Luttes, grèves, manifs

Grèves dans les transports : gare à la propagande !

Tribune libre trouvée sur le site AGORAVOX http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50030

Je comprends parfaitement les attentes des usagers des transports en commun et je regrette d’autant plus les dysfonctionnements que j’en suis moi-même victime de temps à autre. Pour autant, force est de reconnaître que les Français sont très largement manipulés dans cette affaire car l’écrasante majorité des retards ou annulations de service n’est pas due aux grèves.

En creusant un peu, et en se renseignant auprès des entreprises concernées, on s’aperçoit en effet que les dysfonctionnements, incidents et arrêts du trafic sont dus :

1° Aux usagers eux-mêmes dans environ 65% des cas, principalement composés d’accidents de voyageurs (chute sur les voies, suicides) et surtout d’incivilités de plus en plus nombreuses : sabotage de matériel de signalisation, individus sur les voies, tirages intempestifs de signal d’alarme, etc.

2° Aux problèmes techniques (le plus souvent liés à la vétusté du réseau et du matériel pour des raisons de gestion comptable) dans environ 33% des cas.

3° Aux grèves dans seulement 2% des cas !!!

Ces faits, indiscutables, sont aisément vérifiables auprès des entreprises de transport ou, si l’on a des doutes, auprès des associations d’usagers, et notamment de la Fnaut (Fédération nationale des usagers des transports). Cette dernière confirmera que ce ne sont pas les grèves qui empoisonnent la vie des gens, mais bel et bien ces dysfonctionnements quasi quotidiens dans l’exploitation de certaines lignes, particulièrement dans la banlieue parisienne.

Les priorités pour les usagers devraient donc être de se regrouper massivement pour

1° Exiger des pouvoirs publics une lutte plus efficace contre les multiples incivilités qui occasionnent des incidents quotidiens et pourrissent les déplacements domicile-travail.

2° Exiger que la maintenance de la signalétique et du matériel roulant ne soit pas subordonnée, comme c’est de plus en plus souvent le cas, à des impératifs purement économiques. A titre d’exemple, il faut savoir que tel patin de frein ferroviaire dont la durée de vie est en moyenne de 10 ans était naguère changé tous les 8 ans pour éviter tout risque de panne. Désormais, ce même patin n’est plus réformé qu’au bout de 9 ans, voire plus, ce qui entraîne ipso facto une augmentation du risque de panne pour cause de patin défaillant alors que cette cause d’incident était quasiment inconnue auparavant. Et il en va de même pour pratiquement tous les équipements. Agir dans ce domaine permettrait à l’évidence une réelle amélioration pour les usagers en matière de continuité du service.

Une amélioration infiniment plus visible qu’un « service minimum » qui ne porte que sur un nombre très réduit de désagréments. N’oublions pas que le taux d’absence des agents pour fait de grève à la RATP et à la SNCF est en chute constante. Un taux tombé à la SNCF à moins de 0,15 % de l’effectif et à moins de 0,6 jour de grève par agent d’exploitation en moyenne, chiffres les plus bas de toute l’histoire de l’entreprise. Enfin cette loi n’instituant pas la réquisition (pour cause d’inconstitutionnalité), elle ne change strictement rien par rapport à la situation existante et n’empêche en aucun cas les grèves dures en cas de conflit important ou d’arrêt de travail épidermique pour agression, comme viennent de le démontrer les paralysies de Paris-Saint-Lazare et Marseille.

Un mot sur les grèves spontanées , il faut savoir que depuis 20 ans, le nombre des agressions envers le personnel exploitant de la RATP et de la SNCF (mais aussi la RTM) n’a cessé d’augmenter. Au point qu’un jeune qui entre dans l’une de ces entreprises aujourd’hui a la certitude statistique de se faire agresser (avec dépôt de plainte) au moins une fois dans sa carrière, sans compter les insultes et les crachats. D’où la réaction épidermique des agents qui voient un collègue se retrouver à l’hôpital avec des côtes cassées, un enfoncement pariétal ou le visage lacéré à coups de cutter, en sachant que, tôt ou tard, leur tour viendra.

Cela dit, une solution consensuelle existe : la gratuité des transports durant les conflits. Plébiscitée par les cheminots et les associations d’usagers, elle permettrait d’assurer la continuité du service et supprimerait tout désagrément pour les usagers dans leurs déplacements. Cette solution a été validée par les instances européennes. Problème : elle est catégoriquement refusée par le gouvernement en place.

Un mot pour finir sur les procès d’intention faits aux cheminots et à leur soi-disant goût pour la « prise en otage » si souvent évoqué par les agitateurs adeptes de la casse du service public et du droit social. Des détracteurs du service public qui avaient joué les Cassandre et les pyromanes en dénonçant par avance le déclenchement de mouvements sociaux dans les entreprises de transports durant la Coupe du Monde de rugby 2007. Une menace qui, souvenons-nous, avait également été brandie en 1998 pour la Coupe du Monde de football. On a vu en ces deux occasions que les syndicats avaient mis un point d’honneur à assurer un service impeccable durant ces compétitions.

Méfions-nous des jugements hâtifs et des anathèmes lancés par les manipulateurs d’opinion.

A propos de Parti Communiste Français-St-Quentin 02

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