école est vraiment en danger. » Mardi, elle sera là, évidemment.

ANTOINE GUITTENY

A propos de Parti Communiste Français-St-Quentin 02

" Face au capital, aujourd'hui, plus que jamais, le peuple a besoin du PCF"

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